Publié le 26 Septembre 2014
marguerite
Publié le 13 Septembre 2012
Sa Dec est une petite bourgade au bord du Mékong possédant quelques belles maisons et des bâtiments publics (marché, école,..) datant de l'époque coloniale. On y trouve aussi des temples chinois.
Elle était autrefois appelée "le jardin de la Cochinchine" en raison du nombre d'arbres qui existaient dans cette région.
Marguerite Duras a passé son adolescence dans cette localité où sa mère Marie Donnadieu dirigeait l’école des
filles devenue Ecole Trung Vuong lorsque Marguerite Duras, âgée d'une quinzaine d'années à l'époque, a rencontré un jeune chinois dont la famille vivait à Sa Dec.
Ce jeune chinois de nom : Huynh Thuy Le (1906-1972) est enterré à Sa Dec
La ville de Sa Dec est connue dans le monde grâce à l'œuvre de Marguerite Duras, en particulier à son roman
"l'Amant" qui a reçu le Prix Goncourt en 1984 et dont un film a été tiré.
Ce film franco-britannico-vietnamien, adapté du roman de Marguerite Duras, a été réalisé par Jean-Jacques Annaud,
il est sorti en 1992.
Pour aller à CAI BE nous avons traversé en bac.
Publié le 13 Septembre 2012
Il était une fois un homme et sa femme, Jean-Baptiste et Marguerite. « Jean-Baptiste », dit un jour Marguerite, « pourquoi ne
faites-vous pas comme notre voisin ? il troque sans cesse et gagne ainsi beaucoup d'argent. – Mais », dit Jean-Baptiste, « si je venais ˆ perdre, vous me chercheriez querelle. - Non,
non », répondit Marguerite, « on sait bien qu'on ne peut pas toujours gagner. Nous avons une vache, vous n'avez qu'à l'aller vendre. »
Voilà Jean-Baptiste parti avec la vache. Chemin faisant, il rencontra un homme qui conduisait une bique. « Où vas-tu, Jean-Baptiste ? - Je vais vendre ma vache pour avoir une bique. - Ne va
pas si loin, en voici une. » Jean-Baptiste troqua sa vache contre la bique et continua son chemin.
A quelque distance de là, il rencontra un autre homme qui avait une oie dans sa hotte. « Où vas-tu, Jean-Baptiste ? - Je vais vendre ma bique pour avoir une oie. - Ne va pas si loin, en
voici une. » Ils échangèrent leurs bêtes, puis Jean-Baptiste se remit en route.
Il rencontra encore un homme qui tenait un coq. « Où vas-tu, Jean-Baptiste ? - Je vais vendre mon oie pour avoir un coq. - Ce n'est pas la peine d'aller plus loin, en voici un. »
Jean-Baptiste donna son oie et prit le coq.
En entrant dans la ville, il vit une femme qui ramassait du crottin dans la rue. « Ma bonne femme », lui dit-il, « gagnez-vous beaucoup à ce métier-là ? - Mais oui, assez »,
dit-elle. – « Voudrez-vous me céder un crottin en échange de mon coq ? – Volontiers », dit la femme. Jean-Baptiste lui donna son coq, emporta son crottin et alla sur le champ de foire ;
il y trouva son voisin. « Eh bien ! Jean-Baptiste, fais-tu des affaires ? - Oh ! je ne ferai pas grand'chose aujourd'hui. J'ai changé ma vache contre une bique. - Que tu es nigaud !
mais que va dire Marguerite ? - Marguerite ne dira rien. Ce n'est pas tout : j'ai changé ma bique contre une oie. - Oh ! que dira Marguerite ? Marguerite ne dira rien. Ce n'est pas encore tout :
j'ai changé mon oie contre un coq, et le coq, je l'ai donné pour un crottin. - Le sot marché que tu as fait là ! Marguerite va te quereller. - Marguerite ne dira rien. - Parions deux cents francs
: si elle te cherche dispute, tu paieras les deux cents francs sinon, c'est moi qui te les paierai. »
Jean-Baptiste accepta, et ils reprirent ensemble le chemin de leur village.
« Eh bien ! Jean-Baptiste », dit Marguerite, « avez-vous fait affaire ? - Je n'ai pas fait grand'chose : j'ai changé ma vache contre une bique. - Tant mieux. Nous n'avions pas
assez de fourrage pour nourrir une vache ; nous en aurons assez pour une bique, et nous aurons toujours du lait. - Ce n'est pas tout. J'ai changé ma bique contre une oie. - Tant mieux encore,
nous aurons de la plume pour faire un lit. - Ce n'est pas tout. J'ai changé l'oie contre un coq. - C'est fort bien fait, nous aurons toujours de la plume. - Mais ce n'est pas encore tout. J'ai
changé le coq contre un crottin. - Voilà qui est au mieux. Nous mettrons le crottin au plus bel endroit de notre jardin, et il y poussera de quoi faire un beau bouquet. »
Le voisin, qui avait tout entendu, fut bien obligé de donner les deux cents francs.
E. Cosquin, Contes populaires de Lorraine, 1886
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