Publié le 13 Septembre 2012

L'Empereur Céleste de Jade fêtait son anniversaire, les immortels allèrent lui apporter leurs voeux. La fête dura trois jours et trois nuits. Le Dragon doré, ennuyé, sortit se distraire en dehors du Palais céleste. Soudain, il entendit des pleurs qui venaient de la terre. Il se métamorphosa en être humain, descendit sur la Terre et demanda ce qui se passait auprès d'une fillette en sanglots.

La fillette leva les yeux et vit devant elle un mignon garçon. Toujours éplorée, elle se plaignit:

- Depuis trois ans, pas une seule goutte d'eau n'est tombée. Les plantes ayant péri, nous voilà réduits à manger l'écorce des arbres.

Puis elle se remit à sangloter et conduisit le garçon près d'un trou creusé dans le sol. Montrant les traces de sang aux alentours du trou, elle expliqua:

- Pour que tout le monde au village puisse avoir de l'eau, mon grand-père a invité tous les habitants à utiliser le puits qui lui appartenait. Mais celui-ci ne contenait pas assez d'eau pour qu'ils en bénéficient indéfiniment. Mon grand-père s'est alors résolu à creuser d'autres puits. Il a travaillé sans répit nuit et jour, mais un mois s'est écoulé sans que la moindre trace d'eau n'aparaisse, quoiqu'il en eût déjà creusé à quelques dizaines de mètres au-dessous du sol. Accablé de soif, de faim et de fatigue, il a fini par rendre l'âme...

Entendant cela, le Dragon doré ne put retenir ses larmes. Et d'un coup de pied sur le sol, le voilà volatilisé qui s'en va vers le ciel.

A l'endroit où il avait donné le coup de pied, la fillette vit apparaître un étang d'eau avec l'empreinte des cinq doigts d'une patte au fond. Elle se hâta d'aller faire part de cela à tous les villageois qui, exultant, s'adressèrent au firmament en ces termes:
- Dragon divin, nous te sommes infiniment reconnaissants pour cet étang. Pourtant cette quantité n'est point suffisante pour que vivent les plantes et les humains. Mieux vaut donc faire pleuvoir à torrents.

Le Dragon doré, à ces appels, retourna dans le Palais les immortels ayant fait bonne chère, étaient partis les uns après les autres.

Il alla voir le Dragon souverain de la mer orientale, maître des pluies. Il lui fit part des plaintes des habitants de la Terre. Or ce dernier, à moitié ivre, répondit avec des hoquets:

- Sans l'ordre de Sa Majesté l'Empereur de Jade, je... je... je ne suis pas à même de commander les... pluies.

Le Dragon doré, sur le champ, décida de demander audience à l'Empereur suprême. Arrivé à sa demeure, il fut arrêté parles gardiens de la résidence de l'Empereur, qui lui en interdirent l'accès:
- Sa Majesté suprême a trop bu. Vous feriez mieux de revenir demain.

Le visiteur ainsi rejeté se mit à réfléchir:

 

"Un jour passé au Ciel équivaut à une année sur la Terre; voilà trois ans que les villageois souffrent, comment puis-je laisser ce malheur se prolonger jusqu'à l'année prochaine?"

Il finit par trouver une solution. Il s'adressa au Maître du Tonnerre et à la Maîtresse de l'Eclair:

- Sire Tonnerre et Duchesse Eclair, ayez pitié de ces pauvres malheureux. Si vous ne pouvez faire tomber la pluie, vous êtes capables de faire éclater tonnerre et éclair. Puis il se présenta chez les propriétaires du Vent et des Nuages:

- Ayez pitié, mes chers amis, de ces pauvres malheureux. Si vous ne pouvez commander la pluie, vos nuages et vents les rafraîchiront. Faites-les apparaître, je vous en supplie, afin qu'ils en bénéficient.

Soudain, le vent se mit à souffler, les nuages à s'amonceler, le tonnerre à gronder et l'éclair à briller. A toutes jambes, le Dragon doré revint au Palais où habitait le souverain de la mer Orientale et lui cria droit dans les oreilles:

- Sa Majesté suprême t'ordonne de faire tomber des pluies, mais tu tardes à t'arracher du sommeil. Veux-tu te faire punir!

Celui-ci, toujours dans les vignes du Seigneur, entendant vent et tonnerre, prit la bouteille contenant la pluie et la versa sur la Terre.

Et les humains , depuis longtemps assoiffés sautèrent de joie au milieu des pluies, tant ils étaient reconnaissants au Dragon doré, leur sauveur!

La pluie avait à peine cessé que l'Empereur suprême s'enquit de l'événement. Il convoqua une assemblée des Immortels et, dans une fureur rare, il menaça de tuer le Dragon doré.

Tonnerre et Eclair, ayant pitié de l'accusé, implorèrent grâce pour lui auprès de l'Empereur en colère. Vent et Nuages, de concert, répandirent la nouvelle sur la Terre. Les humains, irrités, manifestèrent en faveur de leur sauveur, lançant des pétards et battant du tambour. Pris de peur, l'Empereur Céleste fit preuve de clémence: Le Dragon doré serait condamné à la vie terrestre et brûlé.

Les habitants d'ici-bas, trop bons pour infliger une telle peine au Dragon, eurent l'idée de remplacer le feu par de la poudre tassée dans un tube de bambou. La poudre en explosant, ferait jaillir des étincelles ressemblant à un incendie sans pour autant nuire au Dragon. Le Dragon doré s'en sortit ainsi sain et sauf.

Dorénavant, le 15 janvier lunaire, il est d'usage d'organiser des danses avec de petits Dragons de papier ou de bambou, fabriqués à l'image de leur sauveur vaillant, afin de rendre hommage à ce dernier pour son sacrifice et, en même temps, de partager avec lui leur joie des bonnes récoltes.

 


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Rédigé par orange8454

Publié dans #dore, #dragon, #empereur, #pluie, #terre

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Publié le 13 Septembre 2012

Avez-vous déjà entendu parler du palais de Brocart ? Mais si, bien sûr, c'est le palais des deux fées célestes qui tissent tout le long du jour, les nuages, pour l'empereur du Ciel. Vous vous tromperiez bien si vous les croyiez heureuses de leur sort car les deux fées s'ennuient à mourir dans leur palais. Un jour d'ailleurs, elles se sont sauvées. Écoutez plutôt...

 

Ce jour-là, c'était l'anniversaire de l'empereur du Ciel et tous ses serviteurs étaient occupés aux préparatifs d'un grand festin. Les employés célestes s'amusaient dans les salles impériales et la garde de la porte du Sud, celle par laquelle on descend sur la terre, buvait joyeusement à la santé de l'empereur et sombrait peu à peu dans une somnolence béate. Les deux fées célestes étaient restées seules. 

 

Dans leur merveilleux palais, elles s'ennuyaient de vivre constamment dans la béatitude, de boire tous les jours du nectar et de tisser tous les jours un nuage en forme d'enclume et sept nuages blancs moutonneux. Leurs jours se ressemblaient comme un neuf ressemble à un autre neuf et nos deux fées s'ennuyaient, s'ennuyaient à mourir.

 

« Tu sais, petite sœur, » soupirait la plus jeune, « je préférerais m'en aller et descendre sur la terre plutôt que de continuer à m'ennuyer ici. Les hommes ne connaissent pas leur bonheur !

 

Tant de travail, et toujours du nouveau, ça me plairait tellement ! »

« A moi aussi, » continua l'aînée, « et si tu voyais leurs montagnes et leurs rivières qui serpentent ! Que c'est beau ! Rien de pareil dans ce palais ennuyeux. Et si nous nous sauvions ? »

 

Le chemin n'est pas long de la pensée à l'acte. Les deux fées célestes se mirent en route et, sur la pointe des pieds, tout doux, tout doux, elles se faufilèrent jusqu'à la porte du Sud qui conduisait à la terre. Les gardes dormaient profondément. Les deux jeunes filles se glissèrent dehors furtivement.

 

« Maintenant, petite sœur, » proposa la cadette, « nous allons nous séparer. Tu iras vers le Sud, et moi vers le Nord. Et lorsque nous aurons trouvé un être en détresse, nous resterons pour l'aider. »

 

Ainsi se séparèrent les deux fées. Et tout se passa comme l'avait dit la plus jeune. Toutes deux rencontrèrent deux vieilles femmes solitaires et usées et restèrent à les aider. Bientôt, elles perdirent leur teint transparent et devinrent toutes roses. Elles se plaisaient beaucoup sur la terre. Jamais plus elles ne pensaient au ciel.

 

Mais rien n'est éternel, hélas. Cent ans avaient passé sur la terre, cent ans, ce qui fait exactement sept jours au ciel. Les festivités avaient pris fin et l'empereur Céleste commença à chercher les deux jeunes filles. Mais en vain, elles étaient introuvables. « Où sont-elles donc passées, » gronda l'empereur. «Voilà un moment qu'il n'a pas plu et j'aurais besoin qu'on me tisse au plus vite un nuage d'orage. » Et l'empereur fit chercher les deux fées. Les serviteurs revinrent bientôt pour lui apprendre que la porte du Sud était ouverte et que les deux jeunes filles s'étaient probablement sauvées.

 

C'est un comble ! » s'écria l'empereur. «Qu'on me les ramène au plus vite ! Sinon, j'enverrai sur la terre une sécheresse abominable ! »

Alors les messagers célestes descendirent sur la terre à la recherche des deux fées. Ils les trouvèrent enfin. Mais les jeunes filles ne voulaient pas rentrer. Pourtant, il fallut bien se rendre ! Pouvait-on désobéir à un ordre de l'empereur du Ciel ? Tête baissée, les yeux pleins de larmes, les deux fées reprirent le chemin du ciel.

En arrivant devant la porte du Sud, la plus jeune dit : 

 

«Petite sœur, je crois que je mourrai de regret si je ne peux plus regarder le monde en bas ! »

L'aînée hocha la tête en soupirant, puis elle dit :

 

«J'ai une idée. Jetons nos miroirs. Ainsi, quand nous regarderons en bas, nous y verrons se refléter le monde entier. »

 

Alors les deux jeunes filles sortirent leurs miroirs de leurs larges manches et les jetèrent en bas. Les miroirs descendirent en scintillant, ils tournoyèrent un instant avec de petits sifflements et tombèrent sur la terre où ils se transformèrent en deux lacs enchantés dont les eaux limpides reflétaient les montagnes, les forêts, les collines et les hommes. Et savez-vous où sont ces deux lacs ? L'un est en Chine, c'est le Grand Lac Occidental, et l'autre au Vietnam, à Hanoi.


 

 


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Rédigé par orange8454

Publié dans #deux, #empereur, #fees, #jeune, #terre

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Publié le 13 Septembre 2012

Autrefois, les hommes vivaient sans Feu. Le Feu était contrôlé par le Dieu de la Foudre, génie à tête humaine et au corps de Dragon. Ce Dieu aimait voyager de par le monde au printemps et en été. Lorsque sa queue heurtait quelque bois sec, il en sortait des étincelles et cela allumait de grands incendies qui éclairaient le ciel. Le Feu dévorait les forêts et brûlait les animaux sauvages qui n'avaient pas eu le temps de fuir.

Ce Feu était très utile. On pouvait s'en servir pour griller la viande crue, s'éclairer la nuit, se réchauffer les jours de froid. Mais, lorsqu'il n'était pas envoyé par le Dieu de la Foudre, où pouvait-on le trouver?

Le Feu existait, il se trouvait dans les lointaines contrées désertiques de l'ouest, là où les rayons du Soleil et de la Lune n'arrivaient même pas, là où il n'y avait pas d'hiver mais un éternel printemps sans nuit et avec une constante lumière. En effet, à cet endroit se trouvait là un grand arbre, si grand que cent personnes se tenant par la main ne seraient pas arrivées à en faire le tour. Son feuillage touffu couvrait des milliers et des milliers de kilomètres. Son tronc et ses branches donnaient la lumière et répandaient la chaleur : On l'appelait l'"Arbre de Feu".

Personne ne l'avait jamais vu, car il se trouvait à mille lieues de toute habitation. Il fallait pour s'y rendre escalader mille montagnes, traverser mille rivières, marcher des jours et des jours et surmonter en route toutes sortes de difficultés et de dangers inattendus.

Plusieurs personnes déjà étaient parties à sa recherche, mais aucune n'avait réussi. Les uns s'étaient tués dans l'ascension des montagnes, les autres s'étaient noyés dans la traversée des rivières; certains avaient été dévorés par des animaux sauvages, d'autres étaient morts de chaleur ou de froid, d'autres encore avaient reculé devant les dangers et les difficultés et avaient rebroussé chemin. Bref, si tout le monde désirait la lumière et la chaleur, personne jusque là n'avait été capable d'en découvrir le secret.

A cette époque vivait dans une tribu un jeune homme intelligent, courageux et fort. Il avait l'esprit vif et était adroit de ses mains. C'était un excellent tireur à l'arc, un bon grimpeur et un nageur hors pair. Ayant entendu parler lui aussi de l'"Arbre de Feu", et désirant apporter lumière et chaleur à son peuple, il projeta de se rendre dans les contrées occidentales. L'échec de ses prédécesseurs ne le découragea pas.

Un jour, il dit adieu à son village et partit vers l'ouest armé de son arc et de ses flèches.Il subit en route toutes sortes de souffrances, de privations et il risqua maintes fois sa vie. De hautes montagnes et de larges fleuves lui barraient la route, mais il s'aida de lianes pour escalader les sommets les plus élevés et construisit des radeaux pour traverser les rivières les plus profondes. Des tigres féroces et des serpents venimeux sortirent parfois de leur repaire pour se jeter sur lui, mais il les terrassa à chaque fois. Le Soleil lui brûlait la peau, le froid lui gelait les mains et les pieds, mais il n'en continua pas moins à marcher des jours et des jours durant. Malgré la fatigue, il ne perdit jamais courage. Rien ne semblait pouvoir l'empêcher d'avancer.

Il marcha ainsi jour et nuit pendant des années parcourant on ne sait combien de milliers de kilomètres. Il ne se souvenait plus depuis combien de lunes il était parti. Devant lui, tout n'était qu'obscurité. Mais résolu à découvrir le secret du Feu et d'en faire don à l'Humanité, il continuait à avancer courageusement.

Un jour, alors qu'il avait avancé toute la journée et que maintenant il marchait péniblement dans la nuit, il aperçut soudain un rai de lumière dans le lointain. Plus il avançait, plus la lumière grandissait. Il comprit alors qu'il était arrivé au pays de l'Arbre de Feu et courut joyeusement vers la lumière.

L'Arbre de Feu occupait à lui seul une superficie de plusieurs milliers de kilomètres carrés. Ses feuilles brillaient comme perles et pierres précieuses éclairant les quatre coins de l'horizon.

L'homme avait enfin atteint l'Arbre de Feu!

En s'approchant de l'Arbre, il vit une nuée d'oiseaux becqueter le tronc et les branches sans arrêt. Chaque coup de bec produisait une étincelle. Le jeune homme comprit alors immédiatement le procédé de fabrication du feu. Il grimpa sur l'arbre, coupa des branches et les frotta l'une contre l'autre. Des étincelles jaillirent. Puis il tenta l'expérience avec d'autres arbres et, après de longs efforts, obtint le même résultat.

Tout heureux, il rejoignit sans tarder son pays natal. Là, il apprit aux hommes le secret du feu. Quelques temps après, chacun avait bien assimilé la méthode de fabrication du feu. Depuis lors, quand on a besoin de feu, il suffit de l'allumer soi-même, sans attendre les caprices du Dieu de la Foudre.

Grâce au Feu, on put désormais cuire les aliments, se réchauffer les jours de grand froid, s'éclairer la nuit, se protéger des bêtes sauvages et fondre des armes et des outils.

La fabrication du Feu par frottement est certes une méthode très primitive. mais l'homme ne la trouva qu'après bien des difficultés et elle eut une influence décisive sur son évolution.

L'histoire a retenu l'inventeur du Feu sous le nom de Suiren Shi.

 


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Rédigé par orange8454

Publié dans #arbre, #feu, #homme, #jours, #lumiere

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Publié le 13 Septembre 2012

La culture des mûriers et l'élevage des vers à soie étaient une importante activité productive dans la Chine antique. Mais d'où venaient les mûriers et les vers à soie à l'origine ? Un conte populaire en raconte l'histoire :

Il était une fois une famille de deux personnes : Un père et sa fille. La fille était belle et intelligente. Un jour le père dut partir au loin pour régler une affaire. Il dit à sa fille qu'il rentrerait bientôt et lui confia la garde de son cheval blanc.

C'était un cheval vigoureux qui galopait comme le vent. Mais surtout ce cheval comprenait le langage des hommes. Tout le monde disait que c'était un cheval prodigieux. Nous ne le saurons jamais vraiment, mais c'était pour le moins un cheval peu ordinaire.

Après le départ de son père, la jeune fille n'eut que son cheval comme compagnie. Chaque fois qu'elle se sentait solitaire, elle parlait avec lui. il inclinait la tête ou agitait la queue pour répondre. Or, plusieurs jours après, son père n'étant toujours pas rentré, la jeune fille commença à s'inquiéter. Peut-être avait-il eu un accident au cours de son voyage ?

Un jour, elle dit à son cheval, mi-plaisantant, mi sérieusement :

- Mon cheval, tu me comprends, n'est-ce pas ? Si tu peut ramener mon père à la maison, je me marierai avec toi !

A peine ces paroles prononcées, le cheval partit ventre à terre et disparut au loin.

En effet, le père était tombé malade loin de chez lui et, ne pouvant rentrer, s'inquiétait de son absence prolongée. Lorsqu'il aperçut son cheval hennissant tristement sur la route, brûlant de retourner au pays, il enfourcha aussitôt son cheval et piqua des deux en direction de sa demeure.

De retour chez lui, le père fut tout heureux de revoir sa fille. Pour remercier son cheval, il lui ajouta du fourrage et lui donna la meilleure avoine. Mais le cheval ne toucha pas à sa nourriture. Par contre, chaque fois que la jeune fille entrait dans l'écurie, le cheval ruait, sautait, allongeait le cou et hennissait joyeusement ou tristement.

Etonné le père demanda des explications à sa fille.

Celle-ci lui raconta alors la promesse qu'elle avait faite au cheval. Très embarrassé, le père réfléchit un moment et dit à sa fille :

- Ecoute, personne ne doit connaître cette affaire. Si on apprenait que je marie ma fille à un cheval, tu imagines le scandale que cela ferait ! Pour l'instant, reste à la maison et ne va voir le cheval sous aucun prétexte.

Le lendemain, à l'aide d'une arbalète, le père abattit son cheval. Puis il le dépouilla, et suspendit la peau sur une branche d'arbre dans la cour.

Sa fille jouait avec des amies quand elle découvrit la peau du cheval suspendue dans l'arbre. Le coeur serré, elle s'en attrista, et se dit :

" Il est mort par ma faute !"

C'est alors qu'il se passa quelque chose d'extraordinaire. Elle s'était approchée de l'arbre por caresser la crinière du cheval quand soudain, la peau se tendit, se jeta sur elle et l'enveloppa entièrement.

Terrorisées, ses amies coururent avertir son père. Quand celui-ci arriva, sa fille et la peau du cheval avaient disparu sans laisser de traces.

Enroulant la jeune fille dans sa peau, le cheval magique vola en direction du sud-ouest. Là-bas était un lieu appelé le Grand Talon. Sur les pentes des montagnes et dans les vallées inhabitées poussaient des mûriers. Lorsque le cheval s'y arrêta, la jeune fille était déjà métamorphosée en ver à soie à tête de cheval.

Desormais, elle grimpa dans les arbres et ne mangea plus que des feuilles de mûriers. Plus tard, devenue la maîtresse des mûriers, l'Empereur Céleste la divinisa en Déesse des vers à soie.

Malheureuse, elle songeait jour et nuit à son pays natal, à son père et à ses compagnes. Chaque fois qu'elle y pensait, elle crachait un long fil de soie. Au dire de certains témoins, chaque printemps, on pouvait voir une jeune fille assise sur une branche de mûrier, crachant un long fil de soie blanche et claire.

Métamorphosée à l'origine en ver à soie, comment avait-elle pu redevenir une jeune fille ? Peut-être qu'une fois divinisée, la Déesse des vers à soie avait utilisé ses pouvoirs prodigieux pour se transformer. Des années après, les vers à soie s'étaient reproduits par milliers. Comme les jeunes filles, ils ont le corps blanc et le caractère doux.

Aujourd'hui encore, dans certaines régions, on appelle les vers à soie "Filles à tête de cheval", en souvenir peut-être de cette légende.



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Le fleuve du Dragon Noir ne porte son nom actuel que depuis que Vieux-Li-sans-queue s'y est installé. A l'origine, ce n'était pas un Dragon Noir qui y vivait, mais un Dragon blanc féroce, qui s'attaquait aux gens et provoquait souvent des inondations.

Vieux-Li-Sans Queue était originaire du destrict de Yie au Shandong. Dès le matin du jour de sa naissance, le ciel se couvrit de nuages et il souffla un grand vent bizarre, qui fut suivi d'une averse. La pluie tombait si dru que la vue en était obstruée. C'est par un temps si détestable que Vieux-Li-Sans Queue était venu au monde.

Sa mère allaitait son nouveau né, mais à chaque fois, elle s'évanouissait de douleur. Son père, qui avait déjà beaucoup de mal à subvenir aux besoins de la famille, se faisait encore plus de souci maintenant qu'il avait trois bouches à nourrir.

Aussi, dès qu'il vit ce monstre tout noir à son retour des champs, il lui flanqua un coup de bêche sur la queue, d'où le nom de Vieux-Li-Sans Queue. Dans sa douleur, le malheureux sauta en l'air, traversa le toit dans un roulement de tonnerre, se précipita vers le nord-est dans une traînée de feu et descendit dans le fleuve du Dragon Noir.

Etant originaire du Shandong, Vieux-Li-Sans Queue avait beaucoup de sympathie pour les gens de son pays natal. On dit que pour naviguer sur le fleuve du Dragon Noir, il faut d'abord demander:
- "Y a-t-il quelqu'un du Shandong?" et il suffit de répondre "oui!" même s'il n'y en a pas en réalité, le bateau est à l'abri de tout accident.

C'est pour cela que depuis de nombreuses années, aucun navire n'a coulé dans le fleuve du Dragon Noir, car c'est là que vit Vieux-Li-Sans Queue. Comme il est très bon avec les gens du Shandong, il jouit d'une très bonne réputation parmi eux.

Vieux-Li-Sans Queue revient toujours dans son pays natal le 13e jour de la 5e lune de chaque année, jour anniversaire de la mort de sa mère, pour se prosterner devant la sépulture de celle-ci. Le jour où il rentre, il pleut toujours. Les habitants du Shandong ont l'habitude de dire:
- Même après trois ans de sécheresse, on n'oublie pas le 13e jour de la 5e lune. Ce jour-là, même s'il fait beau, on se garde de faire sécher les vêtements, car c'est le jour où Vieux-Li-Sans Queue revient ajouter de la terre sur la tombe de sa mère. Souvent, à cette occasion, Vieux-Li-Sans Queue n'oublie pas d'offrir aux villageois des spécialités du fleuve du Dragon Noir, aussi compte-t-on beaucoup sur ce jour où le vent et la pluie leur apportent quelque chose de très particulier.

Ce n'est cependant pas sans difficulté que Vieux-Li-Sans Queue s'était installé dans le fleuve du Dragon Noir.

A l'époque, sur les deux rives du fleuve du Dragon Noir s'étendaient de vastes friches presque inhabitées à cause des inondations continuelles. Là, vivait un vieux défricheur. Un jour, il vit venir un jeune homme très noir qui lui demanda de l'héberger pour la nuit. Le lendemain le gars lui dit:

- Vieux père, je suis sans feu ni lieu, j'ai envie de me réfugier chez vous, êtes-vous d'accord?

- Pourquoi pas? répondit le vieux, fais comme tu veux, il y a suffisamment de quoi manger pour toi. Travaille un peu quand tu en auras envie, et repose-toi quand ça ne te dira rien.

C'est ainsi quele jeune homme s'établit là. Les premiers jours, il aida le vieux à couper du bois et à faire le ménage, puis il prépara les repas pour le vieux qui s'occupait des champs. Ils vécurent ainsi en bon termes pendant assez longtemps.

Un jour, à midi, le vieux revint des champs, harassé de fatigue.

- Eh bien, combien de terre avez-vous défriché? demanda le gars.

- Pas beaucoup, répondit le vieux, car il y a trop de racines d'arbres dans le sol.

- J'ai une idée, reprit le gars, j'en ai assez de rester toujours à la maison, que diriez-vous de rester faire la cuisine tandis que j'irais aux champs à votre place?

- Soit!

L'après-midi, ils firent comme convenu. Après le déjeuner, le vieux fit une longue sieste, qui dura jusqu'à la fin de l'après-midi. Désireux de savoir comment le jeune homme travaillait, il se rendit alors sur le lieu du travail.

Il n'était pas encore arrivé qu'il entendit le vent souffler et vit des arbres s'abattre sur le sol. De la poussière et des pierres dansaient dans le ciel. Le vieux fut surpris de voir que c'était un Dragon Noir qui travaillait là. Il déracinait les gros arbres de sa queue à moitié amputée, aussi facilement que s'ils avaient été des pousses de sorgho. Les arbres abattus s'entassaient jusqu'au ciel.

A cette vue, le vieux n'osa plus avancer, de peur d'être atteint par les pierres qui volaient en tout sens. Il retourna alors à la maison.

Le soir, après le retour du jeune homme, ils s'assirent pour dîner ensemble.

- Comment as-tu travaillé? demanda le vieux?

- Assez bien. Ces derniers jours, je commençais à m'ennuyer, à force de rester toujours à la maison, c'est pourquoi j'en ai mis un sacré coup!

- Mais ce que tu as fait est très fort!

- Comment! Vous m'avez vu?

- Oui, je suis allé te voir, mais je n'ai pas osé m'approcher, de crainte d'être tué par les volées de pierres et de morceaux de terre.

- Vieux père, dit le gars en riant, puisque vous m'avez vu, je ne peux plus rien vous cacher. Je vois que vous êtes très bon, je voudrais qu'on soit dorénavant amis intimes.

- Je veux bien.

- Vieux père, à vrai dire, j'ai envie de m'installer ici.

- Fais comme tu veux, je n'y vois pas d'inconvénient.

- Non, vieux père, vous n'avez pas compris, je veux dire m'installer dans le fleuve.

- Vas-y alors, personne ne t'en empêche.

- Cela ne va pas, dit le jeune homme en secouant la tête, il y a déjà quelqu'un dans le fleuve, et si je veux m'y installer, il faut que je me batte avec lui.

- Et bien vas-y.

- Mais il est plus fort que moi!

- Comment faire alors?

- Aidez-moi, vieux père!

- Mais comment pourrais-je t'aider, alors que je ne sais même pas nager?

- Vous n'avez pas à descendre dans le fleuve. Mon adversaire a une maison. Il peut rentrer manger chaud chez lui quand il a faim. Mais moi, je ne peux que boire de l'eau du fleuve pour tromper ma faim. Comment pourrais-je le vaincre? Voilà ce que vous allez faire pour m'aider: Le jour de notre combat, vous préparerez du pain et des pierres que vous entasserez au bord du fleuve. Quand vous verrez de la mousse noire et une main noire sortir de l'eau, vous jetterez des pains; et lorsque vous verrez de la mousse blanche et une main blanche, vous lancerez des pierres. Comme ça, vous me rendrez un grand service.

A ces mots, le vieillard dit:

- Pas difficile, compte sur moi.

Ceci dit, le gars lui précisa le nombre de pains et de pierres qu'il fallait préparer, l'endroit où les déposer et la distance à garder entre les tas de pains et de pierres. Dès lors, le vieux se mit à faire des préparatifs et le gars sortit tous les jours s'entraîner.

Le jour du combat arrivé, le gars descendit dans le fleuve. Ce jeune homme était en réalité Vieux-Li-Sans Queue. Aussitôt les eaux du fleuve se mirent à s'agiter. Les vagues se succédaient les unes aux autres, se brisaient contre les berges en faisant trembler les deux rives. Le vieillard observa attentivement le déferlement des eaux.

Peu après, de la mousse noire et une main noire sortirent de l'eau, et le vieillard jeta des pains. Un moment après, de la mousse blanche et une main blanche montèrent du fond du fleuve, aussitôt il lança des pierres. Le combat dura du matin jusqu'au soir et finalement Vieux-Li-Sans Queue vainquit le Dragon blanc.

Depuis que Vieux-Li-Sans Queue s'est installé dans le fleuve, les eaux sont devenues noires d'où son nom: Fleuve du Dragon Noir...

...Vieux-Li-Sans Queue est très bon! Lors de "l'incident du 18 septembre", (Le 18 septembre 1931, l'armée japonaise du Guandong attaqua la ville de Shenyang et commença à occuper les trois provinces du Nord-Est de la Chine.) il a même participé à la résistance contre les japonais. A ce moment-là, deux régiments de volontaires sur des bateaux étaient talonnés par les navires des agresseurs japonais. Tout à coup, surgit un petit canot conduit par un vieillard à la barbe noire.

- N'ayez pas peur, suivez-moi!

Ce disant, il sauta sur le bateau des combattants et ordonna:

- Démarrez!

En disant cela, il fit un signe de la main et un épais brouillard s'abattit sur le fleuve. Du coup, on ne voyait plus rien sur l'eau. Mais le bateau des volontaires sur lequel était le vieillard avançait à la vitesse d'une flèche.

C'est ainsi que les deux régiments de volontaires réussirent à s'échapper aux Japonais. Lorsque le brouillard se fut dissipé, le vieux à la barbe noire n'était plus là, on ne voyait plus sur le bord du bateau que deux gros caractères: "Vieux Li".


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Rédigé par orange8454

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