Publié le 13 Septembre 2012

Le Roi Dragon s'occupe principalement des pluies. Quand il fait tomber la pluie, il y a de l'eau sur la terre; s'il ne le faisait pas, les êtres vivants en souffriraient beaucoup.

On dit que dans l'Antiquité le Roi Dragon Luyibashida était très despotique. Il interdisait souvent à la Déesse des Pluies de travailler, si bien que les sources, puits et cavernes de la terre n'avaient pas d'eau, les champs se fendillaient de sécheresse, et les êtres vivants mouraient de soif.

 

Les êtres humains haïssaient tellement ce Dragon que le ciel en fut informé. Les immortels célestes discutèrent ensemble pour sauver l'Humanité. Un immortel nommé Qiangladuji dit:

 

- Laissez-moi arranger cette affaire, je connais un moyen pour sauver l'Humanité.

 

Déguisé en serviteur, Qiangladuji arriva chez Luyibashida. Il y travailla laborieusement et le Roi Dragon l'apprécia beaucoup. Un jour, trouvant que le moment était venu, il dit:

 

- Votre majesté le Roi Dragon, votre famille est la plus riche au monde. Il n'y a pas d'autre famille aussi riche et aussi prospère que la vôtre. Vous avez tout et ne manquez de rien Votre réputation est telle que les montagnes baissent la tête devant vous. Pourtant, il y a encore une chose que votre famille ne possède pas.

 

- Laquelle? dit le Dragon en levant haut sa tête orgueilleuse. Je possède tout !

 

- Vous savez déjà, chuchota Qiangladuji mystérieusement, que le Phoenix est la créature la plus noble au monde et ses œufs la chose la plus précieuse. Ce qui vous manque, c'est un œuf de Phoenix.

 

Le Roi Dragon changea vite d'attitude et dit avec des signes de tête:

 

- Eh bien, où peut-on trouver cet objet précieux? Pourrais-tu m'en trouver un?

 

- Ce n'est pas difficile, si vous le désirez, dit Qiangladuji, je peux certainement vous en trouver un.

 

Sortant alors du Palais royal, il monta au ciel et vit trois œufs brillants dans le nid d'un Phoenix sur l'arbre divin. Juste à ce moment, le Phoenix qui couvait les œufs était sorti chercher de la nourriture, alors il vola en cachette un œuf, et repartit le donner au Dragon. En possession de l'oeuf multicolore de Phoenix, celui-ci rayonnait de joie.

Alors, Qiangladuji lui dit:

 

- Mon roi respecté, vous êtes vraiment maintenant le plus riche du monde, vous possédez tout et rien ne vous manque plus. J'ai fait ce que je devais faire, je vais rentrer.

 

De retour au ciel, Qiangladuji discuta encore un instant avec les immortels Zhongbuya et Qingliennijiang, puis il attendit le retour du Phoenix pour discuter comment punir le Roi Dragon.

 

En rentrant à son nid, le Phoenix s'aperçut qu'un œuf avait disparu, et il se mit à le chercher partout, en volant 90 000 lis à l'est, 90 000 lis à l'ouest, mais sans parvenir à retrouver son œuf. Fou de colère, il allait et venait dans tous les sens du ciel, en monologuant:

 

- Mon nid est sur l'arbre divin, dont les branches soutiennent les neuf cieux, aucun animal au monde ne peut y être monté, personne ne peut avoir volé mon œuf ! Qui me l'a volé ?

C'est alors que Qiangladuji s'approcha et demanda:

 

- Noble Phoenix, pourquoi voles-tu ainsi dans tous les sens ? Qu'est-ce que tu cherches ?

 

- J'ai perdu un œuf, dit le Phoenix, sais-tu qui me l'a volé ?

 

- Eh bien, je sais qui a volé ton œuf, dit Qiangladuji avec des signes de tête. Mais je ne peux te le rapporter. Si tu veux, tu peux venir au Palais céleste discuter un peu avec nous.

Le Phoenix se hâta de le suivre au Palais céleste. Les immortels qui y attendaient demandèrent à la vue du Phoenix:

 

- Oh, Phoenix, tu as des ailes qui peuvent couvrir le ciel et des pattes à griffe comme l'éclair, peux-tu aller chercher le Roi Dragon Luyibashida dans l'eau ? Oserais-tu le faire ?

 

- Rien de plus facile, répondit le Phoenix. Mais pourquoi dois-je le tirer de l'eau ? Je ne veux que savoir qui a volé mon œuf.

 

- Tire le Roi Dragon Luyibashida de l'eau, dirent les immortels, c'est lui qui a volé ton œuf.

Quand il entendit cela, les pattes du Phoenix tremblèrent de colère: Il voulut tout de suite aller régler son compte au Dragon. Mais les immortels l'arrêtèrent en disant :

 

- Si tu tires tout son corps de l'eau, les hommes mourront. Il suffit que tu traînes sa tête ici, et nous aurons alors le moyen de lui faire rendre ton œuf.

En agitant ses ailes, le Phoenix vola au 81e étage du ciel, puis il replia ses ailes et se laissa tomber droit dans la mer.

 

D'un coup, la mer se fendit et apparurent le Palais et le Roi Dragon au fond de la mer. C'est alors que le Phoenix saisit le Dragon par le cou avec ses griffes et tira sa tête de l'eau, tout en lui demandant en colère:

 

- Quelle est la longueur de ton corps ?

Troublé par cette brusque attaque, le Dragon répondit vite:

 

- Mon corps est très long, tu n'en as sorti qu'à peine une moitié.

 

A ces mots, le Phoenix continua de monter, jusque devant les immortels. Et tout en tenant solidement le cou du Dragon, il cria:

- Tu es très malhonnête, pourquoi as-tu volé mon œuf ? Si tu me rends mon œuf, je te ferai grâce. Sinon tu verras !

 

Le cou serré par le Phoenix, le Dragon ne pouvait parler et il présenta des excuses avec des signes de tête. Les immortels dirent en le montrant du doigt:

 

- Luyibashida, alors que tu es le Roi Dragon, tu interdis à la Déesse des Pluies de faire pleuvoir, si bien que les champs se fendent, les plantes meurent, les êtres humains et les animaux ne peuvent vivre. Tu ne fais pas ce que tu dois faire, mais tu voles en cachette l'œuf du Phoenix, si bien que le ciel et tous les êtres vivants te haïssent! Maintenant, nous te demandons si tu vas rendre son œuf au Phoenix ?

 

- Je vais le rendre, je vais le rendre! acquiesça le Dragon de la tête.

 

- Feras-tu tomber les pluies ?

 

- Je le ferai, je le ferai!

 

- Alors, à ton retour, envoie ton serviteur rendre son œuf au Phoenix, envoie la Déesse faire vite tomber la pluie pour que toutes les sources, tous les puits et toutes les cavernes aient de l'eau, que les cultures poussent, que l'Humanité ait de quoi manger et que tous les êtres vivent bien. Vas-tu le faire ?

 

- Oui, oui!

 

- Si tu le fais, l'Humanité te respectera, te priera et t'offrira chaque année des offrandes et des sacrifices.

 

Puis ils dirent au Phoenix de replacer doucement le Dragon dans la mer. Mais Qiangladuji s'approcha du Phoenix et lui chuchota:

 

- Saisis-le de toutes tes forces et fais-le tomber brutalement.

 

Le Phoenix agit selon le conseil de Qiangladuji, il lâcha le Dragon si énergiquement que les eaux de la mer jaillirent en de hautes colonnes, qui devinrent des milliers et des milliers de gouttes et volèrent aux alentours. En tombant sur la terre, les grandes gouttes devinrent de grands fleuves et rivières, les petites devinrent des sources, puits et cavernes.

 

Depuis lors, le peuple Pumi respecte le Roi Dragon selon les directives des Immortels et fait des offrandes chaque année aux fleuves, rivières, lacs, sources, puits et cavernes, pour prier le Roi Dragon de donner une bonne vie à la population Pumi. Après avoir été puni par le Phoenix, le Dragon n'a plus osé commettre de méfaits.





Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #dragon, #oeuf, #phoenix, #qiangladuji, #roi

Repost0

Publié le 13 Septembre 2012

Les Qing (1644-1911), dynastie féodale mandchoue, n'ont eu qu'une princesse de nationalité han sous leur règne qui a duré 268 ans. C'est la princesse adoptive Kong Sizhen.

 

Fille d'un général, Kong était sortie indemne des troubles de la guerre, mais une centaine de membres de sa famille avaient alors perdu la vie.

 

Heureusement, Kong fut d'abord adoptée par l'impératrice douairière Xiaozhuang des Qing, puis est devenue une princesse et une concubine impériale de haut rang. En tant que descendante de la famille des Kong, elle gouverna la préfecture du roi Dingnan.

 

Depuis la fondation de la dynastie des Qing, Kong a été la première femme à recevoir l'investiture de la garde impériale de premier rang. Ayant toute la confiance de Xiaozhuang, elle a commandé les forces armées qui protégeaient les tombeaux impériaux et maintenaient l'ordre à la frontière sud-ouest du pays.

 

Pendant la lutte contre les troubles qui sévissaient dans trois États tributaires aux limites de l'empire, elle a apporté une contribution remarquable à la sauvegarde de la réunification de la patrie et au maintien de la stabilité sociale.

 

Pour faire honneur à sa patrie, elle a manifesté un esprit d'abnégation. Bien qu'elle ait obtenu plusieurs titres, elle a enduré de rudes épreuves. Après avoir acquitté l'importante mission qui lui avait été confiée, elle s'est retirée tranquillement de la scène de l'histoire et a vécu en ermite dans le palais des concubines. Depuis lors, la suite de son histoire légendaire est restée inconnue.

 

Dans l'arrondissement Haidian de Beijing, Gongzhufen (site de l'ancien cimetière de la princesse) est aujourd'hui un carrefour de communication et un centre commercial animé. Point de rencontre de l'avenue Chang'an et du 3e périphérique, quatre rues rayonnent autour d'un grand espace vert, et un grand échangeur s'y dresse. Pour protéger l'emplacement de l'ancien cimetière de la princesse, lors de la construction de cet échangeur, on a conservé les arbres centenaires (pins et cyprès) et les espaces verts. On disait que les restes de la princesse Kong Sizhen s'y trouvaient. Pendant les fouilles qui y ont alors été effectuées, on a découvert une grande quantité d'armes antiques. En analysant la vie de la princesse Kong, on peut arriver à la conclusion qu'elle y avait été ensevelie.

 

L'origine de Kong Sizhen

 

Kong Youde, père de Kong Sizhen, était originaire de la province du Liaoning. À la fin de la dynastie des Ming (1368-1644), il était un général qui maintenait l'ordre de Dengzhou dans la province du Shandong. À cette époque, le gouvernement des Ming était corrompu et décadent. Les guerres consécutives avaient entraîné le peuple dans la misère.

 

À la fin de1631, Kong Youde reçut pour mission de renforcer les forces en vue du combat qu'allaient livrer les Ming dans l'est du Liaoning. Lorsque ses renforts arrivèrent à Wuqiao du Hebei, la neige entrava l'avancée de ses troupes. Ayant peur de manquer de nourriture et de vêtements, ses 30 000 soldats étaient pris entre deux feux. Kong Youde décida finalement de diriger ses troupes dans une révolte contre le gouvernement décadent des Ming. Pour échapper à l'encerclement des armées des Ming, il prit la fuite avec ses troupes vers la mer.

 

En haute mer, Kong Youde, dans une situation difficile, décida de se rallier au gouvernement des Qing. Cette nouvelle inattendue fut accueillie avec joie par l'empereur des Qing. Il envoya non seulement son armée pour accueillir Kong et son armée, mais encore conduisit en personne ses mandarins à les accueillir chaleureusement à cinq km de la ville. Profondément touché, Kong Youde prit la résolution de rester loyal envers la cour impériale des Qing.

 

En 1644, les Mandchous de la Chine du Nord-Est fondèrent la dynastie des Qing et installèrent leur capitale à Beijing. Pendant les guerres de répression des révoltes dans la Plaine centrale, Kong Youde était aux premières lignes de combat. Son armée partit du Nord-Est et combattit au sud et au nord du Yangtsé. Pour établir et renforcer l'autorité dans la Plaine centrale, Kong accomplit des exploits éclatants. Finalement, on lui conféra le titre de Dingnanwang (roi maintenant l'ordre dans la région Sud-Ouest).

 

Née en 1645, Kong Sizhen a donc grandi sous l'étendard militaire et a reçu le baptême du feu. En 1652, son père livrait un combat contre une armée paysanne dans la région de Guilin (alors province du Guangxi), qu'il occupait, et il fut encerclé par l'armée paysanne. Au cours du combat, il fut atteint d'une flèche à la tête. La ville fut prise, son père battit en retraite dans sa résidence et l'incendia. Une centaine de membres de la famille se donnèrent la mort, à l'exception de Kong Sizhen qui avait alors sept ans. On dit qu'elle fut sauvée par des hommes de la suite de son père.

 

Le séjour à Beijing

 

Après avoir réprimé les révoltes, l'empereur Shunzhi ordonna aux gardes d'honneur d'accompagner Kong Sizhen à Beijing. En 1654, la ville animée accueillit l'arrivée de Kong Sizhen. Sa garde d'honneur passa entre deux haies de spectateurs et de fonctionnaires et se dirigea vers le palais impérial. En voyant cette fillette esseulée, l'impératrice douairière Xiaozhuang se sentit profondément émue. Elle serra l'enfant dans ses bras et déclara : « Tu es si jeune, mais tu as connu tant de malheurs. Désormais, tu pourras me considérer comme ta mère. » Après avoir entendu ses paroles, la gentille fillette se hâta de se prosterner, front contre terre, et dit : « Merci beaucoup, Mère, et je vous souhaite longue vie. »

 

Le gouvernement des Qing ordonna aux fonctionnaires de construire un temple à la mémoire de Kong Youde. En tant que femme, Kong Sizhen ne pouvait succéder au trône de son père, mais elle avait le droit de jouir d'un traitement princier et de prendre en main le pouvoir militaire et les affaires de la résidence princière. Par ailleurs, Xiaozhuang demanda au ministre des Rites (l'un des six ministres du gouvernement impérial des Qing) de lui fournir 20 000 taëls d'argent. Plus tard, l'empereur Shunzhi publia un édit et remit à Kong Sizhen un registre lui conférant le titre de Heshuo Gege (princesse de premier rang).

 

L'impératrice douairière Xiaozhuang, épouse de Huangtaiji, déployait beaucoup de talent en politique. Son fils Shunzhi et son petit-fils Kangxi montèrent sur le trône dès leur enfance. Par conséquent, elle jouait un rôle prépondérant dans les décisions politiques. S'appuyant sur sa position particulière, elle aida trois empereurs à consolider leur pouvoir, après qu'ils eurent établi leur capitale à Beijing.

 

Pour maintenir la domination du gouvernement des Qing, l'impératrice douairière Xiaozhuang adopta Kong Sizhen et en fit une femme compétente, tant sur le plan des affaires civiles que militaires. Elle demanda à Kong de lire non seulement le Livre des Odes et le Canon des documents, mais encore d'apprendre les arts martiaux et de s'y exercer avec les princes.

 

Kong Sizhen était à la fois belle et compétente, et dès qu'elle eut atteint l'âge adulte, Xiaozhuang consentit avec plaisir à ce qu'elle ait la position d'impératrice de Shunzhi. Ayant été élevés ensemble, Shunzhi et Kong Sizhen s'étaient liés d'une amitié pure et leur mariage ne figurait toujours pas dans les plans immédiats. Malheureusement, l'empereur Shunzhi mourut à l'âge de 23 ans.

 

Après la mort de Shunzhi, Xiaozhuang donna à Kong l'investiture de la garde impériale de premier rang. Puis elle l'envoya commander les forces armées qui protégeaient les tombeaux impériaux.

 

Le mariage de Kong Sizhen

 

Au début des Qing, la cour impériale conféra des titres de roi local à quatre grands généraux des Ming, en raison de leur position, de leur talent et de leurs mérites remarquables, et ceux-ci se soumirent à la cour des Qing. Ce sont : Wu Sangui, le Pingxiwang, qui occupa les provinces du Yunnan et du Guizhou; Geng Zhongming, le Jingnanwang, qui domina la province du Fujian ; Shang Kexi, le Pingnanwang, qui administra la province du Guangdong ; et Kong Youde, le Dingnanwang qui dirigea ce qui était alors la province du Guangxi. Après le décès de Kong à Guilin, la position royale de Kong Youde fut remplie par Sun Yanling, mais en réalité, il ne restait que trois rois locaux de la première heure.

 

Au fur et à mesure qu'ils acquéraient de la puissance, les trois autres rois commencèrent à se conduire en despote, et plus particulièrement Wu Sangui. Dans les provinces du Yunnan et du Guizhou, il développa des armements et des contingents militaires (de 20 000 à 100 000 soldats) pour se préparer à une guerre, forma une coterie à des fins illicites, accabla le peuple d'impôts, exploita sans scrupule des mines pour frapper la monnaie et monopolisa le commerce frontalier. En demandant au gouvernement des Qing de prendre en charge les dépenses militaires annuelles de plus de 20 millions de taëls d'argent, il refusa d'appliquer les ordres du gouvernement.

 

En un mot, la puissance des rois locaux menaçait sérieusement la sécurité politique, économique et militaire de l'État. Le gouvernement des Qing les considérait donc comme des cancers.

 

À l'âge de 8 ans, Kangxi monta sur le trône et fut proclamé empereur après la mort de son père Shunzhi. Kangxi (règne de 1661 à 1722) est l'empereur le plus renommé des Qing. Avec l'aide de sa grand-mère paternelle, ce jeune empereur prometteur décida d'éradiquer tous ces despotes locaux.

 

Pour contrôler la puissance du Guangxi, Xiaozhuang demanda à Kong Sizhen d'épouser Sun Yanling, sous le prétexte que leurs fiançailles avaient été arrangées par leur père.

 

Kong Sizhen savait que Sun Yanling était un jeune dandy et un incapable, et elle comprit les intentions de sa mère adoptive. Prenant en considération tous les intérêts en cause, elle accepta finalement cet arrangement. Kong s'installa à Guilin après son mariage. Puis, l'empereur Kangxi offrit titres et fonctions à Sun, à la condition qu'il en confie la direction à sa femme Kong Sizhen. Devant manœuvrer au sein d'un mariage si tragique et avec un mari si vil, Kong Sizhen se vit obligée de publier un règlement strict énonçant que « sans sa permission, son mari ne devait pas faire feu ». Dans l'histoire de la Chine, c'était une nouvelle inattendue et rarement prise sous la menace de la cour impériale.

 

Réprimer la révolte

 

En 1673, l'empereur Kangxi approuva la demande du Pingnanwang Shang Kexi de prendre sa retraite et de rentrer dans son pays natal. Kangxi déclara : « La province du Guangdong est en paix et l'autorité locale en place peut être annulée. » À cette nouvelle, le Pingxiwang Wu Sangui et le Jingnanwang Geng Zhongming se sentirent fébriles. Ils présentèrent par écrit à Kangxi leur avis de se retirer pour sonder son opinion. Cependant, Kangxi accepta de publier un édit de ratification. Dans cette situation, Wu Sangui se révolta le premier contre la dynastie des Qing, geste qui fut suivi par les deux autres rois. Pendant les troubles avec ces trois rois locaux, la guerre civile sévissait dans onze provinces du pays.

 

Au début de la révolte, Wu Sangui dépêcha des envoyés pour s'associer à Sun Yanling qui n'osait pas agir à la légère, car il avait manqué de soutien de la part de sa femme et de ses troupes. Par la suite, cette girouette changea d'avis. En prenant une série de mesures, il fit arrêter sa femme en ordonnant qu'elle soit assignée à résidence, tua une trentaine de généraux qui faisaient preuve d'hostilité et emprisonna le gouverneur envoyé par la cour des Qing dans la province du Guangxi. Se prétendant de roi Anyuan, il se révolta de concert avec Wu Sangui.

 

À ce moment critique, Kong Sizhen tenta des efforts ultimes. Elle invita son mari à capituler et coopéra avec Fu Honglie, fonctionnaire local, pour réunir clandestinement des informations. Finalement, elle dépêcha des envoyés pour demander l'aide de l'armée des Qing. À ce moment critique, Sun Yanling hésitait entre deux routes et fut finalement tué par Wu Sangui qui révéla le complot de Kong Sizhen. Dès que la ville de Guilin fut enlevée par Wu Sangui, Kong Sizhen tomba aux mains de l'ennemi et fut amenée dans la province du Yunnan. Sachant que Kong était la fille unique du Dingnanwang et vu le grand prestige dont elle jouissait dans la province du Guangxi, Wu Sangui n'osa pas la tuer.

 

Après huit années de guerres civiles, les troubles des trois rois locaux furent complètement réprimés. Après avoir passé quatre ans de sa vie en prison, Kong Sizhen fut remise en liberté. L'empereur Kangxi la fit chercher et amener à la cour impériale où cette femme de 36 ans poursuivit son veuvage. Elle mourut à l'âge de 68 ans. Pour réconforter son âme blessée, la cour des Qing lui fit des funérailles solennelles.

Source : LCAP



Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #fut, #kong, #province, #qing, #sizhen

Repost0

Publié le 13 Septembre 2012

De retour chez lui, il déclara à sa femme:

 

Sous le règne de l'Empereur Yao, dix Soleils parurent simultanément dans le ciel, causant une terrible sécheresse sur la Terre.

 

Que s'était-il passé? Jadis, la mère du Soleil Xihe avait eu dix enfants. Ils habitaient à Tanggu, un grand lac situé dans les régions orientales. Les dix Soleils passaient là leurs journées à se baigner et s'amuser; aussi l'eau du lac était-elle bouillante pendant les quatre saisons de l'année. Au centre du lac poussait le grand arbre Fusang, le "lieu où se lève le Soleil". Cet arbre mesurait plusieurs milliers de mètres de haut, et mille personnes ne pouvaient l'embrasser. Sur ses dix énormes branches reposaient les dix Soleils.

 

Sur l'ordre de l'Empereur Céleste, chaque Soleil allait à son tour éclairer le monde, se levant à l'Est à l'aube et se couchant à l'Ouest au crépuscule après avoir traversé tout le ciel. Ainsi, tous les dix jours, chacun d'entre eux apportait lumière et chaleur aux hommes.

 

Comme le monde était beau alors, avec ses montagnes altières, ses fleuves impétueux, ses forêts profondes, ses fleurs multicolores et ses champs aux récoltes abondantes!

 

Vraiment, pour nos dix Soleils, le monde était plus amusant que le lac Tanggu...

 

Mais ils ne pouvaient s'y rendre qu'une fois tous les dix jours.

Ces Soleils étaient de tempérament espiègle. Un jour la discussion s'échauffa:

 

- Le lac Tanggu n'est vraiment pas amusant! Nous y restons neuf jours sur dix, ce n'est pas drôle, se plaignit l'un d'entre eux.

 

- C'est vrai! Nous sommes sévèrement surveillés, nous ne pouvons pas aller où nous voulons, je trouve cela injuste! Renchérit un autre.

 

- Ces règlements sont raisonnables, intervint un troisième, si nous allons tous ensemble sur la terre, la chaleur y sera insupportable.

 

A ces mots, le premier Soleil se fâcha:

 

- Raisonnable! Raisonnable! Faire ce que nous voulons, voilà ce qui est raisonnable!
C'est insupportable de toujours rester ici! Et si, à partir de demain, nous allions jouer tous ensemble?

 

- D'accord! Répondirent en chœur les neuf autres Soleils.

Le lendemain, les dix Soleils quittèrent le lac Tanggu au mépris des ordres de l'Empereur Céleste.

 

Lorsqu'un seul Soleil apparaissait dans le ciel à l'aube, tout était normal. mais lorsque ce jour-là, les dix Soleils se levèrent simultanément, ils dégagèrent une chaleur torride: Tous les cours d'eau furent asséchés, les champs brûlés se crevassèrent, les arbres et les céréales se desséchèrent et les hommes durent se réfugier dans des grottes, n'osant plus en sortir.

Mais les dix Soleils s'amusèrent comme si de rien n'était. Ils étaient même ravis de leur mauvais tour.

 

L'Empereur Yao, qui régnait à cette époque sur la Chine, habitait une chaumière et menait la vie simple et sobre du peuple. Ayant à cœur les intérêts de son peuple, il demanda aux Soleils de se retirer immédiatement, au risque d'anéantir toutes les espèces vivantes sur terre. Mais les Soleils n'en eurent cure et continuèrent à s'amuser.

 

L'Empereur Yao fut obligé d'intercéder pour son peuple auprès de l'Empereur Céleste. En apprenant que les dix Soleils avaient transgressé ses ordres, l'Empereur Céleste se mit dans une colère noire. Il fit appeler Yi, l'archer céleste.

- Les fils de Xihe ont trahi leur serment, lui dit-il. Ils sont sortis tous ensemble, causant de graves sécheresses. Voici un arc rouge et un carquois de dix flèches blanches. Va et chatie-les comme il se doit !

 

Obtempérant à l'ordre de l'Empereur Céleste, Yi prit son arc et ses flèches et descendit immédiatement sur Terre.

 

Les souffrances du peuple écrasé par la chaleur des Soleils l'affligèrent beaucoup. Il leva la tête, défia du regard les dix Soleils et, sans dire un mot, saisit son arc et le banda. La flèche partit comme une étoile filante. Une violente déflagration se répercuta dans le ciel, le Soleil touché par la flèche de Yi se changea en une boule de feu et tomba. Les autres prirent la fuite. Mais Yi visa le deuxième Soleil, puis le troisième, le quatrième... Ils tombèrent l'un après l'autre. Au moment où il retirait la dixième flèche de son carquois, l'Empereur Yao retint son bras :

 

- Arrête! Lui dit-il, tous les êtres vivants ne peuvent vivre ni se multiplier sans Soleil. Epargne le dernier. Yi acquiesça en silence.

 

Après avoir fait disparaître les neuf Soleils, la température redevint normale. les hommes purent sortir de leurs abris, labourer la terre, moissonner, chasser, réparer et construire leurs maisons. Ils menaient à nouveau une vie paisible.

 

Sa mission accomplie, Yi s'apprêta à retourner au ciel. Mais, pleins de gratitude, les hommes le retinrent auprès d'eux et émirent l'espoir qu'il restât quelques jours de plus sur Terre. On avait encore besoin de lui pour venir à bout d'autres calamités. Yi accepta sans rien dire...

 


Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #celeste, #dix, #empereur, #soleil, #terre

Repost0

Publié le 13 Septembre 2012

Dans un grand nombre de pays, les jours fériés se passent pendant les jours les plus sombres, au plus froid de l’hiver. En Asie, vivent toutes sortes de gens qui célèbrent toutes sortes de fêtes.


Chaque groupe a ses traditions et ses histoires mais il existe cependant une fête que tout le monde fête et c’est le Nouvel An Lunaire que nous appelons le Nouvel An chinois. Cette fête tombe toujours entre la mi-janvier et la mi-février. Chaque habitant place des papiers rouges sang autour de sa porte d'entrée. Sur ceux-ci sont écrits d’une belle écriture des tas de bons vœux pour le Nouvel An. En plus, à l’aube, les habitants font exploser des pétards. Cette histoire est une des histoires qui explique pourquoi les gens font ces choses.


Il y a bien longtemps, quand des dragons puissants vivaient sur la terre et dans les mers, personne à Taiwan ne célébrait le nouvel an lunaire. Même dans un certain village, ce jour était le plus mauvais jour de l'année parce qu’un habitant avait tué un dragon des mers. Tout le monde sait que c’est une chose terriblement malheureuse à faire car le fantôme du dragon revenait hanter le village chaque année à l'aube du nouvel an.


Lorsqu’il apparaissait, il secouait son horrible tête et hurlait : « J'ai faim. Donnez-moi un fils premier-né à manger! »

 

- « Non! non! Nous ne ferons pas ça !" répondirent les villageois en pleurs."Nous ne vous donnerons pas d'enfant à manger!"

 

- "Alors je vous tuerai tous!" Et le fantôme de dragon soufflant son haleine puante et chaude en direction du village. La fumée s’insinuait partout et les villages commençaient à tousser. Certains perdaient même connaissance. Le plus sage du village se rendant compte que le fantôme de dragon pourrait facilement les faire tous mourir, décida à contre-cœur de donner un enfant nouveau-né afin de sauver le reste du village. Il espérait qu’avec cette offrande, jamais plus le fantôme du dragon ne reviendrait. Mais année après année, le fantôme de dragon revenait et année après année, une famille devait sacrifier son fils premier-né pour satisfaire la voracité de l’animal.


Une année, c’était au tour de la jeune Veuve Teng de sacrifier son seul enfant, un beau garçon qui allait avoir cinq ans.


Comme le voulait la tradition, quatre jours avant le nouvel an lunaire, le prêtre Taoïste quittait le temple et s’en allait à travers le village jusqu’à la maison de l’infortunée qui devait sacrifier son premier enfant. Comme il marchait en direction de la crique, là où se trouvait la maison de la Veuve Teng, tous les villageois se demandaient avec hésitation, "Où va-t-il cette année ?"

 

"Chez la Veuve Teng." dit une femme

 

"Oh non pas chez elle. C'est son seul enfant !" s’écria une autre.


Les voisins de la Veuve Teng s’étaient rassembles tout autour de la maison. Ils s’attendaient à entendre des cris de douleur au moment où elle apprendrait la terrible nouvelle. Mais rien. Aucun son ne parvenait de sa petite maison. Lorsque le prêtre est reparti, ils se sont précipités pour voir ce qui se passait. Ils la trouvèrent assise dans sa cuisine.


- "Le prêtre ne vous a pas dit les nouvelles ?"

 

- "Oui, il m'a dit," a répondu la veuve calmement.

 

- "Mais pourquoi ne pleurez-vous pas ?"

 

- "Parce que je n'ai pas de temps pour pleurer" leur dit la Veuve Teng. " Je pense à une façon de rouler le fantôme de dragon. Il n'aura pas mon fils."


Pendant trois jours et trois nuits, elle a arpenté le sol essayant d’échafauder un plan. De temps en temps, elle faisait une pause et regardait son fils qui joutait dans la cour. Elle priait aussi à l’autel de ses ancêtres et à tous les dieux dont elle connaissait les noms. Lorsque son fils s’endormait, elle s’asseyait à côté de lui et lui caressait doucement le visage qui ressemblait tellement à ce lui de son père. Elle alla même consulter la diseuse de bonne aventure, les prêtres et chacun dans le village. Mais personne ne savait que faire. La situation semblait désespérée.


Lasse de tant attendre, de tant marcher, de tant prier, elle s’endormit épuisée sur le sol devant l’autel des ancêtres de la famille. Son petit fils qui l'avait vue se dit qu’il ne devait absolument pas l’éveiller car elle rêvait peut-être et il ne voulait pas lui couper son rêve…


Bien lui en prit car effectivement sa mère rêvait. Parce qu’elle n’avait pas dormi durant trois jours, une masse de rêves lui venaient dans un ordre décousu. Elle voyait des dragons et des fantômes, la peur et la crainte, des enfants innocents et de la douleur, du sang et de grands bruits et puis de la joie le tout tourbillonnant dans sa tête.


Quelque heures avant l'aube, elle s’éveilla et doucement secoua sa tête encore douloureuse d’avoir tant rêvé. Et alors, le miracle se produisit. Les images décousues s’assemblèrent et elle su ce qu’il fallait faire.


Les dragons de son rêve avaient peur de deux choses : peur de la vue de sang et peur des bruits violents. Quand quelqu'un a peur, il s’enfuit en général en courant. Mon plan sera simple : Je mettrai le sang sur ma porte et je ferai tant de bruit que le fantôme du dragon sera effrayé et partira en courant…"


"Du sang ... je suis si pauvre que je n'ai pas même un poulet à tuer pour prendre son sang." Elle prit son couteau le plus pointu et se coupa au doigt, laissant gouttes à gouttes couler son sang sur un tissu jusqu'à ce que toutes les gouttes jointes ensemble recouvrent entièrement l’étoffe. Elle prit le tissu et l’accrocha à l'extérieur, sur sa porte.


Maintenant faire des bruits violents… Les pétards seraient le mieux mais je n'en ai pas. Je suis si pauvre que je ne pourrai pas en acheter et en plus, il n’y a aucun magasin ouvert aujourd’hui. Elle réfléchit et pensa aux bambous. Elle savait que lorsque des morceaux de bambou brûlent, ils se fendent dans un bruit épouvantable. Elle prit son couteau pointu elle s’en alla dans le froid afin de couper une douzaine de grands morceaux de bambou. Elle les plaça en pyramide devant sa porte juste au-dessous du tissu taché de sang. Ainsi disposés, ils brûleraient rapidement et éclateraient tous à la fois.


Quand devrais-je allumer le feu ? Juste à temps. Ni trop tôt, ni trop tard. Afin qu'il éclate dans le visage du fantôme de dragon. Elle alluma une petite torche et s'accroupit dans l’embrasure de la porte attendant l'aube et la venue du fantôme de dragon.


Elle a attendu et attendu. Il lui semblait tellement elle attendait que le soleil était gelé au-dessous de l'horizon et ne monterait pas aujourd’hui. Tout était calme, si calme que le seul bruit qu’elle entendait les coups de son cœur. Finalement la lune et des étoiles ont commencé à disparaître du ciel.


Faiblement, elle a entendu le hurlement du fantôme de dragon.


"Etait-il temps d’allumer le feu ? Non, le fantôme de dragon était trop loin."


Chacun dans le village était tapi dans son lit sous les édredons et les couvertures. Personne ne dormait sachant que la Veuve Teng attendait le fantôme de dragon. Seul son fils dormait du sommeil d’un ange.


On entendit un hurlement. Le fantôme de dragon devait être en bas au centre du village. Il était temps pour elle d’allumer. La Veuve Teng prit sa lanterne, l’inclina vers la pyramide de bambou et l’enflamma.


Elle entendait la terre qui tremblait sous le poids du fantôme du dragon qui marchait vers sa petite maison. Il descendait à présent sa ruelle, il s’approchait…


Arrivé devant chez elle, le fantôme de dragon s'est arrêté devant la maison et voyant le linge taché de sang, s’est mis à hurler si fort que tous ses os ont tremblé. Au même moment, le feu de bambou a éclaté. Le fantôme du dragon terrifié par la vue de sang humain et les bambous qui éclataient s’est enfui en courant à travers le village.


Et la Veuve Teng ? Elle s’est assise et de grosses larmes se sont mises à couler.


Les gens du village sont accourus. Les cloches se sont mises à sonner et de tous les côtés, les gongs célébraient ce grand jour tandis que les pétards faisaient éclater la joie !


Et depuis ce jour, chaque année, dans chacun des villages, on met le sang des papiers rouges autour de leurs portes et on allume des pétards bruyants à l'aube et depuis lors, le fantôme de dragon n'est jamais revenu.




Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #annee, #dragon, #fantome, #sang, #village

Repost0

Publié le 13 Septembre 2012

Il y a bien longtemps, une sécheresse terrible sévissait à Hangzhou. Aux environs du Lac de l'Ouest, la terre se fendait en crevasses, les plantes commençaient à se flétrir faute d'eau.

Les paysans, fort inquiets pour leur subsistance, se virent obligés d'aller présenter une supplique aux autorités compétentes pour les conjurer de les laisser irriguer les champs avec l'eau du lac. Cependant, les dignitaires corrompus, qui ne savaient que s'adonner aux plaisirs, ne prêtaient aucune attention aux prières du peuple. 

Un jour, les villageois se rassemblèrent spontanément à la porte du bâtiment officiel pour supplier avec plus d'insistance :

- Ayez pitié de nous, magistrat! Permettez-nous d'irriguer les champs avec l'eau du lac! Nous allons périr si vous nous refusez de l'eau, de l'eau! criaient-ils sans cesse.

La tête fatiguée par leurs cris, le magistrat dut se présenter devant la foule, il gronda :

- Qui demande d'irriguer les champs avec l'eau du Lac de l'Ouest? Et où les poissons s'abriteraient-ils si le lac était desséché ? 

- Oh vénérable magistrat, voudriez-vous nous dire lequel est le plus urgent à sauver, du poisson ou de l'homme rétorquèrent les villageois en choeur.

Le magistrat ne trouva d'abord rien à répondre, mais il ne se tint pas pour battu, et avança un deuxième prétexte ridicule pour refuser: 

- Qui demande d'ouvrir les écluses du Lac de l'Ouest? Si le lac était desséché, les lotus et les châtaignes d'eau ne se flétriraient-ils pas ? 

- Mais lequel est indispensable à l'homme, le riz ou les lotus? lancèrent les villageois presque d'une seule voix. 

Le magistrat en eut la gorge nouée et ne put trouver un mot à répondre. 

Juste à ce moment-là, une voix se fit entendre dans la foule : 

- Voilà qui est bien dit et fort raisonnable ! 

En tournant la tête, les villageois virent un homme dans la cinquantaine, le menton orné d'une longue barbe, la tête couverte d'une coiffure carrée en étoffe, un manteau noir sur les épaules et un air amène sur le visage. 

A la vue de cet inconnu, le magistrat entra tout de suite en fureur, et l'apostropha d'une voix tonnante : 

- Quoi, qu'est-ce que tu as dit? J'ai tout compris maintenant, c'est toi qui a incité la foule à se rassembler ici ! 'homme l'interrompit :

- Non, vous faites erreur! Je viens d'arriver ici. Mais je me demande si toi, en tant que magistrat, tu n'aurais pas le devoir d'écouter la plainte du peuple ?
Haussant les sourcils, le magistrat, lui demanda brutalement :

- Qui es-tu ? 

- Je ne suis autre que Bai Juyi*.(*772-846, célèbre Poète de la Dynastie des Tang) 

A ce nom de Bai Juyi, le magistrat devint tout pâle, descendit en hâte de son perron, et alla saluer le voyageur, s'inclinant bien bas et implorant son pardon :

- Oh, mon dieu, excusez-moi, préfet Bai, je ne vous avais pas reconnu; si j'avais été averti de votre arrivée, j'aurais été à votre rencontre vous accueillir. Voulez-vous passer dans la salle de réception pour vous reposer un peu ? 

Bai, récemment nommé préfet de Hangzhou, s'était rendu dans la ville pour y prendre ses fonctions et, pour se renseigner directement auprès des habitants, il n'avait pas revêtu les habits insignes de son grade. 

Dès qu'il fut entré en fonction le lendemain, il émit un décret ordonnant d'ouvrir les écluses du Lac de l'Ouest pour arroser les champs. En contemplant l'eau limpide qui coulait joyeusement dans les rizières, les villageois disaient avec reconnaissance : 

- C'est le préfet Bai qui nous a sauvés, nous autres, pauvres paysans ! 

Peu de temps après son arrivée, Bai Juyi commença à se rendre chez les paysans pour faire des enquêtes sur leurs conditions de vie. Enfin, pour répondre à la demande des habitants de Hangzhou, une digue et une écluse furent construites l'année suivante, de sorte que le Lac de l'Ouest pût avoir de l'eau en abondance en toute saison. 

En outre, de peur que ses successeurs ne comprennent pas l'importance de la digue pour les paysans, Bai Juyi composa un récit dans lequel il relatait en détail le rôle de la digue, les moyens de la protéger et la manoeuvre des vannes de l'écluse. Sur son ordre, ce récit fut gravé sur une stèle érigée sur les lieux. 

Quand les habitants y lisaient des indications sur le volume d'eau nécessaire pour irriguer une superficie donnée de champs, ils étaient tous profondément touchés. Beaucoup proposèrent donc d'écrire à l'Empereur pour lui demander de promouvoir Bai Juyi selon ses mérites.

Celui-ci connaissait bien les souffrances des pauvres pour lesquels il éprouvait une profonde sympathie, comme en témoignent les vers suivants : 

Les impôts écrasants engendrent la pauvreté;

Les champs assoiffés, la famine vient menacer.

Que ce lac plein d'eau que je vous ai laissé

                                                Puisse vous sauver les années de calamités !
Au cours des trois ans qu'il fut préfet de Hangzhou, Bai se montra très exigeant quant au contrôle du Lac de l'Ouest. Une fois, lors d'une promenade au bord du lac, il aperçut par hasard des gens en train de transporter de la terre dans le lac probablement pour y bâtir un pavillon et une villa. 

Il envoya donc ses serviteurs aux informations et, quand on lui apprit que c'était le beau-père du haut magistrat local qui se faisait construire un jardin, il le fit comparaître devant le tribunal. 

- le Lac de l'Ouest appartient à tous, comment pourrais-tu t'en approprier une partie? Je te condamne à défricher cent mous de terre inculte ! 

Le vieillard, comprenant que Bai n'avait qu'une parole, se vit obligé de recruter de la main-d'oeuvre pour s'acquitter de son amende.

Une autre fois, au retour d'une promenade sur le sentier de Lingyin, Bai, voyant un homme qui avait abattu deux arbres, vint à lui et l'interpella : 

- Si les arbres étaient tous coupés, la terre et le sable ne seraient-ils pas emportés par les torrents dans le lac? Comme punition, je te demande d'en planter dix. 

L'homme, n'ayant pas le choix, s'en fut, pour racheter sa faute, planter dix arbres.

Depuis lors, personne n'osa plus empiéter sur le lac pour construire une maison ou couper des arbres sur les collines. 

Si Bai Juyi aimait les habitants de Hangzhou, il adorait les paysages du Lac de l'Ouest. Chaque fois qu'il se trouvait libéré des affaires d'Etat, il était heureux de faire une promenade sur la digue Baisha (la Digue de Sable blanc) ou au pied de la colline Solitaire, pour se griser des beautés de la nature. 

A la vue des traînées de brume flottant sur le lac au doux clapotis et des saules au tendre feuillage agités par la brise, il se sentait aussitôt saisi par l'inspiration poétique. Au temps où il était préfet de Hangzhou, il a donc composé un grand nombre de poèmes où il évoque les paysages du Lac de l'Ouest auxquels sa plume donne encore plus de charme et de poésie.

Un jour qu'il chevauchait sur la digue Baisha en revenant du Temple de la colline Solitaire, Bai Juyi se sentit tout à coup emporté par l'inspiration et improvisa les vers suivants :

Au nord, le Temple de la colline Solitaire, à l'ouest le pavillon Jia;

La brume flotte sur la surface lisse du lac.

Au matin, les rossignols se disputent les arbres ensoleillés,

De quel toit viennent ces hirondelles qui picorent la boue printanière ?

Toutes sortes de fleurs s'ouvrent, éblouissant les yeux.

L'herbe nouvelle cache à peine les sabots des chevaux.

Je ne me lasse pas de me promener sur la rive de l'est,

Où les saules verts ombragent le digue de Sable blanc.

 

Juste à ce moment-là, de l'autre bout du sentier, s'avançait une vieille femme qui, elle aussi, se délassait à admirer le paysage. Bai alla immédiatement à sa rencontre : 
- Voudriez-vous écouter le poème que je viens de composer ? 

Puis, sans attendre la réponse de la vieille femme, il se mit à lire son poème à haute voix.

La lecture à peine terminée, la vieille femme s'exclama : 

- Oh, c'est un bon poème! Mais j'ai un conseil à vous donner, je vous propose de remplacer le mot "je" par un autre, pour que votre poème reflète les sentiments de tous les habitants de Hangzhou, car nous autres aussi nous aimons le Lac de l'Ouest! Vous n'êtes pas le seul à l'adorer ! 

Bai, enchanté, reconnut en riant :

- Vénérable dame, vous avez raison, vous me proposez une bonne correction pour mon poème, je dois vous en remercier ! 

Plus tard, lorsque la vieille femme apprit que l'auteur du poème n'était autre que Bai Juyi, elle ne put s'empêcher de raconter la chose à ses voisins : 

"J'ai apporté une correction à un poème de Bai Juyi, et il m'en a remerciée!"

Dès lors, cette petite histoire se répandit à Hangzhou et contribua à illustrer la personnalité de Bai Juyi. 

Tant qu'il eut la charge de l'administration de Hangzhou, Bai Juyi réalisa une foule de choses utiles pour le peuple. Par exemple, il organisa de grands travaux pour bâtir des barrages, reboiser les collines ainsi que pour améliorer le système de contrôle du Lac de l'Ouest, de sorte qu'une immense superficie de champs en tiraient profit. 

Ainsi, Hangzhou se transforma graduellement en un pays aux eaux limpides et aux montagnes verdoyantes, et connut une prospérité sans précédent dans son histoire. Mais les mérites de Bai Juyi étant parvenus aux oreilles de l'Empereur, celui-ci le rappela dans la capitale. 

A la nouvelle que Bai allait être transféré dans la capitale, les habitants de Hangzhou, apportant du vin et des gâteaux, se réunirent de bonne heure au bord du lac pour lui dire adieu. On attendit longtemps, très longtemps... 

Mais ni le son des gonds ni le brouhaha d'un cortège ne se faisait entendre. Enfin, Bai, monté sur un cheval blanc, arriva silencieusement, venant du mont Tianzhu, suivi de ses serviteurs qui ne portaient rien sauf deux morceaux de pierre sur une palanche.

Tout en poursuivant son chemin, Bai adressait sans cesse la parole à ses concitoyens qui, en étouffant leurs sanglots, s'attroupaient autour de lui. 

Emu par ce spectacle, Bai Juyi improvisa ce poème sans descendre de cheval :

  J'ai été préfet ici durant trois ans,

Vivant de mets simples et d'eau claire.

J'ai seulement demandé au mont Tianzhu

Ces deux morceaux de pierre

Qui me sont plus précieux que l'or.

Cela pourrait-il entamer mon intégrité ?

  La population, pleine de regrets, accompagna Bai Juyi jusqu'à l'embarcadère du Grand Canal...

Après avoir quitté Hangzhou, Bai, assis solitaire sur la proue du bateau, se sentait d'humeur chagrine et il garda toujours le silence durant tout le trajet. Un de ses serviteurs, voyant que son maître ne voulait ni boire ni se distraire en lisant des poèmes, hasarda cette remarque :

- Monsieur le préfet Bai, je sais bien que le poste de préfet de Hangzhou vous plaisait beaucoup. Mais, de toute façon, cela ne vaut pas un poste à la cour dans la capitale. Pourquoi faites-vous si sombre mine ? 

- Ne vois-tu pas, répondit Bai en soupirant, que je suis atteint d'une maladie ! 

- Quoi! vous êtes malade? Mais, on ne le dirait pas. Vous dormez bien, vous avez toujours bon appétit; qu'est-ce que vous avez donc ? 

- C'est la nostalgie qui s'empare de moi! Tu ne peux pas imaginer combien je me suis attaché aux paysages du Lac de l'Ouest! Rien qu'à la pensée de m'en séparer, je me sens triste, comme si je languissais d'amour ! 

Le serviteur alors éclata de rire en disant : 

- Oh, c'est une maladie bien curieuse !

Bai, qui se trouvait aussi un peu ridicule, ne put non plus s'empêcher de rire aux éclats, et se mit à déclamer cette improvisation :

  Il est possible d'avoir la manie d'aimer la nature,

Mais, il est incroyable d'en souffrir comme du mal d'amour!

Puisque j'avoue être atteint d'une telle maladie,
Vous pouvez imaginer qu'elle splendeur le Lac de l'Ouest recèle !

  Le bateau allait arriver à l'extrémité de la province du Zhejiang, et là Bai devait changer de bateau et renvoyer celui qu'il avait pris en premier. Pour exprimer une dernière fois son attachement au Lac de l'Ouest, il prit son pinceau et écrivit un poème. Puis, il passa la feuille de papier au timonier en lui recommandant de l'accrocher au pavillon situé à l'extrémité est du Pont brisé sur le Lac de l'Ouest.

  Depuis que j'ai quitté les montagnes et les eaux Quiantang,

Je n'ai plus de goût à boire ni à rimer.

Que ce bac, au retour, transmette mes sentiments

Au vent et à la lune du Lac de l'Ouest.

  Bai Juyi s'était éloigné, mais les habitants de Hangzhou gardaient précieusement son souvenir, on le surnommait avec affection "Notre Bai" et certains gardaient son portrait dans leur maison ou suspendaient ses poèmes calligraphiés sur leurs murs.

  La digue, bâtie à l'époque de l'administration de Bai Juyi, n'existe plus maintenant à Hangzhou. Mais en souvenir de ce grand poète qui avait tant fait pour le bien être du peuple, les habitants du Hangzhou ont rebaptisé la digue Baisha (la Digue de Sable blanc), qui relie le Pont brisé et la colline Solitaire, en "Digue du Seigneur Bai" qui plus tard devint simplement "Digue Baidi" (la Digue blanche).



Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #bai, #hanzhou, #juyi, #lac, #ouest

Repost0