Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois un pauvre bûcheron qui vivait dans la forêt avec sa femme et ses deux enfants Hassan et hassnae.

Un jour, la mère à bout de force ne trouvant rien à manger ni pour elle et son mari, ni pour ses enfants, proposa à son mari de se débarrasser de Hassan et hassnae de peur qu’ils meurent de faim.

Le bûcheron qui était tellement accablé par tant de misère n’a pu trouver une issue à son malheur et décida de les abandonner dans forêt dans l’espoir qu’un gentil homme les trouve et les aide.

Ayant écoutés toute la conversation des parents, Hassan et sa sœur hassnae étaient tellement tristes qu’ils avaient versé de chaudes larmes toute la nuit.

Le lendemain matin, très tôt, la mère réveilla ses deux petits enfants pour aller à la forêt cueillir des fruits.
En marchant Hassan laissa tomber le long du chemin des miettes de pain sec qu’il avait caché dans ses poches, pour marquer le chemin du retour.

Le père et la mère les menèrent dans l’endroit de la forêt le plus épais et le plus obscur. Ainsi les deux enfants ne purent retrouver les miettes de pain sec qu’ils avaient semé sur leur chemin, car il faisait si sombre et forêt était si épaisse.

Le matin après une longue nuit pleine de peur, ils se réveillèrent devant une belle maison toute en chocolat. Une bonne femme leur ouvrit la porte et leur donna à manger toutes les bonnes choses.

Mais savez vous mes chers enfants que la bonne femme n’est autre qu’une maudite sorcière ? Elle a emprisonné Hassan et hassnae et leur a ordonné de faire les taches les plus difficiles : nettoyer, balayer, faire la vaisselle, laver le linge, etc.

Hassan étant bien chétif et faible fut enfermé. Chaque jour la vilaine sorcière lui donna énormément de nourriture pour qu’il devienne fort et capable de faire les travaux les plus difficiles.
Chaque matin la vieille femme demanda à Hassan de faire glisser son petit doigt sous la porte pour voir s’il a grossit ou pas.

Un jour alors que hassnae était occupée à préparer le four elle se rappela ce que sa mère lui avait révélé à propos des sorcières : «celles-ci se transforment en cendre si elles respirent de la fumée »
Hassnae a allumé un grand feu et l’a rempli d’un tas de broussailles, ensuite elle a appelé la vieille sorcière : « s’il vous plait madame, montrez moi comment faire pour mettre le pain dans le four ?»

Dès que la vielle sorcière s’approcha du four une immense fumée l’envahie .Elle a crié tout son saoul mais en vain. La fumée l’a entièrement enveloppée. Elle tomba par terre et devint poussière.
Hassnae qui assistait stupéfaite à cet horrible spectacle, se précipita, prit les clés et déchaîna son frère Hassan.

Avant de quitter la maison de la vieille sorcière, hassnae a pris un peu de nourriture et Hassan un bâton pour chasser les animaux sauvages sur leur chemin.

Cependant, combien était grande leur surprise lorsqu’ils ont vu ce bâton ; qui glissa des mains de Hassan ; illuminer toute la maison ; qui s’écroula sous leurs pieds ; et toutes les pierres se transformaient en pierres précieuses.

En ce moment là, les deux enfants remplirent deux grands sacs de pierres précieuses, et prirent la fuite.
Après quelques jours de marche, ils ont compris qu’il n’y avait aucune chance de retrouver la maison de leurs parents. Très en colère Hassan frappa très fort le bâton qu’il avait dans la main contre une pierre en criant :
« Aaaahhh ! Si j’avais mis une longue corde jusqu’à la maison au lieu des miettes de pain sec ! »

A peine la phrase terminée, qu’une longue corde de différentes couleurs s’allongea entre les arbres jusqu’à leur maison.

Les deux enfants comprirent qu’ils avaient entre leurs mains le bâton magique de la vielle sorcière.
Arrivés à la maison ils ont trouvé leur mère entrain de chanter une triste chanson et leur pauvre père entrain de couper le bois.

Le soir ils fêtèrent ensemble leur retrouvaille et vécurent heureux le reste de leur vie.

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois, une femme qui possédait une chatte noire qu’elle appelait Souda.Chaque matin, cette femme trouvait une pièce d’or sous son oreiller et la dépensait sans chercher à en connaître la provenance.

Un jour, cependant, elle tourna la pièce entre ses doigts, réfléchit et se posa toutes les questions auxquelles elle n’avait jamais songé jusqu’alors.

Quand tomba la nuit, elle évita de se laisser aller au sommeil, et observa ce qui se passait dans sa chambre.

Au pied du lit, la chatte Souda qui faisait mine de dormir, se leva lentement, s’étira, puis bondit et disparut par la fenêtre entrouverte.

Aussitôt, la femme rejeta sa couverture et se précipita sur ses traces.

Arrivée au bord d’un buisson, elle vit la chatte noire se secouer et devenir une jeune fille d’une grande beauté.

Cette jeune fille alla ensuite s’asseoir un peu plus loin et tira de sa ceinture un miroir et du fard qu’elle appliqua sur ses yeux, ses joues et ses lèvres. Elle orna son front et ses épaules de bijoux et de voiles transparents aux vives couleurs, et bientôt son aspect fut celui d’une "chikha".

Après avoir fini de se parer, elle marcha jusqu’aux murs d’enceinte et franchit la porte de la ville, suivie de loin par sa maîtresse.

Elle continua ainsi jusqu’à un lieu désertique où l’attendaient d’autres "chikhates" vêtues de costumes éclatants. Ces filles de la nuit s’empressèrent autour d’elle et lui demandèrent la raison de son retard.

"Ma maîtresse ne pouvait pas trouver le sommeil !" expliqua-t-elle.

Souda ayant fini ses explications, accompagna les "chikhates". Elles s’en allèrent chanter et danser au son des tam-tams, devant un publique d’hommes drapés dans leurs burnous.

Au matin, elles se partagèrent ce qui leur avait été remis par les hommes et chacune rentra chez elle avec sa pièce d’or.

Sa curiosité satisfaite, la femme précéda Souda en courant le long du chemin.

Elle eut même le temps de se précipiter dans son lit et de rabattre la couverture avant que la chatte noire n’entre dans sa chambre en sautant par la fenêtre.

Mais tandis que la chatte Souda s’approchait doucement de l’oreiller, sa maîtresse s’empressa de lui dire : "Je sais maintenant que tu es une jennia et je connais la façon dont tu gagnes la pièce d’or que tu glisses chaque matin sous mon oreiller !"

Quelle imprudence fut la sienne ! Car, ce dont cette femme ne pouvait se douter, c’est qu’une fois reconnue, la jennia devenue chatte le resterait toute sa vie, et ne pourrait plus jamais lui procurer de pièce d’or !

Moralité : Trop de curiosité devient un défaut



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Parmi les majestueuses montagnes de Kabylie vivait autrefois un charbonnier pauvre et démuni. Il était père de sept filles et peinait beaucoup pour nourrir sa nombreuse famille.

Tous les matins, il se rendait dans la forêt et travaillait avec acharnement. Le soir, à son retour, l'homme était tout noir de charbon. Ses filles avaient honte de sa condition et s'en désintéressaient complètement. Elles passaient le plus clair de leur temps à s'occuper de leurs toilettes. Elles aimaient se farder et jouer aux bourgeoises.

Thassadith, la cadette des filles, était très différente. Elle s'occupait des tâches ménagères et prenait soin de son malheureux père. Volontaire et généreuse, elle se montrait toujours indulgente vis-à-vis de la paresse et de l'indifférence de ses sœurs, essayant constamment de réparer leurs erreurs et de combler leurs désirs. Cette fille était également d'une remarquable beauté et d'une formidable sagesse. En outre, elle excellait dans l'art de parler. Son éloquence et la finesse de son esprit étaient reconnues de tous. Dans tout le village, on la citait en exemple. Au fur et à mesure que la jeune fille mûrissait, elle montrait un comportement digne des plus grands sages et philosophes.

Si bien que sa merveilleuse réputation atteignit le palais du roi Plaisantin. Ce monarque se passionnait uniquement pour les énigmes, les satires et les bouffonneries. Sa cour regorgeait de farceurs et de conteurs. Il organisait régulièrement des tournois à ce propos. Quand ce roi, fantasque et excessif, entendit parler des talents surprenants de la jeune Thassadith, il eut envie de la connaître et de la mettre à l'épreuve.

Il convoqua alors le pauvre charbonnier. Celui-ci trembla de peur, connaissant la tyrannie de l'homme. Il se rendit au palais, priant le ciel de lui venir en aide. Le roi s'adressa au charbonnier :

« J'ai entendu dire que ta petite dernière a le don de résoudre n'importe quelle énigme. Serait-elle aussi forte qu'on le prétend ?
- Ô noble seigneur ! Il me semble que ce que l'on dit au sujet de ma fille est quelque peu exagéré. Je suis votre modeste serviteur et ferai tout ce que vous demanderez, répondit le charbonnier, effrayé par le regard pénétrant du souverain. - Eh bien, je veux que tu rapportes à ta fille l'énigme suivante : je possède un arbre qui a douze branches. Chaque branche se décompose en trente rameaux, précisa le roi. Si ta fille arrive à deviner de quoi il s'agit, elle sera récompensée. Si par malheur elle échouait, je vous trancherai la tête à tous les deux ! Tu as une semaine pour me fournir une réponse ! ».

Le charbonnier quitta le palais complètement abattu ne sachant comment aborder sa fille. Il la croyait en effet incapable de trouver la réponse à l'énigme du roi. Quand Thassadith remarqua la grise mine qu'affichait son père, elle soupçonna des ennuis. Elle l'interrogea : « Confie-toi, père ! Dis-moi ce qui te tourmente ! Je te vois triste et pensif. » Le charbonnier confia à sa fille les raisons de son souci. La jeune fille sourit et dissipa ses craintes : « Ce n'est pas difficile, père. Je crois que le roi veut parler de l'année. Les douze branches étant les douze mois de l'année et les trente rameaux les trente jours du mois. » Le charbonnier estima la réponse trop évidente et dit à sa fille, d'une voix sceptique : « Si le roi s'est donné tant de mal, c'est sans doute que la réponse à l'énigme doit être bien plus ardue.
- Crois-moi, père ! C'est la réponse qu'il faut donner au roi. »

L
e jour fatidique arriva et le charbonnier se rendit auprès du roi, le cœur serré et en proie au doute. N'ayant point d'autre réponse que celle trouvée par sa fille cadette, il la lui livra. Le roi s'exclama : « Bon ! Bon ! Voici que ta tête et celle de ta fille sont épargnées ! Pour te témoigner ma satisfaction, je te demande la main de cette fille à l'esprit si fin. »

Perplexe, le charbonnier n'en crut pas ses oreilles. Il hésita un peu et finit par lui avouer ses craintes : « Sire, ma fille est bien trop jeune et trop humble pour toi. Comment un roi aussi puissant que tu es daignera-t-il regarder la fille d'un misérable charbonnier comme moi ? » Déterminé et impatient, le roi décréta : « C'est décidé, je la veux ! Dans douze mois, j'enverrai à ma fiancée les offrandes du mariage. Tâche de préparer ta fille à cet événement. »

Le charbonnier, encore sous l'effet de la surprise, rassembla difficilement ses forces pour rentrer chez lui. Il ignorait de quelle manière prendre la chose. Fallait-il se réjouir de la nouvelle ou bien s'en inquiéter ? La fantaisie du roi, ses désirs extravagants et son humeur lunatique étaient bien connus de tous. Thassadith, assez étonnée par la nouvelle, considéra malgré tout sérieusement la proposition du roi et, peu à peu, se prépara à devenir l'épouse de cet homme si singulier. Les douze mois fixés s'écoulèrent. Le charbonnier attendit avec impatience et anxiété à la fois les messagers du roi. Il fit de son mieux pour les recevoir dignement.

La modeste demeure vit arriver dix-sept serviteurs, chargés de somptueux présents destinés à la fiancée. Celle-ci fut ravie par la magnificence des cadeaux envoyés par le roi. Elle fit montre d'une grande hospitalité et su se rendre agréable à ses invités. Ces derniers ne cessaient de l'observer ainsi que leur roi le leur avait ordonné.

Or, durant leur périple, les serviteurs, jaloux de la fiancée et estimant qu'elle ne méritait pas toutes les largesses du roi, s'étaient emparés d'une partie des présents. Intuitive, la fine Thassadith le devina. Néanmoins, elle les reçut honorablement et feignit de ne rien remarquer de leurs fâcheux agissements. Elle les pria de goûter à son thé.

Autour de la table, l'un des émissaires du monarque demanda à la jeune fille : « Où est donc passé ton père ?
- Il est allé mettre de l'eau dans l'eau ! répondit-elle.
- Et ta mère, où est-elle ? demanda-t-il encore.
- Elle est partie voir ce qu'elle n'a jamais vu ! répondit Thassadith. » Aucun des hommes du roi ne comprit quoi que ce fût aux propos de la jeune fille. Ils leur semblèrent même sarcastiques et méprisants. Cependant, ils ne dirent rien.


Bientôt, la famille fut au complet. Thassadith décida de servir le dîner qu'elle avait soigneusement préparé. Elle présenta un succulent couscous au poulet. Elle coupa avec une remarquable délicatesse les morceaux de viande et les distribua soigneusement : elle offrit à son père la tête du poulet et quelques morceaux de la poitrine. A sa mère elle donna le dos et partagea le reste de poitrine entre ses deux frères. Ses sœurs reçurent les ailes, quant aux serviteurs, elle leur offrit les pattes. Elle partagea le reste des poulets de la même manière. Les invités échangèrent des regards étonnés mais se gardèrent bien de tout commentaire. Tous passèrent une bonne soirée.

Quand ils furent sur le point de quitter la maison de la fiancée, cette dernière s'adressa à eux : « Remerciez de ma part votre généreux maître et présentez-lui mes respects. Je vous charge aussi de lui dire exactement ceci : il manque du duvet à la perdrix, de l'eau à la mer et des étoiles au ciel. »

Le roi attendit ses messagers avec impatience. Quand ceux-ci furent auprès de lui, il leur demanda de lui narrer tous les détails, de lui raconter et de lui décrire les faits et gestes de sa fiancée, ainsi que tout ce qu'elle avait pu dire. L'un des serviteurs s'avança et relata : « Sire, ta fiancée nous a bien reçus, mais nous n'avons rien compris à ce qu'elle nous a dit. Elle ne parle que par énigmes !
- Justement ! fit le roi, rapportez-moi exactement ses paroles. » Les serviteurs firent le récit complet et détaillé de la visite. Aussitôt, le roi sermonna ses sujets : « Espèces d'idiots ! Ce n'est pourtant pas sorcier ! Quand elle vous dit que sa mère est partie voir ce qu'elle n'a jamais vu, cela signifie qu'elle est partie assister à un accouchement. Quant au père, il est allé dévier l'eau du courant pour activer la roue de son moulin et vous savez qu'une fois sortie du moulin, l'eau retourne vers le courant, expliqua le monarque non sans ridiculiser ses messagers.
- Et comment expliquer le partage des poulets, sire, osa demander l'un d'eux ?
- Son partage me paraît logique et équitable : au père revient la tête du poulet car il est le chef de famille ; à la mère revient le dos car elle est la charpente du foyer ; aux mâles de la famille, elle a réservé la poitrine, car ils constituent le rempart qui la protège des attaques extérieures ; aux sœurs, elle a remis les ailes car ce sont des filles et la coutume veut qu'un jour la fille quitte ses parents pour vivre chez son époux. Quant à vous, imbéciles, elle vous a offert les pattes, car c'est sur vos deux jambes que vous êtes allés la voir.
- Ce n'est pas tout ! fit l'un des domestiques. Avant de nous laisser partir, elle a ajouté ceci : « A la perdrix il manque du duvet, à la mer il manque de l'eau et au ciel il manque des étoiles. »

Le roi s'empourpra et s'écria : « Soyez maudits ! Qu'avez-vous fait de mes offrandes, misérables ? »

Les valets s'empressèrent de répondre : « Nous les avons remis à votre fiancée, comme convenu.
- Vous avez osé me voler, petites vermines ! Si ma fiancée dit qu'il manque du duvet à la perdrix, cela veut dire que vous avez dérobé des étoffes d'or. Elle dit aussi qu'il manque de l'eau à la mer, c'est que vous avez également pris du parfum. Pire encore, vous vous êtes permis de toucher aux émaux des bijoux, sinon il ne manquerait pas d'étoiles au ciel. Vous voilà démasqués ! »


Les serviteurs se jetèrent immédiatement aux pieds du roi, implorant son pardon. Celui-ci voulut leur infliger un châtiment exemplaire, mais se retint à la dernière minute pour éviter de choquer sa promise. Il se contenta de les prévenir : « Disparaissez de ma vue et que je ne vous reprenne plus en train de voler, sinon je vous couperai les mains ! »

Quelques jours s'écoulèrent et vint le moment de célébrer le mariage du roi. Le royaume entier était en liesse. On favorisa les réjouissances et on offrit à boire et à manger à tous. Les poètes, les conteurs, les magiciens, les danseurs et les musiciens égayèrent les sept prestigieuses nuits de noces que réserva le roi à sa dulcinée.

Quand Thassadith arriva dans sa demeure royale, parée de ses ornements chatoyants, parfumée de rose et de jasmin, la démarche aussi gracieuse que celle d'une perdrix, le roi en fut tout ébloui et eut du mal à croire qu'il s'agissait de la fille du pauvre charbonnier. Il proposa d'ailleurs à ce dernier d'améliorer sa condition, tant il était fier de la fille qu'il lui donnait en mariage.

Confortablement installée, Thassadith resplendissait de mille éclats. Le charme de sa compagnie attirait tout le monde et son éloquence enchantait tous les esprits. On ne jurait plus que par son nom. Le roi, bien qu'amoureux de sa jeune épouse, resta fidèle à sa passion. Il était toujours aussi féru de plaisanteries et de bonnes histoires. Il avait gardé l'habitude de faire une partie d'échecs avant de s'endormir. Mais personne ne réussissait à le battre. Il finit par se lasser de gagner. Un jour, il invita son épouse à jouer contre lui. Celle-ci eut le pressentiment qu'elle le vaincrait. De peur de le froisser, elle le pria de renoncer à son idée. Le roi devina la raison de son refus. Vexé et blessé dans son orgueil, il devint véhément et la menaça : « Si un jour par malheur ton esprit venait à battre le mien, je te répudierais. L'homme doit demeurer le plus fort. Souviens-toi bien de cela ! » Thassadith, qui aimait tellement son mari, n'osa pas lui livrer le fond de sa pensée. Elle feignit de vouloir jouer avec lui et le laissa gagner afin d'éviter sa colère. L'incident fut clos et la jeune reine apprit à ruser pour éviter au roi tout objet de mécontentement.

Un soir, la reine installée sur sa terrasse profitait de la petite brise parfumée aux senteurs des innombrables et magnifiques fleurs de ses vergers, quand elle surprit l'écho d'une conversation entre deux inconnus. L'un faisait à l'autre le récit de sa mésaventure :

« Depuis mon arrivée dans ce pays, mes ennuis n'ont pas cessé. J'ai eu confiance en un homme, il m'a volé mon poulain. J'ai demandé justice au roi, il s'est empressé de me traiter de voleur. L'homme a réussi à convaincre le roi que mon poulain était l'enfant de sa mule. J'ai même dû lui verser une amende !
- Mon pauvre ami, quelle injustice ! S’apitoya l'autre homme. »


Du haut de sa terrasse, la reine entendit l'histoire et fut prise de compassion pour l'étranger. Elle fut indignée de ce qui lui était arrivé. Tant et si bien qu'elle s'adressa à lui, malgré l'interdiction formelle du roi de se montrer ou de parler à ses sujets. Elle le réconforta : « Tout n'est pas perdu brave homme ! » Surpris, les deux hommes levèrent les yeux mais ne virent personne. La reine ajouta : « Il n'est pas nécessaire de me voir. L'important est que justice soit faite. Alors faites ce que je dirai. » L'étranger ne sut toujours pas quelle était la voix qui lui parlait, mais il la trouva si réconfortante qu'il lui demanda : « Comment espérer justice alors que mon procès a déjà pris fin et que le verdict a été rendu ?
- Le roi s'est trompé, expliqua la reine, et tu n'as pas assez défendu ta cause. Je sais ce qu'il faut faire pour y remédier. »


Le lendemain, l'étranger demanda de nouveau audience au roi. Excédé, le souverain le menaça de lui trancher la tête s'il n'avait pas de bonnes raisons pour le déranger. Comme la reine le lui avait recommandé, l'homme expliqua : « Ce n'est pas pour l'affaire d'hier que je suis là, sire. Voilà ce dont il s'agit. J'ai planté un carré de fèves près de la rivière. Au moment où je m'apprêtais à en faire la récolte, des poissons ont surgi de l'eau et ont tout mangé. » Furieux et caustique, le roi grogna : « Misérable créature ! On ne t'a donc jamais dit que le jour où les poissons sortiront de l'eau pour se nourrir ce sera la fin du monde ?
- Naturellement, sire, je le sais bien, répondit doucement le plaignant. Mais l'on raconte aussi que le jour où la mule mettra bas un poulain, ce sera la fin du monde ! » Le roi se tut un instant, appréciant la sagesse de l'étranger. Cette fois il le crut et lui demanda : « Pourquoi ne m'as-tu pas parlé de cela hier, lors de ton procès ?
- C'est que, répondit l'homme, je ne m'en suis rendu compte que cette nuit. »  


Le roi rendit justice et l'étranger repartit satisfait. Malheureusement, le souverain reconnut là la finesse d'un esprit qu'il admirait beaucoup, celui de son épouse. Il en déduisit que c'était elle qui avait conseillé le plaignant. En outre, il connaissait son penchant incontrôlable pour la justice. Désapprouvant le fait qu'elle lui eut désobéi, il entra dans une colère noire et se rendit dans ses appartements. Le regard froid et menaçant, il lui lança :

« Comment as-tu osé outrepasser mes ordres et violer mes interdictions ? Rappelle-toi, je t'avais prévenue que si un jour ton esprit venait à faire de l'ombre au mien, je te chasserais de ma vie. Alors, prends ce que tu as de plus cher et va-t-en d'ici au plus vite !
- Bien ! fit la reine, après tout je l'ai mérité car je n'ai pas respecté ta parole. J'accepte donc ton châtiment. Mais sire, je te sais généreux et clément. Me permettras-tu une dernière faveur ?
- Si c'est la dernière, oui ! » De sa voix douce et charmeuse Thassadith lui murmura : « Honore-moi, seigneur, de ta présence au dîner de ce soir, puisque c'est le dernier que je prendrai dans ce palais. Veux-tu m'offrir cet agréable souvenir en cadeau d'adieu ?
- Bon ! céda le roi. Je viendrai, mais je ne m'attarderai pas ! »

Le soir venu, la reine prépara un dîner savoureux. Elle décora ses appartements de mille et une fleurs suaves et fit brûler de l'encens de musc et de girofle. Elle se para de son plus beau costume de soirée et arrosa subtilement son corps d'un parfum exquis et enivrant. Quand le roi entra dans la pièce, il aperçut une telle aura se dégageant de sa femme qu'il en fut surpris. Elle l'installa confortablement et lui servit des breuvages divins. Le souverain prit tant de plaisir à être en sa compagnie qu'il ne tarda pas à tomber dans l'ivresse la plus totale. La reine Thassadith attendit de voir son époux endormi sous l'effet de l'alcool pour le mettre dans une malle. Elle prit ses affaires et quitta le palais, traînant son lourd fardeau. Elle marcha toute la nuit.

Au petit matin, la reine enfin rassurée s'arrêta pour se reposer. Exténuée, elle sombra dans un profond sommeil. Brusquement, le roi qui commençait à étouffer dans sa cachette, s'agita, donna des coups, ce qui fit sursauter la jeune femme. Elle souleva aussitôt le couvercle. Soulagé, le roi respira profondément, regarda autour de lui et l'interrogea d'une voix nerveuse et impatiente : « Où suis-je ? Et que fais-je ici avec toi ? Tendrement, la reine lui répondit : « Tu es avec ton épouse, sire ! Souviens-toi ! Hier, tu m'as chassée. Mais tu m'as autorisée à prendre ce que j'avais de plus cher. Et comme je n'ai rien de plus cher au monde que toi, j'ai quitté le palais en t'emmenant avec moi ! » Le roi ne sut quoi répondre. Il fut agréablement surpris par le tour que lui avait joué sa femme. Il comprit à quel point elle l'aimait. Il la serra alors dans ses bras et déposa sur son front un doux baiser. Puis, il s'approcha de son oreille et lui murmura : « Je sais à présent que ma vie n'aurait plus aucun sens sans toi ! » Dès lors, le souverain s'assagit et tempéra ses humeurs. Il n'hésita plus à demander conseil à son épouse. Il devint moins tyrannique et fit preuve d'une grande humilité.

Thassadith fit le bonheur de son bien-aimé mais aussi celui des siens et de tout son royaume.

Et dans ce pays-là, quand une fille naissait, on avait alors coutume de dire : « Que le Ciel t'offre la sagesse de Thassadith ! »



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Au commencement du monde, lorsque rien n’était comme maintenant et tout était différent, le chacal, animal carnassier d’Afrique et d’Asie, n’avait pas le comme il l’a aujourd’hui.

A cette époque, le soleil n’habitait pas encore dans le ciel, il vivait sur la terre, parmi les bêtes et les fleurs, les arbres et les ruisseaux, les rivières et les mers. Bien sûr, cela ne lui plaisait pas du tout et aux animaux, aux plantes, aux éléments non plus.

L’endroit où vivait le soleil était une fournaise. Il y faisait une chaleur suffocante et tout risquait à tout moment de s’enflammer. Les animaux fuyaient le soleil, les rivières s’évaporaient, les plantes séchaient sur pied et le soleil était bien malheureux. Il restait toujours tout seul, dans son coin de désert, couché sur le sable, gémissant sur son sort et voulant être ailleurs, autre part, n’importe où. Enfin, pas vraiment n’importe où puisqu’il aurait voulu aller au ciel. Mais comment faire ?

Le soleil n’avait qu’un seul et unique ami et c’était le chacal. Quand celui-ci vit le soleil se désoler et qu’il apprit ce qu’il voulait, il lui proposa son aide :
« Tu veux aller au ciel ! Fort bien ! Je vais t’y emmener. Assieds-toi sur mon dos ».

Le soleil le remercia et, sans plus attendre, lui grimpa sur l’échine. Le chacal prit son galop, mais même pour avec des pattes véloces, le ciel était bien trop loin. En plus, le soleil, installé sur son dos, lui brûlait l’échine. Quand il n’y put plus tenir, il s’arrêta et demanda :
« Soleil, descends, je t’en prie. Juste pour un moment. Tu me brûles trop !»

Mais le soleil, qui craignait que le chacal ne l’abandonne, ne bougea pas. Bien plus, il se cramponna au pelage de sa monture et y resta agrippé jusqu’à ce que le chacal reprenne sa course et le dépose tout au bout de la terre, là où elle se termine et où le ciel commence. Arrivé sur place, Le soleil sauta directement de l’échine du chacal dans le ciel.

Depuis ce jour, le soleil est au ciel et le chacal à l’échine roussie comme s’il était passé par le feu.



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Cette année-là fut une année de faim et de soif. Les gens mouraient, les bêtes aussi. Les oiseaux et les fauves furent atteints. Les insectes même eurent à souffrir. Il y avait de quoi dire ; cette année est misère pour tous : "nous allons renvoyer nos femmes. Au printemps, nous les reprendrons pour qu'elles nous glanent quelques maigres épis d'orge".

Un jour, Chacal et Hérisson voyageaient ensemble. Tenaillés par la faim, ils se dirigèrent vers le dépotoir du village. Hérisson l'exploita soigneusement, lentement. Il découvrit une vieille boîte de lait jetée là par une femme chargée de jeunes enfants. Il avala le tout, sans respirer, comme un mourant ; on dit que la faim n'a pas de pudeur.

Chacal, lui, à moitié fou, se contentait de renifler toutes les vielles boîtes vides. Il eut vite fait le tour du fumier. Soudain, comme frappé d'un soufflet, il se souvint de Hérisson. Ayant dressé l'oreille, il entendit le bruit de boîte : A quoi est-il accroché, celui-là ? se demanda-t-il.

Il se précipita vers Hérisson et vit qui achevait de lécher le bord de la boîte. Il le bouscula et la lui vola, mais "celui qui avait mangé était rassasié ; à l'autre, le plat était enlevé".

Il comprit que la précipitation ne servirait à rien. Il s'approcha du fumier et se mit à le fouiller méthodiquement. Il trouva le cadavre d'un animal crevé, plein de vers et dégageant une odeur de cercueil. Il avala en toute hâte ; la faim, dit-on, l'emporte sur la répugnance.

Toute la nuit, ils rôdèrent sur le dépotoir ; on aurait dit un terrain défoncé par un ménage de sangliers. Ils ne trouvèrent rien d'autre que ce peu de lait et cette charogne ; c'était toujours autant : ils avaient aveuglé leur faim. Au matin ils reprirent leur chemin, en piteux état. Leur estomac leur semblait aussi chargé que des grenades. Un hoquet de mort les secouait ; la douleur leur remontait dans les flancs ; des vagues (de souffrance) leur passaient d'un coté à l'autre ; leurs intestins gazouillaient et parlaient anglais. Ils avançaient pas à pas, s'arrêtant subitement ; ils dégorgeaient, comme le goulot d'un pot, et par le haut par le bas. Ils atteignirent enfin le bord d'un torrent s'y étendirent, les pattes allongées, comme deux coquelicots (fauchés). Ils étaient trempés des sueurs (causées par la rencontre) de l'Ange de la Mort. Chacal restait allongé, sans vie. Quant à Hérisson, dès qu'il se fut un peu reposé, en se traînant péniblement, il parvint à atteindre l'eau. Il se mouilla la bouche ; il sentit qu'il reprenait vie ; le voilà noir de l'Au-delà disparaissait de devant sa vue. Il se précipita, buvant à longs traits ; ses flancs se gonflaient ; il se remettait très nettement. Il se mit alors à grignoter des gousses de caroubier, car il savait qu'elles lui assècheraient l'intestin et en feraient disparaître le mal qui le rongeait.

Chacal était entre les mains de Dieu, mais il ne pouvait s'empêcher de piquer Hérisson :
Que ce soit la mort de ta race ! Rassasie-toi de toutes les saletés que tu as mangées. Tes intestins s'écoulent comme de l'eau de sainbois et, malgré cela, tu ajoutes à ton estomac tant d'eau que le courant va t'emporter. Toi que l'on que l'on a surnommé chasseur d'insectes, par toute la terre, tu te ravales au niveau du bétail rongeur de caroubes. Que Dieu achève le malheur où tu t'es mis.
Chacun, répondit Hérisson, sait ce qui lui convient : les gens de bien trouvent le bien ; les méchants meurent dans leur malheur.

Il trottina vers son terrier pour s'y mettre à l'aise.

Chacal perdait ses poils, arrachés par les genêts. Ses côtes saillaient ; on aurait pu les compter. Son intestin se relâchait ; il était noyé dans ses excréments. C'était la fin. Des essaims d'insectes et de mouches l'entouraient en bourdonnât au-dessus de sa tête.

Deux, trois jours (passèrent) ; le propriétaire du champ vint voir son bien. L'odeur de charogne l'accueillit. Avançant de quelques pas, il découvrit le chacal, sale, plongé dans ses déjections incapable de bouger ni pied ni patte.
C’est bien fait pour toi, dit l'homme ; récolte ce que tu as semé. Le filet de la justice divine t'enserre. En as-tu égorgé, les bêtes sans parole ! En as-tu étranglé, des chevreaux après leur avoir uriné dans les oreilles ! C'est bien fait pour toi. Dieu t'a noyé dans tes excréments et tu les as mangé sans dire tes grâces. Celui qui a mangé la poule de l'Iflis devra la remplacer par la sienne. Je ne vais pas gaspiller une cartouche pour toi. Mes mains répugnent à te toucher : d'un bon coup de pied, je vais t'envoyer au ravin ; l'eau est assez forte pour t'emporter.

Il l'envoya, d'un coup de pied, plonger dans un tourbillon d'eau. Chacal s'y enfonça, puis, le froid le saisissant, il commença à se débattre dans l'eau. Sans le vouloir il avala grosse quantité d'eau. Luttant contre le courant, il sortit du torrent. Il se secoua et fila ; l'eau l'avait sauvé.



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Rédigé par orange8454

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