Publié le 13 Septembre 2012
Un jour la litre dit à la biche :
- Chère voisine, je descends jusqu’au fleuve pêcher quelques poissons. Auriez-vous l’obligeance de surveiller mes petits jusqu’à ce que je revienne ?
- Mais certainement, chère amie. Je m’occuperai d’eux avec plaisir jusqu’à votre retour.
Sur cette promesse la loutre s’en va, confiante. Quelques heures plus tard elle revient avec une charge de poissons. Mais que ne voit-elle pas ? Son gîte dévasté ses petits foulés aux pieds et expirants ou morts. Elle se précipite chez la biche.
- Ah ! ma voisine, je suis désolée de ce qui arrive, mais vous savez à quel point j’aime danser. En votre absence, la fauvette s’est mise à chanter et quand j’entends ce chant délicieux je perds l’esprit et ne peux m’empêcher de danser. En dansant sans faire attention, j’ai marché sur votre nid et j’ai écrasé vos petits.
La loutre alla en pleurant porter plainte au prophète Suleyman, prince des animaux. Elle conta son chagrin. Le prophète fait immédiatement comparaître la biche à son tribunal.
- Est-ce bien toi qui as dévasté le nid de la loutre et écrasé ses petits ?
- Oui, majesté, mais je ne l’ai pas fait exprès.
- Et comment oses-tu soutenir cela ?
- Votre puissante majesté sait que je ne peux pas me retenir de danser quand chante la fauvette.
Je les ai écrasés sans les voir.
Le prophète Suleyman fit appeler la fauvette.
- Est-ce toi qui as joué un air de danse ?
- Oui, majesté, parce que j’y était obligée.
- Comment donc ?
- Votre haute majesté sait que je dois chanter quand le ciel s’éclaircit, pour annoncer le beau temps. Or le lézard était sorti de son trou et se promenait sur le chemin, ce qui est signe de beau temps. Il fallait donc que je chante.
Le prophète fait appeler le lézard.
- As-tu quitté ton trou aujourd’hui ?
- Oui, monseigneur, car je ne pouvais faire autrement.
- Et pour quelle raison ?
- Votre majesté sait que son humble esclave est chargé de la voirie lorsque la tortue, à qui cela incombe normalement, ne peut accomplir sa tâche. Or j’ai vu la tortue recroquevillée sous sa cuirasse, tête et pattes rentrées et plongée dans l’immobilité. Il fallait donc dien que j’aille balayer le chemin.
La tortue est citée au tribunal.
- Pourquoi t-es-tu enfermée dans ta cuirasse ?
- Parce que j’ai vu l’écrevisse marcher clopin-clopant avec toutes ses pinces opuvertes, prête à pincer qui se trouverait sur son passage.
Le prophète fait alors appeler l’écrevisse.
- Pourquoi donc marchais-tu ainsi les pinces ouvertes ?
- O majesté, je me promenais dans le ruisseau, quand j’ai failli être blessée par une épinoche qui avait sorti ses épines. Je me permets de rappeler à votre souveraine majesté que mes pinces sont mes seules armes.
ais en état de légitime défense.
Alors le prophète se retournant vers la loutre lui dit :
- A qui la faute ?
La loutre s’excusa et partit…
/image%2F0650892%2F20250129%2Fob_756ff6_ezgif-36d06c8720607.gif)






