Publié le 13 Septembre 2012

Le grand Timour avait fait don d’un éléphant à la ville d’Akshehir, à charge pour celle-ci d’entretenir convenablement l’animal. La municipalité en eut vite par-dessus la tête. L’animal ne pouvait rester en place, ni supporter la solitude. On n’arrivait pas à le rassasier. Il dévastait les jardins et renversait mes murailles. A la fin les souffrances du peuple parvinrent à leur comble Le conseil se réunit pour envisager les moyens de se débarrasser de cette bête encombrante. On décida d’adresser une supplique au conquérant.

 

- Prenons le hodja avec nous, dit quelqu’un Timour l’écoute volontiers.

 

Et voilà nos gens partis, le hodja à leur tête. Mais à mesure qu’on s’approche du palais la troupe s’éclairci. Beaucoup se rappellent soudain des affaires urgentes. D’autres s’attardent en chemin. Enfin à la porte du palais notre homme se retrouve tout seul

 

- Ah ! rage-t-il, c’est comme cela. Eh bien ! ils vont voir comme j’accomplirai quand même ma mission ».

 

Et il entre. On l’introduit.

 

- Sois le bienvenu, hodja ! dit le grand prince, que veux-tu ?

 

- Monseigneur, nous sommes très reconnaissants à votre incomparable majesté pour cet éléphant dont elle a daigné nous faire présent. C’est la joie de nos cœurs et le plaisir de nos yeux. Malheureusement cet éléphant se sent un peu seul. Il languit de solitude. Il lui faudrait une compagne.

 

Timour l’interrompt :

 

- Oh ! mais bien volontiers. Est-ce une femelles qu’il vous faut ? C’est facile. Je vous la donne.

 

Et le hodja de sortir à reculons en se confondant en remerciements. A peine est-il sorti du palais que nos gens, tant bien que mal regroupés, l’assaillent de toutes parts.

 

- Eh bien, qu’arrive-t-il ? Rendond-nous l’animal ?

 

Mais le hodja calme les gens du geste.

 

- Pourquoi donc tant de bruit ? Qu’est-ce là ? La bonne nouvelle, la voici : après le mâle, on nous fait don d’une femelle.

 

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #c’est, #elephant, #gens, #hodja, #timour

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Publié le 13 Septembre 2012

Un homme vivait dans la forêt et gagnait sa vie comme bûcheron. Un jour qu'il était au travail, il vit un ourson qui se tordait de douleur par terre. L'homme s'approcha lentement, de peur que la mère ourse ne rôde dans le coin et l'attaque, mais il vit que l'ourson était seul et souffrait d'une grosse écharde de bois enfoncée dans son pied. Il réussit à l'amadouer suffisamment pour lui saisir le pied et retirer l'écharde. L'ourson était tellement content qu'il demanda au bûcheron de le suivre. Il lui montra un grand arbre dans lequel s'ouvrait un grand trou rempli de miel. Il lui fit signe de se servir à son gré et retourna dans la forêt vivre sa vie d'ourson.

L'homme était bien heureux de cette aubaine : il pourrait nourrir sa famille et gagner une belle somme en vendant le reste au marché. Il commença à récolter le miel, encore et encore, mais à force de se pencher pour aller le chercher de plus en plus loin, il finit par tomber dans le trou. Il passa à travers la couche de miel et se mit à tomber, tomber, tomber, jusqu'à atterrir dans une grotte. Dans la faible lumière, il crut tout d'abord que le sol bougeait sous ses pieds, puis il se rendit compte avec horreur qu'il était dans un nid de serpents et que les reptiles, par centaines, par milliers, grouillaient autour de lui. Il recula jusqu'au mur de la grotte, incapable de fuir. Sa terreur atteignit son paroxysme lorsqu'il vit s'avancer une femme dont le bas du corps était une grande queue de serpent. Il reconnut Şahmeran, la femme serpent dont parlaient de nombreux contes de la région. Il se mit à genoux et la supplia de le laisser partir, racontant sa vie difficile et la famille qu'il avait à nourrir. Attendrie, Şahmeran accepta de lui montrer le chemin de la sortie s'il promettait de ne jamais révéler sa cachette. L'homme promit, et Şahmeran lui expliqua comment remonter jusqu'à l'arbre.

De nombreux jours passèrent, les uns après les autres, et la fille du sultan tomba gravement malade. A cours de remèdes, les médecins déclarèrent au souverain que seule une potion faite avec le sang de Şahmeran la sauverait de son mal. Le sultan était au désespoir car il savait que personne n'avait jamais réussi à trouver la créature. Mais il lui restait néanmoins une chance : on disait que celui qui connaissait la cachette de Şahmeran portait une marque sur l'omoplate en forme de serpent. Le sultan offrit alors à tout son peuple une journée gratuite aux bains. Il posta des soldats dans chaque hammam, des soldats qui, discrètement, inspectaient le dos de ceux qui venaient profiter de l'aubaine. Le bûcheron, qui même au fond de sa forêt avait entendu parler de ce cadeau, fut donc arrêté et amené devant le sultan.

L'homme refusa tout d'abord de divulguer le secret, mais les tortures prodiguées par les bourreaux du palais eurent raison de sa volonté et de sa promesse. Les soldats allèrent chercher Şahmeran au fond de son trou et la ramenèrent au palais dans une cage ; le bûcheron fondit en larmes devant elle en expliquant qu'on l'avait forcé à la trahir. Lorsqu'elle comprit qu'on allait la tuer, Şahmeran demanda au sultan d'être coupé en trois : un morceau pour guérir la malade, un morceau dont on ferait boire le sang au bûcheron, et un dernier morceau que l'on rejetterait dans le trou de l'arbre pour qu'elle puisse peut-être y renaître un jour. Le sultan accéda à ces ultimes volontés. Dès que le bûcheron avala le sang de Şahmeran, il se changea en serpent et s'enfuit du palais. Et l'on raconte depuis lors que celui qui tombe dans la caverne de Şahmeran, si les autres reptiles lui en laissent le temps, peut voir l'un d'eux pleurer sur son sort près d'une grande queue de serpent...



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Rédigé par orange8454

Publié dans #bucheron, #sahmeran, #serpent, #tombe, #vit

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Publié le 13 Septembre 2012

Ce jour-là était remplit d’orage ; dans une tente une jeune file accouchait d’un fils qu’on nomma Oghouz. Ses yeux étaient bleus, ses lèvres rouges et brûlantes comme le feu, ses cheveux et ses sourcils noirs comme la nuit ; il était plus beau que les dieux eux-mêmes.

 

Après avoir goûté une première fois du lait de sa mère, il refusa d’en boire de nouveau, mais réclama de la viande et du vin. A quarante jours il parlait, marchait et jouait. Il grandit et devint rapidement d’une force prodigieuse, avec une poitrine plus large que celle des grands ours, des reins plus agiles que ceux des loups. Il passait son temps à chasser et à dompter les troupeaux de chevaux sauvages.

 

Les jours, les années passèrent. Or, il y avait en ce temps-là, dans ces parages, une grande forêt, traversée de rivières profondes et peuplées de nombreuses bêtes féroces. Dans cette forêt vivait un dragon terrifiant, qui dévorait hommes et chevaux et était le fléau des habitants de la contrée. Oghouz décida de lui donner la chasse.

 

Un jour, prenant son arc et ses flèches, son épée et son bouclier, il s’enfonça dans la forêt. Il força un cerf, le lia à un arbre avec une branche de saule et s’en alla.

 

Le lendemain, il revint dès l’aube. Le dragon avait dévoré le cerf. Cette fois il prit un ours, l’attacha au tronc d’arbre avec sa ceinture d’or et s’en alla.

 

 Le lendemain matin, le dragon avait dévoré l’ours. A lors cette fois il resta lui-même au pied de l’arbre, pour y passer la nuit. Il veilla toute la nuit ; aux premières lueurs de l’aurore, le dragon parut dans un bruit d’ouragan qui faisait trembler le feuillage et s’entrechoquer les branches, le monstre à tête d’animal, aux pieds humains, aux griffes tranchantes se jeta sur le héros qui l’attendait de pied ferme.

 

Oghouz lutta longtemps avec le monstre, il lui creva un œil avec sa javeline. Le dragon aveuglé hurlait de douleur, déracinant les arbres de la forêt et heurtant le sol de terribles coups de queue. Oghouz planta son épée dans la gorge qui se tordait et lui coupa la tête d’un revers de lame.

 

Il retourna au village et jeta sur la place la tête du monstre encore toute frémissante.

 

La foule s’abandonnait à la joie de la délivrance, Oghouz se retira dans une vallée écartée, pour prier Dieu et le remercier de sa victoire. Le soir de retour dans son village, il vie une jeune fille et en tomba amoureux fou et crut en perdre l’esprit.

 

Il épousa la jeune fille et en eut trois fils qu’on appela Jour, Lune et Etoile…

 

Un autre jour qu’Oghouz chassait comme à l’accoutumée, il s’égara dans une région inconnue de lui. Sur sa route s’offrit le lac et à son milieu il y avait une petite île, sous un arbre était assise une merveilleuse jeune fille, aux yeux plus bleus que le ciel, aux dents de perle, aux cheveux ondulés comme les vagues. Il l’épousa et eut d’elle trois autres fils qu’on appela Ciel, Montagne et Mer…

 

L’autorité d’Oghouz était maintenant reconnue par toute la tribu. Lors qu’un festin, il se leva et dit :

 

- Nos guerriers s’amollissent, moi que vous reconnaissez pour votre roi, je vous ordonne de prendre vos arcs, vos flèches, vos javelines, vos boucliers. La fortune suivra nos pas, les nom du loup sera notre cri de guerre.

 

Il envoya partout des émissaires porter ses ordres et enjoindre aux tribus voisines de reconnaitre sont autorité.

 

Un de ses voisins, qu’on appelait le roi d’or, accueillit tout de suite avec faveur les ambassadeurs d’Oghouz et envoya à celui-ci un riche tribut d’or et d’argent en signe de soumission. Mais sur l’autre frontière réglait un roi nommé Ouroum, qui possédait de nombreuses villes et une grande armée. Il refusa de payer tribut. Oghouz marcha contre lu avec toutes ses forces. Au bout de quarante jours, l’armée campa au pied d’une montagne de glace, aucun passage n’apparaissait…

 

Mais un jour à l’aube, une lueur plus brillante que le soleil pénétra dans sa tente et de cette lueur sorti un grand loup gris, à la crinière et aux poils azurés.

 

- Je viens te monter la voie, et je marcherai devant ton armée.

 

Le loup les guidait dans les passages difficiles. Au bout de quelques jours le grand loup s’arrêta, sur les bords du fleuve Idil. C’est là que se livra la bataille la plus terrible. Oghouz remporta la victoire et s’empara du royaume de son ennemi.

 

Il continua à conquérir des contrées toujours guidé par le loup gris.

 

Oghouz était devenu vieux. Il avait pour ministre et confident un vieillard fort expérimenté du nom d’Oulou Turuk. Une nuit cet homme vit en rêve un arc d’or et trois flèches d’argent L’arc couvrait la terre de l’Orient à l’Occident et les flèches s’étendaient vers les pays du Nord. Il raconta son rêve à Oghouz  et lui dit :

 

- O grand roi, le dieu du ciel m’a révélé la vérité dans ce songe. Il veut que tu partages tes immenses domaines entre tous tes enfants, afin que la race turque règne sans conteste sur toute la surface de la terre.

 

Oghouz approuva ces paroles et fit appeler ses enfants.

 

- Je voudrais pourvoir encore chasser, mais je suis devenu vieux et je suis affaibli par l’âge. Allez chasser pour moi et vous me rapporterez votre butin. Vous trois, dit-il à Jour, Lune et Etoile, allez du côté de l’Est. Que Ciel, Montagne et Mer aillent vers l’Ouest.

 

Les enfants partirent. Vers le soir les trois grands frères réapparurent. Ils avaient trouvé un arc d’or qu’ils apportaient à leur père.

 

Peu après rentrèrent les trois frères cadets qui avaient beaucoup chassé et avaient trouvé sur le chemin trois flèches d’argent.

 

Puis Oghouz réunit tout son peuple en une immense assemblée.

 

Sur la grande place du camp il fit planter à droite et à gauche deux mâts de quarante coudées de haut. Au sommet de l’un était fixée une poule d’or, et à son pied était lié un mouton blanc. Au sommet de l’autre était fixée une poule d’argent et à son pied attaché un mouton noir. Les frères aînés se groupèrent autour du premier et les plus jeunes autour du second.

 

 

Oghouz fit diviser le peuple en deux parties qui se groupèrent autour des deux mâtes et jurèrent fidélité à leurs nouveaux chefs. Les festins et les réjouissances qui suivirent durèrent quarante jours et quarante nuits.

 

Oghouz sentant la fin prochaine, partagea son empire entre ses enfants et leur dit ces simples mots :

 

- Mes enfants, j’ai beaucoup combattu, j’ai tiré beaucoup de flèches et bien souvent bandé mon arc. J’ai fait du mal à mes ennemis et du bien à mes amis. J’ai toujours rendu au dieu du ciel ce que je lui devais. Je vous laisse maintenant la terre turque. Protégez-la et défendez-la comme je l’ai fait.

 

Et le vieux roi, penchant la tête sur son épaule s’endormit du dernier sommeil.

 

 


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Un jour, un Bektaşi passa devant une mosquée. Par la porte ouverte, il vit l'imam qui battait un chien errant. Le Bektaşi s'avança jusqu'au seuil et interpella le religieux pour lui demander pourquoi il battait cette pauvre bête.

- C'est pourtant évident, répondit l'imam, cet animal stupide ne sait même pas qu'il n'a pas le droit d'entrer dans la maison d'Allah, alors je le frappe pour lui inculquer cette règle si simple !

Le Bektaşi prit un air songeur et hocha la tête.

- Oui, je vois... Je suis d'accord avec toi, tu as bien raison de faire cela. C'est vrai que les hommes sont bien plus intelligents que les chiens. Moi, par exemple, il ne m'est jamais venu à l'esprit d'entrer dans la maison d'Allah...



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Rédigé par orange8454

Publié dans #allah, #battait, #bektasi, #bien, #chien

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Publié le 13 Septembre 2012

Cette histoire se passe pendant le glorieux règne du Sultan Mourad…Le shah de Perse Abdas venait de conquérir Bagdad et y faisait régner la terreur. Personne ne pouvait quitter la ville.

 

Mais un homme réussit à la quitter et informa le Sultan d’Istamboul du sort terrible des habitants de Bagdad.

 

Sur toutes les places de la ville les crieurs publics annoncèrent qu’on n’accepterait dans l’armée que des hommes d’âge mûr, ayant une barbe assez fournie pour qu’on pût y planter un peigne.

 

Une fois composée l’armée se mit en route, mais comme il approchait de Bagdad, le Sultan désirant désigner à son armée un commandant capable et expérimenté fit appeler un par un tous ceux qu’il jugeait aptes au commandement et leur posa cette simple question : Où est Bagdad ?. A deux ou trois ou quatre jours disaient les autres, et le Sultan faisait immédiatement chasser honteusement de l’armée tous ceux qui lui répondaient de cette façon.

 

  L’un des chefs de l’armée avait un fils âgé de dix-huit ans. Pour ne pas se séparer de l’adolescent auquel il était interdit de se trouver à l’armée, son père l’avait logé dans une grande caisse, percée de petits trous, qu’il faisait toujours transporter avec lui. L’enfant sortait le soir à la nuit tombée. Il en demanda la raison. Son père lui expliqua ce qu’était advenu aux autres commandants et lui dit que c’était le lendemain son tour d’être questionné.

 

- Si le Sultan te questionne demain, lui dit son fils, réponds-lui de cette façon : Prends dans ta main le drapeau, monte à cheval et presse ta monture. Bagdad est sous le pied de ce cheval.

 

De fait, le lendemain matin, le Sultan appelle le père du jeune homme et lui demande où se trouve Bagdad. Celui-ci répond comme son fils le lui avait conseillé et le Sultan se plaît à entendre ces paroles. Toutefois, soupçonnant quelque stratagème, il demanda quel est le véritable inspirateur de cette réponse, promettant qu’en échange de la vérité il pardonnera tout. Le père lui dit la vérité et le Sultan fit venir l’enfant.

 

- Quel est ton nom

 

- On m’appelle le jeune Osman.

 

- Ne sais-tu pas que j’ai ordonné de n’accepter à l’armée que ceux dont la barbe serait assez fournie pour qu’on pût y enfoncer un peigne et que les contrevenants sont passibles de la peine capitale ?

 

- Mon Sultan, je ne suis pas aussi jeune que tu penses, je suis en réalité plus vieux que les vieillards.

 

- S’il en est ainsi, prends ce peigne et enfonce-le dans ta barbe.

 

Alors le jeune Osman prit le peigne et se l’enfonça dans la lèvre faisant jaillir le sang.

 

Où est donc ta barbe ? Je ne te vois pas de poil sur le visage.

 

Ma barbe n’est pas sur mon visage. C’est en moi que je porte les années et non sur mon visage. C’est moi qui ai compris que tu ne voulais pas véritablement apprendre la distance jusqu’à Bagdad mais bien éprouver le courage des chefs de ton armée et c’est moi qui ai indiqué à mon père de quelle manière il devait te répondre.

 

- C’est toi qui es le chef que je cherche pour mon armée, dit le Sultan et il lui remit aussitôt les insignes du commandement.

 

L’armée arriva sous les murs de Bagdad et avait commencé le siège. Une nuit le jeune Osman fit un songe. Il vit lui apparaître le cheik Abd-ul-Kadir Geylani, saint chef d’une confrérie religieuse qui était enterré dans la ville. Le jeune Osman lui expliqua que les munitions, les provisions s’épuisaient et qu’ils n’auraient bientôt plus les forces nécessaires pour s’emparer de Bagdad. Le cheik lui dit :

 

- Demain matin, dis à Sultan Mourad de faire fondre un grand canon de fer.

 

Au matin, le jeune Osman raconte son rêve au Sultan.

 

- Nous n’avons pas le fer qu’il faudrait pour fondre un canon.

 

La nuit suivante, le cheik apparaît de nouveau au jeune Osman et dit :

 

- Puisqu’il n’y a pas assez de fer, réunissez tous les fers de chevaux et toutes les chaînes de fer que vous trouverez. Vous pourrez fondre un canon.

 

Ainsi fut fait, mais il n’y avait pas de moule pour faire un canon. La troisième nuit, le cheik demande pourquoi le canon n’est pas coulé ; le jeune homme répond qu’il n’y a pas de moule.

 

- Prenez un tronc d’arbre, autour vous disposez une carcasse de planches en forme de ruche d’abeille. Ensuite voulez le fer entre le tronc et les planches. Vous aurez construit un excellent canon.

 

Le canon fut construit mais il manquait la poudre et les boulets. La quatrième nuit le cheik apparut encore au jeune Osman.

 

- Prenez de la terre comme poudre, des pierres comme boulets, si vous ne réussissez pas à abattre le mur de la forteresse, je paraîtrai demain au-dessus de mon tombeau sous la forme d’un faucon blanc. Pointez le canon sur moi et tirez. Puis lancez un second boulet contre les murailles. Il ouvrira une brèche et vous pourrez pénétrer dans la ville.

 

Tous les préparatifs sont faits pour l’assaut ; à l’heure dite un oiseau blanc survole le tombeau du cheik et comme annoncé les murailles s’abattent au second coup de canon. Un grand combat s’engage dans la ville. Le jeune Osman pénètre dans Bagdad en portant le drapeau de l’armée. Dans la bataille, un coup de sabre lui tranche les deux mains mais le drapeau, sans tomber à terre, continuait d’avancer au-dessus des moignons sanglants. Un soldat vit le prodige et poussa un grand cri. Aussitôt le drapeau tomba à terre et Osman, s’écroulant, rendit l’âme. Dans la ville conquise, il fut enterré sur les lieux mêmes de sa mort héroïque et son tombeau est encore aujourd’hui un lieu de pèlerinage où le peuple de la ville vient prier, en souvenir de sa libération.

 

 



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Rédigé par orange8454

Publié dans #bagdad, #canon, #jeune, #osman, #sultan

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