Publié le 13 Septembre 2012

Une veille femme vivait seule avec son fils dans une petite maison. Celui-ci était paresseux, tellement paresseux qu'il ne faisait jamais rien. C'est à peine s'il se levait pour se nourrir ou se laver. Chaque fois que sa mère lui demandait quelque chose, la réponse était toujours la même :

- Non mère, je ne peux faire cela, j'suis bien trop fainéant.

Un jour, apprenant que les enfants du voisin partaient le lendemain matin couper du bois dans la forêt, la veille femme leur demanda d'emmener son fils avec eux.

Mais le lendemain matin, quand les frères vinrent le chercher juste avant le lever du soleil, il leur dit :

- Laissez-moi dormir, j'suis bien trop fainéant pour aller couper du bois.

Mais cette fois, notre paresseux trouva une oreille bien moins attentive que sa mère. Les frères le sortirent du lit, l'habillèrent et le mirent sur un âne. Hélas, arrivé dans la forêt, sa seule action fut de s'appuyer contre un arbre et de regarder les autres travailler. Il s'endormit même en se disant :

- J'suis bien trop fainéant pour les regarder travailler.

Vers midi ils le réveillent pour lui proposer à manger, mais :

- J'suis trop fainéant, mangez sans moi et laissez-moi dormir...

Ils ont donc mangé sans lui et se sont remis au travail. A la tombée de la nuit, les frères avaient coupé assez de bois pour remplir les deux charrettes. Ils lui demandèrent bien de les aider à remplir sa propre charrette, mais comme toujours :

- Non, non, je ne peux pas remplir ma charrette, j'suis bien trop fainéant pour ça.

Et bien sûr ce sont les frères qui firent le travail. Quand les deux charrettes ont été prêtes, les frères ont réveillé une nouvelle fois notre paresseux en le frappant :

- Allez debout, larve indigne du nom d'homme ! La nuit est déjà sur nous, il faut partir avant que les loups sortent...

- Oula, laissez-moi là, j'suis vraiment trop fainéant pour rentrer ce soir à la maison. Les loups peuvent venir me manger, je m'en moque bien.

Les trois frères l'ont alors laissé là, l'insultant tandis qu'ils prenaient le chemin du retour. Lui, bien évidemment, s'est rendormi. Mais quelques minutes plus tard, un sifflement l'a réveillé. Un serpent blanc s'approchait de lui pour le piquer.

- Salut le serpent, tu peux bien me piquer si ça te fait plaisir, je ne m'enfuirai pas, je suis bien trop fainéant pour cela.

Le serpent, au lieu de le piquer, fut pris d'un fou rire. Quand il eut retrouvé son calme, il lui dit :

Salut fils d'homme, tu m'as bien fait rire et pour t'en remercier je ne te piquerai pas. Je vais même faire plus pour toi. A partir de maintenant, chaque fois que tu désireras quelque chose, il te suffira de dire "serpent blanc, serpent blanc, je veux ceci ou cela, je t'en prie donne le moi."

Et aussitôt après, le serpent disparut dans la forêt.

Le jeune homme se dit qu'il n'avait besoin de rien, et que de toute façon il était bien trop fatigué pour demander quoi que ce soit. Mais la nuit en cette fin d'automne était bien fraîche et notre paresseux sans couverture, alors :

- Serpent blanc, serpent blanc, je veux une couverture pour ne pas avoir froid cette nuit, je t'en prie donne la moi.

Et bien entendu, notre paresseux se retrouva avec une couverture chaude et se rendormit. Vers midi, en se réveillant, il avait faim et bien sûr aucun courage pour se trouver de la nourriture. Qu'importe :

- Serpent blanc, serpent blanc, je veux une soupe chaude et du pain pour combler ma faim, je t'en prie donne les-moi.

Le voilà avec un grand bol de soupe de lentilles bien chaudes et de délicieux morceaux de pain. Un jour passa, puis un autre et un autre encore, et notre homme ne faisait rien. Il mangeait juste quand il avait faim, grâce au serpent, et le reste du temps il dormait. Mais au bout de quelques jours il commença à s'ennuyer. Il s'ennuyait tellement qu'il demanda des choses extravagantes au serpent, et surtout celle-ci :

- Serpent blanc, serpent blanc, je veux que la fille du sultan porte mon enfant, je t'en prie qu'elle le porte.

Et bien sûr...

Puis, s'ennuyant de plus en plus, il décida de rentrer chez lui. Mais pas par ses propres moyens, vous vous en doutez bien. En le voyant, sa mère entra dans une colère noire :

- Maudit fils qui ne fait rien d'autre de sa vie que de dormir, pourquoi donc n'as-tu pas été dévoré par les loups ? Cette maison n'est plus et ne sera plus jamais la tienne !

- Calme-toi mère, calme-toi et écoute-moi.

Le paresseux lui raconta toute son histoire. Et pour prouver à sa mère qu'il ne mentait pas, il dit :

- Serpent blanc, serpent blanc, je veux un grand repas pour moi et ma mère, je t'en pris donne le-moi.

En voyant apparaître ce repas sur la table, la mère pardonna tout à son fils. Dans les jours qui suivirent, chaque matin, chaque midi et chaque soir, un festin attendait notre paresseux et sa mère. Il vécut ainsi de long mois heureux sans rien faire.

Par contre, bien loin de là, dans le plus somptueux palais du royaume, la fille du sultan voyait son ventre s'arrondir de jour en jour sans comprendre ni pourquoi ni comment cela avait pu se produire. Elle était dans cet état depuis six mois quand son père le découvrit. Il rentra dans une colère terrible, une de ces colères qui font trembler les murs des palais et tomber des têtes. Il menaça encore et encore sa fille afin de savoir qui était le père, mais que voulez-vous qu'elle lui répondit d'autre que :

- Je ne sais pas, père.

De fureur, il décida de lui couper la tête, mais son grand vizir réussit à le calmer et lui dit :

- Maître, si vous tuez votre fille, jamais nous ne saurons qui est le père. Enfermez la plutôt dans la plus haute des tours de votre palais, avec juste assez de nourriture pour qu'elle donne naissance à un enfant vivant, et peut-être que nous pourrons reconnaître dans ses traits celui de son père.

Ainsi fut fait, et trois mois plus tard elle donna naissance à un beau garçon. Mais personne dans le palais ne ressemblait de près ou de loin au nouveau-né. Le sultan demanda une fois encore à sa fille qui était le père, mais bien sûr une fois encore la seule réponse fut :

- Je ne sais pas, père.

Alors le sultan rentra de nouveau dans une grande colère, mais une fois encore son vizir réussit à le calmer :

- Maître, ne tuez pas votre fille, ni son bâtard de fils. Attendons que l'enfant ait sept ans, vous l'installerez sur la grande place et vous ferez défiler devant lui tous les hommes du pays. Quand l'enfant sautera au cou de l'un d'eux en l'appelant papa, nous aurons trouvé le coupable. En attendant, enfermez votre fille et son bâtard dans la plus haute tour de votre palais, avec juste ce qu'il faut de nourriture pour qu'ils survivent.

Ainsi fut fait, et sept ans passèrent. L'enfant fut installé sur la grande place devant le palais. Ordre fut donné à tous les hommes du royaume de venir défiler devant lui sous peine de mort. Pendant des semaines et des semaines, tous les hommes du royaume défilèrent, mais l'enfant ne réagit devant aucun d'eux. Et pour cause : le paresseux fut le seul homme du royaume à ne pas se déplacer, bien trop paresseux pour craindre la colère d'un sultan. Mais le vizir apprit qu'un homme vivant dans cette maison ne s'était pas déplacé. Il envoya des soldats le chercher et le fit défiler devant l'enfant. Dés qu'il le vit, l'enfant lui sauta au cou et l'appela papa. Vous imaginez bien la fureur du sultan en voyant le père de son petit-fils ! Mais, une fois encore le vizir le calma :

- Mon maître, ta fille ne mérite même pas ton courroux, marie la avec ce paresseux et renvoie la. Qu'elle aille vivre avec lui dans sa cabane miteuse avec le bâtard ! Sa punition sera bien plus grande ainsi.

C'est ainsi que la princesse et son fils s'installèrent dans la maison du paresseux. Mais on ne reçoit pas une princesse comme une vulgaire mendiante. Alors il demanda au serpent blanc un lit et un repas digne de la princesse. En voyant le lit et le repas somptueux apparaître, elle comprit comment elle était tombée enceinte et comprit comment utiliser le don de son mari pour prouver son innocence à son père. Elle se mit alors harceler son mari pour qu'il lui construise le plus sublime des palais sur le bord de la mer, à un endroit devant lequel son père aimait passer en bateau. Mais lui :

- Non femme, je suis bien trop fainéant pour te construire un palais.

Mais elle insista tant et si bien qu'un jour le fainéant dit :

- D'accord femme, tu auras ton château, je suis bien trop fainéant pour te dire une fois de plus non. Serpent blanc, serpent blanc, je veux un château digne du roi des rois sur cette côte, et je veux que tu nous y emmènes, moi, ma mère, ma femme et mon fils, je t'en prie, fais le.

Et ainsi fut fait.

La vie s'écoula avec douceur dans le palais où rien ne manquait. Un jour, enfin, le sultan vit le château depuis son bateau. Un palais inconnu aussi magnifique sur ses terres l'intrigua et il décida d'aller le voir de plus près. La fille, voyant le bateau de son père, se déguisa en homme et alla à sa rencontre.

- Salut à toi jeune homme, ce château est-il le tien ?

- Oui, mon maître, j'y vis avec les miens. Et ce soir, ce serait un grand honneur pour moi de vous y recevoir, vous et votre cour.

Le sultan accepta, et le soir même il revint avec toute sa cour au château où un festin les attendait. C'est la jeune femme, toujours déguisée en homme, qui les reçut. Les assiettes étaient dans la plus fine des porcelaines, les couverts et les plats étaient tous en or et les mets étaient les plus fins et les plus délicieux.

Au moment du dessert, elle ordonna à son mari de cacher un couvercle en or dans l'habit dans son père sans que celui-ci ne s'en aperçoive. A la fin du repas, elle alla voir son père et lui dit :

- Maître, je m'excuse de vous ennuyer avec cela, mais un couvercle en or de notre cuisine a disparu.

Afin de prouver son innocence et celle de sa cour, le sultan fit déshabiller tous ses soldats, mais bien sûr aucun n'avait le couvercle. Puis il fit déshabiller ses ministres et son vizir, mais toujours rien. Finalement, il se déshabilla lui-même et le couvercle tomba. Imaginez la tête de ce grand roi !

- Je vous jure, jeune homme, que je n'ai pas mis ce couvercle dans mon habit, je ne sais pas comment il y est arrivé.

A cet instant, la jeune femme ôta son déguisement et il la reconnu.

- Oui père, je sais. Tout comme moi je ne savais pas comment j'avais pu porter mon fils.

Et la jeune femme de raconter à son père les dons de son mari. Comprenant enfin sa méprise, il lui demanda pardon et accepta son petit-fils comme sien. Une grande fête fut donnée au palais du sultan, et la jeune femme et le paresseux eurent droit à un second mariage, le plus beau que l'on n'ait jamais vu en ce royaume.

Ils vécurent alors une vie des plus heureuses dans leur palais. Certains prétendent que le paresseux s'est même mis à travailler. Pour ma part, cela me semble bien peu probable, même dans un conte...



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Rédigé par orange8454

Publié dans #bien, #blanc, #paresseux, #pere, #serpent

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Publié le 13 Septembre 2012

Trois voleurs aperçurent un jour un paysan qui s’en allait à la ville sur son âne, pour vendre au marché un mouton qu’il avait attaché à la queue de sa monture et qui avait une clochette au cou. L’un des voleurs ayant parié qu’il volerait le mouton, un autre déclara qu’en ce cas il volerait l’âne. Quant au troisième voleur, il affirma que si les deux compères réussissaient dans leur entreprise, il volerait, quant à lui, les habits du bonhomme.


Aussitôt dit, aussitôt fait. Le premier voleur s’approche doucement du paysan par derrière, dénoue la clochette du cou du mouton et l’attache à la queue de l’âne ; puis il s’en va avec le mouton. Le second voleur laisse passer quelques minutes puis il s’approche du paysan.


- Eh ! l’homme, dit-il pourquoi donc as-tu attaché une clochette à la queue de ton âne ?


Le paysan se retourne et voit que le mouton a disparu.  Il descend immédiatement de sa monture et se met à chercher par tout l’animal. Dès qu’il s’est un peu éloigné, il ne reste plus au deuxième voleur qu’à s’en aller avec l’âne.


Alors le troisième voleur se dépêche de courir jusqu’au puits qi se trouvait non loin de là sur le bord de la route. Il se penche sur la margelle et fait semblant quand le paysan arrive, de regarder vers le fond du puits. Quand le paysan lui demande s’il n’a pas vu son mouton, il lui répond qu’en reflet il a vu de loin quelque chose qui ressemblait à un mouton sauter dans ce puits. Aussitôt notre homme se déshabille et descend dans le puits pour chercher son mouton. Le troisième voleur s’empare des vêtements du paysan et s’en va en toute tranquillité. Quand notre homme sortit du puits, il ne lui restait ni vêtements, ni âne, ni mouton.


C’est dans cet état qu’il arrive tout nu et comme fou à la ville voisine. En entrant dans la ville la première personne qu’il voit est la femme du cadi qui regardait par sa fenêtre.


- D’où viens-tu donc dans cet état ? Que t’est-il arrivé ?


Notre homme affirma qu’il arrivait de l’enfer où il s’ennuyait ; or le frère de la dame, venait de mourir.


- Tu viens de l’enfer, n’y as-tu pas vu mon pauvre frère ?


- Certes, je l’ai vu, les démons le battaient sans trêve du matin au soir ; il m’a justement envoyé à vous pour que vous le délivrer.


La femme du cadi à ces mots fait immédiatement monter le paysan et lui donne tout l’argent qu’elle peut trouver. Notre homme s’en va délivrer le frère de la dame.


Quand le cadi peu de temps après, rentre à sa demeure, il trouve sa femme en larmes. Son épouse lui raconte les souffrances de son frère en enfer. Le cadi en fureur saute sur son cheval et se met à la poursuite de ce vagabond à demi nu qui n’a pas dû aller bien loin.


Il aperçoit dans un coin du marché un individu à demi nu qui cherche à se dissimuler et le voit ouvrir la porte du minaret de la grande mosquée pour s’y cacher. Notre paysan s’était caché juste derrière la porte ; le cadi monte sans le voir et le bonhomme sortant en hâte de la mosquée monte sur le cheval du cadi et s’enfuit.


Le cadi en redescendant du minaret ne trouve plus sa monture et rentre tout penaud à la maison.


Sa femme l’attend à la porte.


- Qu’as-tu fait de ton cheval ?


Alors le cadi répond :


- Ton frère est sauvé de l’enfer, mais pour qu’il ne remonte pas à pied, je lui ai envoyé aussi mon cheval…

 


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Rédigé par orange8454

Publié dans #cadi, #mouton, #paysan, #qu’il, #voleur

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Publié le 13 Septembre 2012

Quelque part dans les plaines d'Anatolie, un berger travaillait pour un riche propriétaire. Les jours s'écoulaient, paisiblement, il gardait ses moutons en jouant de la flûte, et la vie suivait son cours.

Un jour, la fille du propriétaire vint à passer près du troupeau. Le berger sentit l'amour fondre sur lui tel l'aigle sur le mouton. Il passa le reste de la journée à jouer de la flûte en hommage à la beauté de la jeune femme, et à se lamenter sur leur différence de statut social qui empêcherait tout mariage. Il confia sa tristesse à son mouton préféré, le seul dont la laine était noire comme les plumes du corbeau, en lui disant qu'il serait le plus heureux des hommes s'il n'avait ne serait-ce qu'une mèche de cheveux de sa bien-aimée.

La fille du propriétaire, qui s'était cachée derrière un buisson pour s'enivrer du son de la flûte, entendit les déclarations du berger. Et le lendemain, il trouva sur son chemin une longue mèche de cheveux sombres enroulés autour d'une rose rouge. Dès lors, les deux jeunes gens s'aimèrent et se retrouvèrent jour après jour dans les plaines, jusqu'à ce qu'ils décident d'avouer leur idylle au propriétaire.

L'homme commença bien sûr par refuser une telle union, mais lorsque sa fille déclara que le berger était le meilleur musicien du royaume, il décida de lui faire subir une épreuve. Pendant trois jours et trois nuits, on ne donna pas une goutte d'eau aux moutons de son troupeau. Et lorsque vint le matin du quatrième jour, on lui demanda d'empêcher les bêtes d'aller boire au ruisseau par la seule force de sa musique.

Au début, indifférents au musicien, les moutons se dirigèrent vers le cours d'eau. Mais lorsque la mélodie se fit de plus en plus plaintive, désespérée, on vit le mouton noir changer de direction et se rapprocher de son berger pour l'écouter jouer. Les autres moutons suivirent, un par un, et finalement aucun d'eux ne s'abreuva avant que le son de la flûte se soit éteint.

Le propriétaire dut tenir sa parole et promettre sa fille au berger, mais il fixa la date des noces au printemps suivant, lorsque le jeune homme serait revenu des pâturages d'hiver. Et tandis que le promis travaillait au loin, il organisa le mariage de sa fille avec le fils d'un riche marchand des environs. On ne sait pas vraiment comment le berger eut vent de cette traîtrise, mais on dit que le mouton noir n'y fut pas étranger... Toujours est-il qu'il revint en ville le jour des noces, au moment où la fête commençait.

Les serviteurs refusèrent tout d'abord de le laisser passer, car il n'avait aucun cadeau pour la mariée. Mais il sortit alors sa flûte et déclara qu'il avait sa musique à offrir. Il joua un morceau si triste, si poignant, que tous ceux qui étaient là, béats d'admiration, s'écartèrent pour qu'il s'approche du cortège. Sentant que la situation lui échappait encore une fois, le propriétaire lança le cortège au galop. Le berger, qui s'avançait lentement au milieu de la route, perdu dans sa musique, fut piétiné par la horde de chevaux. La jeune femme, horrifiée, poussa un cri strident et tomba de sa monture avant d'être piétinée à son tour.

On les enterra côte à côte, sur une colline surplombant les plaines. Un rosier blanc poussa sur la tombe du berger, et un rosier rouge sur celle de sa fiancée. Et l'on raconte que pendant de nombreuses années, on vit de temps en temps un mouton noir qui grimpait la colline, et qui respirait les roses avant de rejoindre son troupeau...

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Rédigé par orange8454

Publié dans #berger, #jour, #mouton, #noir, #proprietaire

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y a bien longtemps, il était une fois trois petits lapins qui vivaient heureux dans un trou profond, avec leurs parents. Quand ils eurent atteint l’âge d’un mois leur père les réunit et leur dit :

 

- Petits, faites bien attention à ce que je vais vous dire.

 

Trois paires de longues oreilles se dressèrent.

 

- Vous avez aujourd’hui un mois et vous êtes d’âge désormais à vous débrouiller tout seuls. Notre terrier devient trop petit et il faut songer à faire de la place pour vos frères qui naîtront à l’avenir. La loi veut que vous partiez, que vous creusiez chacun votre trou et que vous fondiez un foyer. Quand je suis parvenu à l’âge d’un mois j’avais moi aussi quitté le trou paternel. Tâchez de vous établir dans le voisinage, nous nous verrons souvent.

 

Les lapereaux firent leurs adieux et s’en allèrent. Le premier d’entre eux, tout en trottant allègrement, se disait à lui-même :

- je ne suis pas fait pour vivre ainsi sous la terre. Je m’ennuyais à la fin dans cette caverne obscure où je vivais avec mes parents. Le temps est si beau. Je vais me bâtir une cabane dans le plus beau taillis, près de la prairie où je pourrai aller brouter à ma fantaisie, et j’y ferai des fenêtres pour regarder le paysage quand je me reposerai ».

 

Ainsi fit-il. Amassant feuilles, mousses, branchages et ronces sèches, il se bâtit une fort belle cabane et y prit un repos réparateur. Puis il alla déjeuner d’herbe fraîche dans la prairie. Comme il faidsait la sieste, il sentit venir l’ennemi héréditaire, celui que sa famille et lui avaient appris à fuir du plus loin, le renard. Il se leva prestement et décampa au plus vite sans écouter les paroles mielleuses du rusé.

 

- Petit lapin, ne t’enfuis pas de la sorte, je ne te veux aucun mal, mais seulement causer quelques minutes avec toi.

 

- Perfide renard, tu voudrais me manger mais tu ne m’attraperas pas.

 

Et de se réfugier dans sa cabane.

 

Mais quand le renard, qui l’avait suivi à la trace, vit le nid de branchages, il ne put retenir un éclat de rire. En quelques secondes la maison du petit lapin fut éventrée, dévastée et le pauvre petit périt sous la dent cruel victime de son inexpérience et de sa présomption.

 

Le second des lapins était parti de son côté.

 

« je sais bien ce que je vais faire, j’en ai assez de vivre dans des trous noirs et obscurs, je vais me faire un nid dans le creux d’un arbre. »

 

Et ramassant çà et là de la mousse et de la paille, il se fit un joli nid semblable à un nid d’oiseau. Puis, il alla brouter dans la prairie voisine. Brusquement, il vit surgir le renard ; aussitôt il s’enfuit et se réfugia dans son nid où il n’offrait pas un obstacle suffisant à la dent du méchant. En quelques minutes il était saigné et dévoré.

 

Le troisième lapin était parti chercher fortune non loin de là, dans un petit bois du voisinage.

 

« je me creuserai, pensait-il un trou encore plus profond que celui de mes parents, d’entrée encore plus étroite et tortueuse ».

 

Il se mit avec ardeur à la tâche et se construisit en quelques jours un terrier profond et bien protégé où il se logea.

 

Un jour qu’il était allé flâner dans la rosée du matin, le renard l’aperçut et se mit à sa poursuite. Mais le petit lapin se réfugia dans son trou et se moqua du renard qui ne pouvait y pénétrer. Celui-ci attendit quelque temps devant l’entrée, puis dépité, s’en alla.

 

Ainsi fut sauvé le dernier des petits lapins pour s’être montré plus intelligent que ses frères et avoir compris que son père ne les avait pas élevés sans raison dans un trou obscur plutôt qu’à la lumière du soleil et que la jeunesse ne doit pas mépriser la sagesse de ses pères…

 

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #lapin, #nid, #petit, #renard, #trou

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y a de cela bien longtemps, une femme n'avait toujours pas eu d'enfant de son mari après cinq ans d'union. Soucieux de sa descendance, l'homme décida de prendre une deuxième épouse. Il partit s'installer dans une autre maison avec sa nouvelle femme, à l'autre bout du village, laissant à son malheur celle qu'il soupçonnait d'être stérile.

Folle de chagrin dans sa grande maison vide, la première épouse alla voir un "usta", un tailleur de pierre, pour qu'il lui sculpte un bébé qu'elle pourrait chérir et adorer comme un enfant né de son ventre. L'artisan s'exécuta, et la femme rentra chez elle avec sa petite statue.

Durant des mois et des mois, elle s'occupa du bébé de pierre comme de son propre enfant, le couchant dans son berceau, l'habillant, le tenant près de son sein. Elle le berçait avec des chants qui pleuraient sa solitude et le départ de son mari.

Elle fit tant et si bien qu'un matin, elle découvrit un vrai bébé au fond du berceau, un bébé de chair et de sang qui remuait et pleurait. Elle courut chercher son mari qui, comblé, revint au foyer accompagné de sa seconde épouse qui elle aussi avait eu un fils.

On dit que l'homme s'occupa jusqu'à sa mort de ses deux épouses, on dit aussi qu'il arriva bien des aventures aux deux demi-frères, l'un né de la pierre et l'autre né de la chair, mais tout ceci est une autre histoire...

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #autre, #bebe, #epouse, #mari, #pierre

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