Publié le 19 Février 2021
dragon
Publié le 13 Septembre 2012
Un jour de l’été 1536, les mouches étaient très nombreuses et n’arrêtaient pas de voler au-dessus de la tête de Fauquignon. Il tapa sur sa tête et en tua cent d’un coup. Fier de son exploit, il dit :
« Super ! J’en ai tué cent d’un coup ! »
Il l’inscrivit sur son enseigne. Un seigneur vint et lui dit :
« Mon garçon, ton exploit mérite d’être récompensé, je te nomme connétable. Tu pourras même essayer de tuer le dragon qui terrorise mes paysans. »
Fauquignon : « J’accepte cet honneur. »
Fauquignon alla dans la forêt. Il vit le dragon, il trembla de peur et monta sur un sapin. Le sapin craqua et il se retrouva sur le dos du dragon. Le dragon s’envola mais, aveuglé par le soleil, il mourut en se cognant dans le donjon.
Le seigneur : « Je te donnerai bien ma fille, mais je n’ai pas de fille, alors je te donne un million d’écus. »
Publié le 13 Septembre 2012
Dans un grand nombre de pays, les jours fériés se passent pendant les jours les plus sombres, au plus froid de l’hiver. En Asie, vivent toutes sortes de gens qui célèbrent toutes sortes de fêtes.
Chaque groupe a ses traditions et ses histoires mais il existe cependant une fête que tout le monde
fête et c’est le Nouvel An Lunaire que nous appelons le Nouvel An chinois. Cette fête tombe toujours entre la mi-janvier et la mi-février. Chaque habitant place des papiers rouges sang autour de
sa porte d'entrée. Sur ceux-ci sont écrits d’une belle écriture des tas de bons vœux pour le Nouvel An. En plus, à l’aube, les habitants font exploser des pétards. Cette histoire est une des
histoires qui explique pourquoi les gens font ces choses.
Il y a bien longtemps, quand des dragons puissants vivaient sur la terre et dans les mers, personne à Taiwan ne célébrait le nouvel an lunaire. Même dans un certain village, ce jour était le plus mauvais jour de l'année parce qu’un habitant avait tué un dragon des mers. Tout le monde sait que c’est une chose terriblement malheureuse à faire car le fantôme du dragon revenait hanter le village chaque année à l'aube du nouvel an.
Lorsqu’il apparaissait, il secouait son horrible tête et hurlait : « J'ai faim. Donnez-moi un fils premier-né à manger! »
- « Non! non! Nous ne ferons pas ça !" répondirent les villageois en pleurs."Nous ne vous donnerons pas d'enfant à manger!"
- "Alors je vous tuerai tous!" Et le fantôme de dragon soufflant son haleine puante et chaude en direction du village. La fumée s’insinuait partout et les villages commençaient à tousser. Certains perdaient même connaissance. Le plus sage du village se rendant compte que le fantôme de dragon pourrait facilement les faire tous mourir, décida à contre-cœur de donner un enfant nouveau-né afin de sauver le reste du village. Il espérait qu’avec cette offrande, jamais plus le fantôme du dragon ne reviendrait. Mais année après année, le fantôme de dragon revenait et année après année, une famille devait sacrifier son fils premier-né pour satisfaire la voracité de l’animal.
Une année, c’était au tour de la jeune Veuve Teng de sacrifier son seul enfant, un beau garçon qui allait avoir cinq ans.
Comme le voulait la tradition, quatre jours avant le nouvel an lunaire, le prêtre Taoïste quittait le temple et s’en allait à travers le village jusqu’à la maison de l’infortunée qui devait sacrifier son premier enfant. Comme il marchait en direction de la crique, là où se trouvait la maison de la Veuve Teng, tous les villageois se demandaient avec hésitation, "Où va-t-il cette année ?"
"Chez la Veuve Teng." dit une femme
"Oh non pas chez elle. C'est son seul enfant !" s’écria une autre.
Les voisins de la Veuve Teng s’étaient rassembles tout autour de la maison. Ils s’attendaient à entendre des cris de douleur au moment où elle apprendrait la terrible nouvelle. Mais rien. Aucun son ne parvenait de sa petite maison. Lorsque le prêtre est reparti, ils se sont précipités pour voir ce qui se passait. Ils la trouvèrent assise dans sa cuisine.
- "Le prêtre ne vous a pas dit les nouvelles ?"
- "Oui, il m'a dit," a répondu la veuve calmement.
- "Mais pourquoi ne pleurez-vous pas ?"
- "Parce que je n'ai pas de temps pour pleurer" leur dit la Veuve Teng. " Je pense à une façon de rouler le fantôme de dragon. Il n'aura pas mon fils."
Pendant trois jours et trois nuits, elle a arpenté le sol essayant d’échafauder un plan. De temps en temps, elle faisait une pause et regardait son fils qui joutait dans la cour. Elle priait aussi à l’autel de ses ancêtres et à tous les dieux dont elle connaissait les noms. Lorsque son fils s’endormait, elle s’asseyait à côté de lui et lui caressait doucement le visage qui ressemblait tellement à ce lui de son père. Elle alla même consulter la diseuse de bonne aventure, les prêtres et chacun dans le village. Mais personne ne savait que faire. La situation semblait désespérée.
Lasse de tant attendre, de tant marcher, de tant prier, elle s’endormit épuisée sur le sol devant l’autel des ancêtres de la famille. Son petit fils qui l'avait vue se dit qu’il ne devait absolument pas l’éveiller car elle rêvait peut-être et il ne voulait pas lui couper son rêve…
Bien lui en prit car effectivement sa mère rêvait. Parce qu’elle n’avait pas dormi durant trois jours, une masse de rêves lui venaient dans un ordre décousu. Elle voyait des dragons et des fantômes, la peur et la crainte, des enfants innocents et de la douleur, du sang et de grands bruits et puis de la joie le tout tourbillonnant dans sa tête.
Quelque heures avant l'aube, elle s’éveilla et doucement secoua sa tête encore douloureuse d’avoir tant rêvé. Et alors, le miracle se produisit. Les images décousues s’assemblèrent et elle su ce qu’il fallait faire.
Les dragons de son rêve avaient peur de deux choses : peur de la vue de sang et peur des bruits violents. Quand quelqu'un a peur, il s’enfuit en général en courant. Mon plan sera simple : Je mettrai le sang sur ma porte et je ferai tant de bruit que le fantôme du dragon sera effrayé et partira en courant…"
"Du sang ... je suis si pauvre que je n'ai pas même un poulet à tuer pour prendre son sang." Elle prit son couteau le plus pointu et se coupa au doigt, laissant gouttes à gouttes couler son sang sur un tissu jusqu'à ce que toutes les gouttes jointes ensemble recouvrent entièrement l’étoffe. Elle prit le tissu et l’accrocha à l'extérieur, sur sa porte.
Maintenant faire des bruits violents… Les pétards seraient le mieux mais je n'en ai pas. Je suis si pauvre que je ne pourrai pas en acheter et en plus, il n’y a aucun magasin ouvert aujourd’hui. Elle réfléchit et pensa aux bambous. Elle savait que lorsque des morceaux de bambou brûlent, ils se fendent dans un bruit épouvantable. Elle prit son couteau pointu elle s’en alla dans le froid afin de couper une douzaine de grands morceaux de bambou. Elle les plaça en pyramide devant sa porte juste au-dessous du tissu taché de sang. Ainsi disposés, ils brûleraient rapidement et éclateraient tous à la fois.
Quand devrais-je allumer le feu ? Juste à temps. Ni trop tôt, ni trop tard. Afin qu'il éclate dans le visage du fantôme de dragon. Elle alluma une petite torche et s'accroupit dans l’embrasure de la porte attendant l'aube et la venue du fantôme de dragon.
Elle a attendu et attendu. Il lui semblait tellement elle attendait que le soleil était gelé au-dessous de l'horizon et ne monterait pas aujourd’hui. Tout était calme, si calme que le seul bruit qu’elle entendait les coups de son cœur. Finalement la lune et des étoiles ont commencé à disparaître du ciel.
Faiblement, elle a entendu le hurlement du fantôme de dragon.
"Etait-il temps d’allumer le feu ? Non, le fantôme de dragon était trop loin."
Chacun dans le village était tapi dans son lit sous les édredons et les couvertures. Personne ne dormait sachant que la Veuve Teng attendait le fantôme de dragon. Seul son fils dormait du sommeil d’un ange.
On entendit un hurlement. Le fantôme de dragon devait être en bas au centre du village. Il était temps pour elle d’allumer. La Veuve Teng prit sa lanterne, l’inclina vers la pyramide de bambou et l’enflamma.
Elle entendait la terre qui tremblait sous le poids du fantôme du dragon qui marchait vers sa petite maison. Il descendait à présent sa ruelle, il s’approchait…
Arrivé devant chez elle, le fantôme de dragon s'est arrêté devant la maison et voyant le linge taché de sang, s’est mis à hurler si fort que tous ses os ont tremblé. Au même moment, le feu de bambou a éclaté. Le fantôme du dragon terrifié par la vue de sang humain et les bambous qui éclataient s’est enfui en courant à travers le village.
Et la Veuve Teng ? Elle s’est assise et de grosses larmes se sont mises à couler.
Les gens du village sont accourus. Les cloches se sont mises à sonner et de tous les côtés, les gongs célébraient ce grand jour tandis que les pétards faisaient éclater la joie !
Et depuis ce jour, chaque année, dans chacun des villages, on met le sang des papiers rouges autour de leurs portes et on allume des pétards bruyants à l'aube et depuis lors, le fantôme de dragon n'est jamais revenu.
Publié le 13 Septembre 2012
Le Roi Dragon s'occupe principalement des pluies. Quand il fait tomber la pluie, il y a de l'eau sur la terre; s'il ne le faisait pas, les êtres vivants en souffriraient beaucoup.
On dit que dans l'Antiquité le Roi Dragon Luyibashida était très despotique. Il interdisait souvent à la Déesse des Pluies de travailler, si bien que les sources, puits et cavernes de la terre n'avaient pas d'eau, les champs se fendillaient de sécheresse, et les êtres vivants mouraient de soif.
Les êtres humains haïssaient tellement ce Dragon que le ciel en fut informé. Les immortels célestes discutèrent ensemble pour sauver l'Humanité. Un immortel nommé Qiangladuji dit:
- Laissez-moi arranger cette affaire, je connais un moyen pour sauver l'Humanité.
Déguisé en serviteur, Qiangladuji arriva chez Luyibashida. Il y travailla laborieusement et le Roi Dragon l'apprécia beaucoup. Un jour, trouvant que le moment était venu, il dit:
- Votre majesté le Roi Dragon, votre famille est la plus riche au monde. Il n'y a pas d'autre famille aussi riche et aussi prospère que la vôtre. Vous avez tout et ne manquez de rien Votre réputation est telle que les montagnes baissent la tête devant vous. Pourtant, il y a encore une chose que votre famille ne possède pas.
- Laquelle? dit le Dragon en levant haut sa tête orgueilleuse. Je possède tout !
- Vous savez déjà, chuchota Qiangladuji mystérieusement, que le Phoenix est la créature la plus noble au monde et ses œufs la chose la plus précieuse. Ce qui vous manque, c'est un œuf de Phoenix.
Le Roi Dragon changea vite d'attitude et dit avec des signes de tête:
- Eh bien, où peut-on trouver cet objet précieux? Pourrais-tu m'en trouver un?
- Ce n'est pas difficile, si vous le désirez, dit Qiangladuji, je peux certainement vous en trouver un.
Sortant alors du Palais royal, il monta au ciel et vit trois œufs brillants dans le nid d'un Phoenix sur l'arbre divin. Juste à ce moment, le Phoenix qui couvait les œufs était sorti chercher de la nourriture, alors il vola en cachette un œuf, et repartit le donner au Dragon. En possession de l'oeuf multicolore de Phoenix, celui-ci rayonnait de joie.
Alors, Qiangladuji lui dit:
- Mon roi respecté, vous êtes vraiment maintenant le plus riche du monde, vous possédez tout et rien ne vous manque plus. J'ai fait ce que je devais faire, je vais rentrer.
De retour au ciel, Qiangladuji discuta encore un instant avec les immortels Zhongbuya et Qingliennijiang, puis il attendit le retour du Phoenix pour discuter comment punir le Roi Dragon.
En rentrant à son nid, le Phoenix s'aperçut qu'un œuf avait disparu, et il se mit à le chercher partout, en volant 90 000 lis à l'est, 90 000 lis à l'ouest, mais sans parvenir à retrouver son œuf. Fou de colère, il allait et venait dans tous les sens du ciel, en monologuant:
- Mon nid est sur l'arbre divin, dont les branches soutiennent les neuf cieux, aucun animal au monde ne peut y être monté, personne ne peut avoir volé mon œuf ! Qui me l'a volé ?
C'est alors que Qiangladuji s'approcha et demanda:
- Noble Phoenix, pourquoi voles-tu ainsi dans tous les sens ? Qu'est-ce que tu cherches ?
- J'ai perdu un œuf, dit le Phoenix, sais-tu qui me l'a volé ?
- Eh bien, je sais qui a volé ton œuf, dit Qiangladuji avec des signes de tête. Mais je ne peux te le rapporter. Si tu veux, tu peux venir au Palais céleste discuter un peu avec nous.
Le Phoenix se hâta de le suivre au Palais céleste. Les immortels qui y attendaient demandèrent à la vue du Phoenix:
- Oh, Phoenix, tu as des ailes qui peuvent couvrir le ciel et des pattes à griffe comme l'éclair, peux-tu aller chercher le Roi Dragon Luyibashida dans l'eau ? Oserais-tu le faire ?
- Rien de plus facile, répondit le Phoenix. Mais pourquoi dois-je le tirer de l'eau ? Je ne veux que savoir qui a volé mon œuf.
- Tire le Roi Dragon Luyibashida de l'eau, dirent les immortels, c'est lui qui a volé ton œuf.
Quand il entendit cela, les pattes du Phoenix tremblèrent de colère: Il voulut tout de suite aller régler son compte au Dragon. Mais les immortels l'arrêtèrent en disant :
- Si tu tires tout son corps de l'eau, les hommes mourront. Il suffit que tu traînes sa tête ici, et nous aurons alors le moyen de lui faire rendre ton œuf.
En agitant ses ailes, le Phoenix vola au 81e étage du ciel, puis il replia ses ailes et se laissa tomber droit dans la mer.
D'un coup, la mer se fendit et apparurent le Palais et le Roi Dragon au fond de la mer. C'est alors que le Phoenix saisit le Dragon par le cou avec ses griffes et tira sa tête de l'eau, tout en lui demandant en colère:
- Quelle est la longueur de ton corps ?
Troublé par cette brusque attaque, le Dragon répondit vite:
- Mon corps est très long, tu n'en as sorti qu'à peine une moitié.
A ces mots, le Phoenix continua de monter, jusque devant les immortels. Et tout en tenant solidement le cou du Dragon,
il cria:
- Tu es très malhonnête, pourquoi as-tu volé mon œuf ? Si tu me rends mon œuf, je te ferai grâce. Sinon tu verras !
Le cou serré par le Phoenix, le Dragon ne pouvait parler et il présenta des excuses avec des signes de tête. Les immortels dirent en le montrant du doigt:
- Luyibashida, alors que tu es le Roi Dragon, tu interdis à la Déesse des Pluies de faire pleuvoir, si bien que les champs se fendent, les plantes meurent, les êtres humains et les animaux ne peuvent vivre. Tu ne fais pas ce que tu dois faire, mais tu voles en cachette l'œuf du Phoenix, si bien que le ciel et tous les êtres vivants te haïssent! Maintenant, nous te demandons si tu vas rendre son œuf au Phoenix ?
- Je vais le rendre, je vais le rendre! acquiesça le Dragon de la tête.
- Feras-tu tomber les pluies ?
- Je le ferai, je le ferai!
- Alors, à ton retour, envoie ton serviteur rendre son œuf au Phoenix, envoie la Déesse faire vite tomber la pluie pour que toutes les sources, tous les puits et toutes les cavernes aient de l'eau, que les cultures poussent, que l'Humanité ait de quoi manger et que tous les êtres vivent bien. Vas-tu le faire ?
- Oui, oui!
- Si tu le fais, l'Humanité te respectera, te priera et t'offrira chaque année des offrandes et des sacrifices.
Puis ils dirent au Phoenix de replacer doucement le Dragon dans la mer. Mais Qiangladuji s'approcha du Phoenix et lui chuchota:
- Saisis-le de toutes tes forces et fais-le tomber brutalement.
Le Phoenix agit selon le conseil de Qiangladuji, il lâcha le Dragon si énergiquement que les eaux de la mer jaillirent en de hautes colonnes, qui devinrent des milliers et des milliers de gouttes et volèrent aux alentours. En tombant sur la terre, les grandes gouttes devinrent de grands fleuves et rivières, les petites devinrent des sources, puits et cavernes.
Depuis lors, le peuple Pumi respecte le Roi Dragon selon les directives des Immortels et fait des offrandes chaque année aux fleuves, rivières, lacs, sources, puits et cavernes, pour prier le Roi Dragon de donner une bonne vie à la population Pumi. Après avoir été puni par le Phoenix, le Dragon n'a plus osé commettre de méfaits.
Publié le 13 Septembre 2012
Née dans une famille très connue dans la capitale, Dame Wei avait épousé Meng, de la ville de Wuchang, vers la fin du règne de l'Empereur Dali des Tang. Plus tard, Meng et son beau-frère réussirent ensemble dans le concours impérial. Le frère de Dame Wei fut nommé chef de la police de la sous-préfecture de Yangzi et de son côté, Meng, l'époux de Dame Wei, devait aller prendre les fonctions de gouverneur à Langzhou, une des préfectures de la province du Sichuan.
Les deux postes se trouvant éloignés, Dame Wei dut quitter sa maison et suivre son mari. Comme le Sichuan était inaccessible aux voitures, Dame Wei voyageait à cheval. A l'entrée d'une vallée, le cheval s'emballa et la jeune femme tomba dans un précipice profond de mille mètres. On n'y voyait qu'un trou tout noir. Impossible d'y pénétrer ! Son époux et sa famille ne purent que sangloter, et une cérémonie funèbre eut lieu sur place avant le départ de la famille Meng.
Dame Wei, elle, atterrit sur une petite terrasse de quelques dizaines de mètres tapissée de feuilles mortes. Le corps intact, elle s'évanouit un instant, puis reprit connaissance. Une journée passa, elle n'avait à manger que de la neige enveloppée dans des feuilles pour tromper sa faim. Soudain, elle vit entre les parois de rocher une fente d'une profondeur insondable et, levant les yeux, elle réalisa qu'elle était comme au fond d'un puits.
Elle attendait la mort, quand, tout à coup, elle entrevit une lueur qui grandissait. Puis ce furent deux lumières qui s'approchaient peu à peu d'elle. Ah! Les deux yeux d'un Dragon! Terrorisée, elle se colla contre la paroi du précipice.
Un Dragon long d'environ soixante pieds rampa jusqu'au bord du puits. Pour finir, il sortit d'un coup et s'envola. Quelques secondes plus tard, apparurent deux autres lumières devant elle. Un autre Dragon allait sortir :
"Tôt ou tard je mourrai dans cette grotte, se dit-elle, alors je préfère être tuée par les Dragons !
"Profitant de ce que le Dragon sortait du précipice, elle monta d'un coup sur son dos sans qu'il s'en aperçoive. Le Dragon et la femme s'envolèrent vers le ciel.
N'osant pas regarder le monde au dessous d'elle Dame Wei se laissa entraîner par le Dragon. Au bout d'une demi-journée, elle crut avoir parcouru dix mille lis. Alors, elle ouvrit craintivement les yeux et découvrit mer, rivière, arbres et herbes qui devenaient plus nets à mesure que le Dragon descendait. A une cinquantaine de pieds de la terre, de peur que le Dragon ne plonge dans une rivière, elle se laissa tomber dans des herbes drues. Un instant après, elle reprit conscience.
Sans nourriture depuis quatre jours, Dame Wei se sentit épuisée, mais elle erra au hasard. Un pêcheur s'affola à la vue d'une femme aussi squelettique. Aux questions qu'elle lui posa, il répondit qu'elle se trouvait à vingt lis de la sous-préfecture de Yangzi. Ce renseignement réjouit tellement Dame Wei qu'elle raconta toute son aventure au pêcheur.
Pris de pitié pour la jeune femme, celui-ci l'invita à venir boire du thé et du bouillon à bord de son bateau.
- Le jeune seigneur Wei, qui vient d'être nommé chef de la police de la sous-préfecture, est-il arrivé ? demanda la jeune femme.
-Non. Je n'en sais rien, répondit le pêcheur.
- C'est mon frère. Veuillez me conduire là-bas ! Je vous récompenserai bien.
Le pêcheur l'emmena en bateau à la sous-préfecture et l'accompagna jusqu'à la porte de la résidence de son frère.
Celui-ci, qui était entré en fonction plusieurs jours auparavant, fut surpris et incrédule quand on lui dit que sa soeur était là.
- Ma soeur est partie pour le Sichuan avec mon beau-frère, s'exclama-t-il, comment se fait-il qu'elle soit venue ici ?
Même après avoir appris ce qui s'était passé, il resta plus ou moins convaincu.
Quand il arriva auprès d'elle, sa soeur se mit à sangloter tout en se lamentant sur son sort malheureux. Frappé par le dépérissement de sa soeur, le nouveau chef l'invita à se reposer chez lui pour recouvrer la santé.
Toutefois, il demeurait toujours dans l'incertitude. Plusieurs jours passèrent et il reçut en effet une lettre du Sichuan lui annonçant le malheur qui avait frappé sa soeur.
Tranquilisé, il éprouva une joie mêlée de chagrin et il envoya offrir au pêcheur vingt mille sapèques pour le récompenser. La famille de son mari pleura de joie à la vue de la jeune femme retrouvée.
Des dizaines d'années plus tard, cette aventure fut racontée par Pei Gang, le cousin de Dame Wei, qui sous le règne de l'Empereur Zhenyuan, fut nommé chef de la police de Gao'an dans la préfecture de Hongzhou.
Extrait du Taipingguangji
(Chroniques des années de Paix)
/image%2F0650892%2F20250129%2Fob_756ff6_ezgif-36d06c8720607.gif)








