Publié le 13 Septembre 2012
La femme du hodja vient se lamenter auprès de son époux.
- Crois-moi, ma patience est à bout. Vois cet enfant, effendi. Il ne sait ni dormir ni se taire. Reprend-il son souffle ? C’est pour crier de plus belle. Je n’en puis plus.
- Femme, je vais te venir en aide. Prends ce livre dans ta main. Retourne près de l’enfant et tourne les pages à côté de lui.
- Quoi ? Faut-il que, par –dessus le marché, mon époux se gausse de moi ? Sa femme est plongée dans les soucis, lui plaisante. Ah ! mon Dieu, que je suis malheureuse !
- Mon Dieu, mon Dieu ! Quelle engeance curieuse que ces femelles. Ecoute donc ce que je dis. Tu peux me faire l’honneur de croire que je parle en connaissance de cause.
- Très bien. J’écoute et j’obéis. Apporte le livre.
O miracle ! Le remède agit immédiatement sur l’insomnie du bébé. La femme du hodja en reste toue stupéfaite.
- Hodja, il dort. Comment cela se peut-il ? Il y a là-dessous quelque sorcellerie.
- Ne t’inquiète pas. Les vertus soporifiques de ce livre, c’est à la mosquée que je les ai apprises. Quand j’en tire la matière de mes leçons au peuple, il ne reste dans l’assemblée personne qui ne dorme bientôt à poings fermés.
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