Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois un homme et sa femme, Jean-Baptiste et Marguerite. « Jean-Baptiste », dit un jour Marguerite, « pourquoi ne faites-vous pas comme notre voisin ? il troque sans cesse et gagne ainsi beaucoup d'argent. – Mais », dit Jean-Baptiste, « si je venais ˆ perdre, vous me chercheriez querelle. - Non, non », répondit Marguerite, « on sait bien qu'on ne peut pas toujours gagner. Nous avons une vache, vous n'avez qu'à l'aller vendre. »

Voilà Jean-Baptiste parti avec la vache. Chemin faisant, il rencontra un homme qui conduisait une bique. « Où vas-tu, Jean-Baptiste ? - Je vais vendre ma vache pour avoir une bique. - Ne va pas si loin, en voici une. » Jean-Baptiste troqua sa vache contre la bique et continua son chemin.
A quelque distance de là, il rencontra un autre homme qui avait une oie dans sa hotte. « Où vas-tu, Jean-Baptiste ? - Je vais vendre ma bique pour avoir une oie. - Ne va pas si loin, en voici une. » Ils échangèrent leurs bêtes, puis Jean-Baptiste se remit en route.

Il rencontra encore un homme qui tenait un coq. « Où vas-tu, Jean-Baptiste ? - Je vais vendre mon oie pour avoir un coq. - Ce n'est pas la peine d'aller plus loin, en voici un. » Jean-Baptiste donna son oie et prit le coq.

En entrant dans la ville, il vit une femme qui ramassait du crottin dans la rue. « Ma bonne femme », lui dit-il, « gagnez-vous beaucoup à ce métier-là ? - Mais oui, assez », dit-elle. – « Voudrez-vous me céder un crottin en échange de mon coq ? – Volontiers », dit la femme. Jean-Baptiste lui donna son coq, emporta son crottin et alla sur le champ de foire ; il y trouva son voisin.  « Eh bien ! Jean-Baptiste, fais-tu des affaires ? - Oh ! je ne ferai pas grand'chose aujourd'hui. J'ai changé ma vache contre une bique. - Que tu es nigaud ! mais que va dire Marguerite ? - Marguerite ne dira rien. Ce n'est pas tout : j'ai changé ma bique contre une oie. - Oh ! que dira Marguerite ? Marguerite ne dira rien. Ce n'est pas encore tout : j'ai changé mon oie contre un coq, et le coq, je l'ai donné pour un crottin. - Le sot marché que tu as fait là ! Marguerite va te quereller. - Marguerite ne dira rien. - Parions deux cents francs : si elle te cherche dispute, tu paieras les deux cents francs sinon, c'est moi qui te les paierai. »

Jean-Baptiste accepta, et ils reprirent ensemble le chemin de leur village.
« Eh bien ! Jean-Baptiste », dit Marguerite, « avez-vous fait affaire ? - Je n'ai pas fait grand'chose : j'ai changé ma vache contre une bique. - Tant mieux. Nous n'avions pas assez de fourrage pour nourrir une vache ; nous en aurons assez pour une bique, et nous aurons toujours du lait. - Ce n'est pas tout. J'ai changé ma bique contre une oie. - Tant mieux encore, nous aurons de la plume pour faire un lit. - Ce n'est pas tout. J'ai changé l'oie contre un coq. - C'est fort bien fait, nous aurons toujours de la plume. - Mais ce n'est pas encore tout. J'ai changé le coq contre un crottin. - Voilà qui est au mieux. Nous mettrons le crottin au plus bel endroit de notre jardin, et il y poussera de quoi faire un beau bouquet. »

Le voisin, qui avait tout entendu, fut bien obligé de donner les deux cents francs.

E. Cosquin, Contes populaires de Lorraine, 1886


Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #baptiste, #bique, #coq, #jean, #marguerite

Repost0

Publié le 13 Septembre 2012

Un jour, un meunier et sa femme étaient allés à la noce. Leur fille, restée seule au moulin, alla chercher sa cousine pour venir coucher avec elle. Pendant qu'elles disaient leurs prières, la cousine aperçut deux hommes sous le lit. « Tiens ! » pensa-t-elle, « ma cousine vient me chercher pour coucher avec elle, et il y a quelqu'un sous son lit. » Puis elle dit tout haut : « Ma cousine, je vais aller mettre ma chemise, que j'ai oubliée chez nous. - Je peux bien vous en prêter une des miennes. - Merci, ma cousine ; je n'aime pas à mettre les chemises des autres. - Revenez donc bientôt. - Oui, ma cousine. »
La fille du meunier l'attendit longtemps. Enfin, ne la voyant pas revenir, elle se décida ˆ se coucher. Tout à coup les deux voleurs sortirent de dessous le lit en criant : « La bourse ou la vie ! - Nous n'avons point d'argent », dit la jeune fille, « mais nous avons du grain : prenez-en autant que vous voudrez. » Ils montèrent au grenier. Comme il n'y avait pas de cordes aux sacs, la jeune fille leur dit d'aller au jardin chercher de l'osier pour les lier, et, quand ils furent sortis, elle ferma la porte.
Les voleurs avaient une main de gloire, mais la jeune fille ayant eu soin de pousser le verrou, ils ne purent rentrer. « Ouvrez-nous », lui crièrent-ils. - Passez-moi d'abord votre main de gloire par la chatière. « L'un des voleurs la passa, et, tandis qu'il avait la main sous la porte, la jeune fille la lui coupa d'un coup de hache. Aussitôt les deux compagnons prirent la fuite.
Au point du jour, on entendit le violon : c'était les gens de la noce qui revenaient. Le meunier et sa femme étant rentrés au logis, la jeune fille ne leur dit rien de ce qui lui était arrivé.
Quelque temps après, le voleur dont la main avait été coupée se présenta pour demander la jeune fille en mariage. Il s'était fait faire une main de bois, qu'il avait soin de tenir toujours gantée ; il se disait le fils de M. Bertrand, qui était un homme considéré dans le pays : aussi les parents de la jeune fille furent-ils très flattés de sa demande.
Le voleur dit un jour à la jeune fille : « Venez donc voir mon beau château au coin du petit bois. - J'irai ce soir », répondit-elle, mais elle resta à la maison. Quand le voleur revint, il lui dit : « Vous n'êtes pas venue au château ; vous m'avez manqué de parole. - Que voulez-vous ? » répondit-elle, « je n'ai pu y aller ; j'irai demain... Mais pourquoi portez-vous toujours un gant ? - C'est que je me suis fait mal à la main », dit le voleur.
Le lendemain, la jeune fille monta en voiture avec un cocher et un laquais. Au coin du petit bois, elle vit une maison d'apparence misérable. « Voilà », dit-elle, Ç une triste maison. Restez ici, mon cocher, mon laquais ; je vais voir ce que c'est. « Elle alla donc seule vers la maison et aperçut en y entrant sa cousine, que le voleur égorgeait. « Pour Dieu ! pour Dieu ! » criait-elle, Ç laissez-moi la vie ! jamais je ne dirai à ma cousine qui vous êtes. - Non, non ! qu'elle vienne, et elle en verra bien d'autres ! « La fille du meunier, qui était entrée sans être remarquée, se hâta de sortir en emportant le bras de sa cousine que le voleur venait de couper. Il y avait sous la table une trentaine de gens ivres, mais personne ne la vit.
Mon cocher, mon laquais », dit la jeune fille, « fuyons d'ici ; c'est un repaire de voleurs. » De retour au moulin, elle raconta ce qu'elle avait vu. Comme le prétendu devait venir le soir même, on appela les gendarmes, on les habilla en bourgeois et on les fit passer pour des amis de la maison.
En arrivant, le voleur dit ˆ la jeune fille : « Vous m'avez encore manqué de parole ; vous n'êtes pas venue voir mon château. - C'est que j'ai eu autre chose à faire », répondit-elle. Vers la fin du repas, le voleur lui dit : « Entre la poire et la pomme, il est d'usage que chacun conte son histoire : mademoiselle, contez-nous donc quelque chose. - Je ne sais rien », dit-elle, « contez vous-même. - Mademoiselle, à vous l'honneur de commencer. - Eh bien ! je vais vous raconter un rêve que j'ai fait. Tous songes sont mensonges ; mon bon ami, vous ne vous en fâcherez pas. - Non, mademoiselle. »
« Je rêvais donc que vous m'aviez invitée à venir voir votre château. J'étais partie en voiture avec mon cocher et mon laquais. Au coin du petit bois, je vis une maison d'apparence misérable. Je dis alors à mon cocher et ˆ mon laquais de m'attendre, et j'entrai seule dans la maison. J'aperçus mon bon ami qui tuait ma cousine. Tous songes sont mensonges ; mon bon ami, ne vous en fâchez pas. - Non, mademoiselle. - " Pour Dieu ! pour Dieu ! " « criait-elle, " laissez-moi la vie! jamais je ne dirai à ma cousine qui vous êtes. - Non, non, qu'elle vienne, et elle en verra bien d'autres !" Je ramassai le bras de ma cousine que mon bon ami venait de couper, et je m'enfuis. Messieurs, voici le bras de ma cousine. »
Les gendarmes saisirent le voleur, et on le mit à mort, ainsi que toute sa bande.


Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #cousine, #fille, #jeune, #voleur, # »

Repost0

Publié le 13 Septembre 2012

Au moyen-âge l'empereur Charlemagne adorait la chasse. Il chassait dans les environs de Thionville avec sa meute de 683 chiens. Quand il retournait à Aix-la-Chapelle, les chiens restaient à Thionville.

Les chiens étaient couverts de puces et se grattaient sans arrêt. Bien à l'abri dans les longs poils, les puces se multiplièrent et envahirent la ville.

Tous les Thionvillois se grattaient à leur tour. La situation empirait tous les jours, alors les habitants décidèrent d'envoyer un missi dominici à Charlemagne pour lui raconter ce qui se passait.

Une puce s'était agrippée à l'envoyé et dès qu'il fut reçu par l'empereur, elle sauta sur son nez et le piqua. Charlemagne cria et comprit le problème. Cependant il ne pouvait pas tuer sa meute. Il décida alors de faire construire une tour haute, trapue, énorme et hermétique pour enfermer les chiens.


Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #charlemagne, #chiens, #grattaient, #puce, #tour

Repost0

Publié le 13 Septembre 2012



C'était il y a très très longtemps, bien avant que l'arrière grand-mère du Kristkind soit allée chercher sa grand-mère au Rocher des Poupons de Bethléem.

Il y avait déjà des hautes pierres dans la région du Salm et du Ban de la Roche. Certaines étaient hautes au sens figuré, parce qu'elles étaient habitées par des dieux. Et d'autres étaient hautes au sens propre parce qu'elles avaient été dressées. En Bretagne, on les aurait appelées des menhirs, mais, dans les Vosges, on les appelait simplement des Hautes Pierres. Et là, les choses deviennent très mystérieuses, car qui dit pierre dressée dit des hommes pour la dresser. Ce qui veut dire qu'il y avait des hommes dans la région au temps des mégalithes. Ce qui est très surprenant, car à l'époque, la terre était bien moins peuplée que maintenant. Les hommes n'allaient pas s'installer dans les mauvaises terres, rien ne les y obligeait.

Alors, qu'est-ce qui a attiré les hommes dans la région à l'époque préhistorique ? Pas les possibilités agricoles à coup sur ! Etaient-ce déjà les richesses minières ?

Bon, je cesse de m'aventurer sur le terrain humain, car on ne peut faire, pour ces hautes époques, que des hypothèses. Mieux vaut nous borner aux faits bien solides, et nous contenter de parler des Dieux, et plus précisément du Dieu des Hautes Pierres.

Tout ce qui est bon dans la vallée de la Bruche vient des pierres. Ce serait trop long de toutes les citer. Il y a, bien sur, le Rocher des Poupons à Belmont. La Bonne Pierre, à Vaquenoux. La Haute Pierre au dessus de Moyenmoutier. La Roche Mère Henri au dessus de Senones. Plus celles dont on a cru devoir mutiler le nom, remplaçant le mot "Haute" par des bizarreries du genre "Chaude" ou Chatte" : les Chaudes Roches au dessus de Raon sur Plaine ; la Chatte Pendue au dessus de Salm ; les Pierres-Chattes au Ban de la Roche (on les connaît indirectement par l'esprit qui leur est associé, le Diadelé des Pierres-Chattes).

Cette déformation du mot "haute" est d'origine "savante" (si l'on peut dire), en tout cas écrite : les transformations du mot s'observent de manuscrit en manuscrit ; elles n'ont rien à voir avec du patois. Si "haute" se disait "chatte" en patois welsche, cela se saurait. J'estime, pour ma part, que cette déformation ridicule et sacrilège provient de l'époque où l'Eglise pourchassait les anciens dieux. Je continuerai donc de parler de Hautes Pierres et non de Pierres-Chattes, car je ne les ai jamais entendues miauler ; de même, je parlerai, bien respectueusement, comme il convient, du Dieu des Hautes Pierres et non du Diadelé des Pierres Chattes, car un Diadelé, c'est un Diable. Or, nul n'a réussi, pas même au temps des procès de sorcellerie, à trouver quelque élément que ce soit, même calomnieux, même déformé, pour imputer la moindre méchanceté à ce prétendu diable.


Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #cas, #chatte, #dieu, #haute, #pierre

Repost0

Publié le 13 Septembre 2012

La fois là, au temps où la terre de Salm ne s'appelait pas encore la terre de Salm, les Bonnes Pierres de Bethléem donnèrent un enfant merveilleux à une vierge nommée Marie.

Comme elle était sans toit et sur le point d'accoucher, les Bonnes Pierres s'ouvrirent, comme elles savent le faire quand elles veulent, formant une grotte où l'enfant put venir au monde. C'était un enfant divin et même plus : c'était Dieu lui-même. Non pas qu'il ait abandonné sa demeure du ciel et la direction de l'univers, bien sur, mais, comme c'était Dieu, c'était rien pour lui de se dédoubler en deux personnes, le Père et le Fils.

Or, le Roi Sauvage de la contrée l'apprit, et il craignit que l'enfant-Dieu ne voulût devenir roi à sa place. Il convoqua donc tous ses soldats et leur ordonna de massacrer tous les petits garçons du pays sans en oublier aucun.

La pauvre Marie n'avait plus qu'à se sauver avec son poupon, qui s'appelait Jésus.

S'étant perdue, elle arriva dans les environs de Vipucelle, qui ne s'appelait pas encore Vipucelle. Les belles forêts vosgiennes l'effrayaient et, en même temps, la rassuraient. Quel soldat viendrait la chercher ici ? A cette époque, les grands de l'Empire ne savaient même pas que ce pays existait.

Remerciant les Bonnes Pierres, elle s'apprêtait à installer ici sa demeure, quand elle entendit comme une musique dans le lointain.

Or, la musique, c'est bien beau, mais souvent, cela annonce un seigneur en déplacement, une meute en train de chasser, et toutes sortes de choses menaçantes pour le petit monde, dont Marie faisait partie. La musique des cors redoubla d'intensité, paraissant plus proche. Marie murmura à son poupon : "Ça me schmecke mie !". Puis elle le souleva et reprit sa route.

La musique devenait de plus en plus distincte, et des aboiements de chiens commençaient à s'y mêler. C'était la chasse du Roi Sauvage, et elle savait fort bien ce qu'elle chassait, à savoir Marie et le petit Jésus.

La pauvre femme se mit à courir, aussi vite qu'elle le pouvait, malgré les pentes et les broussailles, mais certes, elle n'allait pas aussi vite que des hommes à cheval et leurs chiens, qui se rapprochaient sans cesse.

Sa course la mena jusqu'aux abords de Grandfontaine. Les pierres qui habitent là parlent d'elle encore aujourd'hui, surtout celle que l'on appelle la Roche de la Marie des Bois.

Elle arriva enfin au bord du lac de la Maix complètement épuisée.

"Assieds toi un instant", lui dirent les bonnes pierres du lac. Et elles formèrent comme un petit siège de pierre que l'on put voir encore longtemps, et que l'on continuait de vénérer au temps de la Gargantine, une femme dont nous reparlerons.

Bien reposée, Marie put échapper à ses poursuivants, mais les autres petits garçons de la région furent tous tués, certains sans avoir reçu le baptême.

L'abbé de la région, plus méchant encore que les soldats du Roi Sauvage, décida qu'ils ne pourraient aller au paradis. Pas de baptême, pas de salut ! telle était la règle qu'il avait instituée et il ne s'en écartait pas. Que les petits innocents soient privés de leur part de paradis, c'était pour lui, bien peu de chose en comparaison de qui comptait vraiment à ses yeux, à savoir un respect sans exception possible des lois qu'il avait instituées, et qui réservaient le paradis aux enfants auxquels il avait apposé sa marque.

Cela, bien sur, les Hautes Pierres n'allaient pas le tolérer. Elles tinrent chapitre au Lac de la Maix pour délibérer du problème.

"Il me semble, dit d'Aînée des Pierres, que cela ne nous dérangerait guère de permettre que les petits innocents soient posés à notre sommet une seule nuit, le temps pour eux de recevoir le baptême des anges, qui vaut bien celui de l'abbé."

Les autres en convirent, et ainsi fut fait. Les pierres du Lac de la Maix devinrent des pierres à répit. On y exposait une nuit les petits cadavres, puis on les enterrait à proximité, au cimetière des Innocents.

Ainsi fit-on au cours des siècles, jusque presque à nos jours. Au dix-neuvième siècle encore, mon lointain cousin, Frédéric-Adrien Wiedemann, propriétaire de l'Hôtel des Deux Clés à Rothau, emmenait encore ses clients en excursion au Lac de la Maix et leur montrait les restes du cimetière des Innocents, que l'on pouvait encore voir à son époque.

Le petit Jésus grandit et fit des miracles. C'était un très grand saint, peut être plus puissant encore que Saint Matterne, Saint Hydulphe ou Sainte Odile.

Mais revenons à cette légende où la Sainte Vierge, épuisée par sa fuite, se repose au lac de la Maix.

Si nous la connaissons, c'est grâce à Jennon Villemin, dite la Gargantine, de Bazegney près de Dompierre. Arrêtée pour sorcellerie en 1625, elle la raconta lors de son procès.

C'était une brave femme qui soignait par les plantes. Oh ! elle n'était pas allée aux écoles, et ses connaissances en médecine étaient faibles (quoique pas forcément beaucoup plus faibles que celles des médecins officiels de son époque). Alors, elle se contentait de prescrire du vin rouge bouilli avec des herbes, du vin parfumé comme on l'aimait à son époque et comme en faisait dans toutes les maisons, à partir d'herbes que l'on connaissait et qui fournissaient à tous vitamines et sels minéraux sans empoisonner personne.

Elle y ajoutait une bonne dose de prières qu'elle adressait à la Vierge de la Maix.

Elle avait une grande dévotion pour cette sainte, et peut-être plus encore, quoiqu'un peu inconsciemment, pour les saintes pierres de la région. En effet, elle prescrivit un jour à une malade de faire bouillir cinq de ces cailloux avec le vin et les épices. Elle les avait pris "en la fontaine de ladite Vierge de Lamet, sur laquelle Elle se reposa un jour que les chiens la chassaient". Elle avait donc, pour se les procurer, parcouru 80 kilomètres à pied, de Dompierre au Lac de La Maix.

Et elle refit le trajet pour une autre patiente, à qui elle prescrivit de faire célébrer une messe, d'offrir un cierge et de faire coudre un couvre-chef et un surplis pour l'Enfant de la Vierge.

Tels sont les crimes pour lesquels elle fut emprisonnée à Mirecourt en 1625.

La Gargantine était-elle bonne chrétienne ? Dans l'intention, oui, à coup sur, mais, à la lire de près, c'est moins à la Vierge qu'aux Saintes Pierres qu'elle demande des miracles. Dans l'histoire que Jennon raconte au tribunal, la Sainte Vierge joue un rôle bien humble. Elle est le bénéficiaire du miracle et non son auteur.




Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #bien, #petit, #pierre, #saint, #vierge

Repost0