Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois une princesse, fille de roi. Elle se prénommait Safia. Son père et sa mère l'aimaient tellement qu'ils ne lui auraient rien refusé. Un jour, un magicien arriva au palais en demandant asile : il prétendit être un savant professeur, pourchassé par ses ennemis, et qu'il n'avait aucun endroit où aller pour écrire un livre très important.

 

« Mon cher professeur », dit le Roi, « vous aurez ici une pièce à votre disposition et tout ce que vous pourrez souhaiter pour pouvoir terminer votre ouvre. ».

 

Le magicien vint donc s'installer avec ses sortilèges et ses formules magiques, en se faisant passer pour un savant professeur. Chaque vendredi, qui était le jour de repos dans ce pays éloigné, le magicien présentait ses hommages au Roi et à sa cour, mais il convoitait secrètement le trône royal.

 

Un jour il se déguisa en vieille femme et parcourut les jardins ombragés du palais à la recherche de Safia.

 

« Princesse », dit-il, « permettez-moi d'être votre lingère, car je sais laver le lin et la soie mieux que personne au monde, et je le ferais pour presque rien si je pouvais servir votre Grandeur. ».

 

« Chère femme, » dit la princesse Safia, « Je devine que vous êtes une pauvre créature et votre situation m'afflige. Venez me voir dans mes appartements et je vous donnerai du linge à laver. ».

 

C'est ainsi que le magicien déguisé suivit la princesse à l'intérieur du palais, et avant même qu'elle ait pu s'apercevoir de quoi que ce soit, il l'avait enfermée dans un sac à linge et s'enfuit aussi vite qu'il le put. Il amena la Princesse dans son appartement. Il murmura un sort qui la rendit aussi petite qu'une poupée et il la cacha dans un placard.

 

Le vendredi suivant, il se présenta à la Cour comme d'habitude et trouva le palais tout entier en proie au tumulte. « La Princesse Safia a disparu, et Sa Majesté a presque perdu la tête. Tous les jeteurs de sorts ont essayé de découvrir à l'aide de leurs pouvoirs magiques où elle pouvait être mais aucun n'a trouvé quoi que ce soit », dit le Grand Vizir.

 

Le méchant magicien sourit car il savait que son sortilège était si puissant que personne dans tout le pays ne pourrait le contrer tant qu'il serait en vie.

 

Le jour suivant, alors que la Reine était en train de pleurer, le magicien entra, déguisé en lingère. Il la fourra dans un sac à linge et l'emporta dans son appartement. Il la transforma en poupée pas plus grosse que son pouce.

 

« Ha-Ha ! », ricana le magicien, « maintenant je vais capturer le Roi et c'est moi qui dirigerai le pays. ».

 

Donc, le jour suivant, il attendit que le Roi parte se reposer, épuisé et tourmenté par la disparition de la Reine, et, déguisé de la même façon, il captura le Roi. Il le transforma lui aussi en poupée pas plus grosse que la Reine et l'enferma dans le placard.

 

C'est alors que, toute la famille royale ayant disparu, les courtisans commencèrent à pleurer et à gémir ; ils se rendirent en grand nombre à l'appartement du magicien pour lui demander conseil.

 

« Vous êtes un homme de science », dit le Grand Vizir, « vous devez connaître beaucoup de choses. Pourriez-vous nous dire ce que nous devons faire ? ».

 

« Jusqu'à ce que le Roi, la Reine et la Princesse réapparaissent, laissez-moi vous diriger », dit le magicien, et le peuple approuva. C'est ainsi que durant une longue période le méchant magicien gouverna le pays et amassa une grosse fortune car les habitants lui apportaient tout l'or du pays. Sans arrêt il envoyait des troupes qui parcouraient le pays dans tous les sens à la recherche du Roi, de sa femme et de sa fille. Mais bien sûr personne ne trouvait rien.

 

Cependant, un jour, une souris arriva jusque dans le placard où était cachée la Princesse Safia. Quelle ne fut pas sa surprise d'entendre celle-ci lui dire, « Souris, souris, creuse un trou dans ce placard pour que je puisse m'échapper, car le méchant magicien qui m'a jeté ce sort ne me laissera jamais sortir, et je mourrai ».

 

« Qui êtes-vous ? » demanda la souris.

 

« Mon père est le Roi et il vous récompensera généreusement. Vous aurez du fromage à volonté pour le restant de vos jours », dit la Princesse.

 

« Qu'Allah ait pitié ! » dit la souris. « Sa Majesté le Roi a disparu, la Reine aussi et le magicien est maintenant sur le trône ».

 

« Oh non », gémit la Princesse, « que leur est-il arrivé ? Le méchant magicien les aurait-il aussi capturés ? ».

 

« Attendez ici », dit la souris, « je vais jeter un coup d'œil dans les autres parties du placard ». Et bien entendu, elle découvrit le Roi et la Reine transformés en poupées minuscules sur l'étagère du haut. Mais ils étaient tout raides, comme s'ils avaient été taillés dans le bois, car le magicien avait utilisé pour eux un sort différent.

 

La souris retourna raconter sa triste découverte à la Princesse.

 

« Hélas, hélas », pleura la Princesse, « que puis-je faire alors, même si je m'échappe, que m'arrivera-t-il ? ».

 

« Princesse », dit la souris, « Je vais vous aider. Je vais aller voir une Femme d'une grande sagesse qui vit dans un arbre creux. Ce soir je reviendrai vous raconter ce qu'elle a dit. ».

 

La Princesse se cacha à nouveau dans le placard et la souris disparut.

 

A l'intérieur d'un grand arbre qui avait vu passer beaucoup d'hivers vivait la vieille Femme de grande sagesse. La souris arriva et lui demanda : « Mère, dites-moi ce que je dois faire pour aider la fille du Roi qui a été transformée en poupée par le magicien. Elle espère s'échapper par un petit trou que j'aurais creusé dans la porte. J'ai découvert que le Roi et la Reine sont dans le même placard, métamorphosés en poupées de bois pas plus grosses que votre pouce. ».

 

« Dites à la fille du Roi qu'elle doit venir ici quand la lune sera haute et que je l'aiderai », dit la Femme de grande sagesse.

 

La nuit tombée, la souris retourna dans le placard et creusa le bois pour permettre à Safia de sortir par le trou. La Princesse était si petite qu'il lui fut facile de courir hors du palais sans se faire remarquer par les gardes. Quand la lune se leva et que le jardin fut inondé de lumière, la minuscule Princesse se glissa dans l'arbre creux que lui avait montré la souris.

 

« Entrez, fille du Roi », dit la femme de grande sagesse. « J'ai trouvé la réponse à vos questions dans mes livres de magie. » La souris faisait le guet à côté pour s'assurer que personne n'arrivait, et Safia s'assit sur un petit tabouret tandis que la vieille femme lisait son grand livre de magie.

 

« Vous devez marcher jusqu'à la croisée des chemins et dans un champ des environs vous verrez un cheval de couleur orange, déjà sellé pour un voyage. Sautez sur son dos, après lui avoir fait manger une graine d'herbe magique ».

 

« Où vais-je trouver la graine d'herbe magique ? », demanda la Princesse.

 

« Je vais vous la donner », dit la femme de grande sagesse, en cherchant dans un tiroir.

 

« Que dois-je faire une fois sur le cheval ? » demanda Safia.

 

« Fille du Roi, vous devez lui murmurer à l'oreille, Emmène-moi, cheval orange, là où pousse le poirier sacré pour que je puisse rapporter une poire de sa branche la plus haute », dit la vieille femme en reposant son livre sur l'étagère.

 

« Et ensuite je retrouverai ma taille normale ? » demanda la Princesse.

 

« Quand le méchant magicien sera mort et pas avant vous retrouverez votre taille normale », dit la Femme de grande sagesse. « Vous devez remonter sur le cheval orange et chevaucher jusqu'à ce vous atteigniez le puits de l'Ogre Vert. Murmurez à l'oreille droite du cheval et vous y parviendrez avant même de le savoir. Jetez la poire au plus profond du puits car l'âme du méchant magicien est cachée dans cette poire et si elle tombe dans l'antre de l'ogre celui-ci la dévorera. Ainsi le magicien mourra. ».

 

« Qu'arrivera-t-il ensuite ? », Voulut savoir la Princesse.

 

« Ensuite, toutes les créatures transformées par le magicien retrouveront leur forme originelle et tout sera comme avant. » Et la femme de grande sagesse lui mit une graine d'herbe dans la main.

 

La minuscule Princesse remercia donc la Femme de grande sagesse, dit au revoir à la souris et courut au clair de lune jusqu'à la croisée des chemins.

 

Elle vit, comme le lui avait dit la vieille femme, un cheval de couleur orange, avec une belle crinière et une queue dorées, qui attendait dans le champ, harnaché et sellé.

 

« Cheval orange ! Cheval orange ! » L’appela Safia à voix basse. « Voici la graine d'herbe magique. Emmène-moi jusqu'au poirier sacré, pour que je puisse attraper la poire la plus haute ».

 

Le cheval de couleur orange baissa la tête pour avaler la graine. Puis il baissa la tête à nouveau pour permettre à Safia de grimper sur son dos en se cramponnant à la crinière dorée. Elle s'installa sur la selle du mieux qu'elle put. Le cheval hennit deux fois, puis, agitant la tête, se mit à galoper plus vite que le vent.

 

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Safia se retrouva au milieu d'un beau verger rempli de cerisiers, de pruniers et d'arbres couverts de baies mais il n'y avait là qu'un seul poirier.

 

« Le voici », dit le cheval, et debout sur la selle Safia tendit le bras vers les branches. Elle attrapa une poire sur la plus haute branche et la déposa délicatement dans la besace.

 

« Emmène-moi jusqu'au Puits de l'Ogre vert », murmura-t-elle à l'oreille droite du cheval. Le cheval orange fit un signe de la tête et s'élança tel le vent ; ses sabots allaient si vite qu'ils semblaient ne pas toucher terre. Derrière trois palmiers, il y avait un puits. Au clair de lune, Safia vit, qu'à l'intérieur du puits, il y avait la tête d'un ogre, aussi grosse qu'un potiron avec des yeux énormes et tous ronds et une grande bouche. Elle se dépêcha de prendre la poire contenant l'âme du magicien et la jeta directement dans la bouche de l'Ogre vert. Immédiatement l'Ogre dévora la poire et Safia se mit à grandir. Elle avait désormais retrouvé sa taille normale - le méchant magicien était mort.

 

Le cheval la ramena à la croisée des chemins et alors qu'elle s'apprêtait à le remercier il disparut dans un grand bruit de tonnerre.

 

Elle courut jusqu'au palais puis dans la pièce où sa mère et son père étaient emprisonnés. Elle découvrit que le Roi et la Reine, ayant repris leur taille normale, étaient très intrigués de se retrouver dans un placard. Elle leur expliqua rapidement toute l'histoire.

 

« Appelez le Capitaine de la Garde ! », ordonna le Roi. « Arrêtez le magicien et qu'il soit décapité »

 

Mais quand les soldats arrivèrent dans la chambre royale pour arrêter le faux roi, ils s'aperçurent qu'il était mort au moment-même où l'Ogre Vert avait mangé la poire, comme l'avait prédit la Femme de grande sagesse.

 

Il y eut de grandes réjouissances au palais et Safia décida d'aller remercier la Femme de grande sagesse qui vivait dans l'arbre creux. Mais de l'arbre il n'y avait plus trace - il avait disparu, c'était comme s'il n'avait jamais existé. Safia n'en croyait pas ses yeux, elle regardait partout lorsqu'un beau et grand jeune homme, richement vêtu, s'approcha d'elle.

 

« Soyez bénie, chère Princesse », dit-il, « car c'était moi la souris, victime d'un enchantement, qui a creusé le trou qui vous a permis de vous évader et d'aller chercher la poire qui contenait l'âme du magicien ».

 

« Ainsi donc c'était vrai, ce n'était pas un rêve ! » s'écria Safia. « Je venais trouver la Femme de grande sagesse et elle a disparu ».

 

« Elle vit dans un arbre enchanté », expliqua le jeune homme, « et comme elle veut désormais séjourner ailleurs, l'arbre a été déraciné et déplacé sans qu'il en reste aucune trace ».

 

« Venez avec moi voir mon père afin qu'il puisse vous remercier, » dit Safia.
Le jeune homme l'accompagna donc et en s'agenouillant devant le Roi il expliqua qu'il était un prince qui avait été transformé en souris par le magicien.

 

« Vous resterez ici et épouserez ma fille », promit le Roi, « et vous dirigerez le royaume après moi, puisque ne n'ai pas de fils ».

 

Et c'est ainsi que les choses se passèrent, les fêtes du mariage durèrent sept jours et sept nuits, et Safia et son époux vécurent heureux durant de longues années.

 


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois un homme très riche. Il était sans doute l'homme le plus riche de son village. Il était également l'homme le plus avare à telle enseigne qu'on le surnommait " 

" h'med seqram " signifiant " l'homme avare ".

Hmed était unique par son caractère avare, il n'avait ni femme ni employé, il exécutait lui-même tous les travaux domestiques et il était fier de ne rien dépenser.

Un jour, dans l'accomplissement de ses travaux, Hmed tomba dans un puits et poussa un cri d'appel au secours très violent :

- A l'aide, à l'aide ! ! ! hurlait-il.

Aussitôt, son voisin le plus proche accourut et lui tendit la main en s'exclamant :

" Hmed, donne-moi ta main que je te sorte du puits."

Mais Hmed détestait donner quoique ce soit et c'est avec retard qu'il finit par tendre sa main. Ce long temps de réaction lui fut fatal. Sans doute aurait-il survécu si son voisin lui avait dit " prend ma main ! ".

Les sages du village retenir que ce fut bien l'avarice qui finit par tuer le riche Hmed.



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Rédigé par orange8454

Publié dans #avare, #hmed, #homme, #main, #riche

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Publié le 13 Septembre 2012

Meknès, la noble cité s’élève au centre d’une immense plaine. Elle fut pendant longtemps, la plus glorieuse des villes impériales. En ce temps là il y avait encore des lions…


… Ouda était un lion superbe et généreux. Sidi Schalab était un eunuque avare qui touchait l’argent que le sultan Moulay Abd-el-Aziz destinait aux habitants du palais. D’une cupidité révoltante, il empochait l’argent et laissait, pendant des jours, les femmes et les lions du palais sans nourriture.


Les femmes disposaient pour se promener, d’un vaste enclos que l’on qualifiait de jardin, mais sans herbe, ni fleurs, ni plante, ni arbuste ; les dalles des allées étaient brisées ; les fontaines étaient sèches… L’enclos des femmes communiquait librement avec une cour autour de laquelle s’alignaient les cages des fauves.


A la place d’honneur était celle d’Ouda, lion de l’Atlas déjà vieillissant, mais dont l’âge n’avait altéré que la force et la beauté, et non point l’appétit.


Les femmes révoltées par cet état de fait, échafaudèrent un plan sous la direction de Béhobé.


Se dirigeant vers la cage d’Ouda, Béhobé tira doucement le verrou qui fermait la porte de la cage. Le lion ne s’éveilla pas et la vieille femme repartit comme elle était venue.


Le soir, Sidi Schlah réintégra le palais ivre comme à son habitude. Son ivresse ne l’empêcha pas de remplir ses fonctions habituelles ; il pénétra dans le harem, fit le tour des chambres où couchaient les sultanes. Tout était normal, aucune femme n’était éveillée.


Il alla rendre visite aux fauves qui grognaient, claquaient des mâchoires affamées.


Sidi Schlah ricana : «  c’est drôle qu’ils aient faim quand moi j’ai trop langé et peut-être un peu trop bu ».


Il alla braver Ouda et se dirigea vers la cage du lion.


« Ha ! ha ! ha !, le jeûne ne te plait pas.


L’animal poussa un rugissement plus violent, la porte céda sous le poids du lion ; subitement celui-ci se trouva libre et bondit sur l’eunuque.


Le lendemain, les gardiens ne trouvèrent pas Sidi Schlah.


Ils explorèrent le palais et le harem, rien, alors les eunuques entrèrent dans la ménagerie, un spectacle affreux les attendait ; Ouda le lion de l’Atlas, ronflait paisiblement au centre de la cour, la tête sur les pattes, la langue à moitié sortie de sa gueule, tandis que les autres lions dans leurs cages rugissaient d’envie et de jalousies.


Autour d’Ouda, visiblement repu, s’éparpillaient des os soigneusement dépouillés de leur chair et un crâne humain auquel étaient encore attachés quelques cheveux. Des lambeaux de vêtements trainaient çà et là et les eunuques reconnurent la djellaba de leur chef.


On parvint avec peine à faire rentrer Ouda dans sa cage. Un successeur fut donné à Sidi Schlah et celui-là, profitant de la leçon veilla à ce que les lions soient bien nourris.


Mais comme les femmes n’avaient pas mangé leur gardien, et comme on n’avait pas peut qu’elles ne le fissent, elles furent comme par le passé, oubliées plus qu’il n’était équitable dans le partage du couscous.


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Rédigé par orange8454

Publié dans #cage, #femme, #lion, #schlah, #sidi

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Publié le 13 Septembre 2012

Un homme alla dans la forêt pour défricher un bout de terrain, brûler les broussailles et préparer un champ.


À peine commença-t-il à essarter la terre qu'il entendit une voix dans les buissons :


"Qui est là ?"

"C'est moi", répondit l'homme.

"Que fais-tu ?"

"Je débroussaille."


"Attends, je vais t'aider. Je suis le Roi des Échos, et je vais t'envoyer cent de mes sujets."


Sitôt dit, sitôt fait. Le Roi envoya à l'homme cent échos qui débroussaillèrent le terrain en un tournemain. L'homme se félicita de cette aubaine :


"Avec une aide pareille, tout va pour le mieux !"


Quelque temps après, les broussailles une fois sèches, l'homme se rendit dans la forêt pour les brûler et pour amender son champ avec les cendres. À peine eut-il le temps d'allumer le feu qu'une voix se fit entendre :


"Qui est là ?"

"C'est moi", répondit l'homme.

"Que fais-tu ?"

"Je brûle les broussailles pour amender mon champ avec les cendres."

"Attends, je vais t'aider !"


C'était encore le Roi des Échos. Il envoya à l'homme trois cents échos qui se mirent aussitôt à l'œuvre. En un tournemain, ils brûlèrent toutes les broussailles.


Sa terre amendée, l'homme s'en félicita :


"Avec une aide pareille, tout va pour le mieux !"


Les pluies commencèrent. L'homme saisit un pot rempli de millet et s'en alla au champ pour semer. À peine commença-t-il sa besogne que le Roi des Échos se fit entendre :


"Qui est là ?"

"C'est moi."

"Que fais-tu ?"

" Je sème le millet."

"Attends, je vais t'aider."


Et le Roi lui envoya en aide neuf cents échos. Les semailles furent terminées en un tournemain.


"Avec une aide pareille, tout va pour le mieux !" se félicita notre homme.


Lorsque le millet se mit à germer, l'homme se rendit au champ pour arracher les mauvaises herbes. Le Roi des Échos ne tarda pas à l'appeler :


"Qui est là ?"

"C'est moi."

"Et que fais-tu ?"

"J'arrache les mauvaises herbes."

"Attends, je vais t'aider."


Mille échos accoururent et arrachèrent toutes les mauvaises herbes en un tournemain.


Une fois de plus, l'homme se félicita :


"Avec une aide pareille, tout va pour le mieux !"


Lorsque le millet se mit à lever, l'homme alla au champ pour chasser les oiseaux qui venaient le manger. Dès son arrivée, le Roi des Échos cria :


"Qui est là ?"

"C'est moi."

"Que fais-tu ?"

"Je chasse les oiseaux pour qu'ils ne mangent pas mon millet."

"Attends, je vais t'aider !"


Dix mille échos accoururent et chassèrent jusqu'au dernier oiseau. L'homme s'en alla en se félicitant :


"Avec une telle aide, tout va pour le mieux !"


Des jours passèrent. L'homme arriva au champ. Il cueillit quelques épis et les goûta pour voir si son millet était mûr. Et le Roi des Échos appela :


"Qui est là ?"

"C'est moi."

"Que fais-tu ?"

"Je cueille quelques épis et je goûte mon millet pour voir s'il est mûr."

"Attends, je vais t'aider."


Aussitôt, cent mille échos accoururent, cueillirent tous les épis et les mangèrent.


L'homme s'en alla tristement, sans se féliciter. Cette fois-ci, il se garda bien de dire :


"Avec une aide pareille, tout va pour le mieux !"



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Selon la légende Sidi Bou-Selham, plus ou moins accointé avec le diable, fait à Allah une concurrence redoutable, d’autant plus redoutable qu’il opère toujours avec le sourire, on l’appelle l’homme au turban ».


Un jour « l’homme au turban » ayant vu un jour un pêcheur qui traînait péniblement son filet, lui dit :


- Pourquoi pêches-tu avec un filet ?


-Parce que depuis quarante ans, je ne connais que ce moyen pour prendre du poisson, répliqua-t-il


- Jette donc ces lourds filets, tu n’as qu’à plonger tes deux bras dans la mer et quand tu les retireras, tu trouveras un poisson attaché à chaque poil de tes mains.


Le pêcheur l’écouta, il plongea ses bras dans la mer et retira autant de poissons qu’il avait de poils à chacune de ses mains.


A partir de ce moment il ne voulut plus pêcher autrement ; il fit cadeau de ses filets à un de ses parents et s’en alla à la mer avec ses bras nus. Mais jamais il ne prit un seul poisson et il dut racheter ses filets de pêche.


Il faut dire que Sidi Bou-Selham nourrissait un furieux ressentiment contre les habitants de la Chaouïa qui l’avaient abondamment raillé ; il chercha dans son cerveau fertile le meilleur moyen de tirer une vengeance envers ces gens sans déférence.


Il se rendit au bord de la mer et se mit à parler aux génies de l’océan ; à la fin de la conférence, Sidi Bou-Selham reprit le chemin de la Chaouïa escorté par la mer qui ayant quitté son lit, le suivait à la trace comme un chien fidèle.


En route, il fut arrêté par Allah en personne qui l’interpella :


- Mon serviteur, que fais-tu là et pourquoi traînes-tu à ta suite les eaux de la mer !


- Seigneur, dit-il, j’ai été outragé par ceux de la Chaouïa et, pour les punir, je veux que la mer s’étende sur leurs pâturages et sur leurs champs.


- Mon serviteur, répliqua le Miséricordieux, tu agis comme un homme privé de raison. En noyant les pâturages et les champs de ceux de la Chaouïa, tu submergeras les tiens et alors d’où tireras-tu ta nourriture ?


Sidi Bou-Selham resta un bon moment immobile à se gratter le nez, puis, se retournant vers l’eau de la mer, il lui donna l’ordre de rentrer dans ses limites. Celle-ci obéit. Malheureusement il s’était produit une fuite dans la masse liquide, si bien qu’une partie de l’eau se précipita dans une vallée au bout de laquelle était une ville romaine qu’elle engloutit.


Voilà comment la ville de Djebella fut engloutie, mais on porte tant de choses au compte de Sidi Bou-Selham  « l’homme au turban », qu’il est fort possible que cette légende ne soit pas absolument conforme à la vérité !!!

 


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Rédigé par orange8454

Publié dans #bou, #chaouia, #mer, #selham, #sidi

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