Publié le 13 Septembre 2012

Nasreddin, est un idiot éclairé, un clown magnifique, raconté à travers d'innombrables histoires courtes et incisives qui circulent oralement à travers tout le monde arabo-musulman.

 

Toujours monté sur son âne, coiffé d’un grand turban et arborant une belle barbe blanche, Nasreddin Hoca est un personnage incontournable de la culture populaire turque.


Né en 1208 dans un petit bourg d'Anatolie, Nasreddin Hoca   a pu bénéficier d’une éducation religieuse grâce à son père, il devint d’ailleurs Imam dans un village turc. Nasreddin Hoca prêche la bonne parole, la bonne conduite à travers la franchise et la sagesse. Des centaines de livres et BD relatent ses aventures, ses remarques, ses drôleries qui traitent pourtant de sujets parfois sérieux voir graves : Le vol, l’alcool, le travail, les femmes...


A la fois social, malin, généreux et au cœur pur, Nasreddin Hoca   est un comique  qui, avec des mots simples, a su rendre ses réflexions imperméables au temps. Ainsi, chacun est amené à méditer sur les aléas de la vie, avec humour et justesse d’esprit.

 

Espiègle et rusé roulant son monde avec une candeur et un humour confondants, c'est cette personnalité ambivalente, insaisissable, fondamentalement humaine qui confère à Nasreddin son universalité et sa popularité.



1 - Le barbu

Un homme demande au barbu :
- Nasreddin, j'ai une lettre importante à envoyer à Istanbul. Tu sais bien que je n'ai pas été à l'école : Veux-tu me l'écrire ?
- Excuse-moi, répond  Nasreddin, j'ai mal aux pieds.
- Tu te sers de tes pieds pour écrire ?
- Non, avec les pieds je marche, mais j'écris tellement mal qu'il faut que j'aille moi-même auprès du dest inataire pour lui lire ma lettre.

 


2 - La raison du plus fort

 
Un jour, Nasreddin Hodja eut besoin de traverser la Mer de Marmara. Il prit donc le bateau, mais juste au milieu de la traversée, une grande tempête se leva et le bateau commença à couler. Tous les passagers et les membres d'équipage se mirent à écoper pour essayer de maintenir le bateau à flots. Cependant, parmi la foule, il se trouva un homme qui, à la consternation générale, prenait l'eau dans la mer pour la jeter dans le bateau : l'inévitable Nasreddin Hodja. Le capitaine se précipita vers lui en l'injuriant, en l'accusant de vouloir tous les tuer, mais Nasreddin ne se départit pas de son calme. Il expliqua au capitaine qu'il se contentait de suivre le conseil que sa mère lui répétait tout le temps : toujours se mettre du côté du plus fort...



3 - La fin du monde      

Un jour, quelqu'un vint voir le très sage Nasreddin Hodja pour lui demander s'il connaissait la date de la fin du monde.

- De quelle fin du monde parles-tu ? répondit-il à l'homme. La grande ou la petite ? Si c'est de la petite dont tu parles, c'est quand ma femme mourra. Si tu parles de la grande, elle se produira quand c'est moi qui rendrait l'âme.


4 - Les perles bleues

Un jour, Nasreddin Hodja acheta deux perles bleues à un marchand. Le soir, il en donna une à sa première épouse en lui conseillant de ne surtout pas parler de ce cadeau à sa deuxième femme. Et le lendemain, il donna la perle restante à cette deuxième épouse en lui recommandant de ne rien en dire à la première. Quelques jours plus tard, après une dispute qui avait éclaté entre les deux femmes, elles vinrent voir leur époux et lui demandèrent laquelle il préférait. Avec un large sourire, il répondit que sa préférée était celle qui possédait la perle bleue...


5 - L'accouchement à la chandelle

Une nuit, la femme de Nasreddin Hodja a accouché dans son lit, à la lueur de la chandelle. L'enfant tant attendu est sorti du ventre de sa mère, mais il a bientôt été suivi par un second, puis un troisième s'est présenté à son tour. Voyant cela, Nasreddin s'est précipité pour souffler la chandelle.

- Pourquoi fais-tu cela ? demanda sa femme.

- C'est pourtant évident, répondit Nasreddin, il faut croire que la lumière attire les enfants : si je n'éteins pas la chandelle, combien en aurons-nous ?


6 - Le don de la nature

Un jour de pluie, Nasreddin Hodja vit par sa fenêtre un homme qui courait pour rentrer chez lui avant d'être trempé.

- Pourquoi cours-tu ainsi ? lui demanda Nasreddin. Tu n'as pas honte de fuir ainsi ce merveilleux don de la nature ?

Tout penaud, l'homme s'arrêta de courir et rentra chez lui trempé jusqu'aux os. Mais le lendemain, alors qu'il continuait à pleuvoir, c'est ce même homme qui vit de sa fenêtre le fameux Nasreddin Hodja courir pour échapper à l'averse.

- Nasreddin, n'as-tu pas honte de fuir ainsi ce merveilleux don de la nature ?

- Mais pas du tout, répondit Nasreddin sans s'arrêter. Si je cours, c'est au contraire pour éviter de le piétiner.


7 - Le pourboire

Un jour, en sortant des bains, Nasreddin Hodja distribua un pourboire royal alors qu'il avait été traité comme un moins que rien : serviette sale, petit bout de savon, pas de massage et même pas de thé. Le lendemain, quand il revint, ceux qui avaient profité de ses largesses de la veille le traitèrent comme s'il était le sultan en personne. Mais cette fois, en sortant, il ne donna à ces employés que quelques piécettes.

Voyant leurs mines déconfites, Nasreddin leur expliqua que le pourboire d'aujourd'hui correspondait à leur travail de la veille, et le pourboire de la veille à leur travail d'aujourd'hui...


8 - Nourrir son manteau

Un jour, Nasreddin Hodja fit convié à une grande réception. Mais pendant la fête personne ne fit attention à lui, c'est à peine si on lui adressa la parole. Vexé, Nasreddin rentra chez lui et revint à la fête vêtu de son plus beau manteau. Et là, comme par miracle, il devint une des attractions de la soirée.

Quand vint le moment de se mettre à table, les convives eurent la surprise de voir Nasreddin qui trempait la manche de son manteau dans la soupe.

- Mais pourquoi fais-tu cela ? lui demandèrent-ils ?

- C'est pourtant simple : puisque c'est mon manteau que vous avez si bien accueilli, il est normal que ce soit lui qui mange !


9 - Le problème de la Création

Un jour, Nasreddin Hodja se demandait si la Création avait été vraiment bien faite... Il faut dire que devant lui, il voyait cet immense chêne qui portait de si petits fruits, alors que le petit plant de courge, à ses pieds, en supportait de si gros. Il s'assit sous le chêne pur réfléchir à cette inquiétante question, mais quand un gland lui tomba sur la tête, il comprit que la Création avait été vraiment bien faite...


10 - La marmite

Un jour, Nasreddin Hodja demanda à son voisin de lui prêter une marmite. Bien qu'un peu méfiant, le voisin accéda à sa demande. Et à sa grande surprise, Nasreddin lui rendit sa marmite dès le lendemain, avec en plus une autre petite marmite posée à l'intérieur de la première.

- Mais quelle est donc cette seconde marmite ? demanda le voisin.

- Eh bien durant la nuit, il se trouve que ta marmite a accouché ! Comme il me semble logique que son enfant t'appartienne aussi, je te l'amène.

L'homme, se disant que pour une fois la folie de Nasreddin tournait en sa faveur, ne répondit rien et prit les deux marmites. Et lorsque, quelques jours plus tard, Nasreddin revint frapper à sa porte pour lui demander le même service, il s'empressa de lui fournir sa plus belle marmite en espérant avoir encore une bonne surprise. Mais là, au contraire, il attendit des jours et des jours sans voir revenir son fameux voisin. N'y tenant plus, il se rendit chez Nasreddin pour réclamer des explications.

- Ah c'est terrible, dit Nasreddin d'un air contrit, il faut que je te l'avoue : ta marmite est morte.

- Mais que me dis-tu ? Une marmite ne peut pas mourir !

- Enfin voyons, tu étais prêt à croire qu'une marmite pouvait accoucher, aujourd'hui tu devrais bien croire qu'elle peut mourir.

Le voisin ne trouva rien à répondre, rentra chez lui, et Nasreddin garda la belle marmite.


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

11 - La chèvre de la fin du monde

Un jour, des enfants vinrent voir Nasreddin Hodja en lui disant que la fin du monde était pour le soir même, et ils lui proposèrent de tuer sa chèvre et de la manger pour en profiter avant qu'il soit trop tard. Nasreddin acquiesça, et leur proposa même d'aller se baigner pendant que lui préparerait la bête. Les enfants acceptèrent avec joie, mais quand ils ressortirent du lac, ils découvrirent que Nasreddin avait allumé le feu avec leurs vêtements !

- Pourquoi faites-vous ces têtes ? demanda Nasreddin. Si c'est vraiment la fin du monde, vous n'avez plus besoin de vos habits, pas vrai ?



12 - Nasreddin et la souris savante

Un matin, Khadija, la femme de Nasreddin Hodja, vint dire à son mari :

- le couscous qui nous reste suffit à peine pour 3 jours. Il faut que tu penses à chercher du travail.

- Ah non ! lui répondit-il. Par contre, prépare un bon repas avec tout ce couscous et attrape 2 souris qui se ressemblent.

Intriguée, la femme se hâta de capturer deux petites souris qui se ressemblaient comme deux gouttes d'eau et les donna à son mari. Celui ci planta un clou dans le mur et y attacha l'une des deux souris avec une ficelle; puis il mit la deuxième dans une cage et dit à sa femme :

- n'oublie pas de préparer le couscous, je reviens à midi avec mes amis.

Et il s'en alla avec la cage. Lorsqu’il arrive au café tout le monde se moqua de lui :
-tu es devenu fou pour promener uns souris. Un perroquet ou un rossignol, nous aurions compris, mais une souris !
- Bande d'ignorants, leur répondit il. Ce n'est point une souris ordinaire, mais une
souris savante !
- comment cela ?
-c'est très simple et vous pourrez le vérifier vous même. Désirez vous déjeuner
tous chez moi à midi ?
-bien sur, si tu nous y invites.

Nasreddin, s'adressa alors à la souris :
- toi la souris, ouvre bien tes oreilles : va à la maison et dis à ma femme de préparer un bon couscous, je viendrai le déguster avec mes amis à midi.

Il ouvrit la porte de la cage et la souris, toute contente, s'en fut en courant se réfugier dans le jardin voisin.

A midi, les hommes incrédules accompagnèrent le Hodja chez lui et trouvèrent le repas qui les attendait. Dans un coin, ils virent la souris attachée. Ils pensèrent immédiatement que c'était celle qui avait quitté la cage deux heures auparavant.

L'un des hommes, qui s'appelait Mustapha, prit la parole :
- j'achète cette souris pour cent dinars
- seulement cent dinars pour une souris savante ? lui répondit Nasreddin.
Tu n'es pas sérieux, mon ami.

Mustapha ajouta cent puis cent et encore cent.et Nasreddin finit par accepter de vendre sa souris pour cinq cent dinars.

Le nouveau propriétaire était fier de son acquisition. Le lendemain il arriva au café avec sa souris dans la cage

- aujourd'hui mes amis, nous mangerons chez moi.

Puis il s'adressa à la souris :
- toi la souris, ouvre bien tes oreilles, va à la maison dire à ma femme de préparer à manger, j'invite mes amis pour midi.

L’homme ouvrit la cage, et la souris s'en fut rejoindre sa cousine dans le jardin voisin.

A midi, Mustapha invita ses amis à l'accompagner. Nasreddin prétexta un mal au ventre soudain.

- Non lui dit l'homme, hier nous avons mangé chez toi. Tu es obligé de m'honorer à mon tour.

Nasreddin finit par céder et les hommes arrivèrent chez Mustapha, l'estomac en éveil.

Mais la femme n'avait rien préparé. Elle n'avait pas bu la souris savante.

Elle se moqua de son mari :
- comment peux tu croire une histoire pareille ? C’est évident : Nasreddin t'a trompé pour te voler.

Mustapha devint furieux. Il se tourna vers Nasreddin :

- rends moi mon argent tout de suite sinon je fais un malheur.

Nasreddin, fit mine de s'énerver à son tour :
- comment ? Tu as perdu une souris que j'avais éduquée pendant deux ans et tu veux en plus que je te rende ton argent ! Dis moi d'abord, as tu pensé à lui donner ton adresse avant de lui ouvrir la cage ?
- Non, dit Mustapha, remonté.
- alors comment veux tu qu'elle trouve la maison si elle ne connait pas l'adresse ?

Et Nasreddin garda l'argent pour lui.

 

13 - Le Lion, Le Loup et Le Renard

 

Un lion, un loup et un renard furent amis un certain temps. Pris de faim, ils s’en allèrent chasser. A la fin de la chasse, ils avaient tué un bœuf, un mouton et un lapin. Réunissant leurs proies, le lion dit en s’adressant au loup :

-Fais-donc le partage pour que nous ayons nos parts.

Le loup :
-Le bœuf vous appartient. Le mouton est à moi et le lapin au renard.
Le lion se mit en colère et, le griffant de sa patte, il l’envoya dans le précipice. Et se retournant vers le renard il dit :
-Fais-donc toi maintenant le partage
Le renard rusé ne tarda pas à répondre :
-Le bœuf est votre repas du soir, le mouton celui de midi, et le lapin votre petit déjeuner.
Le lion rit et demanda au renard où il avait pris cette idée.

Le renard :
De notre ami qui est tombé dans le précipice…

 


14 - Le
Sel Précieux

 

Il était une fois un padischah et ses trois filles. Un jour, le padischah réunit ses filles près de lui et leur demanda combien elles l’aimaient ? L’aînée lui dit « autant que la grandeur du monde », la moyenne : « autant que mes bras », et la cadette « autant que le sel. »

Le padischah se mit en colère suite à la réponse de sa fille cadette et lui dit : « Est-ce qu’un homme peut être aimé comme du sel ». Le padischah livra sa fille au bourreau. Celui-ci emmena la fille dans la montagne. La fille supplia le bourreau en lui disant que lui aussi était père.

Le bourreau ne put résister aux supplications de la jeune fille. Il tua à la place une bête et tachant la blouse de la jeune fille avec le sang de la bête, il l’apporta au Padischah.

La jeune fille se mit en route. Elle arriva dans un village. Elle devint l’esclave de l’un des hommes riches du village et devint une jolie fille en grandissant. Sa beauté se transmit de bouche en bouche et le destin fit qu’elle se maria avec le fils d’un autre Padischah.

Elle expliqua un jour à son mari ce qui lui était arrivé et proposa d’inviter son père à manger. Son mari accepta. Les préparatifs furent faits et son père fut invité.

Le padischah arriva avec ses dignitaires et tous se mirent à table. Les mets se succédaient. La jeune femme avait prié le cuisinier de préparer les mets sans sel. Le padischah, qui essayait de goûter tous les plats, retirait à chaque fois tout de suite sa cuillère de la bouche. Il ne put manger aucun mets.

A ce moment, la jeune femme se leva soudainement de table et dit : « Mon Padischah, d’après ce que j’ai entendu, tu aurais fait tuer ta fille parce qu’elle ne t’aimait comme elle aimait le sel. Ne donnant même pas l’occasion au Padischah de s’expliquer, elle ajouta: « Cette petite fille, c’est moi. J’ai fait cuire tous les plats sans sel, pour que tu puisses comprendre ma valeur. »

Ayant honte de ce qu’il avait fait, le Padischah pris sa fille dans ses bras et comprit combien le sel était précieux. Des jours nouveaux commencèrent.

Tout est bien qui finit bien.

15 - Ecrire et Marcher

- Nasreddin, j'ai une lettre importante à envoyer à Istanbul.
- Tu sais bien que je n'ai pas été à l'école : veux-tu me l'écrire ?
- Excuse-moi, répond Nasreddin, j'ai mal aux pieds.
- Tu te sers de tes pieds pour écrire ?
- Non, avec les pieds, je marche, mais j'écris tellement mal qu'il faut que j'aille moi-même auprès du destinataire pour lui lire ma lettre.


16 - Grave question !

Les anciens du village essayèrent, un jour, de résoudre une question sérieuse : si le fleuve prenait feu, où donc les poissons pourraient-ils s'enfuir ?

Après de longues délibérations, n'ayant pas trouvé de solution, ils allèrent consulter Nasreddin. Celui-ci, après les avoir écoutés, s'écria :

- Pourquoi vous inquiétez-vous ? Si vraiment le fleuve prenait feu, les poissons pourraient grimper dans les arbres.


17 - Trop de monde !

Nasreddin Hodja s'était remarié avec une veuve. Dès le premier jour, celle-ci avait commencé à lui vanter les mérites de son premier mari et, jour et nuit, elle n'arrêtait pas de parler de lui. Alors, Nasreddin, agacé, se mit à vanter les mérites de sa première femme.

Une nuit, alors que sa femme parlait une fois de plus de son premier mari, Nasreddin la poussa hors du lit.

Fâchée, celle-ci lui dit :

- Pourquoi tu m'as fait tomber du lit ?

-Toi et ton mari, moi et ma femme, ça fait trop de monde dans un lit si petit !


18 - Au jardin potager

Un jour d'été, Nasreddin était étendu sous un gros noyer. Il regardait, à côté de son jardin, un champ de pastèques. Il pensa :

- Comme c'est curieux, ces énormes pastèques poussent dans l'herbe alors que mon gros noyer produit des fruits minuscules.

A ce moment-là, une noix se détacha de l'arbre et lui tomba sur la tête. Il leva les yeux au ciel et en se frottant le crâne, il dit :

- Pardonne-moi, Dieu, je ne me mêlerai plus de tes affaires. Heureusement que les pastèques ne poussent pas sur cet arbre !


19 - Sur l'âne

Un jour, des gens du village virent Nasreddin, assis sur son âne et qui portait lui-même sur son dos un gros sac très lourd.

- Pourquoi portes-tu le sac sur ton dos ? Pose-le donc sur l'âne, à côté de toi !

- Eh, que voulez-vous, mon pauvre âne est déjà obligé de supporter tout mon poids, je ne veux pas lui ajouter encore le poids de ce sac.


20 - Plaire à tout le monde

Un jour, Nasreddin Hodja marchait tranquillement avec, à côté de lui, son fils monté sur l'âne. Deux hommes passèrent à ce moment.

- Non mais regardez ça, dit l'un d'eux, voyez comment on éduque les enfants de nos jours : le jeune profite de l'âne alors que le vieil homme s'épuise à marcher !

Ayant entendu cela, Nasreddin et son fils échangèrent leurs places. Quelques minutes plus tard, ils croisèrent à nouveau deux passants.

- Quelle honte, dit l'un d'eux, ce père indigne est tranquillement sur son âne alors que son pauvre fils est obligé de marcher à grands pas pour rester à sa hauteur !

Nasreddin et son fils décidèrent alors de s'installer tous les deux sur l'âne. Un groupe de trois femmes ne tarda pas à croiser leur route.

- C'est terrible, dit l'une d'elles, cette bête va bientôt mourir sous le poids de ces deux fous !

Cette fois, Nasreddin et son fils se mirent à marcher tous les deux à côté de l'âne.

- Idiots ! s'exclama un autre passant. Pourquoi marchez-vous sous cette chaleur alors que vous avez votre âne pour vous porter ?

Ne sachant plus que faire, le père et le fils rentrèrent chez eux.

- Tu vois, dit Nasreddin à son fils, n'hésite pas à agir comme tu l'entends, puisque de toute façon tu ne réussiras jamais à plaire à tout le monde !



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

21 - La lettre

Un habitant du village a reçu une lettre, mais comme il ne sait pas lire, il demande à Nasreddin Hodja de la lire à sa place. Nasreddin doit lui avouer qu'il ne sait pas lire non plus, mais l'homme ne veut pas croire que quelqu'un de si bien habillé, avec un si beau turban, ne sache pas lire. Nasreddin s'énerve, ôte son turban et le plante sur le crâne de l'homme en lui disant que si c'est l'habit qui fait tout, alors maintenant il peut lire sa lettre lui-même !


22 - Se lever tôt

Un jour, un ami de Nasreddin Hodja essaya de le persuader que le monde appartenait à ceux qui se levaient tôt. Et pour le convaincre, il lui raconta comment, le matin même, il avait trouvé une pièce d'or sur la route.

- Tu vois, lui dit-il, si je n'avais pas été celui qui s'était levé le plus tôt, c'est quelqu'un d'autre qui aurait profité de l'aubaine !

- Mais enfin, répondit Nasreddin, ne comprends-tu pas que cette pièce a été perdue par quelqu'un qui s'est levé encore plus tôt que toi ?

La menace

Un jour, l'âne de Nasreddin Hodja fut dérobé. On vit alors notre homme se planter au beau milieu de la place du village en déclarant que si on ne lui rendait pas la bête, il serait obligé de faire ce que son père avait fait dans la même situation !

Les villageois commencèrent à discuter entre eux, mais personne ne se souvenait de ce qu'avait fait le père de Nasreddin quand on lui avait volé son âne. Craignant le pire, ils se mirent tous à la recherche de l'âne, et trois jours plus tard on retrouva les voleurs et on put rendre son âne à Nasreddin. Il y eut quand même un homme, plus courageux ou plus curieux que les autres, pour lui demander quelle avait été la réaction de son père.

- Eh bien c'est pourtant simple, répondit Nasreddin. Il en avait simplement acheté un autre !

 

23 - Le bruit et l'odeur

Un jour, un pauvre qui n'avait qu'un morceau de pain à manger le passa au-dessus d'une viande en train de cuire pour en capter le fumet. Le marchand qui faisait cuire la viande réclama un dinar au mendiant comme prix de l'odeur, mais celui-ci refusa. Les deux hommes allèrent voir Nasreddin Hodja pour les départager.

Nasreddin écouta attentivement les arguments, puis il sortit une pièce de un dinar de sa poche et la laissa tomber.

- Marchand, dit-il, as-tu entendu le bruit de cette pièce tombant à terre ?

- Oui, bien sûr.

- Eh bien considère que ce bruit de cette pièce est le paiement de l'odeur de ta viande.

La parole donnée

Un jour, le voisin de Nasreddin Hodja lui demanda de lui prêter son âne. Nasreddin répondit que la bête n'était pas là parce qu'il l'avait déjà prêtée à quelqu'un d'autre, mais à cet instant précis on entendit l'âne braire dans l'écurie.

- Tu te moques de moi, dit le voisin, ton âne est là : je l'entends !

- Très cher voisin, tu me déçois... Tu crois donc la parole de mon âne plus que la mienne ?

 

24 - La chute

Un jour, le voisin de Nasreddin Hodja se précipita chez lui en demandant quel était ce terrible bruit qu'il venait d'entendre.

- Ce n'est pas grave, dit Nasreddin, c'est juste ma femme qui a jeté ma tunique dans l'escalier.

- Et ça a fait un bruit pareil ?

- Oui... J'étais dedans.

 

25 - Nourrir son manteau

Un jour, Nasreddin Hodja fut convié à une grande réception. Mais pendant la fête personne ne fit attention à lui, c'est à peine si on lui adressa la parole. Vexé, Nasreddin rentra chez lui et revint à la fête vêtu de son plus beau manteau. Et là, comme par miracle, il devint une des attractions de la soirée.

Quand vint le moment de se mettre à table, les convives eurent la surprise de voir Nasreddin qui trempait la manche de son manteau dans la soupe.

- Mais pourquoi fais-tu cela ? lui demandèrent-ils ?

- C'est pourtant simple : puisque c'est mon manteau que vous avez si bien accueilli, il est normal que ce soit lui qui mange !

 
26 - Masmar Jha

Ayant des besoins d’argent, Djeha-Hodja Nasreddin se décida à vendre sa maison. Mais il passa un accord avec l’acheteur, à qui il dit :
- Je te vends tout, sauf ce clou.
L’acheteur accepta. Le lendemain de la vente, Djeha-Hodja Nasreddin revient dans son ancienne maison et dit à l’acheteur :
- Je dois accrocher quelque chose à mon clou, et il y accroche un sarouel sale. L’acheteur n’est pas content mais il ne dit rien. Le jour d’après, Djeha-Hodja Nasreddin vint déposer une carcasse de mouton. Face aux protestations de l'acheteur, Djeha-Hodja Nasreddin répond :
- C’est mon clou. Je peux y mettre ce que je veux.
Et il en fut ainsi tous les jours. La maison était devenue une vraie puanteur. Excédé, l’acheteur dit à Djeha-Hodja Nasreddin :
- Il nous faut trouver une solution, je n’en peux plus.
Ce à quoi Djeha-Hodja Nasreddin répond :
- Si tu veux, je te rachète la maison à moitié prix.
Et c’est ainsi que Djeha-Hodja Nasreddin récupéra sa maison.


27 - La guerre

Un jour, on déclara la guerre. Tous les hommes furent mobilisés, même Nasreddin, le fou-sage. Tandis qu'ils marchaient vers la frontière, l'un des soldats lui dit :
- Mais tu es complètement fou ! Comment peux-tu aller à la guerre avec un arc sans flèches ?
- C'est simple, répondit Nasreddin. Les ennemis vont tirer des flèches, moi je les ramasserais et je les tirerais sur les ennemis.
- Mais malheureux, si les ennemis ne tirent pas de flèches ?
- Ce sera encore plus simple, dit Nasreddin calmement : il n'y aura pas de guerre


28 - Le déménagement.

Nasreddin fut tiré de son sommeil, au milieu de la nuit, par un bruit étrange. Il ouvrit les yeux et vit un voleur en train de remplir son sac avec tout ce qu'il trouvait. Lorsqu'il eut fini de vider entièrement la maison, le voleur chargea l'énorme sac sur son dos et partit, ne laissa à Nasreddin que le mince matelas sur lequel il dormait.
Nasreddin se leva, plia son matelas, le mit sur son épaule et suivit le voleur.
Arrivé chez lui, ce dernier fut surpris de voir Nasreddin derrière son dos.
- Pourquoi me suis-tu ?
- J'ai cru que nous déménagions chez toi, lui répondit Nasreddin avant de récupérer le sac que le voleur avait laissé tomber d'étonnement.


29 - C'est jour de marché.

L'usurier est venu espérant bien que les villageois ne pourront pas lui rembourser leurs emprunts : il y aurait d'énormes agios d'ici peu et même saisie de leurs biens ....

Mais ce jour-là, beaucoup sont venus lui rembourser ce qu'ils lui avaient emprunté la semaine dernière, donc peu d'intérêts, adieu saisie !
L'usurier quitte le village en maugréant ; il est sur la petite route qui traverse les marais et il lance des coups de pied dans les cailloux.
Dans son élan, il glisse et se retrouve dans les marais. Il commence à s'enfoncer. Les passants qui étaient derrière lui tendent leur main :
- on va te sortir de là. Donne ta main !
- Non, dit il en croisant les bras sur sa poitrine.
- ne fais pas l'idiot, donne ta mais, regarde toi, tu t'enfonces !
- non, et il serre plus fort sas bras sur lui.
- Mais enfin, tu es enfoncé  jusqu'à la taille, allez donne ta main !
- non, non et non.

Un des villageois dit : allons chercher Nasreddin, lui saura quoi faire.
Nasreddin s'approche, regarde l'homme qui s'enfonce tout doucement et dit :

- mes amis, il faut employer les mots en fonction de celui à qui ils sont destinés.
Puis, regardant l'usurier, il lui dit en avançant sa main : "prends ma main".
L'usurier regarda Nasreddin, soupira d'aise et ... lui prit la main.

   

30 - Sagesse et malices de Nasreddin Hodja

 
 Un jour, un ami de Nasreddin Hodja essaya de le persuader que le monde appartenait à ceux qui se levaient tôt. Et pour le convaincre, il lui raconta comment, le matin même, il avait trouvé une pièce d'or sur la route.

- Tu vois, lui dit-il, si je n'avais pas été celui qui s'était levé le plus tôt, c'est quelqu'un d'autre qui aurait profité de l'aubaine !

- Mais enfin, répondit Nasreddin, ne comprends-tu pas que cette pièce a été perdue par quelqu'un qui s'est levé encore plus tôt que toi ?

 

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

31 - Nasredd in et le cocher

Djeha-Hodja Nasreddin  rentre chez lui, contrarié par une mauvaise journée. Et pour une bagatelle, le voilà qui se dispute avec sa femme :
- J'en ai assez, je m'en vais, je quitte la maison !
Affolée et désemparée, sa femme lui court après en demandant :
- Où vas-tu ? Dis-moi au moins où tu vas aller...
Djeha-Hodja Nasreddin claque la porte, sans répondre et s'en va. Une fois dehors, il arrête une calèche qui arrivait et s'installe sans rien dire.
- Bonjour, Djeha-Hodja Nasreddien, où veux-tu aller, lui demanda le cocher
- Comment ça, où je veux aller. Je ne l'ai même pas dit à ma femme et tu veux que je te le dise à toi !
 

32 - La grasse matinée

Djeha-Hodja Nasreddin et sa femme paressaient au lit et aucun d'eux n'avait envie de se lever.
- Kalima, dit Djeha-Hodja Nasreddin, va voir dehors s'il pleut encore.
- Non, le temps est sec, sinon tu entendrais le bruit de la pluie sur le toit.
- Alors, lève-toi pour mettre une bûche dans le feu.
- Tu ne vois pas d'ici qu'il reste encore des braises dans la cheminée ?
- Je vois que tu n'as aucune envie de te lever. Puisque tu as réussi à faire deux tâches sans sortir du lit, dis-moi comment tu comptes t'acquitter de la troisième ?
- Laquelle ?
Interrogea Kalima
- Traire la chèvre qui se trouve dans la cabane, au bout du jardin.

 

 

33 - Le potage de la belle-mère

En voyant sa femme pleurer sans aucune raison, Djeha-Hodja Nasreddin lui demanda
- Que t'est-il arrivé ?
Sa femme, séchant ses larmes, lui répondit :
- Je me suis souvenu de ma pauvre mère. Elle aimait tellement ce potage. C'est elle qui m'a appris à le faire.
Djeha-Hodja Nasreddin connaissait sa belle-mère et avait beaucoup de respect pour elle. Donc il n'a rien dit. Il a pris une cuillerée de potage et l'a avalée. Ses yeux se sont alors remplis de larmes.
- Qu'est-ce qui se passe ? Lui dit sa femme. Pourquoi pleures-tu ainsi ?
- Je pleure, dit Djeha-Hodja Nasreddin, parce que c'est toi qui aurais du être morte au lieu de ta pauvre mère.

 

 

34 -  La femme de Djeha-Hodja Nasreddin
La femme de Djeha-Hodja Nasreddin n'était facile à vivre. Elle le harcelait constamment et Djeha-Hodja Nasreddin en avait plus qu'assez. Durant un de ses sermons, il parla des épouses acariâtres et il put vider son cœur à souhait. Quand il eut fini, il se sentit mieux et demanda aux hommes de l'assistance qui avaient des femmes acrimonieuses de se lever. Tous se levèrent, ce dont il fut surpris. Un de ses amis lui dit :
- Djeha, tu es le seul à ne pas te lever ! Tu dois donc être très heureux avec ta femme !
- Oh non ! Répondit Djeha-Hodja Nasreddin. J'allais me lever avant quiconque quand j'en ai été empêché. J'ai été tellement déconcerté par le nombre de personnes concernées que mes jambes se sont mises à trembler, à tel point que je ne pouvais même plus bouger.

 

 

35 - Qui a raison ?
Une grande controverse avait divisé le village en deux. On en appela à Djeha-Hodja Nasreddin pour résoudre le problème. Sa femme l'avertit que cela pourrait se retourner contre lui. Conscient de ses responsabilités, Djeha-Hodja Nasreddin ne pouvait se dérober. Il alla à la place du marché et fit face aux villageois réunis en deux clans opposés. Le leader et quelques voix du premier groupe lui crièrent de s'assurer qu'il avait bien compris leur point de vue. Après les avoir écoutés, il leur dit :
- Vous avez raison.
Les partisans du second groupe le menacèrent de leur poing pour le convaincre de la validité de leur point de vue. Il les écouta et leur dit :
- Vous avez raison aussi.
Sa femme le tira par la manche et lui souffla qu'ils ne pouvaient pas avoir raison tous les deux.
- Tu as raison toi aussi, lui répondit-il.

 

36 - Si Dieu veut (in chaa Allah
Djeha-Hodja Nasreddin était déterminé à être plus entreprenant. Un jour, il dit à sa femme qu'il allait labourer son champ près de la rivière et qu'il serait de retour pour le dîner. Elle l'exhorta à dire "In chaa Allah" (si Dieu veut). Il lui répondit que c'était son intention, que Dieu veuille ou ne veuille pas. Horrifiée, sa femme leva les yeux au ciel et, prenant Allah à témoin, lui demanda de lui pardonner pour ce parjure. Djeha-Hodja Nasreddin prit sa charrue, y attela ses bœufs et, enfourchant son âne, s'en alla vers le champ. Cependant, suite à une soudaine et brève averse, la rivière déborda. Son âne fut emporté par le courant et, embourbé, un des bœufs eut une patte brisée. Djeha-Hodja Nasreddin dut le remplacer lui-même. Il avait fini la moitié du champ seulement quand le soir tomba. Il rentra chez lui, exténué. Il dut attendre longtemps dans l'obscurité que le niveau de la rivière baisse, pour pouvoir traverser. Il arriva vers minuit, trempé mais plus sage. Il frappa à sa porte.
Qui est là ? Demanda sa femme.
- Je pense que c'est moi, si Dieu veut.

 

37 - La gestation de sept jours
La première femme de Djeha-Hodja Nasreddin étant morte récemment, il décida de se remarier. Exactement sept jours après le mariage, sa femme donna naissance à un bébé. Hodja courut au marché, acheta du papier, des crayons, des livres et revint mettre ces objets à côté du nouveau-né. Etonnée, sa femme lui demanda :
-  Mais Effendi, le bébé n'aura aucune utilisation de ces objets pour un certain temps encore! Pourquoi cette précipitation ?
- Détrompez-vous ma chère,
répondit Djeha. Un bébé qui arrive en sept jours au lieu de neuf mois, est sûr d’avoir besoin de ces choses d’ici à deux semaines au maximum.

 

38 - Le visage revêche
Un soir, Djeha-Hodja Nasreddin rentre chez lui, fatigué, cherchant un réconfort, mais ne trouvant, pour l’accueillir, que la mine renfrognée de sa femme.
- Qu'est-ce qui ne va pas encore ? Se plaignit Hodja. C’est là toute ma récompense après une dure journée de labeur?
- Oh!
Dit sa femme, le petit garçon de notre voisin est mort. Je suis allé participer à la prière et je viens juste d’en revenir.
- Je me souviens,
répliqua Hodja, Tu as le même visage revêche que quand tu reviens d’un mariage.

 

39 - L'âge de sa femme ?
Djeha-Hodja Nasreddin est allé chez le cadi pour divorcer. Ce dernier lui a demandé le nom de sa  femme.
- Je ne sais pas, a t-il répondu
- Depuis combien d’années êtes-vous mariés?
- Depuis plus de vingt ans
- Comment se fait-il que tu ignores le nom de ta femme?
- Je n'ai jamais pensé que le mariage durerait, donc je n'ai pas fait l'effort d'apprendre le nom de la jeune mariée
. 

 

40 - Tout le monde est là !
Allant chercher des œufs au marché, Djeha-Hodja Nasreddin en ramena un.
- Comment, lui dit sa femme, que veux-tu que je fasse d'un seul œuf ! Il m'en faut une demi-douzaine ! Pourquoi fais-tu toujours les choses au compte gouttes !
Il retourna au marché et ramena cinq autres œufs. Mais, quelque temps après, sa femme tomba malade et était mal en point.
- Va vite me chercher un médecin, lui dit-elle, qu'il fit illico. Il arriva avec plusieurs personnes et dit à sa femme :
- Cette fois, tu n'auras pas de reproches à me faire car j'ai suivi ton conseil et je t'ai ramené la demie douzaine : avec le médecin, voici le pharmacien, le commerçant du bazar qui t'a apporté une bouillante pour te tenir chaud, le marchand de bois pour nous permettre de faire un bon feu dans la cheminée, l'imam qui va prier pour ta guérison et, il y a même le croque-mort, on ne sait jamais !


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Rédigé par orange8454

Publié dans #djeha, #femme, #hodja, #nasreddin, #veux

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Publié le 13 Septembre 2012

41 - Comment lisent les ânes
Dans une conversation avec Tamerlan, Djeha-Hodja Nasreddin commença à vanter les mérites de son âne :
- Il est tellement intelligent que je peux tout lui apprendre, même à lire.
- Va et apprend lui à lire, dit Tamerlan. Je te donne trois mois pour cela.
De retour chez lui, il commença l'apprentissage avec son âne. Il mit sa nourriture habituelle entre les pages d'un gros livre et lui apprit à tourner les pages avec sa langue pour trouver la nourriture. Il cessa de le nourrir trois jours avant le terme de trois mois fixé par Tamerlan. Emmenant l'animal à Tamerlan, il lui demanda un gros livre et le posa devant l'âne affamé. Ce dernier entreprit de tourner les pages avec sa langue et, ne trouvant rien, se mit à braire.
- C'est sûrement une étrange manière de lire, dit Tamerlan.
- Oui, rétorqua Djeha-Hodja Nasreddin, c'est ainsi que lisent les ânes.

 

42 - Des ânes à bon marché
Djeha-Hodja Nasreddin est allé au marché pour y vendre des ânes. Les prix qu'il proposait étaient si peu élevés qu'aucun des autres marchands d'ânes ne pouvait le concurrencer.
Un jour, l'un d'eux vint le voir :
- Djeha-Hodja Nasreddin, comment fais-tu pour proposer des prix imbattables, pour des ânes magnifiques et bien entretenus ? Moi, je vole le fourrage, je paie mal mes garçons d'écurie et pourtant je n'arrive pas à vendre moins cher que toi ! Quel est ton secret ?
- Mon secret, lui confia Djeha-Hodja Nasreddin, je vais te le dire, tout à fait entre nous : les ânes, je les vole.

 

43 - Qui est le vendeur ?
Djeha-Hodja Nasreddin décida un jour de devenir vendeur de pois chiches grillés. Il acheta, à un ancien marchand de pois chiches, un âne et les outils nécessaires à ce commerce. Comme l'âne était habitué à ce négoce, chaque fois qu'il passait devant une maison de clients potentiels, il se mettait à braire. Djeha-Hodja Nasreddin ne pouvait ouvrir la bouche pour crier "marchand de pois chiiiiiiiches", sans que l'âne ne se mette à braire. Arrivé à la place du marché, prêt à crier "marchand de pois chiiiiiiiches..", il fut devancé par l'âne qui a commencé à braire. Il se tourna vers lui et lui dit :
- Qui est en train de vendre les pois chiches ? Toi ou moi ?

 

44 - Djeha-Hoja, son fils et l’âne
Djeha-Hoja dit un jour à son fils, alors qu’il atteignait sa douzième année :
- Demain, tu viendras avec moi au marché.
Tôt le matin, ils quittèrent la maison. Djeha-Hoja s’installa sur le dos de l’âne, son fils marchant à côté de lui. A l’entrée de la place du marché, Djeha-Hoja et de son fils furent l’objet de railleries acerbes :
- Regardez-moi cet homme, il n’a aucune pitié ! Il est confortablement assis sur le dos de son âne et il laisse son jeune fils marcher à pied.
Djeha-Hoja dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain tu viendras encore avec moi au marché !
Le deuxième jour, Djeha-Hoja et son fils firent le contraire de la veille : le fils monta sur le dos de l’âne et Djeha-Hoja marcha à côté de lui. A l’entrée de la place, les mêmes hommes étaient là, qui s’écrièrent
- Regardez cet enfant, il n’a aucune éducation, aucun respect envers ses parents. Il est assis tranquillement sur le dos de l’âne, alors que son père, le pauvre vieux, est obligé de marcher à pied !
Djeha-Hoja dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain tu viendras de nouveau avec moi au marché !
Le troisième jour, Djeha-Hoja et son fils sortirent de la maison à pied en tirant l’âne derrière eux, et c’est ainsi qu’ils arrivèrent sur la place. Les hommes se moquèrent d’eux :
- Regardez ces deux idiots, ils ont un âne et ils n’en profitent même pas. Ils marchent à pied sans savoir que l’âne est fait pour porter des hommes.
Djeha-Hoja dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain tu viendras avec moi au marché !
Le quatrième jour, lorsque Djeha-Hoja et son fils quittèrent la maison, ils étaient tous les deux juchés sur le dos de l’âne. A l’entrée de la place, les hommes laissèrent éclater leur indignation :
- Regardez ces deux-là, ils n’ont aucune pitié pour cette pauvre bête !
Djeha-Hoja dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain tu viendras avec moi au marché !
Le cinquième jour, Djeha-Hoja et son fils arrivèrent au marché portant l’âne sur leurs épaules. Les hommes éclatèrent de rire :
- Regardez ces deux fous, il faut les enfermer. Ce sont eux qui portent l’âne au lieu de monter sur son dos.
Et Djeha-Hoja dit à son fils ;
- As-tu bien entendu ? Quoi que tu fasses dans ta vie, les gens trouveront toujours à redire et à critiquer.

 

45 - Combien de pattes pour un âne ?
- Combien de pattes possède un âne ? Demanda un passant à Djeha-Hodja Nasreddin.
Ce dernier descendit de son âne et compta, un par un, les membres de l'animal :
- Quatre, dit-il.
- Quoi ? Dit le passant. Tu ne sais même pas le nombre de pattes de ton âne, au point de devoir les
compter
?
- Bien sûr que je le sais ! Répondit Djeha-Hodja Nasreddin. Mais, la dernière fois que je les ai comptées, c'était cette nuit et il y en avait quatre. Je voulais juste m'assurer que rien n'avait changé.

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Rédigé par orange8454

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