Publié le 13 Septembre 2012

66 - Arriver propre dans l'autre monde
Un jour que Djeha-Hodja Nasreddin était au cimetière, il enleva ses habits et les secoua, pour les débarrasser de la poussière. Une rafale de vent emporta sa gandoura et, alors qu'il essayait de la rattraper, il tomba face à un groupe de cavaliers. Son apparition soudaine effraya les chevaux, qui sont devenus difficiles à contrôler et les cavaliers faillirent être jetés à terre. Ils dirent à Djeha-Hodja Nasreddin :
- Que faites-vous ainsi dans un cimetière ? Êtes-vous un fantôme ou quoi ?
- Mes amis
,    leur dit Djeha-Hodja Nasreddin, je viens de l'au-delà. Je suis sorti de ma tombe pour me soulager, ne voulant pas arriver sale dans l'autre monde. Aussitôt que je me serais soulagé, j'y retournerai.

 

67 - Sauvetage à la corde
Un homme grimpa à un arbre et n’arrivait pas à en descendre. Djeha-Hodja Nasreddin, qui passait par là, lui dit qu’il pouvait l’aider. Il prit une longue corde et en donna un bout à l’homme.
- Attachez là autour de votre taille.
- Que faites-vous, Hodja effendi ?
Dirent les autres passants.  Vous ne pouvez pas sauver un homme perché sur un arbre de cette manière !
- Faites-moi confiance, j’ai déjà essayé cette méthode et elle a été efficace.
L’homme attacha la corde autour de sa taille et Hodja tira sur l’autre extrémité. L’homme tomba à terre et fut sérieusement blessé.
- Regardes le résultat Hodja ! dit la foule
- J’ai pourtant sauvé un homme comme ça, mais je ne me souviens pas si c’était d’un arbre ou d’un puits !

 

68 - Faire de son mieux
Djeha-Hodja Nasreddin avait un bSuf avec des cornes magistrales, en arc de cercle. Son désir le plus cher était de pouvoir prendre place entre les cornes pour conduire l'animal. Un jour que le bSuf somnolait, il s'en approcha à pas feutrés et tenta de s'asseoir entre les larges cornes. Réveillé, l'animal secoua sa tête et projeta Djeha-Hodja Nasreddin à terre. Il tomba sur la tête et s'évanouit. Le voyant ainsi, sa femme le crut mort et se mit à pleurer. Djeha-Hodja Nasreddin ouvrit les yeux et la consola :
- Ne pleure pas, ma chère ! J'ai fait de mon mieux, j'ai été sérieusement blessé mais j'ai finalement réussi à faire ce dont j'ai toujours rêvé.

 

69 - Le chant du rossignol
Alors qu'il était enfant, Djeha-Hodja Nasreddin grimpa à un figuier et se mit à en manger les figues. Il fut aussitôt pris par le propriétaire du verger qui lui demanda :
- Qui es-tu ? Que fais-tu sur mon arbre ?
- Je suis un rossignol, lui dit Djeha-Hodja Nasreddin.
- Si tu es vraiment un rossignol, répondit le propriétaire, alors fais-nous entendre ton chant.
Djeha-Hodja Nasreddin émit des sons étranges, essayant d'imiter le rossignol.
- Quel genre de rossignol es-tu ? Dit l'homme.  Un rossignol ne chante pas comme
ça !

- Effectivement, dit Djeha-Hodja Nasreddin,  ceci est la manière dont chante un jeune rossignol inexpérimenté.

 

70 - Le dindon qui pense
Au marché aux oiseaux un homme vendait un perroquet dont il vantait le plumage multicolore et ses dons exceptionnels d'imitateur :
- Admirez ses couleurs rouge, vert, jaune, bleu, et de plus il parle, il répète fidèlement tout ce qu'on lui dit !
Une foule de curieux l'entourait mais, vu son prix élevé, personne ne pouvait l'acheter. Le lendemain, Djeha-Hodja Nasreddin vient au marché pour vendre un dindon noir au bec rouge. Les gens s'étonnent du prix demandé par Djeha-Hodja Nasreddin, plus que celui du perroquet de la veille.
- Djeha-Hodja Nasreddin, demanda un des badauds,  comptes-tu vraiment vendre ton dindon à ce prix, alors qu'on peut en acheter dix pour la même somme ?
- Si, pour l'oiseau d'hier, on demandait cinq cents dinars, mon dindon en vaut bien mille !
- Mais, Djeha-Hodja Nasreddin, l'oiseau exotique d'hier parlait.
- Justement, mon dindon fait beaucoup mieux que lui !
- Que fait-il donc de mieux ?
- Il pense
     !

 



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

61 - La valeur d'un conseil
Un jour ses amis ont demandé à Djeha-Hodja Nasreddin :
- Tu es un homme sage, Nasreddin Effendi. Peux-tu nous dire ce que tu considères comme le plus précieux au monde ?
- Je considère le conseil, comme étant sans prix,
dit Djeha-Hodja Nasreddin.
Ses amis lui ont ensuite demandé :
- Et que considères-tu pour être sans valeur ?
- Je dirai que le conseil est la chose qui a le moins de valeur au monde.
- Eh bien, Nasreddin Effendi !
  Objecta son auditoire. Comment une chose peut-elle être à la fois sans valeur et la plus précieuse ? Tu dois faire une erreur !
- Non, mes amis. Je sais de quoi je parle. Un conseil pris peut être précieux, mais il devient sans valeur quand il n'est pas le bienvenu !

 

62 - Djeha-Hodja Nasreddin et le pommier
Djeha-Hodja Nasreddin plantait un pommier dans son jardin quand le sultan vint à passer ; il s'arrêta et dit à Djeha-Hodja Nasreddin, d'un ton moqueur :
- Voyons, Djeha-Hodja Nasreddin ! Pourquoi te donnes-tu tant de peine ? Tu ne mangeras jamais les fruits de ce pommier. Tu sais bien que tu mourras avant qu'il ne commence à produire des pommes.
Ce à quoi Djeha-Hodja Nasreddin répondit :
- Oh Sultan ! Nous mangeons les fruits des pommiers plantés par nos pères, et nos enfants mangeront les fruits des pommiers plantés par nous.
Cette réponse pleine de sagesse plut au sultan qui, en récompense, donna une pièce d'or à Djeha-Hodja Nasreddin.
- Oh Sultan ! , Dit Djeha-Hodja Nasreddin en empochant la pièce, voyez comme ce pommier a déjà donné des fruits.
Cette remarque fit rire le sultan, qui lui donna une autre pièce d'or.
- C'est de plus en plus extraordinaire, s'écria Djeha-Hodja Nasreddin. Voilà un pommier qui donne deux récoltes par an.
Le sultan se mit à rire aux éclats et donna une troisième pièce d'or à Djeha-Hodja Nasreddin.

 

63 - Les voleurs et la musique
Djeha-Hodja Nasreddin rentrait chez lui, accompagné d'un de ses élèves quand il vit une bande de voleurs devant une maison, essayant de briser la serrure. Djeha-Hodja Nasreddin a pensé qu'il serait probablement blessé s'il intervenait, donc il a décidé de rester calme et d'ignorer la situation. Mais son élève, ne comprenant pas ce qui se passait, a demandé :
- Que sont en train de faire ces hommes ?
- Chut ! Répondit Djeha-Hodja Nasreddin.  Ils jouent de la musique !
- Mais je ne peux rien entendre !
- Bien ! Nous entendrons le bruit demain ! Rétorqua  Djeha-Hodja Nasreddin.


64 - Qui est coupable, qui est innocent ?

L'âne d'Djeha-Hodja Nasreddin a été volé. Ses amis, desquels il espérait entendre des paroles de réconfort dans cette situation difficile, s'exprimèrent ainsi :
- Vous auriez du fermer la porte de l'écurie.
- Comment se fait-il que vous n'ayez entendu aucun bruit, ne serait-ce
qu'un petit craquement ?
- Vous n'avez probablement pas bien attaché l'âne.

Djeha-Hodja Nasreddin les écouta pendant des heures et leur dit finalement :
- Assez, assez, vous semblez tous m'accuser en rejetant sur moi la responsabilité de ce vol. Soyez honnêtes ! Le voleur serait-il innocent ?

65 - La honte d'être volé
Un voleur s'est introduit chez Djeha-Hodja Nasreddin. Il fouilla partout sans rien trouver, jusqu'au moment où il ouvrit l'armoire de la chambre et y trouva Hodja.
- Que fais-tu là, lui demanda  t-il, je te croyais au marché ! Tu vois, j'avais soif et je suis entré juste pour me désaltérer
- Je sais que tu es un voleur, lui dit Hodja.
Dès que je t'ai entendu, je me suis caché, tellement j'avais honte.
- Honte de quoi ?
- Honte … qu'il n'y ait rien à voler chez moi.



 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

81 - Le joueur de luth
Quelqu'un demanda, un jour, à Djeha-Hodja Nasreddin s'il savait jouer du luth.
- Oui, répondit Djeha-Hodja Nasreddin
On lui donna un luth et il commença à jouer.
- Diiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiing ....
Toujours la même note, avec la même corde, à plusieurs reprises. Après quelques minutes, les gens demandèrent à Djeha-Hodja Nasreddin de cesser de jouer.
- Djeha-Hodja Nasreddin, ce n'est pas une façon correcte de jouer du luth, vous jouez toujours la même note. Les joueurs de luth déplacent leurs doigts de haut en bas et vice-versa.
- Eh bien, je sais pourquoi ils vont en haut et en bas et essayent les différentes cordes.
- Pourquoi donc cela ?
- Parce qu'ils cherchent cette note que, moi, j'ai déjà trouvée
.

 

82 - Le pèlerinage et les pauvres
Djeha-Hodja Nasreddin rend visite à un homme riche du village :
- Salut à toi, homme fortuné ! Grâce à Dieu, tu vis dans l'opulence et tu ne manques de rien. Ta richesse t'a permis de faire plusieurs fois le pèlerinage. Moi qui suis pauvre, tu le sais bien, j'aimerais aussi me rendre à la Mecque, ne serait-ce qu'une fois, avant de mourir.
- Je te comprends
, Nasreddin, mais tu sais aussi bien que moi que la religion n'impose pas le pèlerinage aux pauvres.
- Écoute !
S'impatienta Djeha-Hodja Nasreddin, à chacun son rôle dans ce village : pour l'interprétation de la religion, il y a l'imam ; toi, contentes-toi de donner l'argent, sans plus !

 

83 - L'habit ne fait pas le moine
Un jour, Djeha-Hodja Nasreddin alla aux bains publics, mais on ne le traita pas comme il l'aurait souhaitait. On lui donna un vieux peignoir de bain et une serviette élimée. Il ne dit rien et donna une pièce d'or à chacun des hammamjis, qui se sont maudits d'avoir été traité par ses modestes vêtements. Une semaine plus tard, il revint au même établissement. Il fut chaleureusement accueilli, chacun rivalisant avec les autres pour lui offrir le meilleur service possible. En sortant, il donna un tout petit pourboire.
- Comment, dirent les employés, cette somme ridicule pour ce que nous t'avons offert !
- Ceci, répliqua Djeha-Hodja Nasreddin, c'est pour la manière dont j'ai été traité la semaine dernière. Le pourboire de la semaine dernière était pour la manière dont vous m'avez traité aujourd'hui.

 

84 - Partage inéquitable ?
Quatre garçons vinrent trouver Djeha-Hodja Nasreddin et lui dirent :
- Nous ne pouvons pas partager des noix équitablement entre nous. Voulez-vous nous aider ?
- Voulez-vous le partage de Dieu ou celui du commun des mortels ?
                        Leur demanda Djeha-Hodja Nasreddin.
- Le partage de Dieu, répondirent-ils.
Djeha-Hodja Nasreddin ouvrit le sac et donna deux poignées de noix à l'un des garçons, une poignée à un autre, deux noix au troisième et une noix au quatrième.
- Qu'est-ce que c'est que cette distribution, s'exclamèrent les enfants.
- C'est la manière divine, rétorqua Djeha-Hodja Nasreddin. Il donne beaucoup à certains, peu à quelques-uns et rien à d'autres. Si vous aviez choisi la manière des hommes, j'aurais fait un partage équitable.

 

85 - Partager dix-sept ânes en trois
Un homme du village mourut, laissant dix-sept ânes à ses trois enfants. Selon ses dernières volontés, l'aîné devait recevoir la moitié du cheptel, le second le tiers et le cadet le neuvième. Ne pouvant exécuter ces volontés, les trois enfants vinrent demander conseil à Djeha-Hodja Nasreddin.
- Vous êtes en train de vous disputer pour rien, leur dit ce dernier.  Je vais vous prêter mon âne et votre problème sera résolu.
Ajoutant son âne, il porta le troupeau à dix-huit têtes. Il donna la moitié à l'aîné, soit neuf ânes, le tiers au second, soit six ânes et le neuvième au cadet, soit deux ânes. Ce qui fit un total de dix-sept ânes. Il récupéra l'âne restant, qui était celui qu'il leur avait prêté.

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

76 - Le burnous de Djeha-Hodja Nasreddin
Un matin, ses voisins interrogèrent Djeha-Hodja Nasreddin, lui demandant quel était ce tapage qui, la nuit dernière, venait de sa maison :
- Cela ressemblait à quelque chose qui dégringolait un escalier. Que s'est–il donc passé ?
- Ce n'est rien, dit Djeha-Hodja Nasreddin, juste mon burnous que ma femme avait jeté au bas de l'escalier.
- Mais un vêtement ne fait pas tant de bruit ! Rétorquèrent les voisins.
- C'est que moi, j'étais dedans, répondit Djeha-Hodja Nasreddin.

 

77 - Djeha-Hodja Nasreddin et le mendiant
Confortablement installé sur la terrasse de sa maison, Djeha-Hodja Nasreddin se prélassait, en goûtant la douceur d'un après-midi printanier, quand quelqu'un l'appela de la rue :
- Djeha-Hodja Nasreddin ! Djeha-Hodja Nasreddin ! Descends voir ! J'ai une question à te poser !
Il appela plusieurs fois et Djeha-Hodja Nasreddin finit par descendre, quoique à contrecSur. Il trouva un homme qui tendait la main.
- Djeha-Hodja Nasreddin, donne-moi une pièce, s'il te plaît. Dieu te la rendra au centuple.
- C'était donc cela ta question ! C'est pour ça que tu as troublé ma tranquillité ! Viens avec moi
!
Le mendiant grimpe péniblement avec Djeha-Hodja Nasreddin jusqu'à la terrasse.
- Maintenant, lui dit Djeha-Hodja Nasreddin, voici ma réponse : c'est non.


78 - La véritable tornade
Djeha-Hodja Nasreddin et son ami sont allés à la chasse au loup. Espérant ramener un louveteau, son ami entra dans une tanière. Soudain, la louve apparut, et avant qu'elle ait pu y pénétrer, Djeha-Hodja Nasreddin la saisit par la queue. La louve s'est débattue, pour se libérer. Pendant ce temps, son ami qui n'avait aucune idée de ce qui se passait à l'extérieur de la tanière, dit :
- Hé, Djeha-Hodja Nasreddin ! Qu'es-tu en train de faire ? Tu envoies plein de poussière, on dirait une tornade.
- Tu ferais mieux de prier, lui répondit Djeha-Hodja Nasreddin, pour que la queue tienne bon. Si elle devait céder, tu verrais alors ce qu'est une véritable tornade.

 

79 - Le chat et le gigot
Djeha-Hodja Nasreddin va au marché et achète un gigot de trois livres. Il rentre chez lui et donne la viande à sa femme, en lui demandant :
- Voici la viande pour le déjeuner. Fais-la cuire à point, comme je l'aime !
Puis il sort.Sa femme fait cuire le gigot. Comme on frappe à la porte, elle ouvre : c'est son frère qui revient de voyage. Il a faim. Tous deux se mettent à table et finissent par manger tout le gigot.Djeha-Hodja Nasreddin rentre et dit :
- Ça sent bon ! Où est la viande que j'ai achetée ?
- Le chat a tout mangé pendant que j'étais occupée à faire le ménage, répond sa femme.
Djeha-Hodja Nasreddin court après le chat. Il l'attrape et le met sur le plateau de la balance : il constate alors qu'il pèse trois livres.
- Scélérate, crie-t-il à sa femme. Si les trois livres sont de la viande, où est le chat ? Et si c'est le poids du chat, où est la viande ?

 

80 - Le combat est fini, mais l'édredon est parti
Djeha-Hodja Nasreddin et sa femme ont été réveillés par des bruits venant de la rue. Regardant par la fenêtre, Djeha-Hodja Nasreddin vit deux hommes en train de se battre. Il a pris son édredon, l'a enveloppé autour de lui et a commencé à marcher vers la porte. Sa femme lui a dit de ne pas s'en mêler, mais il l'a ignorée.
- Voyons ce qui se passe, se dit-il et il est sorti.
Avant qu'il ait eu le temps de réaliser ce qui lui arrivait, un des hommes a tiré l'édredon de son dos et s'est enfui avec, disparaissant dans l'obscurité comme l'autre homme. Djeha-Hodja Nasreddin a essayé de les poursuivre  quelques instants et, sans édredon pour le protéger du froid, a vite abandonné, préférant l'intérieur douillet de sa maison. Sa femme lui a alors demandé :
- Comment s'est terminé le combat ?
- Je ne sais pas comment il s'est terminé, mais tout ce que je sais, c'est que le combat est fini et l'édredon est parti, a répondu Djeha-Hodja Nasreddin.

 



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

71 - Les brioches du boulanger
Quand il arriva à Konia, Djeha-Hodja Nasreddin avait faim, mais il n'avait pas d'argent. Il s'arrêta devant une boulangerie et vit des brioches bien dorées dans la vitrine. Il entra et désignant les brioches, il dit au boulanger :
- Est-ce que tout ceci est à vous ?
- Bien sûr
, dit le vendeur.
- Êtes-vous bien sûr que tout ceci est à vous ? Insista Djeha-Hodja Nasreddin.
Mécontent et agacé, le vendeur confirma ses dires.
- Alors, si toutes ces brioches sont à vous, dit Djeha-Hodja Nasreddin, pourquoi ne les mangez-vous pas ? Qu'est-ce qui vous en empêche ?

 

72 - Pourquoi tant de bruit ?
Chaque fois que Djeha-Hodja Nasreddin décidait d'aller au lavoir, il pleuvait.
- J'ai trouvé la solution, dit-il. Nous n'allons pas faire connaître à Dieu quel jour nous devons nous rendre au lavoir.
- Comment ? Lui demanda sa femme
- Quand le temps s'annoncera bon, tu me feras un signe convenu et j'irai au bazar acheter du savon et d'autres ingrédients utiles. Nous ferons attention de ne rien dire l'un à l'autre.
Quelques jours plus tard, la femme de Djeha-Hodja Nasreddin lui signala qu'elle allait faire sa lessive. Quand il revint de la boutique où il avait acheté le nécessaire, il pleuvait. Il regarda le ciel. Soudain, il y a eu un éclair, suivi par un grondement de tonnerre. Il cacha ce qu'il avait acheté sous son burnous et dit :
- Il n'est pas nécessaire de faire tant de bruit. Nous n'allons pas faire de lessive aujourd'hui.

 

73 - Quand les ânes pondent des œufs 
Des plis de sa veste lâche, Kamil sortit quelque chose de grand, lisse, rond et jaune et l'a fièrement tendu à Djeha-Hodja Nasreddin et Kalima.
- Un œuf d'âne, annonça t-il. Tout que vous avez à faire est de vous asseoir sur cet œuf pendant trois semaines. Alors un bébé âne en sortira. Il grandira et dans quelques mois vous aurez un deuxième âne vigoureux pour porter vos charges et vous emmener tous les deux en voyage.
Djeha-Hodja Nasreddin et Kalima furent surpris par la bonté de Kamil. Auparavant, ils n'avaient jamais pensé à lui comme un très bon ami. En fait, ils avaient eu une querelle avec lui, juste la semaine dernière.
- Nous vous remercions sept fois pour ce merveilleux cadeau ! Lui dirent-ils.
Les trois semaines suivantes ont été longues pour Djeha-Hodja Nasreddin et Kalima. Tandis que Djeha-Hodja Nasreddin était assis sur l'œuf, fumant son narguilé ou somnolant, sa femme préparait les repas et nettoyait la maison. Quand Kalima était assise sur l'œuf, tout en filant sa laine, Djeha-Hodja Nasreddin coupait du bois, allait à la place du marché ou au café et discutait avec ses amis. Les voisins venaient de temps à autre pour leur parler.
- Laissez-nous voir l'œuf d'âne, Demandaient-ils. Nous n'en avons jamais vu.
- Oh non !
Répliquait Djeha-Hodja Nasreddin ou Kalima. Nous ne pouvons pas prendre le risque de le laisser se refroidir.
La première semaine passa, puis une deuxième, puis une troisième. Djeha-Hodja Nasreddin et sa femme surent que le temps était arrivé de voir leur bébé âne. Ils découvrirent l'œuf et le caressèrent. Il semblait plus doux. Sûrement il ne devrait pas tarder à éclore. Ils ont patiemment couvé l'œuf, à tour de rôle, pendant encore trois jours. L'œuf était plus doux mais aucun ânon n'en était sorti. Par contre, il dégageait une odeur particulière fort désagréable.
- Cet œuf est pourri, dit Djeha-Hodja Nasreddin. Nous ne pouvons jamais espérer avoir un ânon.
Déçu, il prit l'œuf pourri pour le jeter. Comme il marchait lentement dans la rue, l'œuf sous son bras, il s'est demandé pourquoi les gens prenaient un air si amusé.
- Les oeufs d'âne poussent sur des lianes de potiron ! Les oeufs d'âne poussent sur des lianes de potiron ! Chantaient les enfants.
Arrivant au-delà des murailles de la ville, en haut d'une colline, il lança le potiron qu'il prenait pour un œuf. Il dévala la pente entre les rochers et les buissons. Arrivé au bas de la pente, il frappa une pierre et s'ouvrit. Un lapin qui dormait  sous un arbre, effrayé par le potiron qui venait d'éclater, s'échappa et disparut. En voyant le lapin aux longues oreilles, Djeha-Hodja Nasreddin poussa un profond soupir.
- Voilà enfin le bébé âne ! L'œuf était prêt à éclore ! Nous aurions dû attendre encore un peu ! Maintenant, notre ânon est perdu pour toujours ! Puisse Allah nous aider !

 

74 - Un don pour un autre
Un jour d'été, Djeha-Hodja Nasreddin se rendit à la ville voisine. Marchant de longues heures, avec une chaleur torride, il se fatigua rapidement. S'asseyant au pied d'un arbre pour se reposer, il dit :
- Oh mon Dieu ! Je t'adresse une prière pour que tu donnes un âne à ton fidèle serviteur.
Quelque temps après, il vit un soldat à cheval, tenant en laisse un jeune poulain. Il s'approcha de Djeha-Hodja Nasreddin et lui ordonna :
- Ne reste pas assis ainsi à ne rien faire. Mon poulain est las de marcher. Prend-le sur ton dos jusqu'à l'entrée de la ville.
Djeha-Hodja Nasreddin a tenté de protester, expliquant qu'il était vieux et fatigué. Mais le soldat ne voulait rien entendre, allant même jusqu'à lui donner un coup de cravache. Arrivés à destination, Djeha-Hodja Nasreddin posa le poulain à terre et s'écroula. Après un temps, il se releva, leva ses bras au ciel et dit :
- Seigneur ! Ou je n'ai pas su m'exprimer clairement ou vous m'avez mal compris. J'ai demandé quelque chose à chevaucher mais vous m'avez envoyé quelque chose qui m'a chevauché.

 

75 - Une louchée pour mourir
Un jour, Djeha-Hodja Nasreddin et certains de ses amis furent invités à dîner. L'entrée consistait en une compote glacée. Leur malicieux hôte prit une louche et commença à ingurgiter la compote. Après chaque louchée, il s'exclamait :
- Je vais mourir ! Je vais mourir !
Djeha-Hodja Nasreddin et les autres invités utilisaient une toute petite cuillère et, de fait, ne purent ni apprécier le goût de la compote ni apaiser leur faim. Finalement, Djeha-Hodja Nasreddin perdit toute patience et interpella l'hôte :
- Pourquoi ne nous laisses-tu pas utiliser la louche afin que nous puissions, nous aussi, avoir une chance de mourir, au moins une fois.

 

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Rédigé par orange8454

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