Publié le 13 Septembre 2012

Il y a de cela bien longtemps, en Anatolie, un chef nomade et sa femme n'arrivaient pas à avoir d'enfant. Leur tristesse rejaillissait sur toute la tribu, et celle-ci se déplaçait, encore et encore, en espérant qu'elle finirait par trouver un endroit propice.

Enfin, au bout de sept années d'errance, l'épouse du chef tomba enceinte et un fils naquit. Pour la première fois de son histoire, la tribu resta au même endroit quarante jours et quarante nuits : ce fut une fête mémorable où toutes les autres tribus passèrent pour rendre hommage au nouveau-né et à ses parents.

Au matin du quarantième jour, même les plus grandes réjouissances ayant une fin, il fallut reprendre la route. Les nomades arrivèrent bientôt dans une forêt profonde, effrayante, où le vent se mit à souffler en tempête. Malgré ses efforts pour rester groupée, la tribu dut se disperser, et chacun de ses membres se retrouva seul pour lutter contre les éléments. La tribu se reforma petit à petit à la sortie de la forêt. Tout le monde semblait être là, mais on s'aperçut que le berceau du nouveau-né, porté à dos de chameau, était vide.

Lorsque la tempête se fut calmée, la tribu retourna dans la forêt. L'enfant demeura introuvable, mais on découvrit en haut d'un arbre, dans un nid d'aigle, la couverture qui l'avait enveloppé. Le tissu était déchiré, taché de sang. Folle de douleur, la mère se mit à courir dans tous les sens en hurlant. Elle disparut au cœur de la forêt en jurant qu'elle n'en ressortirait pas sans son fils.

Le chef ordonna que l'on recherche sa femme mais, comme pour son fils, cela ne donna aucun résultat. Certains des nomades revinrent quand même lui dire que, parfois, quand le vent se mettait à souffler, on entendait un chant désespéré qui s'élevait pour se lamenter de la perte d'un enfant.

Ecrasé de douleur, le chef décida de partir seul pour retrouver sa femme et son fils. La tribu attendit longtemps, très longtemps, à la sortie de la forêt, mais lui non plus on ne l'a jamais revu. On dit que dans cette forêt maudite, on peut toujours entendre le chant de la mère cherchant son fils, un chant si beau et si triste qu'encore aujourd'hui les femmes de la tribu se le transmettent de génération en génération, de mère en fille.


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Un jour la litre dit à la biche :

 

- Chère voisine, je descends jusqu’au fleuve pêcher quelques poissons. Auriez-vous l’obligeance de surveiller mes petits jusqu’à ce que je revienne ?

 

- Mais certainement, chère amie. Je m’occuperai d’eux avec plaisir jusqu’à votre retour.

 

Sur cette promesse la loutre s’en va, confiante. Quelques heures plus tard elle revient avec une charge de poissons. Mais que ne voit-elle pas ? Son gîte dévasté ses petits foulés aux pieds et expirants ou morts. Elle se précipite chez la biche.

 

- Ah ! ma voisine, je suis désolée de ce qui arrive, mais vous savez à quel point j’aime danser. En votre absence, la fauvette s’est mise à chanter et quand j’entends ce chant délicieux je perds l’esprit et ne peux m’empêcher de danser. En dansant sans faire attention, j’ai marché sur votre nid et j’ai écrasé vos petits.

La loutre alla en pleurant porter plainte au prophète Suleyman, prince des animaux. Elle conta son chagrin. Le prophète fait immédiatement comparaître la biche à son tribunal.

 

- Est-ce bien toi qui as dévasté le nid de la loutre et écrasé ses petits ?

 

- Oui, majesté, mais je ne l’ai pas fait exprès.

 

- Et comment oses-tu soutenir cela ?

 

- Votre puissante majesté sait que je ne peux pas me retenir de danser quand chante la fauvette.

Je les ai écrasés sans les voir.

 

Le prophète Suleyman fit appeler la fauvette.

 

- Est-ce toi qui as joué un air de danse ?

 

- Oui, majesté, parce que j’y était obligée.

 

- Comment donc ?


- Votre haute majesté sait que je dois chanter quand le ciel s’éclaircit, pour annoncer le beau temps. Or le lézard était sorti de son trou et se promenait sur le chemin, ce qui est signe de beau temps. Il fallait donc que je chante.

Le prophète fait appeler le lézard.


- As-tu quitté ton trou aujourd’hui ?


- Oui, monseigneur, car je ne pouvais faire autrement.


- Et pour quelle raison ?


- Votre majesté sait que son humble esclave est chargé de la voirie lorsque la tortue, à qui cela incombe normalement, ne peut accomplir sa tâche. Or j’ai vu la tortue recroquevillée sous sa cuirasse, tête et pattes rentrées et plongée dans l’immobilité. Il fallait donc dien que j’aille balayer le chemin.

La tortue est citée au tribunal.


- Pourquoi t-es-tu enfermée dans ta cuirasse ?


- Parce que j’ai vu l’écrevisse marcher clopin-clopant avec toutes ses pinces opuvertes, prête à pincer qui se trouverait sur son passage.

Le prophète fait alors appeler l’écrevisse.


- Pourquoi donc marchais-tu ainsi les pinces ouvertes ?


- O majesté, je me promenais dans le ruisseau, quand j’ai failli être blessée par une épinoche qui avait sorti ses épines. Je me permets de rappeler à votre souveraine majesté que mes pinces sont mes seules armes.

 

ais en état de légitime défense.

Alors le prophète se retournant vers la loutre lui dit :

 

- A qui la faute ?

 

La loutre s’excusa et partit…

 

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #chant, #j’ai, #loutre, #majeste, #prophete

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois un marchand, si riche qu'il eût pu paver toute la rue et presque une petite ruelle encore en pièces d'argent, mais il ne le faisait pas.

Il savait employer autrement sa fortune et s'il dépensait un skilling (petite monnaie danoise), c'est qu'il savait gagner un daler (pièce de plus grande valeur).

Voilà quelle sorte de marchand c'était - et puis, il mourut. Son fils hérita de tout cet argent et il mena joyeuse vie ; il allait chaque nuit au bal masqué, et faisait des ricochets sur la mer avec des pièces d'or à la place de pierres plates.

A ce train, l'argent filait vite ... A la fin, le garçon ne possédait plus que quatre shillings et ses seuls vêtements étaient une paire de pantoufles et une vieille robe de chambre. Ses amis l'abandonnèrent puisqu'il ne pouvait plus se promener avec eux dans la rue. Mais l'un d'entre eux, qui était bon, lui envoya une vieille malle en lui disant :

«Fais tes paquets!»

C'était vite dit, il n'avait rien à mettre dans la malle. Alors, il s'y mit lui-même. Quelle drôle de malle ! si on appuyait sur la serrure, elle pouvait voler.

C'est ce qu'elle fit, et pfut ! elle s'envola avec lui à travers la cheminée, très haut, au-dessus des nuages, de plus en plus loin. Le fond craquait, notre homme craignait qu'il ne se brise en morceaux, il aurait fait une belle culbute ! Grand Dieu ! ... et puis, il arriva au pays des Turcs. Il cacha la malle dans la forêt, sous des feuilles sèches, et entra tel qu'il était, dans la ville, ce qu'il pouvait bien se permettre puisque, en Turquie, tout le monde se promène en robe de chambre et en pantoufles.

Il rencontra une nourrice avec un petit enfant.

- Ecoute un peu, nourrice turque, dit-il, qu'est-ce que c'est que ce grand château près de la ville ? Les fenêtres en sont si hautes !

- C'est là qu'habite la fille du roi, répondit-elle. Il lui a été prédit qu'elle serait très malheureuse par le fait d'un fiancé, c'est pourquoi personne ne doit aller chez elle sans que le roi et la reine soient présents.

- Merci, dit le fils du marchand.

Il retourna dans la forêt, s'assit dans la malle, vola jusqu'au toit du château et se glissa par la fenêtre chez la princesse. Elle était couchée sur le sofa et dormait. Elle était si adorable que le fils du marchand ne put se retenir de lui donner un baiser. Elle s'éveilla, effrayée, mais il lui affirma qu'il était le dieu des Turcs et qu'il était venu vers elle à travers les airs, ce qui plut beaucoup à la demoiselle. Ils s'assirent l'un à côté de l'autre et il lui raconta des histoires : ses yeux étaient les plus beaux lacs sombres sur lesquels les pensées nageaient comme des sirènes, son front était un mont neigeux aux salles magnifiques, pleines d'images.

Il parla aussi des cigognes qui apportent les mignons bébés. Quelles belles histoires ! alors, il demanda sa main à la princesse, et elle dit «oui » tout de suite.

- Mais revenez ici samedi, lui dit-elle, car le roi et la reine viennent prendre le thé chez moi. Ils seront très fiers de me voir épouser le dieu des Turcs, mais sachez leur raconter un très beau conte car ils les aiment énormément ; ma mère les veut moraux et distingués, mais père les apprécie très gais, que l'on puisse rire.

- Bien ! Je n'apporterai d'autre cadeau de mariage qu'un conte, répondit-il.

Là-dessus, ils se quittèrent après que la princesse lui eut donné un sabre incrusté de pièces d'or, et c'est cela surtout qui pouvait lui être utile.

Il s'envola, s'acheta une nouvelle robe de chambre et s'assit dans la forêt pour composer un conte. Il devait être terminé samedi, et ce n'est pas si facile. Pourtant, quand vint le samedi, c'était fait.

Le roi, la reine et toute la cour prenaient le thé chez la princesse et l'attendaient. Il fut reçu avec beaucoup de gentillesse.

- Voulez-vous nous raconter une histoire ? demanda la reine, une histoire d'un esprit profond et instructif.

- Mais qui fait quand même rire, dit le roi.

- Je veux bien, dit-il.

Et il se mit à raconter. Il y avait une fois un paquet d'allumettes, très fières de leur origine. Leur ancêtre, un grand sapin, dont elles étaient toutes nées, avait été un grand, vieil arbre, dans la forêt. Les allumettes se trouvaient maintenant sur une tablette entre un briquet et une vieille marmite de fer, et elles parlaient de leur jeunesse.

- Quand nous étions parmi les rameaux verts, soupiraient-elles, on peut dire que c'était la belle vie. C'était matin et soir thé de diamants - la rosée - toute la journée le soleil quand il brillait - et les oiseaux pour nous raconter des histoires. Et nous nous sentions riches ! Les arbres à feuillage n'étaient vêtus que l'été. Nous, nous avions les moyens d'être habillées de vert été comme hiver. Mais les bûcherons sont venus et ça a été la grande révolution : notre famille fut dispersée. Notre père le tronc fut placé comme grand mât sur un splendide navire qui pouvait faire le tour du monde, s'il le voulait ; les autres branches furent utilisées ailleurs, et notre sort, à nous, est maintenant d'allumer les lumières pour les gens du commun. C'est pourquoi nous, gens de qualité, avons échoué à la cuisine.

- Mon histoire est toute différente, dit la marmite. Depuis que je suis venue au monde, on m'a récurée et fait bouillir tant de fois ! Je pourvois au substantiel et suis réellement la personne la plus importante de la maison. Ma seule joie c'est, après le repas, de m'étendre propre et récurée sur une planche et de tenir la conversation avec les camarades. Mais à l'exception du seau d'eau qui, de temps en temps, descend dans la cour, nous vivons très renfermés. Notre seul agent d'information est le panier à provisions, mais il parle avec tant d'agitation du gouvernement et du peuple ! Oui, l'autre jour, un vieux pot, effrayé de l'entendre, est tombé et s'est cassé en mille morceaux - il a des idées terriblement avancées, vous savez !

- Tu parles trop, dit le briquet. Son acier frappa la pierre à fusil qui lança des étincelles. Tâchons plutôt de passer une soirée un peu gaie.

- Oui, dirent les allumettes. Cherchons qui sont, ici, les gens du plus haut rang.

- Non,je n'aime pas à parler de moi, dit le pot de terre, ayons une soirée de simple causerie. Je commencerai. Racontons quelque chose que chacun a vécu, c'est bien facile et si amusant.

- Au bord de la Baltique, sous les hêtres danois ...

- Quel charmant début ! interrompirent les assiettes. Nous sentons que nous aimerons cette histoire !

- Oui, j'ai passé là ma jeunesse dans une paisible famille. Les meubles étaient cirés, les parquets lavés, les rideaux changés tous les quinze jours.

- Comme vous racontez d'une manière intéressante ! dit le balai à poussière. On se rend compte tout de suite que c'est une femme qui parle ; il y a quelque chose de si propre dans votre récit.

- Oui, ça se sent, dit le seau d'eau.

Et, de plaisir, il fit un petit bond et l'on entendit « platch » sur le parquet. Le pot de terre continua son récit dont la fin était aussi bonne que le commencement. Les assiettes s'entrechoquaient d'admiration, et le balai prit un peu de persil et en couronna le pot parce qu'il savait que cela vexerait les autres, et aussi parce qu'il pensait:

« Si je le couronne aujourd'hui, il me couronnera demain. »

- Maintenant, je vais danser pour vous, dit la pincette.

Et elle dansa. Grand Dieu ! comme elle savait lancer la jambe ! La vieille garniture de chaise, dans le coin, craqua d'intérêt devant ce spectacle.

- Est-ce que je serai couronnée ? demanda la pincette.

Et elle le fut.

- Comme elle est vulgaire, pensèrent les allumettes.

C'était au tour de la bouilloire à thé de chanter, mais elle prétendait avoir un rhume et ne pouvoir chanter qu'au moment de bouillir. Ce n'était qu'une poseuse qui ne voulait se produire que sur la table des maîtres. Sur la fenêtre, il y avait une vieille plume dont la servante se servait pour écrire. Elle n'avait rien de remarquable sinon qu'elle avait été plongée trop profondément dans l'encrier, ce dont elle tirait grande vanité.

- Si la bouilloire à thé ne veut pas chanter, dit-elle, elle n'a qu'à s'abstenir. Il y a là dehors, dans une cage, un rossignol. Lui sait chanter quoiqu'il n'ait jamais appris. Il nous suffira pour ce soir.

- Je trouve fort inconvenant, dit la bouilloire qui était la cantatrice de la cuisine, qu'un oiseau étranger se produise ici. Est-ce patriotique ? J'en fais juge le panier à provisions.

- Je suis vexé, dit le panier à provisions, plus que vous ne le pensez peut-être ! Est-ce une manière convenable de passer la soirée ? Ne vaudrait-il pas mieux réformer toute la maison, mettre chacun à sa place ? Je dirigerais le mouvement. Ce serait autre chose.

- Oui, faisons du chahut ! s'écrièrent- ils tous.

A cet instant, la porte s'ouvrit, la servante entra. Tous devinrent muets. Personne ne broncha, mais il n'y avait pas un seul petit pot qui ne fût conscient de ses possibilités et de sa distinction.

« Si j'avais voulu, pensaient-ils tous, cela aurait vraiment pu être une soirée très gaie. »

La servante prit les allumettes et les gratta. Comme elles crépitaient et flambaient !

- Maintenant, tout le monde voit bien que nous sommes les premières. Quel éclat ! Quelle lumière ! Ayant dit, elles s'éteignirent.

- Quel charmant conte, dit la reine. Je croyais être à la cuisine avec les allumettes. Oui, tu auras notre fille.

- Bien sûr, dit le roi, tu auras notre fille lundi.

Ils le tutoyaient déjà puisqu'il devait entrer dans la famille. Le mariage fut fixé. La veille au soir toute la ville fut illuminée, les petits pains mollets et les croquignoles volaient de tous côtés, les gamins des rues se tenaient sur la pointe des pieds, criaient « Bravo ! » et sifflaient dans leurs doigts. Une belle soirée !

« Il faut aussi que je fasse quelque chose de bien », pensa le fils du marchand.

Il acheta des raquettes, des fusées, des pétards et tous les feux d'artifices imaginables. Il les mit dans sa malle et s'envola dans les airs. Pfutt ! Quelles gerbes et quels crépitements tombaient du ciel ! Tous les Turcs sautaient en l'air, leurs pantoufles volant par-dessus leurs oreilles. Ils n'avaient jamais rien vu de si beau. Ils étaient bien persuadés que c'était le dieu des Turcs lui-même qui allait épouser la princesse.

Aussitôt que le fils du marchand fut redescendu dans la forêt, il se dit :

« Je vais aller en ville pour savoir comment tout s'est passé en bas, et ce qu'on a pensé de mon feu d'artifice».

Et c'était assez naturel qu'il fût curieux de le savoir. Non ce que les gens pouvaient en dire ! chacun avait vu la chose à sa façon, mais tous l'avaient vivement appréciée.

- J'ai vu le dieu des Turcs en personne, disait l'un, il avait des yeux brillants comme des étoiles et une barbe comme l'écume de la mer.

- Il portait un manteau de feu, disait l'autre, les anges les plus ravissants montraient leur tête dans ses plis.

Tout cela était fort agréable ! - et le lendemain, le mariage devait avoir lieu. Il retourna dans la forêt pour remonter dans sa malle. Où était-elle donc ?

Elle avait brûlé ; une étincelle du feu d'artifice y avait mis le feu et la malle était en cendres. Il ne pouvait plus voler, il ne pouvait plus se présenter devant sa fiancée.

Elle l'attendit toute la journée sur le toit de son palais. Elle l'y attend encore, tandis que lui court le monde en racontant des histoires, mais elles ne sont plus aussi amusantes que celle des allumettes.

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Rédigé par orange8454

Publié dans #fut, #grand, #histoire, #malle, #pouvait

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y a de cela bien longtemps, une femme n'avait toujours pas eu d'enfant de son mari après cinq ans d'union. Soucieux de sa descendance, l'homme décida de prendre une deuxième épouse. Il partit s'installer dans une autre maison avec sa nouvelle femme, à l'autre bout du village, laissant à son malheur celle qu'il soupçonnait d'être stérile.

Folle de chagrin dans sa grande maison vide, la première épouse alla voir un "usta", un tailleur de pierre, pour qu'il lui sculpte un bébé qu'elle pourrait chérir et adorer comme un enfant né de son ventre. L'artisan s'exécuta, et la femme rentra chez elle avec sa petite statue.

Durant des mois et des mois, elle s'occupa du bébé de pierre comme de son propre enfant, le couchant dans son berceau, l'habillant, le tenant près de son sein. Elle le berçait avec des chants qui pleuraient sa solitude et le départ de son mari.

Elle fit tant et si bien qu'un matin, elle découvrit un vrai bébé au fond du berceau, un bébé de chair et de sang qui remuait et pleurait. Elle courut chercher son mari qui, comblé, revint au foyer accompagné de sa seconde épouse qui elle aussi avait eu un fils.

On dit que l'homme s'occupa jusqu'à sa mort de ses deux épouses, on dit aussi qu'il arriva bien des aventures aux deux demi-frères, l'un né de la pierre et l'autre né de la chair, mais tout ceci est une autre histoire...

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y a bien longtemps, il était une fois trois petits lapins qui vivaient heureux dans un trou profond, avec leurs parents. Quand ils eurent atteint l’âge d’un mois leur père les réunit et leur dit :

 

- Petits, faites bien attention à ce que je vais vous dire.

 

Trois paires de longues oreilles se dressèrent.

 

- Vous avez aujourd’hui un mois et vous êtes d’âge désormais à vous débrouiller tout seuls. Notre terrier devient trop petit et il faut songer à faire de la place pour vos frères qui naîtront à l’avenir. La loi veut que vous partiez, que vous creusiez chacun votre trou et que vous fondiez un foyer. Quand je suis parvenu à l’âge d’un mois j’avais moi aussi quitté le trou paternel. Tâchez de vous établir dans le voisinage, nous nous verrons souvent.

 

Les lapereaux firent leurs adieux et s’en allèrent. Le premier d’entre eux, tout en trottant allègrement, se disait à lui-même :

- je ne suis pas fait pour vivre ainsi sous la terre. Je m’ennuyais à la fin dans cette caverne obscure où je vivais avec mes parents. Le temps est si beau. Je vais me bâtir une cabane dans le plus beau taillis, près de la prairie où je pourrai aller brouter à ma fantaisie, et j’y ferai des fenêtres pour regarder le paysage quand je me reposerai ».

 

Ainsi fit-il. Amassant feuilles, mousses, branchages et ronces sèches, il se bâtit une fort belle cabane et y prit un repos réparateur. Puis il alla déjeuner d’herbe fraîche dans la prairie. Comme il faidsait la sieste, il sentit venir l’ennemi héréditaire, celui que sa famille et lui avaient appris à fuir du plus loin, le renard. Il se leva prestement et décampa au plus vite sans écouter les paroles mielleuses du rusé.

 

- Petit lapin, ne t’enfuis pas de la sorte, je ne te veux aucun mal, mais seulement causer quelques minutes avec toi.

 

- Perfide renard, tu voudrais me manger mais tu ne m’attraperas pas.

 

Et de se réfugier dans sa cabane.

 

Mais quand le renard, qui l’avait suivi à la trace, vit le nid de branchages, il ne put retenir un éclat de rire. En quelques secondes la maison du petit lapin fut éventrée, dévastée et le pauvre petit périt sous la dent cruel victime de son inexpérience et de sa présomption.

 

Le second des lapins était parti de son côté.

 

« je sais bien ce que je vais faire, j’en ai assez de vivre dans des trous noirs et obscurs, je vais me faire un nid dans le creux d’un arbre. »

 

Et ramassant çà et là de la mousse et de la paille, il se fit un joli nid semblable à un nid d’oiseau. Puis, il alla brouter dans la prairie voisine. Brusquement, il vit surgir le renard ; aussitôt il s’enfuit et se réfugia dans son nid où il n’offrait pas un obstacle suffisant à la dent du méchant. En quelques minutes il était saigné et dévoré.

 

Le troisième lapin était parti chercher fortune non loin de là, dans un petit bois du voisinage.

 

« je me creuserai, pensait-il un trou encore plus profond que celui de mes parents, d’entrée encore plus étroite et tortueuse ».

 

Il se mit avec ardeur à la tâche et se construisit en quelques jours un terrier profond et bien protégé où il se logea.

 

Un jour qu’il était allé flâner dans la rosée du matin, le renard l’aperçut et se mit à sa poursuite. Mais le petit lapin se réfugia dans son trou et se moqua du renard qui ne pouvait y pénétrer. Celui-ci attendit quelque temps devant l’entrée, puis dépité, s’en alla.

 

Ainsi fut sauvé le dernier des petits lapins pour s’être montré plus intelligent que ses frères et avoir compris que son père ne les avait pas élevés sans raison dans un trou obscur plutôt qu’à la lumière du soleil et que la jeunesse ne doit pas mépriser la sagesse de ses pères…

 

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #lapin, #nid, #petit, #renard, #trou

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