Publié le 13 Septembre 2012

Un jour, un Bektaşi passa devant une mosquée. Par la porte ouverte, il vit l'imam qui battait un chien errant. Le Bektaşi s'avança jusqu'au seuil et interpella le religieux pour lui demander pourquoi il battait cette pauvre bête.

- C'est pourtant évident, répondit l'imam, cet animal stupide ne sait même pas qu'il n'a pas le droit d'entrer dans la maison d'Allah, alors je le frappe pour lui inculquer cette règle si simple !

Le Bektaşi prit un air songeur et hocha la tête.

- Oui, je vois... Je suis d'accord avec toi, tu as bien raison de faire cela. C'est vrai que les hommes sont bien plus intelligents que les chiens. Moi, par exemple, il ne m'est jamais venu à l'esprit d'entrer dans la maison d'Allah...



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Rédigé par orange8454

Publié dans #allah, #battait, #bektasi, #bien, #chien

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Publié le 13 Septembre 2012

Cette histoire se passe pendant le glorieux règne du Sultan Mourad…Le shah de Perse Abdas venait de conquérir Bagdad et y faisait régner la terreur. Personne ne pouvait quitter la ville.

 

Mais un homme réussit à la quitter et informa le Sultan d’Istamboul du sort terrible des habitants de Bagdad.

 

Sur toutes les places de la ville les crieurs publics annoncèrent qu’on n’accepterait dans l’armée que des hommes d’âge mûr, ayant une barbe assez fournie pour qu’on pût y planter un peigne.

 

Une fois composée l’armée se mit en route, mais comme il approchait de Bagdad, le Sultan désirant désigner à son armée un commandant capable et expérimenté fit appeler un par un tous ceux qu’il jugeait aptes au commandement et leur posa cette simple question : Où est Bagdad ?. A deux ou trois ou quatre jours disaient les autres, et le Sultan faisait immédiatement chasser honteusement de l’armée tous ceux qui lui répondaient de cette façon.

 

  L’un des chefs de l’armée avait un fils âgé de dix-huit ans. Pour ne pas se séparer de l’adolescent auquel il était interdit de se trouver à l’armée, son père l’avait logé dans une grande caisse, percée de petits trous, qu’il faisait toujours transporter avec lui. L’enfant sortait le soir à la nuit tombée. Il en demanda la raison. Son père lui expliqua ce qu’était advenu aux autres commandants et lui dit que c’était le lendemain son tour d’être questionné.

 

- Si le Sultan te questionne demain, lui dit son fils, réponds-lui de cette façon : Prends dans ta main le drapeau, monte à cheval et presse ta monture. Bagdad est sous le pied de ce cheval.

 

De fait, le lendemain matin, le Sultan appelle le père du jeune homme et lui demande où se trouve Bagdad. Celui-ci répond comme son fils le lui avait conseillé et le Sultan se plaît à entendre ces paroles. Toutefois, soupçonnant quelque stratagème, il demanda quel est le véritable inspirateur de cette réponse, promettant qu’en échange de la vérité il pardonnera tout. Le père lui dit la vérité et le Sultan fit venir l’enfant.

 

- Quel est ton nom

 

- On m’appelle le jeune Osman.

 

- Ne sais-tu pas que j’ai ordonné de n’accepter à l’armée que ceux dont la barbe serait assez fournie pour qu’on pût y enfoncer un peigne et que les contrevenants sont passibles de la peine capitale ?

 

- Mon Sultan, je ne suis pas aussi jeune que tu penses, je suis en réalité plus vieux que les vieillards.

 

- S’il en est ainsi, prends ce peigne et enfonce-le dans ta barbe.

 

Alors le jeune Osman prit le peigne et se l’enfonça dans la lèvre faisant jaillir le sang.

 

Où est donc ta barbe ? Je ne te vois pas de poil sur le visage.

 

Ma barbe n’est pas sur mon visage. C’est en moi que je porte les années et non sur mon visage. C’est moi qui ai compris que tu ne voulais pas véritablement apprendre la distance jusqu’à Bagdad mais bien éprouver le courage des chefs de ton armée et c’est moi qui ai indiqué à mon père de quelle manière il devait te répondre.

 

- C’est toi qui es le chef que je cherche pour mon armée, dit le Sultan et il lui remit aussitôt les insignes du commandement.

 

L’armée arriva sous les murs de Bagdad et avait commencé le siège. Une nuit le jeune Osman fit un songe. Il vit lui apparaître le cheik Abd-ul-Kadir Geylani, saint chef d’une confrérie religieuse qui était enterré dans la ville. Le jeune Osman lui expliqua que les munitions, les provisions s’épuisaient et qu’ils n’auraient bientôt plus les forces nécessaires pour s’emparer de Bagdad. Le cheik lui dit :

 

- Demain matin, dis à Sultan Mourad de faire fondre un grand canon de fer.

 

Au matin, le jeune Osman raconte son rêve au Sultan.

 

- Nous n’avons pas le fer qu’il faudrait pour fondre un canon.

 

La nuit suivante, le cheik apparaît de nouveau au jeune Osman et dit :

 

- Puisqu’il n’y a pas assez de fer, réunissez tous les fers de chevaux et toutes les chaînes de fer que vous trouverez. Vous pourrez fondre un canon.

 

Ainsi fut fait, mais il n’y avait pas de moule pour faire un canon. La troisième nuit, le cheik demande pourquoi le canon n’est pas coulé ; le jeune homme répond qu’il n’y a pas de moule.

 

- Prenez un tronc d’arbre, autour vous disposez une carcasse de planches en forme de ruche d’abeille. Ensuite voulez le fer entre le tronc et les planches. Vous aurez construit un excellent canon.

 

Le canon fut construit mais il manquait la poudre et les boulets. La quatrième nuit le cheik apparut encore au jeune Osman.

 

- Prenez de la terre comme poudre, des pierres comme boulets, si vous ne réussissez pas à abattre le mur de la forteresse, je paraîtrai demain au-dessus de mon tombeau sous la forme d’un faucon blanc. Pointez le canon sur moi et tirez. Puis lancez un second boulet contre les murailles. Il ouvrira une brèche et vous pourrez pénétrer dans la ville.

 

Tous les préparatifs sont faits pour l’assaut ; à l’heure dite un oiseau blanc survole le tombeau du cheik et comme annoncé les murailles s’abattent au second coup de canon. Un grand combat s’engage dans la ville. Le jeune Osman pénètre dans Bagdad en portant le drapeau de l’armée. Dans la bataille, un coup de sabre lui tranche les deux mains mais le drapeau, sans tomber à terre, continuait d’avancer au-dessus des moignons sanglants. Un soldat vit le prodige et poussa un grand cri. Aussitôt le drapeau tomba à terre et Osman, s’écroulant, rendit l’âme. Dans la ville conquise, il fut enterré sur les lieux mêmes de sa mort héroïque et son tombeau est encore aujourd’hui un lieu de pèlerinage où le peuple de la ville vient prier, en souvenir de sa libération.

 

 



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Rédigé par orange8454

Publié dans #bagdad, #canon, #jeune, #osman, #sultan

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Publié le 13 Septembre 2012

Un jour, dans une mosquée, un imam déclara pendant son prêche que ceux qui commettaient l'horrible péché de boire du vin se retrouveraient en Enfer avec autour du cou toutes les bouteilles qu'ils auraient bues pendant leur triste existence.

Frappé par ces paroles, un Bektaşi présent dans l'assistance se leva et demanda si les bouteilles seraient vides ou pleines. L'imam, songeant à alourdir - au sens propre du terme - le fardeau des pécheurs, répondit qu'elles seraient bien sûr pleines à ras bord !

Et l'on vit alors le Bektaşi quitter la mosquée en sautant de joie...



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Rédigé par orange8454

Publié dans #bouteilles, #imam, #pendant, #pleines, #seraient

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Publié le 13 Septembre 2012

Un vieux Turmène nommé Youssouf régissait les troupeaux du pacha de Bolou. C’étaient des chevaux magnifiques. Un jour un étalon blanc comme la neige sortit subitement des eaux et vint se mêler aux juments. Les poulains qui naquirent ne payaient pas de mine ; maigrelets et contrefaits, ils faisaient tache au milieu du troupeau.

 

Or le pacha était un homme cruel. Il ordonna de crever les yeux au malheureux gardien, puis le fit chasser ignominieusement en lui faisant cadeau par dérision du plus difforme des poulains.

 

Yousouf qui avait un fils du nom de Keuroglou jura de consacrer sa vie à la vengeance de son père et à la défense des opprimés.

 

Son père mourut, et Keuroglou éleva soigneusement le poulain né de l’étalon magique. Par un étonnant miracle, ce poulain devint bientôt un magnifique cheval gris qui n’avait pas son pareil dans tous les pays des alentours. Beau et docile, il faisait l’orgueil de son maître et l’envie de tous ceux qui voyaient le jeune homme sur sa magnifique monture.

 

Un jour le pacha rencontra le jeune homme monté sur son cheval. Il le réclama comme son bien et lui proposa d’entrer à son service.

 

Keuroglou éclatant d’indignation dévoila son désir de vengeance s’enfuit vers les montagnes.

 

Il vécut dans la montagne comme un hors-la-loi pourchassant les séides du pacha et protégeant les pauvres. Aussi était-il aimé de tous.

 

Un jour déguisé en berger il alla proposer ses moutons au Turkème qui était accompagné d’Ivaz son fils. Le marché fut conclu et pendant que le Turkème allait changer de l’argent, Keuroglou se saisit Ivaz, le couchant en travers de sa selle, il partit au grand galop

 

Le chef d’une troupe qu’on envoya contre lui, nommé Kenan fut tellement admiratif du courage de Keuroglou qu’il abandonna ses soldats et se rangea du côté de celui qu’il avait pour mission de poursuivre.

 

Le pacha possédait un magnifique palais entouré d’un parc enchanteur et de vergers splendides. Les amis de Keuroglou décidèrent de ramener à leur compagnon les fruits les plus succulents, mais ils furent surpris par une troupe nombreuse. Ivaz put s’échapper, mais Kenan restait captif et le pacha réclama en échange de sa liberté le cheval gris de Keuroglou. Celui-ci y consentit et le merveilleux coursier alla languir dans les écuries du pacha.

 

Le fier animal était saisi de rage dès qu’on l’approchait et le pacha cherchait en vain le moyen de calmer sa splendide monture. Keuroglou s’introduisit dans la ville déguisé en poète errant et il laissa entendre qu’il possédait des secrets magiques pour le dressage des animaux rebelles et on consentit à le mener aux écuries. La seule vue de son maître suffit à calmer le cheval. Il demanda qu’on le fît sortir dans la cour du palais qui était entourée de hautes murailles. Il enfourcha le cheval, lui murmura quelques paroles à l’oreille et le cheval gris s’envolant d’un seul coup sauta par-dessus la muraille, laissant stupéfait les serviteurs du pacha.

 

Le Sultan avait une fille du nom de Nigar que son père gardait jalousement.

 

Ayant entendu parlé d’elle par un caravanier, Keuroglou partit pour Istanboul dans le dessein de la conquérir. Il se déguisa comme à son habitude en poète, mais il fut démasqué par Bulbek khan, homme cupide et méchant, courtisan du pacha de Bolou qui le fit enchaîner et jeté dans une sordide prison. Il passait son temps à chanter à la fenêtre. La belle Nigar entendit parler de celui qui avait risqué sa vie pour elle, le vit à sa fenêtre et s’émut pour ce héros qui affrontait la mort de si belle humeur. Elle gagna le geôlier à prix d’or et vint de nuit ouvrir à Keuroglou les portes de la prison.

 

Bulbek se lança à sa poursuite à la tête d’une troupe de soldats. Mais vaincu il se retrouva ficelé sur sa selle et le fit écorcher vif, avant d’envoyer sa peau empaillée au padischah.

 

Ses noces avec la belle Nigar furent célébrées.

 

Sa renommée parvint jusqu’au schah de Perse Abdas, qui voulut le faire général en chef de ses troupes. Mais Keuroglou refusa cette offre et le schah se mit alors dans une terrible colère.

 

Lassé de ses travaux et de ses batailles, Keuroglou vieillit ainsi dans ses montagnes, mais il n’aspirait plus qu’à faire avant sa mort le pèlerinage de la Mecque. Il laissa à Ivaz le soin de défendre son peuple et parti avec le bâton et la besace du pèlerin.

 

Un jour il s’arrêta sur le bord de la route et demanda l’hospitalité à eux hommes qui le reconnurent, le tuèrent dans son sommeil et portèrent sa tête à Schah Abdas. Mais celui-ci pleura à cette vue et apprenant que c’était par traitrise que le héros avait trouvé la mort, il livra ses assassins à la fureur des amis de Keuroglou.

 

Ivaz poursuivit à Tchamlibel l’œuvre de son père adoptif. On y voit encore les ruines de la forteresse et Keuroglou, dit-on y revient parfois la nuit sur son cheval gris.

 

 


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Rédigé par orange8454

Publié dans #cheval, #homme, #keuroglou, #pacha, #pere

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Publié le 13 Septembre 2012

{Le terme de "kul" désigne un statut situé à mi-chemin entre le sujet et l'esclave. Dans l'Islam, les hommes sont censés être les kuls d'Allah.}

Au temps où l'Egypte était encore une province de l'Empire Ottoman, la région était gouvernée par un vice-roi. L'un des plus célèbres à occuper ce poste fut Mehmet Ali Pacha, qui organisait souvent de grands défilés pour proclamer sa force et son opulence à la face de toute la population.

Un jour, un Bektaşi assista à l'une de ces processions. Il vit passer Mehmet Ali Pacha, entouré par ses gens tous somptueusement parés, et il compara sa tenue miteuse à la leur. On le vit alors lever les bras au ciel et interpeller Allah en ces termes :

- Regarde, regarde comment sont habillés les kuls de Mehmet Ali Pacha et comment sont habillés les tiens !...



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Rédigé par orange8454

Publié dans #ali, #kul, #mehmet, #pacha, #vit

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