Publié le 13 Septembre 2012

C'est l'histoire d'un maître d'école et d'une femme.

Dites-moi, maître, demanda la femme, qu'est-ce qui l'emporte, est-ce le savoir de la femme ou celui du clerc ?

Tout savoir existant, répondit-il, appartient en exclusivité à Dieu et aux clercs.

Nous, reprit la femme, nous possédons un savoir qui fait mourir et fait revivre.

Blasphème ! s'exclama le clerc, il n'y a que Dieu qui puisse faire mourir et faire revivre.

Bon, dit-elle, entendu. Pour sûr, je vous le ferai connaître, ce savoir.

Ne ménagez pas votre peine, répliqua le clerc, tout ce qui est en votre pouvoir, faites-le.

La femme laissa passer un certain temps jusqu'à ce que le maître d'école eût oublié la chose. Elle attendit que ce fut son tour de lui porter son repas ; Alors, elle se fit belle et alla le lui porter. Arrivée au bord de la citerne, dans laquelle il y avait six mètres d'eau, elle appela le clerc.

Oui, cria-t-il.

Voici votre déjeuner, Monsieur, dit-elle.

Le maître d'école vint donc chercher son repas. Dès qu'il fut arrivé, voilà qu'elle s'agrippa à lui et poussa des cris.

Mais qu'est-ce que vous faites ? s'exclama le clerc.

Je vais vous faire mourir... dit-elle.

Puis elle lui demanda :

Dois-je vous ressusciter ?

Oui, dit-il.

Alors, dit-elle, laissez-vous tomber dans la citerne.

Le malheureux clerc se laissa tomber dans la citerne. Quand les gens entendirent les cris de la femme, ils accoururent.

Arrivés auprès d'elle, ils lui demandèrent

Qu'est-ce qu'il y a ?

J'avais, dit-elle, apporté son repas au maître d'école, je l'ai appelé, il est venu le chercher, et voilà qu'il a été pris d'un étourdissement et qu'il est tombé dans la citerne.

Les gens s'avancèrent et retirèrent le clerc de la citerne.

Quand celui-ci eut séché ses vêtements, il annonça à la femme qu'il la citait en justice.
Allez, lui dit-elle, vous avez autre chose à faire.

Pas question, s'obstina-t-il.

Alors, lui demanda-t-elle, je voudrais que vous me donniez de quoi au moins me couvrir. C'est que je suis gênée d'aller chez les gens dans cette tenue.

Le clerc lui donna la pièce d'étoffe dans laquelle il se drapait habituellement, et il resta lui-même en djellaba.

Arrivés chez le cadi, la femme dit à celui-ci

Dieu m'est témoin cet homme a perdu la raison.

C'est bon dit le cadi, expliquez-vous.

Pour l'amour du ciel, Monseigneur, s'écria le maître d'école, il faut que vous tranchiez mon différend avec cette femme. Elle m'a appelé en me disant "Voici votre déjeuner" Je suis sorti pour aller le chercher ; alors elle s'est agrippée à moi et a poussé des cris. Je lui ai demandé : "Mais pourquoi est-ce que vous avez fait ça !". Elle m'a répondu : "Je m'en vais vous faire mourir". Au moment où...(les gens allaient arriver), elle m'a demandé "Voulez- vous que je vous ressuscite ?"

"D'accord" lui ai-je dit.

Alors elle m'a ordonné de me laisse tomber dans la citerne. "Je me suis donc laissé tomber dans la citerne", poursuivit-il, les gens sont accourus et ils ont demandé "qu'est-ce que c'est que ça, qu'est-ce qui vous prend ?". Alors elle leur à dit : "J'avais apporté son repas au maître d'école et voilà que je l'ai trouvé qui était tombé dans la citerne".

Qu'est-ce qui est arrivé, demanda le Cadi à la femme, pour que vous ayez fait tomber le clerc dans la citerne ?

Je vous en supplie, Monseigneur, dit-elle, c'est ce que je vous ai dit.

Que m'avez-vous dit ? demanda le cadi.

C'est que, dit-elle, le clerc, ne lui faites aucune confiance car il est fou.

Pas du tout, Monseigneur, s'écria l'autre, je ne suis pas fou.

Si, Monseigneur, insista la femme, il est fou : en effet d'ici pas longtemps, il va même vous dire que ce que je porte là est à lui.

Ben quoi, comment, s'exclama le clerc, à qui d'autre serait-ce, évidemment ? !

N'est-ce pas ? Monseigneur dit la femme, vous voilà arrivé là où je vous avais dit...

Ce que vous avez dit est vrai, reconnu le cadi, le clerc n'a plus sa raison.

Je vous en prie, monseigneur, dit la femme, il faut que vous me donniez quelqu'un qui puisse m'aider à ramener ce clerc pour le soigner avec des plantes jusqu'à ce qu'il soit guéri.

Ligotez-le, ordonna le cadi, aidez cette femme à le ramener.

Dieu m'est témoin, s'écria le maître d'école, que ceci est une pure injustice : depuis quand donc ai-je perdu l'esprit ?

0n emmena le clerc.

Je vous en supplie, demanda la femme, descendez-le dans le silo, et que surtout il ne rompe pas ses liens et en vienne à me tuer.

0n fit descendre le clerc dans le silo. La femme, elle, s'en alla placer le moulin à main à l'ouverture du silo. Alors chaque fois qu'elle tournait la meule, vlan, elle envoyait un seau d'eau au maître d'école. Et celui-ci de gémir : « Aïe aïe aïe, c'est la fin du monde ce déluge ! »

Chaque fois que des gens venaient jeter un coup d'œil sur le clerc, ils l'appelaient :

Maître

Oui, disait-il.

Comment allez-vous, Monsieur ? lui demandait-on.

Mais vous-mêmes répondait-il comment allez-vous ? Est-ce que vous n'avez pas failli être emporté par une trombe, avec cet orage d'hier soir ?

Les gens se disaient : « Ce pauvre maître d'école, sa folie continue à empirer ».

Un jour, la femme l'appela :

Monsieur Mohammed !

Oui, dit-il.

Est-ce que ça vous suffit, ou bien je vous en rajoute ?

Je vous supplie, dit-il, c'est assez Elle fit donc venir les gens. Ils le retirèrent du silo et il regagna sa mosquée.

Au bout d'un certain temps le voilà qui dit à la femme :

Il faut absolument que vous rende la monnaie de votre pièce

Entendu, Monsieur, répondit-elle, je vous demande alors d'aller me labourer un potager
D'accord, dit le maître d'école et il s'en alla donc prendre un attelage et labourer.

Lorsqu'elle lui porta son déjeuner, la femme avait le pan de son vêtement rempli de poissons. Quand elle eut posé le déjeuner devant le clerc et que celui-ci eut commencé à manger, elle s'éloigna et fit semblant de se mettre à ramasser des poissons. Puis elle lui demanda :

Pourquoi labourez-vous sans ramasser ces poissons qui sont dans le sillon ?

Ça alors ! s'exclama le clerc.

Tenez, jetez un coup d'œil, dit-elle.

S'étant levé, voilà qu'il trouva les poissons.

Eh bien, dit-il, emportez-les ; ce soir, vous me les ferez cuire. Quand le maître d'école fut rentré, elle lui servi du pain.

Et où donc, demanda-t-il sont les poissons de tout à l'heure ?

Ça ne va quand même pas vous reprendre, s'exclama-t-elle, ce qui vous est arrivé dernièrement ? Il se jeta sur elle et se mit à la frapper. Elle poussa des cris.

Les gens accoururent et leur demandèrent :

Qu'est-ce qui vous arrive ?

Je vous en supplie, implora la femme, sauvez-moi. Ne nous posez aucune question ni à moi ni à cet homme avant de l'avoir ligoté : c'est que ce qui lui est arrivé dernièrement le reprend à nouveau.

On le ligota.

Eh bien, dit la femme, demandez-lui maintenant qu'est-ce qui lui a pris et pourquoi il s'est mis à me frapper.

On l'interrogea :

Monsieur Mohammed, qu'est-ce qui vous a pris de frapper cette femme ?

Tout à l'heure, dit-il, j'étais allé labourer. Lorsqu'elle m'a eu apporté le déjeuner, elle s'est mise à ramasser des poissons dans le sillon. Je lui ai dit d'aller nous les faire cuire pour le dîner. Or elle les a tous mangés au lieu de les mettre à cuire.

Pour ce qui est de ce clerc, constatèrent les gens, sa folie ne s'est pas encore dissipée. Faites-le descendre encore dans le silo.

Et le clerc de répéter :

Mais je vous dis qu'il y avait des poissons, aussi vrai que si vous les aviez vus de vos yeux.

Allez, mon pauvre monsieur, dirent-ils, attendez d'être guéri. Et ils le firent redescendre dans le silo.


 

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Le Sultan Abd-el-Moumème qui régnait sur Fez était un prince cruel et sanguinaire hait de tous. Il avait comme confiant un nain affreux qui s’appelait Arbo.


Arbo était encore plus méchant que son maître. Un jour l’affreux nain rôdait dans le souk en quête de quelque vilain tour à faire arriva devant l’échoppe de Ghomari, qu’il haïssait parce qu’il était beau et que lui-même était laid ; la fiancée Djeunara travaillait sur un tapis le visage dévoilé, Arbo en l’apercevant fut frappé de saisissement : il ne soupçonnait pas qu’une telle perfection pût appartenir à une créature humaine.


Les jours suivants, Djeunara trouvait souvent le nain sur son passage. Un jour il l’aborda et lui dit qu’il était riche et disposé à la demander en mariage.


La jeune fille prit peur et le repoussa, dès lors la soif de la vengeance habita la poitrine d’Arbo.


Il alla voir le Sultan et lui décrit en détail la beauté de la jeune fille. Le Sultan le chargea de la ramener au palais afin d’en faire une de ses épouses. Avec l’aide des serviteurs il enleva la jeune fille.


Ghomari devint fou de douleur. L’image de Djeunara le hantait, il se mit à tisser jour et nuit un tapis à l’effigie de sa bien-aimée. Il l’avait représentée debout, le visage dévoilé, les yeux chargés de haine, avec un poignard levé comme si elle allait l’enfoncer dans la poitrine d’un être détesté. L’œuvre de Ghomari était une merveille. L’ayant montrée à des parents proches, d’autres personnes voulurent l’admirer, les gens se glissaient dans l’échoppe aux volets clos et béaient de ravissement devant l’image.


Arbo, l’infâme nain, ne tarda pas à être au courant et il prévint le Sultan qui envoya ses mokhasnis. Ghomari fut jeté en prison et le tapis ramené au Sultan.


A sa vue, le Sultan éprouva un curieux sentiment, mélange de colère et d’admiration. Il le fit accrocher dans la chambre où il dormait.


Un jour il le fit voir à Djeunara. La malheureuse passait des heures à pleurer dans le harem et à se lamenter sur son triste sort ; lorsqu’elle se trouva en présence de la tapisserie elle dit :


« Ghomari »


« Oui c’est lui le traite qui a tissé ce tapis, il sera exécuté avant que le soleil se couche ».


Le soir même il fut égorgé.


A partir de ce moment Djeunara cessa de pleurer, elle fut constamment de bonne humeur, elle plaisantait…


Le Sultan et Arbo en furent tout surpris…


Un jour Djeunara expliqua à Arbo son désir de posséder un bracelet d’une valeur inestimable qui se trouve chez le rabbi Yakoub au bout du mellah ; « il coute très chère et je n’ose les demander au maître », as-tu les moyens de me l’acheter ? ».


« Tes désirs sont des ordres » dit l’affreux nain, mais son idée était plus de voler le bracelet que de l’acheter.


Arbo partit, Djeunara se faufila dans les appartements du Sultan, ce dernier reposait sur un divan au pied de la tapisserie ; son oreille toujours inquiète perçut un léger bruit, il venait de voir Djeunara qui tenait dans sa main droite un poignard et l’élevait en l’air exactement comme le faisait la Djeunara de la tapisserie.


Il se mit à crier de toutes ses forces. Les gardes, serviteurs… accoururent.


Djeunara s’était reculée jusqu’au mur, appuyée à la tapisserie, le hasard avait voulu que la jeune fille se trouvât exactement devant son effigie et en épousait parfaitement sa représentation.


Le Sultan criait : « tuez-là, tuez-là ».


Les personnes présentent regardèrent vers la tapisserie sans voir la jeune fille. Ils le prirent pour un fou.


Un à un ils sortirent de la pièce ; lorsque le dernier eût quitté la pièce, la lourde porte peinte de couleurs vives fut refermée, la barre de fer tirée. Un fou n’est-il pas déjà un mort ?


Le successeur du Sultan Sidi Ahmed, fut prévenu de l’état d’Abd-el-Moumème.


Le Sultan enfermé s’approcha doucement de la tapisserie, peut-être avait-il eut une hallucination !... Il étendit la main pour la toucher… Un mouvement vif, le poignard était tombé et s’était enfoncé jusqu’à la garde entre ses deux épaules.


Au matin, Sidi Ahmed entra dans le palais, il ouvrit avec précautions la lourde porte de la chambre.


Le Sultan gisait mort sur le divan, baignant dans son sang, et, près de lui, une femme riait, riait…



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y a longtemps, vivait au Maroc, au cœur du haut atlas, une jeune fille nommée Tislit. En secret, elle aimait Isli, un grand jeune homme d’une tribu ennemie. Isli, de son côté, avait rencontré une seule fois Tislit, mais depuis cet instant, son cœur ne battait plus que pour elle.

Un jour, Tislit confia son amour à sa mère. Un peu plus tard, celle-ci parla de l’amour de sa fille à son mari. Mais, son père menaça Tislit de punition si elle revoyait Isli.

Ce même jour, dans un village voisin, Isli pria son père de le laisser épouser Tislit. Mais celui-ci ordonna à son fils de ne plus la voir. Il encouragea même Isli à se marier avec sa cousine, il ignorait qu’Isli préférait Tislit à sa cousine.

Alors, Isli encouragea Tislit à la fuite. Ils se retrouvèrent en cachette sur une colline située entre les deux villages. Là, les deux jeunes gens, pleurèrent toute la nuit sans arrêt.

Au matin, leurs larmes mélangées avaient rempli deux grands lacs.

En voyant cela, les parents acceptèrent le mariage de leurs enfants. Alors ces derniers exigèrent la réconciliation de leurs parents.



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Rédigé par orange8454

Publié dans #deux, #encouragea, #isli, #jeune, #tislit

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y a de cela très longtemps, vivait près de Rabat au Maroc, un garçon appelé Bretal. C'était un jeune homme maigre, très pauvre et qui n'avait connu ni son papa ni sa maman. Pour survivre dès son plus jeune âge, il louait ses services dans des fermes en échange d'un peu de nourriture et d'un coin de paille pour dormir.
Bien entendu, comme souvent dans ses situations, Bretal était maltraité. On lui donnait à faire les plus durs travaux malgré son jeune âge et sa faiblesse et parfois il recevait même des coups de bâton.
Bon, en quelques mots, Bretal était bien malheureux. Bretal, en marocain, c'est le nom d'un tout petit oiseau qui vit un peu partout dans le pays.
On donna un jour ce nom à cet enfant comme il n'en avait pas, pourquoi pas après tout Bretal. Tu vas voir que plus tard ce nom bizarre va beaucoup l'aider.
Bretal seul toute la journée, au milieu des champs, a pour seul ami le vent. Du lever au coucher du soleil seul le vent passe un moment avec lui et Bretal a l'habitude de lui parler.
- Ah le vent, du matin à la nuit je vis dans les champs. Je ne mange pas comme il le faut et j’ai toujours faim. Que faire le vent pour manger trois repas par jour ?
Un le matin, un à midi et un dernier le soir. Vois-tu le vent un jour à la ville j’ai vu un magicien, les gens l’écoutaient et lui donnaient de l’argent. Evidemment, lui il doit manger trois repas par jour sans peiner autant que moi. Oui mais lui est magicien.
Et à sa grande surprise ce jour-là, Bretal entendit le vent lui répondre :
- Deviens magicien Bretal !...

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Rédigé par orange8454

Publié dans #bretal, #jour, #magicien, #nom, #vent

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Publié le 13 Septembre 2012

Un jour, l'âne d'un fermier est tombé dans un puits. L'animal gémissait pitoyablement pendant des heures, et le fermier se demandait quoi faire. Finalement, il a décidé que l'animal était vieux et le puits devait disparaître de toute façon, ce n'était pas rentable pour lui de récupérer l'âne.

Il a invité tous ses voisins à venir et à l'aider. Ils ont tous saisi une pelle et ont commencé à enterrer le puits.

Au début, l'âne a réalisé ce qui se produisait et se mit à crier
terriblement.

Puis, à la stupéfaction de chacun, il s'est tu.

Quelques pelletées plus tard, le fermier a finalement regardé dans le fond du puits et a été étonné de ce qu'il a vu. Avec chaque pelleté de terre qui tombait sur lui, l'âne faisait quelque chose de stupéfiant. Il se secouait pour enlever la terre de son dos et montait dessus.

Pendant que les voisins du fermier continuaient à pelleter sur l'animal, il se secouait et montait dessus. Bientôt, chacun a été stupéfié que l'âne soit hors du puits et se mit à trotter !



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Rédigé par orange8454

Publié dans #ane, #animal, #fermier, #pelleter, #puits

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