Publié le 13 Septembre 2012

Quelque part dans les plaines d'Anatolie, un berger travaillait pour un riche propriétaire. Les jours s'écoulaient, paisiblement, il gardait ses moutons en jouant de la flûte, et la vie suivait son cours.

Un jour, la fille du propriétaire vint à passer près du troupeau. Le berger sentit l'amour fondre sur lui tel l'aigle sur le mouton. Il passa le reste de la journée à jouer de la flûte en hommage à la beauté de la jeune femme, et à se lamenter sur leur différence de statut social qui empêcherait tout mariage. Il confia sa tristesse à son mouton préféré, le seul dont la laine était noire comme les plumes du corbeau, en lui disant qu'il serait le plus heureux des hommes s'il n'avait ne serait-ce qu'une mèche de cheveux de sa bien-aimée.

La fille du propriétaire, qui s'était cachée derrière un buisson pour s'enivrer du son de la flûte, entendit les déclarations du berger. Et le lendemain, il trouva sur son chemin une longue mèche de cheveux sombres enroulés autour d'une rose rouge. Dès lors, les deux jeunes gens s'aimèrent et se retrouvèrent jour après jour dans les plaines, jusqu'à ce qu'ils décident d'avouer leur idylle au propriétaire.

L'homme commença bien sûr par refuser une telle union, mais lorsque sa fille déclara que le berger était le meilleur musicien du royaume, il décida de lui faire subir une épreuve. Pendant trois jours et trois nuits, on ne donna pas une goutte d'eau aux moutons de son troupeau. Et lorsque vint le matin du quatrième jour, on lui demanda d'empêcher les bêtes d'aller boire au ruisseau par la seule force de sa musique.

Au début, indifférents au musicien, les moutons se dirigèrent vers le cours d'eau. Mais lorsque la mélodie se fit de plus en plus plaintive, désespérée, on vit le mouton noir changer de direction et se rapprocher de son berger pour l'écouter jouer. Les autres moutons suivirent, un par un, et finalement aucun d'eux ne s'abreuva avant que le son de la flûte se soit éteint.

Le propriétaire dut tenir sa parole et promettre sa fille au berger, mais il fixa la date des noces au printemps suivant, lorsque le jeune homme serait revenu des pâturages d'hiver. Et tandis que le promis travaillait au loin, il organisa le mariage de sa fille avec le fils d'un riche marchand des environs. On ne sait pas vraiment comment le berger eut vent de cette traîtrise, mais on dit que le mouton noir n'y fut pas étranger... Toujours est-il qu'il revint en ville le jour des noces, au moment où la fête commençait.

Les serviteurs refusèrent tout d'abord de le laisser passer, car il n'avait aucun cadeau pour la mariée. Mais il sortit alors sa flûte et déclara qu'il avait sa musique à offrir. Il joua un morceau si triste, si poignant, que tous ceux qui étaient là, béats d'admiration, s'écartèrent pour qu'il s'approche du cortège. Sentant que la situation lui échappait encore une fois, le propriétaire lança le cortège au galop. Le berger, qui s'avançait lentement au milieu de la route, perdu dans sa musique, fut piétiné par la horde de chevaux. La jeune femme, horrifiée, poussa un cri strident et tomba de sa monture avant d'être piétinée à son tour.

On les enterra côte à côte, sur une colline surplombant les plaines. Un rosier blanc poussa sur la tombe du berger, et un rosier rouge sur celle de sa fiancée. Et l'on raconte que pendant de nombreuses années, on vit de temps en temps un mouton noir qui grimpait la colline, et qui respirait les roses avant de rejoindre son troupeau...

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Rédigé par orange8454

Publié dans #berger, #jour, #mouton, #noir, #proprietaire

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Publié le 13 Septembre 2012

Trois voleurs aperçurent un jour un paysan qui s’en allait à la ville sur son âne, pour vendre au marché un mouton qu’il avait attaché à la queue de sa monture et qui avait une clochette au cou. L’un des voleurs ayant parié qu’il volerait le mouton, un autre déclara qu’en ce cas il volerait l’âne. Quant au troisième voleur, il affirma que si les deux compères réussissaient dans leur entreprise, il volerait, quant à lui, les habits du bonhomme.


Aussitôt dit, aussitôt fait. Le premier voleur s’approche doucement du paysan par derrière, dénoue la clochette du cou du mouton et l’attache à la queue de l’âne ; puis il s’en va avec le mouton. Le second voleur laisse passer quelques minutes puis il s’approche du paysan.


- Eh ! l’homme, dit-il pourquoi donc as-tu attaché une clochette à la queue de ton âne ?


Le paysan se retourne et voit que le mouton a disparu.  Il descend immédiatement de sa monture et se met à chercher par tout l’animal. Dès qu’il s’est un peu éloigné, il ne reste plus au deuxième voleur qu’à s’en aller avec l’âne.


Alors le troisième voleur se dépêche de courir jusqu’au puits qi se trouvait non loin de là sur le bord de la route. Il se penche sur la margelle et fait semblant quand le paysan arrive, de regarder vers le fond du puits. Quand le paysan lui demande s’il n’a pas vu son mouton, il lui répond qu’en reflet il a vu de loin quelque chose qui ressemblait à un mouton sauter dans ce puits. Aussitôt notre homme se déshabille et descend dans le puits pour chercher son mouton. Le troisième voleur s’empare des vêtements du paysan et s’en va en toute tranquillité. Quand notre homme sortit du puits, il ne lui restait ni vêtements, ni âne, ni mouton.


C’est dans cet état qu’il arrive tout nu et comme fou à la ville voisine. En entrant dans la ville la première personne qu’il voit est la femme du cadi qui regardait par sa fenêtre.


- D’où viens-tu donc dans cet état ? Que t’est-il arrivé ?


Notre homme affirma qu’il arrivait de l’enfer où il s’ennuyait ; or le frère de la dame, venait de mourir.


- Tu viens de l’enfer, n’y as-tu pas vu mon pauvre frère ?


- Certes, je l’ai vu, les démons le battaient sans trêve du matin au soir ; il m’a justement envoyé à vous pour que vous le délivrer.


La femme du cadi à ces mots fait immédiatement monter le paysan et lui donne tout l’argent qu’elle peut trouver. Notre homme s’en va délivrer le frère de la dame.


Quand le cadi peu de temps après, rentre à sa demeure, il trouve sa femme en larmes. Son épouse lui raconte les souffrances de son frère en enfer. Le cadi en fureur saute sur son cheval et se met à la poursuite de ce vagabond à demi nu qui n’a pas dû aller bien loin.


Il aperçoit dans un coin du marché un individu à demi nu qui cherche à se dissimuler et le voit ouvrir la porte du minaret de la grande mosquée pour s’y cacher. Notre paysan s’était caché juste derrière la porte ; le cadi monte sans le voir et le bonhomme sortant en hâte de la mosquée monte sur le cheval du cadi et s’enfuit.


Le cadi en redescendant du minaret ne trouve plus sa monture et rentre tout penaud à la maison.


Sa femme l’attend à la porte.


- Qu’as-tu fait de ton cheval ?


Alors le cadi répond :


- Ton frère est sauvé de l’enfer, mais pour qu’il ne remonte pas à pied, je lui ai envoyé aussi mon cheval…

 


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Près du Palais ou chaque matin le Pharaon Sesostris recevait les plaintes de ses sujets et rendait la justice, vivait un pauvre tisserand, du nom de Khounare. Il travaillait tout le jour à l'ombre de son figuier, avec entrain et sérieux.

 

Mais l'étoffe de chanvre qu'il tissait était rude et sa faim si grande qu'il acceptait de vendre ce tissu aux paysans pour une "bouchée de pain ". Pour autant il ne se plaignait jamais de son sort : bien au contraire il louait les dieux de lui obtenir régulièrement de la besogne et de lui préserver jeunesse et santé pour vivre pleinement la condition assignée par le destin.

 

Or, en plein hiver, il remarqua pour la première fois que son figuier portait des fruits. Il en compta dix, disséminés dans la ramure : aussitôt il remercia le dieu Ré de ce cadeau inattendu et se remit a sa tâche quotidienne sans se troubler ni se divertir d'un pareil événement.

 

L'un des jours suivants, Tehouti, fils d’Asari, paysan du domaine de Pharaon, habituellement un peu plus attentif au courage et au talent de Khounare que la plupart des autres clients du tisserand, s'arrêta près du figuier ; comme à chaque fois qu'il venait commander une toile, il s'interrogea sur l'efficacité de la dernière crue du Nil pour la récolte annuelle des céréales.

 

Pendant cette conversation, le tisserand remarqua vite l'air plus soucieux que d'ordinaire de son client ; il s'enquit alors de la cause d'un visage aussi sombre ; l'autre se confia aussitôt, comme soulage de pouvoir partager sa détresse : son unique fille, Baîti, était son seul soutien pour cultiver son champ et tenir sa maison, depuis le décès déjà lointain de son épouse, et voilà qu'elle se mourait d'une mauvaise fièvre, après avoir pris froid dans un vent plus glacial que de coutume.

 

Sans connaître la jeune femme, Khounare sentit de la compassion pour elle et son père. Il chercha rapidement ce qu'il pourrait trouver pour leur apporter son aide ; machinalement, il tourna la tête vers le feuillage de son figuier et vit que l'une des dix figues découvertes la semaine précédente semblait mure à point.

 

Immédiatement, il se lève, la cueille et la tend au paysan : " Offre-la à ta fille, afin qu'elle goute quelques derniers plaisirs avant de mourir. Et si elle vit encore par la grâce de Thot dont la magie divine permet les guérisons, reviens demain en chercher une autre qui devrait à son tour être parvenue à maturité".

 

Heureux et reconnaissant du cadeau, le fellah s'en fut sans tarder. De retour chez lui, il déchira précautionneusement de menus lambeaux du fruit précieux pour les glisser au fur et à mesure entre les lèvres desséchées de sa fille, inconsciente, qui n'avait plus mangé depuis quatre jours et régurgitait l'eau pure dont Tehouti avait tenté de la désaltérer; sans se décourager, il poussa entre les dents qui claquaient mécaniquement chaque morceau de chair violette et parfumée, avec l'espoir qu'il fondrait pour régénérer le corps exsangue de la mourante. A la deuxième bouchée, les violents frissons qui tordaient la malheureuse cessèrent soudain.

 

Le fellah continua l'opération, puis resta debout, immobile, à veiller sa chère fille en invoquant le secours d’Horus, roi des vivants ; il suppliait aussi le père de ce dernier, Osiris, souverain des morts, d'attendre encore avant d'attirer Baîti dans son royaume. Ces prières parurent exaucées puisque la malade, après une légère déglutition, poussa un profond soupir et tomba dans le sommeil.

 

Le lendemain des l'aube, Tehouti courut auprès de Khounare, qui se réjouit du mieux-être procuré par la première figue.

 

De jour en jour et de figue en figue , l'état de la jeune fille ne cessa de s'améliorer : sa respiration fut régulière et paisible , libérée du râle rauque de l'agonie, le deuxième jour; le troisième, elle murmura " mon père " en ouvrant les yeux avec un sourire ; elle retrouva des couleurs généralisées le quatrième ; le cinquième, elle put tendre la main vers celle de son père en balbutiant merci ; elle mastiqua le fruit avec gourmandise le sixième jour et le septième, elle attend le fellah assise sur sa couche, toute rose et les yeux vifs : elle lui ouvre les bras, puis glisse elle-même derrière ses dents la septième figue, plus charnue et plus parfumée que les précédentes, avant de déclarer la bouche pleine qu'elle se sent revivre, prête a se lever.

 

Oui, mais voilà, depuis le quatrième jour, devant l'amélioration de la sante de sa fille, le paysan n'avait pu taire sa joie ni sa reconnaissance pour le tisserand : il en avait parle à ses voisins les plus proches, qui à leur tour avaient transmis les bonnes nouvelles dès qu'elles leur parvenaient.

 

Hélas, le bonheur ne préserve pas des méchants ni des envieux ! Le chef des pourvoyeurs de Pharaon, Marouitensi, eut vent de cette convalescence et de la possession par un vulgaire tisserand de dix figues prodiguant leur pulpe juteuse et sucrée en plein hiver : " Comment ? Ce gueux n'a même pas propose ces fruits au Pharaon, selon la bienséance ? Il les a gardé pour une souillon, une fille de basse classe ! Quel sacrilège ! La dégustation exceptionnelle revenait de plein droit à Sesostris et à son entourage.»

 

Khounare fut donc arrêté et jeté dans une geôle souterraine, tandis que les trois magnifiques figues restant sur l'arbre étaient cueillies et portées a Pharaon au nom de l'intendant Marouitensi, qui, en remerciement de son cadeau original et apprécié, reçut une bourse bien remplie.

 

Pourtant, tous n'oublièrent pas le tisserand : Tehouti et ses voisins constatant son absence anormale et la disparition des trois dernières figues, interrogèrent en vain les soldats de garde ; alors ils se réunirent et bâtirent un projet pour sauver Khounare. Ils décidèrent de s'asseoir à terre devant l'entrée du palais; l'intendant constata avec fureur qu'on ne livrait plus ni fruits ni légumes pour son maitre. Les paysans se laissèrent trainer par les soldats dans la poussière de l’esplanade, mais ne reprirent pas le chemin de leur champ ou jardin. Bientôt, sur l'ordre de Marouitensi gonflé de rage, les manifestants solidaires furent à leur tour enfermés dans des cachots, sauf Tehouti qu'un pressentiment avait poussé à se plaquer contre le mur extérieur du palais, à l'écart de ses compagnons, dissimulé par l'obscurité de la nuit tombante.

 

Le matin suivant, anonyme parmi les sujets venus réclamer justice au Pharaon, Tehouti pénètre dans le palais et, des que son tour survient, se prosterne devant le trône, raconte brièvement son histoire avant de présenter sa requête : que les fellahs et Khounare recouvrent leur liberté.

 

Quelques instants plus tard, devant tous les amis du tisserand, Pharaon lui rend justice, puis lui demande de quitter son figuier et ses clients paysans pour consacrer son art au tissage des parures royales.

 

Humblement, Khounare remercie Sesostris de cet honneur mais avoue qu'il préfère rester auprès de son figuier qui lui a procuré la joie d'offrir du bonheur à d'autres; il désire aussi continuer d'être à la disposition de ceux qui se sont mobilisés pour le délivrer.

 

Alors la Reine se penche à  l'oreille de son époux: elle suggère un compromis, aussitôt approuvé par Pharaon et accepté par le tisserand. On bâtirait une enceinte autour du figuier miraculeux et dans cet enclos sacré, un oratoire dédié à Ré ; Khounare en serait le gardien, abrité avec son métier à tisser dans une confortable maison de briques crues, avec terrasse ; en échange, l'artisan devrait se rendre la première moitié de chaque mois au palais ou lui serait réservée une grande salle, pour y réaliser les commandes de la Cour, généreusement rémunérées, et former des apprentis après avoir sélectionné les plus doués des adolescents pauvres de la région.

 

Ainsi fut fait.

 

Entre temps, Tehouti le fidele fut nomme chef des pourvoyeurs à la place du brutal et peu scrupuleux Marouitensi.

 

Or, quand on publia l'avis de recrutement pour l'apprentissage, Baîti voulut se présenter. Les yeux rehaussent d'un trait de khol noir, les formes juvéniles valorisées par un fourreau de lin blanc à larges bretelles et l'âme confortée par l'amulette en forme de scarabée dont le bleu brillait sur sa gorge, elle chemina vers le palais... et Khounare. La, les deux jeunes gens, inconnus l'un pour l'autre, mais déjà liés par la générosité de l'un et la maladie de l'autre, succombèrent à un coup de foudre amoureux réciproque.

 

Après leur union bénie par les prêtres de la Cour sous la bienveillante protection de Sesostris, les deux nouveaux époux se retirent et se recueillent main dans la main sous le figuier. Machinalement, ils lèvent la tête et remarquent que, de nouveau, l'arbre porte des fruits: ils en comptent vingt...

 




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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y avait, une fois, dit-on, un roi d'Égypte, pour lequel n'avait pas été mis au monde d'enfant mâle… Alors, il supplia les dieux, autour de lui, de lui donner un fils. Ceux-ci ordonnèrent de faire en sorte que l'on mît au monde pour lui. Cette nuit-là, tandis qu'il couchait avec son épouse, elle devint enceinte. Lorsqu'elle eut accompli le nombre de mois nécessaires pour la naissance, elle accoucha d'un garçon. Alors les sept Hathor s'en vinrent pour lui annoncer quel serait son destin ; elles dirent : " Sa mort viendra d'un crocodile, ou d'un serpent, ou encore d'un chien ". Les gens qui étaient aux côtés de l'enfant écoutèrent ces paroles et les rapportèrent à Sa Majesté - puisse-t-il être vivant, prospère et en bonne santé ! - Alors le cœur de Sa Majesté devint triste, au-delà de toute expression. Sa Majesté - puisse-t-il être vivant, prospère et en bonne santé ! - fit construire pour l'enfant une maison en pierre, dans le désert ; elle fut pourvue d'une domesticité et de toutes les belles et bonnes choses appartenant au palais royal - puisse-t-il être vivant, prospère et en bonne santé !... Mais l'enfant ne devait pas sortir de la maison.

Lorsqu'il eut grandi, il monta, un jour, sur la terrasse et aperçut un chien qui suivait un homme, marchant sur le chemin. Il dit au serviteur qui se tenait près de lui : " Qu'est-ce donc qui marche derrière cet homme qui s'avance sur le chemin ? " Il lui répondit : " C'est un chien ". L'enfant lui dit alors : " Fais en sorte que l'on m'amène un chien semblable ". Le serviteur alla rapporter cela à Sa Majesté - puisse-t-il être vivant, prospère et en bonne santé ! - et Sa Majesté dit : " Qu'on lui apporte un jeune chien, qui saute, plein de vie, afin que son cœur ne soit plus chagrin ". Et le chien fut apporté au jeune prince.

Après que des jours furent écoulés, et que le corps de l'enfant se fut développé, il dépêcha un messager à son père afin de lui dire : " Qu'arrivera-t-il, si je demeure ainsi ? Vois, je suis assigné à mon destin. Permets donc que j'aie le loisir d'agir ainsi que mon cœur le souhaite. Et Dieu fera de ce qui est de sa volonté ". Alors, on équipa pour lui un char, muni de toutes sortes d'armes de combat ; on plaça un serviteur à sa suite, comme compagnon, et on le fit passer sur la rive est du fleuve. On lui dit : " Poursuis maintenant ton chemin à ta guise ". Son chien était avec lui. Il voyagea vers le Nord, dans le désert, suivant son désir ; il se nourrissait de tout le meilleur gibier du désert.

Un jour, il arriva auprès du prince du Naharina. Or ce prince n'avait pas eu d'enfant, à l'exception d'une fille ; pour celle-ci, on avait construit une maison, dont la fenêtre était éloignée du sol de soixante-dix coudées. Le prince du Naharina avait fait en sorte que soient amenés tous les fils de tous les chefs du pays de Syrie, et il leur avait dit : " Quiconque, parmi vous, atteindra, en sautant la fenêtre de ma fille, celui-là l'épousera ".

Après que de nombreux jours se furent écoulés, tandis que ceux-ci se livraient à leur exercice quotidien, le jeune prince vint à passer devant eux. Ils le conduisirent jusqu'à leur maison, le lavèrent, donnèrent de la nourriture à son attelage et l'oignirent, bandèrent ses pieds et donnèrent des aliments à son compagnon. Puis ils lui dirent en manière de conversation : " D'où viens-tu, bel adolescent ? " Il répondit : " Je suis le fils d'un officier du pays d'Égypte. Ma mère étant morte, mon père prit une autre femme, qui devint ma belle-mère. Celle-ci, peu à peu, me haït, et je partis pour la fuir ". Alors ils le prirent dans leurs bras et le baisèrent sur tout le corps.

Après d'autres jours nombreux, il dit aux jeunes gens : " Mais que faites-vous donc ? " Ils répondirent : " Cela fait trois mois que chaque jour nous sommes ici, passant notre temps à sauter ; car celui qui atteindra la fenêtre de la fille du prince du Naharina, celle-ci lui sera donnée comme épouse ". Il leur dit : " Ah ! si mes pieds n'étaient pas douloureux, j'irais moi aussi pour sauter avec vous ". Ils s'en allèrent alors pour sauter, selon leur habitude de chaque jour, tandis que le jeune prince se tenait debout, éloigné et les regardant. Alors le visage de la fille du prince de Naharina se tourna vers lui.

Après quelque temps, le jeune prince s'en vint afin de sauter avec les enfants princiers. Il sauta donc et il atteignit la fenêtre de la fille du prince de Naharina. Elle le baisa et l'embrassa sur tout son corps. Alors, on alla informer son père en lui disant : " L'un des jeunes gens a atteint la fenêtre de ta fille ". Le prince questionna ainsi : " De quel chef est-il le fils ? " On lui répondit : " C'est le fils d'un officier qui est venu du pays d'Égypte, fuyant devant sa belle-mère ". Le prince de Naharina fut alors extrêmement furieux, et dit : " Vais-je donner ma fille à ce fuyard égyptien ? Faites en sorte qu'il s'en retourne ". On alla dire à celui-ci : " Repas donc vers le lieu d'où tu es venu ". Mais la jeune fille le saisit alors et elle fit un serment au nom de Dieu, disant : " Aussi vrai que dure Rê-Horalkhry, si on enlève loin de moi ce jeune homme, je ne mangerai plus, je ne boirai plus et je mourrai dans l'heure ". Le messager partit pour rapporter à son père toutes les paroles qu'elle avait prononcées. Celui-ci envoya des gens pour tuer l'adolescent à l'endroit où il se tenait. Mais la jeune fille dit : " Aussi vrai que dure Rê, si on le tue, quand se couchera la lumière divine, je mourrai. Je ne passerai pas une heure, pas une heure de plus que lui ". On alla de nouveau rapporter ces propos à son père. Alors celui-ci fit en sorte que l'on amenât l'adolescent en sa présence en même temps que sa fille… La dignité du jeune homme fut sensible au prince ; celui-ci le prit dans ses bras, le baisa sur tout son corps et lui dit : " Parle-moi de ta condition, car, vois tu es désormais pour moi comme un fils ". L'adolescent lui répondit : " Je suis le fils d'un officier du pays d'Égypte. Ma mère étant morte, mon père prit une autre femme, qui devint ma belle-mère. Celle-ci peu à peu me haït et je partis pour la fuir ". Alors le prince lui donna sa fille ; il lui donna une maison et des terres cultivables, en même temps que des troupeaux et toutes sortes de belles et bonnes choses.

Quelque temps après cela, le jeune homme dit à son épouse : " Je suis promis à trois destins : le crocodile, le serpent, le chien ". Elle lui dit aussitôt : " Fais donc tuer le chien qui te suit ". Mais il répondit : " Ce serait une folie. Je ne permettrai pas que l'on tue mon chien, que j'ai élevé depuis qu'il était petit ". Alors, elle devint vigilante pour son époux, extrêmement. Elle ne lui permettait pas de sortir seule et de s'éloigner.

Or, le jour où l'adolescent s'en était venu du pays d'Égypte, dans son errance, le crocodile que lui avait assigné le destin … l'avait suivi ; il se trouva juste avant lui, dans la ville où résidait le jeune homme … et se tint dans l'Eau. Or il y avait dans cette Eau un Esprit divin et puissant ; il ne permettait pas au crocodile d'aller au-dehors, et le crocodile ne permettait pas que l'Esprit divin et puissant sorte pour se promener. Quand à l'aube brillait la lumière divine, les deux adversaires se dressaient pour combattre, et cela chaque jour, depuis une durée de trois mois.

Quelque temps encore après cela, un jour, le jeune homme s'assit pour passer, dans sa maison, une heureuse journée. Après que fut venue la douce brise de la nuit, il s'allongea sur son lit et le sommeil s'empara de son corps. Son épouse emplit un bol avec du vin, un autre avec de la bière. Un serpent sortit alors de son trou dans l'intention de mordre le jeune homme ; son épouse était assise à son côté, mais elle ne dormait point. Les bols attirèrent le serpent, qui but et devint ivre ; puis il s'allongea, ventre en l'air. Alors l'épouse le fit mettre en pièces au moyen de sa hache. On réveilla son mari… Elle lui dit : " Vois, ton dieu a placé un de tes destins dans ta main ; il veillera encore sur toi… " Il fit désormais des offrandes à Rê, l'adorant et exaltant sa gloire, pendant le cours de chaque jour.

De nombreux jours encore après cela, le jeune homme sortit pour se promener, se divertissant dans son domaine. Son épouse ne sortit pas avec lui, mais son chien l'accompagnait. Celui-ci, alors, se mit à parler et dit : " Je suis ton destin ". Alors l'homme courut devant lui, il atteignit l'eau et s'y jeta… Le crocodile le saisit et l'emporta jusqu'à l'endroit où se tenait habituellement l'Esprit divin et puissant ; mais celui-ci n'était pas là. Le crocodile dit alors au jeune homme : " Je suis ton destin, qui t'ai suivi jusqu'ici. Durant les trois mois écoulés jusqu'à ce jour, j'ai combattu avec l'Esprit divin et puissant. Or, vois, je suis prêt à te libérer. Mais si cet Esprit vient pour combattre, tu me prêteras assistance et tu le tueras… ". Lorsque la terre s'éclaira, un second jour étant venu, l'Esprit divin et puissant s'en revint…

(Là s'arrête le manuscrit.) (Textes sacrés et textes profanes de l'Ancienne Égypte II ,Mythes, contes et poésie, Traductions et commentaires de Claire Lalouette, préface de Pierre Grimal, Connaissance de l'Orient, Gallimard, P. 181-185)


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Au temps du roi Zeser, de la troisième dynastie, la vice-roi de Nubie était un homme de noble naissance nommé Meter. Il résidait à Eléphantine et il était chargé d'administrer toutes les propriétés appartenant au dieu Khnoum. le dieu Khnoum était un dieu très puissant et très riche, le maître des sources du Nil, dont les prêtres seuls connaissaient le lieu. Ils disaient que le Nil sort d'un gouffre, creusé par les eaux tourbillonnantes entre deux immenses rochers pointus : Crophi et Morphi. Il y a là un abîme si profond que la sonde attachée à un câble long de plusieurs milliers de brasses n'en touche pas le fond.

Dans la dix-huitième année de son règne, le pharaon Zeser fit venir au vice-roi Meter une missive qui contenait ceci :

"Cette lettre est destinée à t'informer des calamités qui sont tombées sur moi depuis que je suis assis sur le trône de la Terre-Entière, et qui pèsent aussi sur tous mes amis et sur tous mes sujets. Mon cœur douloureux est grandement affligé, parce que depuis sept saisons les eaux du Nil n'ont pas monté à la hauteur accoutumée ; depuis sept ans, nous n'avons vu ni les eaux vertes ni les eaux rouges. La terre est restée sèche et stérile : une boue noire cuite au soleil, une croûte fendillée d'où ne sort aucune herbe verte ; les arbres sont couverts de poudre, leurs feuilles sont enduites d'une épaisse poussière collante. La récolte n'a donné que quelques pauvres grains, les jardins sont desséchés : ni herbes ni légumes. Tout ce qui sert à l'homme pour sa nourriture a disparu de la surface de la terre.

Le paysan affamé va voler chez son voisin. Tous les pauvres gens voudraient s'en aller ailleurs chercher leur vie, mais, comme ils sont épuisés, ils n'ont même plus la force de marcher. Les petits enfants gémissent et meurent ; mes jeunes gens trébuchent de faiblesse ; le cœur des vieux est brisé de douleur, leurs jambes flageolent, ils gisent à demi évanouis sur le sol, pressant de leurs mains leur estomac vide.

Les fonctionnaires sont impuissants et ne savent quel conseil donner. Quand on ouvre les greniers publics qui devraient contenir des réserves, on n'y trouve rien que des courants d'air !Tout est en ruine sur la Terre-Entière.

Je me remémore le temps du bonheur, le temps où j'étais bien conseillé. Alors, chaque année, le dieu envoyait ses eaux fécondantes ; je voyais les hommes et les enfants patauger dans la boue liquide, les bœufs s'abreuver, les insectes pulluler, les oiseaux picorer et boire et le poisson Fabreka, qui gît le ventre en l'air, engraisser les ventres affamés. Ah ! c'était le temps des dieux, de Thot, le dieu-ibis qui se pose sur les eaux, le temps du grand prêtre Imoithis, le fils de Ptah ; alors tout était prospère et mes sujets nageaient dans l'abondance et aussi mes amis qui vivent auprès de moi dans la Grande Maison.

Je te prie de m'envoyer des renseignements. Où est la source du Nil ? Quel dieu en est le maître ? Que sais tu sur ce dieu ? Car c'est de lui que notre vie dépend, c'est lui qui entasse le grain dans les greniers. S'il ne nous bénit plus, nous périrons tous.

Je désire aller consulter la grande prêtre de Thot à Hermopolis : sa bénédiction fortifie tous les hommes et les soutient dans leur désespoir. Je souhaite de pénétrer dans la bibliothèque de temple de Memphis "La Maison de Vie", je veux saisir de mes mains les rouleaux de papyrus couverts d'écriture afin de les déchiffrer. Je veux lire les livres sacrés, les méditer et découvrir la signification de toutes ces choses mystérieuses."

Lorsque le vice-roi Meter eut lu attentivement la royale missive, il s'empressa de se mettre en route pour rejoindre le Pharaon. Dès qu'il fut près de lui, il commença d'instruire le roi. Il répondit dans la mesure où il le pouvait aux questions posées par Sa Majesté, lui donna des informations sur la crue du Ni et il lui répéta tout ce que les hommes savants ont écrit sur ce sujet. et il prit les livres, et il lui lut les passages importants, et il l'aida à déchiffrer les passages difficiles, et il lui expliqua les passages obscurs. Car les ancêtres de Pharaon n'avaient consulté ces livres qu'à la hâte et, depuis le temps lointain où Râ avait régné en personne sur l'Egypte, jamais ces choses n'avaient été exposées ni expliquées à aucun des rois, car jamais encore le Nil n'avait connu la secheresse.

Le vice-roi Meter dit au Pharaon : "Il est une ville sur le fleuve d'où le Nil semble tirer son existence. C'est une très ancienne ville qui remonte à la naissance du monde : Abou. On l'appelle la cité du commencement, et c'est par là que se trouve, loin, loin, vers le sud, le pays qui est la terre créée avant toute autre. Il y a une longue suite de marches, un escalier ; c'est là que le Seigneur Râ s'est reposé quand il eut fait les premiers hommes. C'est par là que sont les deux cavernes d'où jaillissent les deux rivières qui sont les sources du Nil. De cet endroit provient toute chose bonne pour l'Egypte. La grande inondation qui noie la Terre-Entière vient de là : l'eau monte à une hauteur de vingt-huit coudées tandis qu'à Hermopolis les eaux dépassent rarement sept coudées.

Voila comment cela se passe : le dieu Nil se lève, rajeuni par un long repos dans les cavernes où il a retrouvé ses forces. Il piétine le sol de ses sandales, il tire les verrous, ouvre toutes grandes les deux portes par lesquelles l'eau s'échappe : elle coule, et bientôt la nappe verte couvre les champs et les jardins de la Terre-Entière et alors les hommes se réjouissent à l'idée des futures récoltes.

Le dieu Nil vit sous le nom de Shou il tient le compte de tout ce que produit l'Egypte afin de vérifier si chacun a la part qui lui revient. Il garde la corde pour mesurer les champs et le registre des propriétaires. il habite une maison de bois, tournée vers le sud-est, la porte est faîte de roseaux et le toit de branches d'arbres.

Alentour sont les montagnes de roches et de pierres où les carriers s'en vont avec leurs outils chercher les pierres avec lesquelles les maçons construisent les temples des dieux, les palais des animaux sacrés, les statues et les pyramides des morts : c'est la pierre d'Abou qui ne se détruit jamais.

Dans le sanctuaire, les hommes pieux offrent aux dieux des sacrifices de toutes sortes et les dons parfumés qui embaument l'air sont présentés à la face de Khnoum et à Osiris et à Isis, et à Horus et à Nephtys. Dans les chambres secrètes et scellées s'entassent les trésors, les pierres précieuses : l'or et l'argent, le cuivre et le fer, la lapis-lazuli, l'émeraude, le cristal, le rubis et l'albâtre, et les graines de plantes qui produisent l'encens, et tout ce que les hommes reconnaissants offrent chaque automne au dieu qui les a comblés."

Ainsi le vice-roi enseignait à Pharaon les choses essentielles sur la vie de son royaume. Alors Pharaon voulut aller lui-même en pèlerinage au temple de Khnoum.

Là après avoir prié, il s'endormit et crut, dans son rêve, voir le dieu et s'entretenir avec lui.
"J'ai pénétré dans le temple : les gardiens des livres ont dénoué le cordon qui les attache et ils les ont déroulés, et ils me les ont montrés.

J'ai été purifié par l'aspersion des eaux bénites et j'ai aperçu le dieu Khnoum, debout, en face de moi, et j'ai essayé de l'apitoyer en lui faisant de grands présents : je l'ai prié, et je l'ai supplié.

Il a daigné entrouvrir les paupières et son cœur ù s'est penché vers moi, et du haut de sa grandeur majestueuse, il a laissé tomber ces paroles : "Je suis Khnoum, le dieu créateur. Mes deux mains ont ramassé de la terre, et ont façonné le corps de l'homme tel qu'il est, tel que tu es. Je t'ai fait des membres solides, et je t'ai donné ton cœur.

Mais l'homme est un ingrat. Elles gisent encore dans les carrières, dans les profondeurs de la terre, depuis des éternités, les pierres qui auraient dû être taillées pour me construire un temple. Rien n'a été fait pour réparer les demeures sacrées des dieux. Tu peux les voir : tombées en poussière et en ruines.

Il faut croire que les hommes et les rois ignorent que moi, le créateur, le tout-puissant, je suis le maître qui donne la santé. C'est moi le plus grand, le père de tous les dieux, le maître de la Terre-Entière. Les deux moitiés du ciel sont ma demeure ; c'est moi qui verse l'eau du Nil pour que le fleuve s'écoule, qu'il inonde les champs cultivés et que cette eau les fertilise, qu'elle donne la vie à tout ce qui respire partout où elle va et jusqu'où elle va.

Je ferai monter les eaux du Nil pour toi, et il n'y aura pas d'année stérile. Elles s'écouleront et couvriront les champs à la joie générale. Les plantes, les herbes foisonneront, l'épi fléchira sous le poids du grain, les arbres plieront sous la charge des fruits, le figuier, le grenadier, l'abricotier ; la pomme du lotus éclatera et on fera avec ses graines, pour toi, Pharaon, le si délectable pain de Lys.

La déesse des récoltes présidera et partout la récolte sera cent mille fois plus abondante parce que chaque année, les eaux monteront de plus en plus haut et iront de plus en plus loin.

Ton peuple sera comblée, chacun recevra bien au-delà de sn propre désir. La disette disparaîtra et on ne déplorera plus le vide des greniers. Toute l'Egypte sera en terres cultivées ; les régions seront jaunes à cause des blés mûrs et ces blés seront de bon grain. La fertilité de la Terre-Entière dépassera les souhaits du fellah et sera plus grande qu'on ne l'a jamais vue."

A la parole prometteuse de récolte abondante, le roi s'éveillera et dans son cœur le courage et l'espérance remplacèrent le découragement et le désespoir d'auparavant.

Pharaon quitta le sanctuaire du dieu et, tout de suite, publia une ordonnance : il faisait au temple une donation magnifique, des terres, des champs, des trésors. Ils établissaient des lois qui obligeaient chaque fellah à servir une redevance aux prêtres. Les pêcheurs et les chasseurs devaient leur porter du poisson et du gibier. Chaque jour, un veau sur dix devait être apporté au temple pour y être offert en sacrifice. Les autorités devaient laisser passer en franchise les dons destinés à Abou : or, ivoire, ébène, pierres précieuses, épices, bois rares. Et le roi ordonna que cet édit fût copié avec soin sur une stèle déposée dans le sanctuaire au pied d'une image de Khnoum.

Et à tout manant qui passait par là, Pharaon ordonna de saluer le dieu, de se prosterner et de s'abstenir de cracher, sous peine d'être bien rossé à coups de corde pour apprendre la politesse et le respect qu'on doit au dieu Khnoum, au Nil bienfaisant et nourricier.

Et depuis cette entente entre Khnoum et le Pharaon, pas une fois le Nil n'a cessé d'envoyer au printemps le flot des eaux vertes, puis le flot des eaux rouges ; trois mois durant, la terre s'imbibe d'humidité féconde, les prés rient, les rives fleurissent, les hommes sont dans la joie, car en prévision de la bonne récolte tout ventre se réjouit, toute dent broie sur la terre d'Egypte, don du Nil ; Nil, que les hommes révèrent et adorent comme le Seigneur des bonnes nourritures.

Marguerite Divin


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Rédigé par orange8454

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