hodja

Publié le 13 Septembre 2012

31 - Nasredd in et le cocher

Djeha-Hodja Nasreddin  rentre chez lui, contrarié par une mauvaise journée. Et pour une bagatelle, le voilà qui se dispute avec sa femme :
- J'en ai assez, je m'en vais, je quitte la maison !
Affolée et désemparée, sa femme lui court après en demandant :
- Où vas-tu ? Dis-moi au moins où tu vas aller...
Djeha-Hodja Nasreddin claque la porte, sans répondre et s'en va. Une fois dehors, il arrête une calèche qui arrivait et s'installe sans rien dire.
- Bonjour, Djeha-Hodja Nasreddien, où veux-tu aller, lui demanda le cocher
- Comment ça, où je veux aller. Je ne l'ai même pas dit à ma femme et tu veux que je te le dise à toi !
 

32 - La grasse matinée

Djeha-Hodja Nasreddin et sa femme paressaient au lit et aucun d'eux n'avait envie de se lever.
- Kalima, dit Djeha-Hodja Nasreddin, va voir dehors s'il pleut encore.
- Non, le temps est sec, sinon tu entendrais le bruit de la pluie sur le toit.
- Alors, lève-toi pour mettre une bûche dans le feu.
- Tu ne vois pas d'ici qu'il reste encore des braises dans la cheminée ?
- Je vois que tu n'as aucune envie de te lever. Puisque tu as réussi à faire deux tâches sans sortir du lit, dis-moi comment tu comptes t'acquitter de la troisième ?
- Laquelle ?
Interrogea Kalima
- Traire la chèvre qui se trouve dans la cabane, au bout du jardin.

 

 

33 - Le potage de la belle-mère

En voyant sa femme pleurer sans aucune raison, Djeha-Hodja Nasreddin lui demanda
- Que t'est-il arrivé ?
Sa femme, séchant ses larmes, lui répondit :
- Je me suis souvenu de ma pauvre mère. Elle aimait tellement ce potage. C'est elle qui m'a appris à le faire.
Djeha-Hodja Nasreddin connaissait sa belle-mère et avait beaucoup de respect pour elle. Donc il n'a rien dit. Il a pris une cuillerée de potage et l'a avalée. Ses yeux se sont alors remplis de larmes.
- Qu'est-ce qui se passe ? Lui dit sa femme. Pourquoi pleures-tu ainsi ?
- Je pleure, dit Djeha-Hodja Nasreddin, parce que c'est toi qui aurais du être morte au lieu de ta pauvre mère.

 

 

34 -  La femme de Djeha-Hodja Nasreddin
La femme de Djeha-Hodja Nasreddin n'était facile à vivre. Elle le harcelait constamment et Djeha-Hodja Nasreddin en avait plus qu'assez. Durant un de ses sermons, il parla des épouses acariâtres et il put vider son cœur à souhait. Quand il eut fini, il se sentit mieux et demanda aux hommes de l'assistance qui avaient des femmes acrimonieuses de se lever. Tous se levèrent, ce dont il fut surpris. Un de ses amis lui dit :
- Djeha, tu es le seul à ne pas te lever ! Tu dois donc être très heureux avec ta femme !
- Oh non ! Répondit Djeha-Hodja Nasreddin. J'allais me lever avant quiconque quand j'en ai été empêché. J'ai été tellement déconcerté par le nombre de personnes concernées que mes jambes se sont mises à trembler, à tel point que je ne pouvais même plus bouger.

 

 

35 - Qui a raison ?
Une grande controverse avait divisé le village en deux. On en appela à Djeha-Hodja Nasreddin pour résoudre le problème. Sa femme l'avertit que cela pourrait se retourner contre lui. Conscient de ses responsabilités, Djeha-Hodja Nasreddin ne pouvait se dérober. Il alla à la place du marché et fit face aux villageois réunis en deux clans opposés. Le leader et quelques voix du premier groupe lui crièrent de s'assurer qu'il avait bien compris leur point de vue. Après les avoir écoutés, il leur dit :
- Vous avez raison.
Les partisans du second groupe le menacèrent de leur poing pour le convaincre de la validité de leur point de vue. Il les écouta et leur dit :
- Vous avez raison aussi.
Sa femme le tira par la manche et lui souffla qu'ils ne pouvaient pas avoir raison tous les deux.
- Tu as raison toi aussi, lui répondit-il.

 

36 - Si Dieu veut (in chaa Allah
Djeha-Hodja Nasreddin était déterminé à être plus entreprenant. Un jour, il dit à sa femme qu'il allait labourer son champ près de la rivière et qu'il serait de retour pour le dîner. Elle l'exhorta à dire "In chaa Allah" (si Dieu veut). Il lui répondit que c'était son intention, que Dieu veuille ou ne veuille pas. Horrifiée, sa femme leva les yeux au ciel et, prenant Allah à témoin, lui demanda de lui pardonner pour ce parjure. Djeha-Hodja Nasreddin prit sa charrue, y attela ses bœufs et, enfourchant son âne, s'en alla vers le champ. Cependant, suite à une soudaine et brève averse, la rivière déborda. Son âne fut emporté par le courant et, embourbé, un des bœufs eut une patte brisée. Djeha-Hodja Nasreddin dut le remplacer lui-même. Il avait fini la moitié du champ seulement quand le soir tomba. Il rentra chez lui, exténué. Il dut attendre longtemps dans l'obscurité que le niveau de la rivière baisse, pour pouvoir traverser. Il arriva vers minuit, trempé mais plus sage. Il frappa à sa porte.
Qui est là ? Demanda sa femme.
- Je pense que c'est moi, si Dieu veut.

 

37 - La gestation de sept jours
La première femme de Djeha-Hodja Nasreddin étant morte récemment, il décida de se remarier. Exactement sept jours après le mariage, sa femme donna naissance à un bébé. Hodja courut au marché, acheta du papier, des crayons, des livres et revint mettre ces objets à côté du nouveau-né. Etonnée, sa femme lui demanda :
-  Mais Effendi, le bébé n'aura aucune utilisation de ces objets pour un certain temps encore! Pourquoi cette précipitation ?
- Détrompez-vous ma chère,
répondit Djeha. Un bébé qui arrive en sept jours au lieu de neuf mois, est sûr d’avoir besoin de ces choses d’ici à deux semaines au maximum.

 

38 - Le visage revêche
Un soir, Djeha-Hodja Nasreddin rentre chez lui, fatigué, cherchant un réconfort, mais ne trouvant, pour l’accueillir, que la mine renfrognée de sa femme.
- Qu'est-ce qui ne va pas encore ? Se plaignit Hodja. C’est là toute ma récompense après une dure journée de labeur?
- Oh!
Dit sa femme, le petit garçon de notre voisin est mort. Je suis allé participer à la prière et je viens juste d’en revenir.
- Je me souviens,
répliqua Hodja, Tu as le même visage revêche que quand tu reviens d’un mariage.

 

39 - L'âge de sa femme ?
Djeha-Hodja Nasreddin est allé chez le cadi pour divorcer. Ce dernier lui a demandé le nom de sa  femme.
- Je ne sais pas, a t-il répondu
- Depuis combien d’années êtes-vous mariés?
- Depuis plus de vingt ans
- Comment se fait-il que tu ignores le nom de ta femme?
- Je n'ai jamais pensé que le mariage durerait, donc je n'ai pas fait l'effort d'apprendre le nom de la jeune mariée
. 

 

40 - Tout le monde est là !
Allant chercher des œufs au marché, Djeha-Hodja Nasreddin en ramena un.
- Comment, lui dit sa femme, que veux-tu que je fasse d'un seul œuf ! Il m'en faut une demi-douzaine ! Pourquoi fais-tu toujours les choses au compte gouttes !
Il retourna au marché et ramena cinq autres œufs. Mais, quelque temps après, sa femme tomba malade et était mal en point.
- Va vite me chercher un médecin, lui dit-elle, qu'il fit illico. Il arriva avec plusieurs personnes et dit à sa femme :
- Cette fois, tu n'auras pas de reproches à me faire car j'ai suivi ton conseil et je t'ai ramené la demie douzaine : avec le médecin, voici le pharmacien, le commerçant du bazar qui t'a apporté une bouillante pour te tenir chaud, le marchand de bois pour nous permettre de faire un bon feu dans la cheminée, l'imam qui va prier pour ta guérison et, il y a même le croque-mort, on ne sait jamais !


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

21 - La lettre

Un habitant du village a reçu une lettre, mais comme il ne sait pas lire, il demande à Nasreddin Hodja de la lire à sa place. Nasreddin doit lui avouer qu'il ne sait pas lire non plus, mais l'homme ne veut pas croire que quelqu'un de si bien habillé, avec un si beau turban, ne sache pas lire. Nasreddin s'énerve, ôte son turban et le plante sur le crâne de l'homme en lui disant que si c'est l'habit qui fait tout, alors maintenant il peut lire sa lettre lui-même !


22 - Se lever tôt

Un jour, un ami de Nasreddin Hodja essaya de le persuader que le monde appartenait à ceux qui se levaient tôt. Et pour le convaincre, il lui raconta comment, le matin même, il avait trouvé une pièce d'or sur la route.

- Tu vois, lui dit-il, si je n'avais pas été celui qui s'était levé le plus tôt, c'est quelqu'un d'autre qui aurait profité de l'aubaine !

- Mais enfin, répondit Nasreddin, ne comprends-tu pas que cette pièce a été perdue par quelqu'un qui s'est levé encore plus tôt que toi ?

La menace

Un jour, l'âne de Nasreddin Hodja fut dérobé. On vit alors notre homme se planter au beau milieu de la place du village en déclarant que si on ne lui rendait pas la bête, il serait obligé de faire ce que son père avait fait dans la même situation !

Les villageois commencèrent à discuter entre eux, mais personne ne se souvenait de ce qu'avait fait le père de Nasreddin quand on lui avait volé son âne. Craignant le pire, ils se mirent tous à la recherche de l'âne, et trois jours plus tard on retrouva les voleurs et on put rendre son âne à Nasreddin. Il y eut quand même un homme, plus courageux ou plus curieux que les autres, pour lui demander quelle avait été la réaction de son père.

- Eh bien c'est pourtant simple, répondit Nasreddin. Il en avait simplement acheté un autre !

 

23 - Le bruit et l'odeur

Un jour, un pauvre qui n'avait qu'un morceau de pain à manger le passa au-dessus d'une viande en train de cuire pour en capter le fumet. Le marchand qui faisait cuire la viande réclama un dinar au mendiant comme prix de l'odeur, mais celui-ci refusa. Les deux hommes allèrent voir Nasreddin Hodja pour les départager.

Nasreddin écouta attentivement les arguments, puis il sortit une pièce de un dinar de sa poche et la laissa tomber.

- Marchand, dit-il, as-tu entendu le bruit de cette pièce tombant à terre ?

- Oui, bien sûr.

- Eh bien considère que ce bruit de cette pièce est le paiement de l'odeur de ta viande.

La parole donnée

Un jour, le voisin de Nasreddin Hodja lui demanda de lui prêter son âne. Nasreddin répondit que la bête n'était pas là parce qu'il l'avait déjà prêtée à quelqu'un d'autre, mais à cet instant précis on entendit l'âne braire dans l'écurie.

- Tu te moques de moi, dit le voisin, ton âne est là : je l'entends !

- Très cher voisin, tu me déçois... Tu crois donc la parole de mon âne plus que la mienne ?

 

24 - La chute

Un jour, le voisin de Nasreddin Hodja se précipita chez lui en demandant quel était ce terrible bruit qu'il venait d'entendre.

- Ce n'est pas grave, dit Nasreddin, c'est juste ma femme qui a jeté ma tunique dans l'escalier.

- Et ça a fait un bruit pareil ?

- Oui... J'étais dedans.

 

25 - Nourrir son manteau

Un jour, Nasreddin Hodja fut convié à une grande réception. Mais pendant la fête personne ne fit attention à lui, c'est à peine si on lui adressa la parole. Vexé, Nasreddin rentra chez lui et revint à la fête vêtu de son plus beau manteau. Et là, comme par miracle, il devint une des attractions de la soirée.

Quand vint le moment de se mettre à table, les convives eurent la surprise de voir Nasreddin qui trempait la manche de son manteau dans la soupe.

- Mais pourquoi fais-tu cela ? lui demandèrent-ils ?

- C'est pourtant simple : puisque c'est mon manteau que vous avez si bien accueilli, il est normal que ce soit lui qui mange !

 
26 - Masmar Jha

Ayant des besoins d’argent, Djeha-Hodja Nasreddin se décida à vendre sa maison. Mais il passa un accord avec l’acheteur, à qui il dit :
- Je te vends tout, sauf ce clou.
L’acheteur accepta. Le lendemain de la vente, Djeha-Hodja Nasreddin revient dans son ancienne maison et dit à l’acheteur :
- Je dois accrocher quelque chose à mon clou, et il y accroche un sarouel sale. L’acheteur n’est pas content mais il ne dit rien. Le jour d’après, Djeha-Hodja Nasreddin vint déposer une carcasse de mouton. Face aux protestations de l'acheteur, Djeha-Hodja Nasreddin répond :
- C’est mon clou. Je peux y mettre ce que je veux.
Et il en fut ainsi tous les jours. La maison était devenue une vraie puanteur. Excédé, l’acheteur dit à Djeha-Hodja Nasreddin :
- Il nous faut trouver une solution, je n’en peux plus.
Ce à quoi Djeha-Hodja Nasreddin répond :
- Si tu veux, je te rachète la maison à moitié prix.
Et c’est ainsi que Djeha-Hodja Nasreddin récupéra sa maison.


27 - La guerre

Un jour, on déclara la guerre. Tous les hommes furent mobilisés, même Nasreddin, le fou-sage. Tandis qu'ils marchaient vers la frontière, l'un des soldats lui dit :
- Mais tu es complètement fou ! Comment peux-tu aller à la guerre avec un arc sans flèches ?
- C'est simple, répondit Nasreddin. Les ennemis vont tirer des flèches, moi je les ramasserais et je les tirerais sur les ennemis.
- Mais malheureux, si les ennemis ne tirent pas de flèches ?
- Ce sera encore plus simple, dit Nasreddin calmement : il n'y aura pas de guerre


28 - Le déménagement.

Nasreddin fut tiré de son sommeil, au milieu de la nuit, par un bruit étrange. Il ouvrit les yeux et vit un voleur en train de remplir son sac avec tout ce qu'il trouvait. Lorsqu'il eut fini de vider entièrement la maison, le voleur chargea l'énorme sac sur son dos et partit, ne laissa à Nasreddin que le mince matelas sur lequel il dormait.
Nasreddin se leva, plia son matelas, le mit sur son épaule et suivit le voleur.
Arrivé chez lui, ce dernier fut surpris de voir Nasreddin derrière son dos.
- Pourquoi me suis-tu ?
- J'ai cru que nous déménagions chez toi, lui répondit Nasreddin avant de récupérer le sac que le voleur avait laissé tomber d'étonnement.


29 - C'est jour de marché.

L'usurier est venu espérant bien que les villageois ne pourront pas lui rembourser leurs emprunts : il y aurait d'énormes agios d'ici peu et même saisie de leurs biens ....

Mais ce jour-là, beaucoup sont venus lui rembourser ce qu'ils lui avaient emprunté la semaine dernière, donc peu d'intérêts, adieu saisie !
L'usurier quitte le village en maugréant ; il est sur la petite route qui traverse les marais et il lance des coups de pied dans les cailloux.
Dans son élan, il glisse et se retrouve dans les marais. Il commence à s'enfoncer. Les passants qui étaient derrière lui tendent leur main :
- on va te sortir de là. Donne ta main !
- Non, dit il en croisant les bras sur sa poitrine.
- ne fais pas l'idiot, donne ta mais, regarde toi, tu t'enfonces !
- non, et il serre plus fort sas bras sur lui.
- Mais enfin, tu es enfoncé  jusqu'à la taille, allez donne ta main !
- non, non et non.

Un des villageois dit : allons chercher Nasreddin, lui saura quoi faire.
Nasreddin s'approche, regarde l'homme qui s'enfonce tout doucement et dit :

- mes amis, il faut employer les mots en fonction de celui à qui ils sont destinés.
Puis, regardant l'usurier, il lui dit en avançant sa main : "prends ma main".
L'usurier regarda Nasreddin, soupira d'aise et ... lui prit la main.

   

30 - Sagesse et malices de Nasreddin Hodja

 
 Un jour, un ami de Nasreddin Hodja essaya de le persuader que le monde appartenait à ceux qui se levaient tôt. Et pour le convaincre, il lui raconta comment, le matin même, il avait trouvé une pièce d'or sur la route.

- Tu vois, lui dit-il, si je n'avais pas été celui qui s'était levé le plus tôt, c'est quelqu'un d'autre qui aurait profité de l'aubaine !

- Mais enfin, répondit Nasreddin, ne comprends-tu pas que cette pièce a été perdue par quelqu'un qui s'est levé encore plus tôt que toi ?

 

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Nasreddin, est un idiot éclairé, un clown magnifique, raconté à travers d'innombrables histoires courtes et incisives qui circulent oralement à travers tout le monde arabo-musulman.

 

Toujours monté sur son âne, coiffé d’un grand turban et arborant une belle barbe blanche, Nasreddin Hoca est un personnage incontournable de la culture populaire turque.


Né en 1208 dans un petit bourg d'Anatolie, Nasreddin Hoca   a pu bénéficier d’une éducation religieuse grâce à son père, il devint d’ailleurs Imam dans un village turc. Nasreddin Hoca prêche la bonne parole, la bonne conduite à travers la franchise et la sagesse. Des centaines de livres et BD relatent ses aventures, ses remarques, ses drôleries qui traitent pourtant de sujets parfois sérieux voir graves : Le vol, l’alcool, le travail, les femmes...


A la fois social, malin, généreux et au cœur pur, Nasreddin Hoca   est un comique  qui, avec des mots simples, a su rendre ses réflexions imperméables au temps. Ainsi, chacun est amené à méditer sur les aléas de la vie, avec humour et justesse d’esprit.

 

Espiègle et rusé roulant son monde avec une candeur et un humour confondants, c'est cette personnalité ambivalente, insaisissable, fondamentalement humaine qui confère à Nasreddin son universalité et sa popularité.



1 - Le barbu

Un homme demande au barbu :
- Nasreddin, j'ai une lettre importante à envoyer à Istanbul. Tu sais bien que je n'ai pas été à l'école : Veux-tu me l'écrire ?
- Excuse-moi, répond  Nasreddin, j'ai mal aux pieds.
- Tu te sers de tes pieds pour écrire ?
- Non, avec les pieds je marche, mais j'écris tellement mal qu'il faut que j'aille moi-même auprès du dest inataire pour lui lire ma lettre.

 


2 - La raison du plus fort

 
Un jour, Nasreddin Hodja eut besoin de traverser la Mer de Marmara. Il prit donc le bateau, mais juste au milieu de la traversée, une grande tempête se leva et le bateau commença à couler. Tous les passagers et les membres d'équipage se mirent à écoper pour essayer de maintenir le bateau à flots. Cependant, parmi la foule, il se trouva un homme qui, à la consternation générale, prenait l'eau dans la mer pour la jeter dans le bateau : l'inévitable Nasreddin Hodja. Le capitaine se précipita vers lui en l'injuriant, en l'accusant de vouloir tous les tuer, mais Nasreddin ne se départit pas de son calme. Il expliqua au capitaine qu'il se contentait de suivre le conseil que sa mère lui répétait tout le temps : toujours se mettre du côté du plus fort...



3 - La fin du monde      

Un jour, quelqu'un vint voir le très sage Nasreddin Hodja pour lui demander s'il connaissait la date de la fin du monde.

- De quelle fin du monde parles-tu ? répondit-il à l'homme. La grande ou la petite ? Si c'est de la petite dont tu parles, c'est quand ma femme mourra. Si tu parles de la grande, elle se produira quand c'est moi qui rendrait l'âme.


4 - Les perles bleues

Un jour, Nasreddin Hodja acheta deux perles bleues à un marchand. Le soir, il en donna une à sa première épouse en lui conseillant de ne surtout pas parler de ce cadeau à sa deuxième femme. Et le lendemain, il donna la perle restante à cette deuxième épouse en lui recommandant de ne rien en dire à la première. Quelques jours plus tard, après une dispute qui avait éclaté entre les deux femmes, elles vinrent voir leur époux et lui demandèrent laquelle il préférait. Avec un large sourire, il répondit que sa préférée était celle qui possédait la perle bleue...


5 - L'accouchement à la chandelle

Une nuit, la femme de Nasreddin Hodja a accouché dans son lit, à la lueur de la chandelle. L'enfant tant attendu est sorti du ventre de sa mère, mais il a bientôt été suivi par un second, puis un troisième s'est présenté à son tour. Voyant cela, Nasreddin s'est précipité pour souffler la chandelle.

- Pourquoi fais-tu cela ? demanda sa femme.

- C'est pourtant évident, répondit Nasreddin, il faut croire que la lumière attire les enfants : si je n'éteins pas la chandelle, combien en aurons-nous ?


6 - Le don de la nature

Un jour de pluie, Nasreddin Hodja vit par sa fenêtre un homme qui courait pour rentrer chez lui avant d'être trempé.

- Pourquoi cours-tu ainsi ? lui demanda Nasreddin. Tu n'as pas honte de fuir ainsi ce merveilleux don de la nature ?

Tout penaud, l'homme s'arrêta de courir et rentra chez lui trempé jusqu'aux os. Mais le lendemain, alors qu'il continuait à pleuvoir, c'est ce même homme qui vit de sa fenêtre le fameux Nasreddin Hodja courir pour échapper à l'averse.

- Nasreddin, n'as-tu pas honte de fuir ainsi ce merveilleux don de la nature ?

- Mais pas du tout, répondit Nasreddin sans s'arrêter. Si je cours, c'est au contraire pour éviter de le piétiner.


7 - Le pourboire

Un jour, en sortant des bains, Nasreddin Hodja distribua un pourboire royal alors qu'il avait été traité comme un moins que rien : serviette sale, petit bout de savon, pas de massage et même pas de thé. Le lendemain, quand il revint, ceux qui avaient profité de ses largesses de la veille le traitèrent comme s'il était le sultan en personne. Mais cette fois, en sortant, il ne donna à ces employés que quelques piécettes.

Voyant leurs mines déconfites, Nasreddin leur expliqua que le pourboire d'aujourd'hui correspondait à leur travail de la veille, et le pourboire de la veille à leur travail d'aujourd'hui...


8 - Nourrir son manteau

Un jour, Nasreddin Hodja fit convié à une grande réception. Mais pendant la fête personne ne fit attention à lui, c'est à peine si on lui adressa la parole. Vexé, Nasreddin rentra chez lui et revint à la fête vêtu de son plus beau manteau. Et là, comme par miracle, il devint une des attractions de la soirée.

Quand vint le moment de se mettre à table, les convives eurent la surprise de voir Nasreddin qui trempait la manche de son manteau dans la soupe.

- Mais pourquoi fais-tu cela ? lui demandèrent-ils ?

- C'est pourtant simple : puisque c'est mon manteau que vous avez si bien accueilli, il est normal que ce soit lui qui mange !


9 - Le problème de la Création

Un jour, Nasreddin Hodja se demandait si la Création avait été vraiment bien faite... Il faut dire que devant lui, il voyait cet immense chêne qui portait de si petits fruits, alors que le petit plant de courge, à ses pieds, en supportait de si gros. Il s'assit sous le chêne pur réfléchir à cette inquiétante question, mais quand un gland lui tomba sur la tête, il comprit que la Création avait été vraiment bien faite...


10 - La marmite

Un jour, Nasreddin Hodja demanda à son voisin de lui prêter une marmite. Bien qu'un peu méfiant, le voisin accéda à sa demande. Et à sa grande surprise, Nasreddin lui rendit sa marmite dès le lendemain, avec en plus une autre petite marmite posée à l'intérieur de la première.

- Mais quelle est donc cette seconde marmite ? demanda le voisin.

- Eh bien durant la nuit, il se trouve que ta marmite a accouché ! Comme il me semble logique que son enfant t'appartienne aussi, je te l'amène.

L'homme, se disant que pour une fois la folie de Nasreddin tournait en sa faveur, ne répondit rien et prit les deux marmites. Et lorsque, quelques jours plus tard, Nasreddin revint frapper à sa porte pour lui demander le même service, il s'empressa de lui fournir sa plus belle marmite en espérant avoir encore une bonne surprise. Mais là, au contraire, il attendit des jours et des jours sans voir revenir son fameux voisin. N'y tenant plus, il se rendit chez Nasreddin pour réclamer des explications.

- Ah c'est terrible, dit Nasreddin d'un air contrit, il faut que je te l'avoue : ta marmite est morte.

- Mais que me dis-tu ? Une marmite ne peut pas mourir !

- Enfin voyons, tu étais prêt à croire qu'une marmite pouvait accoucher, aujourd'hui tu devrais bien croire qu'elle peut mourir.

Le voisin ne trouva rien à répondre, rentra chez lui, et Nasreddin garda la belle marmite.


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

56 - Le pouvoir de divination de Djeha-Hodja Nasreddin
Un jour qu'il se rendait au palais de Tamerlan, Djeha-Hodja Nasreddin vit son garde-chiourme bastonner un innocent.
- Tu ne l'emporteras pas au paradis, lui dit Djeha-Hodja Nasreddin, d'autant plus qu'en consultant le marc de café à ton sujet, j'y ai vu ta mort prochaine.
Il advint que, deux jours plus tard, le bourreau fut renversé par une calèche qui roulait à vive allure dans les rues du village. Il en mourut.
Mis au courant du présage de Djeha-Hodja Nasreddin, Tamerlan, affecté par cette mort, décida de le mettre à mort. Encadré par deux gardes tenant levé un grand sabre tranchant, il fut présenté au souverain qui lui dit :
- Puisque tu as de grands pouvoirs de divination, tu as dû prévoir le jour de ta propre mort.
- Ce sera pour aujourd'hui, répondit Djeha-Hodja Nasreddin qui ajouta : j'ai aussi vu dans le marc que votre mort est prévue le lendemain de la mienne.
Et c'est ainsi que, mécontent mais prudent, Tamerlan demanda aux gardes de baisser leur sabre et laissa la vie sauve à Djeha-Hodja Nasreddin.

 

57 - L'éléphante dévastatrice
Tamerlan amena un éléphant à Ak shehir et le lâcha dans le village, où il se mit à saccager fermes, vignobles et vergers. Bien pire, il obligea la population à le nourrir. C'était devenu une véritable calamité. Les gens en eurent assez et ils appelèrent Djeha-Hodja Nasreddin pour qu'il puisse intervenir auprès de Tamerlan, à propos de cet éléphant dévastateur.
- Demain, dit Djeha-Hodja Nasreddin, je veux dix à quinze personnes pour m'accompagner.
Le jour suivant, Djeha-Hodja Nasreddin se mit à la tête du groupe. Quand ils arrivèrent près de la tente de Tamerlan, il s'est retourné et a vu qu'il était seul. Tous les autres s'étaient enfuis, effrayés à l'idée d'affronter Tamerlan.
- Je vous montrerai, se dit Djeha-Hodja Nasreddin, et il entra dans la tente pour parler à Tamerlan.
- Excellence, dit-il, nous les gens d'Ak Shehir, nous aimons l'éléphant que vous avez amené dans notre village, mais nous sommes tristes pour lui, car il est seul. Au nom de la population, je suis venu vous demander de lui trouver une femelle pour lui tenir compagnie.
Tamerlan fut satisfait de ce qu'il venait d'entendre et dit :
- Tu salueras la population de ma part et tu leur diras que je répondrai à leurs désirs assez rapidement.
De retour au village, les gens lui demandèrent le résultat de l'entrevue avec Tamerlan.
- Soyez rassurés, leur dit-il, la femelle "dévastatrice" sera ici bientôt, elle aussi. Vous venez de récolter ce que vous avez semé.

 

58 - Le supplice de l'éléphant
Devant tant d'insolence, Tamerlan se décida un jour de se débarrasser de Djeha-Hodja Nasreddin. Il le condamna à mort, plus précisément à être piétiné par son éléphant favori.
- Bonne idée, lui dit Hodja, mais c'est là un supplice dangereux !
- Imbécile ! C'est là mon but !
- C'est un supplice dangereux mais pour l'éléphant ! Avec le régime que tu imposes à tes serviteurs, je n'ai plus que la peau et les os et je crains qu'un bout d'os ne s'enfonce dans le pied de l'éléphant. Pourquoi veux-tu le faire souffrir ! Par contre, tu pourais, sans danger, faire piétiner ton comptable qui est bien gras !

 

59 - Savoir ou ne pas savoir
Un jour, Djeha-Hodja Nasreddin décida de voyager pour parfaire son savoir. Quand un jeune homme lui demanda quels gens il allait chercher à rencontrer, il dit, se rappelant quelques sages paroles entendues au marché :
- Celui qui ne sait pas et ne sait pas qu'il ne sait pas, il est stupide. Il faut l'éviter.
- Celui qui ne sait pas et sait qu'il ne sait pas, c'est un enfant. Il faut lui apprendre.
- Celui qui sait et ne sait pas qu'il sait, il est endormi. Il faut le réveiller.
- Celui qui sait et sait qu'il sait, c'est un sage. Il faut le suivre.

Djeha-Hodja Nasreddin a fait une pause et a continué :
- Mais, vous savez combien il est difficile, mon fils, d'être certain que celui qui sait et sait qu'il sait, sait vraiment.

 

60 - Les bons et les mauvais
Un jour, un élève de Djeha-Hodja Nasreddin lui dit :
- Djeha-Hodja Nasreddin, chacun s'accorde à dire que vous êtes bon. Cela veut-il dire que vous êtes réellement bon ?
Djeha-Hodja Nasreddin répondit qu'il n'en était pas nécessairement ainsi. Le garçon demanda alors si le fait que chacun dise que Djeha-Hodja Nasreddin était mauvais signifiait qu'il était réellement mauvais. Djeha-Hodja Nasreddin répondit négativement. Le garçon demanda à Djeha-Hodja Nasreddin de s'expliquer.
- Si des gens bons disent que je suis bon, alors je le suis vraiment et si des gens mauvais disent que je suis mauvais, alors je suis bon
Il fit une pause, le temps de lisser sa barbe et continua :
- Mais vous savez combien il est difficile de dire quels sont les gens qui sont bons et quels sont ceux qui sont mauvais.


 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #djeha, #elephant, #hodja, #nasreddin, #tamerlan

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Publié le 13 Septembre 2012

51 - Djeha-Hodja Nasreddin et le chinois
Djeha-Hodja Nasreddin prétend qu'il a fait jadis un voyage en Chine et que, là-bas, il a appris le chinois. Quelqu'un, qui doit s'y rendre prochainement pour affaires, lui demanda de lui enseigner quelques mots courants.
- Par exemple, dit-il, comment dit-on "éléphant" ?
- Pourquoi choisir un mot qui ne te servira à rien ? Ils n'ont pas d'éléphants.
- Alors, comment dire "moustique" ?
- "éléphant", "moustique", tu as le sens de la démesure ! L'animal que tu choisis est soit trop grand, soit trop petit. Là-bas, on n'aime pas beaucoup les gens qui n'ont pas le sens de la mesure. Tu ne pourrais pas choisir un animal de taille
raisonnable ?
- Alors, si je veux acheter un veau, comment dire ?

- Quand j'ai quitté la Chine, les veaux venaient juste de naître. Ils n'ont pas eu le temps de leur donner un nom

 

52 - Le voyageur rusé et le mur
Un voyageur, de passage au village,  demanda à un homme, adossé à un mur, s'il connaissait bien Djeha-Hodja Nasreddin ?
- Je voudrais le rencontrer, dit-il, car on prétend qu'il est rusé. Étant donné que je prétends être plus rusé, je voudrais me mesurer à lui.
L'homme lui répond :
- Peux-tu maintenir ce mur avec ton dos ? Ici, les  hommes du village se relaient  pour éviter qu'il ne tombe. Pendant ce temps, je vais aller chercher Djeha-Hodja Nasreddin et je reviens prendre ma place.
L'homme s'exécuta aussitôt. Au bout de quelques heures, des hommes du village qui se demandaient ce qu'il faisait, l'abordent. Il leur expliqua ce qui s'est passé. Ils lui répondirent :
- Pauvre idiot, tu as eu affaire à Djeha-Hodja Nasreddin lui-même ! ! !

 

53 - Simple idiot et Super idiot
Un jour, Djeha-Hodja Nasreddin alla au moulin pour faire moudre son blé. En attendant son tour, il s'est mis à prendre des poignées de grains d'autres sacs pour les mettre dans le sien. Le meunier remarqua le manège et se mit à crier après Djeha-Hodja Nasreddin :
- Qu'est-ce que vous êtes en train de faire ?
- Je suis un idiot et je fais ce qui me vient à l'esprit, répondit Djeha-Hodja Nasreddin.
- Vraiment, rétorqua le meunier. Alors   pourquoi ne prenez-vous pas du blé de votre propre sac pour le mettre dans les autres.
- Voyez-vous, dit Djeha-Hodja Nasreddin calmement, je ne suis qu'un simple idiot. Si je faisais cela, je serais un super idiot

 

54 - Avare ou généreux
Une riche personnalité du village donnait un grand banquet et Djeha-Hodja Nasreddin n'y avait pas été invité. Il se présenta néanmoins au dîner, alla trouver l'hôte et lui dit :
- Je suis juste venu te dire que certains, au village, racontent qu'il n'y a pas plus avare que toi.
- Moi avare ! Si je l'étais, est-ce que je donnerais ce banquet ?
- Me voilà rassuré, dit Djeha-Hodja Nasreddin, les gens qui parlent ainsi ne sont que des mauvaises langues, jaloux de ta prospérité. Quant à moi, je n'ai jamais douté de ta générosité.

Et il alla tranquillement s'asseoir à une des tables.

 

55 - Le chameau fabuleux
Un jour Tamerlan, en bavardant avec Djeha-Hodja Nasreddin, parlait de façon étrange, exagérant tellement que, dans ses propos, une puce est devenue un chameau. Djeha-Hodja Nasreddin était très ennuyé. Finalement, il a exagéré plus que lui, qu'il a fait d'un chameau un animal énorme et fabuleux :
- En vérité, j'ai eu beaucoup de chameaux auparavant. Mais je n'avais jamais vu un chameau tel que celui j'ai actuellement. Si je lui dis "marche", il le fait. Si je lui dis "vole", il le fait. Malheureusement, il ne peut ni lire ni écrire, comme mon fils !
Tamerlan était ébahi. Il lui dit :
- Djeha-Hodja Nasreddin, s'il te plaît, laisse-moi voir cette étrange créature !
Djeha-Hodja Nasreddin demeura imperturbable et répondit :
- Majesté, ces jours-ci, je lui enseigne les premiers rudiments de la prière. Si Dieu le veut, quand je reviendrai l'an prochain, il se mettra à genoux devant vous !
Tamerlan attendit le jour convenu avec impatience. Comme ce jour est arrivé, Djeha-Hodja Nasreddin dit :
-Seigneur, que vous dire ! Une fois qu'il a commencé à lire le Coran, cela lui tellement plu qu'il à insisté pour le mémoriser dans sa totalité. L'année prochaine, s'il plaît à Dieu, quand il saura le Coran par cœur, vous apprécierez sa voix mélodieuse !
Tandis que Tamerlan attendait avec anxiété l'année suivante, la femme de Djeha-Hodja Nasreddin et ses amis s'inquiétèrent pour sa vie
- Djeha-Hodja Nasreddin, tu es en train de jouer un jeu dangereux. Tamerlan, ne croira pas éternellement à ton mensonge. Il est temps d'arrêter !
Ce à quoi Djeha-Hodja Nasreddin répondit :
- Attendons, pourquoi paniquer ainsi ! Il reste encore beaucoup de temps jusqu'à l'année prochaine. Le chameau peut mourir ou Tamerlan peut mourir ou moi je peux mourir.

 

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Rédigé par orange8454

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