Publié le 13 Septembre 2012

L'on raconte qu'aux temps anciens, il était une jeune femme très belle, aussi belle que la lune. Et cette femme, les nuits de pleine lune, se fardait, peignait et parfumait ses longs cheveux, revêtait ses habits les plus riches, se parait de tous ses bijoux et sortait.
Pour mieux découvrir le ciel, elle gagnait une hauteur. Et là, elle levait son visage resplendissant vers la lune et lui demandait :
Qui de nous est la belle, Ô lune, qui de nous est la belle ? Et la lune lui répondait :
Toi et moi sommes également belles, mais la fille que tu portes en toi nous passera en beauté. Et la jeune femme se lamentait et maudissait l'enfant qui était dans son sein.

Pendant des mois, elle se tourna ainsi vers la lune pour lui demander :
Qui de nous est la belle, Ô lune, qui de nous est la belle ? Et chaque fois la lune répondait :
Toi et moi sommes également belles, mais la fille que tu portes en toi nous passera en beauté.
Au terme de sa grossesse, elle mit au monde une fille à la chevelure d'or, une fille aussi belle que lune en plein ciel. On l'appela Jedjiga : Fleur. Chaque jour augmentait sa beauté. Les voisines disaient à sa mère :
Certes, belle tu l'es. Mais la beauté de ta fille éclipsera la tienne.

Et la jeune femme, en entendant ses mots, sentait le poignard de la jalousie la transpercer. Elle se dit dans son cœur :
Lorsque cette enfant sera devenue adolescente, nul ne me regardera plus.
L'enfant avait huit ans. Elle était pleine de vie et de grâce. Sa mère lui dit un soir :
Demain, nous mettrons sur le métier une grande couverture. Nous irons planter les montants dans la campagne. La voisine nous accompagnera.

Au matin, elle prit deux montants bien solides et une grosse pelote de laine. Elle appela la
voisine et toutes deux partirent emmenant la fillette. Elles laissèrent le village loin derrière elles et atteignirent une colline. Elles s'arrêtèrent. La mère dit alors à l'enfant :
Nous allons enfoncer les montants dans la terre. Toi, tu feras courir la laine entre nous. Te voici grande, tu pourras bien tenir la pelote ?

La mère savait bien ce qu'elle faisait. La fillette se mit à faire courir la laine.
Plus vite ! Plus vite ! lui dit sa mère.
La pelote était lourde. Elle s'échappa des mains de l'enfant et se mit à rouler.
Cours et rattrape-la ! Cria la mère.

L'enfant s'élança. La mère coupa le fil et la pelote roula plus vite, encore plus vite, entraînant Jedjigha vers le ravin. Puis brusquement, la pelote disparût.

La fillette la chercha vainement dans les ronces et les buissons. Revenir en arrière ?... Elle avait perdu son chemin. Alors elle marcha au hasard sur ses petites jambes. Elle marcha longtemps, elle marcha jusqu'à l'orée de la forêt. C'est alors qu'elle découvrit, à demi-masquée par une épaisse végétation, l'entrée d'une caverne. Elle se fraya un passage et entra. La caverne était profonde. Lorsqu'elle eut fait quelques pas et qu'elle se fût habituée à la pénombre, l'enfant vit, enroulé sur lui-même comme un énorme bracelet, un serpent. Elle poussa un cri. Il dressa la tête, ouvrit les yeux comme des étoiles et la regarda. Il regarda la petite fille que Dieu seul avait pu créer. La course avait rendu son visage semblable à une rose ; les épines avaient égratigné ses pieds et ses mains.

Ses vêtements étaient déchirés. Tant de beauté éblouit le serpent ; tant de grâce et de faiblesse l'émut. Il remercia Dieu dans son cœur. L'enfant tremblait. Il lui dit :
Ne crains rien, je ne te ferai aucun mal. Mais dis-moi, petite fille, ce qui t'a conduite jusqu'à moi.
Elle était sur le point de pleurer mais entendant le serpent lui parler dans un langage humain, elle se sentit rassurée. Elle lui dit :
Je tenais une pelote de laine : elle était lourde. Elle est tombée de mes mains et elle a roulé, roulé. Je l'ai suivie...Je l'ai perdue de
vue et j'ai continué à marcher jusqu'ici.

Il prit de l'eau pour lui laver le visage, les mains et les pieds. Il la fit asseoir et lui servit à manger. Elle mangea de la galette de blé et but du lait. Dans un endroit bien abrité, il lui étendit une couche et l'y conduisit pour qu'elle se reposât.
Il faut dire que ce serpent n'était pas un véritable serpent. D'abord, il avait commencé par être un homme heureux : il possédait une maison, une femme, de nombreux champs et toutes sortes de biens et de richesses. Mais une nuit, par mégarde, il marcha sur un serpent. Ce serpent le regarda, se dressa et lui soufflant son haleine au visage, lui dit :
Tu m'as écrasé. Tu deviendras serpent comme moi et tu le resteras tant que je vivrai, afin que les hommes te foulent aux pieds !

C'est ainsi qu'il fut changé en serpent. Il abandonna sa famille, sa maison et tous ses biens. Il déserta le monde et se réfugia dans la forêt. Il se rapprocha des bêtes, se mit à vivre à leur façon, à se nourrir de chair et de sang. Mais si son corps était celui d'un serpent, son cœur et son esprit étaient restés ceux d'un homme. Il n'avait fui ses semblables que dans la crainte d'être écrasé par eux. Mais la solitude lui était amère. Elle le minait. Depuis longtemps il n'avait vu l'ombre d'un être humain lorsque lui apparût la fillette. C'est pourquoi, à la vue de son visage de rose et de ses petits membres fatigués, le cœur du serpent se fondit de tendresse.

L'enfant s'était endormie. Il sortit, tua deux perdrix, cueillit des légumes et des fruits, et rentra. Il alluma le feu, mit en train le repas et alla réveiller la fillette. Il lui demanda avec douceur :
Quel est ton nom ? Quel est le nom de ton village et celui de tes parents pour que je te conduise vers eux ?
Elle répondit :
Je m'appelle Jedjiga, mais je ne sais ni le nom de mes parents ni celui de mon village.
Le serpent qui ne pouvait reparaître aux yeux des humains se tut. Il réfléchit longuement, promena ses regards autour de lui et finit par dire :
Tu resteras ici jusqu'à ce que Dieu t'ouvre un chemin. J'épouse ta faim et ta soif : tu seras mon enfant. Mais tu devras m'obéir et ne jamais dépasser le seuil de la caverne. Nous sommes ici dans le royaume des bêtes ; il pourrait t'arriver malheur si tu t'aventurais.
Le serpent l'éleva. Il fut pour elle à la fois un père et une mère. Il lui apprit à préparer les repas et à aimer l'ordre. Il la combla, l'entoura de tendresse. Elle lui obéit tant qu'elle était petite ; devenue adolescente, elle connut l'ennui. Elle eut la nostalgie du ciel, du soleil. Elle voulut découvrir le monde.

Le serpent la laissait souvent seule pour aller chasser et couper du bois : elle mit à profit ces absences. Tout d'abord elle se contenta de regarder timidement au travers des hautes herbes et des branches qui cachaient l'entrée de la caverne. Et puis elle s'aventura au dehors. Mais elle rentrait toujours avant que le serpent ne revint.

Un jour, un bûcheron l'aperçut et fut émerveillé. Comme il approchait pour la mieux considérer, elle disparut. De retour au village, il raconta son aventure à qui voulait l'entendre :
J'allais couper du bois dans la forêt lorsque je vis sortir de terre une créature, une créature... une nappe d'or la couvrait jusqu'aux pieds. La lumière qui en émanait m'éblouit. Sans doute était-ce la fée gardienne de la forêt ? Je voulus m'approcher pour voir son visage, mais elle avait déjà disparu !
Cette histoire, de l'un à l'autre colportée, arriva aux oreilles du prince qui n'hésita pas à interroger le bûcheron.

Prince, répondit le bûcheron, une créature m'est bien apparue à l'orée de la forêt. Elle était debout, contre un arbre. Etait-ce un ange, une fée ?... Son visage défiait la lumière. Une
nappe d'or l'habillait. Quand je voulus regarder de plus près, je m'aperçus qu'elle n'était plus là !
Demain, au point du jour, tu me conduiras où elle t'est apparue, dit le prince.
L e lendemain, la jeune fille finit par se montrer à l'entrée de la caverne. La nappe d'or qui l'habillait, c'étaient ses cheveux. Et c'est tout ce que virent d'elle le prince et le bûcheron qui la guettaient à travers le feuillage. Le prince décida de rester seul pour savoir si l'étrange créature était mortelle ou fée.

La jeune fille demeura longtemps sur le seuil et puis elle rentra. Peu après, le prince vit cette chose qui le stupéfia : le serpent qui avançait debout, portant des légumes, des fruits et du gibier car, lorsqu'il était chargé, il ne rampait pas ! Le serpent déjeuna, fit la sieste (c'était l'été) et sortit à la fraîcheur pour faire sa promenade. Alors, le prince put approcher de la caverne et contempler la jeune fille. Elle se tenait appuyée à un arbre, et elle portait à sa bouche des grains de raisin. Il pensa : "puisqu'elle mange, je puis l'aborder !" Il écarta les branches et lui dit en s'avançant :
Au nom de Dieu, je t'en prie, dis-moi qui tu es, créature !
Elle répondit :
Je suis un être comme toi. Je suis la fille du serpent.

Il la regarda tandis qu'elle parlait, s'émerveillant de son visage épanoui comme une rose. Il l'interrogea sur son village, sur ses parents. Elle répondit :
C'est ici, dans cette caverne, que j'ai vécu et grandi. Le serpent m'a élevée : je suis sa fille. Mais c'est à son insu que je sors. Ne va pas le lui dire, ni lui raconter que tu m'as vue surtout ! Et elle rentra.

Le prince s'en alla trouver son père ; il lui déclara :
Je veux épouser la fille du serpent.
Le roi s'indigna. Le prince tomba malade d'un grand mal. La fièvre ne le quitta ni jour ni nuit. Le roi finit par demander :
Mon fils, qu'est-ce qui te guérirait ?

Laisse-moi épouser la fille du serpent, dit le prince, et tu verras que je guérirai.
Comme le prince dépérissait de jour en jour, le roi céda. Il se rendit chez le serpent et lui dit :
Donne-moi ta fille pour mon fils.
Le serpent répondit :
Roi, il y a sept ans qu'elle est venue à moi. Je l'ai élevée comme ma fille. Elle m'est plus chère que le haut-ciel. Mais puisque, ô roi, tu la veux, la voici : je te la confie. Comble-la de présents et veille sur elle comme je l'ai fait moi-même jusqu'ici. Quant à moi, je ne te demanderai qu'une chose : une outre de sang.

Le jour où elle devait se séparer de lui pour suivre le roi à la cour, le serpent dit à la jeune fille :
Va ma fille, sois vaillante, va et ne regarde surtout pas en arrière mais toujours en avant !
Elle monta une jument toute caparaçonnée de soie et le roi l'escorta. Mais au bout d'un moment elle s'écria :
J'ai oublié mon peigne !

Elle descendit de sa monture et courut vers la caverne où elle surprit le serpent en train de se repaître de sang. Elle le vit changer d'expression. Il lui dit, tout honteux :
Ne t'avais-je pas recommandé de ne pas revenir en arrière ?...Tu t'en repentiras !
Elle s'en retourna tout effrayée vers le roi.

Elle vécut heureuse à la cour durant quelques mois. Le prince, son mari l'aimait tendrement. A la grande joie de toute la famille royale, elle mit au monde un enfant aux cheveux d'or, un enfant à sa ressemblance. Elle garda le lit quarante jours et puis, un matin, elle se leva pour se mêler à la vie de la cour. Lorsqu'elle revint vers l'enfant, il avait disparu. On le chercha partout, on remua ciel et terre pour le retrouver mais en vain.

L'année suivante, elle eut un nouvel enfant, un enfant comme le premier, à la belle chevelure d'or. Au bout de quarante jours, il disparut aussi. Le roi et la reine dirent alors à leur fils :
Remarie-toi ! Quel bien peut-il nous venir de la fille du serpent ?

Mais le prince qui mettait son espoir en Dieu répondit à la reine et au roi :
J'ai choisi Jedjiga pour elle-même et non pour les enfants qu'elle me donnerait.
La jeune princesse eut successivement sept garçons, sept garçons à la chevelure d'or qui tous, lui furent ravis quarante jours après leur naissance. Elle fut surnommée : "celle qui croque ses enfants". Mais le prince l'aimait toujours.

Huit ans s'étaient écoulés depuis que Jedjiga avait quitté la caverne du serpent pour la cour du roi quand un soir, elle dit au prince :
Demain, conduis-moi vers mon père, afin qu'il me pardonne... Il fit selon son désir.
Comme ils arrivaient près de la caverne, le prince et la princesse virent six petits garçons aux cheveux d'or qui jouaient et se poursuivaient de façon charmante. Un vieillard élevait dans ses bras le septième enfant aux cheveux d'or.

La princesse cherchait des yeux le serpent. Alors le vieillard s'avança et lui dit :
Ne le cherche pas, c'est moi. Il y a longtemps, une nuit, j'ai marché sur un serpent par mégarde. Il s'est vengé en me rendant serpent comme lui. Mais il est mort et son pouvoir sur moi est mort. Il dit encore :
Le jour où tu m'as quitté pour aller vers ton époux, je t'avais recommandé de ne pas revenir en arrière. Tu es revenue et tu m'as surpris en train de boire du sang. Tu m'as humilié et je t'ai dit : "Tu t'en repentiras".

Il tendit à la princesse le bébé qu'il avait dans les bras et se tourna vers le prince :
C'est moi, prince, qui suis venu chercher tes enfants les uns après les autres pour punir ma fille. Je les ai élevés avec tendresse, comme j'ai élevé leur mère. Sept fois, prince, tu t'es trouvé devant un berceau vide et tu n'as pas humilié ma fille. Tu l'as aimée au contraire et tu l'as protégée. Voici tes enfants... je te les rends. Et il poussa vers lui les six enfants aux cheveux d'or.
Mon conte est comme un ruisseau, je l'ai conté à des seigneurs...



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Rédigé par orange8454

Publié dans #enfant, #fille, #moi, #prince, #serpent

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Publié le 13 Septembre 2012

C’est l’histoire d’un chacal, d’un hérisson et d’un lion qui s’associèrent pour la culture d’un champ. S’étant mis d’accord, ils labourèrent, moissonnèrent, vannèrent et enfin s’apprêtèrent à partager la récolte. Quand le boisseau fut apporté, on pria le chacal de procéder à la mesure.

Ayant acquiescé, il s’empara de la boisson et se mit à mesurer : "Voilà une part pour moi, annonça-t-il, en voilà une pour tonton lion, et une pour tonton hérisson..."le lion lui envoya un coup de patte qui lui arracha la peau du crâne.

Alors le hérisson lui enleva le boisseau ; "Mais tu ne sais pas mesurer", s’exclama-t-il, et il ajouta : "Le partage, c’est pas comme ça que ça doit se passer" puis, prenant la mesure, il commença ainsi :"En voilà une pour tonton lion, en voilà deux pour tonton lion, en voilà trois pour tonton lion, en voilà quatre pour tonton lion, en voilà cinq pour tonton lion, en voilà six pour tonton lion, en voilà sept pour tonton lion, en voilà huit pour tonton lion et en voilà une pour moi et une pour toi, chacal."

"Mais qui donc, s’exclama le lion, t’a inculqué de si bonnes manières ? "

"Ça, dit le hérisson, c’est ce bon chacal avec son crâne en sang"

Moralité : il faut savoir apprendre des erreurs des autres


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Rédigé par orange8454

Publié dans #chacal, #herisson, #lion, #mesure, #tonton

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Publié le 13 Septembre 2012

Un certain jour, dans un village, une femme noire sortit pour ramasser du bois, elle avait finit de rassembler son fagot, lorsqu'elle aperçut, courant dans sa direction, trois tahenchit féroces et affamées. Lâchant son bois, invoquant Dieu, la femme grimpa dans l'arbre le plus proche.

Egratignée par les épines du tawat sauveur, elle regarda les trois fauves qui, gueule écumante, faisaient le siège de l'arbre.

La journée passa, vint la nuit. Les fauves semblaient dormir, la femme en avait bien envie aussi, mais chaque fois qu'elle s'assoupissait, elle frôlait de peu la chute. Ce qui devait arriver arriva.

Elle succomba de sommeil et tomba. En s'effondrant, elle poussa un hurlement, puis un autre strident encore lorsqu'elle toucha le sol au milieu des tahenchit " rendez chacun votre morceau" cria-t-elle, en cachant sa tête dans ses bras.

Mais les tahenchit, effrayées par les cris et les bruits de chute, s'étaient enfuies vers le désert. La femme en fit autant vers le village.



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Rédigé par orange8454

Publié dans #bois, #femme, #noire, #tahenchit, #trois

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y a très longtemps de cela, il y avait un roi qui s'était marié une première fois, puis une deuxième fois mais sans jamais réussir à avoir un enfant.

Il était très inquiet parce qu'il vieillissait et qu'il craignait de laisser son trône vide. A l'époque, il n'était pas possible pour un roi de ne pas avoir de garçon… C'est ainsi qu'il décida de prendre une troisième épouse. Il organisa encore une fois, un grand mariage comme seuls les rois savent le faire.
Au bout de quarante jours et quarante nuits, lorsque les festivités prirent fin, il réunit ses trois épouses et leur dit :
"Mes chères épouses, je vous aime et je vous respecte toutes les trois, je vous traiterai de la même manière sans jamais favoriser l'une d'entre vous. Mais vous, qu'êtes-vous capables de faire pour moi, pour me prouver votre amour ?"
"Moi, je pourrai faire du pain pour tout le royaume avec un seul grain de blé", lui dit la première.
"Moi, je pourrai te faire le plus beau burnous avec un seul fil de laine", lui dit la deuxième.
"Moi, j'aimerai te donner un garçon avec une corne d'or et une corne d'argent", lui dit la troisième.
Le roi très heureux leur répondit en riant :
"J'espère que vous pourrez réaliser tous ces vœux pour moi. En attendant, j'aimerai qu'il y ait la plus parfaite entente entre vous."

Les jours passèrent et la troisième épouse se retrouva enceinte. Les deux autres en furent très jalouses, d'autant plus qu'elles n'avaient pas accompli leurs promesses.
"Et si en plus, elle a un garçon avec une corne d'or et une corne d'argent ? Il l'aimera forcément plus que nous … Elle aura plus de faveurs que nous", se disaient-elles.

Inquiètes, elles allèrent consulter une settouta afin qu'elle les aide à trouver une solution pour se débarrasser d'elle. Tout fut arrangé.

Le jour où la malheureuse ressentit les douleurs de l'accouchement, elles appelèrent la settouta. Celle-ci arriva pour l'aider à mettre au monde l'enfant… Et en effet, cette nuit-là, naquit un garçon avec une corne d'or et une autre en argent. Avec l'aide des deux épouses, la settouta enroula le bébé dans une couverture, le mit dans une corbeille et le jeta dans une rivière. Elle mit à la place, un affreux corbeau noir.

La pauvre malheureuse avait tellement souffert pendant l'accouchement, qu'elle ne se rendit compte de rien. Lorsqu'elle vit le corbeau prés d'elle et qu'on lui dit que c'était elle qui l'avait mis au monde, elle eut tellement honte qu'elle n'osait plus regarder personne.

Quant au roi, il était tellement déçu et tellement en colère, qu'il ordonna qu'on la jeta avec les chiens et qu'on l'appela désormais "la mère du corbeau".
Les deux autres étaient contentes, elles étaient débarrassées d'elle.

Et le pauvre petit bébé… Dieu eut pitié de lui… Le soir même, un bûcheron passant par-là le trouva. Il le recueillit et le traita comme si c'était son propre enfant.

Les jours passèrent, le garçon grandit et lorsqu'il fut un beau jeune homme, le bûcheron et sa femme lui apprirent qu'ils n'étaient que ses parents adoptifs et qu'ils ne savaient pas d'où il venait, puisqu'ils l'avaient trouvé dans une corbeille au bord de la rivière.

Bien qu'il les aime énormément, il ne put s'empêcher de prendre la décision d'aller à la recherche de ses propres parents. Il s'en alla avec leur bénédiction, promettant de revenir très bientôt.
D'une ville à une autre, après plusieurs mois de marche, il arriva dans le royaume de son père. Là, il entendit parler de "la mère du corbeau", l'épouse du roi, qui avait mis au monde un affreux corbeau noir alors qu'elle avait promis au roi de lui donner un garçon avec une corne d'or et une corne d'argent. On lui dit qu'elle vivait toujours dans le royaume, qu'elle gardait les chameaux et qu'elle dormait avec les chiens.

Il alla se présenter au roi et sans rien dire, enleva la coiffe qui lui couvrait toute la tête et le front, et qu'il portait depuis qu'il était enfant. Le roi n'en revenait pas.
« Qui es-tu ? lui demanda-t-il. Approche ici, Qu'as-tu sur le front ? Des cornes ? C'est en or, C'est en argent ? » - « Je ne sais pas, répondit le jeune homme. Mais je viens d'apprendre que mon père et ma mère avec lesquels j'ai vécu depuis que je suis né, ne sont en fait que mes parents adoptifs. Ils m'ont recueilli, alors que j'étais abandonné au bord d'une rivière. Et j'aimerai connaître mon histoire ! »

Le roi convoqua sur-le-champ "la mère du corbeau" et toutes les personnes qui l'avaient assistée pendant l'accouchement.

Lorsque les deux épouses et la settouta virent ce beau jeune homme avec une corne d'or et une corne d'argent, elles s'évanouirent. Quant à "la mère du corbeau", sa joie était si grande, qu'elle se mit à faire des youyous, oubliant toutes ses années de malheur. Elle pleurait de bonheur en embrassant son fils et en le serrant très fort contre elle.

Le roi ordonna qu'on brûla immédiatement la settouta et les deux épouses car il avait tout compris. Il demanda à la mère de son fils, ce qu'il pouvait faire pour qu'elle lui pardonna.
« Je te pardonne, lui dit-elle, car tu étais très malheureux. Mais si tu veux que je sois vraiment heureuse, j'aimerai que tu ramènes les parents adoptifs de mon fils, vivre avec nous dans le palais. Sans eux, il serait peut-être mort et nous aurions continué à être malheureux toi et moi ! ».
Et le roi fit venir le bûcheron et son épouse et les traita comme un couple princier.
Depuis, on entendit tous les jours la musique et les chants dans ce palais, où tout le monde vivait heureux.



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Rédigé par orange8454

Publié dans #corbeau, #corne, #epouse, #moi, #roi

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Publié le 13 Septembre 2012

"Au voleur ! Au voleur ! crie le père Bouchta. On a vidé mon silo ! Il ne me reste plus un seul grain d’orge !" Tous les gens du douar accourent et plaignent le malheureux." IL faut tout de suite chercher le voleur, disent-ils ; nous t’accompagnerons chez le caïd."

Tout le monde parle à la fois. " Silence ! crie le caïd. Avez-vous vu quelqu’un s’approcher du silo de Bouchta ? Avez-vous entendu les chiens aboyer cette nuit ?...Non ? Alors le voleur n’est pas un étranger, c’est l’un de vous. Que le coupable dise tout de suite la vérité. "

Mais tous les gens du douar jurent qu’ils n’ont pas volé l’orge du père Bouchta. "Je suis allé à un mariage au douar voisin, dit Moha ; en revenant, j’ai vu l’âne de Sliman prés du silo." Sliman jure que c’est faux.

"Bon, dit le caïd. Allez chercher le taleb. C’est un homme juste et qui a beaucoup étudié. Nous apprendrons bientôt la vérité."

Le vieux taleb interroge l’un après l’autre les gens du douar ; il hoche la tête un moment en caressant sa barbe, puis il dit : " Le coupable est parmi vous ; demain matin, il faudra qu’il avoue. Venez tous à la mosquée quand la nuit tombera."

La nuit venue, le taleb arrive à la mosquée ; tous les gens sont déjà là. Il donne à chacun un long radis rose. "Pourquoi faire ?" demande Moha à son voisin. " Vous allez garder ces radis toute la nuit dans la bouche ; ce sont des radis magiques, explique le taleb. Ils sont tous de même longueur maintenant ; mais demain, le radis du coupable sera devenu plus long. Que personne ne sorte ; je reviendrai avec le caïd demain, de bonne heure, pour mesurer les radis !"

Le taleb parti, les habitants du douar se regardent inquiets, roulant les yeux, la bouche déformée par le radis. "Je sais bien, se dit chacun d’eux, que je suis innocent, mais le radis ne va-t-il pas s’allonger tout de même ? Alors personne ne me croira, et le caïd me punira sans pitié." Moha est encore moins tranquille que les autres, car le coupable, c’est lui, et il craint déjà la punition qu’il mérite. Mais tout à coup un sourire éclaire son visage ; il sait comment tromper le taleb.

"Le vieux taleb est un sot, murmure-t-il entre ses dents. Je ne me laisserai pas accuser par ce radis du diable. Quand je le sentirai grandir dans ma bouche, j’en couperai avec mes dents un morceau que j’avalerai ; et demain mon radis ne sera pas plus long que les autres. Et s’il est plus court, le taleb croira que tous mes voisins sont coupables et que, moi seul, je suis innocent.

Moha coupe donc un tout petit bout du radis et, ce petit bout, il l’avale. Au milieu de la nuit, il croit sentir le radis s’allonger entre ses lèvres ; un nouveau coup de dents ; encore un morceau avalé. Quand il entend les pas du taleb et du caïd, à l’heure de la première prière, vite, il croque une dernière rondelle.

Le taleb pose sur le sol un radis pareil à ceux qu’il a distribués la veille ; et à côté, chacun vient aligner le sien. Tous les radis ont même longueur, sauf celui de Moha, qui est beaucoup plus court. Le taleb sourit dans sa barbe, "j’ai dit hier : Le radis s’allongera. Eh bien ! Non, au contraire, il est devenu plus court. Le voleur c’est Moha. -Pardon ! Pardon !" crie Moha en se jetant aux pieds du caïd, qui le repousse. "Pas de pitié pour toi. Tu as volé le père Bouchta, et tu as accusé Sliman. Tu es un voleur et un menteur. Tu rendras l’orge et tu resteras trois mois en prison."

Moralité : N’est sot que celui qui croit que tous les autres sont des sots !



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Rédigé par orange8454

Publié dans #caid, #c’est, #moha, #radis, #taleb

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