Publié le 13 Septembre 2012

Elles sont constituées d’un écusson jaune, coupé en diagonale par une bande rouge, sur laquelle sont représentés trois oisillons, les ailes étendues, sans bec ni pattes. C’est ainsi que l’on traduit le langage héraldique : « écusson d’or à la bande de gueules chargées de trois alérions d’argent ».

Le blason de la ville de Nancy est coupé horizontalement dans son milieu. Dans la partie supérieure, figurent les armes de Lorraine Dans la partie inférieure, couleur d’argent, s’épanouit un gros chardon « aux feuilles piquantes et à la fleur purpurine ». Le tout porte cette devise altière :

« Nec inultus premor », c’est-à-dire, en traduction très libre : « qui s’y frotte, s’y pique ».

Les trois alérions ne figuraient pas sur la bande rouge.

Voici en quelle circonstance légendaire, ces trois oiseaux prirent place sur le blason de notre province :

Stanislas, le bon duc, s’employait activement depuis son arrivée en Lorraine à l’embellissement de sa chère ville de Nancy. Déjà, les grilles d’or de Jean Lamour, les fontaines de Vénus et de Neptune ornaient la Place Royale, ainsi appelée en l’honneur de Louis XV D »déjà, les portes monumentales de la cité étaient achevées, car Stanislas, pour se consoler des malheurs de sa Pologne, avait décidé de faire de Nancy une ville superbe, digne de lui.

Mais il s’aperçut un jour que l’écusson de Nancy ne figurait pas sur la cathédrale. Il résolut de combler immédiatement cette lacune et de faire appel au talent du plus habile peintre lorrain.

Le chez d’œuvre était presque terminé. Le chardon se détachait nettement, vert tendre sur fond blanc et de loin on aurait pu le croire réel, tant il était reproduit avec art. Il en restait plus qu’une dernière couche de peinture à donner pour parachever l’ouvrage, et, comme Stanislas était très méticuleux, il surveillait lui-même l’exécution de ce travail.

Or, on était en hiver et le peintre devait souvent interrompre sa besogne, car le froid rendait ses doigts gourds. Il descendait alors de son échelle et le duc s’entretenait familièrement avec lui, commentant l’œuvre au milieu d’une foule de curieux et de badauds.

Un rouge-gorge sui habitait le quartier de la cathédrale bâtit vivement des ailes autour du bel écusson, poussant de petits cris joyeux en admirant le superbe chardon, mais comme il n’avait pas faim, il jugea inutile d’aller voir de près s’il n’y avait pas quelque graine à becqueter.

Pendant qu’il voletait au-dessus du jardin public de Nancy la pépinière, il aperçut grelottant sous la branche enneigée d’un buisson, trois chardonnerets qui mourraient de faim et de froid.

Dans un élan de générosité il pensa au superbe chardon et leur indiqua l’endroit.

Alors les trois chardonnerets avec espoir se rendirent au lieu indiqué, ils aperçurent le superbe chardon.

Fous de joie, ils se précipitèrent, mais comme ils s’étaient un peu trop pressés et qu’ils avaient mal calculé leur élan, ils vinrent se heurter brutalement contre la bande rouge de l’écusson, encore toute fraîche.

Hélas ! Leurs plumes délicates s’engluèrent dans la peinture et les trois pauvres bestioles, n’ayant plus assez de force pour se dégager, restèrent collées contre l’écusson.

Sur le parvis de la cathédrale, le bon duc Stanislas assistait, surpris et émerveillé, à l’événement. Il donna aussitôt à son peintre l’ordre d’aller détacher les trois oiseaux prisonniers et décida que, pour garder le souvenir de cet étrange incident, els trois oiseaux seraient désormais représentés sur le blason de Lorraine.

Enfin, c’est grâce à cet événement que le chardonneret est devenu l’oiseau national de la Lorraine.



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

L’histoire se passe en Lorraine au XIVème siècle.

Jean de Billy, dit «Renaud», comte de Morlange, est un seigneur orgueilleux et cruel.

Il maltraite ses serfs et il est craint de tous ses chevaliers avec qui il aime chasser.

Il déteste aussi le seigneur voisin  : Robert De Florange, plus jeune que lui et qu’il soupçonne de courtiser sa femme.

Alors qu’il se promène seul dans ses bois, Renaud de Morlange est furieux d’y découvrir un ermite.

L’ermite demande à Renaud de Morlange de faire pénitence et de se repentir de toute sa méchanceté.

Le seigneur ne veut rien entendre et maltraite le vieil homme.

C’est alors que l’ermite lance une malédiction sur Renaud De Morlange :

«  Désormais, chaque mois, à la nouvelle lune, tu vivras une nuit sous la forme d’un renard, tout en gardant ton esprit humain. Et cela, jusqu’à ce que tu aies fait pénitence ! »

Et disparaît en se transformant en pierre.

 

Le seigneur est obsédé par les paroles de l’ermite même s’il ne veut pas y croire. Le soir il organise une grande fête au château. Mais malgré le monde et le bruit, il ne peut oublier. La tête lui tourne et il part en pleine nuit dans la forêt, comme attiré vers la source de la Lenderre.

Il y plonge et ressort transformé en goupil.

Toute la nuit il parcourt la forêt mal habitué à son nouveau corps d’animal, découvrant un monde étrange et effrayant. Au matin, il retrouve son corps d’homme plutôt content en fin de compte de cette expérience

 

Un mois plus tard, Renaud-renard se rend à nouveau à la source bien décidé à améliorer sa transformation, débarrassé de la crainte de la première fois. Il apprend les lois de la forêt et des bêtes mais découvre aussi que ses paysans braconnent sur ses terres. Redevenu homme et furieux de sa découverte il abat sa colère sur le village.

Ainsi à chaque lune, Renaud devient renard. Il prend goût à ses transformations qui lui donnent encore plus de pouvoir, mais bientôt sa femme, la comtesse Mathilde se doute de quelque chose.

Inquiète, la comtesse Mathilde décide donc à la cinquième lune de suivre son mari. Arrivée près de la source, elle voit donc son mari plonger dans les eaux et en ressortir transformé en goupil. D’abord effrayée, elle décide ensuite de se venger de son cruel mari et s’enfuit en emportant ses habits.

A l’aurore, le seigneur de retour à la source ne trouve plus ses vêtements et flairant l’odeur de sa femme, comprend qu’elle l’a trahi.

Privé de ses habits, il est condamné a errer changé en renard, il tente de regagner le château mais se fait repousser par les flèches des soldats, tentant de se réfugier à l’église, ce sont les moines qui le chassent, désespéré il part à la recherche de l’ermite, le seul à pouvoir lever la malédiction mais ne trouve que sa statue.

Inquiète, la comtesse Mathilde décide donc à la cinquième lune de suivre son mari. Arrivée près de la source, elle voit donc son mari plonger dans les eaux et en ressortir transformé en goupil. D’abord effrayée, elle décide ensuite de se venger de son cruel mari et s’enfuit en emportant ses habits.

A l’aurore, le seigneur de retour à la source ne trouve plus ses vêtements et flairant l’odeur de sa femme, comprend qu’elle l’a trahi.

Affamé, il doit maintenant survivre dans la forêt et échapper à tous ses dangers. C’est alors qu’il rencontre une renarde qui devient sa compagne et avec qui il décide d’être bon pour racheter la méchanceté dont il a fait preuve avec sa femme. Cependant, un renard bien plus puissant que lui, décide de lui prendre la femelle et les terres sur lesquelles il s’est installé. Malgré un courageux combat, Renaud-renard est obligé de céder et s’enfuit, se retrouvant seul à nouveau, comprenant que la malédiction n’est pas près de se lever.

 

Renaud-Renard se retrouve seul. Exclu de la vie des hommes, les animaux ne lui font pas bon accueil et il erre à travers bois. Maladroit il n’arrive pas à chasser et dépérit chaque jour un peu plus. Trop de souffrances l’accablant, il décide de se laisser mourir. Il repense alors à sa vie d’homme et regrette tout le mal qu’il a fait comprenant la cruauté dont il a fait preuve et se repent de tant de méchanceté. Soudain une harde de jeunes renards, eux aussi des goupils rejetés de terre en terre, surgit. D’abord effrayé, il décide ensuite de se joindre à eux et très vite grâce à son intelligence il parvient à devenir leur chef. Plus tard aux portes du village attirée par les odeurs d’un festin, la horde de renards est prête à attaquer.

Renaud-Renard lui, se rappelle sa vie passée et à nouveau demande pardon pour sa cruauté. Un autre renard, voyant sa faiblesse prend le commandement de la troupe mais c’est alors que retentissent le son d’un cor et les aboiements de chiens de chasse.

Le duc de Lorraine dirigeant une meute de chiens se met à la poursuite de la horde de renards. Très vite Renaud-Renard se retrouve seul avec à ses trousses la meute de chiens enragés. Une terrible poursuite à travers la campagne puis la forêt s’engage. Renaud donne toutes ses forces mais bientôt, le voilà pris au piège, encerclé par les chiens et face au Duc prêt à le transpercer de sa lance. Dans un dernier effort, Renaud-Renard se relève alors pour affronter son adversaire et mourir dignement.



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Le Houeran, monstre imaginaire dont le nom, emprunté au patois, signifie crieur, hantait le sud des Hautes-Vosges. Il se tenait de préférence sur le Haut-du-Roc, montagne dénudée qui domine le bassin de la Moselotte, ou sur les rochers d'Urbain-Roche, au-dessus de Rochesson. Quelquefois, on l'entendait au Saint-Mont, ou en face, près de Dommartin, sur le mont qui s'élève entre la vallée de la Moselle et celle de la Moselotte, non loin du confluent des deux rivières. Il fréquentait aussi le val de Cleurie, et allait même jusqu'à Tendon. Il affectionnait les hauteurs, d'où il pouvait voir, de son œil perçant, ce qui se passait dans les montagnes et les vallées des environs, et contrôlait ainsi le territoire d'une vingtaine de communes.

Ses cris stridents: «Houe! hou hou hou! houe! hou hou hou houe ! » effrayaient surtout les ouvriers de la foret, et plus spécialement les voleurs de bois. Ces derniers opéraient généralement de nuit. Sitôt arrivés sur les lieux, ils allumaient un grand feu dans une clairière, et se mettaient à abattre les arbres de leur choix. Il n'était pas rare, alors, que le Houeran, guidé par la lueur du brasier, ne surgît dans la «coupe » en poussant ses cris lugubres.

Ceux qui l'ont vu le décrivaient ainsi: « D'une taille de géant, la barbe longue et hirsute, les yeux flamboyants, les jambes sèches et torses comme celles d'un bouc, il portait un large chapeau noir à bords rabattus, et son postérieur était une tête de bouc dont les deux cornes lui servaient pour s'asseoir près du feu. Il prenait dans ses mains des tisons ardents, sans se brûler». A son approche, les délinquants s'enfuyaient à toutes jambes, car ils craignaient moins les gardes des forêts qu'ils ne redoutaient le Houeran, fantastique, cousin du diable, des sorciers, des chasseurs maudits et autres mauvaises engeances.

Ce monstre, dont il semble que le rôle consistait uniquement à épouvanter les chapardeurs de bois, était sans doute l'ingénieux travestissement de quelque gardien de la forêt ayant compris que la peur d'un être horrible et mystérieux serait plus forte que celle du «gendarme», pour protéger les bois des nombreuses déprédations qui s'y commettaient. Les cris effrayants provenaient tantôt des grands-ducs et autres oiseaux nocturnes, tantôt du garde lui-même, expert dans l'art d'imiter la voix de ces volatiles.

Bibl.: Bammert, p. 90 ; Godat, que cite Seignolles ; Pierrot, Le Diable, Il, 48-49; Seignolles, pp. 168-169, qui cite Godat ; Thiriat, Cleurie, pp. 355-356.



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

L’Ormont, la montagne de l’or, dresse, fièrement son dôme chevelu au-dessus de la coquette ville de Saint-Dié.

Autrefois, le sommet de l’Ormont était habité par tout un peuple de fées et de lutins. Ceux-ci avaient pour principal officie de veiller sur un magnifique chariot, empli de pièces d’or d’une valeur inestimable. Mais ce char était aux trois-quarts immergé dans un petit étang peu profond, situé à quelques pas du sommet. On voyait seulement son timon, dont les ferrures dorées scintillaient de mille feux, dépasser légèrement le niveau de l’eau. Les lutins, propriétaires de ce trésor, avaient décidé que ce chariot et son précieux chargement appartiendraient à celui qui réussirait, à l’aide de deux bœufs blancs, à le tirer de sa fâcheuse position. Ils y avaient ajouté une condition formelle : l’interdiction absolue pour le charretier de jure, tant que dureraient les efforts des animaux. Les lutins savaient bien qu’ils conserveraient pendant longtemps encore la garde du chariot, car les paysans des environs ne pouvaient s’empêcher de jurer à tout propos, surtout quand ils conduisaient leurs bêtes. Peut-être aussi voulaient-ils leur donner une leçon, et les inviter à abandonner cette fâcheuse pratique, en mettant à un tel prix la possession du trésor.

En effet ; à plusieurs reprises, des paysans de tous âges, attirés par l’espoir des richesses, avaient tenté la dangereuse entreprise ; mais au dernier moment, leur détestable habitude les avait trahis.

Or un jour, Colin, un jeune paysan qui habitait du côté de Moyen moutier, se décida à tenter sa chance à son tour.

Il possédait dans son étable deux bœufs, à la puissante encolure, à la robe blanche comme neige de janvier, qu’il soignait avec affection. Il se promit bien de ne pas laisser échapper de juron fatal, et de ramener ainsi à sa ferme le merveilleux chariot.

Plein de courage et d’espoir, Colin montait donc les pentes de l’Ormont. De leur pas calme et puissant, els deux bœufs le suivaient, gravissant sans effort les sentiers de la montagne. Ceux-ci étaient d’ailleurs en excellent état, car il n’avait pas plu depuis plus de trois semaines.

Tout semblait donc favorable à Colin.

En arrivant au sommet de l’Ormont, le jeune paysan assez ému aperçut le timon du chariot qui se dressait à quelques pas du bord, comme le mât d’un navire englouti.

Cachés derrière les arbres, les fées et les lutins l’épièrent, le cœur battant et, voyant son air décidé et calme, chuchotèrent :

-        
En voilà un qui a bonne mine ! Peut-être réussira-t-il ?...

Colin se mit uassitôt à l’ouvrage. Il fit entrer ses bœufs à reculons dans l’eau peu profonde. Ayant à peine de l’eau jusqu’aux genoux, les bêtes obéirent docilement et Colin saisit le timon, e fit glisser sous le joug et l’attacha solidement.

Puis, il s’avança devant les bœufs et, les touchant légèrement de son aiguillon, leur cria :

-        
En avant ! Hue ! Ho ! Ho !...

A la voix de leur maître, les bêtes tendirent tous leurs muscles On entendit aussitôt un grincement de roues.

- C’est bon signe, pensa Colin.

L’attelage fit un pas en avant.

Cependant, le cœur des fées et des lutins s’étaie rapproché. Vivement intéressés, tous suivaient la tentative de l’homme. Les uns faisaient des vœux pour son succès. D’autres murmuraient :

-        
Que ferons-nous s’il réussit à tirer le chariot de là ?...

Lentement, el chariot émergeait des flots. Colin, quoique tout occupé à diriger ses bêtes, ne pouvait se retenir de l’admirer. C’était, en effet, une pièce extraordinaire, où l’or des ridelles, des cercles des roues et des rayons, voisinait avec l’ivoire et le bois précieux. Quant à son chargement, Colin ne pouvait encore l’estimer, mais en voyant les efforts que faisaient ses bêtes, il pensait fort justement qu’il était très lourd.

-         Hue ! Ho ! Ho !...

Encore un pas en avant, puis un autre, puis un troisième et le chariot fut complètement hors de l’eau.

Colin exultait.

Mais, dégagé soudain de la poussée des flots, le char se fit si lourd, si lourd que les bœufs refusèrent d’avancer.

Au surplus, les bords de l’étang, en pente assez fortement incliné, étaient boueux et le sol humide se dérobait sous les pieds des animaux.

-        
Avance ! Ho ! Ho ! Allez !...

Mais les ordres restaient sans effet.

Alors, Colin, s’approchant de ses bœufs, les encouragea, de la parole et du geste.

-        
Allez, mes bons amis, un petit effort. Ah ! le bon foin qui vous attend à la ferme ! C’est la dernière fois que nous travaillons ! Demain, nous seront riches ; Nous n’irons plus à la charrue. Vous demeurerez au pâturage, pendant toute l’année.

Et les braves bêtes, comme si elles avaient compris ses paroles et senti l’importance de l’enjeu, s’accrochèrent désespérément au sol, tous les muscles bandés, le mufle baveux.

Mais si le chariot se déplaça sensiblement, ce fut pour s’enfoncer encore un peu plus dans la fange. Déjà, il s’était embourbé jusqu’a la hauteur du moyeu.

Colin commençait à s’énerver. Voyant que les bonnes paroles ne produisaient aucun effet, il saisit son aiguillon et en excita vivement ses bœufs. Sous la menace ceux-ci tentèrent un ultime effort. Tout leur corps était en sueur et l’écume leur sortait des nasaux. Le chariot s’ébranla péniblement et se déplaça d’un mètre environ.

Mais Colin s’impatientait :

-         Fainéants § Pendards ! Gueux ! hurlait-il à ses bœufs, épuisant ainsi tout le vocabulaire d’injures qui lui fût permis.

Mais ce fut peine perdue.

L’attelage exténué ne pouvait sortir de l’ornière, qui semblait se creuser sous lui.

Hors de lui, Colin s’agitait, piquant ses bêtes sans le moindre ménagement.

Et alors… le juron fatal, qui lui brûlait les lèvres depuis cinq minutes, éclata soudain, comme un coup de tonnerre !...

Aussitôt, le merveilleux chariot s’évanouit brusquement.

On entendit encore le ricanement des méchants lutins, heureux d’avoir fait une nouvelle victime.

Nul ne sut, après cet événement, ce qu'tait devenu Colin. On ne le revit plus dans son village. Peut-être a-t-il disparu, lui aussi, emporté par le tourbillon du chariot merveilleux.

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #betes, #boeufs, #chariot, #colin, #        

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Publié le 13 Septembre 2012

Autrefois, on franchissait la Meuse à Tilly, près de Verdun, sur un pont de bois dont la réputation était fâcheuse. En effet, ce pont passait pour s’entrouvrir sous les pas des menteurs, tandis que les flots de la Meuse, très profonde à cet endroit, engloutissaient aussitôt les malheureux.

Or, un jour, Jésus et Saint Pierre se promenaient à travers la région : ils se rendaient en pèlerinage, de Benoîtevaux à Palameix.

A quelque distance de Récourt, Jésus dit à Saint Pierre :

- Oh ! regarde donc ce gros lièvre, là-bas !

- Bah ! répondit Saint Pierre, c’est peu de choses. Hier, j’ai aperçu dans la plaine un lièvre qui était bien aussi gros qu’un bœuf de quatre ans.

- C’est extraordinaire, en effet, reprit Jésus. Je n’aurais jamais cru qu’en Lorraine on trouvât du gibier de cette taille.
Les deux pèlerins s’avançaient toujours, et déjà se dessinait le cours sinueux de la Meuse, tandis que le pont de Tilly apparaissait au loin.

Jésus dit alors à Saint Pierre :
-      
Vois-tu ce pont de bois sur lequel nous devons passer ? Dessous, il y a un abîme, où se noient infailliblement tous les menteurs qui osent le passage.

En apprenant ce détail, Saint Pierre pâlit ; il se gratta derrière l’oreille et baissa la tête.

Les voyageurs se rapprochaient du pont. Alors, Saint Pierre saisit Jésus à la manche et lui dit :
-         Maître, il ne faut pas ‘en vouloir si j’ai un peu exagéré tout à l’heure. Le lièvre dont je vous parlais… eh bien ! pour être plus exact, je dois reconnaître qu’il avait à peine la grosseur d’un veau.
-         Jésus ne répondit rien, mais semblait presser le pas. Saint Pierre, de plus en plus pâle, suivait son maître à quelques pas, et ralentissait au contraire son allure.
-         Alors Jésus, le voyant attardé, se retourna et lui demanda :
-     Eh ! bien, mon ami, tu te sens fatigué ?
-          Non, Maître, reprit Saint Pierre. Mais, c’est toujours la taille de ce fameux lièvre qui me préoccupe. Vous avez que je suis vieux et que je n’ai plus de bon yeux. C’est pourquoi, plus je réfléchis, plus je crois que mon lièvre avait simplement la taille d’un ânon.
-         C’est déjà fort admirable pour un lièvre, dit alors Jésus. Je croix bien que les chasseurs de Loraine sont gâtés.

Jésus, sans le moindre égard pour son compagnon pressait le pas. Saint Pierre, de plus en plus distancé, fixait d’un œil inquiet la Meuse, dont les eaux boueuses, grossies par une crue récente, tourbillonnaient avec un bruit sourd. Le pont était maintenant tout près, frêle construction de bois jetés, au-dessus de l’abîme. Saint Pierre ne put plus contenir la frayeur qui le gagnait.

Alors, au moment où Jésus mettait le pied sur le pont fatal, Saint Pierre se jeta à ses genoux.
-         Maître, s’écria-t-il, je suis un misérable ! Je vous ai déjà renié trois fois ! Et maintenant, je viens de vous mentir trois fois ! mon lièvre était à peine aussi gros qu’n levraut !
-         Relève-toi, dit alors Jésus d’un ton paternel, et ne pèche plus.

Et il se mit à rire de la mine déconfite de son apôtre. Saint Pierre, se sentant pardonné, rit à son tour de bon cœur.

Et ensemble, les deux pèlerins franchirent le pont de Tilly sans encombre.





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Rédigé par orange8454

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