Publié le 13 Septembre 2012

A Toul est produit un vin que l’on appelle « le gris de Toul ». Un jour Saint Vincent , patron des vignerons décida de visiter le village de Lucey.



Il apprécia la façon dont les habitants entretenaient leurs vignes.

Lors de son inspection, personne ne l’avait reconnu. Fatigué par sa longue marche, il alla frapper à une maison à l’entrée du village, mais personne ne répondit.

Il entra dans la maison et vit une cruche sur une étagère, ayant soif il se versa une grande rasade de ce nectar et le trouva fameux.

Dehors un oiseau chantait de sa plus belle mélodie. Ayant reconnu le Saint, l’oiseau se posa sur sa main. Curieux Saint Vincent lui demanda :

- Qui es-tu bel oiseau ?

- Je suis une linotte et je chante pour les vignerons qui sont dans leurs champs.

- Que me veux-tu ?

- Je suis triste car tu peux le voir ma robe est grise et terme. Je veille fidèlement sur les vignes et n’en suit pas récompensée comme le rouge gorge qui lui porte un plastron orangé décoré par le Christ et le chardonneret est l’emblème de la province.

- C’est fâcheux, que puis-je faire pour toi ?

- Me donner une récompense.

Saint-Vincent lui dit : goute ce vin que tu garde fidèlement.

L’oiseau s’exécuta, mais en plongeant son bec dans la cruche, il glissa et sa poitrine effleura la surface du vin. La gorge de la linotte formait une collerette bleutée.

Le Saint lui dit : Tu as toi aussi obtenu une décoration.

L’oiseau tout heureux remercia le saint et s’envola

Depuis ce jour la linotte de vigne a cette magnifique tache de la couleur du vin qui la distingue des autres oiseaux.






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Rédigé par orange8454

Publié dans #linotte, #l’oiseau, #saint, #vin, #vincent

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y a très longtemps vivait à Buzy un seigneur très méchant passionné de chasse.

Tous les jours il courait le bois à la recherche de proies.

Sa femme, la blanche Iseult, s’ennuyait toute seule dans son château lugubre.

Un jour elle demanda à son époux de l’accompagner à la messe, il accepta, mais au moment de partir, arriva le brigand Philippe de Florange qui ne pensait qu’à la guerre.

Ami du sire de Buzy, il se moqua de lui lorsqu’il sut la raison de ses si beaux habits.

Phillipe fut tellement convainquant, que le sire de Buzy l’accompagna à la chasse.

Ne se faisant pas prier, ils partirent immédiatement.

Ils galopèrent à travers les champs, les forêts.

Soudain, le sire de Buzy aperçut un superbe chevreuil, dont les bois étaient en or massif.

Il s’élança à sa poursuite, l’animal était d’une agilité surprenante, lorsqu’il croyait l’attraper, elle repartait de plus belle dans une chevauchée fantastique.

Elle ne s’est jamais arrêtée, car on ne revit plus jamais de sire de Buzy…




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Rédigé par orange8454

Publié dans #bois, #buzy, #chasse, #l’accompagna, #sire

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Publié le 13 Septembre 2012

C’est un animal fantastique qui hante les forêt lorraines.

Son pelage noir est parsemé de taches blanches, il est aussi gros qu’un blaireau, ses oreilles sont petites et pointues et ses yeux sont aussi perçants

Sa course est tellement rapide qu’il pourrait distancer sans problème un lévrier, lorsqu’il est en colère, il grogne comme un sanglier.

Le Darou n’est pas un animal méchant au contraire, il est très peureux et craintif.

Un soir, dans un café du village de Chantraine près de la ville d’Epinal, des jeunes gens qui buvaient, jouaient aux cartes, parlaient bruyamment décidèrent d’aller à la chasse au Darou.

Un inconnu nommé Yves qui se trouvait là demanda :

- C’est quoi un Darou ?

- C’est un petit animal aussi gros d’un blaireau ? Si tu veux tu peux venir avec nous.

Aussitôt dit, aussitôt fait, les jeunes gens se munirent d’un sac.

- Un sac demanda Yves. Pourquoi faire ?

- Mais pour ramener le Darou ?

Le petit cortège partit tout enthousiaste.

Ils se dirigèrent vers les bois à la queue leu leu. Ils parlaient tout bas en scrutant les taillis ; le vent soufflait et le sol était humide.

Soudain le jeune de tête s’arrêta.

- Regardez, il y a des traces sur le sol.

Braquant une lampe électrique ils virent des traces de pas.

- C’est le pied du Darou.

- C’est peut-être un chien, lança Yves.

- Non, je m’y connais, c’est vraiment le Darou. Il faut s’organiser, comme c’est la première fois que tu viens avec nous, c’est toi qui le tueras. Je te donne le fusil et le sac…

- Mais, je… bredouilla-t-il.

- Que nenni, nous allons rabattre la bête sur toi et dès que tu la vois, tu tires, d’accord…

- Mais.

- Pas de mais, nous comptons sur toi.

Bien malgré lui, Yves accepta, il tenait fermement le fusil et le sac.

- Il arrivera de quel endroit ?

- Tu le verras bien.

Yves se blottit derrière un buisson et les autres s’éloignèrent en silence.

Il scrutait la nuit noir, le vent soufflait de plus en plus fort, des formes inquiétantes zigzaguaient dans les branches.

Les secondes, puis les minutes passaient… Les branches craquaient, Yves commençait à trouver le temps long, quelques gouttes commencèrent à tomber.

Soudain un grincement sourd se fit entendre et des pas résonnèrent.

Une silhouette apparût.

- Hé, toi que fais-tu ici ?

Yves ayant de plus en plus peur, se recroquevilla sur lui.

- Ah, coquin, je te prends la main dans le sac.

Dans la pénombre Yves aperçut la casquette du garde chasse.

- Mais, je…

- Je te prends en fragrant délit de braconnage.

Yves apeuré, répondit en bredouillant.

- Mais, je, je chasse le Darou…

- Le Darou, c’est une plaisanterie. Ton compte est bon, viens avec mois, tu t’expliqueras à la gendarmerie.

Tout penaud, Yves suivit le garde chasse ; la pluie avait redoublé de violence.

Soudain, le garde dit à Yves :

- Il fait froid et nous sommes tout mouillé, nous allons nous arrêter au café et boire un bon grog. Yves ne voulait pas y aller, mais il le suivit de mauvaise grâce.

Au moment où il poussa la porte, un immense éclat de rire monta aussitôt de la salle.

Ils étaient tous de connivences, ainsi que le faux garde.

- Allons ! l’ami le Darou n’existe pas, viens boire un verre avec nous.

Yves qui n’était pas rancunier, rejoignit le petit groupe et tout se finit dans des rires et des chansons.


  Explications du Dahu,Dahut, Darou, Dairi, darhut, tamarou, tamarro, rülbihttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/ba/Dahu.jpg/220px-Dahu.jpg

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Rédigé par orange8454

Publié dans #c’est, #darou, #garde, #sac, #yves

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Publié le 13 Septembre 2012

Un homme vivait dans la forêt et gagnait sa vie comme bûcheron. Un jour qu'il était au travail, il vit un ourson qui se tordait de douleur par terre. L'homme s'approcha lentement, de peur que la mère ourse ne rôde dans le coin et l'attaque, mais il vit que l'ourson était seul et souffrait d'une grosse écharde de bois enfoncée dans son pied. Il réussit à l'amadouer suffisamment pour lui saisir le pied et retirer l'écharde. L'ourson était tellement content qu'il demanda au bûcheron de le suivre. Il lui montra un grand arbre dans lequel s'ouvrait un grand trou rempli de miel. Il lui fit signe de se servir à son gré et retourna dans la forêt vivre sa vie d'ourson.

L'homme était bien heureux de cette aubaine : il pourrait nourrir sa famille et gagner une belle somme en vendant le reste au marché. Il commença à récolter le miel, encore et encore, mais à force de se pencher pour aller le chercher de plus en plus loin, il finit par tomber dans le trou. Il passa à travers la couche de miel et se mit à tomber, tomber, tomber, jusqu'à atterrir dans une grotte. Dans la faible lumière, il crut tout d'abord que le sol bougeait sous ses pieds, puis il se rendit compte avec horreur qu'il était dans un nid de serpents et que les reptiles, par centaines, par milliers, grouillaient autour de lui. Il recula jusqu'au mur de la grotte, incapable de fuir. Sa terreur atteignit son paroxysme lorsqu'il vit s'avancer une femme dont le bas du corps était une grande queue de serpent. Il reconnut Şahmeran, la femme serpent dont parlaient de nombreux contes de la région. Il se mit à genoux et la supplia de le laisser partir, racontant sa vie difficile et la famille qu'il avait à nourrir. Attendrie, Şahmeran accepta de lui montrer le chemin de la sortie s'il promettait de ne jamais révéler sa cachette. L'homme promit, et Şahmeran lui expliqua comment remonter jusqu'à l'arbre.

De nombreux jours passèrent, les uns après les autres, et la fille du sultan tomba gravement malade. A cours de remèdes, les médecins déclarèrent au souverain que seule une potion faite avec le sang de Şahmeran la sauverait de son mal. Le sultan était au désespoir car il savait que personne n'avait jamais réussi à trouver la créature. Mais il lui restait néanmoins une chance : on disait que celui qui connaissait la cachette de Şahmeran portait une marque sur l'omoplate en forme de serpent. Le sultan offrit alors à tout son peuple une journée gratuite aux bains. Il posta des soldats dans chaque hammam, des soldats qui, discrètement, inspectaient le dos de ceux qui venaient profiter de l'aubaine. Le bûcheron, qui même au fond de sa forêt avait entendu parler de ce cadeau, fut donc arrêté et amené devant le sultan.

L'homme refusa tout d'abord de divulguer le secret, mais les tortures prodiguées par les bourreaux du palais eurent raison de sa volonté et de sa promesse. Les soldats allèrent chercher Şahmeran au fond de son trou et la ramenèrent au palais dans une cage ; le bûcheron fondit en larmes devant elle en expliquant qu'on l'avait forcé à la trahir. Lorsqu'elle comprit qu'on allait la tuer, Şahmeran demanda au sultan d'être coupée en trois : un morceau pour guérir la malade, un morceau dont on ferait boire le sang au bûcheron, et un dernier morceau que l'on rejetterait dans le trou de l'arbre pour qu'elle puisse peut-être y renaître un jour. Le sultan accéda à ces ultimes volontés. Dès que le bûcheron avala le sang de Şahmeran, il se changea en serpent et s'enfuit du palais. Et l'on raconte depuis lors que celui qui tombe dans la caverne de Şahmeran, si les autres reptiles lui en laissent le temps, peut voir l'un d'eux pleurer sur son sort près d'une grande queue de serpent...

Adapté par Claudio d'après un récit de Elif Ipeck

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #bucheron, #sahmeran, #serpent, #tombe, #vit

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Publié le 13 Septembre 2012

Une veille femme vivait seule avec son fils dans une petite maison. Celui-ci était paresseux, tellement paresseux qu'il ne faisait jamais rien. C'est à peine s'il se levait pour se nourrir ou se laver. Chaque fois que sa mère lui demandait quelque chose, la réponse était toujours la même :

- Non mère, je ne peux faire cela, j'suis bien trop fainéant.

Un jour, apprenant que les enfants du voisin partaient le lendemain matin couper du bois dans la forêt, la veille femme leur demanda d'emmener son fils avec eux.

Mais le lendemain matin, quand les frères vinrent le chercher juste avant le lever du soleil, il leur dit :

- Laissez-moi dormir, j'suis bien trop fainéant pour aller couper du bois.

Mais cette fois, notre paresseux trouva une oreille bien moins attentive que sa mère. Les frères le sortirent du lit, l'habillèrent et le mirent sur un âne. Hélas, arrivé dans la forêt, sa seule action fut de s'appuyer contre un arbre et de regarder les autres travailler. Il s'endormit même en se disant :

- J'suis bien trop fainéant pour les regarder travailler.

Vers midi ils le réveillent pour lui proposer à manger, mais :

- J'suis trop fainéant, mangez sans moi et laissez-moi dormir...

Ils ont donc mangé sans lui et se sont remis au travail. A la tombée de la nuit, les frères avaient coupé assez de bois pour remplir les deux charrettes. Ils lui demandèrent bien de les aider à remplir sa propre charrette, mais comme toujours :

- Non, non, je ne peux pas remplir ma charrette, j'suis bien trop fainéant pour ça.

Et bien sûr ce sont les frères qui firent le travail. Quand les deux charrettes ont été prêtes, les frères ont réveillé une nouvelle fois notre paresseux en le frappant :

- Allez debout, larve indigne du nom d'homme ! La nuit est déjà sur nous, il faut partir avant que les loups sortent...

- Oula, laissez-moi là, j'suis vraiment trop fainéant pour rentrer ce soir à la maison. Les loups peuvent venir me manger, je m'en moque bien.

Les trois frères l'ont alors laissé là, l'insultant tandis qu'ils prenaient le chemin du retour. Lui, bien évidemment, s'est rendormi. Mais quelques minutes plus tard, un sifflement l'a réveillé. Un serpent blanc s'approchait de lui pour le piquer.

- Salut le serpent, tu peux bien me piquer si ça te fait plaisir, je ne m'enfuirai pas, je suis bien trop fainéant pour cela.

Le serpent, au lieu de le piquer, fut pris d'un fou rire. Quand il eut retrouvé son calme, il lui dit :

Salut fils d'homme, tu m'as bien fait rire et pour t'en remercier je ne te piquerai pas. Je vais même faire plus pour toi. A partir de maintenant, chaque fois que tu désireras quelque chose, il te suffira de dire "serpent blanc, serpent blanc, je veux ceci ou cela, je t'en prie donne le moi."

Et aussitôt après, le serpent disparut dans la forêt.

Le jeune homme se dit qu'il n'avait besoin de rien, et que de toute façon il était bien trop fatigué pour demander quoi que ce soit. Mais la nuit en cette fin d'automne était bien fraîche et notre paresseux sans couverture, alors :

- Serpent blanc, serpent blanc, je veux une couverture pour ne pas avoir froid cette nuit, je t'en prie donne la moi.

Et bien entendu, notre paresseux se retrouva avec une couverture chaude et se rendormit. Vers midi, en se réveillant, il avait faim et bien sûr aucun courage pour se trouver de la nourriture. Qu'importe :

- Serpent blanc, serpent blanc, je veux une soupe chaude et du pain pour combler ma faim, je t'en prie donne les moi.

Le voilà avec un grand bol de soupe de lentilles bien chaudes et de délicieux morceaux de pain. Un jour passa, puis un autre et un autre encore, et notre homme ne faisait rien. Il mangeait juste quand il avait faim, grâce au serpent, et le reste du temps il dormait. Mais au bout de quelques jours il commença à s'ennuyer. Il s'ennuyait tellement qu'il demanda des choses extravagantes au serpent, et surtout celle-ci :

- Serpent blanc, serpent blanc, je veux que la fille du sultan porte mon enfant, je t'en prie qu'elle le porte.

Et bien sûr...

Puis, s'ennuyant de plus en plus, il décida de rentrer chez lui. Mais pas par ses propres moyens, vous vous en doutez bien. En le voyant, sa mère entra dans une colère noire :

- Maudit fils qui ne fait rien d'autre de sa vie que de dormir, pourquoi donc n'as-tu pas été dévoré par les loups ? Cette maison n'est plus et ne sera plus jamais la tienne !

- Calme toi mère, calme toi et écoute moi.

Le paresseux lui raconta toute son histoire. Et pour prouver à sa mère qu'il ne mentait pas, il dit :

- Serpent blanc, serpent blanc, je veux un grand repas pour moi et ma mère, je t'en pris donne le-moi.

En voyant apparaître ce repas sur la table, la mère pardonna tout à son fils. Dans les jours qui suivirent, chaque matin, chaque midi et chaque soir, un festin attendait notre paresseux et sa mère. Il vécut ainsi de long mois heureux sans rien faire.

Par contre, bien loin de là, dans le plus somptueux palais du royaume, la fille du sultan voyait son ventre s'arrondir de jour en jour sans comprendre ni pourquoi ni comment cela avait pu se produire. Elle était dans cet état depuis six mois quand son père le découvrit. Il rentra dans une colère terrible, une de ces colères qui font trembler les murs des palais et tomber des têtes. Il menaça encore et encore sa fille afin de savoir qui était le père, mais que voulez-vous qu'elle lui répondit d'autre que :

- Je ne sais pas, père.

De fureur, il décida de lui couper la tête, mais son grand vizir réussit à le calmer et lui dit :

- Maître, si vous tuez votre fille, jamais nous ne saurons qui est le père. Enfermez la plutôt dans la plus haute des tours de votre palais, avec juste assez de nourriture pour qu'elle donne naissance à un enfant vivant, et peut-être que nous pourrons reconnaître dans ses traits celui de son père.

Ainsi fut fait, et trois mois plus tard elle donna naissance à un beau garçon. Mais personne dans le palais ne ressemblait de près ou de loin au nouveau-né. Le sultan demanda une fois encore à sa fille qui était le père, mais bien sûr une fois encore la seule réponse fut :

- Je ne sais pas, père.

Alors le sultan rentra de nouveau dans une grande colère, mais une fois encore son vizir réussit à le calmer :

- Maître, ne tuez pas votre fille, ni son bâtard de fils. Attendons que l'enfant ait sept ans, vous l'installerez sur la grande place et vous ferez défiler devant lui tous les hommes du pays. Quand l'enfant sautera au cou de l'un d'eux en l'appelant papa, nous aurons trouvé le coupable. En attendant, enfermez votre fille et son bâtard dans la plus haute tour de votre palais, avec juste ce qu'il faut de nourriture pour qu'ils survivent.

Ainsi fut fait, et sept ans passèrent. L'enfant fut installé sur la grande place devant le palais. Ordre fut donné à tous les hommes du royaume de venir défiler devant lui sous peine de mort. Pendant des semaines et des semaines, tous les hommes du royaume défilèrent, mais l'enfant ne réagit devant aucun d'eux. Et pour cause : le paresseux fut le seul homme du royaume à ne pas se déplacer, bien trop paresseux pour craindre la colère d'un sultan. Mais le vizir apprit qu'un homme vivant dans cette maison ne s'était pas déplacé. Il envoya des soldats le chercher et le fit défiler devant l'enfant. Dés qu'il le vit, l'enfant lui sauta au cou et l'appela papa. Vous imaginez bien la fureur du sultan en voyant le père de son petit-fils ! Mais, une fois encore le vizir le calma :

- Mon maître, ta fille ne mérite même pas ton courroux, marie la avec ce paresseux et renvoie la. Qu'elle aille vivre avec lui dans sa cabane miteuse avec le bâtard ! Sa punition sera bien plus grande ainsi.

C'est ainsi que la princesse et son fils s'installèrent dans la maison du paresseux. Mais on ne reçoit pas une princesse comme une vulgaire mendiante. Alors il demanda au serpent blanc un lit et un repas digne de la princesse. En voyant le lit et le repas somptueux apparaître, elle comprit comment elle était tombée enceinte et comprit comment utiliser le don de son mari pour prouver son innocence à son père. Elle se mit alors harceler son mari pour qu'il lui construise le plus sublime des palais sur le bord de la mer, à un endroit devant lequel son père aimait passer en bateau. Mais lui :

- Non femme, je suis bien trop fainéant pour te construire un palais.

Mais elle insista tant et si bien qu'un jour le fainéant dit :

- D'accord femme, tu auras ton château, je suis bien trop fainéant pour te dire une fois de plus non. Serpent blanc, serpent blanc, je veux un château digne du roi des rois sur cette côte, et je veux que tu nous y emmènes, moi, ma mère, ma femme et mon fils, je t'en prie, fais le.

Et ainsi fut fait.

La vie s'écoula avec douceur dans le palais où rien ne manquait. Un jour, enfin, le sultan vit le château depuis son bateau. Un palais inconnu aussi magnifique sur ses terres l'intrigua et il décida d'aller le voir de plus près. La fille, voyant le bateau de son père, se déguisa en homme et alla à sa rencontre.

- Salut à toi jeune homme, ce château est-il le tien ?

- Oui, mon maître, j'y vis avec les miens. Et ce soir, ce serait un grand honneur pour moi de vous y recevoir, vous et votre cour.

Le sultan accepta, et le soir même il revint avec toute sa cour au château où un festin les attendait. C'est la jeune femme, toujours déguisée en homme, qui les reçut. Les assiettes étaient dans la plus fine des porcelaines, les couverts et les plats étaient tous en or et les mets étaient les plus fins et les plus délicieux.

Au moment du dessert, elle ordonna à son mari de cacher un couvercle en or dans l'habit de son père sans que celui-ci ne s'en aperçoive. A la fin du repas, elle alla voir son père et lui dit :

- Maître, je m'excuse de vous ennuyer avec cela, mais un couvercle en or de notre cuisine a disparu.

Afin de prouver son innocence et celle de sa cour, le sultan fit déshabiller tous ses soldats, mais bien sûr aucun n'avait le couvercle. Puis il fit déshabiller ses ministres et son vizir, mais toujours rien. Finalement, il se déshabilla lui-même et le couvercle tomba. Imaginez la tête de ce grand roi !

- Je vous jure, jeune homme, que je n'ai pas mis ce couvercle dans mon habit, je ne sais pas comment il y est arrivé.

A cet instant, la jeune femme ôta son déguisement et il la reconnu.

- Oui père, je sais. Tout comme moi je ne savais pas comment j'avais pu porter mon fils.

Et la jeune femme de raconter à son père les dons de son mari. Comprenant enfin sa méprise, il lui demanda pardon et accepta son petit-fils comme sien. Une grande fête fut donnée au palais du sultan, et la jeune femme et le paresseux eurent droit à un second mariage, le plus beau que l'on n'ait jamais vu en ce royaume.

Ils vécurent alors une vie des plus heureuses dans leur palais. Certains prétendent que le paresseux s'est même mis à travailler. Pour ma part, cela me semble bien peu probable, même dans un conte...

Adapté par Dul d'après une lecture de Oguz Adamir.





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Rédigé par orange8454

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