Publié le 18 Mars 2014
mange
Publié le 30 Juin 2013
Publié le 13 Septembre 2012
G
Genciv té la avan dan. (Les gencives étaient là avant les dents). Il faut respecter ses aînés).
Gran parad', piti kou baton. (Grande parade, petits coups de bâtons.) Beaucoup de bruit pour peu de chose.
H
I
Iche tig' paka fèt' san zong'. (Les enfants des tigres ne naissent pas sans ongles.) Tel père, tel fils.
I ka palé kon on rara la simèn sint' : (Il parle comme un rara (=crécelle) de la Semaine Sainte). Qualifie une personne très bavarde.
Imité ka détènn. (Imiter déteint). Il faut agir selon ses moyens et non comme font les autres.
I piti, mé kaka-ï gwo. (Il est petit mais son caca est gros). Il faut se méfier des apparences.
J
Jou malè pani pren gad'. (Le jour du malheur, il n'y a pas de "prends garde".) C'est quand on s'y attend le moins qu'un malheur arrive.
K
Kekett' pa ka palé, boudin bava. (Le vagin est muet, le ventre est bavard). Les actes cachés ont des conséquences visibles).
Cé zanmi ki fè si krab pa ni tèt. (Ce sont les amis qui ont fait que le crabe n'a plus de tête.) Ce sont les amis qui bien souvent nous perdent ou c'est à cause des amis que l'on peut tout perdre.
Kod a yanm ka maré yanm. (Les lianes de l'igname attachent l'igname). On est souvent pris à son propre piège.
Kordonié toujou mal chaussé. (Les cordonniers sont les plus mal chaussés.)
Tout' kouyon mo Sinpiè (Tous les idiots ont péris à Saint-Pierre (en référence à l'érruption de la Pelée)
L
Lagè avèti pa touye kokobe. Prévenir vaut mieux que guérir.
Lanmè pa ni branche (La mer n'a pas de branche). Autrement dit, il faut se méfier de la mer et ne pas aller trop loin car il n y a pas d'endroit où s'accrocher pour se sauver.
La poussiè di plis ki sa van chayié'. (La poussière a dit plus que ça, le vent l'a emporté.) Ne te vante pas, il y a plus fort que toi.
Lè bab kanmarad ou pri difé, pran dlo rouzé taw' : (Lorsque la barbe de ton camarade a pris feu, prends de l'eau, arrose la tienne.) Plutôt que de se rejouir du malheur des autres, on devrait en tirer des leçons.
M
Men anpil, chay pa lou. (Beaucoup de mains, la charge n'est pas lourde.) L'union fait la force. Plusieurs mains, point de fardeau.
Tout' mangé bon pou mangé, tout' bagay pa bon pou di. Toute nourriture est bonne à manger, toute parole n'est pas bonne à dire.
Makak paka janmmin touvé iche li lèd. (Le macaque ne trouve jamais son enfant laid.) L'amour est aveugle.
Makak sav adan ki pié bwa i ka monté. (Le macaque sait dans quel arbre il monte.)
Maléré pani gwo kè. (Les malheureux n'ont pas le coeur gros.) Les pauvres ne font pas les difficiles.
Mèm' bèt', mèm' pwèl. (Même bête, même poil.) Du pareil au même.
Mwen la ou mwen bwè lèt pas pou konté vaches. Je suis là pour boire du lait et non pour compter les vaches.
Mod' cé gou, fantaisi cé lidé. (La mode c'est selon le goût, la fantaisie selon l'idée.) Les goûts et les couleurs ne se discutent pas.
N
O
Oui pa ni poutchi. (Oui n'a pas de pourquoi).
Publié le 13 Septembre 2012
Chez moi, dit la petite fille
On élève un éléphant.
Le dimanche son œil brille
Quand papa le peint en blanc.
Chez moi, dit le petit garçon
On élève une tortue.
Elle chante des chansons
En latin et en laitue.
Chez moi, dit la petite fille
Notre vaisselle est en or.
Quand on mange des lentilles
On croit manger un trésor.
Chez moi, dit le petit garçon
Nous avons une soupière
Qui vient tous droit de Soissons
Quand Clovis était notaire.
René Obaldia
Publié le 13 Septembre 2012
Qui n’a pas entendu ce conte de la bouche de sa maman ? Une chèvre avait trois chevreaux : Hemhem, Zemzem et la Chatte Cendrée, ainsi surnommée, a cause de la couleur de son poil, rappelant la cendre.
Tous les matins, en sortant de la maison, la chèvre recommandait à ses petits, de fermer le verrou et de n’ouvrir a personne. Tous les soirs elle revenait et demandait en chantant, à ses biquets :
Ouvrez, ouvrez moi mes petits,
Nous allons dîner de bon appétit.
Et elle frappait sur la porte, en fredonnant :
J’apporte dans mes mamelles du lait,
Des sacs d’herbe sur mon dos sont attachés,
Et dans mes cornes de l’eau de la source puisée.
Alors, les cabris tiraient les verrous, couraient à leur maman, plein de joie.
Or une ghoula (a) habitant le quartier, remarqua les habitudes de la chèvre, espionna son manège, et apprit par cœur les paroles chantées par la chèvre mère, et marqua son horaire d’arrivée.
Un soir la ghoula imitant la maman appela les chevreaux en chantant :
Ouvrez, ouvrez moi mes petits,
Nous allons dîner de bon appétit.
Et elle frappa sur la porte, en fredonnant :
J’apporte dans mes mamelles du lait,
Des sacs d’herbe sur mon dos sont attachés,
Et dans mes cornes de l’eau, de la source puisée.
Hemhem et Zemzem voulurent ouvrir en courant, mais la toute petite, ne reconnaissant pas la voix essaya de les retenir. Ils ne l’écoutèrent point, la traitant de petite chevrette effrayée, ils tirèrent le verrou.
La Chatte Cendrée, apeurée sauta sur une haute étagère, tandis que la ghoula entrait dans la maison et elle avala d’un coup les deux malheureux cabris. La ghoula se posta devant la petit chèvre, mais craignant ses cornes prêtes a cogner, elle s’assit a table et pas encore rassasiée elle mangea encore un grand plat d’assida (b), bien assaisonnée d’ail et de piments, avec une belle sauce épaisse garnie de hareng fumé.
Ensuite elle sortit du logis. Peu de temps après, la chèvre revenant a sa demeure, demanda joyeusement de lui ouvrir, en chantant :
Ouvrez, ouvrez moi mes petits,
Nous allons dîner de bon appétit.
Et elle frappa sur la porte, en fredonnant :
J’apporte dans mes mamelles du lait,
Des sacs d’herbe sur mon dos sont attachés,
Et dans mes cornes de l’eau, de la source puisée.
La Chatte Cendrée, reconnaissant le timbre de la voix de sa maman, tira le verrou et ouvrit les portes. Elle raconta à sa mère, ce qui s’est passée auparavant. La chèvre ne perdant pas de temps, aiguisa ses cornes et sautant sur la terrasse voisine tapa de ses pattes sur le toit. On lui demanda :
Qui est sur ma chambre et réveille ma colère ?
Trouble mon repos et celui de ma belle mère ?
Et dans mon dîner, fait tomber de la poussière ?
La chèvre répondit :
Celui qui a mangé mes petits,
Je le combattrais sans répit.
En duel, je le convoque,
Je le tues, pas d’équivoque !
On lui répliqua :
Je ne suis que Cot-Cot la poulette,
Je me nourris de graines et de miettes.
Je ne mange pas la viande de chevrettes.
La chèvre, s’en alla et sur autre toit de ses pieds frappa. On lui demanda :
Qui est sur ma chambre et réveille ma colère ?
Trouble mon repos et celui de ma belle mère ?
Et dans mon dîner, fait tomber de la poussière ?
La chèvre répondit :
Celui qui a mangé mes petits,
Je le combattrais sans répit.
En duel, je le convoque,
Je le tues, pas d’équivoque !
On lui répliqua :
Je suis le Bébé, la jeune brebis,
D’herbe et de feuilles me nourris.
Je ne mange pas de viande, mon amie.
La chèvre alla de toit en toit et se trouva au dessus de la maisonnette de l’ânesse, de la vache et de la jument, aucune d’elles n’étant carnivore, elles étaient en dehors de tout soupçon.
Enfin elle se trouva sur le toit de la ghoula. Elle tapa de ses pattes. On lui demanda :
Qui est sur ma chambre et réveille ma colère ?
Trouble mon repos et celui de ma belle mère ?
Et dans mon dîner, fait tomber de la poussière ?
La chèvre répondit :
Celui qui a mangé mes petits,
Je le combattrais sans répit.
En duel, je le convoque,
Je le tues, pas d’équivoque !
On lui répliqua :
Je suis la ghoula, que tout le monde redoute.
J’ai mangé Hemhem et Zemzem, pas de doute !
Si tu veux rencontrer tes petits, tout de suite,
Descends que je t’écorche et te mange vite.
La chèvre sauta dans la cour de la ghoula, la douleur et le malheur décuplant ses forces, elle attaqua la ghoula alourdie par son riche festin. De sa corne aiguisée, elle lui ouvrit le ventre, de bas en haut. Hemhem et Zemzem en sortirent et sautant a terre, ils dansèrent et chantèrent :
Nous avons mangé l’assida bien piquante
Dans une grande quaça’a (c), si abondante,
Dans le ventre de la ghoula qui est agonisante.
Leur maman leur fit des remontrances :
- Ouvrirez-vous les portes sans prendre des précautions ? Puis elle les emmena à la maison.
Glossaire : (a) La ghoula, au masculin ghoul, et au pluriel ghoual. Les ghoual sont des démons qui prennent des apparences humaines. Ils errent dans les campagnes et se nourrissent de chair humaine ou animale. Ils sont capables de jeûner longtemps, jusqu’à trouver une nourriture disponible. Quand la faim les tenaille, ils se contentent de manger des cadavres d’animaux et même, humains qu’ils cherchent dans les cimetières. (Vous n’êtes pas obligés de croire, mais les enfants en Tunisie y croyaient, jusqu’à l’âge de 11 ans.)
(b) L’assida. Bouillie dense de semoule de blé, servie arrosée d’une sauce piquante, salée ou sucrée, selon les besoins.
(c) La quaça’a. Grande cuvette de bois, ou l’on prépare le couscous et qui sert aussi à servir la nourriture a la famille qui mange autour.
Ecrit par Camus Igal Bouhnik, d’après : Contes et légendes de Ghzala.
/image%2F0650892%2F20250129%2Fob_756ff6_ezgif-36d06c8720607.gif)


