Publié le 13 Septembre 2012
Il était une fois, une femme qui possédait une chatte noire qu’elle appelait Souda.Chaque matin, cette femme trouvait une pièce d’or sous son oreiller et la dépensait sans chercher à en connaître la provenance.
Un jour, cependant, elle tourna la pièce entre ses doigts, réfléchit et se posa toutes les questions auxquelles elle n’avait jamais songé jusqu’alors.
Quand tomba la nuit, elle évita de se laisser aller au sommeil, et observa ce qui se passait dans sa chambre.
Au pied du lit, la chatte Souda qui faisait mine de dormir, se leva lentement, s’étira, puis bondit et disparut par la fenêtre entrouverte.
Aussitôt, la femme rejeta sa couverture et se précipita sur ses traces.
Arrivée au bord d’un buisson, elle vit la chatte noire se secouer et devenir une jeune fille d’une grande beauté.
Cette jeune fille alla ensuite s’asseoir un peu plus loin et tira de sa ceinture un miroir et du fard qu’elle appliqua sur ses yeux, ses joues et ses lèvres. Elle orna son front et ses épaules de bijoux et de voiles transparents aux vives couleurs, et bientôt son aspect fut celui d’une "chikha".
Après avoir fini de se parer, elle marcha jusqu’aux murs d’enceinte et franchit la porte de la ville, suivie de loin par sa maîtresse.
Elle continua ainsi jusqu’à un lieu désertique où l’attendaient d’autres "chikhates" vêtues de costumes éclatants. Ces filles de la nuit s’empressèrent autour d’elle et lui demandèrent la raison de son retard.
"Ma maîtresse ne pouvait pas trouver le sommeil !" expliqua-t-elle.
Souda ayant fini ses explications, accompagna les "chikhates". Elles s’en allèrent chanter et danser au son des tam-tams, devant un publique d’hommes drapés dans leurs burnous.
Au matin, elles se partagèrent ce qui leur avait été remis par les hommes et chacune rentra chez elle avec sa pièce d’or.
Sa curiosité satisfaite, la femme précéda Souda en courant le long du chemin.
Elle eut même le temps de se précipiter dans son lit et de rabattre la couverture avant que la chatte noire n’entre dans sa chambre en sautant par la fenêtre.
Mais tandis que la chatte Souda s’approchait doucement de l’oreiller, sa maîtresse s’empressa de lui dire : "Je sais maintenant que tu es une jennia et je connais la façon dont tu gagnes la pièce d’or que tu glisses chaque matin sous mon oreiller !"
Quelle imprudence fut la sienne ! Car, ce dont cette femme ne pouvait se douter, c’est qu’une fois reconnue, la jennia devenue chatte le resterait toute sa vie, et ne pourrait plus jamais lui procurer de pièce d’or !
Moralité : Trop de curiosité devient un défaut
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