corne

Publié le 13 Septembre 2012

Il y a très longtemps de cela, il y avait un roi qui s'était marié une première fois, puis une deuxième fois mais sans jamais réussir à avoir un enfant.

Il était très inquiet parce qu'il vieillissait et qu'il craignait de laisser son trône vide. A l'époque, il n'était pas possible pour un roi de ne pas avoir de garçon… C'est ainsi qu'il décida de prendre une troisième épouse. Il organisa encore une fois, un grand mariage comme seuls les rois savent le faire.
Au bout de quarante jours et quarante nuits, lorsque les festivités prirent fin, il réunit ses trois épouses et leur dit :
"Mes chères épouses, je vous aime et je vous respecte toutes les trois, je vous traiterai de la même manière sans jamais favoriser l'une d'entre vous. Mais vous, qu'êtes-vous capables de faire pour moi, pour me prouver votre amour ?"
"Moi, je pourrai faire du pain pour tout le royaume avec un seul grain de blé", lui dit la première.
"Moi, je pourrai te faire le plus beau burnous avec un seul fil de laine", lui dit la deuxième.
"Moi, j'aimerai te donner un garçon avec une corne d'or et une corne d'argent", lui dit la troisième.
Le roi très heureux leur répondit en riant :
"J'espère que vous pourrez réaliser tous ces vœux pour moi. En attendant, j'aimerai qu'il y ait la plus parfaite entente entre vous."

Les jours passèrent et la troisième épouse se retrouva enceinte. Les deux autres en furent très jalouses, d'autant plus qu'elles n'avaient pas accompli leurs promesses.
"Et si en plus, elle a un garçon avec une corne d'or et une corne d'argent ? Il l'aimera forcément plus que nous … Elle aura plus de faveurs que nous", se disaient-elles.

Inquiètes, elles allèrent consulter une settouta afin qu'elle les aide à trouver une solution pour se débarrasser d'elle. Tout fut arrangé.

Le jour où la malheureuse ressentit les douleurs de l'accouchement, elles appelèrent la settouta. Celle-ci arriva pour l'aider à mettre au monde l'enfant… Et en effet, cette nuit-là, naquit un garçon avec une corne d'or et une autre en argent. Avec l'aide des deux épouses, la settouta enroula le bébé dans une couverture, le mit dans une corbeille et le jeta dans une rivière. Elle mit à la place, un affreux corbeau noir.

La pauvre malheureuse avait tellement souffert pendant l'accouchement, qu'elle ne se rendit compte de rien. Lorsqu'elle vit le corbeau prés d'elle et qu'on lui dit que c'était elle qui l'avait mis au monde, elle eut tellement honte qu'elle n'osait plus regarder personne.

Quant au roi, il était tellement déçu et tellement en colère, qu'il ordonna qu'on la jeta avec les chiens et qu'on l'appela désormais "la mère du corbeau".
Les deux autres étaient contentes, elles étaient débarrassées d'elle.

Et le pauvre petit bébé… Dieu eut pitié de lui… Le soir même, un bûcheron passant par-là le trouva. Il le recueillit et le traita comme si c'était son propre enfant.

Les jours passèrent, le garçon grandit et lorsqu'il fut un beau jeune homme, le bûcheron et sa femme lui apprirent qu'ils n'étaient que ses parents adoptifs et qu'ils ne savaient pas d'où il venait, puisqu'ils l'avaient trouvé dans une corbeille au bord de la rivière.

Bien qu'il les aime énormément, il ne put s'empêcher de prendre la décision d'aller à la recherche de ses propres parents. Il s'en alla avec leur bénédiction, promettant de revenir très bientôt.
D'une ville à une autre, après plusieurs mois de marche, il arriva dans le royaume de son père. Là, il entendit parler de "la mère du corbeau", l'épouse du roi, qui avait mis au monde un affreux corbeau noir alors qu'elle avait promis au roi de lui donner un garçon avec une corne d'or et une corne d'argent. On lui dit qu'elle vivait toujours dans le royaume, qu'elle gardait les chameaux et qu'elle dormait avec les chiens.

Il alla se présenter au roi et sans rien dire, enleva la coiffe qui lui couvrait toute la tête et le front, et qu'il portait depuis qu'il était enfant. Le roi n'en revenait pas.
« Qui es-tu ? lui demanda-t-il. Approche ici, Qu'as-tu sur le front ? Des cornes ? C'est en or, C'est en argent ? » - « Je ne sais pas, répondit le jeune homme. Mais je viens d'apprendre que mon père et ma mère avec lesquels j'ai vécu depuis que je suis né, ne sont en fait que mes parents adoptifs. Ils m'ont recueilli, alors que j'étais abandonné au bord d'une rivière. Et j'aimerai connaître mon histoire ! »

Le roi convoqua sur-le-champ "la mère du corbeau" et toutes les personnes qui l'avaient assistée pendant l'accouchement.

Lorsque les deux épouses et la settouta virent ce beau jeune homme avec une corne d'or et une corne d'argent, elles s'évanouirent. Quant à "la mère du corbeau", sa joie était si grande, qu'elle se mit à faire des youyous, oubliant toutes ses années de malheur. Elle pleurait de bonheur en embrassant son fils et en le serrant très fort contre elle.

Le roi ordonna qu'on brûla immédiatement la settouta et les deux épouses car il avait tout compris. Il demanda à la mère de son fils, ce qu'il pouvait faire pour qu'elle lui pardonna.
« Je te pardonne, lui dit-elle, car tu étais très malheureux. Mais si tu veux que je sois vraiment heureuse, j'aimerai que tu ramènes les parents adoptifs de mon fils, vivre avec nous dans le palais. Sans eux, il serait peut-être mort et nous aurions continué à être malheureux toi et moi ! ».
Et le roi fit venir le bûcheron et son épouse et les traita comme un couple princier.
Depuis, on entendit tous les jours la musique et les chants dans ce palais, où tout le monde vivait heureux.



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Rédigé par orange8454

Publié dans #corbeau, #corne, #epouse, #moi, #roi

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Publié le 13 Septembre 2012

Qui n’a pas entendu ce conte de la bouche de sa maman ? Une chèvre avait trois chevreaux : Hemhem, Zemzem et la Chatte Cendrée, ainsi surnommée, a cause de la couleur de son poil, rappelant la cendre.

Tous les matins, en sortant de la maison, la chèvre recommandait à ses petits, de fermer le verrou et de n’ouvrir a personne. Tous les soirs elle revenait et demandait en chantant, à ses biquets :

Ouvrez, ouvrez moi mes petits,

Nous allons dîner de bon appétit.

Et elle frappait sur la porte, en fredonnant :

J’apporte dans mes mamelles du lait,

Des sacs d’herbe sur mon dos sont attachés,

Et dans mes cornes de l’eau de la source puisée.

Alors, les cabris tiraient les verrous, couraient à leur maman, plein de joie.

Or une ghoula (a) habitant le quartier, remarqua les habitudes de la chèvre, espionna son manège, et apprit par cœur les paroles chantées par la chèvre mère, et marqua son horaire d’arrivée.

Un soir la ghoula imitant la maman appela les chevreaux en chantant :

Ouvrez, ouvrez moi mes petits,

Nous allons dîner de bon appétit.

Et elle frappa sur la porte, en fredonnant :

J’apporte dans mes mamelles du lait,

Des sacs d’herbe sur mon dos sont attachés,

Et dans mes cornes de l’eau, de la source puisée.

Hemhem et Zemzem voulurent ouvrir en courant, mais la toute petite, ne reconnaissant pas la voix essaya de les retenir. Ils ne l’écoutèrent point, la traitant de petite chevrette effrayée, ils tirèrent le verrou.

La Chatte Cendrée, apeurée sauta sur une haute étagère, tandis que la ghoula entrait dans la maison et elle avala d’un coup les deux malheureux cabris. La ghoula se posta devant la petit chèvre, mais craignant ses cornes prêtes a cogner, elle s’assit a table et pas encore rassasiée elle mangea encore un grand plat d’assida (b), bien assaisonnée d’ail et de piments, avec une belle sauce épaisse garnie de hareng fumé.

Ensuite elle sortit du logis. Peu de temps après, la chèvre revenant a sa demeure, demanda joyeusement de lui ouvrir, en chantant :

Ouvrez, ouvrez moi mes petits,

Nous allons dîner de bon appétit.

Et elle frappa sur la porte, en fredonnant :

J’apporte dans mes mamelles du lait,

Des sacs d’herbe sur mon dos sont attachés,

Et dans mes cornes de l’eau, de la source puisée.

La Chatte Cendrée, reconnaissant le timbre de la voix de sa maman, tira le verrou et ouvrit les portes. Elle raconta à sa mère, ce qui s’est passée auparavant. La chèvre ne perdant pas de temps, aiguisa ses cornes et sautant sur la terrasse voisine tapa de ses pattes sur le toit. On lui demanda :

Qui est sur ma chambre et réveille ma colère ?

Trouble mon repos et celui de ma belle mère ?

Et dans mon dîner, fait tomber de la poussière ?

La chèvre répondit :

Celui qui a mangé mes petits,

Je le combattrais sans répit.

En duel, je le convoque,

Je le tues, pas d’équivoque !

On lui répliqua :

Je ne suis que Cot-Cot la poulette,

Je me nourris de graines et de miettes.

Je ne mange pas la viande de chevrettes.

La chèvre, s’en alla et sur autre toit de ses pieds frappa. On lui demanda :

Qui est sur ma chambre et réveille ma colère ?

Trouble mon repos et celui de ma belle mère ?

Et dans mon dîner, fait tomber de la poussière ?

La chèvre répondit :

Celui qui a mangé mes petits,

Je le combattrais sans répit.

En duel, je le convoque,

Je le tues, pas d’équivoque !

On lui répliqua :

Je suis le Bébé, la jeune brebis,

D’herbe et de feuilles me nourris.

Je ne mange pas de viande, mon amie.

La chèvre alla de toit en toit et se trouva au dessus de la maisonnette de l’ânesse, de la vache et de la jument, aucune d’elles n’étant carnivore, elles étaient en dehors de tout soupçon.

Enfin elle se trouva sur le toit de la ghoula. Elle tapa de ses pattes. On lui demanda :

Qui est sur ma chambre et réveille ma colère ?

Trouble mon repos et celui de ma belle mère ?

Et dans mon dîner, fait tomber de la poussière ?

La chèvre répondit :

Celui qui a mangé mes petits,

Je le combattrais sans répit.

En duel, je le convoque,

Je le tues, pas d’équivoque !

On lui répliqua :

Je suis la ghoula, que tout le monde redoute.

J’ai mangé Hemhem et Zemzem, pas de doute !

Si tu veux rencontrer tes petits, tout de suite,

Descends que je t’écorche et te mange vite.

La chèvre sauta dans la cour de la ghoula, la douleur et le malheur décuplant ses forces, elle attaqua la ghoula alourdie par son riche festin. De sa corne aiguisée, elle lui ouvrit le ventre, de bas en haut. Hemhem et Zemzem en sortirent et sautant a terre, ils dansèrent et chantèrent :

Nous avons mangé l’assida bien piquante

Dans une grande quaça’a (c), si abondante,

Dans le ventre de la ghoula qui est agonisante.

Leur maman leur fit des remontrances :

- Ouvrirez-vous les portes sans prendre des précautions ? Puis elle les emmena à la maison.

Glossaire : (a) La ghoula, au masculin ghoul, et au pluriel ghoual. Les ghoual sont des démons qui prennent des apparences humaines. Ils errent dans les campagnes et se nourrissent de chair humaine ou animale. Ils sont capables de jeûner longtemps, jusqu’à trouver une nourriture disponible. Quand la faim les tenaille, ils se contentent de manger des cadavres d’animaux et même, humains qu’ils cherchent dans les cimetières. (Vous n’êtes pas obligés de croire, mais les enfants en Tunisie y croyaient, jusqu’à l’âge de 11 ans.)

(b) L’assida. Bouillie dense de semoule de blé, servie arrosée d’une sauce piquante, salée ou sucrée, selon les besoins.

(c) La quaça’a. Grande cuvette de bois, ou l’on prépare le couscous et qui sert aussi à servir la nourriture a la famille qui mange autour.

Ecrit par Camus Igal Bouhnik, d’après : Contes et légendes de Ghzala.

 


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Rédigé par orange8454

Publié dans #chevre, #corne, #ghoul, #mange, #petits

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Publié le 13 Septembre 2012


C’est Beyazit II qui, le premier, formula le projet de faire construire un pont sur la Corne d’Or. Bien plus tard, le pont que la Sultane Mère Bezmialem fit édifier fut utilisé pendant 18 ans, à l’emplacement de l’actuel pont de Galata entre Eminönü et Karaköy (Galata).

En 1863, pour la venue de Napoléon III à Istamboul, Abdülaziz ordonna la construction d’un second pont plus grandiose que celui de la Sultane Mère et on choisit comme emplacement la partie de la Corne d’Or où se trouve l’actuel pont d’Unkapani ou Atatürk.

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Dans les années 1872-1875, une firme anglaise fut chargée d’exécuter le troisième pont de Galata qui faisait 480 mètres de long et 14 de large et qui reposait sur 24 flotteurs. Entre 1910 et 1912, les Allemands construisirent un quatrième pont de Galata qui a été démonté au début des années 90 et transporté plus haut sur la Corne d’Or. Il relie aujourd’hui les quartiers de Balat et Hasköy. Un nouveau pont a remplacé l’ancien et essaie maladroitement avec ses deux étages, à imiter l'ancien.

A signaler le dernier pont récemment doublé et qui est en dehors des remparts et qui sert au boulevard périphérique.

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Pont de Galata depuis les jardins de Soliman 
 


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L'ancien hôpital de la Marine anglaise dominant le pont de Galata


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Le vieux Stamboul : Mosquées Yeni et Nuruosmaniye.

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Rédigé par orange8454

Publié dans #corne, #d’or, #galata, #pont, #sultane

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