Publié le 13 Septembre 2012

L’Ormont, la montagne de l’or, dresse, fièrement son dôme chevelu au-dessus de la coquette ville de Saint-Dié.

Autrefois, le sommet de l’Ormont était habité par tout un peuple de fées et de lutins. Ceux-ci avaient pour principal officie de veiller sur un magnifique chariot, empli de pièces d’or d’une valeur inestimable. Mais ce char était aux trois-quarts immergé dans un petit étang peu profond, situé à quelques pas du sommet. On voyait seulement son timon, dont les ferrures dorées scintillaient de mille feux, dépasser légèrement le niveau de l’eau. Les lutins, propriétaires de ce trésor, avaient décidé que ce chariot et son précieux chargement appartiendraient à celui qui réussirait, à l’aide de deux bœufs blancs, à le tirer de sa fâcheuse position. Ils y avaient ajouté une condition formelle : l’interdiction absolue pour le charretier de jure, tant que dureraient les efforts des animaux. Les lutins savaient bien qu’ils conserveraient pendant longtemps encore la garde du chariot, car les paysans des environs ne pouvaient s’empêcher de jurer à tout propos, surtout quand ils conduisaient leurs bêtes. Peut-être aussi voulaient-ils leur donner une leçon, et les inviter à abandonner cette fâcheuse pratique, en mettant à un tel prix la possession du trésor.

En effet ; à plusieurs reprises, des paysans de tous âges, attirés par l’espoir des richesses, avaient tenté la dangereuse entreprise ; mais au dernier moment, leur détestable habitude les avait trahis.

Or un jour, Colin, un jeune paysan qui habitait du côté de Moyen moutier, se décida à tenter sa chance à son tour.

Il possédait dans son étable deux bœufs, à la puissante encolure, à la robe blanche comme neige de janvier, qu’il soignait avec affection. Il se promit bien de ne pas laisser échapper de juron fatal, et de ramener ainsi à sa ferme le merveilleux chariot.

Plein de courage et d’espoir, Colin montait donc les pentes de l’Ormont. De leur pas calme et puissant, els deux bœufs le suivaient, gravissant sans effort les sentiers de la montagne. Ceux-ci étaient d’ailleurs en excellent état, car il n’avait pas plu depuis plus de trois semaines.

Tout semblait donc favorable à Colin.

En arrivant au sommet de l’Ormont, le jeune paysan assez ému aperçut le timon du chariot qui se dressait à quelques pas du bord, comme le mât d’un navire englouti.

Cachés derrière les arbres, les fées et les lutins l’épièrent, le cœur battant et, voyant son air décidé et calme, chuchotèrent :

-        
En voilà un qui a bonne mine ! Peut-être réussira-t-il ?...

Colin se mit uassitôt à l’ouvrage. Il fit entrer ses bœufs à reculons dans l’eau peu profonde. Ayant à peine de l’eau jusqu’aux genoux, les bêtes obéirent docilement et Colin saisit le timon, e fit glisser sous le joug et l’attacha solidement.

Puis, il s’avança devant les bœufs et, les touchant légèrement de son aiguillon, leur cria :

-        
En avant ! Hue ! Ho ! Ho !...

A la voix de leur maître, les bêtes tendirent tous leurs muscles On entendit aussitôt un grincement de roues.

- C’est bon signe, pensa Colin.

L’attelage fit un pas en avant.

Cependant, le cœur des fées et des lutins s’étaie rapproché. Vivement intéressés, tous suivaient la tentative de l’homme. Les uns faisaient des vœux pour son succès. D’autres murmuraient :

-        
Que ferons-nous s’il réussit à tirer le chariot de là ?...

Lentement, el chariot émergeait des flots. Colin, quoique tout occupé à diriger ses bêtes, ne pouvait se retenir de l’admirer. C’était, en effet, une pièce extraordinaire, où l’or des ridelles, des cercles des roues et des rayons, voisinait avec l’ivoire et le bois précieux. Quant à son chargement, Colin ne pouvait encore l’estimer, mais en voyant les efforts que faisaient ses bêtes, il pensait fort justement qu’il était très lourd.

-         Hue ! Ho ! Ho !...

Encore un pas en avant, puis un autre, puis un troisième et le chariot fut complètement hors de l’eau.

Colin exultait.

Mais, dégagé soudain de la poussée des flots, le char se fit si lourd, si lourd que les bœufs refusèrent d’avancer.

Au surplus, les bords de l’étang, en pente assez fortement incliné, étaient boueux et le sol humide se dérobait sous les pieds des animaux.

-        
Avance ! Ho ! Ho ! Allez !...

Mais les ordres restaient sans effet.

Alors, Colin, s’approchant de ses bœufs, les encouragea, de la parole et du geste.

-        
Allez, mes bons amis, un petit effort. Ah ! le bon foin qui vous attend à la ferme ! C’est la dernière fois que nous travaillons ! Demain, nous seront riches ; Nous n’irons plus à la charrue. Vous demeurerez au pâturage, pendant toute l’année.

Et les braves bêtes, comme si elles avaient compris ses paroles et senti l’importance de l’enjeu, s’accrochèrent désespérément au sol, tous les muscles bandés, le mufle baveux.

Mais si le chariot se déplaça sensiblement, ce fut pour s’enfoncer encore un peu plus dans la fange. Déjà, il s’était embourbé jusqu’a la hauteur du moyeu.

Colin commençait à s’énerver. Voyant que les bonnes paroles ne produisaient aucun effet, il saisit son aiguillon et en excita vivement ses bœufs. Sous la menace ceux-ci tentèrent un ultime effort. Tout leur corps était en sueur et l’écume leur sortait des nasaux. Le chariot s’ébranla péniblement et se déplaça d’un mètre environ.

Mais Colin s’impatientait :

-         Fainéants § Pendards ! Gueux ! hurlait-il à ses bœufs, épuisant ainsi tout le vocabulaire d’injures qui lui fût permis.

Mais ce fut peine perdue.

L’attelage exténué ne pouvait sortir de l’ornière, qui semblait se creuser sous lui.

Hors de lui, Colin s’agitait, piquant ses bêtes sans le moindre ménagement.

Et alors… le juron fatal, qui lui brûlait les lèvres depuis cinq minutes, éclata soudain, comme un coup de tonnerre !...

Aussitôt, le merveilleux chariot s’évanouit brusquement.

On entendit encore le ricanement des méchants lutins, heureux d’avoir fait une nouvelle victime.

Nul ne sut, après cet événement, ce qu'tait devenu Colin. On ne le revit plus dans son village. Peut-être a-t-il disparu, lui aussi, emporté par le tourbillon du chariot merveilleux.

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Le Houeran, monstre imaginaire dont le nom, emprunté au patois, signifie crieur, hantait le sud des Hautes-Vosges. Il se tenait de préférence sur le Haut-du-Roc, montagne dénudée qui domine le bassin de la Moselotte, ou sur les rochers d'Urbain-Roche, au-dessus de Rochesson. Quelquefois, on l'entendait au Saint-Mont, ou en face, près de Dommartin, sur le mont qui s'élève entre la vallée de la Moselle et celle de la Moselotte, non loin du confluent des deux rivières. Il fréquentait aussi le val de Cleurie, et allait même jusqu'à Tendon. Il affectionnait les hauteurs, d'où il pouvait voir, de son œil perçant, ce qui se passait dans les montagnes et les vallées des environs, et contrôlait ainsi le territoire d'une vingtaine de communes.

Ses cris stridents: «Houe! hou hou hou! houe! hou hou hou houe ! » effrayaient surtout les ouvriers de la foret, et plus spécialement les voleurs de bois. Ces derniers opéraient généralement de nuit. Sitôt arrivés sur les lieux, ils allumaient un grand feu dans une clairière, et se mettaient à abattre les arbres de leur choix. Il n'était pas rare, alors, que le Houeran, guidé par la lueur du brasier, ne surgît dans la «coupe » en poussant ses cris lugubres.

Ceux qui l'ont vu le décrivaient ainsi: « D'une taille de géant, la barbe longue et hirsute, les yeux flamboyants, les jambes sèches et torses comme celles d'un bouc, il portait un large chapeau noir à bords rabattus, et son postérieur était une tête de bouc dont les deux cornes lui servaient pour s'asseoir près du feu. Il prenait dans ses mains des tisons ardents, sans se brûler». A son approche, les délinquants s'enfuyaient à toutes jambes, car ils craignaient moins les gardes des forêts qu'ils ne redoutaient le Houeran, fantastique, cousin du diable, des sorciers, des chasseurs maudits et autres mauvaises engeances.

Ce monstre, dont il semble que le rôle consistait uniquement à épouvanter les chapardeurs de bois, était sans doute l'ingénieux travestissement de quelque gardien de la forêt ayant compris que la peur d'un être horrible et mystérieux serait plus forte que celle du «gendarme», pour protéger les bois des nombreuses déprédations qui s'y commettaient. Les cris effrayants provenaient tantôt des grands-ducs et autres oiseaux nocturnes, tantôt du garde lui-même, expert dans l'art d'imiter la voix de ces volatiles.

Bibl.: Bammert, p. 90 ; Godat, que cite Seignolles ; Pierrot, Le Diable, Il, 48-49; Seignolles, pp. 168-169, qui cite Godat ; Thiriat, Cleurie, pp. 355-356.



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

31 - Nasredd in et le cocher

Djeha-Hodja Nasreddin  rentre chez lui, contrarié par une mauvaise journée. Et pour une bagatelle, le voilà qui se dispute avec sa femme :
- J'en ai assez, je m'en vais, je quitte la maison !
Affolée et désemparée, sa femme lui court après en demandant :
- Où vas-tu ? Dis-moi au moins où tu vas aller...
Djeha-Hodja Nasreddin claque la porte, sans répondre et s'en va. Une fois dehors, il arrête une calèche qui arrivait et s'installe sans rien dire.
- Bonjour, Djeha-Hodja Nasreddien, où veux-tu aller, lui demanda le cocher
- Comment ça, où je veux aller. Je ne l'ai même pas dit à ma femme et tu veux que je te le dise à toi !
 

32 - La grasse matinée

Djeha-Hodja Nasreddin et sa femme paressaient au lit et aucun d'eux n'avait envie de se lever.
- Kalima, dit Djeha-Hodja Nasreddin, va voir dehors s'il pleut encore.
- Non, le temps est sec, sinon tu entendrais le bruit de la pluie sur le toit.
- Alors, lève-toi pour mettre une bûche dans le feu.
- Tu ne vois pas d'ici qu'il reste encore des braises dans la cheminée ?
- Je vois que tu n'as aucune envie de te lever. Puisque tu as réussi à faire deux tâches sans sortir du lit, dis-moi comment tu comptes t'acquitter de la troisième ?
- Laquelle ?
Interrogea Kalima
- Traire la chèvre qui se trouve dans la cabane, au bout du jardin.

 

 

33 - Le potage de la belle-mère

En voyant sa femme pleurer sans aucune raison, Djeha-Hodja Nasreddin lui demanda
- Que t'est-il arrivé ?
Sa femme, séchant ses larmes, lui répondit :
- Je me suis souvenu de ma pauvre mère. Elle aimait tellement ce potage. C'est elle qui m'a appris à le faire.
Djeha-Hodja Nasreddin connaissait sa belle-mère et avait beaucoup de respect pour elle. Donc il n'a rien dit. Il a pris une cuillerée de potage et l'a avalée. Ses yeux se sont alors remplis de larmes.
- Qu'est-ce qui se passe ? Lui dit sa femme. Pourquoi pleures-tu ainsi ?
- Je pleure, dit Djeha-Hodja Nasreddin, parce que c'est toi qui aurais du être morte au lieu de ta pauvre mère.

 

 

34 -  La femme de Djeha-Hodja Nasreddin
La femme de Djeha-Hodja Nasreddin n'était facile à vivre. Elle le harcelait constamment et Djeha-Hodja Nasreddin en avait plus qu'assez. Durant un de ses sermons, il parla des épouses acariâtres et il put vider son cœur à souhait. Quand il eut fini, il se sentit mieux et demanda aux hommes de l'assistance qui avaient des femmes acrimonieuses de se lever. Tous se levèrent, ce dont il fut surpris. Un de ses amis lui dit :
- Djeha, tu es le seul à ne pas te lever ! Tu dois donc être très heureux avec ta femme !
- Oh non ! Répondit Djeha-Hodja Nasreddin. J'allais me lever avant quiconque quand j'en ai été empêché. J'ai été tellement déconcerté par le nombre de personnes concernées que mes jambes se sont mises à trembler, à tel point que je ne pouvais même plus bouger.

 

 

35 - Qui a raison ?
Une grande controverse avait divisé le village en deux. On en appela à Djeha-Hodja Nasreddin pour résoudre le problème. Sa femme l'avertit que cela pourrait se retourner contre lui. Conscient de ses responsabilités, Djeha-Hodja Nasreddin ne pouvait se dérober. Il alla à la place du marché et fit face aux villageois réunis en deux clans opposés. Le leader et quelques voix du premier groupe lui crièrent de s'assurer qu'il avait bien compris leur point de vue. Après les avoir écoutés, il leur dit :
- Vous avez raison.
Les partisans du second groupe le menacèrent de leur poing pour le convaincre de la validité de leur point de vue. Il les écouta et leur dit :
- Vous avez raison aussi.
Sa femme le tira par la manche et lui souffla qu'ils ne pouvaient pas avoir raison tous les deux.
- Tu as raison toi aussi, lui répondit-il.

 

36 - Si Dieu veut (in chaa Allah
Djeha-Hodja Nasreddin était déterminé à être plus entreprenant. Un jour, il dit à sa femme qu'il allait labourer son champ près de la rivière et qu'il serait de retour pour le dîner. Elle l'exhorta à dire "In chaa Allah" (si Dieu veut). Il lui répondit que c'était son intention, que Dieu veuille ou ne veuille pas. Horrifiée, sa femme leva les yeux au ciel et, prenant Allah à témoin, lui demanda de lui pardonner pour ce parjure. Djeha-Hodja Nasreddin prit sa charrue, y attela ses bœufs et, enfourchant son âne, s'en alla vers le champ. Cependant, suite à une soudaine et brève averse, la rivière déborda. Son âne fut emporté par le courant et, embourbé, un des bœufs eut une patte brisée. Djeha-Hodja Nasreddin dut le remplacer lui-même. Il avait fini la moitié du champ seulement quand le soir tomba. Il rentra chez lui, exténué. Il dut attendre longtemps dans l'obscurité que le niveau de la rivière baisse, pour pouvoir traverser. Il arriva vers minuit, trempé mais plus sage. Il frappa à sa porte.
Qui est là ? Demanda sa femme.
- Je pense que c'est moi, si Dieu veut.

 

37 - La gestation de sept jours
La première femme de Djeha-Hodja Nasreddin étant morte récemment, il décida de se remarier. Exactement sept jours après le mariage, sa femme donna naissance à un bébé. Hodja courut au marché, acheta du papier, des crayons, des livres et revint mettre ces objets à côté du nouveau-né. Etonnée, sa femme lui demanda :
-  Mais Effendi, le bébé n'aura aucune utilisation de ces objets pour un certain temps encore! Pourquoi cette précipitation ?
- Détrompez-vous ma chère,
répondit Djeha. Un bébé qui arrive en sept jours au lieu de neuf mois, est sûr d’avoir besoin de ces choses d’ici à deux semaines au maximum.

 

38 - Le visage revêche
Un soir, Djeha-Hodja Nasreddin rentre chez lui, fatigué, cherchant un réconfort, mais ne trouvant, pour l’accueillir, que la mine renfrognée de sa femme.
- Qu'est-ce qui ne va pas encore ? Se plaignit Hodja. C’est là toute ma récompense après une dure journée de labeur?
- Oh!
Dit sa femme, le petit garçon de notre voisin est mort. Je suis allé participer à la prière et je viens juste d’en revenir.
- Je me souviens,
répliqua Hodja, Tu as le même visage revêche que quand tu reviens d’un mariage.

 

39 - L'âge de sa femme ?
Djeha-Hodja Nasreddin est allé chez le cadi pour divorcer. Ce dernier lui a demandé le nom de sa  femme.
- Je ne sais pas, a t-il répondu
- Depuis combien d’années êtes-vous mariés?
- Depuis plus de vingt ans
- Comment se fait-il que tu ignores le nom de ta femme?
- Je n'ai jamais pensé que le mariage durerait, donc je n'ai pas fait l'effort d'apprendre le nom de la jeune mariée
. 

 

40 - Tout le monde est là !
Allant chercher des œufs au marché, Djeha-Hodja Nasreddin en ramena un.
- Comment, lui dit sa femme, que veux-tu que je fasse d'un seul œuf ! Il m'en faut une demi-douzaine ! Pourquoi fais-tu toujours les choses au compte gouttes !
Il retourna au marché et ramena cinq autres œufs. Mais, quelque temps après, sa femme tomba malade et était mal en point.
- Va vite me chercher un médecin, lui dit-elle, qu'il fit illico. Il arriva avec plusieurs personnes et dit à sa femme :
- Cette fois, tu n'auras pas de reproches à me faire car j'ai suivi ton conseil et je t'ai ramené la demie douzaine : avec le médecin, voici le pharmacien, le commerçant du bazar qui t'a apporté une bouillante pour te tenir chaud, le marchand de bois pour nous permettre de faire un bon feu dans la cheminée, l'imam qui va prier pour ta guérison et, il y a même le croque-mort, on ne sait jamais !


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

21 - La lettre

Un habitant du village a reçu une lettre, mais comme il ne sait pas lire, il demande à Nasreddin Hodja de la lire à sa place. Nasreddin doit lui avouer qu'il ne sait pas lire non plus, mais l'homme ne veut pas croire que quelqu'un de si bien habillé, avec un si beau turban, ne sache pas lire. Nasreddin s'énerve, ôte son turban et le plante sur le crâne de l'homme en lui disant que si c'est l'habit qui fait tout, alors maintenant il peut lire sa lettre lui-même !


22 - Se lever tôt

Un jour, un ami de Nasreddin Hodja essaya de le persuader que le monde appartenait à ceux qui se levaient tôt. Et pour le convaincre, il lui raconta comment, le matin même, il avait trouvé une pièce d'or sur la route.

- Tu vois, lui dit-il, si je n'avais pas été celui qui s'était levé le plus tôt, c'est quelqu'un d'autre qui aurait profité de l'aubaine !

- Mais enfin, répondit Nasreddin, ne comprends-tu pas que cette pièce a été perdue par quelqu'un qui s'est levé encore plus tôt que toi ?

La menace

Un jour, l'âne de Nasreddin Hodja fut dérobé. On vit alors notre homme se planter au beau milieu de la place du village en déclarant que si on ne lui rendait pas la bête, il serait obligé de faire ce que son père avait fait dans la même situation !

Les villageois commencèrent à discuter entre eux, mais personne ne se souvenait de ce qu'avait fait le père de Nasreddin quand on lui avait volé son âne. Craignant le pire, ils se mirent tous à la recherche de l'âne, et trois jours plus tard on retrouva les voleurs et on put rendre son âne à Nasreddin. Il y eut quand même un homme, plus courageux ou plus curieux que les autres, pour lui demander quelle avait été la réaction de son père.

- Eh bien c'est pourtant simple, répondit Nasreddin. Il en avait simplement acheté un autre !

 

23 - Le bruit et l'odeur

Un jour, un pauvre qui n'avait qu'un morceau de pain à manger le passa au-dessus d'une viande en train de cuire pour en capter le fumet. Le marchand qui faisait cuire la viande réclama un dinar au mendiant comme prix de l'odeur, mais celui-ci refusa. Les deux hommes allèrent voir Nasreddin Hodja pour les départager.

Nasreddin écouta attentivement les arguments, puis il sortit une pièce de un dinar de sa poche et la laissa tomber.

- Marchand, dit-il, as-tu entendu le bruit de cette pièce tombant à terre ?

- Oui, bien sûr.

- Eh bien considère que ce bruit de cette pièce est le paiement de l'odeur de ta viande.

La parole donnée

Un jour, le voisin de Nasreddin Hodja lui demanda de lui prêter son âne. Nasreddin répondit que la bête n'était pas là parce qu'il l'avait déjà prêtée à quelqu'un d'autre, mais à cet instant précis on entendit l'âne braire dans l'écurie.

- Tu te moques de moi, dit le voisin, ton âne est là : je l'entends !

- Très cher voisin, tu me déçois... Tu crois donc la parole de mon âne plus que la mienne ?

 

24 - La chute

Un jour, le voisin de Nasreddin Hodja se précipita chez lui en demandant quel était ce terrible bruit qu'il venait d'entendre.

- Ce n'est pas grave, dit Nasreddin, c'est juste ma femme qui a jeté ma tunique dans l'escalier.

- Et ça a fait un bruit pareil ?

- Oui... J'étais dedans.

 

25 - Nourrir son manteau

Un jour, Nasreddin Hodja fut convié à une grande réception. Mais pendant la fête personne ne fit attention à lui, c'est à peine si on lui adressa la parole. Vexé, Nasreddin rentra chez lui et revint à la fête vêtu de son plus beau manteau. Et là, comme par miracle, il devint une des attractions de la soirée.

Quand vint le moment de se mettre à table, les convives eurent la surprise de voir Nasreddin qui trempait la manche de son manteau dans la soupe.

- Mais pourquoi fais-tu cela ? lui demandèrent-ils ?

- C'est pourtant simple : puisque c'est mon manteau que vous avez si bien accueilli, il est normal que ce soit lui qui mange !

 
26 - Masmar Jha

Ayant des besoins d’argent, Djeha-Hodja Nasreddin se décida à vendre sa maison. Mais il passa un accord avec l’acheteur, à qui il dit :
- Je te vends tout, sauf ce clou.
L’acheteur accepta. Le lendemain de la vente, Djeha-Hodja Nasreddin revient dans son ancienne maison et dit à l’acheteur :
- Je dois accrocher quelque chose à mon clou, et il y accroche un sarouel sale. L’acheteur n’est pas content mais il ne dit rien. Le jour d’après, Djeha-Hodja Nasreddin vint déposer une carcasse de mouton. Face aux protestations de l'acheteur, Djeha-Hodja Nasreddin répond :
- C’est mon clou. Je peux y mettre ce que je veux.
Et il en fut ainsi tous les jours. La maison était devenue une vraie puanteur. Excédé, l’acheteur dit à Djeha-Hodja Nasreddin :
- Il nous faut trouver une solution, je n’en peux plus.
Ce à quoi Djeha-Hodja Nasreddin répond :
- Si tu veux, je te rachète la maison à moitié prix.
Et c’est ainsi que Djeha-Hodja Nasreddin récupéra sa maison.


27 - La guerre

Un jour, on déclara la guerre. Tous les hommes furent mobilisés, même Nasreddin, le fou-sage. Tandis qu'ils marchaient vers la frontière, l'un des soldats lui dit :
- Mais tu es complètement fou ! Comment peux-tu aller à la guerre avec un arc sans flèches ?
- C'est simple, répondit Nasreddin. Les ennemis vont tirer des flèches, moi je les ramasserais et je les tirerais sur les ennemis.
- Mais malheureux, si les ennemis ne tirent pas de flèches ?
- Ce sera encore plus simple, dit Nasreddin calmement : il n'y aura pas de guerre


28 - Le déménagement.

Nasreddin fut tiré de son sommeil, au milieu de la nuit, par un bruit étrange. Il ouvrit les yeux et vit un voleur en train de remplir son sac avec tout ce qu'il trouvait. Lorsqu'il eut fini de vider entièrement la maison, le voleur chargea l'énorme sac sur son dos et partit, ne laissa à Nasreddin que le mince matelas sur lequel il dormait.
Nasreddin se leva, plia son matelas, le mit sur son épaule et suivit le voleur.
Arrivé chez lui, ce dernier fut surpris de voir Nasreddin derrière son dos.
- Pourquoi me suis-tu ?
- J'ai cru que nous déménagions chez toi, lui répondit Nasreddin avant de récupérer le sac que le voleur avait laissé tomber d'étonnement.


29 - C'est jour de marché.

L'usurier est venu espérant bien que les villageois ne pourront pas lui rembourser leurs emprunts : il y aurait d'énormes agios d'ici peu et même saisie de leurs biens ....

Mais ce jour-là, beaucoup sont venus lui rembourser ce qu'ils lui avaient emprunté la semaine dernière, donc peu d'intérêts, adieu saisie !
L'usurier quitte le village en maugréant ; il est sur la petite route qui traverse les marais et il lance des coups de pied dans les cailloux.
Dans son élan, il glisse et se retrouve dans les marais. Il commence à s'enfoncer. Les passants qui étaient derrière lui tendent leur main :
- on va te sortir de là. Donne ta main !
- Non, dit il en croisant les bras sur sa poitrine.
- ne fais pas l'idiot, donne ta mais, regarde toi, tu t'enfonces !
- non, et il serre plus fort sas bras sur lui.
- Mais enfin, tu es enfoncé  jusqu'à la taille, allez donne ta main !
- non, non et non.

Un des villageois dit : allons chercher Nasreddin, lui saura quoi faire.
Nasreddin s'approche, regarde l'homme qui s'enfonce tout doucement et dit :

- mes amis, il faut employer les mots en fonction de celui à qui ils sont destinés.
Puis, regardant l'usurier, il lui dit en avançant sa main : "prends ma main".
L'usurier regarda Nasreddin, soupira d'aise et ... lui prit la main.

   

30 - Sagesse et malices de Nasreddin Hodja

 
 Un jour, un ami de Nasreddin Hodja essaya de le persuader que le monde appartenait à ceux qui se levaient tôt. Et pour le convaincre, il lui raconta comment, le matin même, il avait trouvé une pièce d'or sur la route.

- Tu vois, lui dit-il, si je n'avais pas été celui qui s'était levé le plus tôt, c'est quelqu'un d'autre qui aurait profité de l'aubaine !

- Mais enfin, répondit Nasreddin, ne comprends-tu pas que cette pièce a été perdue par quelqu'un qui s'est levé encore plus tôt que toi ?

 

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

11 - La chèvre de la fin du monde

Un jour, des enfants vinrent voir Nasreddin Hodja en lui disant que la fin du monde était pour le soir même, et ils lui proposèrent de tuer sa chèvre et de la manger pour en profiter avant qu'il soit trop tard. Nasreddin acquiesça, et leur proposa même d'aller se baigner pendant que lui préparerait la bête. Les enfants acceptèrent avec joie, mais quand ils ressortirent du lac, ils découvrirent que Nasreddin avait allumé le feu avec leurs vêtements !

- Pourquoi faites-vous ces têtes ? demanda Nasreddin. Si c'est vraiment la fin du monde, vous n'avez plus besoin de vos habits, pas vrai ?



12 - Nasreddin et la souris savante

Un matin, Khadija, la femme de Nasreddin Hodja, vint dire à son mari :

- le couscous qui nous reste suffit à peine pour 3 jours. Il faut que tu penses à chercher du travail.

- Ah non ! lui répondit-il. Par contre, prépare un bon repas avec tout ce couscous et attrape 2 souris qui se ressemblent.

Intriguée, la femme se hâta de capturer deux petites souris qui se ressemblaient comme deux gouttes d'eau et les donna à son mari. Celui ci planta un clou dans le mur et y attacha l'une des deux souris avec une ficelle; puis il mit la deuxième dans une cage et dit à sa femme :

- n'oublie pas de préparer le couscous, je reviens à midi avec mes amis.

Et il s'en alla avec la cage. Lorsqu’il arrive au café tout le monde se moqua de lui :
-tu es devenu fou pour promener uns souris. Un perroquet ou un rossignol, nous aurions compris, mais une souris !
- Bande d'ignorants, leur répondit il. Ce n'est point une souris ordinaire, mais une
souris savante !
- comment cela ?
-c'est très simple et vous pourrez le vérifier vous même. Désirez vous déjeuner
tous chez moi à midi ?
-bien sur, si tu nous y invites.

Nasreddin, s'adressa alors à la souris :
- toi la souris, ouvre bien tes oreilles : va à la maison et dis à ma femme de préparer un bon couscous, je viendrai le déguster avec mes amis à midi.

Il ouvrit la porte de la cage et la souris, toute contente, s'en fut en courant se réfugier dans le jardin voisin.

A midi, les hommes incrédules accompagnèrent le Hodja chez lui et trouvèrent le repas qui les attendait. Dans un coin, ils virent la souris attachée. Ils pensèrent immédiatement que c'était celle qui avait quitté la cage deux heures auparavant.

L'un des hommes, qui s'appelait Mustapha, prit la parole :
- j'achète cette souris pour cent dinars
- seulement cent dinars pour une souris savante ? lui répondit Nasreddin.
Tu n'es pas sérieux, mon ami.

Mustapha ajouta cent puis cent et encore cent.et Nasreddin finit par accepter de vendre sa souris pour cinq cent dinars.

Le nouveau propriétaire était fier de son acquisition. Le lendemain il arriva au café avec sa souris dans la cage

- aujourd'hui mes amis, nous mangerons chez moi.

Puis il s'adressa à la souris :
- toi la souris, ouvre bien tes oreilles, va à la maison dire à ma femme de préparer à manger, j'invite mes amis pour midi.

L’homme ouvrit la cage, et la souris s'en fut rejoindre sa cousine dans le jardin voisin.

A midi, Mustapha invita ses amis à l'accompagner. Nasreddin prétexta un mal au ventre soudain.

- Non lui dit l'homme, hier nous avons mangé chez toi. Tu es obligé de m'honorer à mon tour.

Nasreddin finit par céder et les hommes arrivèrent chez Mustapha, l'estomac en éveil.

Mais la femme n'avait rien préparé. Elle n'avait pas bu la souris savante.

Elle se moqua de son mari :
- comment peux tu croire une histoire pareille ? C’est évident : Nasreddin t'a trompé pour te voler.

Mustapha devint furieux. Il se tourna vers Nasreddin :

- rends moi mon argent tout de suite sinon je fais un malheur.

Nasreddin, fit mine de s'énerver à son tour :
- comment ? Tu as perdu une souris que j'avais éduquée pendant deux ans et tu veux en plus que je te rende ton argent ! Dis moi d'abord, as tu pensé à lui donner ton adresse avant de lui ouvrir la cage ?
- Non, dit Mustapha, remonté.
- alors comment veux tu qu'elle trouve la maison si elle ne connait pas l'adresse ?

Et Nasreddin garda l'argent pour lui.

 

13 - Le Lion, Le Loup et Le Renard

 

Un lion, un loup et un renard furent amis un certain temps. Pris de faim, ils s’en allèrent chasser. A la fin de la chasse, ils avaient tué un bœuf, un mouton et un lapin. Réunissant leurs proies, le lion dit en s’adressant au loup :

-Fais-donc le partage pour que nous ayons nos parts.

Le loup :
-Le bœuf vous appartient. Le mouton est à moi et le lapin au renard.
Le lion se mit en colère et, le griffant de sa patte, il l’envoya dans le précipice. Et se retournant vers le renard il dit :
-Fais-donc toi maintenant le partage
Le renard rusé ne tarda pas à répondre :
-Le bœuf est votre repas du soir, le mouton celui de midi, et le lapin votre petit déjeuner.
Le lion rit et demanda au renard où il avait pris cette idée.

Le renard :
De notre ami qui est tombé dans le précipice…

 


14 - Le
Sel Précieux

 

Il était une fois un padischah et ses trois filles. Un jour, le padischah réunit ses filles près de lui et leur demanda combien elles l’aimaient ? L’aînée lui dit « autant que la grandeur du monde », la moyenne : « autant que mes bras », et la cadette « autant que le sel. »

Le padischah se mit en colère suite à la réponse de sa fille cadette et lui dit : « Est-ce qu’un homme peut être aimé comme du sel ». Le padischah livra sa fille au bourreau. Celui-ci emmena la fille dans la montagne. La fille supplia le bourreau en lui disant que lui aussi était père.

Le bourreau ne put résister aux supplications de la jeune fille. Il tua à la place une bête et tachant la blouse de la jeune fille avec le sang de la bête, il l’apporta au Padischah.

La jeune fille se mit en route. Elle arriva dans un village. Elle devint l’esclave de l’un des hommes riches du village et devint une jolie fille en grandissant. Sa beauté se transmit de bouche en bouche et le destin fit qu’elle se maria avec le fils d’un autre Padischah.

Elle expliqua un jour à son mari ce qui lui était arrivé et proposa d’inviter son père à manger. Son mari accepta. Les préparatifs furent faits et son père fut invité.

Le padischah arriva avec ses dignitaires et tous se mirent à table. Les mets se succédaient. La jeune femme avait prié le cuisinier de préparer les mets sans sel. Le padischah, qui essayait de goûter tous les plats, retirait à chaque fois tout de suite sa cuillère de la bouche. Il ne put manger aucun mets.

A ce moment, la jeune femme se leva soudainement de table et dit : « Mon Padischah, d’après ce que j’ai entendu, tu aurais fait tuer ta fille parce qu’elle ne t’aimait comme elle aimait le sel. Ne donnant même pas l’occasion au Padischah de s’expliquer, elle ajouta: « Cette petite fille, c’est moi. J’ai fait cuire tous les plats sans sel, pour que tu puisses comprendre ma valeur. »

Ayant honte de ce qu’il avait fait, le Padischah pris sa fille dans ses bras et comprit combien le sel était précieux. Des jours nouveaux commencèrent.

Tout est bien qui finit bien.

15 - Ecrire et Marcher

- Nasreddin, j'ai une lettre importante à envoyer à Istanbul.
- Tu sais bien que je n'ai pas été à l'école : veux-tu me l'écrire ?
- Excuse-moi, répond Nasreddin, j'ai mal aux pieds.
- Tu te sers de tes pieds pour écrire ?
- Non, avec les pieds, je marche, mais j'écris tellement mal qu'il faut que j'aille moi-même auprès du destinataire pour lui lire ma lettre.


16 - Grave question !

Les anciens du village essayèrent, un jour, de résoudre une question sérieuse : si le fleuve prenait feu, où donc les poissons pourraient-ils s'enfuir ?

Après de longues délibérations, n'ayant pas trouvé de solution, ils allèrent consulter Nasreddin. Celui-ci, après les avoir écoutés, s'écria :

- Pourquoi vous inquiétez-vous ? Si vraiment le fleuve prenait feu, les poissons pourraient grimper dans les arbres.


17 - Trop de monde !

Nasreddin Hodja s'était remarié avec une veuve. Dès le premier jour, celle-ci avait commencé à lui vanter les mérites de son premier mari et, jour et nuit, elle n'arrêtait pas de parler de lui. Alors, Nasreddin, agacé, se mit à vanter les mérites de sa première femme.

Une nuit, alors que sa femme parlait une fois de plus de son premier mari, Nasreddin la poussa hors du lit.

Fâchée, celle-ci lui dit :

- Pourquoi tu m'as fait tomber du lit ?

-Toi et ton mari, moi et ma femme, ça fait trop de monde dans un lit si petit !


18 - Au jardin potager

Un jour d'été, Nasreddin était étendu sous un gros noyer. Il regardait, à côté de son jardin, un champ de pastèques. Il pensa :

- Comme c'est curieux, ces énormes pastèques poussent dans l'herbe alors que mon gros noyer produit des fruits minuscules.

A ce moment-là, une noix se détacha de l'arbre et lui tomba sur la tête. Il leva les yeux au ciel et en se frottant le crâne, il dit :

- Pardonne-moi, Dieu, je ne me mêlerai plus de tes affaires. Heureusement que les pastèques ne poussent pas sur cet arbre !


19 - Sur l'âne

Un jour, des gens du village virent Nasreddin, assis sur son âne et qui portait lui-même sur son dos un gros sac très lourd.

- Pourquoi portes-tu le sac sur ton dos ? Pose-le donc sur l'âne, à côté de toi !

- Eh, que voulez-vous, mon pauvre âne est déjà obligé de supporter tout mon poids, je ne veux pas lui ajouter encore le poids de ce sac.


20 - Plaire à tout le monde

Un jour, Nasreddin Hodja marchait tranquillement avec, à côté de lui, son fils monté sur l'âne. Deux hommes passèrent à ce moment.

- Non mais regardez ça, dit l'un d'eux, voyez comment on éduque les enfants de nos jours : le jeune profite de l'âne alors que le vieil homme s'épuise à marcher !

Ayant entendu cela, Nasreddin et son fils échangèrent leurs places. Quelques minutes plus tard, ils croisèrent à nouveau deux passants.

- Quelle honte, dit l'un d'eux, ce père indigne est tranquillement sur son âne alors que son pauvre fils est obligé de marcher à grands pas pour rester à sa hauteur !

Nasreddin et son fils décidèrent alors de s'installer tous les deux sur l'âne. Un groupe de trois femmes ne tarda pas à croiser leur route.

- C'est terrible, dit l'une d'elles, cette bête va bientôt mourir sous le poids de ces deux fous !

Cette fois, Nasreddin et son fils se mirent à marcher tous les deux à côté de l'âne.

- Idiots ! s'exclama un autre passant. Pourquoi marchez-vous sous cette chaleur alors que vous avez votre âne pour vous porter ?

Ne sachant plus que faire, le père et le fils rentrèrent chez eux.

- Tu vois, dit Nasreddin à son fils, n'hésite pas à agir comme tu l'entends, puisque de toute façon tu ne réussiras jamais à plaire à tout le monde !



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Rédigé par orange8454

Publié dans #femme, #fille, #jour, #nasreddin, #souris

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