Publié le 13 Septembre 2012

Le mythe représente le cycle du soleil. La Déesse Lointaine est une impétueuse lionne incarnant l'aspect terrible du soleil estival qui semble arriver du Sud, s'élevant au-dessus de l'horizon au fur et à mesure de l'avancée du solstice d'été, mais elle incarne aussi l'aspect bénéfique du soleil hivernal semblant s'affaiblir alors qu'il s'éloigne vers le Sud au cours du solstice d'hiver. La déesse Lointaine est la fille du Soleil ; sous les traits de Tefnout (qui est l'une de ses principales personnifications ; parfois, elle se présente aussi sous les traits de Sekhmet), elle abandonne son père pour fuir dans le désert oriental en Nubie. C'est là une référence à la morsure du soleil que les caravanes se dirigeant vers les carrières et les mines ne connaissent que trop bien. Dans le désert, la déesse sous forme de lionne, donne libre cours à sa férocité. Râ, qui a besoin d'elle sous son aspect guerrier, souhaite son retour. Onouris, Shou et Thot sont alors envoyés sur place, sur l'aspect de singes. Ils lui racontent des histoires envoûtantes, dont le récit de l'accueil triomphal qu'elle recevrait si elle revenait en Egypte. Elle accepte de rentrer, mais conserve les traits de la Déesse Dangereuse, de la puissance destructrice sauvage : il est donc indispensable de l'apaiser. Thot verse du vin dans les eaux de la première Cataracte, à Philae ; la déesse, pensant qu'il s'agit de sang, s'en abreuve, s'enivre et s'apaise. A son réveil, elle présente les traits bienveillants d'une chatte, la déesse Bastet ; elle est accueillie avec fêtes et honneurs en Egypte. Dans d'autres versions, elle est plongée de force par Thot, dans les eaux de la première cataracte. De fait, elle précède de peu l'inondation - aspect tardif de la déesse - car dans cette phase, le parcours du soleil et associé au cycle du Nil. Le mythe se rapporte donc à l'inondation annuelle du Nil dont les eaux tumultueuses et rougies par la terre ferrugineuse des hauts plateaux Abyssins se calment à leur entrée en Égypte et répandent leurs bienfaits sur tout le pays.


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Le seigneur Râ habitait un magnifique palais, avec des hauts obélisques des sphinx à têtes de béliers et de lions.
Râ, le soleil, lorsqu’il ouvre sa paupière le matin, c’est l’aube et le jour ; lorsqu’il la ferme, ce sont les ténèbres et la nuit. C’est lui, l’épervier doré, qui place dans le ciel.
Chaque matin, il est reçu par les deux divinités de l’est. Lorsqu’il prend un bain c’est la fille d’Anubis, la déesse « fraîcheur »  qui arrive avec ses quatre cruches et Horus qui lui frotte les chairs et Thot qui essuie ses jambes.
Lorsqu’il veut sortir il prend la barque divine amarrée au bord du Nil avec les dieux qui l’escortent. C’est une barque sans rames, ni voile, ni gouvernail ; elle glisse sur les eaux.
Il poursuit ainsi sa course autour du monde, dallant de l’orient jusqu’à l’extrémité sud de la Terre ; à midi, une autre embarcation l’emporte vers l’Amanti (l’enfer chez les égyptiens).
Quittant la terre, il pénètre dans cette région nocturne par la porte des couloirs, étroite fente qui coupe la montagne en deux : il est dans l’autre monde.
Il navigue toujours le long d’un grand fleuve, dont la vallée est divisée en douze zones par des murs et des portes.
A chacune des douze heures de la nuit, la barque solaire passe d’une zone à l’autre.
A la sixième heure elle franchit la frontière nord du monde invisible et revient vers la porte sacrée qui mène aux jardins d’Ialou où elle arrive à la septième heure.
Il flotte sans bruit sur le fleuve nocturne (c’est la durée de ce voyage que l’on appelle la nuit).
Il franchit la porte d’Ialou avec le monde des vivants ; cette porte est splendide et d’une couleur éclatante comme l’aurore.
Souvent le serpent gigantesque Api mangeur de berges à l’appétit féroce dont il faut apaiser sa faim se dresse sur le chemin du Dieu Râ et lui barre le passage : et à ce moment les hommes voient le soleil s’obscurcir et disparaître.
Pour le faire retourner dans son abîme il faut faire du bruit, crier, jouer bruyamment de la musique… Le soleil réapparaît et c’est chaque fois que cette scène se reproduit que l’on parle d’une éclipse du soleil.
Chaque jour Râ embarquait le matin pour sa course habituelle autour du monde et rentrait douze heures plus tard. A chaque heure où il se trouvait, il réglait les problèmes des hommes.
Il ne conservait pour lui-même qu’un seul de ces talismans, le nom que son père et sa mère lui avaient imposé à l’heure de sa naissance, mais il ne devait le révéler à personne.
La vieillesse eut prise sur lui, Isis qui était une simple servante du Pharaon, habile en paroles conçut le projet de lui dérober son secret.
Elle imagina le plus ingénieux des stratagèmes. Lorsqu’un homme ou un Dieu était malade, la seule chance de le guérir était de connaître son nom caché, son nom véritable et d’adjurer en ce nom l’être méchant qui le tourmentait et qui était la cause de sa maladie.
Isis
Elle ramassa de la boue imprégnée de la base divine, la pétrit de ses mains habiles et lui donna la forme d’un serpent sacré, puis elle l’enfouit dans la poussière du chemin et l’anima en récitant sur lui la formule magique qui donne vie aux choses inanimées.
Un matin lors de sa tournée habituelle, Râ fut mordu au talon, il souffrait et eut des convulsions il dit :
- J’ai é té piqué par quelque chose qui est entré en moi et que ma main n’a pas créé comme toutes les autres créatures, elle ne ressemble à rien de ce que j’ai fabriqué.
Un à un les dieux essayèrent de le guérir, en vain.
Isis lui dit :
- Je sais ce qui t’arrive, tu as été piqué par un serpent, je peux tuer ton ennemi par des incantations bienfaisantes et je le forcerai à battre en retraite à la vue de tes rayons.
Isis lui offrit ses soins et lui proposa de réciter l’incantation, mais qu’il fallait introduire dans la formule ce nom mystérieux qu’il ne voulait pas dire : « dis-moi ton nom, ô Père divin, car tu sas que les charmes n’opèrent que si j’invoque ton nom secret ».
Râ soupçonna vaguement un pièce, il énuméra complaisamment tous ses titres, tous les noms qu’on lui donne : Hhepri le matin, Râ à mide, Toumou le soir ou encore Atoumi.
- J’ai beaucoup de noms, car je suis celui qui a créé le ciel et la terre. Je suis celui qui en ouvrant les yeux produit la lumière.
Isis continua à insister.
- Mon nom secret, mon père et ma mère me l’ont donné, il est caché dans mon corps depuis ma naissance afin que nul ne s’en serve contre moi.
Et pour continuer à tromper Isis il énuméra encore d’autres noms.
Isis ne fut pas dupe, elle essaya les noms que Râ lui avait donné, mais en vain, le venin de la base sacrée continuait à envahir Râ ; la souffrance augmentait sans cesse.
- Aucun nom que tu m’as donné ne te guéri, le charme ne peut agir que si on appelle le malade de son seul, de son vrai nom, dit-elle.
Râ vaincu par la douleur  lui dit :
- Mon nom passera de mon corps dans son corps, je consens à ce que tu fouilles en moi, ô mère Isis, que mon nom passe de mon sein dans ton sein.
Elle lui ouvrit la poitrine et son cœur lui livra son secret. Isis connut son nom. Elle prononça la formule correctement en y introduisant le nom véritable de Râ et le venin fut conjuré.
Mais Isis maintenant connaissait le secret de son pouvoir et elle se fit déesse sans tarder.
Râ vieillissait de plus en plus, il décida de convoquer tous les Dieux Shou, Tafnout, Sibou… Ils se rangèrent en cercle autour du trône…
Râ était décidé à abandonner ce royaume. Il dit :
-Mes membres sont décrépits, je connais la faiblesse, je veux cacher l’humiliation de ma vieillesse, mais je veux aller dans un endroit où nul ne pourra m’atteindre.
Il fallait donc trouver pour lui donner asile une retraite inaccessible, difficile à découvrir dans un univers encore mal organisé et imparfait. Nout pensa que le fils de Râ, Shou, pourrait occuper le trône de son père et gouverner les hommes avec l’énergie d’un jeune dieu. Elle dit :
- Fils Shou, agis pour ton père Râ : il faut accomplir sa volonté. Et toi, Nouît, ma fille, place ton père Râ sur ton dos et tiens-le suspendu au-dessus de la terre.
Nouît docilement obéit et se transforma en vache et plaça la majesté de Râ sur son dos. De son côté Noît se leva, s’arc-bouta sur ses quatre jambes comme une voûte, mais elle plia sous le faix. Elle demanda à être soutenue, sentant ses forces la quitter et ses jambes faiblir.
Alors Râ dit :
- Mon fils Shou, place-toi sous ma fille Nouît pour la soutenir afin qu’elle puisse me porter. Soutiens-là avec ces piliers qui vivent dans le crépuscule, maintiens-la au-dessus de ta tête et sois son pasteur !
Shou obéit et Nouît fut rassurée. Son ventre, allongé en plafond, fut bien appuyé et soutenu par quatre piliers que surveillent Horus, l’épervier, au midi, Sat au nord, Thot à l’ouest et Sapdi à l’est. La voute céleste et l’univers fut muni enfin du ciel où Râ suspendit les étoiles pour éclairer la nuit.
Alors Ra, le dieu tout-puissant s’occupa d’organiser le monde nouveau qu’il découvrait sur le dos de la vache démesurément agrandi. Il y établit sa résidence en deux endroits, dans le Champ des herbes et dans le Champ du repos. Il y vit là, loin de la terre et des hommes, au ciel…

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Baouefrê se leva pour parler et dit : " Je vais faire que Ta Majesté puisse avoir connaissance d'une autre histoire merveilleuse, qui est arrivée au temps de ton père, le roi Snefrou, juste de voix, et qui fut le fait du prêtre-lecteur en chef Djadjaemankh … quelque chose qui n'était encore jamais arrivé…

Un jour, le roi Snefrou parcourait toutes les pièces de son palais royal, à la recherche de quelque distraction et ne la trouvait point. Il dit alors : " Allez et amenez jusqu'à moi le prêtre-lecteur en chef, le rédacteur des livres sacrés, Djadjaemankh ". Il lui fut amené sur le champ. Sa Majesté lui dit alors : " J'ai parcouru toutes les pièces du palais royal - qu'il soit vivant, prospère et en bonne santé ! - à la recherche de quelque distraction, et ne l'ai point trouvée. " Djadjaemankh lui répondit : " Que Ta Majesté procède donc vers l'étang du Palais royal. Là, on équipera pour toi une barque avec toutes les jolies filles qui appartiennent aux appartements privés de ton palais. Alors le cœur de Ta Majesté ne cessera de se divertir, tandis que tu les contempleras en train de ramer de ci, de là. Tu pourras voir aussi le bonheur des nids que recèle ton étang, tu verras les champs qui le bordent et ses fourrés heureux ; et ton cœur sera distrait à cause de tout cela ". - (Le roi :) " Je vais assurément organiser une partie de bateau. Que l'on m'apporte vingt rames faites de bois d'ébène et recouvertes d'or ; leurs poignées seront en bois de santal, recouvert d'or fin également. Qu'on amène aussi vingt femmes, dont le corps soit des plus beaux, que soit belle aussi leur poitrine, et bien tressée leur chevelure, des femmes que l'accouchement n'a point encore ouvertes ; qu'on leur donne, en même temps, vingt résilles, après qu'elles auront déposé leurs vêtements. " Et l'on agit conformément à tous les ordres qu'avait prononcés Sa Majesté.

Les voilà donc qui se mettent à ramer de ci, de là, et le cœur de Sa Majesté était heureux de les voir ainsi. Soudain, l'une d'entre elles, qui était à l'arrière du bateau, se mit à tresser sa natte ; et une boucle d'oreille, en forme de poisson, faite de turquoise neuve, tomba dans l'eau ; alors la jeune fille ne bougea plus, s'arrêtant même de ramer, et ses compagnes de rang firent de même. Sa Majesté dit : " Pourquoi ne ramez-vous plus ? " Elles répondirent : " C'est que notre 'commandant' s'est arrêtée ". Sa Majesté dit alors à celle-ci : " Pourquoi ne veux-tu plus ramer ? " Elle répondit : " Ma boucle d'oreille faite de turquoise neuve est tombée dans l'eau… " Sa Majesté : " Je te la remplacerai ". La jeune fille : " C'est celle-ci que j'aime et non sa semblable ". Sa Majesté dit alors : " Que l'on amène jusqu'à moi le prêtre-lecteur en chef Djadjaemankh " ; il lui fut amené aussitôt. Sa Majesté lui dit : " Djadjaemankh, mon frère, j'ai agi conformément à ce que tu m'as dit, et le cœur de Ma Majesté s'est diverti à contempler ces rameuses. Mais la boucle d'oreille, faite de turquoise neuve, appartenant au 'commandant', est tombée dans l'eau ; celle-ci s'est alors arrêtée, ne voulant plus ramer. Le trouble a gagné ses compagnes de rang. Je lui ai dit : " Pourquoi ne veux-tu plus ramer ? " Elle m'a répondu : " C'est que ma boucle d'oreille faite de turquoise neuve est tombée dans l'eau ". Je lui ai dit : " Rame donc. Vois, je te la remplacerai. Mais elle m'a dit alors qu'elle préférait celle-ci à une autre semblable ".

Alors le prêtre-lecteur en chef, Djadjaemankh, prononça les formules magiques qui étaient de sa connaissance. Il put alors placer la moitié de l'eau de l'étang sur l'autre moitié et il découvrit la boucle d'oreille gisant sur un fragment de roche ; il la prit et la rendit à sa propriétaire. Quant à l'eau de l'étang, qui mesurait primitivement douze coudées de profondeur en son centre, sa profondeur devint de vingt-quatre coudées après qu'elle eut été renversée (une moitié placée au-dessus de l'autre). Puis Djadjaemankh, à nouveau, prononça les formules magiques de sa connaissance et rétablit l'eau de l'étang en sa situation antérieure.

Sa Majesté, ensuite, passa un heureux jour en compagnie de toute la maison royale - puisse-t-elle être vivante, prospère et en bonne santé !- et il récompensa le prêtre-lecteur en chef Djadjaemankh au moyen de toutes sortes de belles et bonnes choses.

Vois, ceci est une histoire merveilleuse qui est arrivée au temps de ton père, le roi de Haute et Basse Égypte, Snefrou, juste de voix, et qui fut le fait du prêtre-lecteur en chef, rédacteur des livres sacrés, Djadjaemankh ".

Alors la Majesté du roi de Haute et Basse Égypte, Kheops, juste de voix, dit : " Que l'on donne en offrande mille pains, cent cruches de bière, un bœuf et deux mesures d'encens à la Majesté du roi de Haute et Basse Égypte, Snefrou, juste de voix. En même temps, que l'on donne un pain, une cruche de bière et une mesure d'encens au prêtre-lecteur en chef, rédacteur des livres sacrés, Djadjaemankh, car j'ai pu constater un exemple de son savoir magique ". Et l'on agit conformément à tout ce que Sa Majesté avait ordonné. ( Textes sacrés et textes profanes de l'Ancienne Égypte II, Mythes, contes et poésies, Traductions et commentaires par Claire Lalouette et préface de Pierre Grimal p. 175-177).


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Voici une légende du sud de la Tunisie. Une de ces légendes qui naissent dans les sables chauds, en bordure du Sahara et qui ensuite voyagent, voyagent de bouches à oreilles.

 

Ali est marchand de dattes. Il vit à Djerba, une île magnifique du sud de la Tunisie. Un matin, de très bonne heure, juste après l'appel du muezzin et la première prière, il charge sa mule et se dirige vers le souk de la ville, situé à environ trois heures de marche. Il a sept gros sacs remplis de belles dattes et espère en récolter un bon prix.

 

Vers midi, le souk est en pleine effervescence. On achète, on vend et on n'hésite pas à discuter tous les prix, c'est toute la technique du marchandage.

 

Appuyé contre un gros sac en jute rempli d'avoine, un homme assez jeune joue du luth. Quelques passants lui laissent une pièce dans sa chéchia posée à terre.

 

Il doit être apprécié car son petit chapeau rouge est presque plein. Ali de son côté a déjà vendu cinq sacs de dattes et il en est très content. Un très vieil homme s'approche alors de lui, le salut et explique le but de sa visite. - Que la paix soit avec toi… Voilà, j'ai très envie de dattes mais je n'ai pas d'argent pour te payer. Par contre, si tu me donnes un sac de dattes, je te dirai comment avoir un sac d'or en échange...

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Souvent dans la mythologie, l’histoire des dieux est liée à la nature. L’histoire de Râ ne fait pas exception. Dans le soleil qui voyage au firmament, dans le Nil aux inondations salutaires, mais aussi dans le scarabée qui roule sa boule de fumier, tout Egyptien peut voir Râ. Ainsi la nature a-t-elle contribuée à façonner l’image et le mythe de ce démiurge, dieu né de rien et pourtant maître de tout.

 

Le voyage que fait chaque jour le soleil dans le ciel, c’est celui que fait Râ chaque jour depuis la création. Et de même que le soleil est levant ou couchant, Râ prend un nom plus précis. Ce voyage de Râ, c’est aussi le voyage que l’homme fait en une vie, de la naissance à la mort qui l’attend.

 

Voyage diurne

 

Chaque matin, Nout donne naissance à Râ, qui se lève à l’Orient aux sons des chants et des danses. Il ouvre son œil étincelant et est reçu par les deux divinités de l'Est qui l'entourent de soins respectueux. Râ prend alors le nom de Khépri, le soleil du matin. La joie éclate autour de lui : les femmes qui vivent autour de lui chantent : "Eveille-toi en paix, de même que les déesses des couronnes s'éveillent en paix ! Tu apportes la joie, la lumière et la chaleur sur la terre". Ensuite, il va dans la salle des bains froids, où la déesse "Fraicheur", fille d’Anubis, l'inonde avec ses quatre cruches. Horus frotte les chairs de Râ et Thot essuie ses jambes. Puis  Amon-Râ (le soleil qui donne la vie au pays) s'habille et prend son petit-déjeuner. Puis il monte dans la Barque Diurne, Mândjet, qui apparaît à l'est et "resplendit comme de l'or" qui glisse sur les eaux.

 

A l'aube, Apophis, le serpent des ténèbres attaque l'astre solaire dans sa course, mettant ainsi en péril la stabilité du cosmos. Le serpent enserre le monde dans ses anneaux - décrits comme des bancs de sable - le long de la ligne d'horizon, position idéale pour se lancer à l'assaut du soleil quand celui-ci s'approchait. L'astre riposte avec succès et Apophis, vaincu, perd du sang, en teintant le ciel de rouge au lever du soleil. Râ, pour combattre Apophis, prend la forme d'un chat. Il porte alors le nom de "Grand chat d’Héliopolis". On le représente terrassant Apophis sous l'arbre sacré ished.

Râ continue alors sa promenade journalière autour du monde. A midi, il prend la forme d'un puissant taureau qui féconde sa mère Nout et donne naissance à un nouveau soleil : Harakhty, le soleil au zénith, qui brille de toute sa splendeur et toute sa puissance. Le soir, à l'ouest, sous les traits d'un vieillard, Atoum, le soleil couchant, il monte dans sa barque nocturne (Mesektet) pour commencer son voyage dans l'au-delà... Au coucher du soleil, Apophis Apophis recommence son attaque, et, étant à nouveau vaincu, il reteint le ciel de son sang.

La "Barque des millions d'années" est le nom du bateau que Râ utiliserait le jour où ce serait la fin du monde, quand le chaos succédera à la terre une fois de plus.


Voyage Nocturne

Râ arrive alors à l’Occident. Il passe dans la Barque de la Nuit (Mesekhet) à bord de laquelle il traversera le monde inférieur, un monde nocturne et dangereux habité par la mort Râ a alors l’apparence d’un bélier ou d’un homme à tête de bélier et est appelé Auf-Râ, le soleil de l'ouest. C’est lors de sa course nocturne que Râ ranime Osiris. Grâce aux rites funéraires de conservation des corps, tout défunt devient un « Osiris » en puissance. Aussi chaque Egyptien nourrit-il un seul et même souhait : être ranimé à une nouvelle vie, comme Osiris l’a été par les bons soins de Râ.

Dans le domaine funéraire, Râ protège l’au-delà du pharaon. Mais Osiris, et la force du culte qui lui était rendu, s’imposa à sa place. Si Osiris s’imposa dans le monde des morts, il doit le faire avec Râ. En effet, en mourant, Râ se transforme en Osiris : Djafi, l'âme double, ou dualité entre Osiris et Râ. Durant son vivant, le Pharaon est identifié à Râ, mais à sa mort à Osiris. Il est donc identifié à Djafi, représenté avec une tête de bélier.

Auf-Râ voyageait dans le Monde Inférieur jusqu'à atteindre l'est et, sur son chemin il devait combattre des créatures nuisibles qui essayaient de couler leur barque ; toutefois il restait dans la cabine protégée par le serpent Mehen, qui le défendait d’Apophis jusqu'à l'aube.

Auf-Râ traversait sur Mesektet, du couchant jusqu'à l'aube, les douze régions de l'au-delà correspondant aux douze heures de la nuit. Un fleuve sillonne les douze régions de la nuit éternelle, comme le Nil les provinces de l'Egypte. Ces douze régions portent un nom et sont placées sous la protection d'une déesse, indiqués dans les textes hiéroglyphiques. Deux guides du monde inférieur - l'un connu sous le nom de "Ce qu'il y a dans l'Au-delà" (ou "Livre de Celui qui est dans l'Au-delà"), l'autre sous celui du "Livre des Portes"- donnent une description assez sèche et technique des diverses régions et indiquent leur nom respectif et ceux des divinités bienveillantes ou hostiles qui y séjournent.

Voici une courte description des ces douze régions, avec leur nom et leur déesse protectrice:

 

1ère heure : Grande cité (Net-Ra) ; déesse qui décapite les ennemis de Râ. Lors de cette étape, Râ porte une tête de bélier et se nomme "chair".


2ème heure : Champ d'Ouernes; déesse sage gardienne de son seigneur. Durant cette heure Râ s'impose comme juriste en établissant le droit des dieux des céréales sur les terres.

 

3ème heure : Champ des dieux des céréales, eaux d'Osiris (Net-neb-ua-kheper-aut); déesse qui tranche les âmes. A ce moment Râ redonne naissance à Osiris.

 

4ème heure : Grotte de la vie des formes (Ankhet-Kheperu) ; déesse de grande puissance. Râ se retrouve devant la porte des passages conduisant aux enfers et qui est gardée par des dieux serpents. Cette porte mène aussi au corps de Sokaris et au tombeau d'Osiris.

 

5ème heure : Grotte de Sokaris ; déesse qui est dans la barque. La barque solaire se retrouve face à un mont d'où émerge une tête dite "chair d'Isis qui est aux dessus du sable du pays de Sokaris". Quatre têtes cracheuses de flammes gardent le cœur du mont. En ce lieu tout symbolise la mort. Râ en sort victorieux.

 

6ème heure : Eaux profondes (Metchet-mu-nebt-tuat) ; déesse meneuse experte. L'histoire indique l'arrêt de la barque solaire devant le dieu Thot dépeint sous les traits d'un babouin tenant dans ses mains un ibis sacré. Râ prend l'aspect d'un cadavre pour observer Khépri prisonnier d'un serpent à cinq têtes.

 

7ème heure : Ville de la grotte mystérieuse ; déesse qui éloigne le serpent. Râ assiste à l'exécution des adversaires d'Osiris et à la capture d' Apophis qui tente en permanence d'avaler le dieu solaire afin de rendre le monde au chaos. Nécropole d'Osiris (Naref).

 

8ème heure : Villes des sarcophages du dieu (Tebat-neteru-s); déesse maîtresse de la nuit. Des emblèmes de la puissance de Râ au nombre de neuf le précèdent pour pénétrer dans la 8ème heure. Ils détruisent les ennemis du dieu solaire. Ils ont l'aspect de bâtons à tête humaine et sont armés d'un couteau. A cette étape, de nombreux dieux Zoomorphes se manifestent sans attaquer Râ.

 

9ème heure : Ville des manifestations vivantes (Best-Aru-Ankhet-Kheperu) ; déesse adoratrice. Râ croise douze cobras cracheurs de feu, gardiens d'Osiris.

 

10ème heure : Ville des eaux profondes et des rives escarpées (Metet-qa-utchebu) ; déesse qui décapite les rebelles. Cette heure évoque le commencement de la résurrection du dieu solaire. Douze dieux le précèdent et garantissent sa sécurité. Râ leur ordonne de détruire ses ennemis dans l'ombre.

 

11ème heure : Ville du décompte des cadavres (Re-en-qerert-apt-khatu); déesse étoilée qui éloigne les rebelles. Râ assiste au châtiment des rebelles prisonniers plongés dans un puits où ils sont découpés en morceaux par le couteau d'une déesse. Horus leur indique qu'ils ne reverront plus jamais la terre.

 

12ème heure : Grotte de la fin des Ténèbres, ville de la beauté de Râ incarnée (Kheper-khekiu-khau-Mestu) ; déesse qui voit la naissance. La barque solaire qui transporte Râ pénètre dans la queue d'un serpent géant qui recrache le dieu sous forme du scarabée Khépri. Il monte alors dans sa barque diurne qui lui fait parcourir les douze heures du jour.

 

Il parcourt ainsi les deux royaumes diurne et nocturne et parfois s'arrête dans son palais du ciel, appelé Akhet, pour y recevoir des courtisans et le pharaon, en compagnie de Maât.

 

Les différents aspects du soleil : Il existe une multitude de divinités solaires, mais elles sont toutes des aspects de Râ. En voici quelques unes :

 

Khépri : soleil naissant.

Harakhty : soleil au zénith.

Atoum : soleil couchant.

Horus de Behedet : soleil au zénith.

Aton : disque solaire.

Harpra : jeune soleil.

Horkhentikhet : soleil matinal.

Harmakhis : soleil de l'aube et du crépuscule.

Api : son images symbolise les deux étapes majeures de la course du soleil.

Auf-Râ : soleil de la nuit.

Grand chat d’Héliopolis : forme que prend Râ pour terrasser Apophis.

 

Les défenseurs de la barque contre Apophis: Durant son voyage, Râ est escorté des étoiles et de divinités qui le défendent contre les nuages et surtout contre les serpents Apophis. Voici les principaux défenseurs de la barque solaire :

 

Seth, considéré comme le fils adoptif de Râ, est le principal défenseur de la barque solaire.


Méhen est l'entité contraire d'Apophis. Il représente le serpent bénéfique, protecteur de la barque nocturne. Ant et Abdyu sont deux poissons mythiques qui nagent à côté de la barque solaire, dans son parcours nocturne, en chassant dans l'eau tout être malin.

 

Horus tient le gouvernail de la barque.

 

Râ est généralement accompagné des trois premiers dieux créés, Sia (la perception), Houb (la parole) et Heka (la magie) et d'autres dieux notaires comme Shou, Geb, Oupouaaout, Osiris et Thot.

 

Parfois des déesses, notamment Hathor et Isis, font partie du voyage.

 

 

Une légende raconte, qu'un jour Apophis parvint à manger le soleil et que donc il devait faire nuit pour toujours. Mais Bastet, sous la forme d'une lionne, alla attaquer Apophis qui finit par être vaincu et qui dut rendre le soleil. Cependant elle avait eu les crocs si près de Râ, qu'elle avala un peu de sa chaleur et de sa lumière, qu'elle transmit à ses descendants, les chats. Depuis, leurs pupilles se rétractent pour former des ronds lumineux comme Râ. De leur pelage à peine effleuré s'échappent des étincelles et ils recherchent toute chaleur. Ainsi Bastet est souvent représentée avec un poignard dans la patte, coupant la tête Apophis. Cette légende, très peu connue, explique le phénomène de l'éclipse.

 

La nuit, c'est Pasht, divinité lunaire à tête de chat, qui veille sur le soleil endormi pour le protéger d'Apophis qu'elle maintient sous sa patte.

 




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Rédigé par orange8454

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