Publié le 13 Septembre 2012
Un matin de bone heure, notre hodja sortant de sa maison, rencontre son voisin sur le seuil de sa porte.
- Eh ! hodja, dit le voisin, tu as ce matin bien mauvaise mine. Es-tu malade ou indisposé ?
- Nullement, répond notre bonhomme qui veut couper court.
Mais le voisin est curieux.
- Tu n’aurais pas cet air-là sans raison si tu n’avais eu quelque ennui.
- Non, dis-je, non frère, je n’ai rien. Me cacherais-je de toi, comme d’un étranger ?
- Et puis, hodja, cette nuit un bruit étrange est venu de votre maison. Qu’était-ce donc ?
- Ma femme et moi nous sommes quelque peu querellés.
- Ce sont des choses qui arrivent en ménage. Et ensuite ?
- Y a-t-il un ensuite ? Tu sais bien qu’une femme en colère n’entend ni ne cherche à entendre.
- Et le bruit, hodja, qu’était-ce que le bruit ?
- Mon cher, ma femme a donné quelques coups de bâton à ma robe et l’a jetée au bas de l’escalier. Ce sont les cris de cette malheureuse que tu as sans doute entendus.
- Les cris de la robe ? Me prends-tu pour un imbécile ? A-t-on jamais vu une robe crier ?
- Et pourquoi pas ?
- Allons, tu te moques, mais je ne suis pas à ce point simple d’esprit pour qu’on me fasse avaler de pareilles sornettes.
Et le voisin tourne le dis et fait mine de s’en aller. Alors notre hodja :
- Voyons, voisin, ne t’irrite pas. Ne t’avais-je donc pas dit que j’étais dans ma robe ?
/image%2F0650892%2F20250129%2Fob_756ff6_ezgif-36d06c8720607.gif)






