berger

Publié le 13 Septembre 2012

La princesse Anne était une enfant gâtée. Lors de la promenade avec ses parents, elle vit un troupeau de moutons qui broutaient tranquillement dans un pré. Elle remarqua aussitôt un petit agneau tout blanc et demanda à ses parents de l’acheter.

Plusieurs mois passèrent et la petite bête devint une superbe brebis. La princesse en demanda d’autres et au bout que quelques temps elle posséda un véritable troupeau.

Elle aimait passer tout son temps à garder son troupeau, mais son teint halé par le soleil déplaisait à ses parents qui décidèrent de trouver un berger.

Le roi rencontra le jeune Jean-Louis et le ramena au château.

Il dit à sa fille :

-        
maintenant tu n’auras plus besoin d’aller aux champs.

Très triste de cette décision elle demanda à son père de pouvoir les emmener le matin et d’aller les rechercher le soir.

Un matin, à l’approche d’un grand bois elle dit au petit berger :

-        
n’entre pas dans ce bois car il est habité par trois géants méchants.

-        
Je n’y entrerai pas, dit Jean-Louis.

Mais dès que la princesse de fut éloigné, il s’enfonça dans la forêt. Il se trouva face à face avec un géant tout recouvert d’acier.

-        
Que viens-tu faire ici ?

-        
Je me promène et garde les moutons de la Princesse Anne.

-        
Qu’as-tu dans le dos ?

-        
Un sac contenant du pain, de la viande et du vin.

-        
Donne.

Le géant dévora tout et vida la bouteille de vin.

Pas habitué par l’alcool, le géant s’étendit sur le sol et s’endormit.

Jean-Louis tira un couteau de sa poche et le planta dans la gorge du géant qui périt aussitôt.

Le petit berger poursuivit sa promenade et découvrit dans une clairière une grande maison tout en acier.

A l’intérieur tout le mobilier était d’acier, dans l’écurie un cheval était recouvert d’un caparaçon d’acier. Il était dans la maison du géant.

Le soir venu la princesse trouva le petit berger qui gardait paisiblement le troupeau.

-        
Es-tu allé dans le bois ?

-        
Non ma princesse répond t-il ?

-         Bien, car j’ai eu très peur pour toi.

-         Ma princesse, j’ai eu très soif aujourd’hui.

-         Si une boutielle ne te suffit pas, je t’en donnerais une autre.

Le lendemain, sur le chemin elle recommanda à Jean-Louis de ne pas rentrer dans le bois.

A peine partie, le petit berger retourna dans le bois.

Il vit un géant encore plus effrayant tout vêtu d’argent.

-         Que fais-tu ici ?

-         Je me promène et garde les moutons de ma princesse.

-         Qu’as-tu dans ton dos ?

-         Mes provisions pour la journée ; du pain, de la viande et du vin. Tu as faim ?

-         Oui répondit le géant.

Le géant mangeât de bon appétit et but les deux bouteilles de vin.

Le géant s’endormit et Jean-Louis lui trancha la gorge. Non loin de là il découvrit la maison du géant qui était toute d’argent.

Le soir, la princesse lui demanda :

-        
Tu n’es pas entré dans la forêt ?

-         Non ma princesse, mais aujourd’hui il a fait encore plus chaud.

-         Je te donnerai donc trois bouteilles de vins, ta soif sera étanchée.

Le jour suivant, la princesse renouvela ses recommandations.

Mais aussitôt le dos tourné, il lui désobéit.

Il rencontra le troisième géant qui était tout couvert d’or et lui donna son repas et les trois bouteilles de vin.

Jean-Louis le tua, et se mit aussitôt à chercher sa maison. Il la repéra bien vite car elle était toute couverte d’or.

A l’intérieur le mobilier, le harnais du cheval et ses sabots étaient d’or.

Le roi qui voulait marier sa fille organisa un tournoi pendant trois jours. Chaque jour un pot de fleur était en jeu, le chevalier qui remporterait les trois pots épouserait la princesse.

Amoureuse du petit berger, elle lui dit :

-        
Tâche demain de gagner le prix.

Le petit berger endossa l’armure d’acier et personne ne le reconnut. Ayant prit au premier géant l’écu protecteur et la lance qui atteint toujours son but, il triompha aisément de ses rivaux.

La petite princesse était malheureuse car elle n’avait pas vu le petit berger.

Le soir, elle lui demanda :

-        
Pourquoi n’es-tu pas venu ?

-         J’étais malade, mais je viendrais demain.

Le lendemain il revêtit l’armure d’argent.

Le roi le trouva beau sans le reconnaître.

Et comme la veille le petit berger vainquit ses rivaux.

Mais Anne était de plus en plus triste et quand elle rencontra le petit berger le sermonna de ne pas être venu.

-        
Je ne suis pas un chevalier répondit-il.

-         Soit, je te prêterais des vêtements lui dit-elle.

-         Merci, mais je n’en ai pas besoin, demain je viendrais.

Le jour suivant, il se présenta tout couvert d’or. En le voyant le roi en fut ébloui.

-        
Je n’ai jamais vu un aussi beau chevalier.

Le petit berger gagna le troisième pot de fleurs.

Le soir, la princesse alla voir le petit berger et lui dit :

-        
Tu n’as promis de venir, c’est toi que je voulais épouser. Mon père va me donner en mariage à un autre.

-         Demain je vous expliquerai, dit-il.

Le lendemain, il emmena la princesse dans la forêt et lui montra les trois maisons.

-        
Mon dieu dit-elle, tu es plus riche que mon père.

Alors ensemble ils retournèrent au château et Jean-Louis donna au roi les trois pots de fleurs.

Emerveillé par tant de richesse, le roi lui donna sa fille en mariage.

C’est ainsi que Jean-Louis le petit berger épousa Anne la petit princesse.




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Rédigé par orange8454

Publié dans #berger, #geant, #petit, #princesse, #        

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Publié le 13 Septembre 2012

C'est un berger qui est absolument simplet et qui a appris bizarrement ses prières.

Mais alors, il a une telle confiance que certains jours, quand il y a besoin d'aller sur le versant d'Istanbul Europe, il quitte le versant d'Asie, il met son manteau de berger sur l'eau, il se met à genoux dessus, il fait sa prière et il traverse.

Et le manteau ne coule pas. Il trouve ça très naturel.

Un matin, il arrive sur la plage. Il y avait déja une sorte de derviche qui était en train de faire sa méditation et qui voit arriver le berger qui pose son manteau sur l'eau et qui dit très sérieusement en faisant un très belle prière :

"Mon Dieu tu as péché contre moi, j'ai pitié de toi !"

"Mon Dieu tu as péché contre moi, j'ai pitié de toi !"

Et le berger s'en va tranquillement sur l'eau.

L'autre qui était derviche lui crie

"Eh ! Eh ! c'est pas comme çà qu'on fait une prière. Il ne faut pas faire sa prière comme çà, il faut dire :

Seigneur, j'ai péché contre toi, aie pitié de moi ! "

Alors l'autre revient, toujours avec son manteau et dit "Pardon ?"

"Tu ne sais pas faire ta prière" dit le derviche."

"Tu ne sais pas faire ta prière, répète avec moi."

Et il lui apprend la prière à l'endroit.

Alors l'autre dit "Oh ! merci, merci, merci", Il remets son manteau sur l'eau, puis il fait sa prière bien à l'endroit :

"Seigneur, j'ai péché contre toi, aie pitié de moi"

Et voila que le manteau coule.

Et l'autre dit "non, non, reprend ta vieille prière, elle marche mieux, à cause de toi sans doute et à cause de ta sincérité."

Et alors le berger a repris sa vieille prière et a traversé tout le Bosphore jusqu'à Istanbul.

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #berger, #manteau, #moi, #priere, #toi

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois un padischah à qui l’envie prit de parcourir son empire. Un jour qu’il marchait dans la campagne, il vit au loin un ruisseau et au bord un homme à la longue barbe blanche qui des ciseaux à la main, paraissait couper quelque chose. Il s’approcha et demanda au vieillard ce qu’il faisait.

 

- Je coupe le destin des hommes, et je le jette au ruisseau qui l’emporte au fleuve de vie.

 

Le padischah trouva la réponse étrange.

 

- Eh ! dit-il regarde donc un peu quel est l’avenir de ma fille. Car il avait une fille unique.

 

- Je viens justement de le couper et de le lancer dans le courant, dit le vieillard.

 

- Et quel est-il ?

 

- Le destin de ta fille, c’est le berger qui fait paître ses chèvres sur la colline que tu vois là-bas.

 

Le padischah alla jusqu’à la montagne et lia connaissance avec le berger. Il lui proposa de lui acheter ses chèvres et lui en offrit mille pièces d’or. Comme le berger ne consentait pas à vendre son troupeau, il lui offrit de lui donner une caisse de pièces d’or à la seule condition de porter une lettre au vizir du padischah dans la capitale. Le berger accepta et le padischah resta pour garder les chèvres jusqu’à son retour. La lettre contenant ces simples mots : « tuez le porteur de cette lettre et qu’à mon retour tout soit terminé ».

 

Le berger cependant avait suspendu la lettre à son cou pour ne pas la perdre et était parti. Quand il arriva à la capitale, il était si fatigué qu’il se coucha sous un arbre qui se trouvait en face du palais royal et s’endormit. Or la fille du roi, qui regardait par la fenêtre, aperçut le berger et vit aussi la lettre qu’il portait attachée à son cou. Curieuse de savoir ce que contenait cette lettre, elle envoya une servante chargée de la prendre sans réveiller le dormeur et de la lui apporter. Quand elle eut lu la lettre, la fille du padischah, pleine de sympathie pour le jeune et beau garçon, écrivit un autre billet qui disait : « lavez et purifiez le porteur de cette lettre et mariez-le à ma fille. Que tout soit terminé à mon retour. » Puis elle la scella du sceau royal et la fit remettre à la place de l’autre par la servante.

 

Le berger s’éveillant enfin, porta la lettre au vizir. Celui-ci stupéfait à cette lecture, mais que faire ? On ne discute pas l’ordre du padischah. Et tout fut accompli come il avait été prescrit.

A ce moment le padischah revint. De loin il entendit de sons de flûte et de tambour et demanda ce qui se passait.

 

- Ce sont les noces de la fille du padischah, lui dit-on.

 

Le padischah se précipite, fait appeler son vizir et le somme de s’expliquer. Mais en voyant la lettre et en comprenant la supercherie, il se rappela la prédiction du vieillard.

Néanmoins, plus que jamais résolu à se défaire de son gendre, il lui confie une nouvelle lettre en lui ordonnant de la porter le lendemain matin, dès le lever du jour, au fondeur de chandelles. En même temps il ordonnait à ce dernier de précipiter tout vif dans la chaudière l’homme qui viendrait à lui le lendemain matin avant l’aube. Et cela sans même chercher à le reconnaître et dès qu’il ouvrirait la porte.

Le lendemain notre berger se lève de bonne heure pour aller porter la lettre, mais sa femme ne veut pas le laisser partir si tôt, et elle le prie d’attendre un peu, pour prolonger encore leurs moments de bonheur. Quand il se lève de nouveau pour partir, elle lui offre du café et ainsi le temps s’écoule. Le jour est désormais levé. Enfin le padischah, ne pouvant contenir son impatience de savoir comment son ordre avait été exécuté, se précipite chez le fabricant de chandelles et y arrive avant le berger. A peine la porte ouverte, il est saisi et jeté tout vif dans la chaudière, tant il est vrai que chacun tombe dans le puits qu’il a lui-même creusé.

Quant au berger, époux de la fille unique du padischah, il monta sur le trône et ils vécurent de longues années de bonheur…

 

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #berger, #fille, #lettre, #padischah, #porte

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Publié le 13 Septembre 2012

Quelque part dans les plaines d'Anatolie, un berger travaillait pour un riche propriétaire. Les jours s'écoulaient, paisiblement, il gardait ses moutons en jouant de la flûte, et la vie suivait son cours.

Un jour, la fille du propriétaire vint à passer près du troupeau. Le berger sentit l'amour fondre sur lui tel l'aigle sur le mouton. Il passa le reste de la journée à jouer de la flûte en hommage à la beauté de la jeune femme, et à se lamenter sur leur différence de statut social qui empêcherait tout mariage. Il confia sa tristesse à son mouton préféré, le seul dont la laine était noire comme les plumes du corbeau, en lui disant qu'il serait le plus heureux des hommes s'il n'avait ne serait-ce qu'une mèche de cheveux de sa bien-aimée.

La fille du propriétaire, qui s'était cachée derrière un buisson pour s'enivrer du son de la flûte, entendit les déclarations du berger. Et le lendemain, il trouva sur son chemin une longue mèche de cheveux sombres enroulés autour d'une rose rouge. Dès lors, les deux jeunes gens s'aimèrent et se retrouvèrent jour après jour dans les plaines, jusqu'à ce qu'ils décident d'avouer leur idylle au propriétaire.

L'homme commença bien sûr par refuser une telle union, mais lorsque sa fille déclara que le berger était le meilleur musicien du royaume, il décida de lui faire subir une épreuve. Pendant trois jours et trois nuits, on ne donna pas une goutte d'eau aux moutons de son troupeau. Et lorsque vint le matin du quatrième jour, on lui demanda d'empêcher les bêtes d'aller boire au ruisseau par la seule force de sa musique.

Au début, indifférents au musicien, les moutons se dirigèrent vers le cours d'eau. Mais lorsque la mélodie se fit de plus en plus plaintive, désespérée, on vit le mouton noir changer de direction et se rapprocher de son berger pour l'écouter jouer. Les autres moutons suivirent, un par un, et finalement aucun d'eux ne s'abreuva avant que le son de la flûte se soit éteint.

Le propriétaire dut tenir sa parole et promettre sa fille au berger, mais il fixa la date des noces au printemps suivant, lorsque le jeune homme serait revenu des pâturages d'hiver. Et tandis que le promis travaillait au loin, il organisa le mariage de sa fille avec le fils d'un riche marchand des environs. On ne sait pas vraiment comment le berger eut vent de cette traîtrise, mais on dit que le mouton noir n'y fut pas étranger... Toujours est-il qu'il revint en ville le jour des noces, au moment où la fête commençait.

Les serviteurs refusèrent tout d'abord de le laisser passer, car il n'avait aucun cadeau pour la mariée. Mais il sortit alors sa flûte et déclara qu'il avait sa musique à offrir. Il joua un morceau si triste, si poignant, que tous ceux qui étaient là, béats d'admiration, s'écartèrent pour qu'il s'approche du cortège. Sentant que la situation lui échappait encore une fois, le propriétaire lança le cortège au galop. Le berger, qui s'avançait lentement au milieu de la route, perdu dans sa musique, fut piétiné par la horde de chevaux. La jeune femme, horrifiée, poussa un cri strident et tomba de sa monture avant d'être piétinée à son tour.

On les enterra côte à côte, sur une colline surplombant les plaines. Un rosier blanc poussa sur la tombe du berger, et un rosier rouge sur celle de sa fiancée. Et l'on raconte que pendant de nombreuses années, on vit de temps en temps un mouton noir qui grimpait la colline, et qui respirait les roses avant de rejoindre son troupeau...

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Rédigé par orange8454

Publié dans #berger, #jour, #mouton, #noir, #proprietaire

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois un jeune berger Tajik très habile qui vivait dans une belle prairie du Pamir. Un jour qu'il menait paître un troupeau de moutons, notre berger vit un vautour féroce fondre sur l'agneau à grosse queue qu'il préférait.

Au moment où le vautour allait saisir l'agneau, le berger, ayant la main leste et l'oeil prompt, sortit un poignard et le lança sur le vautour.

Le poignard se planta au beau milieu de la poitrine du vautour. Celui-ci, blessé, laissa l'agneau, battit des ailes et s'enfuit en poussant des cris déchirants.

Rassemblant toutes ses forces, le vautour rentra à son aire: Une grotte profonde sur une haute montagne escarpée. La grotte s'ouvrait sur des rochers glacés à pic qui surplombaient un gouffre si profond qu'on ne pouvait en voir le fond. Seul le ruissellement de l'eau rompait le silence.

Le vautour blessé se reposa dans sa grotte, soigné par quatre aigles qu'il avait capturés dans des montagnes lointaines lorsqu'ils étaient tout jeunes. Ces aigles qui avaient grandi, étaient devenus aussi habiles les uns que les autres. Ils sortirent à tour de rôle chercher des plantes médicinales pour panser la blessure du vautour. Ils lui offrirent aussi à manger de la viande de tétras, dont le jabot est une véritable armoire à pharmacie.

Grâce aux soins des quatre aigles, le vieux vautour fut bientôt guéri. Pourtant les aigles désiraient sa mort. C'était lui qui les avait éloignés de leur pays d'origine et séparés de leurs parents, lui encore qui les grondait et les battait tous les jours. Ils en souffraient beaucoup et voulaient se sauver, mais ils avaient peur d'être retrouvés par le vieux vautour. Ils ne pensaient qu'à se débarrasser du vautour et à recouvrer la liberté.

Le vieux vautour se remit à voler. Il vouait une haine mortelle au jeune berger et voulait se venger. Un jour, alors qu'il survolait la prairie, il vit le jeune berger endormi sur l'herbe.

Très content de cette occasion, il pensa que l'heure de la vengeance était venue. Il fondit sur sa proie et, tout d'un coup, saisit le berger dans ses puissantes serres, et l'emporta vers le ciel.

 

Le jeune berger se réveilla et voulut réagir. Mais voyant qu'il était haut dans l'air et qu'il risquerait de se mettre en miettes en tombant si le vieux vautour lâchait ses serres, il se laissa emporter par le vautour.

Au bout d'un certain temps, le vautour déposa le berger dans sa grotte, auprès des quatre aigles. Une fois dans la grotte, le jeune berger s'avança vers la sortie. mais sitôt qu'il regarda à l'extérieur, la tête lui tourna, la montagne était si haute, la falaise si escarpée et la gorge si profonde, qu'il ne pouvait absolument pas s'échapper.

Le vieux vautour parut percer le désespoir du berger, éclata de rire, comme s'il se moquait de lui, et dit:

 

- Tu veux encore retourner à la prairie? Ce n'est qu'un rêve.

Sa voix ressemblait au hurlement du loup qui fait frémir les gens.

Le jeune berger fut obligé de rester dans la grotte. Il mangeait la viande de mouton que le vautour n'avait pas pu finir et buvait l'eau froide qui coulait entre les pierres. Les jours s'écoulèrent ainsi, mais il n'arrivait pas à trouver un moyen de s'enfuir.

Il mangeait et couchait avec les quatre aigles et se familiarisa vite avec eux. Il fut irrité de voir que le vieux vautour les maltraitait, et eut pitié d'eux. De leur côté, les quatre aigles se souciaient aussi de celui qui avait un sort semblable au leur.

De temps à autre, voyant son air affamé, ils saisissaient un lièvre et le lui offraient à manger à l'insu du vautour. Pour le distraire, ils chantaient et dansaient en tapotant le sol de leurs serres et battant des ailes. Le jeune berger les aimait également beaucoup; il leur peignait souvent les plumes que le vieux vautour avait ébouriffées.

Le jeune berger pensait tous les jours à son pays, à ses parents et à son troupeau de moutons. Il eut plusieurs fois envie de se battre contre le vieux vautour et de le tuer. Mais il pensa que s'il le tuait, il ne pourrait jamais quitter cette grotte quasi céleste, et n'aurait plus de quoi manger, ce qui le força à prendre son mal en patience jusqu'à ce que l'occasion se présentât...

Un jour, le vieux vautour, tout joyeux, ramena un agneau de six mois, en mangea toute la viande et ne laissa que la peau. Trouvant que les pierres dans la grotte étaient trop froides, le jeune berger s'assit sur la peau.

Un soir, couché sur la peau de l'agneau, il n'arrivait pas à s'endormir. Soudain, il se souvint d'une histoire de tapis volant que sa mère lui avait racontée quand il était petit. Il s'exclama:
- Si cette peau d'agneau pouvait voler et me ramener chez moi!

Cependant, il retomba dans le désespoir en pensant qu'il n'y avait aucun immortel céleste pour faire voler la peau d'agneau; comment pourrait-elle voler toute seule? Pendant toute la nuit, le jeune berger se tournait et se retournait, et il n'avait toujours pas fermé l'oeil lorsque l'aube arriva.

Il vit en se levant le vieux vautour obliger les quatre aigles à sortir pour chercher de la nourriture. Ayant peur de lui, les aigles sortirent de la grotte en volant. En les voyant l'un après l'autre déployer leurs ailes et s'élever dans les airs, il eut brusquement une inspiration dont il fut très content, et se demanda:

 

- Pourrais-je demander de l'aide aux aigles?

Le jeune berger avait enfin l'espoir de s'évader. Pendant l'absence du vautour, il entraînait les quatre aigles. Il étendait la peau de l'agneau par terre, l'attachait des quatre coins aux serres des aigles, et lorsque les aigles volaient, la peau de l'agneau se déployait comme un tapis volant.

Au bout d'un mois d'entraînement en cachette, les ailes des aigles devinrent plus puissantes, tandis que le vieux vautour ne s'apercevait de rien.

Le jeune berger prit une décision. Avant de quitter la grotte, il fallait tuer le vautour, parce que si jamais le rapace venait à découvrir leur fuite, il se mettrait à leur poursuite et donnerait des coups de bec et de serres aux aigles jusqu'à ce que mort s'ensuive.

 

Cependant, tuer le vieux vautour n'était pas facile. Il fallait d'abord qu'il fût aveugle, afin que ses serres devinssent inutiles. Le jeune berger trouva alors un long morceau de pierre et il l'aiguisait à la dérobée à chaque absence du vautour. Au bout de sept jours, l'extrémité de la pierre était aussi tranchante qu'un poignard.

Un soir, quand le vieux vautour commença à ronfler selon son habitude, le jeune berger prit le poignard en pierre à la main, s'approcha furtivement de son geôlier et lui creva d'un seul coup l'oeil gauche. Poussant un cri déchirant, le vautour n'eut même pas le temps de contre-attaquer que le berger avait déjà retiré son arme et donné un autre coup à l'oeil droit.

Le sang giclait des yeux, le vautour ne voyait rien, battait des ailes et tendait les serres. Les quatre aigles furent à la fois contents et effrayés. Le berger les emmena dans un coin, laissant le vautour se débattre.

Affolé, le vautour chercha à attraper quelque chose, mais il ne trouva rien. Le sang coulait de plus en plus, le vautour se débattit toute la nuit, à l'aube il était hors d'haleine, incapable de bouger, et s'allongea par terre. A ce moment-là, le jeune berger s'approcha et lui donna au cou quelques coups de poignard. Le vautour s'agita dans un ultime spasme, puis, tendit les deux serres: il était mort.

Les quatre aigles dansaient de joie autour du berger, parce qu'ils étaient libres. Ils tapotèrent de leurs ailes l'épaule de leur jeune ami, comme pour le presser de quitter au plus vite la grotte. Le berger attacha solidement la peau de l'agneau aux pattes des aigles, s'assit dessus et frappa légèrement les ailes des aigles, ce qui était le signal pour les faire s'envoler.

Les quatre aigles déployèrent aussitôt leurs ailes, sortirent de la grotte et s'élancèrent dans les airs. Le jeune berger s'assit confortablement sur la peau de l'agneau, les nuages colorés flottaient auprès de lui, comme s'ils le félicitaient; la montagne de glace brillait sous ses pieds, on aurait dit qu'elle l'appelait.

 

Les quatre aigles volèrent à tire d'ailes et arrivèrent bientôt au-dessus de la prairie. le jeune berger regarda en bas, vit que les herbes étaient encore plus vertes, que les moutons s'y dispersaient tels des perles sur un tapis vert, que les rivières faisaient penser à des rubans de soie brillante, et les tentes à des fleurs en pleine floraison...

Il ne put s'empêcher de s'exclamer:

 

- Mon cher pays, me voilà enfin revenu!

Les quatre aigles descendirent doucement et se posèrent devant la tente du berger. Ses parents et ses amis vinrent à sa rencontre. Voyant que les aigles étaient épuisés et ruissselants de sueur, le jeune berger les invita à se reposer chez lui et enleva le rideau de la porte.

Mais les aigles ne voulurent pas entrer, glatirent comme s'ils voulaient dire:

 

- Nous voudrions, nous aussi, rentrer chez nous et retrouver les nôtres.

Ils tapotèrent légèrement de leurs becs les bottes du berger, puis son habit, et battirent des ailes pour faire leurs adieux. Les larmes aux yeux, le jeune berger embrassa les aigles, en disant avec affection:

 

- Au revoir, mes amis!

Les quatre aigles s'élevèrent dans les airs, tournèrent trois fois autour de la tente du berger et s'éloignèrent à regret. Le jeune berger agita la main vers eux. Quand il ne les vit plus, il hésitait toujours à entrer dans la tente et regardait vers le lointain...

Plus tard, les quatres aigles vinrent souvent survoler la prairie, pour aider le berger à attraper des lièvres et des taupes qui endommageaient les herbes. Lorsqu'une horde de loups venaient pour s'emparer de moutons, les aigles avertissaient, comme des éclaireurs, le berger à temps.

 

C'est depuis cette époque que les bergers et les aigles sont de bons amis, de génération en génération.



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Rédigé par orange8454

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