Publié le 13 Septembre 2012

Un certain jour, dans un village, une femme noire sortit pour ramasser du bois, elle avait finit de rassembler son fagot, lorsqu'elle aperçut, courant dans sa direction, trois tahenchit féroces et affamées. Lâchant son bois, invoquant Dieu, la femme grimpa dans l'arbre le plus proche.

Egratignée par les épines du tawat sauveur, elle regarda les trois fauves qui, gueule écumante, faisaient le siège de l'arbre.

La journée passa, vint la nuit. Les fauves semblaient dormir, la femme en avait bien envie aussi, mais chaque fois qu'elle s'assoupissait, elle frôlait de peu la chute. Ce qui devait arriver arriva.

Elle succomba de sommeil et tomba. En s'effondrant, elle poussa un hurlement, puis un autre strident encore lorsqu'elle toucha le sol au milieu des tahenchit " rendez chacun votre morceau" cria-t-elle, en cachant sa tête dans ses bras.

Mais les tahenchit, effrayées par les cris et les bruits de chute, s'étaient enfuies vers le désert. La femme en fit autant vers le village.



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Rédigé par orange8454

Publié dans #bois, #femme, #noire, #tahenchit, #trois

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Publié le 13 Septembre 2012

C’est l’histoire d’un chacal, d’un hérisson et d’un lion qui s’associèrent pour la culture d’un champ. S’étant mis d’accord, ils labourèrent, moissonnèrent, vannèrent et enfin s’apprêtèrent à partager la récolte. Quand le boisseau fut apporté, on pria le chacal de procéder à la mesure.

Ayant acquiescé, il s’empara de la boisson et se mit à mesurer : "Voilà une part pour moi, annonça-t-il, en voilà une pour tonton lion, et une pour tonton hérisson..."le lion lui envoya un coup de patte qui lui arracha la peau du crâne.

Alors le hérisson lui enleva le boisseau ; "Mais tu ne sais pas mesurer", s’exclama-t-il, et il ajouta : "Le partage, c’est pas comme ça que ça doit se passer" puis, prenant la mesure, il commença ainsi :"En voilà une pour tonton lion, en voilà deux pour tonton lion, en voilà trois pour tonton lion, en voilà quatre pour tonton lion, en voilà cinq pour tonton lion, en voilà six pour tonton lion, en voilà sept pour tonton lion, en voilà huit pour tonton lion et en voilà une pour moi et une pour toi, chacal."

"Mais qui donc, s’exclama le lion, t’a inculqué de si bonnes manières ? "

"Ça, dit le hérisson, c’est ce bon chacal avec son crâne en sang"

Moralité : il faut savoir apprendre des erreurs des autres


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Rédigé par orange8454

Publié dans #chacal, #herisson, #lion, #mesure, #tonton

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Publié le 13 Septembre 2012

L'on raconte qu'aux temps anciens, il était une jeune femme très belle, aussi belle que la lune. Et cette femme, les nuits de pleine lune, se fardait, peignait et parfumait ses longs cheveux, revêtait ses habits les plus riches, se parait de tous ses bijoux et sortait.
Pour mieux découvrir le ciel, elle gagnait une hauteur. Et là, elle levait son visage resplendissant vers la lune et lui demandait :
Qui de nous est la belle, Ô lune, qui de nous est la belle ? Et la lune lui répondait :
Toi et moi sommes également belles, mais la fille que tu portes en toi nous passera en beauté. Et la jeune femme se lamentait et maudissait l'enfant qui était dans son sein.

Pendant des mois, elle se tourna ainsi vers la lune pour lui demander :
Qui de nous est la belle, Ô lune, qui de nous est la belle ? Et chaque fois la lune répondait :
Toi et moi sommes également belles, mais la fille que tu portes en toi nous passera en beauté.
Au terme de sa grossesse, elle mit au monde une fille à la chevelure d'or, une fille aussi belle que lune en plein ciel. On l'appela Jedjiga : Fleur. Chaque jour augmentait sa beauté. Les voisines disaient à sa mère :
Certes, belle tu l'es. Mais la beauté de ta fille éclipsera la tienne.

Et la jeune femme, en entendant ses mots, sentait le poignard de la jalousie la transpercer. Elle se dit dans son cœur :
Lorsque cette enfant sera devenue adolescente, nul ne me regardera plus.
L'enfant avait huit ans. Elle était pleine de vie et de grâce. Sa mère lui dit un soir :
Demain, nous mettrons sur le métier une grande couverture. Nous irons planter les montants dans la campagne. La voisine nous accompagnera.

Au matin, elle prit deux montants bien solides et une grosse pelote de laine. Elle appela la
voisine et toutes deux partirent emmenant la fillette. Elles laissèrent le village loin derrière elles et atteignirent une colline. Elles s'arrêtèrent. La mère dit alors à l'enfant :
Nous allons enfoncer les montants dans la terre. Toi, tu feras courir la laine entre nous. Te voici grande, tu pourras bien tenir la pelote ?

La mère savait bien ce qu'elle faisait. La fillette se mit à faire courir la laine.
Plus vite ! Plus vite ! lui dit sa mère.
La pelote était lourde. Elle s'échappa des mains de l'enfant et se mit à rouler.
Cours et rattrape-la ! Cria la mère.

L'enfant s'élança. La mère coupa le fil et la pelote roula plus vite, encore plus vite, entraînant Jedjigha vers le ravin. Puis brusquement, la pelote disparût.

La fillette la chercha vainement dans les ronces et les buissons. Revenir en arrière ?... Elle avait perdu son chemin. Alors elle marcha au hasard sur ses petites jambes. Elle marcha longtemps, elle marcha jusqu'à l'orée de la forêt. C'est alors qu'elle découvrit, à demi-masquée par une épaisse végétation, l'entrée d'une caverne. Elle se fraya un passage et entra. La caverne était profonde. Lorsqu'elle eut fait quelques pas et qu'elle se fût habituée à la pénombre, l'enfant vit, enroulé sur lui-même comme un énorme bracelet, un serpent. Elle poussa un cri. Il dressa la tête, ouvrit les yeux comme des étoiles et la regarda. Il regarda la petite fille que Dieu seul avait pu créer. La course avait rendu son visage semblable à une rose ; les épines avaient égratigné ses pieds et ses mains.

Ses vêtements étaient déchirés. Tant de beauté éblouit le serpent ; tant de grâce et de faiblesse l'émut. Il remercia Dieu dans son cœur. L'enfant tremblait. Il lui dit :
Ne crains rien, je ne te ferai aucun mal. Mais dis-moi, petite fille, ce qui t'a conduite jusqu'à moi.
Elle était sur le point de pleurer mais entendant le serpent lui parler dans un langage humain, elle se sentit rassurée. Elle lui dit :
Je tenais une pelote de laine : elle était lourde. Elle est tombée de mes mains et elle a roulé, roulé. Je l'ai suivie...Je l'ai perdue de
vue et j'ai continué à marcher jusqu'ici.

Il prit de l'eau pour lui laver le visage, les mains et les pieds. Il la fit asseoir et lui servit à manger. Elle mangea de la galette de blé et but du lait. Dans un endroit bien abrité, il lui étendit une couche et l'y conduisit pour qu'elle se reposât.
Il faut dire que ce serpent n'était pas un véritable serpent. D'abord, il avait commencé par être un homme heureux : il possédait une maison, une femme, de nombreux champs et toutes sortes de biens et de richesses. Mais une nuit, par mégarde, il marcha sur un serpent. Ce serpent le regarda, se dressa et lui soufflant son haleine au visage, lui dit :
Tu m'as écrasé. Tu deviendras serpent comme moi et tu le resteras tant que je vivrai, afin que les hommes te foulent aux pieds !

C'est ainsi qu'il fut changé en serpent. Il abandonna sa famille, sa maison et tous ses biens. Il déserta le monde et se réfugia dans la forêt. Il se rapprocha des bêtes, se mit à vivre à leur façon, à se nourrir de chair et de sang. Mais si son corps était celui d'un serpent, son cœur et son esprit étaient restés ceux d'un homme. Il n'avait fui ses semblables que dans la crainte d'être écrasé par eux. Mais la solitude lui était amère. Elle le minait. Depuis longtemps il n'avait vu l'ombre d'un être humain lorsque lui apparût la fillette. C'est pourquoi, à la vue de son visage de rose et de ses petits membres fatigués, le cœur du serpent se fondit de tendresse.

L'enfant s'était endormie. Il sortit, tua deux perdrix, cueillit des légumes et des fruits, et rentra. Il alluma le feu, mit en train le repas et alla réveiller la fillette. Il lui demanda avec douceur :
Quel est ton nom ? Quel est le nom de ton village et celui de tes parents pour que je te conduise vers eux ?
Elle répondit :
Je m'appelle Jedjiga, mais je ne sais ni le nom de mes parents ni celui de mon village.
Le serpent qui ne pouvait reparaître aux yeux des humains se tut. Il réfléchit longuement, promena ses regards autour de lui et finit par dire :
Tu resteras ici jusqu'à ce que Dieu t'ouvre un chemin. J'épouse ta faim et ta soif : tu seras mon enfant. Mais tu devras m'obéir et ne jamais dépasser le seuil de la caverne. Nous sommes ici dans le royaume des bêtes ; il pourrait t'arriver malheur si tu t'aventurais.
Le serpent l'éleva. Il fut pour elle à la fois un père et une mère. Il lui apprit à préparer les repas et à aimer l'ordre. Il la combla, l'entoura de tendresse. Elle lui obéit tant qu'elle était petite ; devenue adolescente, elle connut l'ennui. Elle eut la nostalgie du ciel, du soleil. Elle voulut découvrir le monde.

Le serpent la laissait souvent seule pour aller chasser et couper du bois : elle mit à profit ces absences. Tout d'abord elle se contenta de regarder timidement au travers des hautes herbes et des branches qui cachaient l'entrée de la caverne. Et puis elle s'aventura au dehors. Mais elle rentrait toujours avant que le serpent ne revint.

Un jour, un bûcheron l'aperçut et fut émerveillé. Comme il approchait pour la mieux considérer, elle disparut. De retour au village, il raconta son aventure à qui voulait l'entendre :
J'allais couper du bois dans la forêt lorsque je vis sortir de terre une créature, une créature... une nappe d'or la couvrait jusqu'aux pieds. La lumière qui en émanait m'éblouit. Sans doute était-ce la fée gardienne de la forêt ? Je voulus m'approcher pour voir son visage, mais elle avait déjà disparu !
Cette histoire, de l'un à l'autre colportée, arriva aux oreilles du prince qui n'hésita pas à interroger le bûcheron.

Prince, répondit le bûcheron, une créature m'est bien apparue à l'orée de la forêt. Elle était debout, contre un arbre. Etait-ce un ange, une fée ?... Son visage défiait la lumière. Une
nappe d'or l'habillait. Quand je voulus regarder de plus près, je m'aperçus qu'elle n'était plus là !
Demain, au point du jour, tu me conduiras où elle t'est apparue, dit le prince.
L e lendemain, la jeune fille finit par se montrer à l'entrée de la caverne. La nappe d'or qui l'habillait, c'étaient ses cheveux. Et c'est tout ce que virent d'elle le prince et le bûcheron qui la guettaient à travers le feuillage. Le prince décida de rester seul pour savoir si l'étrange créature était mortelle ou fée.

La jeune fille demeura longtemps sur le seuil et puis elle rentra. Peu après, le prince vit cette chose qui le stupéfia : le serpent qui avançait debout, portant des légumes, des fruits et du gibier car, lorsqu'il était chargé, il ne rampait pas ! Le serpent déjeuna, fit la sieste (c'était l'été) et sortit à la fraîcheur pour faire sa promenade. Alors, le prince put approcher de la caverne et contempler la jeune fille. Elle se tenait appuyée à un arbre, et elle portait à sa bouche des grains de raisin. Il pensa : "puisqu'elle mange, je puis l'aborder !" Il écarta les branches et lui dit en s'avançant :
Au nom de Dieu, je t'en prie, dis-moi qui tu es, créature !
Elle répondit :
Je suis un être comme toi. Je suis la fille du serpent.

Il la regarda tandis qu'elle parlait, s'émerveillant de son visage épanoui comme une rose. Il l'interrogea sur son village, sur ses parents. Elle répondit :
C'est ici, dans cette caverne, que j'ai vécu et grandi. Le serpent m'a élevée : je suis sa fille. Mais c'est à son insu que je sors. Ne va pas le lui dire, ni lui raconter que tu m'as vue surtout ! Et elle rentra.

Le prince s'en alla trouver son père ; il lui déclara :
Je veux épouser la fille du serpent.
Le roi s'indigna. Le prince tomba malade d'un grand mal. La fièvre ne le quitta ni jour ni nuit. Le roi finit par demander :
Mon fils, qu'est-ce qui te guérirait ?

Laisse-moi épouser la fille du serpent, dit le prince, et tu verras que je guérirai.
Comme le prince dépérissait de jour en jour, le roi céda. Il se rendit chez le serpent et lui dit :
Donne-moi ta fille pour mon fils.
Le serpent répondit :
Roi, il y a sept ans qu'elle est venue à moi. Je l'ai élevée comme ma fille. Elle m'est plus chère que le haut-ciel. Mais puisque, ô roi, tu la veux, la voici : je te la confie. Comble-la de présents et veille sur elle comme je l'ai fait moi-même jusqu'ici. Quant à moi, je ne te demanderai qu'une chose : une outre de sang.

Le jour où elle devait se séparer de lui pour suivre le roi à la cour, le serpent dit à la jeune fille :
Va ma fille, sois vaillante, va et ne regarde surtout pas en arrière mais toujours en avant !
Elle monta une jument toute caparaçonnée de soie et le roi l'escorta. Mais au bout d'un moment elle s'écria :
J'ai oublié mon peigne !

Elle descendit de sa monture et courut vers la caverne où elle surprit le serpent en train de se repaître de sang. Elle le vit changer d'expression. Il lui dit, tout honteux :
Ne t'avais-je pas recommandé de ne pas revenir en arrière ?...Tu t'en repentiras !
Elle s'en retourna tout effrayée vers le roi.

Elle vécut heureuse à la cour durant quelques mois. Le prince, son mari l'aimait tendrement. A la grande joie de toute la famille royale, elle mit au monde un enfant aux cheveux d'or, un enfant à sa ressemblance. Elle garda le lit quarante jours et puis, un matin, elle se leva pour se mêler à la vie de la cour. Lorsqu'elle revint vers l'enfant, il avait disparu. On le chercha partout, on remua ciel et terre pour le retrouver mais en vain.

L'année suivante, elle eut un nouvel enfant, un enfant comme le premier, à la belle chevelure d'or. Au bout de quarante jours, il disparut aussi. Le roi et la reine dirent alors à leur fils :
Remarie-toi ! Quel bien peut-il nous venir de la fille du serpent ?

Mais le prince qui mettait son espoir en Dieu répondit à la reine et au roi :
J'ai choisi Jedjiga pour elle-même et non pour les enfants qu'elle me donnerait.
La jeune princesse eut successivement sept garçons, sept garçons à la chevelure d'or qui tous, lui furent ravis quarante jours après leur naissance. Elle fut surnommée : "celle qui croque ses enfants". Mais le prince l'aimait toujours.

Huit ans s'étaient écoulés depuis que Jedjiga avait quitté la caverne du serpent pour la cour du roi quand un soir, elle dit au prince :
Demain, conduis-moi vers mon père, afin qu'il me pardonne... Il fit selon son désir.
Comme ils arrivaient près de la caverne, le prince et la princesse virent six petits garçons aux cheveux d'or qui jouaient et se poursuivaient de façon charmante. Un vieillard élevait dans ses bras le septième enfant aux cheveux d'or.

La princesse cherchait des yeux le serpent. Alors le vieillard s'avança et lui dit :
Ne le cherche pas, c'est moi. Il y a longtemps, une nuit, j'ai marché sur un serpent par mégarde. Il s'est vengé en me rendant serpent comme lui. Mais il est mort et son pouvoir sur moi est mort. Il dit encore :
Le jour où tu m'as quitté pour aller vers ton époux, je t'avais recommandé de ne pas revenir en arrière. Tu es revenue et tu m'as surpris en train de boire du sang. Tu m'as humilié et je t'ai dit : "Tu t'en repentiras".

Il tendit à la princesse le bébé qu'il avait dans les bras et se tourna vers le prince :
C'est moi, prince, qui suis venu chercher tes enfants les uns après les autres pour punir ma fille. Je les ai élevés avec tendresse, comme j'ai élevé leur mère. Sept fois, prince, tu t'es trouvé devant un berceau vide et tu n'as pas humilié ma fille. Tu l'as aimée au contraire et tu l'as protégée. Voici tes enfants... je te les rends. Et il poussa vers lui les six enfants aux cheveux d'or.
Mon conte est comme un ruisseau, je l'ai conté à des seigneurs...



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Rédigé par orange8454

Publié dans #enfant, #fille, #moi, #prince, #serpent

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Publié le 13 Septembre 2012

Dans ce conte marocain, une vipère demande des comptes à un homme et en appel au jugement des animaux, qui ne sont pas tendre avec lui. Seul le hérisson rend un jugement favorable, dont l'homme aurait bien fait de tenir compte, on le comprendra à la fin....
C'est l'histoire d'un homme qui était en déplacement. Arrivé au bord d'un ruisseau, voilà qu'il trouva une vipère.
Eh l'homme, lui dit-elle, je vous en conjure, faites moi passer.
C'est ça, ma bonne dame, fit le voyageur, je m'en vais vous faire passer et alors ne voudrez plus descendre.
Pour sûr, protesta-t-elle, je vous en vous en ferai promesse solennelle.
C'est entendu, dit-il, où vais-je vous mettre ?
Jetez-moi simplement sur votre épaule. Il la prit donc sur son épaule. Et quand il l'eut fait passer, elle ne voulut plus descendre.

Elle lui signifiait qu'elle le citait en justice :
Nous allons soumettre notre litige au chameau que voilà, lui dit-elle. Le chameau, lui, était vieux ; il ne se levait plus.
Sil me condamne à descendre, ajouta-t-elle, je descendrai ; s'il vous condamne à me porter, vous ne porterez.

Quand ils furent près du chameau, elle dit à celui-ci :
Pour ce qui est de ce fils d'Adam, partout où il me trouve, il me tue. Et vous, maintenant, comment allez-vous trancher entre nous ?
Faites- lui un nœud coulant, dit le chameau. Tant que j'étais en bonne santé et que je transportais de lourdes charges, je vivais dans l'intimité de l'homme. Maintenant que j'ai perdu la santé, eh bien vous voyez dans quel état il m'a abandonné.

Ils partirent et se rendirent auprès d'un cheval.
Voilà, lui dit la vipère, je vous ai amené cet individu, pour que vous nous fassiez justice.
Il n'y a pas d'autre justice pour lui, dit le cheval, que celle-là même que vous lui avez faite là. Au temps où j'étais en bonne santé, il m'avait confectionné une selle et une rêne brodée, et il me faisait ferrer en temps utile ;
et j'avais droit à toute sorte de fourrages et à tout ce qui me faisait besoin. Je le sauvais du milieu de l'ennemi et le ramenais dans le camp ami. Maintenant que j'ai perdu la santé, eh bien vous voyez dans quel état l'homme m'a abandonné. Serrez-lui le nœud coulant à lui en faire jaillir les yeux des orbites.

En voilà deux, dit la vipère à l'homme, à qui nous avons soumis notre différend. Chez qui voulez-vous encore aller ?
Je ne vous en demande plus qu'un seul, dit-il.
C'est entendu, accorda-t-elle, mais à quelque personne que nous nous adressions, vous trouverez dans son arbitrage les conséquences de votre comportement.

Ils se rendirent chez le hérisson.
Pour l'amour de Dieu, chef, dit l'homme, il faut que vous me rendiez justice avec cette créature. Elle m'a demandé de lui faire passer le ruisseau. Je l'ai fait. Elle ne veut plus descendre.
Vos lois ne sont pas les miennes, dit le hérisson.
Et pourquoi n'avez-vous pas les mêmes lois que nous ? demanda la vipère.
Parce que, dit-il.
Non, non, insista la vipère, prenez la décision qui vous semblera bonne, et faites nous la nous savoir.
C'est que, dit le hérisson, les gens du ciel, ceux de la terre n'ont pas à les juger.
C'est donc à moi que vous faites allusion ? demanda la vipère.
Parfaitement, dit le hérisson, si en effet vous voulez obtenir justice, il vous faut descendre à terre afin que je prononce ma sentence. Et après, vous ferez comme il vous semblera bon. Elle descendit donc.

Et maintenant, lança le hérisson à l'homme, voilà le vivant par terre et vous, vous avez la mort dans la main. Qu'est-ce que vous attendez d'autre ? L'homme aussitôt frappa la vipère et la tua.

Quand il l'eut tuée, il se pencha sur le hérisson et lui dit :
Je m'en vais t'emporter pour te donner à des gamins.
Est-ce vraiment indispensable que j'aille avec toi ? demanda le hérisson.
Absolument, dit l'homme.
Au nom du ciel, supplia le hérisson, c'est que j'ai des enfants, et tu connais bien les droits qu'ils ont sur nous. En quelque état que je les laisse, c'est ainsi qu'ils resteront. Il faut que tu m'accompagnes pour passer les voir.
D'accord, fit l'homme et il partit avec lui.

Ils arrivèrent à l'entrée d'un terrier dans lequel il y avait une vipère.
Je t'en prie, dit le hérisson, il faut que tu m'aides. C'est que mes enfants sont assez désobéissants. Il suffit que je leur dise : "Allez", pour qu'ils me fassent des difficultés pour sortir. Toi, barre-leur la route, et le premier qui sort tu l'attraperas.

Le hérisson entra dans le terrier. Quand il arriva auprès de la vipère, il mit la tête contre les pieds, se roula en boule et piqua la vipère.

L'homme, de son côté, se coucha complètement sur le ventre et se mit à observer attentivement la venue des petits du hérisson.

Quant à la vipère, dès qu'elle sortit elle tomba sur l'homme qui était là à guetter. Et vlan, elle le mordit. Le hérisson, qui la suivait, eut la surprise de constater qu'elle en avait déjà terminé avec lui.
Et voilà, s'écria-t-il, comment on joue un bon tour à quelqu'un !


 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #demande, #descendre, #herisson, #homme, #vipere

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Publié le 13 Septembre 2012

Lorsque j’étais encore toute petite fille, ma tante paternelle Aïcha, que Dieu ait son âme en sa sainte miséricorde, venait d’habitude passer la nuit chez nous la veille du Souk hebdomadaire. A la maison on attendait le jour de sa visite avec impatience. D’ailleurs, elle était toujours la bienvenue chez nous. Cette femme avait un art exceptionnel de conter, au point qu’on délaissait la télé pour le plaisir de l’écouter.

Je lui demandai un jour : "pourquoi appelle-t-on cet oiseau chauve-souris ?". Elle me répondit :

"Il y a très longtemps, le roi Salomon ("Soulaymane", en arabe) avait le don de parler aux animaux et de comprendre leur langage.

Un jour, il les convoqua tous pour les punir de lui avoir désobéi. Et pour les punir, ce puissant roi décida de déplumer tous les oiseaux...

La chauve souris fut la première à se présenter à la réunion et elle était tellement pressée qu’elle exigea qu’on la déplume sur le champ ... !

On essaya de la convaincre d’être un peu plus patiente et d’attendre l’arrivée de retardataires, mais en vain. Alors, le roi ordonna à ses serviteurs de la déplumer pour la laisser vaquer à ses besognes.

Un peu plus tard, lorsque tous les oiseaux furent réunis, ils expliquèrent à leur souverain la raison de leur désobéissance... Le roi Salomon, après mûre réflexion, leur pardonna.

C’est ainsi que la chauve souris qui était trop pressée, fut la seule à avoir été déplumée et devint chauve.

Et comme elle avait peur qu’on se moque d’elle, la chauve-souris qui était tellement honteuse, se condamna à passer sa vie cachée tant que dure le jour et à ne sortir que la nuit pour se nourrir. Elle devint alors "un oiseau nocturne."

Et c’est à partir de ce jour là que j’ai compris le sens du proverbe amazigh : "z’zarmi, zarbakh", qui veut dire : déplumez-moi, je suis pressé(e) !

Moralité :

Il ne faut pas trop se précipiter, pour ne pas avoir à le regretter. Les regrets ne servent à rien !



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Rédigé par orange8454

Publié dans #chauve, #jour, #oiseau, #roi, #souris

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