princesse

Publié le 13 Septembre 2012

I1 était une fois un homme et sa femme, qui avaient deux fils et qui étaient bien pauvres. Le père étant mort, sa femme et ses enfants ne purent lui faire dire une messe, faute d'argent. Depuis ce moment, on entendit chaque soir des coups frappés dans divers endroits de la maison : c'était le père qui revenait et demandait des prières.

Un jour que le plus jeune des deux fils priait sur la tombe de son père, il vit un petit oiseau voltiger près de lui ; il voulut l'attraper, l'oiseau s'envola à quelque distance. Le jeune homme se mit à sa poursuite, et il se laissa entrainer si loin, qu'à la fin de la journée il se trouva au milieu d'un grand bois. La nuit vint ; le jeune homme monta sur un chêne pour y dormir en sûreté, et il y était à peine qu'il vit trois hommes s'approcher de l'arbre : l'un portait du pain, l'autre de la viande et du vin, le troisième du feu. Ils ramassèrent du bois, l'allumèrent et firent un grand brasier pour y faire cuire leur viande. Or, ces hommes étaient des voleurs.

Ils vinrent à parler d'un château qu'ils voulaient aller piller ; une seule chose les embarrassait, c'était un petit chien qui gardait la porte du château et aboyait ˆ tout venant. Il s'agissait de savoir qui tuerait ce chien ; aucun d'eux ne voulait s'en charger. Comme ils se disputaient, ils levèrent les yeux et aperçurent le jeune homme sur son arbre. Ils lui crièrent de descendre. C'est toi, lui dirent-ils, qui tuera le petit chien ; si tu ne veux pas, nous te tuerons toi-même. - Je ferai ce qu'il vous plaira, répondit le jeune homme.
En effet, il tua le petit chien et s'introduisit dans le château par un trou qu'il fit dans le mur. Les voleurs lui passèrent une hache afin qu'il brisât la porte ; mais il les engagea ˆ entrer par le trou qu'il venait de faire. Un des voleurs s'y étant glissé, le jeune homme lui abattit la tête d'un coup de sa hache et tira le corps en dedans. « A votre tour », dit-il au second ; dépêchons. Et il lui coupa aussi la tête. Le troisième eut le même sort.

Cela fait, le jeune homme entra dans une chambre, où il trouva une belle princesse qui dormait. Il passa dans une autre chambre, où était aussi une princesse endormie, plus belle encore que la première. Parvenu dans une dernière chambre, il vit une troisième princesse, également endormie, qui était encore plus belle que les deux autres. Le jeune homme prit une des pantoufles de cette princesse et sortit du château. De retour à la maison, il fit dire une messe pour son père. 


Cependant, la plus belle des trois princesses aurait bien voulu savoir qui avait pénétré dans le château et enlevé sa pantoufle. Elle fit bâtir une hôtellerie sur la porte de laquelle était écrit : Ici l'on boit et mange pour rien, moyennant qu'on raconte son histoire. Un jour, le jeune homme s'y trouva avec sa mère et son frère. Survint la princesse, qui demanda d'abord à l'aîné de raconter son histoire. L'aîné dit : « Je suis charbonnier ; tous les jours de ma vie je vais au bois pour faire du charbon : voilà toute mon histoire. - Et vous », dit-elle au plus jeune, « qu'avez-vous à raconter ? ».

Le jeune homme commença ainsi : « Un jour, des voleurs voulurent entrer dans un château ; ce château était gardé par un petit chien, qui aboyait à tout venant. Ils m'ordonnèrent de tuer ce petit chien, ce que je fis.

La mère du jeune homme lui disait de se taire, mais la princesse l'obligea à poursuivre.
« Quand les voleurs », continua-t-il, voulurent ensuite pénétrer dans le château, je les tuai l'un après l'autre. J'entrai dans une chambre, où je trouvai une belle princesse qui dormait ; puis dans une seconde, où était aussi une princesse endormie, plus belle encore que la première ; enfin, dans une dernière chambre, où je vis une troisième princesse, également endormie, encore plus belle que les deux autres. Je pris la pantoufle de cette princesse, et je sortis du château. Cette pantoufle, la voici.

A ces mots, la princesse, toute joyeuse, montra l'autre pantoufle. Quelque temps après, elle épousa le jeune homme.

E. Cosquin, Contes populaires de Lorraine, 1886

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

La princesse Anne était une enfant gâtée. Lors de la promenade avec ses parents, elle vit un troupeau de moutons qui broutaient tranquillement dans un pré. Elle remarqua aussitôt un petit agneau tout blanc et demanda à ses parents de l’acheter.

Plusieurs mois passèrent et la petite bête devint une superbe brebis. La princesse en demanda d’autres et au bout que quelques temps elle posséda un véritable troupeau.

Elle aimait passer tout son temps à garder son troupeau, mais son teint halé par le soleil déplaisait à ses parents qui décidèrent de trouver un berger.

Le roi rencontra le jeune Jean-Louis et le ramena au château.

Il dit à sa fille :

-        
maintenant tu n’auras plus besoin d’aller aux champs.

Très triste de cette décision elle demanda à son père de pouvoir les emmener le matin et d’aller les rechercher le soir.

Un matin, à l’approche d’un grand bois elle dit au petit berger :

-        
n’entre pas dans ce bois car il est habité par trois géants méchants.

-        
Je n’y entrerai pas, dit Jean-Louis.

Mais dès que la princesse de fut éloigné, il s’enfonça dans la forêt. Il se trouva face à face avec un géant tout recouvert d’acier.

-        
Que viens-tu faire ici ?

-        
Je me promène et garde les moutons de la Princesse Anne.

-        
Qu’as-tu dans le dos ?

-        
Un sac contenant du pain, de la viande et du vin.

-        
Donne.

Le géant dévora tout et vida la bouteille de vin.

Pas habitué par l’alcool, le géant s’étendit sur le sol et s’endormit.

Jean-Louis tira un couteau de sa poche et le planta dans la gorge du géant qui périt aussitôt.

Le petit berger poursuivit sa promenade et découvrit dans une clairière une grande maison tout en acier.

A l’intérieur tout le mobilier était d’acier, dans l’écurie un cheval était recouvert d’un caparaçon d’acier. Il était dans la maison du géant.

Le soir venu la princesse trouva le petit berger qui gardait paisiblement le troupeau.

-        
Es-tu allé dans le bois ?

-        
Non ma princesse répond t-il ?

-         Bien, car j’ai eu très peur pour toi.

-         Ma princesse, j’ai eu très soif aujourd’hui.

-         Si une boutielle ne te suffit pas, je t’en donnerais une autre.

Le lendemain, sur le chemin elle recommanda à Jean-Louis de ne pas rentrer dans le bois.

A peine partie, le petit berger retourna dans le bois.

Il vit un géant encore plus effrayant tout vêtu d’argent.

-         Que fais-tu ici ?

-         Je me promène et garde les moutons de ma princesse.

-         Qu’as-tu dans ton dos ?

-         Mes provisions pour la journée ; du pain, de la viande et du vin. Tu as faim ?

-         Oui répondit le géant.

Le géant mangeât de bon appétit et but les deux bouteilles de vin.

Le géant s’endormit et Jean-Louis lui trancha la gorge. Non loin de là il découvrit la maison du géant qui était toute d’argent.

Le soir, la princesse lui demanda :

-        
Tu n’es pas entré dans la forêt ?

-         Non ma princesse, mais aujourd’hui il a fait encore plus chaud.

-         Je te donnerai donc trois bouteilles de vins, ta soif sera étanchée.

Le jour suivant, la princesse renouvela ses recommandations.

Mais aussitôt le dos tourné, il lui désobéit.

Il rencontra le troisième géant qui était tout couvert d’or et lui donna son repas et les trois bouteilles de vin.

Jean-Louis le tua, et se mit aussitôt à chercher sa maison. Il la repéra bien vite car elle était toute couverte d’or.

A l’intérieur le mobilier, le harnais du cheval et ses sabots étaient d’or.

Le roi qui voulait marier sa fille organisa un tournoi pendant trois jours. Chaque jour un pot de fleur était en jeu, le chevalier qui remporterait les trois pots épouserait la princesse.

Amoureuse du petit berger, elle lui dit :

-        
Tâche demain de gagner le prix.

Le petit berger endossa l’armure d’acier et personne ne le reconnut. Ayant prit au premier géant l’écu protecteur et la lance qui atteint toujours son but, il triompha aisément de ses rivaux.

La petite princesse était malheureuse car elle n’avait pas vu le petit berger.

Le soir, elle lui demanda :

-        
Pourquoi n’es-tu pas venu ?

-         J’étais malade, mais je viendrais demain.

Le lendemain il revêtit l’armure d’argent.

Le roi le trouva beau sans le reconnaître.

Et comme la veille le petit berger vainquit ses rivaux.

Mais Anne était de plus en plus triste et quand elle rencontra le petit berger le sermonna de ne pas être venu.

-        
Je ne suis pas un chevalier répondit-il.

-         Soit, je te prêterais des vêtements lui dit-elle.

-         Merci, mais je n’en ai pas besoin, demain je viendrais.

Le jour suivant, il se présenta tout couvert d’or. En le voyant le roi en fut ébloui.

-        
Je n’ai jamais vu un aussi beau chevalier.

Le petit berger gagna le troisième pot de fleurs.

Le soir, la princesse alla voir le petit berger et lui dit :

-        
Tu n’as promis de venir, c’est toi que je voulais épouser. Mon père va me donner en mariage à un autre.

-         Demain je vous expliquerai, dit-il.

Le lendemain, il emmena la princesse dans la forêt et lui montra les trois maisons.

-        
Mon dieu dit-elle, tu es plus riche que mon père.

Alors ensemble ils retournèrent au château et Jean-Louis donna au roi les trois pots de fleurs.

Emerveillé par tant de richesse, le roi lui donna sa fille en mariage.

C’est ainsi que Jean-Louis le petit berger épousa Anne la petit princesse.




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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois dans une région du haut Atlas, un vieux sultan et n’est sultan que Allah le tout puissant, qui était de caractère exigeant mais très honnête ; il était père d'une jeune fille, la princesse Tinarouz. Très curieuse de tout, elle avait les yeux noirs comme la nuit, de longs cheveux et un voile qui recouvrait son visage.

Celle-ci désirait se marier le premier jour du printemps et voulait comme cadeau le coffre en argent qui se trouvait au grenier et qui appartenait à son arrière-grand-mère. Il ne restait que cinq jours avant l’arrivée du printemps et le roi n'ayant pas trouvé de jeune prince à qui marier sa fille.

Le jour arrivé, très triste et ennuyé, le sultan alla voir sa fille pour lui dire que se marier ce jour-là précisément était impossible. La princesse en fut très triste et alla dans sa chambre.

Myriam, sa servante lui demanda ce qui n'allait pas et la princesse lui répondit que son père avait dit qu'elle ne pouvait pas se marier le premier jour du printemps. Myriam, qui était un peu sorcière, lui donna une pierre et lui dit :

" Frotte cette pierre sur ton cœur et en même temps fais un vœu et il se réalisera le jour que tu désires "

Et elle fit ce que la servante lui avait demandé. Tinarouz demanda bien sûr de se marier avec un prince le jour de son anniversaire.

Quand le grand jour fut arrivé, le sultan fit descendre le coffre en argent jusqu'à la salle du trône et ordonna de le déposer devant sa fille.

Et quand Tinarouz l'ouvrit, elle poussa un cri. Car, devinez ce qu'il y avait à l'intérieur ? Dans le coffre, se trouvait un jeune homme aux yeux bleus comme la couleur de la rivière près de la Kasbah.

Le jouvenceau avait les cheveux bruns et un chapeau sur la tête.

" Qui êtes-vous ? " demanda la princesse.

" Je ne peux pas vous le dire, mais je suis venu vous demander votre main si votre père est d’accord "

Certes le prince était beau mais le sultan et la princesse se demandaient s'il était bon et courageux. Aussi le sultan dit-il au prince que pour obtenir la main de sa fille, il fallait combattre le « Ghoul à sept têtes » qui régnait dans la forêt près de la rivière qui coulait près de la Kasbah.

Le lendemain matin, le jeune homme, armé d'une épée, alla à cheval jusqu'à la forêt où se trouve le « Ghoul à sept têtes ».

Une fois arrivé à la forêt et au bout de quelques instants, le jeune homme sentit la terre trembler en dessous de lui et vit les arbres bouger. Soudain apparut, tachetée de rouge entre les arbres, une grosse créature à sept têtes vertes. Le « Ghoul » commença à jeter des flammes qui entourèrent le jeune prince qui s'alarma :

" Mon dieu, que vais-je faire entre ces flammes ? ".

Mais au moment où il allait se faire brûler, une chose surprenante arriva : la rivière sortit de son lit et se dispersa dans la forêt qui fut inondée. Le jeune homme profita de cet effet de surprise pour couper les sept têtes du « Ghoul » d’un seul coup puis il les emporta dans un grand sac et retourna au village sur son cheval blanc. Une fois arrivé au village, il déposa le sac devant le sultan et sa fille.

" As-tu tué le Ghoul ? " demanda le roi.

" Oui " répondit le jeune homme et il ouvrit le sac.

" Donc je t'accorde la main de ma fille " reprit le sultan.

Et c'est ainsi que la princesse put épouser le prince.

Ils vécurent quelque temps heureux, mais un jour qu'ils mangeaient au bord d'une rivière bleu turquoise, Tinaruz demanda au prince d'où il venait et comment il s'appelait.

" Si je te le dis, il nous arrivera un malheur "

Mais la princesse insista tellement que le prince allait commencer à lui dire qui il était et d'où il venait quand il se reproduisit le même événement qu'avec le «Ghoul» : la rivière ressortit de son lit en engloutissant le prince.

La princesse courut jusqu'à la Kasbah de son père. Désespérée, elle lui raconta la mésaventure du prince. Des jours passèrent et Tinaruz se lamentait de la disparition de son mari.

Un soir où la lune se reflétait dans la rivière, Myriam, qui se promenait au bord, vit apparaître de petites lumières qui dansaient sur l’eau et soudain la rivière s'ouvrit.

Myriam vit alors un vieil homme à la barbe blanche assis sur le trône et à côté de lui se trouvait un jeune homme aux yeux bleus comme l'eau, aux cheveux bruns et qui portait un petit chapeau.

Myriam reconnut tout de suite le mari de la princesse et courut avertir sa maîtresse de cette apparition :

" Princesse ! Princesse ! J’ai vu le jeune homme que tu as épousé "

" Amène-moi à lui " lui dit brusquement la princesse.

Myriam conduisit donc Tinaruz au bord de la rivière et comme sa servante, elle aperçut le vieux monsieur assis sur le trône et à côté de lui le jeune prince.

La princesse reconnut aussitôt son mari et se mit à danser devant lui et le vieux monsieur.

Tout à coup, le prince lui aussi reconnut celle qu'il avait épousée et éleva la voix :

" Père, regarde c'est avec elle que je me suis marié "

Le vieux monsieur demanda :

" Toi, belle étrangère, que fais- tu ici ? "

" Je suis venu chercher l'homme que j'ai épousé "

" Tu as la promesse du roi des eaux mais souviens-toi toujours de la raison pour laquelle tu as perdue ton époux. La curiosité peut être dangereuse ! "

Et les eaux se refermèrent laissant sur la rive Tinaruz et le prince, heureux de se retrouver.

 

 

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y a bien longtemps dans la ville de Meknès, dans un petit café se tiennent régulièrement des conteurs renommés ; ils narrent sans se lasser eux-mêmes, de bonnes histoires qui attirent l’attention des autres consommateurs. L’histoire commence ainsi…


Le sultan Abib, qu’il soit béni !, avait une fille qui ne voulait pas se marier. Elle préférait rester dans la maison de son père. Il s’était présenté plus de cent jeunes gens des meilleures familles qui désiraient obtenir la main de la princesse et toujours elle disait non.


- Il est impossible que tu restes éternellement dans ma maison, je n’ai ni frère, tu es ma fille unique ; que deviendras-tu après mois ? ton entêtement me cause bien de l’inquiétude, dit le sultan.


- O père, je ne refuse pas de me marier, mais je ne veux pour mari qu’un homme dont l’esprit soit subtil.


- Comment reconnaîtras-tu la subtilité d’esprit de ton prétendant ? demanda-t-il


- A ceci : ouvre un concours, je dirai un mensonge énorme et celui qui en trouvera un équivalent aura ma main.


Il en fut ainsi. Le sultan fit annoncer dans toutes les villes de la Chaouïa, du Souss… jusqu’au Soudan, qu’il donnerait sa fille à celui qui dirait un mensonge plus énorme que celui même qu’elle composerait.


Le mensonge est celui-ci :


- J’ai fait construire une marmite si grande qu’il a fallu trois cent soixante clous pour en assembler les éléments. Chaque clou a été rivé par un forgeron et chaque forgeron n’entendait pas le martellement de l’autre forgeron tant était grande ma gigantesque marmite ».


De tous les coins de l’Empire fortuné arrivèrent des prétendants. Ils comparaissaient devant le sultan aux côtés de qui se tenait, voilée, la princesse, sa fille.


Chacun débitait un mensonge, mais ce n’était qu’un tout petit mensonge.


Des semaines passèrent. Les prétendants se retiraient confus, la princesse triomphait. Par contre, le sultan se désolait, lui qui savait bien que chaque concurrent évincé était un ennemi pour lui et pour l’Empire fortuné.


Enfin un jour arriva un jeune Chleuh, c’était un pauvre diable qui a fait  le voyage monté sur une malheureuse bourrique, c’était un meskine pour tout dire. Il n’y avait cependant pas moyen de l’évincer, car les conditions du concours étaient formelles et chacun avait le droit de s’y présenter.


Après s’être incliné devant le sultan et sa fille il dit :


- J’ai fait pousser un chou, il a trois cent soixante feuilles et chaque feuille peut abriter trois cent soixante cavaliers ; aucun cavalier ne peut voir son voisin tant il est éloigné de lui.


- Et dans quoi espères-tu faire cuire ton chou ? demanda la princesse.


- Dans ton chaudron, réplique le Chleuh.


- Vraiment, tu as fait un plus beau mensonge que le mien, voici ma main.


Le meskine épousa la princesse, ils furent heureux et ils eurent beaucoup d’enfants.

 

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois une princesse, fille de roi. Elle se prénommait Safia. Son père et sa mère l'aimaient tellement qu'ils ne lui auraient rien refusé. Un jour, un magicien arriva au palais en demandant asile : il prétendit être un savant professeur, pourchassé par ses ennemis, et qu'il n'avait aucun endroit où aller pour écrire un livre très important.

 

« Mon cher professeur », dit le Roi, « vous aurez ici une pièce à votre disposition et tout ce que vous pourrez souhaiter pour pouvoir terminer votre ouvre. ».

 

Le magicien vint donc s'installer avec ses sortilèges et ses formules magiques, en se faisant passer pour un savant professeur. Chaque vendredi, qui était le jour de repos dans ce pays éloigné, le magicien présentait ses hommages au Roi et à sa cour, mais il convoitait secrètement le trône royal.

 

Un jour il se déguisa en vieille femme et parcourut les jardins ombragés du palais à la recherche de Safia.

 

« Princesse », dit-il, « permettez-moi d'être votre lingère, car je sais laver le lin et la soie mieux que personne au monde, et je le ferais pour presque rien si je pouvais servir votre Grandeur. ».

 

« Chère femme, » dit la princesse Safia, « Je devine que vous êtes une pauvre créature et votre situation m'afflige. Venez me voir dans mes appartements et je vous donnerai du linge à laver. ».

 

C'est ainsi que le magicien déguisé suivit la princesse à l'intérieur du palais, et avant même qu'elle ait pu s'apercevoir de quoi que ce soit, il l'avait enfermée dans un sac à linge et s'enfuit aussi vite qu'il le put. Il amena la Princesse dans son appartement. Il murmura un sort qui la rendit aussi petite qu'une poupée et il la cacha dans un placard.

 

Le vendredi suivant, il se présenta à la Cour comme d'habitude et trouva le palais tout entier en proie au tumulte. « La Princesse Safia a disparu, et Sa Majesté a presque perdu la tête. Tous les jeteurs de sorts ont essayé de découvrir à l'aide de leurs pouvoirs magiques où elle pouvait être mais aucun n'a trouvé quoi que ce soit », dit le Grand Vizir.

 

Le méchant magicien sourit car il savait que son sortilège était si puissant que personne dans tout le pays ne pourrait le contrer tant qu'il serait en vie.

 

Le jour suivant, alors que la Reine était en train de pleurer, le magicien entra, déguisé en lingère. Il la fourra dans un sac à linge et l'emporta dans son appartement. Il la transforma en poupée pas plus grosse que son pouce.

 

« Ha-Ha ! », ricana le magicien, « maintenant je vais capturer le Roi et c'est moi qui dirigerai le pays. ».

 

Donc, le jour suivant, il attendit que le Roi parte se reposer, épuisé et tourmenté par la disparition de la Reine, et, déguisé de la même façon, il captura le Roi. Il le transforma lui aussi en poupée pas plus grosse que la Reine et l'enferma dans le placard.

 

C'est alors que, toute la famille royale ayant disparu, les courtisans commencèrent à pleurer et à gémir ; ils se rendirent en grand nombre à l'appartement du magicien pour lui demander conseil.

 

« Vous êtes un homme de science », dit le Grand Vizir, « vous devez connaître beaucoup de choses. Pourriez-vous nous dire ce que nous devons faire ? ».

 

« Jusqu'à ce que le Roi, la Reine et la Princesse réapparaissent, laissez-moi vous diriger », dit le magicien, et le peuple approuva. C'est ainsi que durant une longue période le méchant magicien gouverna le pays et amassa une grosse fortune car les habitants lui apportaient tout l'or du pays. Sans arrêt il envoyait des troupes qui parcouraient le pays dans tous les sens à la recherche du Roi, de sa femme et de sa fille. Mais bien sûr personne ne trouvait rien.

 

Cependant, un jour, une souris arriva jusque dans le placard où était cachée la Princesse Safia. Quelle ne fut pas sa surprise d'entendre celle-ci lui dire, « Souris, souris, creuse un trou dans ce placard pour que je puisse m'échapper, car le méchant magicien qui m'a jeté ce sort ne me laissera jamais sortir, et je mourrai ».

 

« Qui êtes-vous ? » demanda la souris.

 

« Mon père est le Roi et il vous récompensera généreusement. Vous aurez du fromage à volonté pour le restant de vos jours », dit la Princesse.

 

« Qu'Allah ait pitié ! » dit la souris. « Sa Majesté le Roi a disparu, la Reine aussi et le magicien est maintenant sur le trône ».

 

« Oh non », gémit la Princesse, « que leur est-il arrivé ? Le méchant magicien les aurait-il aussi capturés ? ».

 

« Attendez ici », dit la souris, « je vais jeter un coup d'œil dans les autres parties du placard ». Et bien entendu, elle découvrit le Roi et la Reine transformés en poupées minuscules sur l'étagère du haut. Mais ils étaient tout raides, comme s'ils avaient été taillés dans le bois, car le magicien avait utilisé pour eux un sort différent.

 

La souris retourna raconter sa triste découverte à la Princesse.

 

« Hélas, hélas », pleura la Princesse, « que puis-je faire alors, même si je m'échappe, que m'arrivera-t-il ? ».

 

« Princesse », dit la souris, « Je vais vous aider. Je vais aller voir une Femme d'une grande sagesse qui vit dans un arbre creux. Ce soir je reviendrai vous raconter ce qu'elle a dit. ».

 

La Princesse se cacha à nouveau dans le placard et la souris disparut.

 

A l'intérieur d'un grand arbre qui avait vu passer beaucoup d'hivers vivait la vieille Femme de grande sagesse. La souris arriva et lui demanda : « Mère, dites-moi ce que je dois faire pour aider la fille du Roi qui a été transformée en poupée par le magicien. Elle espère s'échapper par un petit trou que j'aurais creusé dans la porte. J'ai découvert que le Roi et la Reine sont dans le même placard, métamorphosés en poupées de bois pas plus grosses que votre pouce. ».

 

« Dites à la fille du Roi qu'elle doit venir ici quand la lune sera haute et que je l'aiderai », dit la Femme de grande sagesse.

 

La nuit tombée, la souris retourna dans le placard et creusa le bois pour permettre à Safia de sortir par le trou. La Princesse était si petite qu'il lui fut facile de courir hors du palais sans se faire remarquer par les gardes. Quand la lune se leva et que le jardin fut inondé de lumière, la minuscule Princesse se glissa dans l'arbre creux que lui avait montré la souris.

 

« Entrez, fille du Roi », dit la femme de grande sagesse. « J'ai trouvé la réponse à vos questions dans mes livres de magie. » La souris faisait le guet à côté pour s'assurer que personne n'arrivait, et Safia s'assit sur un petit tabouret tandis que la vieille femme lisait son grand livre de magie.

 

« Vous devez marcher jusqu'à la croisée des chemins et dans un champ des environs vous verrez un cheval de couleur orange, déjà sellé pour un voyage. Sautez sur son dos, après lui avoir fait manger une graine d'herbe magique ».

 

« Où vais-je trouver la graine d'herbe magique ? », demanda la Princesse.

 

« Je vais vous la donner », dit la femme de grande sagesse, en cherchant dans un tiroir.

 

« Que dois-je faire une fois sur le cheval ? » demanda Safia.

 

« Fille du Roi, vous devez lui murmurer à l'oreille, Emmène-moi, cheval orange, là où pousse le poirier sacré pour que je puisse rapporter une poire de sa branche la plus haute », dit la vieille femme en reposant son livre sur l'étagère.

 

« Et ensuite je retrouverai ma taille normale ? » demanda la Princesse.

 

« Quand le méchant magicien sera mort et pas avant vous retrouverez votre taille normale », dit la Femme de grande sagesse. « Vous devez remonter sur le cheval orange et chevaucher jusqu'à ce vous atteigniez le puits de l'Ogre Vert. Murmurez à l'oreille droite du cheval et vous y parviendrez avant même de le savoir. Jetez la poire au plus profond du puits car l'âme du méchant magicien est cachée dans cette poire et si elle tombe dans l'antre de l'ogre celui-ci la dévorera. Ainsi le magicien mourra. ».

 

« Qu'arrivera-t-il ensuite ? », Voulut savoir la Princesse.

 

« Ensuite, toutes les créatures transformées par le magicien retrouveront leur forme originelle et tout sera comme avant. » Et la femme de grande sagesse lui mit une graine d'herbe dans la main.

 

La minuscule Princesse remercia donc la Femme de grande sagesse, dit au revoir à la souris et courut au clair de lune jusqu'à la croisée des chemins.

 

Elle vit, comme le lui avait dit la vieille femme, un cheval de couleur orange, avec une belle crinière et une queue dorées, qui attendait dans le champ, harnaché et sellé.

 

« Cheval orange ! Cheval orange ! » L’appela Safia à voix basse. « Voici la graine d'herbe magique. Emmène-moi jusqu'au poirier sacré, pour que je puisse attraper la poire la plus haute ».

 

Le cheval de couleur orange baissa la tête pour avaler la graine. Puis il baissa la tête à nouveau pour permettre à Safia de grimper sur son dos en se cramponnant à la crinière dorée. Elle s'installa sur la selle du mieux qu'elle put. Le cheval hennit deux fois, puis, agitant la tête, se mit à galoper plus vite que le vent.

 

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Safia se retrouva au milieu d'un beau verger rempli de cerisiers, de pruniers et d'arbres couverts de baies mais il n'y avait là qu'un seul poirier.

 

« Le voici », dit le cheval, et debout sur la selle Safia tendit le bras vers les branches. Elle attrapa une poire sur la plus haute branche et la déposa délicatement dans la besace.

 

« Emmène-moi jusqu'au Puits de l'Ogre vert », murmura-t-elle à l'oreille droite du cheval. Le cheval orange fit un signe de la tête et s'élança tel le vent ; ses sabots allaient si vite qu'ils semblaient ne pas toucher terre. Derrière trois palmiers, il y avait un puits. Au clair de lune, Safia vit, qu'à l'intérieur du puits, il y avait la tête d'un ogre, aussi grosse qu'un potiron avec des yeux énormes et tous ronds et une grande bouche. Elle se dépêcha de prendre la poire contenant l'âme du magicien et la jeta directement dans la bouche de l'Ogre vert. Immédiatement l'Ogre dévora la poire et Safia se mit à grandir. Elle avait désormais retrouvé sa taille normale - le méchant magicien était mort.

 

Le cheval la ramena à la croisée des chemins et alors qu'elle s'apprêtait à le remercier il disparut dans un grand bruit de tonnerre.

 

Elle courut jusqu'au palais puis dans la pièce où sa mère et son père étaient emprisonnés. Elle découvrit que le Roi et la Reine, ayant repris leur taille normale, étaient très intrigués de se retrouver dans un placard. Elle leur expliqua rapidement toute l'histoire.

 

« Appelez le Capitaine de la Garde ! », ordonna le Roi. « Arrêtez le magicien et qu'il soit décapité »

 

Mais quand les soldats arrivèrent dans la chambre royale pour arrêter le faux roi, ils s'aperçurent qu'il était mort au moment-même où l'Ogre Vert avait mangé la poire, comme l'avait prédit la Femme de grande sagesse.

 

Il y eut de grandes réjouissances au palais et Safia décida d'aller remercier la Femme de grande sagesse qui vivait dans l'arbre creux. Mais de l'arbre il n'y avait plus trace - il avait disparu, c'était comme s'il n'avait jamais existé. Safia n'en croyait pas ses yeux, elle regardait partout lorsqu'un beau et grand jeune homme, richement vêtu, s'approcha d'elle.

 

« Soyez bénie, chère Princesse », dit-il, « car c'était moi la souris, victime d'un enchantement, qui a creusé le trou qui vous a permis de vous évader et d'aller chercher la poire qui contenait l'âme du magicien ».

 

« Ainsi donc c'était vrai, ce n'était pas un rêve ! » s'écria Safia. « Je venais trouver la Femme de grande sagesse et elle a disparu ».

 

« Elle vit dans un arbre enchanté », expliqua le jeune homme, « et comme elle veut désormais séjourner ailleurs, l'arbre a été déraciné et déplacé sans qu'il en reste aucune trace ».

 

« Venez avec moi voir mon père afin qu'il puisse vous remercier, » dit Safia.
Le jeune homme l'accompagna donc et en s'agenouillant devant le Roi il expliqua qu'il était un prince qui avait été transformé en souris par le magicien.

 

« Vous resterez ici et épouserez ma fille », promit le Roi, « et vous dirigerez le royaume après moi, puisque ne n'ai pas de fils ».

 

Et c'est ainsi que les choses se passèrent, les fêtes du mariage durèrent sept jours et sept nuits, et Safia et son époux vécurent heureux durant de longues années.

 


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Rédigé par orange8454

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