hodja

Publié le 13 Septembre 2012

71 - Les brioches du boulanger
Quand il arriva à Konia, Djeha-Hodja Nasreddin avait faim, mais il n'avait pas d'argent. Il s'arrêta devant une boulangerie et vit des brioches bien dorées dans la vitrine. Il entra et désignant les brioches, il dit au boulanger :
- Est-ce que tout ceci est à vous ?
- Bien sûr
, dit le vendeur.
- Êtes-vous bien sûr que tout ceci est à vous ? Insista Djeha-Hodja Nasreddin.
Mécontent et agacé, le vendeur confirma ses dires.
- Alors, si toutes ces brioches sont à vous, dit Djeha-Hodja Nasreddin, pourquoi ne les mangez-vous pas ? Qu'est-ce qui vous en empêche ?

 

72 - Pourquoi tant de bruit ?
Chaque fois que Djeha-Hodja Nasreddin décidait d'aller au lavoir, il pleuvait.
- J'ai trouvé la solution, dit-il. Nous n'allons pas faire connaître à Dieu quel jour nous devons nous rendre au lavoir.
- Comment ? Lui demanda sa femme
- Quand le temps s'annoncera bon, tu me feras un signe convenu et j'irai au bazar acheter du savon et d'autres ingrédients utiles. Nous ferons attention de ne rien dire l'un à l'autre.
Quelques jours plus tard, la femme de Djeha-Hodja Nasreddin lui signala qu'elle allait faire sa lessive. Quand il revint de la boutique où il avait acheté le nécessaire, il pleuvait. Il regarda le ciel. Soudain, il y a eu un éclair, suivi par un grondement de tonnerre. Il cacha ce qu'il avait acheté sous son burnous et dit :
- Il n'est pas nécessaire de faire tant de bruit. Nous n'allons pas faire de lessive aujourd'hui.

 

73 - Quand les ânes pondent des œufs 
Des plis de sa veste lâche, Kamil sortit quelque chose de grand, lisse, rond et jaune et l'a fièrement tendu à Djeha-Hodja Nasreddin et Kalima.
- Un œuf d'âne, annonça t-il. Tout que vous avez à faire est de vous asseoir sur cet œuf pendant trois semaines. Alors un bébé âne en sortira. Il grandira et dans quelques mois vous aurez un deuxième âne vigoureux pour porter vos charges et vous emmener tous les deux en voyage.
Djeha-Hodja Nasreddin et Kalima furent surpris par la bonté de Kamil. Auparavant, ils n'avaient jamais pensé à lui comme un très bon ami. En fait, ils avaient eu une querelle avec lui, juste la semaine dernière.
- Nous vous remercions sept fois pour ce merveilleux cadeau ! Lui dirent-ils.
Les trois semaines suivantes ont été longues pour Djeha-Hodja Nasreddin et Kalima. Tandis que Djeha-Hodja Nasreddin était assis sur l'œuf, fumant son narguilé ou somnolant, sa femme préparait les repas et nettoyait la maison. Quand Kalima était assise sur l'œuf, tout en filant sa laine, Djeha-Hodja Nasreddin coupait du bois, allait à la place du marché ou au café et discutait avec ses amis. Les voisins venaient de temps à autre pour leur parler.
- Laissez-nous voir l'œuf d'âne, Demandaient-ils. Nous n'en avons jamais vu.
- Oh non !
Répliquait Djeha-Hodja Nasreddin ou Kalima. Nous ne pouvons pas prendre le risque de le laisser se refroidir.
La première semaine passa, puis une deuxième, puis une troisième. Djeha-Hodja Nasreddin et sa femme surent que le temps était arrivé de voir leur bébé âne. Ils découvrirent l'œuf et le caressèrent. Il semblait plus doux. Sûrement il ne devrait pas tarder à éclore. Ils ont patiemment couvé l'œuf, à tour de rôle, pendant encore trois jours. L'œuf était plus doux mais aucun ânon n'en était sorti. Par contre, il dégageait une odeur particulière fort désagréable.
- Cet œuf est pourri, dit Djeha-Hodja Nasreddin. Nous ne pouvons jamais espérer avoir un ânon.
Déçu, il prit l'œuf pourri pour le jeter. Comme il marchait lentement dans la rue, l'œuf sous son bras, il s'est demandé pourquoi les gens prenaient un air si amusé.
- Les oeufs d'âne poussent sur des lianes de potiron ! Les oeufs d'âne poussent sur des lianes de potiron ! Chantaient les enfants.
Arrivant au-delà des murailles de la ville, en haut d'une colline, il lança le potiron qu'il prenait pour un œuf. Il dévala la pente entre les rochers et les buissons. Arrivé au bas de la pente, il frappa une pierre et s'ouvrit. Un lapin qui dormait  sous un arbre, effrayé par le potiron qui venait d'éclater, s'échappa et disparut. En voyant le lapin aux longues oreilles, Djeha-Hodja Nasreddin poussa un profond soupir.
- Voilà enfin le bébé âne ! L'œuf était prêt à éclore ! Nous aurions dû attendre encore un peu ! Maintenant, notre ânon est perdu pour toujours ! Puisse Allah nous aider !

 

74 - Un don pour un autre
Un jour d'été, Djeha-Hodja Nasreddin se rendit à la ville voisine. Marchant de longues heures, avec une chaleur torride, il se fatigua rapidement. S'asseyant au pied d'un arbre pour se reposer, il dit :
- Oh mon Dieu ! Je t'adresse une prière pour que tu donnes un âne à ton fidèle serviteur.
Quelque temps après, il vit un soldat à cheval, tenant en laisse un jeune poulain. Il s'approcha de Djeha-Hodja Nasreddin et lui ordonna :
- Ne reste pas assis ainsi à ne rien faire. Mon poulain est las de marcher. Prend-le sur ton dos jusqu'à l'entrée de la ville.
Djeha-Hodja Nasreddin a tenté de protester, expliquant qu'il était vieux et fatigué. Mais le soldat ne voulait rien entendre, allant même jusqu'à lui donner un coup de cravache. Arrivés à destination, Djeha-Hodja Nasreddin posa le poulain à terre et s'écroula. Après un temps, il se releva, leva ses bras au ciel et dit :
- Seigneur ! Ou je n'ai pas su m'exprimer clairement ou vous m'avez mal compris. J'ai demandé quelque chose à chevaucher mais vous m'avez envoyé quelque chose qui m'a chevauché.

 

75 - Une louchée pour mourir
Un jour, Djeha-Hodja Nasreddin et certains de ses amis furent invités à dîner. L'entrée consistait en une compote glacée. Leur malicieux hôte prit une louche et commença à ingurgiter la compote. Après chaque louchée, il s'exclamait :
- Je vais mourir ! Je vais mourir !
Djeha-Hodja Nasreddin et les autres invités utilisaient une toute petite cuillère et, de fait, ne purent ni apprécier le goût de la compote ni apaiser leur faim. Finalement, Djeha-Hodja Nasreddin perdit toute patience et interpella l'hôte :
- Pourquoi ne nous laisses-tu pas utiliser la louche afin que nous puissions, nous aussi, avoir une chance de mourir, au moins une fois.

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

91 - Un régime efficace pour l'obèse
Quand Djeha-Hodja Nasreddin exerçait la médecine, un homme obèse vint le trouver.
- Vois-tu Hodja effendi, je ne peux plus respirer, je marche avec difficulté avec ce ventre énorme. Hodja effendi, il faut me trouver un remède.
- Hélas pour toi, je ne peux rein, ta maladie n'a pas de remède efficace. Dans un mois, tu seras mort.
Rentrant chez lui désespéré et ne songeant plus qu'au repos de son âme, l'homme s'est tellement plongé dans la prière qu'il en oublia de s'alimenter. Au bout d'un mois, comme il ne se passait rien et qu'il était toujours vivant, il retourna voir Djeha-Hodja Nasreddin, en colère cette fois-ci :
- Espèce de charlatan, à cause de toi, je viens de vivre un mois d'angoisse que je ne suis pas prêt d'oublier et cela pour rien !
- Comment pour rien, regarde ton ventre, il a disparu. Et surtout pense à me payer le prix de la consultation.

 

92 - Le commerçant polyvalent
Djeha-Hodja Nasreddin entre dans un bazar où l'on vend de tout et demande au commerçant :
- Vends-tu des planches ?
- Oui, j'en vends.
- Vends-tu des clous ?
- Oui, j'en vends aussi
- As-tu des scies ?
- Oui, j'en ai.

- As-tu des rabots ?
- Oui, j'en ai aussi.
- Alors,
demanda Hodja, comment se fait-il qu'avec tout ça tu ne sois pas menuisier !

 

93 - L'écrivain public
Un homme illettré vint trouver Djeha-Hodja Nasreddin pour lui écrire une lettre. Une fois la lettre terminée, Hodja se mit à la relire à haute voix :
- Ma chère épouse. Commença Hodja, vite interrompu par l'homme.
- Ce n'est pas ça du tout, je t'ai dit d'écrire "cher frère …"
- …. Cher frère,
continua Hodja, ma chèvre Halouma est morte ce matin…, de nouveau interrompu.
- Enfin, Hodja effendi, il s'agit pas de ma femme Halouma qui, elle, se porte bien Dieu merci, mais de ma chèvre tout simplement.
- Mais c'est tellement mal écrit,
dit Djeha-Hodja Nasreddin, que j'arrive difficilement à la lire !
- Mais, c'est toi qui viens de l'écrire !
- Cela suffit comme ça,
s'impatienta Hodja, cette lettre ne m'est pas destinée et il est indécent de ma part de lire ce qu'elle contient !


94 - Djeha-Hodja Nasreddin et le savant
Djeha-Hodja Nasreddin avait un bac qu'il utilisait pour faire traverser la rivière aux gens. Un jour son passager était un savant décidé à tester le savoir de Djeha-Hodja Nasreddin et à lui donner une leçon.
- Dites-moi, Djeha-Hodja Nasreddin, comment orthographiez-vous le mot"magnificence" ?
- Je ne sais pas, dit Djeha-Hodja Nasreddin en continuant de ramer.
- Combien font deux tiers de neuf ?
- Aucune idée.
- comment calcule t-on la surface d'un triangle ?
- Pas la moindre idée.
- Vous n'avez donc pas appris tout cela à l'école ?
- Non !
- Dans ce cas, la moitié de votre vie est perdue.
À ce moment même, une terrible tempête est survenue et la barque a commencé à couler. Les deux hommes se retrouvèrent à l'eau, assez loin l'un de l'autre.
- Dites-moi, Monsieur le savant, dit Djeha-Hodja Nasreddin. Avez-vous appris à nager ?
- Non, jamais ! Dit lesavant qui se débattait pour ne pas se noyer.
- Dans ce cas, lui cria Djeha-Hodja Nasreddin, ce n'est pas la moitié, mais c'est votre vie entière qui est perdue

 

95 – La direction

On demanda à Djeha-Hodja Nasreddin pourquoi il y avait gens qui marchaient dans une direction et d'autres qui marchaient dans une autre.
- C'est simple, répondit Djeha-Hodja Nasreddin, si tout le monde marchait dans la même direction, la terre perdrait son équilibre et basculerait.


96- La chaussure

Pour sa prière, Djeha-Hodja Nasreddin faisait ses ablutions dans un petit torrent. Pendant le cérémonial, le courant emporta une de ses chaussures posées sur la rive, près de l eau. Fâché de cette perte, Djeha lâcha un vent sur l'eau et dit :
- Ruisseau, je te retourne tes ablutions, maintenant rends-moi ma chaussure !

 

97 – La lune
Quelqu'un, qui était curieux, demanda à Djeha-Hodja Nasreddin :
- Nasreddin effendi! Qu'advient-il de la pleine lune quand elle disparaît et est remplacée par la nouvelle lune ?
- Dieu la coupe en petits morceaux qu'il disperse dans le ciel. C'est ainsi que naissent les étoiles !

98 – L’oie

Un homme dit à Djeha-Hodja Nasreddin avoir vu un autre homme portant une oie rôtie.
- Cela ne me regarde pas, dit Djeha.
- Mais il allait chez toi, dit l'homme.
- Alors cela ne te regarde pas, répondit Djeha.

99 – Mal de tête

Un homme s'est plaint à Djeha-Hodja Nasreddin d'avoir d'atroces céphalées et lui demanda ce qu'il devait faire.
- Quelques jours auparavant, répondit Djeha-Hodja Nasreddin, j'ai eu un terrible mal de tête, je l'ai extirpé et maintenant je me sens bien.

Un invité de Djeha-Hodja Nasreddin venait de lâcher un «vent», mais il en cacha le bruit en frottant, en même temps, sa chaussure sur le plancher.
- Vous avez réussi à dissimuler le bruit en faisant grincer votre chaussure, dit Nasreddin. Malheureusement vous n'avez pas pu cacher.

 

100 - le plus précieux au monde
Un jour ses amis ont demandé à Nasreddin :
- Tu es un homme sage, Nasreddin Effendi. Peux-tu nous dire ce que tu considères comme le plus précieux au monde ?
- Je considère le conseil, comme
étant sans prix, dit Nasreddin.
Ses amis lui ont ensuite demandé :
- Et que considères-tu pour être sans valeur ?
- Je dirai que le conseil est la chose qui a le moins de valeur au monde.
- Eh bien, Nasreddin Effendi ! Objecta son auditoire. Comment une chose peut-elle être à la fois sans valeur et la plus précieuse ? Tu dois faire une erreur !
- Non, mes amis. Je sais de quoi je parle. Un conseil pris peut être précieux, mais il devient sans valeur quand il n'est pas le bienvenu !
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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

86 - Que croire et qui croire ?

Djeha-Hodja Nasreddin travaillait au bazar comme porteur occasionnel. Un jour, un marchand l'appela et lui demanda de l'accompagner chez lui pour porter une lourde caisse contenant un lot d'assiettes en porcelaine. Comme Djeha-Hodja Nasreddin demandait quel serait son salaire, le marchand lui dit :
- Écoute, j'ai tout dépensé et il ne me reste plus d'argent. Je te paierai à la fin de la semaine, quand j'aurai vendu ma récolte de dattes. En attendant, pour t'encourager, je te livrerai trois secrets, en cours de route.
Après un certain temps, Djeha-Hodja Nasreddin s'arrêta car il ressentait la fatigue. Il demanda alors à l'homme de lui dévoiler le premier secret.
- D'accord, dit ce dernier. Si quelqu'un te dit que cinq et cinq font neuf, surtout ne le crois pas.
Reposé, Djeha-Hodja Nasreddin reprit son chemin, mais il s'arrêta de nouveau et dit au marchand :
- Je ne ferai pas un pas de plus si tu ne me dis pas le deuxième secret.
- D'accord, dit l'homme, si quelqu'un te dit que le sable est un aliment très nourrissant, ne le crois pas.
Reprenant son chemin, il arriva exténué à destination, suivi par le marchand, qui lui dit :
- Voici le troisième secret : si quelqu'un te dit que je tiens toujours mes promesses, surtout ne le crois pas.
A ce moment, Djeha-Hodja Nasreddin lâcha la caisse, qui tomba avec un bruit retentissant. Il dit au marchand :
- En échange de tes trois secrets, je vais, à mon tour, t'en révéler un : si quelqu'un te dit que tes assiettes sont toutes cassées, surtout crois-le.

 

87 - Une question de lumière 
Un jour, un homme trouve Djeha-Hodja Nasreddin en pleine nuit, à quatre pattes, cherchant quelque chose dans le halo de lumière d'un lampadaire.
- As-tu égaré quelque chose ? Lui demande-t-il.
- Oui, j'ai perdu mes clés, répond Djeha-Hodja Nasreddin.
- Et où les as-tu laissées tomber ?
- Là-bas, dit Djeha-Hodja Nasreddin, en désignant un porche obscur.
- Mais alors pourquoi les cherches-tu ici, alors que tu les as perdues ailleurs ? C'est stupide !
- Pas tant que ça ! Répond Djeha-Hodja Nasreddin, je préfère les chercher là où il y a de la lumière !

 

88 - La vérité ou la mort
Un jour le roi décida de forcer tous ses sujets à dire la vérité. Un gibet fut érigé devant les portes de la ville. Un héraut annonça que quiconque entrerait dans la ville devait d'abord répondre à une question qui lui sera soumise. Djeha-Hodja Nasreddin était le premier de la listes. Le capitaine de la garde lui a demandé
- Où allez-vous ? Dites-nous la vérité – sinon ce sera la mort par pendaison.
- Je vais à ce gibet,
dit Nasreddin, pour y être pendu.
- Je ne vous crois pas.
- Très bien, si j'ai dit un mensonge qu’on me pende de suite!
- Mais ce pourrait être la vérité,
dit le capitaine !
- Exactement, dit Nasreddin, votre vérité.

 

89 - La dette de cinq piastres
Djeha-Hodja Nasreddin flânait dans le marché quand un commerçant l'accosta, lui reprochant de ne pas payer sa dette.
- Cher ami, lui demanda Djeha, combien vous dois-je au juste ?
- Soixante-quinze piastres,
cria le commerçant, en colère.
- D’accord, d’accord, répondit Djeha. Vous savez bien que j'ai l'intention de vous payer trente-cinq piastres demain et trente-cinq autres le mois prochain. Cela signifie que je ne vous dois plus que cinq piastres. N'avez-vous pas honte de m'accoster ainsi en public pour une dette de seulement cinq piastres ?

 

90 - De l'or ou des cailloux ?
Dans un village où Djeha-Hodja Nasreddin était imam, les gens avaient l’habitude de collectionner des pièces d’or, de les mette dans une jarre et de l’enterrer dans leur jardin. Une fois par an, ils déterraient la jarre, admiraient les pièces puis l’enterrait de nouveau. Djeha prit des cailloux, les mit dans une jarre et l’enterra.
- Effendi, ça ne va pas ainsi, tu dois remplir ta jarre d’or, lui dirent les gens.
- Braves gens,
dit Hodja,
considérant que vous ne dépensez pas votre argent, qu’importe que ce soit de l’or ou des cailloux ?


 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Nasreddin hodja allait au marché de la ville voisine, menant son âne par le licou. Il marchait en fredonnant des chansons, sans beaucoup se soucier de l’animal qu’il tirait derrière lui. Deux coquins voient le profit à tirer de la situation et, suivant notre homme à pas feutrés, ils détachent habillement l’animal. L’un prend l’âne et l’emmène. L’autre s’attache le licol au cou et marche silencieusement derrière le bonhomme qui ne s’est aperçu de rien.

 

Pourtant un moment vient où le hodja jette un coup d’œil derrière lui. Le spectacle qui s’offre à ses yeux le laisse confondu. Il croit à un sortilège et invoque la miséricorde divine. Mais l’homme raconte son histoire.

 

- Hodja, j’étais jadis un homme mais j’ai commis une faute grave. Un jour je me suis parjuré. Dieu dans sa colère m’a transformé en âne. Mais aujourd’hui mon temps d’expiation est terminé. J’ai retrouvé ma forme première. Affranchis-moi. Rends-moi à la liberté.

 

Que faire d’autre d’ailleurs ? Bon gré mal gré le hodja y consent. C’est œuvre charitable et c’est, pense-t-il, un heureux présage. Et voilà, le bonhomme qui rentre à la maison, le licou dans la main. Des jours se passent. Un matin de bonne heure voilà encore notre homme parti pour le marché. Mais que rencontre-t-il au premier coin de route ? Son âne, son propre âne en chair et en os, qui portait de fagots. Il s’étonne d’abord puis s’approche, examine la bête et, se penchant à l’oreille, li dit :

 

- Allons, mon frère, c’était là ta destinée. Mais dis-moi, qu’as-tu encore fait ?

 

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Un soir la femme du hodja lave la rode de son mari et la surpend dans le jardin pour la faire sécher. Notre homme, rentrant à la nuit, est pris de terreur.

 

- Il y a un voleur dans le jardin, dit-il à sa femme. Donne vite mon arc et mes flèches.

Et le hodja vide son carquois sur la rode qui tombe à terre. Puis il s’enferme dans sa chambre et se couche. Le lendemain à l’aube il se lève et va examiner le cadavre. Il voit que c’est sa propre robe qu’il a transpercée. Alors il se dit à lui-même :

 

- c’est donc ma robe. Grâces soient rendues au Dieu tout-puissant. Je ne l’avais pas sur le dos hier soir ».


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Rédigé par orange8454

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