pretre

Publié le 13 Septembre 2012

 

C’était vers l’année 1230. L’armée des Croisés, déjà épuisée par la maladie et les privations, venait d’essuyer une sanglante défaite, près de Gaza en Palestine.

Parmi les nombreux prisonniers chrétiens capturés par les infidèles, figurait Cunon de Linange, sire de Réchicourt, un brave chevalier lorrain qui s’était à plusieurs reprises vaillamment distingué dans les combats dans les troupes du duc de Lorraine.

Il fut conduit dans une ville inconnue et jeté au fond d’un cachot sans lumière, profond et malodorant, en attendant que le duc eût versé sa rançon.

Pieds et points liés par de lourdes chaînes, il n’avait comme ami que les rats de sa cellule.

De nombreuses années s’écoulèrent. Le prisonnier voyait les jours se succéder sans qu’un signe de sa libération n’apparut.

Sa barbe, qui avaient poussé abondamment ; lui donnaient un visage affreux, hideux à voir, où les yeux seuls avaient conservé quelque chose d’humain.

Il se sentait abandonné et oublié de tous.

Il invoquait Saint-Nicolas afin qu’il lui vienne en aide.

Chaque soir, avant de s’assoupir, il adressait au saint patron de la Lorraine une prière implorante et s’endormait sur des rêves d’évasion.

Or, le 5 décembre 1240, il pria saint Nicolas avec plus de foi et de ferveur que les autres jours.

Quelque chose lui disait que la fin de ses malheurs était proche.

Il s’assoupit et soudain se réveilla en grelottant de froid.

Où se trouvait-il  donc ?

En effet, au-dessus de sa tête, il apercevait les étoiles, les étoiles qui scintillaient et qu’il n’avait plus vues depuis 10 ans. Il regarda autour de lui.

Etait-ce un rêve ?... Les murs de sa prison avaient disparu.

Il sentait sur son visage un vent vif et glacial.

Il se leva et vit qu’il était couché sur les marches de l’église de Saint Nicolas de Port, en Lorraine, à quelques lieues de chez lui

. Le grand saint, exauçant sa prière, l’avait miraculeusement transporté pendant son sommeil sur le parvis de ce sanctuaire.

Fou de joie et de reconnaissance, il voulut entrer dans l’église, mais elle était fermée.

Il n’attendit pas longtemps, car un prêtre arriva bientôt pour dire le premier office. Voyant cet être hirsute, couvert de haillons, le prêtre recula de frayeur.

« N’ayez aucune crainte », lui dit alors le malheureux, je suis Cunon de Réchicourt. Saint Nicolas m’a sauvé.

« Ce n’est pas possible », dit le prêtre.

Mais Cunon lui tendit son sceau, marqué aux armes de Réchicourt et de Lorraine. Alors, le prêtre le reconnut et s’écria :

« Dieu soit loué ! » c’est donc vrai.

Il fit aussitôt sonner les cloches à toute volée.

Toute la population accourut pendant l’officie les chaînes que le prisonnier portait encore, tombèrent toutes seules, les lourds anneaux de fer s’écartèrent d’eux-mêmes et roulèrent avec fracas sur les dalles de l’église.

Ainsi voilà comment Cunon de Réchicourt retrouva t-il la liberté.

 


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Baouefrê se leva pour parler et dit : " Je vais faire que Ta Majesté puisse avoir connaissance d'une autre histoire merveilleuse, qui est arrivée au temps de ton père, le roi Snefrou, juste de voix, et qui fut le fait du prêtre-lecteur en chef Djadjaemankh … quelque chose qui n'était encore jamais arrivé…

Un jour, le roi Snefrou parcourait toutes les pièces de son palais royal, à la recherche de quelque distraction et ne la trouvait point. Il dit alors : " Allez et amenez jusqu'à moi le prêtre-lecteur en chef, le rédacteur des livres sacrés, Djadjaemankh ". Il lui fut amené sur le champ. Sa Majesté lui dit alors : " J'ai parcouru toutes les pièces du palais royal - qu'il soit vivant, prospère et en bonne santé ! - à la recherche de quelque distraction, et ne l'ai point trouvée. " Djadjaemankh lui répondit : " Que Ta Majesté procède donc vers l'étang du Palais royal. Là, on équipera pour toi une barque avec toutes les jolies filles qui appartiennent aux appartements privés de ton palais. Alors le cœur de Ta Majesté ne cessera de se divertir, tandis que tu les contempleras en train de ramer de ci, de là. Tu pourras voir aussi le bonheur des nids que recèle ton étang, tu verras les champs qui le bordent et ses fourrés heureux ; et ton cœur sera distrait à cause de tout cela ". - (Le roi :) " Je vais assurément organiser une partie de bateau. Que l'on m'apporte vingt rames faites de bois d'ébène et recouvertes d'or ; leurs poignées seront en bois de santal, recouvert d'or fin également. Qu'on amène aussi vingt femmes, dont le corps soit des plus beaux, que soit belle aussi leur poitrine, et bien tressée leur chevelure, des femmes que l'accouchement n'a point encore ouvertes ; qu'on leur donne, en même temps, vingt résilles, après qu'elles auront déposé leurs vêtements. " Et l'on agit conformément à tous les ordres qu'avait prononcés Sa Majesté.

Les voilà donc qui se mettent à ramer de ci, de là, et le cœur de Sa Majesté était heureux de les voir ainsi. Soudain, l'une d'entre elles, qui était à l'arrière du bateau, se mit à tresser sa natte ; et une boucle d'oreille, en forme de poisson, faite de turquoise neuve, tomba dans l'eau ; alors la jeune fille ne bougea plus, s'arrêtant même de ramer, et ses compagnes de rang firent de même. Sa Majesté dit : " Pourquoi ne ramez-vous plus ? " Elles répondirent : " C'est que notre 'commandant' s'est arrêtée ". Sa Majesté dit alors à celle-ci : " Pourquoi ne veux-tu plus ramer ? " Elle répondit : " Ma boucle d'oreille faite de turquoise neuve est tombée dans l'eau… " Sa Majesté : " Je te la remplacerai ". La jeune fille : " C'est celle-ci que j'aime et non sa semblable ". Sa Majesté dit alors : " Que l'on amène jusqu'à moi le prêtre-lecteur en chef Djadjaemankh " ; il lui fut amené aussitôt. Sa Majesté lui dit : " Djadjaemankh, mon frère, j'ai agi conformément à ce que tu m'as dit, et le cœur de Ma Majesté s'est diverti à contempler ces rameuses. Mais la boucle d'oreille, faite de turquoise neuve, appartenant au 'commandant', est tombée dans l'eau ; celle-ci s'est alors arrêtée, ne voulant plus ramer. Le trouble a gagné ses compagnes de rang. Je lui ai dit : " Pourquoi ne veux-tu plus ramer ? " Elle m'a répondu : " C'est que ma boucle d'oreille faite de turquoise neuve est tombée dans l'eau ". Je lui ai dit : " Rame donc. Vois, je te la remplacerai. Mais elle m'a dit alors qu'elle préférait celle-ci à une autre semblable ".

Alors le prêtre-lecteur en chef, Djadjaemankh, prononça les formules magiques qui étaient de sa connaissance. Il put alors placer la moitié de l'eau de l'étang sur l'autre moitié et il découvrit la boucle d'oreille gisant sur un fragment de roche ; il la prit et la rendit à sa propriétaire. Quant à l'eau de l'étang, qui mesurait primitivement douze coudées de profondeur en son centre, sa profondeur devint de vingt-quatre coudées après qu'elle eut été renversée (une moitié placée au-dessus de l'autre). Puis Djadjaemankh, à nouveau, prononça les formules magiques de sa connaissance et rétablit l'eau de l'étang en sa situation antérieure.

Sa Majesté, ensuite, passa un heureux jour en compagnie de toute la maison royale - puisse-t-elle être vivante, prospère et en bonne santé !- et il récompensa le prêtre-lecteur en chef Djadjaemankh au moyen de toutes sortes de belles et bonnes choses.

Vois, ceci est une histoire merveilleuse qui est arrivée au temps de ton père, le roi de Haute et Basse Égypte, Snefrou, juste de voix, et qui fut le fait du prêtre-lecteur en chef, rédacteur des livres sacrés, Djadjaemankh ".

Alors la Majesté du roi de Haute et Basse Égypte, Kheops, juste de voix, dit : " Que l'on donne en offrande mille pains, cent cruches de bière, un bœuf et deux mesures d'encens à la Majesté du roi de Haute et Basse Égypte, Snefrou, juste de voix. En même temps, que l'on donne un pain, une cruche de bière et une mesure d'encens au prêtre-lecteur en chef, rédacteur des livres sacrés, Djadjaemankh, car j'ai pu constater un exemple de son savoir magique ". Et l'on agit conformément à tout ce que Sa Majesté avait ordonné. ( Textes sacrés et textes profanes de l'Ancienne Égypte II, Mythes, contes et poésies, Traductions et commentaires par Claire Lalouette et préface de Pierre Grimal p. 175-177).


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Rédigé par orange8454

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