Publié le 13 Septembre 2012
oeuf
Publié le 13 Septembre 2012
71 - Les brioches du boulanger
Quand il arriva à Konia, Djeha-Hodja Nasreddin avait faim, mais il n'avait pas d'argent. Il s'arrêta devant une boulangerie et vit des brioches bien dorées dans la vitrine. Il entra et désignant
les brioches, il dit au boulanger :
- Est-ce que tout ceci est à vous ?
- Bien sûr, dit le vendeur.
- Êtes-vous bien sûr que tout ceci est à vous ? Insista Djeha-Hodja Nasreddin.
Mécontent et agacé, le vendeur confirma ses dires.
- Alors, si toutes ces brioches sont à vous, dit Djeha-Hodja Nasreddin, pourquoi ne les mangez-vous pas ? Qu'est-ce qui vous en empêche ?
72 - Pourquoi tant de bruit ?
Chaque fois que Djeha-Hodja Nasreddin décidait d'aller au lavoir, il pleuvait.
- J'ai trouvé la solution, dit-il. Nous n'allons pas faire connaître à Dieu quel jour nous devons nous rendre au lavoir.
- Comment ? Lui demanda sa femme
- Quand le temps s'annoncera bon, tu me feras un signe convenu et j'irai au bazar acheter du savon et d'autres ingrédients utiles. Nous ferons attention de ne rien dire l'un à
l'autre.
Quelques jours plus tard, la femme de Djeha-Hodja Nasreddin lui signala qu'elle allait faire sa lessive. Quand il revint de la boutique où il avait acheté le nécessaire, il pleuvait. Il regarda
le ciel. Soudain, il y a eu un éclair, suivi par un grondement de tonnerre. Il cacha ce qu'il avait acheté sous son burnous et dit :
- Il n'est pas nécessaire de faire tant de bruit. Nous n'allons pas faire de lessive aujourd'hui.
73 - Quand les ânes pondent des œufs
Des plis de sa veste lâche, Kamil sortit quelque chose de grand, lisse, rond et jaune et l'a fièrement tendu à Djeha-Hodja Nasreddin et Kalima.
- Un œuf d'âne, annonça t-il. Tout que vous avez à faire est de vous asseoir sur cet œuf pendant trois semaines. Alors un bébé âne en sortira. Il grandira et
dans quelques mois vous aurez un deuxième âne vigoureux pour porter vos charges et vous emmener tous les deux en voyage.
Djeha-Hodja Nasreddin et Kalima furent surpris par la bonté de Kamil. Auparavant, ils n'avaient jamais pensé à lui comme un très bon ami. En fait, ils avaient eu une querelle avec lui, juste la
semaine dernière.
- Nous vous remercions sept fois pour ce merveilleux cadeau ! Lui dirent-ils.
Les trois semaines suivantes ont été longues pour Djeha-Hodja Nasreddin et Kalima. Tandis que Djeha-Hodja Nasreddin était assis sur l'œuf, fumant son narguilé ou somnolant, sa femme préparait les
repas et nettoyait la maison. Quand Kalima était assise sur l'œuf, tout en filant sa laine, Djeha-Hodja Nasreddin coupait du bois, allait à la place du marché ou au café et discutait avec ses
amis. Les voisins venaient de temps à autre pour leur parler.
- Laissez-nous voir l'œuf d'âne, Demandaient-ils. Nous n'en avons jamais vu.
- Oh non ! Répliquait Djeha-Hodja Nasreddin ou Kalima. Nous ne pouvons pas prendre le risque de le laisser se refroidir.
La première semaine passa, puis une deuxième, puis une troisième. Djeha-Hodja Nasreddin et sa femme surent que le temps était arrivé de voir leur bébé âne. Ils découvrirent l'œuf et le
caressèrent. Il semblait plus doux. Sûrement il ne devrait pas tarder à éclore. Ils ont patiemment couvé l'œuf, à tour de rôle, pendant encore trois jours. L'œuf était plus doux mais aucun ânon
n'en était sorti. Par contre, il dégageait une odeur particulière fort désagréable.
- Cet œuf est pourri, dit Djeha-Hodja Nasreddin. Nous ne pouvons jamais espérer avoir un ânon.
Déçu, il prit l'œuf pourri pour le jeter. Comme il marchait lentement dans la rue, l'œuf sous son bras, il s'est demandé pourquoi les gens prenaient un air si amusé.
- Les oeufs d'âne poussent sur des lianes de potiron ! Les oeufs d'âne poussent sur des lianes de potiron ! Chantaient les enfants.
Arrivant au-delà des murailles de la ville, en haut d'une colline, il lança le potiron qu'il prenait pour un œuf. Il dévala la pente entre les rochers et les buissons. Arrivé au bas de la pente,
il frappa une pierre et s'ouvrit. Un lapin qui dormait sous un arbre, effrayé par le potiron qui venait d'éclater, s'échappa et disparut. En voyant le lapin aux longues oreilles,
Djeha-Hodja Nasreddin poussa un profond soupir.
- Voilà enfin le bébé âne ! L'œuf était prêt à éclore ! Nous aurions dû attendre encore un peu ! Maintenant, notre ânon est perdu pour toujours ! Puisse Allah nous aider
!
74 - Un don pour un autre
Un jour d'été, Djeha-Hodja Nasreddin se rendit à la ville voisine. Marchant de
longues heures, avec une chaleur torride, il se fatigua rapidement. S'asseyant au pied d'un arbre pour se reposer, il dit :
- Oh mon Dieu ! Je t'adresse une prière pour que tu donnes un âne à ton fidèle serviteur.
Quelque temps après, il vit un soldat à cheval, tenant en laisse un jeune poulain. Il s'approcha de Djeha-Hodja Nasreddin et lui ordonna :
- Ne reste pas assis ainsi à ne rien faire. Mon poulain est las de marcher. Prend-le sur ton dos jusqu'à l'entrée de la ville.
Djeha-Hodja Nasreddin a tenté de protester, expliquant qu'il était vieux et fatigué. Mais le soldat ne voulait rien entendre, allant même jusqu'à lui donner un coup de cravache. Arrivés à
destination, Djeha-Hodja Nasreddin posa le poulain à terre et s'écroula. Après un temps, il se releva, leva ses bras au ciel et dit :
- Seigneur ! Ou je n'ai pas su m'exprimer clairement ou vous m'avez mal compris. J'ai demandé quelque chose à chevaucher mais vous m'avez envoyé quelque chose qui m'a
chevauché.
75 - Une louchée pour mourir
Un jour, Djeha-Hodja Nasreddin et certains de ses amis furent invités à dîner. L'entrée consistait en une compote glacée. Leur malicieux hôte prit une louche et commença à ingurgiter la compote.
Après chaque louchée, il s'exclamait :
- Je vais mourir ! Je vais mourir !
Djeha-Hodja Nasreddin et les autres invités utilisaient une toute petite cuillère et, de fait, ne purent ni apprécier le goût de la compote ni apaiser leur faim. Finalement, Djeha-Hodja Nasreddin
perdit toute patience et interpella l'hôte :
- Pourquoi ne nous
laisses-tu pas utiliser la louche afin que nous puissions, nous aussi, avoir une chance de mourir, au moins une fois.
Publié le 13 Septembre 2012
Il advint une année de famine pour les bêtes sauvage habitant le maquis. Tout ce qui avait petites oreilles dressées et pattes trottinant mourait de faim, tous ceux qui disent ; nous voulons dormir.
S’étant donné le mot, ils rassemblèrent sur une croupe buissonneuse, se mettant à l'abri de bouquet de cactus, pour n'être pas vus de ceux qui possèdent les énormes molaires, les défenses et les griffes. Il y avait là chacal et Hérisson, chacun de son côté. Ils surveillaient, se souvenant des méchancetés qu'ils s'étaient faits.
Tous ceux qui faisaient cercle étaient bien maigres, sauf Hérisson, chasseur de vermine, qui n'avait pas souffert ; il avait pris du ventre.
Chacal se sentait des démangeaisons au menton, il avait envie de manger Hérisson. Sa bouche s'humectait et laissait déborder sa salive. Il se disait :
Ô Morceau de poitrine,
le manque de force me prive de toi.
Les autres bêtes ne savaient que dire. Ils se demandaient d'ou leur viendraient les vivres. Tout à coup, le chat, fils de lion, parla ; il leur rappela le repas que le lion leur avait offert quand il avait eu la fièvre :
Quelle galopade ce jour-là ! Nous nous sommes mis en route tout tremblants ; nous craignons que le roi des animaux ne nous dévore ; c'est lui qui nous a fait manger. Il y avait de tout et du meilleur. Que de lait nous avons bu ! Que de viandes nous avons mangées ! Combien d'œufs avaient été cuits !
Et encore, Chacal, ave ses petits yeux malins, en rajoutait :
Malgré les pièges que je lui avais tendus les mangeailles qui avaient été servies. Avec des cris, ils dirent ce que chacun préférait.
Le chat venta le lait :
Jamais ne reviendra un jour pareil ; j'ai lapé tant de lait que ma bedaine en était toute gonflée.
Chacal, mangeur d'agneaux, dit :
Tu t'y connais, muet mangeur de rats ? Y a-t-il meilleur qu'un morceau de plat de côtes ? Même pour un malade, il en faut très peu.
Le serpent dit :
Plaisanteries que tout cela. Pour moi, rien ne vaut les œufs. Ce jour-là, Dieu m'a comblé ; j'en ai gobé un tas énorme. Si cela ne dépendait que de, je ne dépenserais pas mon argent pour des broutilles et ne chercherais que les œufs qu'on n'a pas besoin de mâcher.
Ils faisaient de plus de vacarmes en raison de l'appétit et la gourmandise qui les possédaient. Hérisson, qui avait l'estomac bien garni, avait la tête cassées
de tous ces discours et n'y trouvait aucun sens : autant semer dans la rocaille. De sa petite voix, il dit :
Laissez-moi tranquille, imbéciles qui cherchez l'impossible. On dit : Les At-Ghorbri, quand ils rêvent de figues, ils en parlent. Dans la disette où nous sommes, une figue tombée avant maturité,
nous ne trouvons pas à nous la mettre sous la dent et vous demandez des denrées hors de prix ; de la viande, des œufs, du lait. La viande est appréciée ; la bonne viande nous l'aimons tous mais
elle vient de la montagne infertile. Pauvres de nous, sur qui règne la faim, puissions-nous parvenir à avoir des œufs et du lait ; eux aussi nourrissent la viande ; l'œuf, c'est la chair qui le
produit et il engendre la viande emplumée. Le lait vient de la viande et fait grossir nos enfants. Pour la santé, manger un œuf, qui boit du lait mange de la viande.
Chacal, tout ce qui disait Hérisson sur la viande, il n'essayait pas de le comprendre ; il n'entendait. Il ne détournait pas ses yeux de la bedaine d'Inisi.
Celui-ci s'en rendait compte. Il voyait chacal se gratter le menton, se demandait par où il allait le prendre. Il lui dit :
Ta barbe te démange. Ben Yakoub ; puisses-tu faire bientôt un bon repas de viande ; pour toi elle ne manque pas donc d'abord un fruit, pour t'ouvrir l'appétit, supprimer tes tiraillements d'estomac.
Il prit une figue de barbarie, avec toutes ses épines et dit à Chacal :
Ouvre la bouche et ferme les yeux.
Chacal brûlait d'impatience ; il ouvrit la bouche, en fermant les yeux. Hérisson, sans barguigner lâcha la figue qui alla se coincer dans le fond du gosier. Chacal, la gorge pleine d'épines ne pouvait plus respirer : la figue était si bien bloquée dans son gosier qu'il ne pouvait ni parler ni crier.
Toutes les bêtes présentes défaillaient de rire. Le crapaud avait un ventre si gonflé qu'il risque d'en éclater. La cigale crissait à en perdre le souffle.
Hérisson, déclara :
De ce peu d'épines d'une figue de Barbarie, tu ne peux venir à bout ; que serait-ce de moi ? Au revoir ; fasse Dieu que ne tu ne puisses ni l'avaler ni la rejeter.
Il battit le sol de ses petites pattes et, en trottinant, il s'en alla.
Publié le 13 Septembre 2012
Le Roi Dragon s'occupe principalement des pluies. Quand il fait tomber la pluie, il y a de l'eau sur la terre; s'il ne le faisait pas, les êtres vivants en souffriraient beaucoup.
On dit que dans l'Antiquité le Roi Dragon Luyibashida était très despotique. Il interdisait souvent à la Déesse des Pluies de travailler, si bien que les sources, puits et cavernes de la terre n'avaient pas d'eau, les champs se fendillaient de sécheresse, et les êtres vivants mouraient de soif.
Les êtres humains haïssaient tellement ce Dragon que le ciel en fut informé. Les immortels célestes discutèrent ensemble pour sauver l'Humanité. Un immortel nommé Qiangladuji dit:
- Laissez-moi arranger cette affaire, je connais un moyen pour sauver l'Humanité.
Déguisé en serviteur, Qiangladuji arriva chez Luyibashida. Il y travailla laborieusement et le Roi Dragon l'apprécia beaucoup. Un jour, trouvant que le moment était venu, il dit:
- Votre majesté le Roi Dragon, votre famille est la plus riche au monde. Il n'y a pas d'autre famille aussi riche et aussi prospère que la vôtre. Vous avez tout et ne manquez de rien Votre réputation est telle que les montagnes baissent la tête devant vous. Pourtant, il y a encore une chose que votre famille ne possède pas.
- Laquelle? dit le Dragon en levant haut sa tête orgueilleuse. Je possède tout !
- Vous savez déjà, chuchota Qiangladuji mystérieusement, que le Phoenix est la créature la plus noble au monde et ses œufs la chose la plus précieuse. Ce qui vous manque, c'est un œuf de Phoenix.
Le Roi Dragon changea vite d'attitude et dit avec des signes de tête:
- Eh bien, où peut-on trouver cet objet précieux? Pourrais-tu m'en trouver un?
- Ce n'est pas difficile, si vous le désirez, dit Qiangladuji, je peux certainement vous en trouver un.
Sortant alors du Palais royal, il monta au ciel et vit trois œufs brillants dans le nid d'un Phoenix sur l'arbre divin. Juste à ce moment, le Phoenix qui couvait les œufs était sorti chercher de la nourriture, alors il vola en cachette un œuf, et repartit le donner au Dragon. En possession de l'oeuf multicolore de Phoenix, celui-ci rayonnait de joie.
Alors, Qiangladuji lui dit:
- Mon roi respecté, vous êtes vraiment maintenant le plus riche du monde, vous possédez tout et rien ne vous manque plus. J'ai fait ce que je devais faire, je vais rentrer.
De retour au ciel, Qiangladuji discuta encore un instant avec les immortels Zhongbuya et Qingliennijiang, puis il attendit le retour du Phoenix pour discuter comment punir le Roi Dragon.
En rentrant à son nid, le Phoenix s'aperçut qu'un œuf avait disparu, et il se mit à le chercher partout, en volant 90 000 lis à l'est, 90 000 lis à l'ouest, mais sans parvenir à retrouver son œuf. Fou de colère, il allait et venait dans tous les sens du ciel, en monologuant:
- Mon nid est sur l'arbre divin, dont les branches soutiennent les neuf cieux, aucun animal au monde ne peut y être monté, personne ne peut avoir volé mon œuf ! Qui me l'a volé ?
C'est alors que Qiangladuji s'approcha et demanda:
- Noble Phoenix, pourquoi voles-tu ainsi dans tous les sens ? Qu'est-ce que tu cherches ?
- J'ai perdu un œuf, dit le Phoenix, sais-tu qui me l'a volé ?
- Eh bien, je sais qui a volé ton œuf, dit Qiangladuji avec des signes de tête. Mais je ne peux te le rapporter. Si tu veux, tu peux venir au Palais céleste discuter un peu avec nous.
Le Phoenix se hâta de le suivre au Palais céleste. Les immortels qui y attendaient demandèrent à la vue du Phoenix:
- Oh, Phoenix, tu as des ailes qui peuvent couvrir le ciel et des pattes à griffe comme l'éclair, peux-tu aller chercher le Roi Dragon Luyibashida dans l'eau ? Oserais-tu le faire ?
- Rien de plus facile, répondit le Phoenix. Mais pourquoi dois-je le tirer de l'eau ? Je ne veux que savoir qui a volé mon œuf.
- Tire le Roi Dragon Luyibashida de l'eau, dirent les immortels, c'est lui qui a volé ton œuf.
Quand il entendit cela, les pattes du Phoenix tremblèrent de colère: Il voulut tout de suite aller régler son compte au Dragon. Mais les immortels l'arrêtèrent en disant :
- Si tu tires tout son corps de l'eau, les hommes mourront. Il suffit que tu traînes sa tête ici, et nous aurons alors le moyen de lui faire rendre ton œuf.
En agitant ses ailes, le Phoenix vola au 81e étage du ciel, puis il replia ses ailes et se laissa tomber droit dans la mer.
D'un coup, la mer se fendit et apparurent le Palais et le Roi Dragon au fond de la mer. C'est alors que le Phoenix saisit le Dragon par le cou avec ses griffes et tira sa tête de l'eau, tout en lui demandant en colère:
- Quelle est la longueur de ton corps ?
Troublé par cette brusque attaque, le Dragon répondit vite:
- Mon corps est très long, tu n'en as sorti qu'à peine une moitié.
A ces mots, le Phoenix continua de monter, jusque devant les immortels. Et tout en tenant solidement le cou du Dragon,
il cria:
- Tu es très malhonnête, pourquoi as-tu volé mon œuf ? Si tu me rends mon œuf, je te ferai grâce. Sinon tu verras !
Le cou serré par le Phoenix, le Dragon ne pouvait parler et il présenta des excuses avec des signes de tête. Les immortels dirent en le montrant du doigt:
- Luyibashida, alors que tu es le Roi Dragon, tu interdis à la Déesse des Pluies de faire pleuvoir, si bien que les champs se fendent, les plantes meurent, les êtres humains et les animaux ne peuvent vivre. Tu ne fais pas ce que tu dois faire, mais tu voles en cachette l'œuf du Phoenix, si bien que le ciel et tous les êtres vivants te haïssent! Maintenant, nous te demandons si tu vas rendre son œuf au Phoenix ?
- Je vais le rendre, je vais le rendre! acquiesça le Dragon de la tête.
- Feras-tu tomber les pluies ?
- Je le ferai, je le ferai!
- Alors, à ton retour, envoie ton serviteur rendre son œuf au Phoenix, envoie la Déesse faire vite tomber la pluie pour que toutes les sources, tous les puits et toutes les cavernes aient de l'eau, que les cultures poussent, que l'Humanité ait de quoi manger et que tous les êtres vivent bien. Vas-tu le faire ?
- Oui, oui!
- Si tu le fais, l'Humanité te respectera, te priera et t'offrira chaque année des offrandes et des sacrifices.
Puis ils dirent au Phoenix de replacer doucement le Dragon dans la mer. Mais Qiangladuji s'approcha du Phoenix et lui chuchota:
- Saisis-le de toutes tes forces et fais-le tomber brutalement.
Le Phoenix agit selon le conseil de Qiangladuji, il lâcha le Dragon si énergiquement que les eaux de la mer jaillirent en de hautes colonnes, qui devinrent des milliers et des milliers de gouttes et volèrent aux alentours. En tombant sur la terre, les grandes gouttes devinrent de grands fleuves et rivières, les petites devinrent des sources, puits et cavernes.
Depuis lors, le peuple Pumi respecte le Roi Dragon selon les directives des Immortels et fait des offrandes chaque année aux fleuves, rivières, lacs, sources, puits et cavernes, pour prier le Roi Dragon de donner une bonne vie à la population Pumi. Après avoir été puni par le Phoenix, le Dragon n'a plus osé commettre de méfaits.
Publié le 13 Septembre 2012
Le Roi Dragon s'occupe principalement des pluies. Quand il fait tomber la pluie, il y a de l'eau sur la terre; s'il ne le faisait pas, les êtres vivants en souffriraient beaucoup.
On dit que dans l'Antiquité le Roi Dragon Luyibashida était très despotique. Il interdisait souvent à la Déesse des Pluies de travailler, si bien que les sources, puits et cavernes de la terre n'avaient pas d'eau, les champs se fendillaient de sécheresse, et les êtres vivants mouraient de soif.
Les êtres humains haïssaient tellement ce Dragon que le ciel en fut informé. Les immortels célestes discutèrent ensemble pour sauver l'Humanité. Un immortel nommé Qiangladuji dit:
- Laissez-moi arranger cette affaire, je connais un moyen pour sauver l'Humanité.
Déguisé en serviteur, Qiangladuji arriva chez Luyibashida. Il y travailla laborieusement et le Roi Dragon l'apprécia beaucoup. Un jour, trouvant que le moment était venu, il dit:
- Votre majesté le Roi Dragon, votre famille est la plus riche au monde. Il n'y a pas d'autre famille aussi riche et aussi prospère que la vôtre. Vous avez tout et ne manquez de rien Votre réputation est telle que les montagnes baissent la tête devant vous. Pourtant, il y a encore une chose que votre famille ne possède pas.
- Laquelle? dit le Dragon en levant haut sa tête orgueilleuse. Je possède tout!
- Vous savez déjà, chuchota Qiangladuji mystérieusement, que le Phoenix est la créature la plus noble au monde et ses oeufs la chose la plus précieuse. Ce qui vous manque, c'est un oeuf de Phoenix.
Le Roi Dragon changea vite d'attitude et dit avec des signes de tête:
- Eh bien, où peut-on trouver cet objet précieux? Pourrais-tu m'en trouver un?
- Ce n'est pas difficile, si vous le désirez, dit Qiangladuji, je peux certainement vous en trouver un.
Sortant alors du Palais royal, il monta au ciel et vit trois oeufs brillants dans le nid d'un Phoenix sur l'arbre divin. Juste à ce moment, le Phoenix qui couvait les oeufs était sorti chercher de la nourriture, alors il vola en cachette un oeuf, et repartit le donner au Dragon. En possession de l'oeuf multicolore de Phoenix, celui-ci rayonnait de joie.
Alors, Qiangladuji lui dit:
- Mon roi respecté, vous êtes vraiment maintenant le plus riche du monde, vous possédez tout et rien ne vous manque plus. J'ai fait ce que je devais faire, je vais rentrer.
De retour au ciel, Qiangladuji discuta encore un instant avec les immortels Zhongbuya et Qingliennijiang, puis il attendit le retour du Phoenix pour discuter comment punir le Roi Dragon.
En rentrant à son nid, le Phoenix s'aperçut qu'un oeuf avait disparu, et il se mit à le chercher partout, en volant 90 000 lis à l'est, 90 000 lis à l'ouest, mais sans parvenir à retrouver son oeuf. Fou de colère, il allait et venait dans tous les sens du ciel, en monologuant:
- Mon nid est sur l'arbre divin, dont les branches soutiennent les neuf cieux, aucun animal au monde ne peut y être monté, personne ne peut avoir volé mon oeuf! Qui me l'a volé ?
C'est alors que Qiangladuji s'approcha et demanda:
- Noble Phoenix, pourquoi voles-tu ainsi dans tous les sens ? Qu'est-ce que tu cherches ?
- J'ai perdu un oeuf, dit le Phoenix, sais-tu qui me l'a volé ?
- Eh bien, je sais qui a volé ton oeuf, dit Qiangladuji avec des signes de tête. Mais je ne peux te le rapporter. Si tu veux, tu peux venir au Palais céleste discuter un peu avec nous.
Le Phoenix se hâta de le suivre au Palais céleste. Les immortels qui y attendaient demandèrent à la vue du Phoenix:
- Oh, Phoenix, tu as des ailes qui peuvent couvrir le ciel et des pattes à griffe comme l'éclair, peux-tu aller chercher le Roi Dragon Luyibashida dans l'eau ? Oserais-tu le faire ?
- Rien de plus facile, répondit le Phoenix. Mais pourquoi dois-je le tirer de l'eau ? Je ne veux que savoir qui a volé mon oeuf.
- Tire le Roi Dragon Luyibashida de l'eau, dirent les immortels, c'est lui qui a volé ton oeuf.
Quand il entendit cela, les pattes du Phoenix tremblèrent de colère: Il voulut tout de suite aller régler son compte au Dragon. Mais les immortels l'arrêtèrent en disant :
- Si tu tires tout son corps de l'eau, les hommes mourront. Il suffit que tu traînes sa tête ici, et nous aurons alors le moyen de lui faire rendre ton oeuf.
En agitant ses ailes, le Phoenix vola au 81e étage du ciel, puis il replia ses ailes et se laissa tomber droit dans la mer.
D'un coup, la mer se fendit et apparurent le Palais et le Roi Dragon au fond de la mer. C'est alors que le Phoenix saisit le Dragon par le cou avec ses griffes et tira sa tête de l'eau, tout en lui demandant en colère:
- Quelle est la longueur de ton corps ?
Troublé par cette brusque attaque, le Dragon répondit vite:
- Mon corps est très long, tu n'en as sorti qu'à peine une moitié.
A ces mots, le Phoenix continua de monter, jusque devant les immortels. Et tout en tenant solidement le cou du Dragon, il cria:
- Tu es très malhonnête, pourquoi as-tu volé mon oeuf ? Si tu me rends mon oeuf, je te ferai grâce. Sinon tu verras !
Le cou serré par le Phoenix, le Dragon ne pouvait parler et il présenta des excuses avec des signes de tête. Les immortels dirent en le montrant du doigt:
- Luyibashida, alors que tu es le Roi Dragon, tu interdis à la Déesse des Pluies de faire pleuvoir, si bien que les champs se fendent, les plantes meurent, les êtres humains et les animaux ne peuvent vivre. Tu ne fais pas ce que tu dois faire, mais tu voles en cachette l'oeuf du Phoenix, si bien que le ciel et tous les êtres vivants te haïssent! Maintenant, nous te demandons si tu vas rendre son oeuf au Phoenix ?
- Je vais le rendre, je vais le rendre! acquiesça le Dragon de la tête.
- Feras-tu tomber les pluies ?
- Je le ferai, je le ferai!
- Alors, à ton retour, envoie ton serviteur rendre son oeuf au Phoenix, envoie la Déesse faire vite tomber la pluie pour que toutes les sources, tous les puits et toutes les cavernes aient de l'eau, que les cultures poussent, que l'Humanité ait de quoi manger et que tous les êtres vivent bien. Vas-tu le faire ?
- Oui, oui!
- Si tu le fais, l'Humanité te respectera, te priera et t'offrira chaque année des offrandes et des sacrifices.
Puis ils dirent au Phoenix de replacer doucement le Dragon dans la mer. Mais Qiangladuji s'approcha du Phoenix et lui chuchota:
- Saisis-le de toutes tes forces et fais-le tomber brutalement.
Le Phoenix agit selon le conseil de Qiangladuji, il lâcha le Dragon si énergiquement que les eaux de la mer jaillirent en de hautes colonnes, qui devinrent des milliers et des milliers de gouttes et volèrent aux alentours. En tombant sur la terre, les grandes gouttes devinrent de grands fleuves et rivières, les petites devinrent des sources, puits et cavernes.
Depuis lors, le peuple Pumi respecte le Roi Dragon selon les directives des Immortels et fait des offrandes chaque année aux fleuves, rivières, lacs, sources, puits et cavernes, pour prier le Roi Dragon de donner une bonne vie à la population Pumi. Après avoir été puni par le Phoenix, le Dragon n'a plus osé commettre de méfaits.
/image%2F0650892%2F20250129%2Fob_756ff6_ezgif-36d06c8720607.gif)






