Publié le 13 Septembre 2012

Le Sultan Abd-el-Moumème qui régnait sur Fez était un prince cruel et sanguinaire hait de tous. Il avait comme confiant un nain affreux qui s’appelait Arbo.


Arbo était encore plus méchant que son maître. Un jour l’affreux nain rôdait dans le souk en quête de quelque vilain tour à faire arriva devant l’échoppe de Ghomari, qu’il haïssait parce qu’il était beau et que lui-même était laid ; la fiancée Djeunara travaillait sur un tapis le visage dévoilé, Arbo en l’apercevant fut frappé de saisissement : il ne soupçonnait pas qu’une telle perfection pût appartenir à une créature humaine.


Les jours suivants, Djeunara trouvait souvent le nain sur son passage. Un jour il l’aborda et lui dit qu’il était riche et disposé à la demander en mariage.


La jeune fille prit peur et le repoussa, dès lors la soif de la vengeance habita la poitrine d’Arbo.


Il alla voir le Sultan et lui décrit en détail la beauté de la jeune fille. Le Sultan le chargea de la ramener au palais afin d’en faire une de ses épouses. Avec l’aide des serviteurs il enleva la jeune fille.


Ghomari devint fou de douleur. L’image de Djeunara le hantait, il se mit à tisser jour et nuit un tapis à l’effigie de sa bien-aimée. Il l’avait représentée debout, le visage dévoilé, les yeux chargés de haine, avec un poignard levé comme si elle allait l’enfoncer dans la poitrine d’un être détesté. L’œuvre de Ghomari était une merveille. L’ayant montrée à des parents proches, d’autres personnes voulurent l’admirer, les gens se glissaient dans l’échoppe aux volets clos et béaient de ravissement devant l’image.


Arbo, l’infâme nain, ne tarda pas à être au courant et il prévint le Sultan qui envoya ses mokhasnis. Ghomari fut jeté en prison et le tapis ramené au Sultan.


A sa vue, le Sultan éprouva un curieux sentiment, mélange de colère et d’admiration. Il le fit accrocher dans la chambre où il dormait.


Un jour il le fit voir à Djeunara. La malheureuse passait des heures à pleurer dans le harem et à se lamenter sur son triste sort ; lorsqu’elle se trouva en présence de la tapisserie elle dit :


« Ghomari »


« Oui c’est lui le traite qui a tissé ce tapis, il sera exécuté avant que le soleil se couche ».


Le soir même il fut égorgé.


A partir de ce moment Djeunara cessa de pleurer, elle fut constamment de bonne humeur, elle plaisantait…


Le Sultan et Arbo en furent tout surpris…


Un jour Djeunara expliqua à Arbo son désir de posséder un bracelet d’une valeur inestimable qui se trouve chez le rabbi Yakoub au bout du mellah ; « il coute très chère et je n’ose les demander au maître », as-tu les moyens de me l’acheter ? ».


« Tes désirs sont des ordres » dit l’affreux nain, mais son idée était plus de voler le bracelet que de l’acheter.


Arbo partit, Djeunara se faufila dans les appartements du Sultan, ce dernier reposait sur un divan au pied de la tapisserie ; son oreille toujours inquiète perçut un léger bruit, il venait de voir Djeunara qui tenait dans sa main droite un poignard et l’élevait en l’air exactement comme le faisait la Djeunara de la tapisserie.


Il se mit à crier de toutes ses forces. Les gardes, serviteurs… accoururent.


Djeunara s’était reculée jusqu’au mur, appuyée à la tapisserie, le hasard avait voulu que la jeune fille se trouvât exactement devant son effigie et en épousait parfaitement sa représentation.


Le Sultan criait : « tuez-là, tuez-là ».


Les personnes présentent regardèrent vers la tapisserie sans voir la jeune fille. Ils le prirent pour un fou.


Un à un ils sortirent de la pièce ; lorsque le dernier eût quitté la pièce, la lourde porte peinte de couleurs vives fut refermée, la barre de fer tirée. Un fou n’est-il pas déjà un mort ?


Le successeur du Sultan Sidi Ahmed, fut prévenu de l’état d’Abd-el-Moumème.


Le Sultan enfermé s’approcha doucement de la tapisserie, peut-être avait-il eut une hallucination !... Il étendit la main pour la toucher… Un mouvement vif, le poignard était tombé et s’était enfoncé jusqu’à la garde entre ses deux épaules.


Au matin, Sidi Ahmed entra dans le palais, il ouvrit avec précautions la lourde porte de la chambre.


Le Sultan gisait mort sur le divan, baignant dans son sang, et, près de lui, une femme riait, riait…



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y a longtemps, vivait au Maroc, au cœur du haut atlas, une jeune fille nommée Tislit. En secret, elle aimait Isli, un grand jeune homme d’une tribu ennemie. Isli, de son côté, avait rencontré une seule fois Tislit, mais depuis cet instant, son cœur ne battait plus que pour elle.

Un jour, Tislit confia son amour à sa mère. Un peu plus tard, celle-ci parla de l’amour de sa fille à son mari. Mais, son père menaça Tislit de punition si elle revoyait Isli.

Ce même jour, dans un village voisin, Isli pria son père de le laisser épouser Tislit. Mais celui-ci ordonna à son fils de ne plus la voir. Il encouragea même Isli à se marier avec sa cousine, il ignorait qu’Isli préférait Tislit à sa cousine.

Alors, Isli encouragea Tislit à la fuite. Ils se retrouvèrent en cachette sur une colline située entre les deux villages. Là, les deux jeunes gens, pleurèrent toute la nuit sans arrêt.

Au matin, leurs larmes mélangées avaient rempli deux grands lacs.

En voyant cela, les parents acceptèrent le mariage de leurs enfants. Alors ces derniers exigèrent la réconciliation de leurs parents.



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y a de cela très longtemps, vivait près de Rabat au Maroc, un garçon appelé Bretal. C'était un jeune homme maigre, très pauvre et qui n'avait connu ni son papa ni sa maman. Pour survivre dès son plus jeune âge, il louait ses services dans des fermes en échange d'un peu de nourriture et d'un coin de paille pour dormir.
Bien entendu, comme souvent dans ses situations, Bretal était maltraité. On lui donnait à faire les plus durs travaux malgré son jeune âge et sa faiblesse et parfois il recevait même des coups de bâton.
Bon, en quelques mots, Bretal était bien malheureux. Bretal, en marocain, c'est le nom d'un tout petit oiseau qui vit un peu partout dans le pays.
On donna un jour ce nom à cet enfant comme il n'en avait pas, pourquoi pas après tout Bretal. Tu vas voir que plus tard ce nom bizarre va beaucoup l'aider.
Bretal seul toute la journée, au milieu des champs, a pour seul ami le vent. Du lever au coucher du soleil seul le vent passe un moment avec lui et Bretal a l'habitude de lui parler.
- Ah le vent, du matin à la nuit je vis dans les champs. Je ne mange pas comme il le faut et j’ai toujours faim. Que faire le vent pour manger trois repas par jour ?
Un le matin, un à midi et un dernier le soir. Vois-tu le vent un jour à la ville j’ai vu un magicien, les gens l’écoutaient et lui donnaient de l’argent. Evidemment, lui il doit manger trois repas par jour sans peiner autant que moi. Oui mais lui est magicien.
Et à sa grande surprise ce jour-là, Bretal entendit le vent lui répondre :
- Deviens magicien Bretal !...

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Un jour, l'âne d'un fermier est tombé dans un puits. L'animal gémissait pitoyablement pendant des heures, et le fermier se demandait quoi faire. Finalement, il a décidé que l'animal était vieux et le puits devait disparaître de toute façon, ce n'était pas rentable pour lui de récupérer l'âne.

Il a invité tous ses voisins à venir et à l'aider. Ils ont tous saisi une pelle et ont commencé à enterrer le puits.

Au début, l'âne a réalisé ce qui se produisait et se mit à crier
terriblement.

Puis, à la stupéfaction de chacun, il s'est tu.

Quelques pelletées plus tard, le fermier a finalement regardé dans le fond du puits et a été étonné de ce qu'il a vu. Avec chaque pelleté de terre qui tombait sur lui, l'âne faisait quelque chose de stupéfiant. Il se secouait pour enlever la terre de son dos et montait dessus.

Pendant que les voisins du fermier continuaient à pelleter sur l'animal, il se secouait et montait dessus. Bientôt, chacun a été stupéfié que l'âne soit hors du puits et se mit à trotter !



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois une princesse, fille de roi. Elle se prénommait Safia. Son père et sa mère l'aimaient tellement qu'ils ne lui auraient rien refusé. Un jour, un magicien arriva au palais en demandant asile : il prétendit être un savant professeur, pourchassé par ses ennemis, et qu'il n'avait aucun endroit où aller pour écrire un livre très important.

 

« Mon cher professeur », dit le Roi, « vous aurez ici une pièce à votre disposition et tout ce que vous pourrez souhaiter pour pouvoir terminer votre ouvre. ».

 

Le magicien vint donc s'installer avec ses sortilèges et ses formules magiques, en se faisant passer pour un savant professeur. Chaque vendredi, qui était le jour de repos dans ce pays éloigné, le magicien présentait ses hommages au Roi et à sa cour, mais il convoitait secrètement le trône royal.

 

Un jour il se déguisa en vieille femme et parcourut les jardins ombragés du palais à la recherche de Safia.

 

« Princesse », dit-il, « permettez-moi d'être votre lingère, car je sais laver le lin et la soie mieux que personne au monde, et je le ferais pour presque rien si je pouvais servir votre Grandeur. ».

 

« Chère femme, » dit la princesse Safia, « Je devine que vous êtes une pauvre créature et votre situation m'afflige. Venez me voir dans mes appartements et je vous donnerai du linge à laver. ».

 

C'est ainsi que le magicien déguisé suivit la princesse à l'intérieur du palais, et avant même qu'elle ait pu s'apercevoir de quoi que ce soit, il l'avait enfermée dans un sac à linge et s'enfuit aussi vite qu'il le put. Il amena la Princesse dans son appartement. Il murmura un sort qui la rendit aussi petite qu'une poupée et il la cacha dans un placard.

 

Le vendredi suivant, il se présenta à la Cour comme d'habitude et trouva le palais tout entier en proie au tumulte. « La Princesse Safia a disparu, et Sa Majesté a presque perdu la tête. Tous les jeteurs de sorts ont essayé de découvrir à l'aide de leurs pouvoirs magiques où elle pouvait être mais aucun n'a trouvé quoi que ce soit », dit le Grand Vizir.

 

Le méchant magicien sourit car il savait que son sortilège était si puissant que personne dans tout le pays ne pourrait le contrer tant qu'il serait en vie.

 

Le jour suivant, alors que la Reine était en train de pleurer, le magicien entra, déguisé en lingère. Il la fourra dans un sac à linge et l'emporta dans son appartement. Il la transforma en poupée pas plus grosse que son pouce.

 

« Ha-Ha ! », ricana le magicien, « maintenant je vais capturer le Roi et c'est moi qui dirigerai le pays. ».

 

Donc, le jour suivant, il attendit que le Roi parte se reposer, épuisé et tourmenté par la disparition de la Reine, et, déguisé de la même façon, il captura le Roi. Il le transforma lui aussi en poupée pas plus grosse que la Reine et l'enferma dans le placard.

 

C'est alors que, toute la famille royale ayant disparu, les courtisans commencèrent à pleurer et à gémir ; ils se rendirent en grand nombre à l'appartement du magicien pour lui demander conseil.

 

« Vous êtes un homme de science », dit le Grand Vizir, « vous devez connaître beaucoup de choses. Pourriez-vous nous dire ce que nous devons faire ? ».

 

« Jusqu'à ce que le Roi, la Reine et la Princesse réapparaissent, laissez-moi vous diriger », dit le magicien, et le peuple approuva. C'est ainsi que durant une longue période le méchant magicien gouverna le pays et amassa une grosse fortune car les habitants lui apportaient tout l'or du pays. Sans arrêt il envoyait des troupes qui parcouraient le pays dans tous les sens à la recherche du Roi, de sa femme et de sa fille. Mais bien sûr personne ne trouvait rien.

 

Cependant, un jour, une souris arriva jusque dans le placard où était cachée la Princesse Safia. Quelle ne fut pas sa surprise d'entendre celle-ci lui dire, « Souris, souris, creuse un trou dans ce placard pour que je puisse m'échapper, car le méchant magicien qui m'a jeté ce sort ne me laissera jamais sortir, et je mourrai ».

 

« Qui êtes-vous ? » demanda la souris.

 

« Mon père est le Roi et il vous récompensera généreusement. Vous aurez du fromage à volonté pour le restant de vos jours », dit la Princesse.

 

« Qu'Allah ait pitié ! » dit la souris. « Sa Majesté le Roi a disparu, la Reine aussi et le magicien est maintenant sur le trône ».

 

« Oh non », gémit la Princesse, « que leur est-il arrivé ? Le méchant magicien les aurait-il aussi capturés ? ».

 

« Attendez ici », dit la souris, « je vais jeter un coup d'œil dans les autres parties du placard ». Et bien entendu, elle découvrit le Roi et la Reine transformés en poupées minuscules sur l'étagère du haut. Mais ils étaient tout raides, comme s'ils avaient été taillés dans le bois, car le magicien avait utilisé pour eux un sort différent.

 

La souris retourna raconter sa triste découverte à la Princesse.

 

« Hélas, hélas », pleura la Princesse, « que puis-je faire alors, même si je m'échappe, que m'arrivera-t-il ? ».

 

« Princesse », dit la souris, « Je vais vous aider. Je vais aller voir une Femme d'une grande sagesse qui vit dans un arbre creux. Ce soir je reviendrai vous raconter ce qu'elle a dit. ».

 

La Princesse se cacha à nouveau dans le placard et la souris disparut.

 

A l'intérieur d'un grand arbre qui avait vu passer beaucoup d'hivers vivait la vieille Femme de grande sagesse. La souris arriva et lui demanda : « Mère, dites-moi ce que je dois faire pour aider la fille du Roi qui a été transformée en poupée par le magicien. Elle espère s'échapper par un petit trou que j'aurais creusé dans la porte. J'ai découvert que le Roi et la Reine sont dans le même placard, métamorphosés en poupées de bois pas plus grosses que votre pouce. ».

 

« Dites à la fille du Roi qu'elle doit venir ici quand la lune sera haute et que je l'aiderai », dit la Femme de grande sagesse.

 

La nuit tombée, la souris retourna dans le placard et creusa le bois pour permettre à Safia de sortir par le trou. La Princesse était si petite qu'il lui fut facile de courir hors du palais sans se faire remarquer par les gardes. Quand la lune se leva et que le jardin fut inondé de lumière, la minuscule Princesse se glissa dans l'arbre creux que lui avait montré la souris.

 

« Entrez, fille du Roi », dit la femme de grande sagesse. « J'ai trouvé la réponse à vos questions dans mes livres de magie. » La souris faisait le guet à côté pour s'assurer que personne n'arrivait, et Safia s'assit sur un petit tabouret tandis que la vieille femme lisait son grand livre de magie.

 

« Vous devez marcher jusqu'à la croisée des chemins et dans un champ des environs vous verrez un cheval de couleur orange, déjà sellé pour un voyage. Sautez sur son dos, après lui avoir fait manger une graine d'herbe magique ».

 

« Où vais-je trouver la graine d'herbe magique ? », demanda la Princesse.

 

« Je vais vous la donner », dit la femme de grande sagesse, en cherchant dans un tiroir.

 

« Que dois-je faire une fois sur le cheval ? » demanda Safia.

 

« Fille du Roi, vous devez lui murmurer à l'oreille, Emmène-moi, cheval orange, là où pousse le poirier sacré pour que je puisse rapporter une poire de sa branche la plus haute », dit la vieille femme en reposant son livre sur l'étagère.

 

« Et ensuite je retrouverai ma taille normale ? » demanda la Princesse.

 

« Quand le méchant magicien sera mort et pas avant vous retrouverez votre taille normale », dit la Femme de grande sagesse. « Vous devez remonter sur le cheval orange et chevaucher jusqu'à ce vous atteigniez le puits de l'Ogre Vert. Murmurez à l'oreille droite du cheval et vous y parviendrez avant même de le savoir. Jetez la poire au plus profond du puits car l'âme du méchant magicien est cachée dans cette poire et si elle tombe dans l'antre de l'ogre celui-ci la dévorera. Ainsi le magicien mourra. ».

 

« Qu'arrivera-t-il ensuite ? », Voulut savoir la Princesse.

 

« Ensuite, toutes les créatures transformées par le magicien retrouveront leur forme originelle et tout sera comme avant. » Et la femme de grande sagesse lui mit une graine d'herbe dans la main.

 

La minuscule Princesse remercia donc la Femme de grande sagesse, dit au revoir à la souris et courut au clair de lune jusqu'à la croisée des chemins.

 

Elle vit, comme le lui avait dit la vieille femme, un cheval de couleur orange, avec une belle crinière et une queue dorées, qui attendait dans le champ, harnaché et sellé.

 

« Cheval orange ! Cheval orange ! » L’appela Safia à voix basse. « Voici la graine d'herbe magique. Emmène-moi jusqu'au poirier sacré, pour que je puisse attraper la poire la plus haute ».

 

Le cheval de couleur orange baissa la tête pour avaler la graine. Puis il baissa la tête à nouveau pour permettre à Safia de grimper sur son dos en se cramponnant à la crinière dorée. Elle s'installa sur la selle du mieux qu'elle put. Le cheval hennit deux fois, puis, agitant la tête, se mit à galoper plus vite que le vent.

 

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Safia se retrouva au milieu d'un beau verger rempli de cerisiers, de pruniers et d'arbres couverts de baies mais il n'y avait là qu'un seul poirier.

 

« Le voici », dit le cheval, et debout sur la selle Safia tendit le bras vers les branches. Elle attrapa une poire sur la plus haute branche et la déposa délicatement dans la besace.

 

« Emmène-moi jusqu'au Puits de l'Ogre vert », murmura-t-elle à l'oreille droite du cheval. Le cheval orange fit un signe de la tête et s'élança tel le vent ; ses sabots allaient si vite qu'ils semblaient ne pas toucher terre. Derrière trois palmiers, il y avait un puits. Au clair de lune, Safia vit, qu'à l'intérieur du puits, il y avait la tête d'un ogre, aussi grosse qu'un potiron avec des yeux énormes et tous ronds et une grande bouche. Elle se dépêcha de prendre la poire contenant l'âme du magicien et la jeta directement dans la bouche de l'Ogre vert. Immédiatement l'Ogre dévora la poire et Safia se mit à grandir. Elle avait désormais retrouvé sa taille normale - le méchant magicien était mort.

 

Le cheval la ramena à la croisée des chemins et alors qu'elle s'apprêtait à le remercier il disparut dans un grand bruit de tonnerre.

 

Elle courut jusqu'au palais puis dans la pièce où sa mère et son père étaient emprisonnés. Elle découvrit que le Roi et la Reine, ayant repris leur taille normale, étaient très intrigués de se retrouver dans un placard. Elle leur expliqua rapidement toute l'histoire.

 

« Appelez le Capitaine de la Garde ! », ordonna le Roi. « Arrêtez le magicien et qu'il soit décapité »

 

Mais quand les soldats arrivèrent dans la chambre royale pour arrêter le faux roi, ils s'aperçurent qu'il était mort au moment-même où l'Ogre Vert avait mangé la poire, comme l'avait prédit la Femme de grande sagesse.

 

Il y eut de grandes réjouissances au palais et Safia décida d'aller remercier la Femme de grande sagesse qui vivait dans l'arbre creux. Mais de l'arbre il n'y avait plus trace - il avait disparu, c'était comme s'il n'avait jamais existé. Safia n'en croyait pas ses yeux, elle regardait partout lorsqu'un beau et grand jeune homme, richement vêtu, s'approcha d'elle.

 

« Soyez bénie, chère Princesse », dit-il, « car c'était moi la souris, victime d'un enchantement, qui a creusé le trou qui vous a permis de vous évader et d'aller chercher la poire qui contenait l'âme du magicien ».

 

« Ainsi donc c'était vrai, ce n'était pas un rêve ! » s'écria Safia. « Je venais trouver la Femme de grande sagesse et elle a disparu ».

 

« Elle vit dans un arbre enchanté », expliqua le jeune homme, « et comme elle veut désormais séjourner ailleurs, l'arbre a été déraciné et déplacé sans qu'il en reste aucune trace ».

 

« Venez avec moi voir mon père afin qu'il puisse vous remercier, » dit Safia.
Le jeune homme l'accompagna donc et en s'agenouillant devant le Roi il expliqua qu'il était un prince qui avait été transformé en souris par le magicien.

 

« Vous resterez ici et épouserez ma fille », promit le Roi, « et vous dirigerez le royaume après moi, puisque ne n'ai pas de fils ».

 

Et c'est ainsi que les choses se passèrent, les fêtes du mariage durèrent sept jours et sept nuits, et Safia et son époux vécurent heureux durant de longues années.

 


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Rédigé par orange8454

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