Publié le 13 Septembre 2012

CONSERVER LES CORPS

 
         L’idée de préserver l’intégrité des corps est probablement aussi vieille que la civilisation elle-même. Les anciens égyptiens se figuraient en effet l’individu comme un agrégat de différents éléments, auxquels le corps physique servait de support. La mort se traduisant par la dissociation de ces éléments, il fallait, pour assurer l’immortalité de l’individu, leur permettre d’être réunis à nouveau. D’où la nécessité d’un corps pour l’éternité. Partant de la simple observation de la nature – un corps abandonné dans les sables du désert se conserve longtemps du fait de la quasi-absence d’humidité – les égyptiens imaginèrent des procédés de déshydratation propres à empêcher la putréfaction des corps.

 

LES TECHNIQUES D’EMBAUMEMENT

 

         La minutieuse description que nous en a laissée Hérodote, ainsi que l’étude scientifique de centaines de momies depuis les débuts de l’égyptologie moderne, ont permis de brosser un tableau très précis des techniques d’embaumement. On commençait tout d’abord par extraire le cerveau par les narines, morceau par morceau, grâce à un crochet de fer. Les embaumeurs pratiquaient ensuite une incision sur le flanc du défunt à l’aide d’une pierre tranchante, de manière à pouvoir en extraire les viscères, qui, elles-mêmes une fois embaumés, prendraient place à côté du défunt dans des récipients particuliers, les vases canopes. On bourrait alors les cavités abdominale et thoracique de natron (carbonate de sodium cristallisé) et de tissus, afin d’absorber le maximum d’humidité avant de plonger le corps dans un bain de natron, pendant 70 jours, précise Hérodte, afin de procéder à une dessiccation complète. Celle-ci terminée, on vidait les cavités de leur bourrage de natron pour le remplacer par un second, définitif celui-là, afin de prévenir l’affaissement du corps. De même, on remodelait les traits du visage de manière à lui rendre l’aspect de la vie.

 

LES DERNIERS PREPARATIFS

 
         Le travail d’embaumement terminé, il restait à emmailloter le corps de bandelettes, en lin exclusivement, la laine étant proscrite pour cet usage rituel comme elle l’était pour les vêtements cérémoniels des prêtres. Plusieurs centaines de mètres de tissus étaient nécessaires, dont l’origine était diverse : on y trouvait en effet du linge « de famille » utilisé par le défunt de son vivant, des linges sacrés provenant des temples où ils avaient servi à recouvrir les statues, enfin d’autres, spécialement confectionnés pour cet usage et qui portaient des textes de divers livres funéraires. De nombreuses amulettes étaient placées entre les bandes pour assurer la protection du défunt lors du long voyage qu’il allait entreprendre. La momie était enfin recouverte d’un linceul, décorée de bouquets de fleurs et placée dans son sarcophage, non sans avoir reçu les sacrements liturgiques – comme le rite de l’ouverture de la bouche qu’elle partageait avec les statues des divinités.

 
AU DEPART, PRIVILEGE ROYAL



Réservée tout d’abord au seul pharaon, la momification s’étendit progressivement aux membres de la famille royale et aux hauts dignitaires, puis au peuple tout entier. On a pu ainsi estimer à plus de 500 millions le nombre de corps momifiés tout au long de l’histoire de l’Egypte ancienne jusqu’à la christianisation du pays, et enfouis dans les sables du désert. Tous bien entendu ne bénéficiaient pas des soins dont on entourait la dépouille du pharaon et des grands personnages de la cour. Pour les défunts de moindre importance, on se contentait de dissoudre les viscères en injectant de l’huile de cèdre par les voies naturelles. Les égyptiens momifiaient aussi les animaux symboles de différentes divinités : taureaux, chats, babouins, ibis, crocodiles. Ainsi, dans la nécropole de Tounah el-Gebel, en moyenne Egypte, furent déposés plus de 4 millions d’ibis momifiés en l’honneur du dieu Thot.


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Hatchepsout à l’égal des dieux

 
         L’extraordinaire portrait que conserve le musée du Caire révèle toute l’ambivalence de ce personnage hors du commun : en montant sur le trône, Hatchepsout est devenue dieu et porte, comme tel, la barbe postiche. Mais par la douceur de ses traits, elle reste femme, une féminité qui s’est plu à rappeler la tradition en lui prêtant quelques faiblesses pour le fidèle Senmout, son homme de confiance, qui dessina les plans du temple funéraire de la reine à Deir-el-Bahari et voulut se faire inhumer près de son temple. Pendant la quinzaine d’années de son règne, Hatchepsout ne le rendit en rien aux plus grands des pharaons, restaurant de nombreux temples de la vallée, en construisant d’autres, pacifiant enfin les frontières grâce à une politique d’échanges dont la réalisation la plus célèbre fut l’expédition au pays de Pount. Une épopée dont la reine fut si fière qu’elle tint à en faire figurer la relation sur les murs de son temple funéraire. Et si son nom fut systématiquement martelé après sa mort, ce n’est pas parce qu’elle était une femme, mais parce qu’elle fut considérée comme usurpatrice en écartant du trône le fils que Thoutmosis II avait eu d’une épouse secondaire. Une mise à l’écart qui n’empêcha pas celui-ci, Thoutmosis III, monté sur le trône à la mort d’Hatchepsout, d’accomplir l’un des plus brillants règnes de l’Egypte ancienne.

 

Tiyi, dévote d’Aton

          Si elle ne monta jamais formellement sur le trône, la reine Tiyi exerça une influence déterminante sur le règne de son époux, Aménophis III, puis sur celui de son fils, Aménophis IV, devenu Akhénaton. Tiyi n’était pas de sang royal : elle était issue de la bourgeoisie de province. Ce qui ne l’empêcha pas d’être associée étroitement au pouvoir, tout au long des 33 années de règne de son époux – 33 années de faste et de puissance, au cours desquelles Tiyi apparut à plusieurs reprises aux côtés du roi dans des manifestations officielles, comme le jubilé d’Aménophis, destiné à renouveler la légitimité du souverain. A la mort de celui-ci, Tiyi assura la régence, l’héritier, leur fils, étant trop jeune pour monter sur le trône. Elle continua de diriger son éducation, dans le fastueux palais royal Malqata, sur la rive gauche de Thèbes, et lui inspira sans doute le culte du disque solaire Aton, que Tiyi vénérait entre toutes les divinités. On sait comment, devenu pharaon, Aménophis IV promulgua religion d’Etat le culte maternel, prenant au passage le nom d’Akhénaton. Alors que son fils bâtissait son rêve dans sa nouvelle capitale d’Akhénaton (Tell el-Amarna), la reine-mère demeura en son palais thébain, sans doute pour contenir les visées revanchardes du clergé d’Amon, dépossédé de sa prépondérance. Longtemps après sa mort, les Egyptiens lui rendirent un culte en divers sanctuaires du pays.



Néfertiti,  la belle est venue 

 

         L’art amarnien ne fut pas avare de représentation du couple royal. Ce fut même l’un de ses thèmes de prédilection, montrant à l’envi Akhénaton et Néfertiti saisis dans de tendres tête-à-tête ou dans des scènes d’intimité familiale, leurs enfants sur leurs genoux ou gambadant à leurs pieds. Si l’on ajoute les portrait que nous possédons d’elle – parmi lesquels le buste inachevé du musée du Caire fait figure de chef-d’œuvre – on pourrait penser que Néfertiti est une des reines les plus connues du Nouvel Empire. Or, il n’en est rien. Son origine – africaine peut-être si l’on se fie au modèle de ses traits – est une énigme, tout comme reste mystérieux sa fin : elle fut sans doute écartée du trône du vivant même de son époux. Elle apparaît en tout cas, à l’égal d’Akhénaton, comme l’inspiratrice de l’hérésie atonienne, objet d’un culte à l’intérieur du temple du disque, et fut associée à chaque grand moment de ce règne d’exception. On la voit même représentée, insigne privilège, chevauchant son propre char ou, à l’instar d’un pharaon, empoignant des grappes d’ennemis par la chevelure.

 

Néfertari,l'épouse modèle

 

         Néfertari forma avec Ramsès II l’un des couples les plus séduisants de l’histoire égyptienne. Elle fut mariée à Pharaon alors qu’elle était à peine sortie de l’enfance, et que lui-même était encore un jeune homme. Tous deux découvrirent à la fleur de l’âge l’immensité de leur empire, le parcourant ensemble, des déserts de Nubie à l’embouchure du Nil, grisés par tant de pouvoir et tant de richesses. Un pouvoir auquel Ramsès n’hésita pas à associer son épouse, sollicitant son avis au moment de rendre ses arbitrages ou de conclure un traité avec les puissances voisines. Néfertari figure ainsi aux côtés de son époux dans les nombreux temples que celui-ci fit ériger tout au long de la vallée du Nil. Pour elle spécialement, il fit creuser à côté de son sanctuaire rupestre d’Abou Simbel un temple qui l’associait à Hathor, la Vénus égyptienne.

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

         Entre 2686 et 2181 av. JC., règnent sur l’Egypte les IIIème et IVème dynasties. Leur capitale est également située à Memphis, mais elles commencent à construire de vastes tombeaux, temples et pyramides à Saqqara, Gizeh, Abousir et Dahchour. Les structures politiques et sociales de l’empire évoluent ; à la fois plus stables et plus complexes, elles sont dominées par le pharaon, personnage mi-dieu, mi-homme. Ce dernier, qui exerce un pouvoir absolu temporel, militaire et religieux, fait exécuter sa volonté par un système administratif sophistiqué.

 

         Un haut niveau d’organisation, la fertilité et la stabilité climatique de la vallée du Nil – ces divers atouts permettent à l’Ancien Empire d’utiliser une main-d’œuvre abondante pour ériger les ouvrages monumentaux que nous associons à l’Egypte ancienne : les grandes pyramides de Khéops, Khéphren et Mykérinos à Gizeh, élevées sous la IVème dynastie la doctrine religieuse est désormais codifiée sous une forme très complexe de théologie fondée sur le soleil, un panthéon de divinités présidant à tous les aspects de la vie et de la mort.

 

         L’Egypte commence également à regarder au-delà de ses frontières ; ses navires de commerce vont chercher de l’or, des esclaves et de l’ivoire jusqu’au pays de Pount (actuelle Somalie), du bois et des résines aromatiques jusqu’à la péninsule arabique. Les Egyptiens extraient le cuivre et la turquoise dans le Sinaï, et exploitent les mines d’or de la Nubie à la frontière sud.

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Certains princes en guerre commencent alors à consolider leur pouvoir et à manifester leur ambition d’accéder au trône. Entre 2160 et 2040 av. JC, les pharaons des IXème et Xème dynasties établissent la loi monarchique à Héracléopolis, près de l’actuel Assiout, avant d’être renversés par les rois thébains de la XIème dynastie. Le Moyen Empire s’étend de 2160 à 1785 av. JC, établissant sa capitale initialement à Thèbes (LouXor). Sous les XIème et XIIème dynasties, la capitale se déplace de nouveau vers le nord, à Licht. Réforme, consolidation et expansion sont les maîtres mots de cette période. Des lois sont mises en place pour favoriser l’agriculture, et la fertile région du Fayoum devient l’une des plus prospères du pays. L’Egypte s’étend ; progressant vers le sud à la conquête de la Nubie, elle affirme ses ambitions commerciales le long de la mer Rouge et jusqu’au Moyen-Orient. Abydos, en Haute-Egypte, jouit d’un grand prestige religieux avec la montée du culte d’Osiris.


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

         Entre 1785 et 1580 av. JC., l’Egypte plonge de nouveau dans le désordre, provoqué cette fois par une invasion étrangère. Les Hyksos, guerriers originaires d’Asie Mineure, envahissent la Palestine et le Sinaï, puis l’Egypte, où leurs conquêtes sont favorisées par leur maîtrise du cheval et du chariot – tous deux inconnus en Egypte -, ainsi que par l’utilisation d’outils et d’armes de bronze sophistiqués.

 

         Les Hyksos s’installent d’abord dans le fertile delta du Nil, où ils établissent leur capitale, Avaris. Ils continuent ensuite vers le sud, le long de la vallée du Nil . Pendant ce temps, à la frontière sud de l’Egypte, une partie de la Nubie est abandonnée aux souverains locaux en révolte. Les princes thébains de la XVIIème dynastie se rebellent contre les Hyksos, qui sont finalement chassés d’Egypte sous Ahmôsis, fondateur de la XVIIIème dynastie, et dont le règne amorce l’ère du Nouvel Empire.


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Rédigé par orange8454

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