Publié le 13 Septembre 2012

Que mon conte soit beau et qu'il se déroule comme un long fil !

Il y avait un roi et ce roi avait un fils tendrement aimé qui lui dit :

Roi mon père, laisse moi aller au marché et voir tes sujets.

Fais selon ton plaisir, lui répondit le roi.

Le prince s'en vint donc au marché et dit à tous les hommes :

Vous ne vendrez ni n'achèterez, vous n'achèterez ni ne vendrez que vous n'ayez compris ces devinettes.

La première :

Quel est l'être qui, le matin, marche sur quatre pattes, à midi sur deux et le soir sur trois ?

La seconde :

Quel est l'arbre qui a douze branches et dont chaque branche porte trente feuilles ? Aucun ne sut répondre. Tous les hommes restèrent muets. Le marché se dissout. Une semaine tourna. Le jour du marché ramena le fils du roi. Il demanda :

Avez-vous trouvé des réponses à mes devinettes ?

Une fois encore tous se turent et se dispersèrent. Qui devait acheter n'acheta pas. Et qui devait vendre ne vendit pas. Le marché se défit.

Or parmi ces hommes rassemblés se trouvait le surveillant du marché. Il était très pauvre et avait deux filles, l'une fort belle et l'autre, la plus jeune, chétive mais pleine d'esprit.

Le soir lorsque son père rentra, cette dernière lui dit :

Mon père, voici deux marchés que tu pars et que tu nous reviens les mains vides. Pourquoi ?

Ma fille, répondit le surveillant, le fils du roi est venu et nous a déclaré : " Vous ne vendrez ni n'achèterez, vous n'achèterez ni ne vendrez que vous n'ayez compris le sens de ce que je vais dire."

Et que vous a demandé de deviner le prince ? reprit la jeune fille.
Son père lui rapporta les paroles du prince.

La jeune fille réfléchit un peu avant de répondre :

c'est facile, mon père : l'être qui, le matin, marche sur quatre pattes, à midi sur deux et le soir sur trois, c'est l'homme.

Au matin de sa vie, il rampe sur les pieds et les mains, plus grand il avance sur ses deux pieds. Devenu vieux, il s'appuie sur un bâton. Quand à l'arbre, c'est l'année :
l'année a douze mois et chaque mois porte trente jours.

Une semaine passa. En ramenant le jour de marché, elle ramena le fils du roi. Il demanda :

Et aujourd’hui avez-vous deviné ?

Le surveillant parla. Il dit :

Oui, Seigneur. L'être qui le matin marche sur quatre pattes, à midi sur deux, le soir sur trois, c'est l'homme. Et quand à l'arbre, c'est l'année.

Ouvrez le marché ! ordonna le fils du roi.

Quand vint le soir, le prince s'approcha du surveillant et lui dit :

Je veux entrer dans ta maison.

Le surveillant répondit :

Bien seigneur.

Et ils partirent à pied. Le prince déclara :

Je me suis enfui du paradis de Dieu. J'ai refusé ce que voulait Dieu. Le chemin est long ; porte-moi ou je te porterai. Parle ou je parlerai.

Le surveillant garda le silence. Ils rencontrèrent une rivière : Le fils du roi dit :

Fais-moi traverser la rivière ou je te la ferais traverser.

Le surveillant qui ne comprenait rien ne répondit pas.

Ils arrivèrent en vue de la maison. La plus jeune fille du surveillant (celle qui était malingre mais pleine d'intuition) leur ouvrit. Elle leur dit :

Soyez les bienvenus : ma mère est allée voir un être qu'elle n'a jamais vu. Mes frères frappent l'eau avec l'eau. Ma sœur se trouve entre un mur et un autre.

Le fils du roi entra. Il dit en voyant la plus belle fille du surveillant :

Le plat est beau mais il a une fêlure.

La nuit trouva toute la famille réunie. L'on tua un poulet et l'on fit un couscous de fête. Lorsque le repas fût prêt, le prince dit :

C'est moi qui partagerai le poulet.

Il donna la tête au père ; les ailes aux jeunes filles ; les cuisses aux deux garçons ; la poitrine à la mère. Et il se réserva les pattes. Tous mangèrent et se disposèrent à veiller.

Le fils du roi se tourna alors vers la jeune fille pleine d'esprit et lui déclara :

Pour que tu m'aies dit : "Ma mère est allée voir un être qu'elle n'a jamais vu il faut qu'elle soit sage-femme". Pour que tu m'aies dit "Mes frères frappent l'eau avec l'eau" ils arrosaient des jardins. Et quant à ta sœur, "entre un mur et un autre", elle tissait la laine avec un mur derrière elle et un autre : le métier.

La jeune fille répondit :

Lorsque tu t'es mis en route, tu as déclaré à mon père : "Je me suis enfui du paradis de Dieu". C'est la pluie qui pour la terre est le paradis de Dieu : Tu craignais donc de te mouiller ? Et puis tu as dit : "J'ai refusé ce que voulait Dieu". C'est la mort que tu refusais ? Dieux veut nous mourions, mais nous, nous ne voulons pas.

Tu as dit enfin à mon père : "Le chemin est long, porte moi ou je te porterai ; parle ou je parlerai" pour que le chemin semble plus court.

Tout comme lui tu as dit, lorsque vous vous êtes trouvé devant la rivière : "Fais moi passer la rivière ou je te la ferais passer" : tu voulais dire : "indique-moi le gué ou je chercherai».

 

En entrant dans notre maison, tu as regardé ma sœur tu as dit "Le plat est beau, mais il a une fêlure". Ma sœur est belle en effet, elle est vertueuse, mais elle est fille d'un pauvre homme.

Et puis tu as partagé le poulet. A mon père tu as donné la tête : il est la tête de la maison.

A ma mère tu as donné la poitrine : elle est le cœur de la maison.

A nous les filles tu as donné les ailes : nous ne resterons pas ici.

A mes frères, tu as donné les cuisses : ils sont les soutiens, les piliers de la maison.

Et toi tu as pris les pattes parce que tu es l'invité : ce sont tes pieds qui t'on amené jusqu'ici, ce sont eux qui te remmèneront.

Dés le lendemain le prince alla trouver le roi son père et lui déclara :

Moi, je veux épouser la fille du surveillant du marché.......


Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #fille, #marche, #moi, #roi, #surveillant

Repost0

Publié le 13 Septembre 2012

Avant, les animaux n’avaient pas de tête. Un jour, Dieu les convoqua pour leur donner une tête à chacun.

Le caméléon arriva parmi les derniers. Il ne trouva que des têtes déformées et horribles. Il en prit une au hasard et revint chez lui. En cours de route, il rencontra le scorpion qui s’attardait.

Le scorpion demanda au caméléon s’il restait encore des têtes. Le caméléon répondit qu’il n’en restait que des semblables à la sienne. Le scorpion lui répliqua :

– S’il n’en reste que comme la tienne, je préfère rester sans !


Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #cameleon, #restait, #scorpion, #s’il, #tete

Repost0

Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois un pays qui s’ouvre sur deux cotes : mer méditerranée et océan atlantique. Ce pays s’appelle le Maroc.

Pays prospère, gouverné par un roi jeune dynamique et ambitieux qui est au service de toutes les tranches de son pays même les plus démunis. Les marocains sont tolérants et accueillants.

Le peuple marocain vivait en bonheur et en paix sans conflits, mais le soir du 16mai2003 c’est la venue du monstre : Oui, le 16mai2003 marque la naissance d’un monstre qui s’appelle le terrorisme que tous les marocains et les habitants du monde entier dénoncent.

Terroriste pourquoi choisir de venir dans un café, un restaurant ou un hôtel où de simples citoyens innocents sont entrains de dîner et s’autodétruire ? Pourquoi se cacher sous le signe de l’Islam ? L’islam est une religion de paix et non de guerre.

Dimanche soir, à 22heures les habitants du quartier Sidi Moumen à Casablanca ont entendu une explosion.

C’est le retour du monstre, deux jeunes entrent dans un cybercafé pour entrer en contact avec d’autres terroristes pour s’informer sur une opération terroriste, l’un d’eux entre en discussion avec le gérant du cyber vu son comportement anormal, discussion qui se transforme en dispute, puis Boom. Le kamikaze explose, il est déchiqueté en morceaux. Son complice laisse la ceinture d’explosifs et prend ses jambes à son cou, mais il est vite arrêté par la police. Heureusement que les dégâts n’ont pas été lourds comme ceux du 16mai : 1mort et 4blessés. Sinon ça aurait été plus pire.

Il faut que tout le monde petits et grands se mobilise pour chasser le monstre du terrorisme et redonner la paix et le calme au Maroc.



Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #maroc, #marocain, #monstre, #pays, #terroriste

Repost0

Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois un jeune homme dont la femme, en mourant, laissa un fils encore jeune. Son père ne se remaria pas afin d'en prendre soin. Des années passèrent et l'heure de la mort survint ; il dit alors à son fils :

« Fils, tu n'as personne qui te soit proche, personne ! Ne te fie en rien à des amis. Fais comme moi, tu réussiras !

Bien, dit le fils. »

L'homme mourut, on l'enterra, et son fils resta seul. Un jour, des amis de son père vinrent l'appeler :

« Hé ! Un tel !

Oui ?

Ouvre-nous la porte, nous sommes des amis de ton père.

Mon père, répondit-il, n'a laissé aucun ami.

Allons, allons ! Reprends-toi ! Nous sommes de vieux amis de ton père : nous le connaissons… »

Il leur ouvrit finalement la porte :

« Soyez les bienvenus ! » Dit-il.

Il les introduisit dans la chambre d'invités, fit tuer un mouton, les reçut avec faste, à la semoule de blé. Pendant qu'on préparait le repas, l'un des invités dit :
« Jouons aux cartes en attendant le souper.

Volontiers », dirent-ils.

Ils jouèrent, jouèrent, lui prirent un de ses champs. Ils continuèrent, lui prirent un deuxième champ ; après, ils gagnèrent sa maison ; à la fin ils lui prirent sa femme.

Ils s'arrêtèrent de jouer et prirent le repas du soir. Puis ils s'en allèrent, emmenant la femme avec eux.

Le lendemain, le jeune homme, à peine levé, se rendit sur une colline sur laquelle se trouvait une grande roche ; il s'assit près d'elle et se mit à pleurer. Au bout d'un moment, apparut le Roi des Génies :

« Pauvre créature ! J’ai entendu tes pleurs. Me voici, que veux-tu ?

Bon seigneur, répondit-il, j'ai, hélas ! fait hier ce que personne ne fait : j'ai joué ma femme aux cartes !

Ta femme te reviendra, dit le Roi des Génies. Je vais te donner ce qu'il faut pour cela mais jure moi que tu reviendras me voir.

Il lui donna une carte :

Retourne, dit-il, jouer avec eux : tu retrouveras tous tes biens et même ta femme.

Bien ! » Dit-il.

Il alla appeler ceux qui lui avaient pris sa femme :

« Je veux jouer encore avec vous, dit-il. Venez finir la partie.

Que veux-tu que nous te prenions maintenant ? Tes champs, ta maison, tu les as perdus et tu as même perdu ta femme.

Eh bien ! Je deviendrai votre domestique, dit-il.

Alors allons-y » répondirent-ils.

Ils se mirent à jouer : au bout de quelques heures, il leur avait repris un champ, puis un deuxième champ, sa maison et enfin sa femme. Il ramena celle-ci chez lui. En arrivant à la maison, il dit :

« Par dieu, il faut que je retourne chez le Roi des Génies qui m'a donné cette carte pour te reprendre et récupérer tous mes biens.

N'en fais rien », lui dit sa femme.

Il ne l'écouta pas : le lendemain, il retourna et s'assit. Bientôt les filles du Roi des Génies sortirent, sous l'apparence de colombes : elles allaient au bain. La plus jeune demanda :
« Qui es-tu, toi, là ?

J'attends le Roi des Génies pour lui parler.

Va-t-en l'ami : s'il sort, il te dévorera. Ce n'est pas la peine de rester ici.

J'ai juré de revenir.

Alors, dit-elle, prends-moi deux plumes et mets les sur ton cœur. Quand il viendra, il te dira : "procure-moi un œuf du septième ciel". Réponds-lui : "c'est entendu". Tu presseras mes plumes et tu auras tout ce que tu voudras. »
Le Roi des Génies arriva :

« Trouve-moi, commanda-t-il, un œuf du septième ciel.

Parfait », répondit le jeune homme.

Il pressa les plumes qui étaient sous son habit et un œuf se trouva devant lui.

« Tu vas, dit le Roi des Génies, épouser une de mes filles. Je vais les mettre dans un puits : tu étendras la main : celle qui te la prendra, tire-la. »

Il étendit le bras : ce fut la plus jeune qui lui prit la main. Il la tira au dehors. Mais le Roi des Génies se rétracta :

Le jeune homme étendit le bras une autre fois : la plus jeune saisit la main de nouveau.

« Cette fois, cela suffit ! dit le Roi des Génies : je te la donne. » Mais il dit à sa femme :

« Avoir donné ma fille à cet homme ne me plaît pas. Ce soir, prépare leur lit tout près du puits : place l'homme près de l'ouverture du puits et mets ta fille de l'autre côté. »

La femme prépara le lit. Quand la jeune fille arriva, elle dit à son mari :

« attends que je refasse ce lit. »

Elle retira la natte et les couvertures.

« Tu vois, dit-elle, la fourberie de mon père : il voulait te faire tomber dans le puits ! »

Elle refit le lit et ils dormirent jusqu'au matin.

Le jeune homme se rendit à l'assemblée des hommes. Le Roi des Génies y alla aussi et l'y trouva ; surpris de la chose, il revint dire à sa femme :

« Tu n'avais donc pas fait leur lit au bord du puits ?

Mais si, par Dieu ! C’est juste au bord du puits que je l'avais fait !

Recommence, aujourd'hui, je serai là.

C'est bon », dit-elle.

La femme fit le lit comme la première fois ; la place de l'homme était tout près de l'ouverture, celle de sa fille de l'autre côté. Quand les jeunes gens vinrent se coucher, la jeune femme dit à son mari :

« Homme, mon père veut ta mort. Viens ! Partons d'ici.

Nous ferons comme tu voudras », répondit-il.

Elle refit le lit. Elle alla chercher la bague magique de son père ; puis elle alla prendre la. Ils montèrent sur la jument et partirent. Quand le Roi des Génies s'éveilla, il constata leur disparition. Il envoya à leur poursuite ses serviteurs montés sur la jument aussi rapide que le vent.

Ils allèrent si vite qu'ils faillirent rattraper les fugitifs. Mais la jeune fille se transforma en mosquée, le jeune homme en taleb, la jument en natte. Les serviteurs arrivèrent et interrogèrent le jeune homme :

« Taleb ! N’as-tu pas vu passer un homme et une femme sur une jument ?

Oui, répondit l'autre : on a annoncé la prière du soir, mais celle de la nuit pas encore. »
Les serviteurs rentrèrent à la maison et dirent au Roi des Génies :

« Seigneur, nous avons cherché tant que nous avons pu : nous avons vu un Taleb dans une mosquée, il nous a dit : on a appelé à la prière du soir, mais à celle de la nuit, pas encore.

C'est eux, misère de vous autres ! dit le roi.

Allez ! Retournez et ramenez-les-moi. »

Ils repartirent et marchèrent longtemps. Les jeunes gens les virent arriver. La jeune fille se métamorphosa en vigne grimpante ; son mari en paysan ; la jument fut changée en chienne. Les serviteurs arrivèrent :

« Salut, dirent-ils au paysan : n'as-tu pas vu un homme et une femme montés sur une jument ?
Pour ce qui est des pastèques, répondit-il, elles sont mûres ; les melons pas encore. »

Ils rentrèrent faire leur rapport.

« Cette fois, dit le Roi des Génies, c'est moi qui irai ; vous n'êtes pas capables de les reconnaître. »

Sur-le-champ, ils partirent tous ensemble, ils marchèrent, marchèrent, et ils allaient rejoindre les fugitifs quand la jeune fille, ayant reconnu son père, entraîna son mari vers la mer.

La jeune fille fit tourner sa bague, en disant : je veux qu'un chemin s'ouvre ici pour nous.

« Ma fille, tu m'as trompé, lui cria son père.

Père, répondit-elle, je suis mariée : tu aurais dû t'attendre à ce qui est arrivé. »

Ils avancèrent dans la mer. Le Roi des Génies rentra chez lui. Ils arrivèrent dans un lieu désert. La jeune fille fit faire un tour à la bague magique, en disant : « Seigneur, je voudrais que cet endroit désert soit habité. »

Aussitôt, il y eut de nombreuses habitations. Ils devinrent Roi et Reine de ce pays.

Ils vécurent heureux, mais le jeune homme se souvint un jour de sa première épouse. Il dit alors à la fille du Roi des Génies :

« Femme, il y a une chose que je ne t'ai pas dite : j'ai une femme et un fils, je vais aller les voir.

C'est bien, dit-elle. Va la chercher ; elle vivra avec moi, mais tu ne la considéreras pas comme ta femme.

Bien », dit-il et il accepta.

Mais elle lui fit une recommandation :

« Prends garde, lui dit-elle, qu'on ne te donne pas un baiser au-dessus de l'œil droit quand vous vous direz bonjour tes proches et toi !

C'est entendu », dit-il. Il partit. Il arriva chez lui, trouva sa femme, son fils et sa sœur. Sa sœur lui sauta au cou et lui donna un baiser au-dessus de l'œil droit : à l'instant même il perdit le souvenir de la fille du Roi des Génies.

Un an passa avant que la mémoire ne lui revint :

« Allons, femme, dit-il, partons d'ici, car j'ai une autre femme dans un autre pays.

Bien ! », Dit-elle.

Ils partirent donc. Ils arrivèrent chez la fille du Roi des Génies qui fit bon accueil à la première femme et à son fils : elle les fit loger dans son château et leur fit servir une excellente nourriture. Quant à son mari, elle le fit mettre en prison et il y resta jusqu'à ce qu'il fût à la dernière extrémité.

Un jour, le gardien de la prison dit à la reine :

« Madame, votre mari est près de mourir, que devons-nous faire ?

Fais-le sortir, dit-elle. Qu'on me l'amène ! » Elle lui fit donner à manger et le soigna jusqu'à sa guérison.

« C'est moi, lui dit-elle, qui t'ai fait mettre en prison, parce que tu ne m'avais pas écoutée. Si je n'avais pas pitié de toi, je t'y laisserais mourir. Mais c'est assez : tu y as passé le temps prévu pour ta punition. Tu redeviens roi comme avant. »

Ils furent heureux tous deux, ainsi que la première femme qui avait un fils. Ils gouvernaient le pays dans la paix et la prospérité.

Voila mon histoire finie

Conduite le long de la rivière

Pour des gens de qualité !

A moi, que Dieu me pardonne

Et les chacals, qu'il leur en cuise !

Puissions-nous ne jamais manger sans sel

Ni marcher pied nu.



Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #femme, #genies, #homme, #jeune, #roi

Repost0

Publié le 13 Septembre 2012

Qui ne connaît pas à Marrakech, la place Djem-el-Fna. Sa vie grouillante, ses échoppes, ses vendeurs en tout genre… et bien sûr ses conteurs.

 

En effet, accroupi à terre, un vieillard crasseux,  récite l’histoire de la boule d’or de la Koutoubia.

 

La Koutoubia est une tour carrée de sept étages qui mesure soixante-sept mètres cinquante de haut et douze mètres cinquante de côté. Trois minarets semblables existent de par le monde : ce sont, avec la Koutoubia, la Giralda de Séville et la tour Hassan de Rabat. Des trois minarets, c’est celui de Marrakech qui a conservé le plus fidèlement son aspect primitif.

 

El-Géber, l’architecte de la Giralda, avait été amené comme captif à Marrakech par le sultan Abou-Yousouf, connu dans l’histoire sous le nom de Yakob-el-Mansour.

 

Il avait apporté avec lui les plans de la mosquée sévillane et de sa tour imposante ; ceux-ci liu furent volés par un favori du Sultan qui s’adjugea l’idée et proposa à El-Mansour de lui construire une moquée digne de lui. Le souverain accepta avec enthousiasme, mais voici qu’El-Géber parvint à s’échapper de sa geôle, il dénonça l’imposteur. Le souverain, qui était juste, confondit son favori, rendit les plans à l’architecte et le chargea de bâtir l’édifice.

 

L’inauguration donna lieu à de grandes réjouissances. El-Geber fut définitivement libéré et, afin d’ajouter à l’éclat de la solennité, le favori voleur fut pendu tout en haut de la tour ; on prétend même que la potence que l’on voit à l’étage supérieur du minaret est celle qui servit à cette exécution. Chacun est libre de le croire ou de supposer plutôt que ce n’est qu’une hampe pour accrocher les étendards aux jours de fête.

 

Le minaret de la Koutoubia – la mosquée s’appelle ainsi parce qu’elle était entourée de boutiques de libraires, les kétébiin, qui l’enserraient de toutes parts – avait pour couronnement trois boules de cuivre doré percées d’une tige et dont le volume allait décroissant de bas en haut.

 

Ce sont ces boules brillantes dont le vieux conteur de la place Djéma-el-Fna débitait la légende devant un auditoire subjugué. Et voici à peu près ce qu’il disait :

 

 

A l’époque où Yakoub-el-Mansour, le puissant sultan , faisait édifier la Koutoubia et où cet édifice était presque terminé, il n’y avait plus qu’à placer sur le faîtage  les trois boules de cuivre, une jolie femme pleurait dans le harem du souverain. Cette jolie femme était la sultane Aïcha. Aïcha était belle au-delà de toute expression humaine. S’il avait été donné à un homme de contempler son visage dévoilé, il serait devenu fou d’admiration à la vue de tant de perfection. SA peau avait la blancheur du lait, ses yeux, la douceur caressante de ceux des gazelles, l’arc de ses deux sourcils était dessiné d’un même trait pur, les roses de ses joues faisaient honte à celle que l’on cultivait dans les jardins du sultan.

 

Cette beauté ravit El-Mansour ; il avait aimé Aïcha jusqu’aux limites de la passion humaine. Il lui avait fait don de tout ce qui peut plaire à une femme, la parer et l’orner ; de lourds bracelets d’or encerclaient ses poignets et ses chevilles ; des bagues d’or scintillaient à ses doigts ; ses colliers en boules d’or descendaient en dix rangs sur sa poitrine ; d’or étaient les ceintures qui marquaient sa taille flexible ; d’or, les ornements qui rehaussaient sa chevelure d’ébène. Les pierres les plus rares, celles qui brillent comme des morceaux de feu durci, celles qui ont le doux éclat des lunes d’été, celles qui clignotent comme des étoiles, étaient enchâssées dans ses bijoux.

 

Aïcha était heureuse. Elle ne se réjouissait pas tant de la beauté de ces présents que de la pensée que chacun d’eux était un gage de l’amour de son maître et seigneur. Et puis, car le cœur des hommes est aussi changeant que le vent qui soulève les sables du désert, une autre femme enchaîna sa tendresse. Il se prit à aimer Djama, à la face de suie, aux yeux vairons, à la démarche bancale.

La pauvre Aïcha se sentit abandonnée.

Sa vieille nourrice lui vint dire :

- Maîtresse, les mauvais génies ont détourné vers l’indigne Djama les pensées du Seigneur ; il nourrit en son cœur le dessein de te répudier pour épouser cette fille de la nuit. Cette lune même verra se consommer ta disgrâce et son triomphe.

- Hélas ! sanglota la pauvre sultane, je suis résignée à mon triste sort ; lorsque mon maître bien-aimé le commandera, lorsque, par trois fois, ainsi que l’exige Le Livre, il m’aura répudiée, je retournerai confuse dans la maison de mon père.

- Ya Aïcha, continua la vieille, il ne suffit pas à cette mauvaise, à cette indigne, à cette fille de pourceaux de prendre ta place dans la demeure du Seigneur ; elle exige encore que le maître lui donne les merveilleux bijoux dont il t’avait fait présent et dont elle veut parer sa laideur.

A ces mots, la résignation d’Aïcha fit place à la colère ; elle fut révoltée à l’idée que ces souvenirs de jours de bonheur seraient remis à une autre et elle calcula comment, tandis qu’il en était temps encore, elle pourrait les soustraire à cette profanation.

Elle s’aperçut très vite combien il serait difficile d’empêcher le Sultan de réaliser ses projets. Aidée par sa nourrice, elle chercha en quelle cachette secrète elle pourrait les céler. Aucune ne lui parut suffisamment sûre. Les confier à quelqu’un ? Mais qui donc se chargerait d’un dépôt aussi compromettant ?

- Ma¨tresse, dit enfin la nourrice, il y a près de la nouvelle mosquée un homme plein de sagesse et qui certainement trouvera le moyen de te servir.

- L’âge te fait radoter, pauvre mère, dit tristement la sultane, en quel homme sur terre puis-je avoir confiance ? Il n’est pas un habitant de Marrakech qui ne sache que le fait de garder un pareil secret peut lui coûter la tête ; il s’empressa d’aller raconter à mon seigneur ce que je lui aurai révélé et ma vie ne tiendra plus qu’à un fil.

- Ya Aïcha, répliqua la nourrice, je sais ce que je dis, celui dont je te parle se nomme BouchaIb, on l’appelle El-Meskine, car c’est un pauvre et, pourtant, il manie tous les jours autant d’or qu’en compte pendant sa vie le marchand le plus favorisé des souks.

- Comment est-il si pauvre maniant tant d’or ? s’étonna la princesse.

- Je dois te dire, maîtresse, qu’il est fondeur d’or. On lui apporte ces métaux précieux afin qu’il les transforme dans es creusets et il ne lui reste que peu de chose de ces trésors après les doigts ; il n’affaire qu’aux gens opulents et chacun sait que plus un homme est fortuné moins il est généreux.

- Et pourquoi affirmes-tu que ce Bouchaïb me gardera le secret et que, étant pauvre, il n’ira pas le vendre pour quelques piécettes ?

- Parce qu’il est mon neveu, ya Aïcha, le fils de ma sœur, et qu’il ne voudra rien faire qui me puisse contrister. Je réponds de sa discrétion sur ma tête.

- Fais-le donc venir, mère, et je me confierai à lui.

- Il sera ici demain soir, dit la nourrice.

- Pourquoi pas ce soir même ?

- Ya Aïcha, gémit la vieille femme, toute jeune que tu es, c’est toi qui perds la raison et ta douleur t’égare ; crois-tu que je veuille introduire Bouchaïb secrètement dans la maison de ton maître, de telle sorte que les espions que le Sultan vénéré entretient autour de tes appartements aillent l’informer que tu reçois des visites clandestines ? Ce serait vouer à la mort toi-même et mon neveu, les deux seul s êtres que j’aime au monde.

- Ainsi que feras-tu ?

- J’irai, demain matin, porter ostensiblement chez Bouchaïb un de tes bracelets à réparer et le soir il rapportera son travail fait.

- Tu as raison, mère, c’est ainsi qu’il faut réagir ; mais penses-tu que ton neveu consentira à se charger d’un si dangereux dépôt ?

- Je sais qu’il est ingénieux et qu’il y a plus de ressource dans la dernière phalange du petit doigt de son pied gauche qu’il n’y en a dans toutes les cervelles des vizirs de ton seigneur réunis.

- Une question encore, mère, qu’est-ce qui le déterminera à me servir ?

- Son affection pour moi et puis…

- Quoi donc ?

- Je t’ai dit que c’est un pauvre, or, il meurt d’amour pour Rhana, la fille d’un tisserand du souk, et, faute de pouvoir donner une dot à son père, il ne peut l’épouser. Des années s’écouleront avant qu’il amasse par son travail de quoi obtenir celle qu’il aime et peut-être, alors, serait-elle mariée à un autre. Serait-il le plus obtus des hommes et le moins brave que l’amour lui donnerait courage et ingéniosité.

Aïcha batti des mains.

- Sois certains, ô mère, qu’il recevra un salaire plus que suffisant pour payer la dot de Rhana. J’ai confiance maintenant, car rien n’est impossible à l’amour.

Le jour suivant fut un jour de désolation pour l’infortunée Aïcha. Elle savait que l’on pressait les préparatifs de la fête qui devait marquer l’achèvement de la Koutoubia ; elle ne vit son mari qu’un instant, mais, à son regard, elle reconnut que sa résolution était prise et qu’il n’attendait qu’une occasion pour la répudier par trois fois et pour épouser l’affreuse Djama.

Vers le soir, parut la nourrice accompagnant un garçon et bien tourné mais dont la djellaba n’était qu’une loque qui criait sa misère. C’était Bouchaïb, le fondeur d’or.

Celui que l’on appelait El-Meskine, le pauvre, se prosterna devant la sultane sur le seuil de son appartement.

- Je te rapporte, dit-il bien haut, ô maîtresse, le travail que tu as daigné me confier ; j’espère qu’il sera selon ton cœur.

Il tira de sa manche un bracelet qu’il tendit à Aïcha, celle-ci le prit, feignit de le considérer attentivement et s’écria :

- Tu as merveilleusement accompli cet ouvrage. J’ai hier brisé un collier, je veux que tu le répares.Viens.

Ces paroles ayant été prononcées afin de détourner les soupçons des espions qui devaient être aux écoutes, Aïcha attira Bouchaïb dans sa chambre de telle façon qu’on ne pût entendre ce qu’ils disaient. La nourrice demeura sur le seuil pour éviter toute surprise.

En quelques mots, la sultane dit à Bouchaïb ce qu’elle avait à lui dire et elle conclut :

- Je voudrais que tu caches mes bijoux dans un endroit si inaccessible que jamais on ne puisse les retrouver. Pour prix du service que je te demande, je te donnerai un tel salaire qu’il te sera loisible, sur l’heure, de payer la dot de celle que tu aimes.

Une expression de ravissement passa sur les traits mélancoliques du pauvre fondeur, puis il s’abîma pendant quelques instants dans ses réflexions. Enfin, il parla :

- Maîtresse, il y a quatre éléments auxquels un trésor peut être confié, à savoir : la terre, l’eau, l’air et le feu. La première idée qui vienne à tout esprit est d’enfouir tes richesses dans le sein de la terre.

- Oui, en effet, dit Aïcha, tu as raison.

- C’est une idée insensée. Le Sultan Yakoub, sur lui la bénédiction ! possède assez d’esclaves, assez de soldats, assez de captifs pour faire retourner le sol entier de l’empire fortune du Magreb et le trésor sera retrouvé.

- Je n’y avais pas songé.

- Il y a l’eau. On peut jeter le trésor dans un de ces oueds qui, en plein été, ne s’assèchent pas ou dans un lac, même dans la mer.

- Ce serait préférable.

- Ce serait folie. Le Sultan Yakoub-el-Mansour, qu’Allah le conduise par la main ! peut ordonner à des plongeurs d’explorer les ouds, les lacs ou la mer. Ils retrouveront le trésor.

- Mais alors ?

- Il reste le feu et l’air, si tu m’en crois, c’est à eux que nous confierons tes richesses.

- Comment cela ?

- Par le feu, je fondrai tes bracelets, tes bagues, tes colliers, tes ceintures, tes diadèmes, j’en ferai une boule et, dans cette boule, j’enfermerai les gemmes et les pierres précieuses qui sont enchâssées dans tes bijoux. Cette boule, je la confierai à l’air.

- A l’air ?

- Oui. Trois boules de différentes grosseurs viennent d’être plantées sur le nouveau minaret que le Sultan, sur lui la miséricorde ! a fait édifier. Je façonnerai l’or de tes joyaux de façon a en faire une boule semblable à la plus petite de celles qui se dressent fièrement vers le ciel ; durant la cuit, je la substituerai à sa cœur de cuivre et personne, jamais, ne soupçonnera que l’air cache les biens de la sultane.

Cette proposition plut à Aïcha. Elle remit à Bouchaïb une cassette qui contenait tous les présents que lui avait offerts son seigneur et maître, et, en outre, elle lui donna un prodigieux salaire qui mit la joie dans son cœur. Lui, façonna les joyaux comme il avait dit et, secrètement, il substitua la boule d’or, farcie de pierre précieuses, à la boule de cuivre creuse, la plus petite des trois qui somment la Koutoubia.

Après les fêtes de l’inauguration de la mosquée, Yakoub-el-Mansour , ayant montré sa générosité à l’architecte El-Géber en le ;libérant et en faisant sa fortune, ayant montré sa justice à son favori en le faisant pendre, montra sa versatilité en épousant Djama, la alide, et en répudiant par trois fois la belle Aïcha.

Il voulut, que le rétributeur l’absolve de cette iniquité ! la dépouiller des cadeaux qu’il lui avait faits. Il ne put les trouver. On fouilla le palais, les maisons de la ville, celles des riches et celles des pauvres, on plongea dans les oueds, les lacs, la mer même. Ce fut en vain.

Pendant ces recherches, la triste Aïcha avait regagné la maison de son père. Bouchaïb, heureux, avait épousé Rhana, celle qu’il aimait.

Nous ne dirons pas ce qu’il advint de l’un et de l’autre, car il ne leur arriva que ce qui, de toute éternité, était écrit. Dans la demeure de son enfance la sultane goûta le repos de l’âme que le miséricordieux accorde à ceux qui ont le cœur pur et, sur son trône, le Sultan éprouva les ennuis d’un homme marié avec une calamiteuse. Et voilà pour eux.

Le trésor de l’infortunée sultane est, depuis des siècles, resté dans l’air à l’endroit le plus en vue de Marrakech, la cité rouge.

Des ouvriers, qui ont réparé le toit de la haute tour, affirment que la troisième boule ne rend pas le même son creux que les deux autres. Disent-ils vrai ou connaissent-ils la légende d’Aïcha, l’épouse malheureuse de Yakoub-el-Mansour ? Seul le sait celui a qui rien n’est dissimulé.

 

Voir les commentaires

Rédigé par orange8454

Publié dans #aicha, #boule, #celle, #qu’il, #sultan

Repost0