Publié le 13 Septembre 2012

... Le sultan et sa femme, qui avaient peur de mourir sans laisser d'enfant mâle, priaient jours et nuits, faisaient des aumônes, consultaient les plus illustres médecins, visitaient tous les marabouts du pays, mais en vain. Après bien des années, la sultane mit au monde un garçon. La veille de sa naissance, alors que la sultane faisait sa sieste, un vieillard à barbe blanche lui apparut en rêve et lui dit :

« Tu auras un fils, il aura toutes les qualités attendues chez un prince. Il sera beau, intelligent, courageux, téméraire, mais lorsqu'il atteindra l'âge adulte il tombera si gravement malade que sa vie sera en danger et qu'il ne il sera guéri que si vous consentiriez un gros sacrifice. » Et il disparut laissant la pauvre femme ébranlée.

« Comment faire ? » se lamentait-elle, elle dont la joie provoquée par la naissance du prince commençait à s'émousser. « Comment faire pour aider mon fils ? » Les années passèrent. Le garçon grandissait en beauté, courage et témérité, comme l'avait prédit le vieillard.

Lorsqu'il fut en âge de prendre femme, son père demanda et obtint pour lui la main de la fille du sultan voisin. Le mariage devant être célébré à la fin de l'été après les moissons, tout le pays s'activait en vue des noces qui devaient être inoubliables, car le jeune prince était aimé et estimé de tous autant pour sa bonté et sa générosité que pour sa bravoure et son intelligence. La sultane voyant son fils en bonne santé oublia le rêve et avec lui ses craintes jusqu'au jour ou le prince qui revenait à travers champs vit une jeune fille qui avançait en titubant une cruche sur la tête.

Elle fit encore quelques pas puis s'écroula. La cruche en tombant se cassa en plusieurs morceaux et l'eau se répandit sur le sol. Le prince se précipita et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il découvrit une éblouissante jeune fille aux longs cheveux d'un noir d'ébène éparpillés autour d'elle. Toute la beauté et toute la grâce étaient gravées sur ses traits et sa silhouette mais ses vêtements quoique propres étaient ceux d'une miséreuse. Le prince, émerveillé, la contempla longtemps puis se secoua comme s'il sortait d'un rêve. Il l'aida à se relever. En voyant sa cruche cassée elle éclata en sanglots.

« Oh, ma cruche, ma belle cruche que mon père m'a ramenée du souk. Que vais-je lui dire pour me justifier ? »

N'ayez crainte, lui dit le prince, des cruches semblables, il y en a plein le souk.

Hélas, mon bon seigneur, hélas nous sommes pauvres et mon père, pour m'acheter cette cruche, s'est privée durant une semaine d'un remède qu'il prend lorsqu'il fabrique le charbon. Mon père, seigneur, est charbonnier, et c'est lui qui alimente tout le palais en charbon.

N'ayez crainte vous dis-je, demain à l'aube une cruche aussi belle vous attendra devant chez vous.

Rassurée, elle partit. Le prince resta longtemps debout à l'endroit ou elle était tombée puis il partit à son tour. Il envoya sur le champ un domestique au souk, avec ordre d'acheter une cruche et de la déposer devant la maison du charbonnier.

Toute la journée, le prince fut obsédé par la vision de la jeune fille, et le soir il ne put fermer l'œil tant cette vision était vivace dans son esprit. Cet état de chose dura plusieurs jours, au point que le jeune homme en perdit le goût du sommeil et ne se restaurait que rarement. Sa situation était sans issue, car il ne voulait pas se marier avec la fille du sultan mais avec la fille du charbonnier. Au bout de quelques temps, le prince tomba gravement malade, ne trouvant aucune solution à son problème. Ses parents affolés firent venir tous les médecins du pays, mais aucun ne put déceler la nature de cette mystérieuse maladie. Il dépérissait à vue d'œil sous le regard impuissant de ceux-ci.

« De quoi souffres-tu mon cher petit ? » lui demandaient-ils. « Le mal dont j’atteins, nul ne peut le guérir à moins d'un sacrifice que je suis incapable de vous demander » répondit-il.

Ils eurent beau le questionner, il ne leur révéla absolument rien. La fille du charbonnier eut vent de cette maladie, car les serviteurs, étant très bavards, racontaient à qui voulait les entendre que le prince était possédé. Moyennant une pièce d'argent, elle pria une servante chargée de l'entretien de la chambre où il reposait de lui permettre de lui rendre visite au moment où il serait seul. Aussitôt qu'il la vit, il se sentit mieux et lui fit part de ses sentiments.

« Oubliez-moi sire, oubliez-moi, je ne suis pas digne d'être votre femme car je suis de condition très modeste. Je suis moi-même très perturbée depuis que je vous ai vu mais hélas je me fais une raison.

Rendez-moi au moins visite, la pria le prince, en l'absence de mes parents ; j'en donnerai moi-même l'ordre à la servante. » Elle le lui promit et partit. Un jour, alors que la sultane somnolait près de la couche de son fils, le vieillard réapparut et lui dit : « Votre fils peut guérir à condition que vous acceptiez de lui donner la fille du charbonnier pour épouse. En bon fils, il ne veut pas vous faire de la peine mais votre peine sera beaucoup plus grande si vous refusez et qu'il mourra ». La sultane se réveilla en sursaut en psalmodiant le nom de Dieu et maudissant Satan. « La fille du charbonnier ? Mais qui est donc cette fille qui a rendu mon fils si malade ? Mérite-elle au moins un pareil sacrifice ? Dès demain j'irai la voir ».

Le lendemain, très tôt et sans rien dire à personne, elle se déguisa et partit vers la maison du charbonnier qui se trouvait à l'entrée de la forêt. En voyant la maison si vétuste, elle frissonna, se cacha derrière un arbre et attendit. Un moment après, une jeune fille belle comme le jour apparut sur le seuil. « Ah ! Je comprends pourquoi mon fils est si malade, dit-elle. Mais une telle alliance est impossible. Il faut qu'elle et ses parents quittent le pays ; alors l'envoûtement quittera le corps de mon fils. ». Toujours déguisée, elle se présenta à eux et leur dit :

« La sultane, ma maîtresse m'envoie vous dire que son fils est tombé en léthargie depuis qu'il a vu votre fille. Vous comprenez aisément qu'il lui est impossible de vous demander sa main, alors elle vous demande de quitter le pays à moins que... à moins que votre fille ne tisse une étoffe de soie si légère et si belle qu'elle n'aura pas son pareil dans tout le royaume. Mais si l'étoffe n'est pas prête dans deux jours alors vous vous en irez ».Elle partit laissant la jeune fille et ses parents désemparés. Peu après, la jeune fille reçut la visite de la servante qui lui dit que son maître désirait la voir. Elle la suivit et raconta au prince tout ce qui venait d'arriver.

« Va, lui dit le prince, va dans la forêt et raconte tout au grand mûrier.

Mais comment un arbre pourra-t-il m'aider ? lui dit-elle.

Va, répond le prince et fais-moi confiance. »

Arrivée devant le mûrier, elle se mit à pleurer à chaudes larmes. « Mon Dieu, mon Dieu comment vais-je m'en sortir ? Comment vais-je faire pour éviter l'exil à mes parents ? ». Alors le mûrier eût pitié d'elle ; il secoua très fort ses branches afin de réveiller tous les vers à soie qui s'y trouvaient et leur tint ces propos : « Je veux que vous vous mettiez tous à l'ouvrage et que vous tissiez très vite la plus belle étoffe qu'il m'ait été donné de voir, sinon je dessécherai toutes mes feuilles et vous n'aurez plus rien à manger ». Les vers à soie, apeurés, commencèrent à tisser, à tisser la plus belle et la plus arachnéenne étoffe qui pût exister. Ils travaillèrent tant et si bien qu'au bout de deux jours, la toile fût finie. Lorsque la sultane, toujours déguisée, la vit, elle blêmit et dit : « Tout ceci est fort bien mais ma maîtresse désire cette fois que vous récupériez le collier de perles qu'elle portait et qui s'est cassé l'an dernier près du bassin derrière le palais ».

Cette fois-ci, la jeune fille dit au prince qu'il lui était impossible de surmonter cette nouvelle épreuve.

« La solution se trouve au seuil de ta maison, répondit-il ; va, que Dieu t'assiste et te vienne en aide. »

L'esprit ailleurs, elle marcha, marcha jusqu'à la maison de ses parents. Alors, du pied et sans le vouloir, elle foula une fourmilière. Sentant alors quelques fourmis sur sa jambe, elle s'agenouilla pour réparer les dégâts. Tout en s'excusant, elle leur fit part des raisons de son chagrin. La reine des fourmis ordonna alors à ses ouvrières de restituer les perles qui se trouvaient au fond de la fourmilière. Les perles retrouvées, la sultane n'ayant plus aucune excuse accepta que son fils épouse l'humble fille. Les noces prévues pour la fille du sultan furent célébrées en grandes pompes en l'honneur de la fille du charbonnier.

Et le prince, guéri et heureux, vécut très longtemps avec celle qui lui était destinée depuis sa naissance.



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Que mon conte soit beau et qu'il se déroule comme un long fil !

Il y avait un roi et ce roi avait un fils tendrement aimé qui lui dit :

Roi mon père, laisse moi aller au marché et voir tes sujets.

Fais selon ton plaisir, lui répondit le roi.

Le prince s'en vint donc au marché et dit à tous les hommes :

Vous ne vendrez ni n'achèterez, vous n'achèterez ni ne vendrez que vous n'ayez compris ces devinettes.

La première :

Quel est l'être qui, le matin, marche sur quatre pattes, à midi sur deux et le soir sur trois ?

La seconde :

Quel est l'arbre qui a douze branches et dont chaque branche porte trente feuilles ? Aucun ne sut répondre. Tous les hommes restèrent muets. Le marché se dissout. Une semaine tourna. Le jour du marché ramena le fils du roi. Il demanda :

Avez-vous trouvé des réponses à mes devinettes ?

Une fois encore tous se turent et se dispersèrent. Qui devait acheter n'acheta pas. Et qui devait vendre ne vendit pas. Le marché se défit.

Or parmi ces hommes rassemblés se trouvait le surveillant du marché. Il était très pauvre et avait deux filles, l'une fort belle et l'autre, la plus jeune, chétive mais pleine d'esprit.

Le soir lorsque son père rentra, cette dernière lui dit :

Mon père, voici deux marchés que tu pars et que tu nous reviens les mains vides. Pourquoi ?

Ma fille, répondit le surveillant, le fils du roi est venu et nous a déclaré : " Vous ne vendrez ni n'achèterez, vous n'achèterez ni ne vendrez que vous n'ayez compris le sens de ce que je vais dire."

Et que vous a demandé de deviner le prince ? reprit la jeune fille.
Son père lui rapporta les paroles du prince.

La jeune fille réfléchit un peu avant de répondre :

c'est facile, mon père : l'être qui, le matin, marche sur quatre pattes, à midi sur deux et le soir sur trois, c'est l'homme.

Au matin de sa vie, il rampe sur les pieds et les mains, plus grand il avance sur ses deux pieds. Devenu vieux, il s'appuie sur un bâton. Quand à l'arbre, c'est l'année :
l'année a douze mois et chaque mois porte trente jours.

Une semaine passa. En ramenant le jour de marché, elle ramena le fils du roi. Il demanda :

Et aujourd’hui avez-vous deviné ?

Le surveillant parla. Il dit :

Oui, Seigneur. L'être qui le matin marche sur quatre pattes, à midi sur deux, le soir sur trois, c'est l'homme. Et quand à l'arbre, c'est l'année.

Ouvrez le marché ! ordonna le fils du roi.

Quand vint le soir, le prince s'approcha du surveillant et lui dit :

Je veux entrer dans ta maison.

Le surveillant répondit :

Bien seigneur.

Et ils partirent à pied. Le prince déclara :

Je me suis enfui du paradis de Dieu. J'ai refusé ce que voulait Dieu. Le chemin est long ; porte-moi ou je te porterai. Parle ou je parlerai.

Le surveillant garda le silence. Ils rencontrèrent une rivière : Le fils du roi dit :

Fais-moi traverser la rivière ou je te la ferais traverser.

Le surveillant qui ne comprenait rien ne répondit pas.

Ils arrivèrent en vue de la maison. La plus jeune fille du surveillant (celle qui était malingre mais pleine d'intuition) leur ouvrit. Elle leur dit :

Soyez les bienvenus : ma mère est allée voir un être qu'elle n'a jamais vu. Mes frères frappent l'eau avec l'eau. Ma sœur se trouve entre un mur et un autre.

Le fils du roi entra. Il dit en voyant la plus belle fille du surveillant :

Le plat est beau mais il a une fêlure.

La nuit trouva toute la famille réunie. L'on tua un poulet et l'on fit un couscous de fête. Lorsque le repas fût prêt, le prince dit :

C'est moi qui partagerai le poulet.

Il donna la tête au père ; les ailes aux jeunes filles ; les cuisses aux deux garçons ; la poitrine à la mère. Et il se réserva les pattes. Tous mangèrent et se disposèrent à veiller.

Le fils du roi se tourna alors vers la jeune fille pleine d'esprit et lui déclara :

Pour que tu m'aies dit : "Ma mère est allée voir un être qu'elle n'a jamais vu il faut qu'elle soit sage-femme". Pour que tu m'aies dit "Mes frères frappent l'eau avec l'eau" ils arrosaient des jardins. Et quant à ta sœur, "entre un mur et un autre", elle tissait la laine avec un mur derrière elle et un autre : le métier.

La jeune fille répondit :

Lorsque tu t'es mis en route, tu as déclaré à mon père : "Je me suis enfui du paradis de Dieu". C'est la pluie qui pour la terre est le paradis de Dieu : Tu craignais donc de te mouiller ? Et puis tu as dit : "J'ai refusé ce que voulait Dieu". C'est la mort que tu refusais ? Dieux veut nous mourions, mais nous, nous ne voulons pas.

Tu as dit enfin à mon père : "Le chemin est long, porte moi ou je te porterai ; parle ou je parlerai" pour que le chemin semble plus court.

Tout comme lui tu as dit, lorsque vous vous êtes trouvé devant la rivière : "Fais moi passer la rivière ou je te la ferais passer" : tu voulais dire : "indique-moi le gué ou je chercherai».

 

En entrant dans notre maison, tu as regardé ma sœur tu as dit "Le plat est beau, mais il a une fêlure". Ma sœur est belle en effet, elle est vertueuse, mais elle est fille d'un pauvre homme.

Et puis tu as partagé le poulet. A mon père tu as donné la tête : il est la tête de la maison.

A ma mère tu as donné la poitrine : elle est le cœur de la maison.

A nous les filles tu as donné les ailes : nous ne resterons pas ici.

A mes frères, tu as donné les cuisses : ils sont les soutiens, les piliers de la maison.

Et toi tu as pris les pattes parce que tu es l'invité : ce sont tes pieds qui t'on amené jusqu'ici, ce sont eux qui te remmèneront.

Dés le lendemain le prince alla trouver le roi son père et lui déclara :

Moi, je veux épouser la fille du surveillant du marché.......


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Rédigé par orange8454

Publié dans #fille, #marche, #moi, #roi, #surveillant

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Publié le 13 Septembre 2012

Avant, les animaux n’avaient pas de tête. Un jour, Dieu les convoqua pour leur donner une tête à chacun.

Le caméléon arriva parmi les derniers. Il ne trouva que des têtes déformées et horribles. Il en prit une au hasard et revint chez lui. En cours de route, il rencontra le scorpion qui s’attardait.

Le scorpion demanda au caméléon s’il restait encore des têtes. Le caméléon répondit qu’il n’en restait que des semblables à la sienne. Le scorpion lui répliqua :

– S’il n’en reste que comme la tienne, je préfère rester sans !


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois un pays qui s’ouvre sur deux cotes : mer méditerranée et océan atlantique. Ce pays s’appelle le Maroc.

Pays prospère, gouverné par un roi jeune dynamique et ambitieux qui est au service de toutes les tranches de son pays même les plus démunis. Les marocains sont tolérants et accueillants.

Le peuple marocain vivait en bonheur et en paix sans conflits, mais le soir du 16mai2003 c’est la venue du monstre : Oui, le 16mai2003 marque la naissance d’un monstre qui s’appelle le terrorisme que tous les marocains et les habitants du monde entier dénoncent.

Terroriste pourquoi choisir de venir dans un café, un restaurant ou un hôtel où de simples citoyens innocents sont entrains de dîner et s’autodétruire ? Pourquoi se cacher sous le signe de l’Islam ? L’islam est une religion de paix et non de guerre.

Dimanche soir, à 22heures les habitants du quartier Sidi Moumen à Casablanca ont entendu une explosion.

C’est le retour du monstre, deux jeunes entrent dans un cybercafé pour entrer en contact avec d’autres terroristes pour s’informer sur une opération terroriste, l’un d’eux entre en discussion avec le gérant du cyber vu son comportement anormal, discussion qui se transforme en dispute, puis Boom. Le kamikaze explose, il est déchiqueté en morceaux. Son complice laisse la ceinture d’explosifs et prend ses jambes à son cou, mais il est vite arrêté par la police. Heureusement que les dégâts n’ont pas été lourds comme ceux du 16mai : 1mort et 4blessés. Sinon ça aurait été plus pire.

Il faut que tout le monde petits et grands se mobilise pour chasser le monstre du terrorisme et redonner la paix et le calme au Maroc.



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Rédigé par orange8454

Publié dans #maroc, #marocain, #monstre, #pays, #terroriste

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois un jeune homme dont la femme, en mourant, laissa un fils encore jeune. Son père ne se remaria pas afin d'en prendre soin. Des années passèrent et l'heure de la mort survint ; il dit alors à son fils :

« Fils, tu n'as personne qui te soit proche, personne ! Ne te fie en rien à des amis. Fais comme moi, tu réussiras !

Bien, dit le fils. »

L'homme mourut, on l'enterra, et son fils resta seul. Un jour, des amis de son père vinrent l'appeler :

« Hé ! Un tel !

Oui ?

Ouvre-nous la porte, nous sommes des amis de ton père.

Mon père, répondit-il, n'a laissé aucun ami.

Allons, allons ! Reprends-toi ! Nous sommes de vieux amis de ton père : nous le connaissons… »

Il leur ouvrit finalement la porte :

« Soyez les bienvenus ! » Dit-il.

Il les introduisit dans la chambre d'invités, fit tuer un mouton, les reçut avec faste, à la semoule de blé. Pendant qu'on préparait le repas, l'un des invités dit :
« Jouons aux cartes en attendant le souper.

Volontiers », dirent-ils.

Ils jouèrent, jouèrent, lui prirent un de ses champs. Ils continuèrent, lui prirent un deuxième champ ; après, ils gagnèrent sa maison ; à la fin ils lui prirent sa femme.

Ils s'arrêtèrent de jouer et prirent le repas du soir. Puis ils s'en allèrent, emmenant la femme avec eux.

Le lendemain, le jeune homme, à peine levé, se rendit sur une colline sur laquelle se trouvait une grande roche ; il s'assit près d'elle et se mit à pleurer. Au bout d'un moment, apparut le Roi des Génies :

« Pauvre créature ! J’ai entendu tes pleurs. Me voici, que veux-tu ?

Bon seigneur, répondit-il, j'ai, hélas ! fait hier ce que personne ne fait : j'ai joué ma femme aux cartes !

Ta femme te reviendra, dit le Roi des Génies. Je vais te donner ce qu'il faut pour cela mais jure moi que tu reviendras me voir.

Il lui donna une carte :

Retourne, dit-il, jouer avec eux : tu retrouveras tous tes biens et même ta femme.

Bien ! » Dit-il.

Il alla appeler ceux qui lui avaient pris sa femme :

« Je veux jouer encore avec vous, dit-il. Venez finir la partie.

Que veux-tu que nous te prenions maintenant ? Tes champs, ta maison, tu les as perdus et tu as même perdu ta femme.

Eh bien ! Je deviendrai votre domestique, dit-il.

Alors allons-y » répondirent-ils.

Ils se mirent à jouer : au bout de quelques heures, il leur avait repris un champ, puis un deuxième champ, sa maison et enfin sa femme. Il ramena celle-ci chez lui. En arrivant à la maison, il dit :

« Par dieu, il faut que je retourne chez le Roi des Génies qui m'a donné cette carte pour te reprendre et récupérer tous mes biens.

N'en fais rien », lui dit sa femme.

Il ne l'écouta pas : le lendemain, il retourna et s'assit. Bientôt les filles du Roi des Génies sortirent, sous l'apparence de colombes : elles allaient au bain. La plus jeune demanda :
« Qui es-tu, toi, là ?

J'attends le Roi des Génies pour lui parler.

Va-t-en l'ami : s'il sort, il te dévorera. Ce n'est pas la peine de rester ici.

J'ai juré de revenir.

Alors, dit-elle, prends-moi deux plumes et mets les sur ton cœur. Quand il viendra, il te dira : "procure-moi un œuf du septième ciel". Réponds-lui : "c'est entendu". Tu presseras mes plumes et tu auras tout ce que tu voudras. »
Le Roi des Génies arriva :

« Trouve-moi, commanda-t-il, un œuf du septième ciel.

Parfait », répondit le jeune homme.

Il pressa les plumes qui étaient sous son habit et un œuf se trouva devant lui.

« Tu vas, dit le Roi des Génies, épouser une de mes filles. Je vais les mettre dans un puits : tu étendras la main : celle qui te la prendra, tire-la. »

Il étendit le bras : ce fut la plus jeune qui lui prit la main. Il la tira au dehors. Mais le Roi des Génies se rétracta :

Le jeune homme étendit le bras une autre fois : la plus jeune saisit la main de nouveau.

« Cette fois, cela suffit ! dit le Roi des Génies : je te la donne. » Mais il dit à sa femme :

« Avoir donné ma fille à cet homme ne me plaît pas. Ce soir, prépare leur lit tout près du puits : place l'homme près de l'ouverture du puits et mets ta fille de l'autre côté. »

La femme prépara le lit. Quand la jeune fille arriva, elle dit à son mari :

« attends que je refasse ce lit. »

Elle retira la natte et les couvertures.

« Tu vois, dit-elle, la fourberie de mon père : il voulait te faire tomber dans le puits ! »

Elle refit le lit et ils dormirent jusqu'au matin.

Le jeune homme se rendit à l'assemblée des hommes. Le Roi des Génies y alla aussi et l'y trouva ; surpris de la chose, il revint dire à sa femme :

« Tu n'avais donc pas fait leur lit au bord du puits ?

Mais si, par Dieu ! C’est juste au bord du puits que je l'avais fait !

Recommence, aujourd'hui, je serai là.

C'est bon », dit-elle.

La femme fit le lit comme la première fois ; la place de l'homme était tout près de l'ouverture, celle de sa fille de l'autre côté. Quand les jeunes gens vinrent se coucher, la jeune femme dit à son mari :

« Homme, mon père veut ta mort. Viens ! Partons d'ici.

Nous ferons comme tu voudras », répondit-il.

Elle refit le lit. Elle alla chercher la bague magique de son père ; puis elle alla prendre la. Ils montèrent sur la jument et partirent. Quand le Roi des Génies s'éveilla, il constata leur disparition. Il envoya à leur poursuite ses serviteurs montés sur la jument aussi rapide que le vent.

Ils allèrent si vite qu'ils faillirent rattraper les fugitifs. Mais la jeune fille se transforma en mosquée, le jeune homme en taleb, la jument en natte. Les serviteurs arrivèrent et interrogèrent le jeune homme :

« Taleb ! N’as-tu pas vu passer un homme et une femme sur une jument ?

Oui, répondit l'autre : on a annoncé la prière du soir, mais celle de la nuit pas encore. »
Les serviteurs rentrèrent à la maison et dirent au Roi des Génies :

« Seigneur, nous avons cherché tant que nous avons pu : nous avons vu un Taleb dans une mosquée, il nous a dit : on a appelé à la prière du soir, mais à celle de la nuit, pas encore.

C'est eux, misère de vous autres ! dit le roi.

Allez ! Retournez et ramenez-les-moi. »

Ils repartirent et marchèrent longtemps. Les jeunes gens les virent arriver. La jeune fille se métamorphosa en vigne grimpante ; son mari en paysan ; la jument fut changée en chienne. Les serviteurs arrivèrent :

« Salut, dirent-ils au paysan : n'as-tu pas vu un homme et une femme montés sur une jument ?
Pour ce qui est des pastèques, répondit-il, elles sont mûres ; les melons pas encore. »

Ils rentrèrent faire leur rapport.

« Cette fois, dit le Roi des Génies, c'est moi qui irai ; vous n'êtes pas capables de les reconnaître. »

Sur-le-champ, ils partirent tous ensemble, ils marchèrent, marchèrent, et ils allaient rejoindre les fugitifs quand la jeune fille, ayant reconnu son père, entraîna son mari vers la mer.

La jeune fille fit tourner sa bague, en disant : je veux qu'un chemin s'ouvre ici pour nous.

« Ma fille, tu m'as trompé, lui cria son père.

Père, répondit-elle, je suis mariée : tu aurais dû t'attendre à ce qui est arrivé. »

Ils avancèrent dans la mer. Le Roi des Génies rentra chez lui. Ils arrivèrent dans un lieu désert. La jeune fille fit faire un tour à la bague magique, en disant : « Seigneur, je voudrais que cet endroit désert soit habité. »

Aussitôt, il y eut de nombreuses habitations. Ils devinrent Roi et Reine de ce pays.

Ils vécurent heureux, mais le jeune homme se souvint un jour de sa première épouse. Il dit alors à la fille du Roi des Génies :

« Femme, il y a une chose que je ne t'ai pas dite : j'ai une femme et un fils, je vais aller les voir.

C'est bien, dit-elle. Va la chercher ; elle vivra avec moi, mais tu ne la considéreras pas comme ta femme.

Bien », dit-il et il accepta.

Mais elle lui fit une recommandation :

« Prends garde, lui dit-elle, qu'on ne te donne pas un baiser au-dessus de l'œil droit quand vous vous direz bonjour tes proches et toi !

C'est entendu », dit-il. Il partit. Il arriva chez lui, trouva sa femme, son fils et sa sœur. Sa sœur lui sauta au cou et lui donna un baiser au-dessus de l'œil droit : à l'instant même il perdit le souvenir de la fille du Roi des Génies.

Un an passa avant que la mémoire ne lui revint :

« Allons, femme, dit-il, partons d'ici, car j'ai une autre femme dans un autre pays.

Bien ! », Dit-elle.

Ils partirent donc. Ils arrivèrent chez la fille du Roi des Génies qui fit bon accueil à la première femme et à son fils : elle les fit loger dans son château et leur fit servir une excellente nourriture. Quant à son mari, elle le fit mettre en prison et il y resta jusqu'à ce qu'il fût à la dernière extrémité.

Un jour, le gardien de la prison dit à la reine :

« Madame, votre mari est près de mourir, que devons-nous faire ?

Fais-le sortir, dit-elle. Qu'on me l'amène ! » Elle lui fit donner à manger et le soigna jusqu'à sa guérison.

« C'est moi, lui dit-elle, qui t'ai fait mettre en prison, parce que tu ne m'avais pas écoutée. Si je n'avais pas pitié de toi, je t'y laisserais mourir. Mais c'est assez : tu y as passé le temps prévu pour ta punition. Tu redeviens roi comme avant. »

Ils furent heureux tous deux, ainsi que la première femme qui avait un fils. Ils gouvernaient le pays dans la paix et la prospérité.

Voila mon histoire finie

Conduite le long de la rivière

Pour des gens de qualité !

A moi, que Dieu me pardonne

Et les chacals, qu'il leur en cuise !

Puissions-nous ne jamais manger sans sel

Ni marcher pied nu.



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Rédigé par orange8454

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