Publié le 13 Septembre 2012

Au temps de notre hodja, il y avait dans sa ville un gouverneur réputé pour son avarice. Le ladre laissait mourir de faim ses serviteurs, réduits à un état de maigreur inquiétant. Or, un jour, le goût du hodja pour la chasse parvint aux oreilles du gouverneur. Il le fit appeler et lui dit :

 Hodja, tu es dans cette ville le meilleur connaisseur en chiens de chasse. Tout le monde est d’accord sur ce point. Tu es le seul à pouvoir me donner satisfaction. Il me faut un joli lévrier, mince et élégant. Trouve-le-moi.

 

- Aux ordres de votre Excellence, dit le hodja, qui se met en campagne.

 

Trois jours plus tard, il revient avec un vulgaire chien de berger. Le plus petit enfant sait bien qu’un chien de berger n’a rien d’un lévrier. Celui-ci est long et mince ; celui-là, on le sait, est au contraire gras et lourd. Le gouverneur interpelle le hodja sans aménité :

 

- Ah ! ça, Hodja, quel drôle de lévrier ! Te moquerais-tu de moi ? Je t’ai fait confiance et voilà ce que tu m’apportes.

 

- Monseigneur, dit le hodja, clamez votre inquiétude. Que votre Excellence garde seulement ce chien une dizaine de jours. A votre service, ce chien deviendra vite un parfait lévrier.

 

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #chien, #gouverneur, #hodja, #jour, #levrier

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Publié le 13 Septembre 2012

C’était la saison des fruits. Un jour Nasreddin hodja projette de choisir les plus beaux produits de son jardin et d’en faire présent au grand Timour. Il cueille, il trie, il soupèse les figues, les pêches, les coings, des coings splendides dont il remplit un panier et il s’en va, quand tout à coup il change d’idée. Les figues seraient plus convenables. Et de vider son panier et de le remplir de fort belles figues bien rangées et ornées de feuillage. Le voilà parti avec son cadeau. Il arrive au palais, attend quelques instants et on l’introduit à l’audience. Mais le résultat escompté n’est pas obtenu. Timour rejette dédaigneusement ce méprisable cadeau et n’y voit qu’une insolence. Il se saisit des figues et les jette à la figure du pauvre homme où les fruits mûrs éclatent et se collent. Alors le hodja, loin de fuir ou de courber la tête, élève les mains vers le ciel et rend grâces à Dieu. Timour s’étonne :

 

- Quoi hodj, que dis-tu ? Ne vois-tu donc pas dans quel état tu es, pour rendre ainsi grâces à Dieu ?

 

Mais l’autre :

- Louanges soient rendues au seigneur. Ce panier était d’abord rempli de coings Si je te les avais offerts, et non des figues, aurais-je encore figure humaine ?

 




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Rédigé par orange8454

Publié dans #coings, #figues, #hodj, #panier, #timour

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Publié le 13 Septembre 2012

Le grand Timour avait fait don d’un éléphant à la ville d’Akshehir, à charge pour celle-ci d’entretenir convenablement l’animal. La municipalité en eut vite par-dessus la tête. L’animal ne pouvait rester en place, ni supporter la solitude. On n’arrivait pas à le rassasier. Il dévastait les jardins et renversait mes murailles. A la fin les souffrances du peuple parvinrent à leur comble Le conseil se réunit pour envisager les moyens de se débarrasser de cette bête encombrante. On décida d’adresser une supplique au conquérant.

 

- Prenons le hodja avec nous, dit quelqu’un Timour l’écoute volontiers.

 

Et voilà nos gens partis, le hodja à leur tête. Mais à mesure qu’on s’approche du palais la troupe s’éclairci. Beaucoup se rappellent soudain des affaires urgentes. D’autres s’attardent en chemin. Enfin à la porte du palais notre homme se retrouve tout seul

 

- Ah ! rage-t-il, c’est comme cela. Eh bien ! ils vont voir comme j’accomplirai quand même ma mission ».

 

Et il entre. On l’introduit.

 

- Sois le bienvenu, hodja ! dit le grand prince, que veux-tu ?

 

- Monseigneur, nous sommes très reconnaissants à votre incomparable majesté pour cet éléphant dont elle a daigné nous faire présent. C’est la joie de nos cœurs et le plaisir de nos yeux. Malheureusement cet éléphant se sent un peu seul. Il languit de solitude. Il lui faudrait une compagne.

 

Timour l’interrompt :

 

- Oh ! mais bien volontiers. Est-ce une femelles qu’il vous faut ? C’est facile. Je vous la donne.

 

Et le hodja de sortir à reculons en se confondant en remerciements. A peine est-il sorti du palais que nos gens, tant bien que mal regroupés, l’assaillent de toutes parts.

 

- Eh bien, qu’arrive-t-il ? Rendond-nous l’animal ?

 

Mais le hodja calme les gens du geste.

 

- Pourquoi donc tant de bruit ? Qu’est-ce là ? La bonne nouvelle, la voici : après le mâle, on nous fait don d’une femelle.

 

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #c’est, #elephant, #gens, #hodja, #timour

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Publié le 13 Septembre 2012

Un homme vivait dans la forêt et gagnait sa vie comme bûcheron. Un jour qu'il était au travail, il vit un ourson qui se tordait de douleur par terre. L'homme s'approcha lentement, de peur que la mère ourse ne rôde dans le coin et l'attaque, mais il vit que l'ourson était seul et souffrait d'une grosse écharde de bois enfoncée dans son pied. Il réussit à l'amadouer suffisamment pour lui saisir le pied et retirer l'écharde. L'ourson était tellement content qu'il demanda au bûcheron de le suivre. Il lui montra un grand arbre dans lequel s'ouvrait un grand trou rempli de miel. Il lui fit signe de se servir à son gré et retourna dans la forêt vivre sa vie d'ourson.

L'homme était bien heureux de cette aubaine : il pourrait nourrir sa famille et gagner une belle somme en vendant le reste au marché. Il commença à récolter le miel, encore et encore, mais à force de se pencher pour aller le chercher de plus en plus loin, il finit par tomber dans le trou. Il passa à travers la couche de miel et se mit à tomber, tomber, tomber, jusqu'à atterrir dans une grotte. Dans la faible lumière, il crut tout d'abord que le sol bougeait sous ses pieds, puis il se rendit compte avec horreur qu'il était dans un nid de serpents et que les reptiles, par centaines, par milliers, grouillaient autour de lui. Il recula jusqu'au mur de la grotte, incapable de fuir. Sa terreur atteignit son paroxysme lorsqu'il vit s'avancer une femme dont le bas du corps était une grande queue de serpent. Il reconnut Şahmeran, la femme serpent dont parlaient de nombreux contes de la région. Il se mit à genoux et la supplia de le laisser partir, racontant sa vie difficile et la famille qu'il avait à nourrir. Attendrie, Şahmeran accepta de lui montrer le chemin de la sortie s'il promettait de ne jamais révéler sa cachette. L'homme promit, et Şahmeran lui expliqua comment remonter jusqu'à l'arbre.

De nombreux jours passèrent, les uns après les autres, et la fille du sultan tomba gravement malade. A cours de remèdes, les médecins déclarèrent au souverain que seule une potion faite avec le sang de Şahmeran la sauverait de son mal. Le sultan était au désespoir car il savait que personne n'avait jamais réussi à trouver la créature. Mais il lui restait néanmoins une chance : on disait que celui qui connaissait la cachette de Şahmeran portait une marque sur l'omoplate en forme de serpent. Le sultan offrit alors à tout son peuple une journée gratuite aux bains. Il posta des soldats dans chaque hammam, des soldats qui, discrètement, inspectaient le dos de ceux qui venaient profiter de l'aubaine. Le bûcheron, qui même au fond de sa forêt avait entendu parler de ce cadeau, fut donc arrêté et amené devant le sultan.

L'homme refusa tout d'abord de divulguer le secret, mais les tortures prodiguées par les bourreaux du palais eurent raison de sa volonté et de sa promesse. Les soldats allèrent chercher Şahmeran au fond de son trou et la ramenèrent au palais dans une cage ; le bûcheron fondit en larmes devant elle en expliquant qu'on l'avait forcé à la trahir. Lorsqu'elle comprit qu'on allait la tuer, Şahmeran demanda au sultan d'être coupé en trois : un morceau pour guérir la malade, un morceau dont on ferait boire le sang au bûcheron, et un dernier morceau que l'on rejetterait dans le trou de l'arbre pour qu'elle puisse peut-être y renaître un jour. Le sultan accéda à ces ultimes volontés. Dès que le bûcheron avala le sang de Şahmeran, il se changea en serpent et s'enfuit du palais. Et l'on raconte depuis lors que celui qui tombe dans la caverne de Şahmeran, si les autres reptiles lui en laissent le temps, peut voir l'un d'eux pleurer sur son sort près d'une grande queue de serpent...



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Ce jour-là était remplit d’orage ; dans une tente une jeune file accouchait d’un fils qu’on nomma Oghouz. Ses yeux étaient bleus, ses lèvres rouges et brûlantes comme le feu, ses cheveux et ses sourcils noirs comme la nuit ; il était plus beau que les dieux eux-mêmes.

 

Après avoir goûté une première fois du lait de sa mère, il refusa d’en boire de nouveau, mais réclama de la viande et du vin. A quarante jours il parlait, marchait et jouait. Il grandit et devint rapidement d’une force prodigieuse, avec une poitrine plus large que celle des grands ours, des reins plus agiles que ceux des loups. Il passait son temps à chasser et à dompter les troupeaux de chevaux sauvages.

 

Les jours, les années passèrent. Or, il y avait en ce temps-là, dans ces parages, une grande forêt, traversée de rivières profondes et peuplées de nombreuses bêtes féroces. Dans cette forêt vivait un dragon terrifiant, qui dévorait hommes et chevaux et était le fléau des habitants de la contrée. Oghouz décida de lui donner la chasse.

 

Un jour, prenant son arc et ses flèches, son épée et son bouclier, il s’enfonça dans la forêt. Il força un cerf, le lia à un arbre avec une branche de saule et s’en alla.

 

Le lendemain, il revint dès l’aube. Le dragon avait dévoré le cerf. Cette fois il prit un ours, l’attacha au tronc d’arbre avec sa ceinture d’or et s’en alla.

 

 Le lendemain matin, le dragon avait dévoré l’ours. A lors cette fois il resta lui-même au pied de l’arbre, pour y passer la nuit. Il veilla toute la nuit ; aux premières lueurs de l’aurore, le dragon parut dans un bruit d’ouragan qui faisait trembler le feuillage et s’entrechoquer les branches, le monstre à tête d’animal, aux pieds humains, aux griffes tranchantes se jeta sur le héros qui l’attendait de pied ferme.

 

Oghouz lutta longtemps avec le monstre, il lui creva un œil avec sa javeline. Le dragon aveuglé hurlait de douleur, déracinant les arbres de la forêt et heurtant le sol de terribles coups de queue. Oghouz planta son épée dans la gorge qui se tordait et lui coupa la tête d’un revers de lame.

 

Il retourna au village et jeta sur la place la tête du monstre encore toute frémissante.

 

La foule s’abandonnait à la joie de la délivrance, Oghouz se retira dans une vallée écartée, pour prier Dieu et le remercier de sa victoire. Le soir de retour dans son village, il vie une jeune fille et en tomba amoureux fou et crut en perdre l’esprit.

 

Il épousa la jeune fille et en eut trois fils qu’on appela Jour, Lune et Etoile…

 

Un autre jour qu’Oghouz chassait comme à l’accoutumée, il s’égara dans une région inconnue de lui. Sur sa route s’offrit le lac et à son milieu il y avait une petite île, sous un arbre était assise une merveilleuse jeune fille, aux yeux plus bleus que le ciel, aux dents de perle, aux cheveux ondulés comme les vagues. Il l’épousa et eut d’elle trois autres fils qu’on appela Ciel, Montagne et Mer…

 

L’autorité d’Oghouz était maintenant reconnue par toute la tribu. Lors qu’un festin, il se leva et dit :

 

- Nos guerriers s’amollissent, moi que vous reconnaissez pour votre roi, je vous ordonne de prendre vos arcs, vos flèches, vos javelines, vos boucliers. La fortune suivra nos pas, les nom du loup sera notre cri de guerre.

 

Il envoya partout des émissaires porter ses ordres et enjoindre aux tribus voisines de reconnaitre sont autorité.

 

Un de ses voisins, qu’on appelait le roi d’or, accueillit tout de suite avec faveur les ambassadeurs d’Oghouz et envoya à celui-ci un riche tribut d’or et d’argent en signe de soumission. Mais sur l’autre frontière réglait un roi nommé Ouroum, qui possédait de nombreuses villes et une grande armée. Il refusa de payer tribut. Oghouz marcha contre lu avec toutes ses forces. Au bout de quarante jours, l’armée campa au pied d’une montagne de glace, aucun passage n’apparaissait…

 

Mais un jour à l’aube, une lueur plus brillante que le soleil pénétra dans sa tente et de cette lueur sorti un grand loup gris, à la crinière et aux poils azurés.

 

- Je viens te monter la voie, et je marcherai devant ton armée.

 

Le loup les guidait dans les passages difficiles. Au bout de quelques jours le grand loup s’arrêta, sur les bords du fleuve Idil. C’est là que se livra la bataille la plus terrible. Oghouz remporta la victoire et s’empara du royaume de son ennemi.

 

Il continua à conquérir des contrées toujours guidé par le loup gris.

 

Oghouz était devenu vieux. Il avait pour ministre et confident un vieillard fort expérimenté du nom d’Oulou Turuk. Une nuit cet homme vit en rêve un arc d’or et trois flèches d’argent L’arc couvrait la terre de l’Orient à l’Occident et les flèches s’étendaient vers les pays du Nord. Il raconta son rêve à Oghouz  et lui dit :

 

- O grand roi, le dieu du ciel m’a révélé la vérité dans ce songe. Il veut que tu partages tes immenses domaines entre tous tes enfants, afin que la race turque règne sans conteste sur toute la surface de la terre.

 

Oghouz approuva ces paroles et fit appeler ses enfants.

 

- Je voudrais pourvoir encore chasser, mais je suis devenu vieux et je suis affaibli par l’âge. Allez chasser pour moi et vous me rapporterez votre butin. Vous trois, dit-il à Jour, Lune et Etoile, allez du côté de l’Est. Que Ciel, Montagne et Mer aillent vers l’Ouest.

 

Les enfants partirent. Vers le soir les trois grands frères réapparurent. Ils avaient trouvé un arc d’or qu’ils apportaient à leur père.

 

Peu après rentrèrent les trois frères cadets qui avaient beaucoup chassé et avaient trouvé sur le chemin trois flèches d’argent.

 

Puis Oghouz réunit tout son peuple en une immense assemblée.

 

Sur la grande place du camp il fit planter à droite et à gauche deux mâts de quarante coudées de haut. Au sommet de l’un était fixée une poule d’or, et à son pied était lié un mouton blanc. Au sommet de l’autre était fixée une poule d’argent et à son pied attaché un mouton noir. Les frères aînés se groupèrent autour du premier et les plus jeunes autour du second.

 

 

Oghouz fit diviser le peuple en deux parties qui se groupèrent autour des deux mâtes et jurèrent fidélité à leurs nouveaux chefs. Les festins et les réjouissances qui suivirent durèrent quarante jours et quarante nuits.

 

Oghouz sentant la fin prochaine, partagea son empire entre ses enfants et leur dit ces simples mots :

 

- Mes enfants, j’ai beaucoup combattu, j’ai tiré beaucoup de flèches et bien souvent bandé mon arc. J’ai fait du mal à mes ennemis et du bien à mes amis. J’ai toujours rendu au dieu du ciel ce que je lui devais. Je vous laisse maintenant la terre turque. Protégez-la et défendez-la comme je l’ai fait.

 

Et le vieux roi, penchant la tête sur son épaule s’endormit du dernier sommeil.

 

 


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Rédigé par orange8454

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