fils

Publié le 13 Septembre 2012

Un père qui n'avait pas de fils promit à Saint-Nicolas une magnifique coupe d'or si celui-ci lui donnait un garçon. Le Saint Patron l'exauça mais l'homme au moment de respecter sa promesse se ravisa et décida de donner une coupe plus petite. Mais, en chemin, au beau milieu de la mer, son fils se pencha pour prendre de l'eau tomba à la mer et se noya. Le père reconnut sa faute et Saint-Nicolas redonna vie à l'enfant....

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

41 - Comment lisent les ânes
Dans une conversation avec Tamerlan, Djeha-Hodja Nasreddin commença à vanter les mérites de son âne :
- Il est tellement intelligent que je peux tout lui apprendre, même à lire.
- Va et apprend lui à lire, dit Tamerlan. Je te donne trois mois pour cela.
De retour chez lui, il commença l'apprentissage avec son âne. Il mit sa nourriture habituelle entre les pages d'un gros livre et lui apprit à tourner les pages avec sa langue pour trouver la nourriture. Il cessa de le nourrir trois jours avant le terme de trois mois fixé par Tamerlan. Emmenant l'animal à Tamerlan, il lui demanda un gros livre et le posa devant l'âne affamé. Ce dernier entreprit de tourner les pages avec sa langue et, ne trouvant rien, se mit à braire.
- C'est sûrement une étrange manière de lire, dit Tamerlan.
- Oui, rétorqua Djeha-Hodja Nasreddin, c'est ainsi que lisent les ânes.

 

42 - Des ânes à bon marché
Djeha-Hodja Nasreddin est allé au marché pour y vendre des ânes. Les prix qu'il proposait étaient si peu élevés qu'aucun des autres marchands d'ânes ne pouvait le concurrencer.
Un jour, l'un d'eux vint le voir :
- Djeha-Hodja Nasreddin, comment fais-tu pour proposer des prix imbattables, pour des ânes magnifiques et bien entretenus ? Moi, je vole le fourrage, je paie mal mes garçons d'écurie et pourtant je n'arrive pas à vendre moins cher que toi ! Quel est ton secret ?
- Mon secret, lui confia Djeha-Hodja Nasreddin, je vais te le dire, tout à fait entre nous : les ânes, je les vole.

 

43 - Qui est le vendeur ?
Djeha-Hodja Nasreddin décida un jour de devenir vendeur de pois chiches grillés. Il acheta, à un ancien marchand de pois chiches, un âne et les outils nécessaires à ce commerce. Comme l'âne était habitué à ce négoce, chaque fois qu'il passait devant une maison de clients potentiels, il se mettait à braire. Djeha-Hodja Nasreddin ne pouvait ouvrir la bouche pour crier "marchand de pois chiiiiiiiches", sans que l'âne ne se mette à braire. Arrivé à la place du marché, prêt à crier "marchand de pois chiiiiiiiches..", il fut devancé par l'âne qui a commencé à braire. Il se tourna vers lui et lui dit :
- Qui est en train de vendre les pois chiches ? Toi ou moi ?

 

44 - Djeha-Hoja, son fils et l’âne
Djeha-Hoja dit un jour à son fils, alors qu’il atteignait sa douzième année :
- Demain, tu viendras avec moi au marché.
Tôt le matin, ils quittèrent la maison. Djeha-Hoja s’installa sur le dos de l’âne, son fils marchant à côté de lui. A l’entrée de la place du marché, Djeha-Hoja et de son fils furent l’objet de railleries acerbes :
- Regardez-moi cet homme, il n’a aucune pitié ! Il est confortablement assis sur le dos de son âne et il laisse son jeune fils marcher à pied.
Djeha-Hoja dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain tu viendras encore avec moi au marché !
Le deuxième jour, Djeha-Hoja et son fils firent le contraire de la veille : le fils monta sur le dos de l’âne et Djeha-Hoja marcha à côté de lui. A l’entrée de la place, les mêmes hommes étaient là, qui s’écrièrent
- Regardez cet enfant, il n’a aucune éducation, aucun respect envers ses parents. Il est assis tranquillement sur le dos de l’âne, alors que son père, le pauvre vieux, est obligé de marcher à pied !
Djeha-Hoja dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain tu viendras de nouveau avec moi au marché !
Le troisième jour, Djeha-Hoja et son fils sortirent de la maison à pied en tirant l’âne derrière eux, et c’est ainsi qu’ils arrivèrent sur la place. Les hommes se moquèrent d’eux :
- Regardez ces deux idiots, ils ont un âne et ils n’en profitent même pas. Ils marchent à pied sans savoir que l’âne est fait pour porter des hommes.
Djeha-Hoja dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain tu viendras avec moi au marché !
Le quatrième jour, lorsque Djeha-Hoja et son fils quittèrent la maison, ils étaient tous les deux juchés sur le dos de l’âne. A l’entrée de la place, les hommes laissèrent éclater leur indignation :
- Regardez ces deux-là, ils n’ont aucune pitié pour cette pauvre bête !
Djeha-Hoja dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain tu viendras avec moi au marché !
Le cinquième jour, Djeha-Hoja et son fils arrivèrent au marché portant l’âne sur leurs épaules. Les hommes éclatèrent de rire :
- Regardez ces deux fous, il faut les enfermer. Ce sont eux qui portent l’âne au lieu de monter sur son dos.
Et Djeha-Hoja dit à son fils ;
- As-tu bien entendu ? Quoi que tu fasses dans ta vie, les gens trouveront toujours à redire et à critiquer.

 

45 - Combien de pattes pour un âne ?
- Combien de pattes possède un âne ? Demanda un passant à Djeha-Hodja Nasreddin.
Ce dernier descendit de son âne et compta, un par un, les membres de l'animal :
- Quatre, dit-il.
- Quoi ? Dit le passant. Tu ne sais même pas le nombre de pattes de ton âne, au point de devoir les
compter
?
- Bien sûr que je le sais ! Répondit Djeha-Hodja Nasreddin. Mais, la dernière fois que je les ai comptées, c'était cette nuit et il y en avait quatre. Je voulais juste m'assurer que rien n'avait changé.

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois une femme mariée à un homme cruel. Dès qu'un bébé voyait le jour il l'égorgeait au grand désespoir de sa femme. Un jour, il partit pour un long voyage. Durant son absence son épouse mit au monde un garçon. Elle l'éleva deux années durant avec amour.
Quand elle apprit le retour de son mari, elle confia son fils à la voisine en lui faisant promettre de garder le secret. Cette dernière accepta avec joie.

L'enfant grandissait et avait coutume de jouer devant chez lui. Dès qu'il voyait l'homme apparaître, il lui disait : « Que le salut soit sur toi, ô mon père ». Intrigué, l'homme regardait, puis passait son chemin. Il en fut ainsi tous les jours. À la fin, excédé par cet état de fait, l'homme en fit part à sa femme. Il la chargea de dire à la voisine que si le garçon persistait à lui souhaiter la bienvenue et à l'appeler « père », il le tuerait.

Malgré la mise en garde de sa mère adoptive, l'enfant récidiva. L'homme entra dans une violente colère.
Craignant alors que son mari ne mette la menace à exécution, la vraie mère prit son fils sur son dos et abandonna son domicile. Elle marcha longtemps...

La nuit la surprit au bord de la mer. Elle avisa au loin une belle maison, s'en approcha et y pénétra. Un vrai château : elle trouva là un vieil ogre qui agonisait ; il avait dévoré tous les habitants... Un instant après il rendit l'âme ; la mère le traîna jusqu'au bord de l'eau et le poussa dans les flots.

Elle prit alors possession des lieux, et vécut heureuse avec son fils. Les années passèrent...

Le garçon s'était métamorphosé en un beau jeune homme. Sans cesse, il demandait des nouvelles de son père ; sa mère lui répondait évasivement. Elle ne voulait pas qu'il sache la vérité. Néanmoins il insista tant et si bien que sa mère finit par satisfaire sa curiosité. Elle sortit de la maison et lui déclara :

« Vois-tu ces champs qui s'étendent à perte de vue, ces gens qui y travaillent, ces bêtes qui y paissent ? Eh bien, toute cette contrée appartient à ton père : bêtes et gens ».

Emerveillé par cette nouvelle, le jeune homme interpelle les paysans occupés à ramasser du blé :
« Holà, braves gens qui travaillez chez mon père !... »

Les paysans levèrent la tête mais ne répondirent point. Le soir, quand ils virent leur maître, ils lui apprirent qu'un jeune homme les avait appelés. Qui était-il ? Le maître se dit qu'il s'agissait certainement de son fils disparu avec sa mère quelques années plus tôt. Il dit aux paysans :
« Demain, s'il renouvelle son appel, répondez-lui. »

Le lendemain, quand le jeune homme les appela, ils levèrent la tête et répondirent en chœur :
« Nous t'écoutons !
Dites ceci à mon père : ma mère a abandonné avec moi le domicile conjugal, Dieu a veillé sur nous, elle m'a construit un château au bord de l'eau. »

Le soir donc, les paysans transmirent le message à leur maître. Ce dernier ne douta plus qu'il s'agissait en effet de son fils. Comment faire pour se débarrasser de ce garçon dont il ne voulait pas entendre parler ?

Après mûre réflexion, il se tourna vers les paysans et leur dit :

« Demain, quand mon fils vous appellera, vous lui répondrez ceci :

puisque ta mère a abandonné son domicile, et qu'elle t'a construit un château au bord de l'eau, puisque Dieu a veillé sur vous, il te faudra pour le château des portes en bois d'ébène que tu iras chercher dans la montagne lointaine. Fais-le et prouve-moi que tu es un homme ! »

Le lendemain, quand l'homme apprit que son père le soumettait à une dure épreuve, il eut beaucoup de chagrin, il se confia à sa mère qui lui dit :

« Mon cher fils, ton père es un monstre, il veut se débarrasser de toi. Tu sais bien que le bois d'ébène est difficile à acquérir, la montagne recèle beaucoup de dangers.

Qu'à cela ne tienne ! Par Dieu, je prouverai à mon père que je suis un homme, je m'en vais. »

Il sella son cheval et prit le départ pour la montagne. Deux jours plus tard, il revint à la maison triomphant. Il monta les portes et fenêtres en bois d'ébène. Au matin suivant, il sortit et annonça aux paysans qu'il avait réussi dans son entreprise ; il les chargea d'avertir son père. Ce dernier, en apprenant la nouvelle, fut très étonné. « Mon fils est brave » se dit-il.
Il déclara aux paysans :

« Demain, vous direz ceci à mon fils : puisque ta mère a abandonné le domicile conjugal et que Dieu a veillé sur vous, puisqu'elle t'a construit un château au bord de l'eau et que tu l'as doté des portes et fenêtres en bois d'ébène, il te faudra les peindre avec du lait de lionne. »

Le lendemain, quand le jeune homme apprit par les paysans que son père le soumettait à une seconde épreuve, il se mit à pleurer. Sa mère essaya de le consoler :
« Je te l'avais bien dit, ton père veut ta mort, il use de stratagèmes pour se débarrasser de toi.
Où pourrais-je trouver du lait de lionne ?

Il te sera difficile d'en avoir mon fils : les fauves te dévoreront. »

Après réflexion, le jeune homme alla trouver le vieux sage. Il lui raconta son histoire et lui demanda conseil. « C'est une difficile entreprise pour toi jeune homme. Il te sera difficile d'atteindre ton but. Néanmoins voilà ce que tu devras faire : achète une vache, égorge-la, puis coupe-la en morceaux de viande au pied d'un arbre. Cache-toi dans un coin et attends. »
Le jeune homme suivit à la lettre les conseils du vieux sage. Tapi dans un coin il attendait... Peu après, les fauves, attirés par l'odeur de la chair fraîche, s'approchèrent de l'arbre et se régalèrent. La lionne, repue, se détacha du groupe et dit à haute voix :
« Je jure par Dieu que je donnerai à l'auteur de cet acte généreux tout ce qu'il demandera, même si c'est du lait ».

A ces mots, le jeune homme sortit de sa cachette, il s'avança vers la lionne en disant :
« Justement c'est ce qui m'amène.

Hum ! Si je n'avais pas prêté serment, je t'aurais dévoré ».

Elle se tourna, présenta ses mamelles au jeune homme. Il remplit alors une outre de lait et s'en retourna chez lui content. Sa mère fut heureuse de le revoir.

Le lendemain, dès que le soleil se leva, il sortit et annonça la nouvelle aux paysans. Ces derniers en avisèrent leur maître dès leur retour des champs.

A l'annonce de la nouvelle, le père resta muet de surprise. Néanmoins, il ne désarma pas ; il avait à proposer à son fils une épreuve plus ardue. Il déclara donc à ses ouvriers :
« Demain vous direz ceci à mon fils : Puisque ta mère a abandonné son domicile, et qu'elle t'a construit un château au bord de l'eau, puisque Dieu a veillé sur vous et que tu as doté le château des portes et fenêtres en bois d'ébène, puisque tu les as peintes avec du lait de lionne, il te faudra maintenant ramener chez toi la fille de l'empereur des ogres. »

Le lendemain, quand le message lui fut transmis, le jeune homme devint anxieux. Sa mère le dissuada d'entreprendre un long voyage pour satisfaire la volonté d'un père cruel. Sourd aux supplications de sa mère, le jeune homme sella son cheval et s'éloigna de chez lui au triple galop. Il voyagea trois jours durant... Il arriva enfin dans un pays étranger et se renseigna auprès des habitants. L'un d'eux lui dit :

« Je sais où habite la fille de l'Empereur des Ogres mais je te déconseille d'y aller.
Pourquoi donc ?

La fille en question habite au septième étage d'un palais, elle est sous la garde de quatre-vingt-dix-neuf ogres. Ce sont ses frères et quiconque s'approche du palais met sa vie en danger.
Qu'à cela ne tienne, j'irai la retrouver ! »

Il acheta alors une vache, l'égorgea, puis la coupa en quatre-vingt-dix-neuf morceaux qu'il mit dans un sac, et il prit la direction du château. Il arriva à la nuit tombante. Il descendit de cheval et déposa les morceaux de viande devant la porte. Les ogres, attirés par l'odeur de la chair fraîche, sortirent du château et se régalèrent. Repus, ils déclarèrent tous en chœur :
« Nous jurons par Dieu d'épargner la personne qui nous a permis de bien manger. En outre nous lui promettons tout ce qu'elle nous demandera même si c'est notre sœur. »

À ces mots, le jeune homme sortit de sa cachette et leur dit :

« Justement, c'est pour cela que je suis venu.

Hum, si nous n'avions pas prêté serment, nous t'aurions dévoré. Notre sœur nous est aussi chère que la prunelle de nos yeux. Prends-la mais avant de partir, prends ceci. »

Ils découpèrent chacun à leur tour un morceau de leur peau et ils mirent tout cela dans un sac qu'ils tendirent au jeune homme en lui disant :
« Aussitôt que tu te sentiras en danger, tu jetteras les morceaux de peau dans le feu. »

Le jeune homme acquiesça, aida la jeune fille à monter en selle et disparut dans la nuit...

Après avoir longtemps galopé en compagnie de la fille de l'Empereur des Ogres, il arriva en vue de son château. Sa mère angoissée, l'attendait au seuil de la maison. Dès qu'elle le vit, elle se jeta dans ses bras en sanglotant. Le lendemain au lever du jour, le jeune homme annonça aux paysans qu'il avait réussis dans son entreprise et les pria d'aviser son père.

Quand ce dernier apprit la nouvelle, il entra dans une violente colère ; puisque son fils avait échappé à tous les dangers, il le tuerait lui-même : il chargea les paysans d'annoncer à son fils qu'il lui déclarait la guerre. Quand le jeune homme apprit la nouvelle, il fut consterné. À la joie de la veille, succéda la tristesse : la mère et son fils pleurèrent à chaudes larmes.

Le père regroupa tous les hommes valides des trois tribus de la région et leur distribua des armes. Ils encerclèrent le château et se préparèrent à l'attaque.

Stoïques, la mère et son fils s'en remirent à Dieu. La fille de l'Empereur des Ogres apparut alors, tenant entre ses mains le sac que lui avaient remis ses frères. Elle le jeta dans le feu et, un moment après, les ogres apparurent dans un nuage de fumée et de poussière. À la vue des ogres, les soldats prirent peur ; Le père du jeune homme était parmi eux, et pensa : « Mon fils est un homme véritable ! »

« Mère, dit le jeune homme, mon père t'a fait du mal, il faudrait qu'il soit châtié. Comment le reconnaître ?

C'est celui qui porte un burnous blanc et une calotte rouge » répondit la mère. Le jeune homme donna aux ogres l'ordre d'exterminer tous les soldats et de n'épargner que son père. Ce qui fut fait sur le champ.
Peu après, il invita son père à rentrer au château et demanda à sa mère de chauffer une grande bassine d'eau. Il lui présenta un beau costume en lui disant :

« Je veux que tu prennes un bain dans cette eau de jouvence, mais avant cela tu prononceras ces paroles : « O Dieu tout puissant, débarrasse-moi de mes rides et cheveux blancs et redonne-moi l'ardeur de mes vingt ans. »

Lorsque l'eau devint bouillante, le père plongea dans la bassine tout en prononçant la formule magique. Le miracle ne se produisit pas. Le père mourut, brûlé vif, à la satisfaction du jeune homme et de sa mère qui furent ainsi vengés...

Voilà, mon histoire a suivi le lit de l'oued

Je l'ai racontée à des fils de seigneurs

A moi, que Dieu pardonne

quant aux chacals, qu'il leur en cuise.


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

... Le sultan et sa femme, qui avaient peur de mourir sans laisser d'enfant mâle, priaient jours et nuits, faisaient des aumônes, consultaient les plus illustres médecins, visitaient tous les marabouts du pays, mais en vain. Après bien des années, la sultane mit au monde un garçon. La veille de sa naissance, alors que la sultane faisait sa sieste, un vieillard à barbe blanche lui apparut en rêve et lui dit :

« Tu auras un fils, il aura toutes les qualités attendues chez un prince. Il sera beau, intelligent, courageux, téméraire, mais lorsqu'il atteindra l'âge adulte il tombera si gravement malade que sa vie sera en danger et qu'il ne il sera guéri que si vous consentiriez un gros sacrifice. » Et il disparut laissant la pauvre femme ébranlée.

« Comment faire ? » se lamentait-elle, elle dont la joie provoquée par la naissance du prince commençait à s'émousser. « Comment faire pour aider mon fils ? » Les années passèrent. Le garçon grandissait en beauté, courage et témérité, comme l'avait prédit le vieillard.

Lorsqu'il fut en âge de prendre femme, son père demanda et obtint pour lui la main de la fille du sultan voisin. Le mariage devant être célébré à la fin de l'été après les moissons, tout le pays s'activait en vue des noces qui devaient être inoubliables, car le jeune prince était aimé et estimé de tous autant pour sa bonté et sa générosité que pour sa bravoure et son intelligence. La sultane voyant son fils en bonne santé oublia le rêve et avec lui ses craintes jusqu'au jour ou le prince qui revenait à travers champs vit une jeune fille qui avançait en titubant une cruche sur la tête.

Elle fit encore quelques pas puis s'écroula. La cruche en tombant se cassa en plusieurs morceaux et l'eau se répandit sur le sol. Le prince se précipita et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il découvrit une éblouissante jeune fille aux longs cheveux d'un noir d'ébène éparpillés autour d'elle. Toute la beauté et toute la grâce étaient gravées sur ses traits et sa silhouette mais ses vêtements quoique propres étaient ceux d'une miséreuse. Le prince, émerveillé, la contempla longtemps puis se secoua comme s'il sortait d'un rêve. Il l'aida à se relever. En voyant sa cruche cassée elle éclata en sanglots.

« Oh, ma cruche, ma belle cruche que mon père m'a ramenée du souk. Que vais-je lui dire pour me justifier ? »

N'ayez crainte, lui dit le prince, des cruches semblables, il y en a plein le souk.

Hélas, mon bon seigneur, hélas nous sommes pauvres et mon père, pour m'acheter cette cruche, s'est privée durant une semaine d'un remède qu'il prend lorsqu'il fabrique le charbon. Mon père, seigneur, est charbonnier, et c'est lui qui alimente tout le palais en charbon.

N'ayez crainte vous dis-je, demain à l'aube une cruche aussi belle vous attendra devant chez vous.

Rassurée, elle partit. Le prince resta longtemps debout à l'endroit ou elle était tombée puis il partit à son tour. Il envoya sur le champ un domestique au souk, avec ordre d'acheter une cruche et de la déposer devant la maison du charbonnier.

Toute la journée, le prince fut obsédé par la vision de la jeune fille, et le soir il ne put fermer l'œil tant cette vision était vivace dans son esprit. Cet état de chose dura plusieurs jours, au point que le jeune homme en perdit le goût du sommeil et ne se restaurait que rarement. Sa situation était sans issue, car il ne voulait pas se marier avec la fille du sultan mais avec la fille du charbonnier. Au bout de quelques temps, le prince tomba gravement malade, ne trouvant aucune solution à son problème. Ses parents affolés firent venir tous les médecins du pays, mais aucun ne put déceler la nature de cette mystérieuse maladie. Il dépérissait à vue d'œil sous le regard impuissant de ceux-ci.

« De quoi souffres-tu mon cher petit ? » lui demandaient-ils. « Le mal dont j’atteins, nul ne peut le guérir à moins d'un sacrifice que je suis incapable de vous demander » répondit-il.

Ils eurent beau le questionner, il ne leur révéla absolument rien. La fille du charbonnier eut vent de cette maladie, car les serviteurs, étant très bavards, racontaient à qui voulait les entendre que le prince était possédé. Moyennant une pièce d'argent, elle pria une servante chargée de l'entretien de la chambre où il reposait de lui permettre de lui rendre visite au moment où il serait seul. Aussitôt qu'il la vit, il se sentit mieux et lui fit part de ses sentiments.

« Oubliez-moi sire, oubliez-moi, je ne suis pas digne d'être votre femme car je suis de condition très modeste. Je suis moi-même très perturbée depuis que je vous ai vu mais hélas je me fais une raison.

Rendez-moi au moins visite, la pria le prince, en l'absence de mes parents ; j'en donnerai moi-même l'ordre à la servante. » Elle le lui promit et partit. Un jour, alors que la sultane somnolait près de la couche de son fils, le vieillard réapparut et lui dit : « Votre fils peut guérir à condition que vous acceptiez de lui donner la fille du charbonnier pour épouse. En bon fils, il ne veut pas vous faire de la peine mais votre peine sera beaucoup plus grande si vous refusez et qu'il mourra ». La sultane se réveilla en sursaut en psalmodiant le nom de Dieu et maudissant Satan. « La fille du charbonnier ? Mais qui est donc cette fille qui a rendu mon fils si malade ? Mérite-elle au moins un pareil sacrifice ? Dès demain j'irai la voir ».

Le lendemain, très tôt et sans rien dire à personne, elle se déguisa et partit vers la maison du charbonnier qui se trouvait à l'entrée de la forêt. En voyant la maison si vétuste, elle frissonna, se cacha derrière un arbre et attendit. Un moment après, une jeune fille belle comme le jour apparut sur le seuil. « Ah ! Je comprends pourquoi mon fils est si malade, dit-elle. Mais une telle alliance est impossible. Il faut qu'elle et ses parents quittent le pays ; alors l'envoûtement quittera le corps de mon fils. ». Toujours déguisée, elle se présenta à eux et leur dit :

« La sultane, ma maîtresse m'envoie vous dire que son fils est tombé en léthargie depuis qu'il a vu votre fille. Vous comprenez aisément qu'il lui est impossible de vous demander sa main, alors elle vous demande de quitter le pays à moins que... à moins que votre fille ne tisse une étoffe de soie si légère et si belle qu'elle n'aura pas son pareil dans tout le royaume. Mais si l'étoffe n'est pas prête dans deux jours alors vous vous en irez ».Elle partit laissant la jeune fille et ses parents désemparés. Peu après, la jeune fille reçut la visite de la servante qui lui dit que son maître désirait la voir. Elle la suivit et raconta au prince tout ce qui venait d'arriver.

« Va, lui dit le prince, va dans la forêt et raconte tout au grand mûrier.

Mais comment un arbre pourra-t-il m'aider ? lui dit-elle.

Va, répond le prince et fais-moi confiance. »

Arrivée devant le mûrier, elle se mit à pleurer à chaudes larmes. « Mon Dieu, mon Dieu comment vais-je m'en sortir ? Comment vais-je faire pour éviter l'exil à mes parents ? ». Alors le mûrier eût pitié d'elle ; il secoua très fort ses branches afin de réveiller tous les vers à soie qui s'y trouvaient et leur tint ces propos : « Je veux que vous vous mettiez tous à l'ouvrage et que vous tissiez très vite la plus belle étoffe qu'il m'ait été donné de voir, sinon je dessécherai toutes mes feuilles et vous n'aurez plus rien à manger ». Les vers à soie, apeurés, commencèrent à tisser, à tisser la plus belle et la plus arachnéenne étoffe qui pût exister. Ils travaillèrent tant et si bien qu'au bout de deux jours, la toile fût finie. Lorsque la sultane, toujours déguisée, la vit, elle blêmit et dit : « Tout ceci est fort bien mais ma maîtresse désire cette fois que vous récupériez le collier de perles qu'elle portait et qui s'est cassé l'an dernier près du bassin derrière le palais ».

Cette fois-ci, la jeune fille dit au prince qu'il lui était impossible de surmonter cette nouvelle épreuve.

« La solution se trouve au seuil de ta maison, répondit-il ; va, que Dieu t'assiste et te vienne en aide. »

L'esprit ailleurs, elle marcha, marcha jusqu'à la maison de ses parents. Alors, du pied et sans le vouloir, elle foula une fourmilière. Sentant alors quelques fourmis sur sa jambe, elle s'agenouilla pour réparer les dégâts. Tout en s'excusant, elle leur fit part des raisons de son chagrin. La reine des fourmis ordonna alors à ses ouvrières de restituer les perles qui se trouvaient au fond de la fourmilière. Les perles retrouvées, la sultane n'ayant plus aucune excuse accepta que son fils épouse l'humble fille. Les noces prévues pour la fille du sultan furent célébrées en grandes pompes en l'honneur de la fille du charbonnier.

Et le prince, guéri et heureux, vécut très longtemps avec celle qui lui était destinée depuis sa naissance.



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y a de cela bien longtemps, en Anatolie, un chef nomade et sa femme n'arrivaient pas à avoir d'enfant. Leur tristesse rejaillissait sur toute la tribu, et celle-ci se déplaçait, encore et encore, en espérant qu'elle finirait par trouver un endroit propice.

Enfin, au bout de sept années d'errance, l'épouse du chef tomba enceinte et un fils naquit. Pour la première fois de son histoire, la tribu resta au même endroit quarante jours et quarante nuits : ce fut une fête mémorable où toutes les autres tribus passèrent pour rendre hommage au nouveau-né et à ses parents.

Au matin du quarantième jour, même les plus grandes réjouissances ayant une fin, il fallut reprendre la route. Les nomades arrivèrent bientôt dans une forêt profonde, effrayante, où le vent se mit à souffler en tempête. Malgré ses efforts pour rester groupée, la tribu dut se disperser, et chacun de ses membres se retrouva seul pour lutter contre les éléments. La tribu se reforma petit à petit à la sortie de la forêt. Tout le monde semblait être là, mais on s'aperçut que le berceau du nouveau-né, porté à dos de chameau, était vide.

Lorsque la tempête se fut calmée, la tribu retourna dans la forêt. L'enfant demeura introuvable, mais on découvrit en haut d'un arbre, dans un nid d'aigle, la couverture qui l'avait enveloppé. Le tissu était déchiré, taché de sang. Folle de douleur, la mère se mit à courir dans tous les sens en hurlant. Elle disparut au cœur de la forêt en jurant qu'elle n'en ressortirait pas sans son fils.

Le chef ordonna que l'on recherche sa femme mais, comme pour son fils, cela ne donna aucun résultat. Certains des nomades revinrent quand même lui dire que, parfois, quand le vent se mettait à souffler, on entendait un chant désespéré qui s'élevait pour se lamenter de la perte d'un enfant.

Ecrasé de douleur, le chef décida de partir seul pour retrouver sa femme et son fils. La tribu attendit longtemps, très longtemps, à la sortie de la forêt, mais lui non plus on ne l'a jamais revu. On dit que dans cette forêt maudite, on peut toujours entendre le chant de la mère cherchant son fils, un chant si beau et si triste qu'encore aujourd'hui les femmes de la tribu se le transmettent de génération en génération, de mère en fille.


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Rédigé par orange8454

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