roi

Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois un homme pauvre qui pour survenir vendait du bois et de la paille. Il parvenait ainsi à obtenir un peu de pain et de fromage pour lui et sa fille unique. Un jour, alors qu'il passait sur le port, il vit le roi qui, debout sur son bateau, tenait à la main une manne remplie de pièces d'or. Il proposait des énigmes à son peuple et promettait à celui qui pourrait les résoudre l'ensemble de ce trésor. Hélas ! les questions étaient telles que personne n'y parvint. Le pauvre homme essaya, réfléchit, tourna mille fois les questions dans sa tête mais ne trouva rien. Il rentra chez lui, tout en rêvant à la manne pleine d'or. A peine entré, sa fille remarqua qu'il se passait quelque chose. Elle lui demanda :

"Père, mon bon père, mais qu'as-tu donc? Ton regard est perdu dans des songes et tu rentres plus tard qu'à l'ordinaire. Que t'est-il arrivé?"

"Ah! ma fille, répondit l'homme, je reviens du port où le roi propose des énigmes au peuple et promet à qui pourra les résoudre une manne pleine d'or. Si je pouvais résoudre ces trois énigmes, nous serions riches."

"Dis-moi ces énigmes, mon bon père. Peut-être pourrai-je les résoudre et ramener un peu de lumière dans cette maison."

"Volontiers. Voici la première : Qui embrasse le monde entier et ne rencontre personne qui lui ressemble?"

"Mais c'est le soleil, dit la jeune fille. Il embrasse le monde entier et ne rencontre personne qui lui ressemble. Quelle est la deuxième?"

"Qui est celle qui nourrit ses petits enfants et dévore les grands?"

"Mais c'est la mer. Elle dévore les grands fleuves. Et quelle est la dernière?"

"Quel est l'arbre à demi noir et à demi blanc?"

"Mais c'est l'année, mon bon père, avec ses nuits et ses jours. Va, retourne sur le port et donne ces trois réponses au roi."

L'homme courut au port, il s'agitait, levait les bras et, une fois arrivé, cria:
"Je connais les réponses, noble sire!"

Le roi incrédule écouta le pauvre homme. Lorsqu'il entendit les réponses, il regarda l'homme et dit:

"Cela ne se peut. Ton cerveau vieux et fatigué ne pouvait trouver les solutions. Qui t'a donné les réponses?"

Le vieillard se laissa tomber à genoux sur le sol et dit:

"C'est ma fille, noble sire. Elle a résolu les énigmes."

"C'est bien, dit le roi. J'aimerais voir, à présent, si ta fille est vraiment aussi spirituelle. Amène-la moi afin qu'elle tue cette pierre devant tout le peuple. Je veux qu'elle la tue de manière à ce que le sang en coule."

Sur le port, les gens s'esclaffaient. Ils attendaient la fille du pauvre homme. Leur attente ne fut pas très longue. Déjà la fille s'avançait vers le roi, son couteau à la main.

"Voici mon couteau, noble sire, je vais tuer ta pierre mais avant cela, il faut que tu lui donnes une âme, car seul ce qui est vivant saigne. Si après cela, je ne la tue pas, fais-moi couper la tête."

Le roi rit à cette réponse et dit:

"Je crois que tu es la plus intelligente de mon royaume."

Et comme en plus d'être intelligente, la fille du pauvre homme était aussi très belle, le roi ajoute :

"J'aimerais faire de toi ma reine. D'ici trois jours, tu devras être dans mon château. J'y mets cependant trois conditions : Tu dois chevaucher et ne pas chevaucher, m'apporter un cadeau et ne pas l'apporter. Nous tous, petits et grands, nous sortirons pour t'accueillir, et il te faudra amener les gens à te recevoir et pourtant à ne pas te recevoir."

La jeune fille revint chez elle et demanda à son père de l'aider à attraper quatre lièvres et deux pigeons vivants. Au troisième jour, elle mit les lièvres dans un sac, les donna à porter à son père et dit:

"Quand je te dirai de les laisser partir, fais-le!" De son côté, elle les deux pigeons, s'assit à califourchon sur une chèvre et s'en alla vers le château du roi.

Entendant qu'elle approchait, le roi et toute sa maison sortirent de la ville à sa rencontre.
Lorsque la jeune fille ne fut plus très loin et qu'elle aperçut les ministres, les hauts dignitaires et les courtisans, le peuple rassemblé, elle dit à son père de laisser s'en aller les lièvres. Aussitôt, tous se mirent à les poursuivre, afin de les rapporter. La jeune fille, assise à califourchon sur la chèvre, tantôt marchait sur ses pieds, la chèvre entre les jambes, tantôt, levait les pieds et chevauchait sur le dos de la chèvre. Elle s'avança vers le roi en tirant les deux pigeons de sa poche et les lui tendit. Au moment où il voulut s'en saisir, la fille ouvrit la main et les pigeons s'envolèrent.

"Me voici, noble sire. Les gens m'ont reçu et pas reçu. Je t'ai apporté un cadeau et pas apporté. J'ai chevauché et pas chevauché."

Le roi la souleva de la selle et dit:

"Tu seras ma reine, car une femme intelligente m'est plus précieuse qu'une femme riche et de haute naissance. Je dois encore te faire promettre une chose: je voudrais qu'à aucun moment tu ne te mêles pas des affaires d'Etat, car je tiens à gouverner seul."

La jeune fille lui promit et il vécurent un grand bonheur.
Il arriva qu'un jour, alors que de pauvres paysans gardaient des chevaux dans la prairie, le roi vint à passer. Les paysans s'étaient endormis et un cheval s'élança sur le roi en tuant son cheval, une belle jument grise. Il entra dans une immense colère et ordonna qu'on jette les paysans en prison, en attendant de leur faire couper la tête.
Un grand désespoir saisit les femmes des paysans qui ne voyaient d'autre solution que de s'adresser à la femme du roi qu'on disait bonne et sage. Elles arrivèrent près de la reine, tombèrent à genoux et la prièrent, au nom de Dieu et de leurs enfants, de les aider.
"Que puis-je faire pour vous être utile ? Le roi m'a défendu de me mêler des affaires de l'Etat. Je ne peux que vous donner un conseil. Ce soir, placez-vous avec vos enfants sur la plage. Tenez-vous sous la fenêtre tournée du côté de la mer et pleurez, gémissez toute la nuit. Il ne recevra pas son soporifique et vous pourrez lui dire :

"Le monstre marin est venu pour nous dévorer. Sauve-nous, ô noble sire. Nous prierons pour qu'une longue vie te soit accordée!"

Il vous répondra:

"Malheureuses, bien que je sois le roi, il n'est pas en mon pouvoir d'empêcher le monstre marin de tuer."

Vous lui direz alors:

"Ô noble sire, tu ne peux nous sauver du monstre marin, bien que tu sois le roi. Et tu veux faire tuer nos maris qui n'ont pas pu empêcher un cheval d'en tuer un autre."

Et le roi vous dira:

"Prenez cette clef, allez à la prison et délivrez les."

Les femmes firent comme la reine le leur avait dit, et tout se passa exactement comme elle l'avait prédit. Le lendemain matin, en se réveillant, le roi dit à sa femme:

"Tu peux me donner mon soporifique, afin que je rattrape le sommeil perdu. Lorsque je me réveillerai, je ne veux plus te voir au château. Tu a le droit d'emporter en partant ce qui t'est le plus cher et le plus précieux dans cette maison."

"Bien volontiers, mon roi!"

Elle lui présenta son verre d'eau. Il le but et s'endormit. La reine enveloppa soigneusement le roi dans une couverture, en fit un paquet et dit à son serviteur:

"Emporte ce paquet dans la maison de mon père. Prends garde, il est rempli de porcelaine. Il faut le déposer doucement afin de ne rien casser."

Elle s'en alla vers la maison de son père, et y arriva peu avant le réveil du roi. Lorsque celui-ci se réveilla dans un lit inconnu, dans une maison étrangère, il dit:
"Où suis-je? Qui m'a apporté ici?"

La reine lui répondit:

"C'est moi, noble sire. Tu m'as permis d'emporter du château ce qui m'y était le plus cher et le plus précieux. Il n'y a pour moi rien de plus précieux que toi, mon roi."

"Rentrons au château, ma mie, s'écria le roi en se levant. Il n'existe nulle part sur terre une femme plus spirituelle que toi, et je t'appartiens comme tu m'appartiens."

Il l'emmena et rejoignit le château en sa compagnie. Ils y vécurent très heureux et qui sait s'ils ne vivent encore ?


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Le Roi Dragon s'occupe principalement des pluies. Quand il fait tomber la pluie, il y a de l'eau sur la terre; s'il ne le faisait pas, les êtres vivants en souffriraient beaucoup.

On dit que dans l'Antiquité le Roi Dragon Luyibashida était très despotique. Il interdisait souvent à la Déesse des Pluies de travailler, si bien que les sources, puits et cavernes de la terre n'avaient pas d'eau, les champs se fendillaient de sécheresse, et les êtres vivants mouraient de soif.

 

Les êtres humains haïssaient tellement ce Dragon que le ciel en fut informé. Les immortels célestes discutèrent ensemble pour sauver l'Humanité. Un immortel nommé Qiangladuji dit:

 

- Laissez-moi arranger cette affaire, je connais un moyen pour sauver l'Humanité.

 

Déguisé en serviteur, Qiangladuji arriva chez Luyibashida. Il y travailla laborieusement et le Roi Dragon l'apprécia beaucoup. Un jour, trouvant que le moment était venu, il dit:

 

- Votre majesté le Roi Dragon, votre famille est la plus riche au monde. Il n'y a pas d'autre famille aussi riche et aussi prospère que la vôtre. Vous avez tout et ne manquez de rien Votre réputation est telle que les montagnes baissent la tête devant vous. Pourtant, il y a encore une chose que votre famille ne possède pas.

 

- Laquelle? dit le Dragon en levant haut sa tête orgueilleuse. Je possède tout !

 

- Vous savez déjà, chuchota Qiangladuji mystérieusement, que le Phoenix est la créature la plus noble au monde et ses œufs la chose la plus précieuse. Ce qui vous manque, c'est un œuf de Phoenix.

 

Le Roi Dragon changea vite d'attitude et dit avec des signes de tête:

 

- Eh bien, où peut-on trouver cet objet précieux? Pourrais-tu m'en trouver un?

 

- Ce n'est pas difficile, si vous le désirez, dit Qiangladuji, je peux certainement vous en trouver un.

 

Sortant alors du Palais royal, il monta au ciel et vit trois œufs brillants dans le nid d'un Phoenix sur l'arbre divin. Juste à ce moment, le Phoenix qui couvait les œufs était sorti chercher de la nourriture, alors il vola en cachette un œuf, et repartit le donner au Dragon. En possession de l'oeuf multicolore de Phoenix, celui-ci rayonnait de joie.

Alors, Qiangladuji lui dit:

 

- Mon roi respecté, vous êtes vraiment maintenant le plus riche du monde, vous possédez tout et rien ne vous manque plus. J'ai fait ce que je devais faire, je vais rentrer.

 

De retour au ciel, Qiangladuji discuta encore un instant avec les immortels Zhongbuya et Qingliennijiang, puis il attendit le retour du Phoenix pour discuter comment punir le Roi Dragon.

 

En rentrant à son nid, le Phoenix s'aperçut qu'un œuf avait disparu, et il se mit à le chercher partout, en volant 90 000 lis à l'est, 90 000 lis à l'ouest, mais sans parvenir à retrouver son œuf. Fou de colère, il allait et venait dans tous les sens du ciel, en monologuant:

 

- Mon nid est sur l'arbre divin, dont les branches soutiennent les neuf cieux, aucun animal au monde ne peut y être monté, personne ne peut avoir volé mon œuf ! Qui me l'a volé ?

C'est alors que Qiangladuji s'approcha et demanda:

 

- Noble Phoenix, pourquoi voles-tu ainsi dans tous les sens ? Qu'est-ce que tu cherches ?

 

- J'ai perdu un œuf, dit le Phoenix, sais-tu qui me l'a volé ?

 

- Eh bien, je sais qui a volé ton œuf, dit Qiangladuji avec des signes de tête. Mais je ne peux te le rapporter. Si tu veux, tu peux venir au Palais céleste discuter un peu avec nous.

Le Phoenix se hâta de le suivre au Palais céleste. Les immortels qui y attendaient demandèrent à la vue du Phoenix:

 

- Oh, Phoenix, tu as des ailes qui peuvent couvrir le ciel et des pattes à griffe comme l'éclair, peux-tu aller chercher le Roi Dragon Luyibashida dans l'eau ? Oserais-tu le faire ?

 

- Rien de plus facile, répondit le Phoenix. Mais pourquoi dois-je le tirer de l'eau ? Je ne veux que savoir qui a volé mon œuf.

 

- Tire le Roi Dragon Luyibashida de l'eau, dirent les immortels, c'est lui qui a volé ton œuf.

Quand il entendit cela, les pattes du Phoenix tremblèrent de colère: Il voulut tout de suite aller régler son compte au Dragon. Mais les immortels l'arrêtèrent en disant :

 

- Si tu tires tout son corps de l'eau, les hommes mourront. Il suffit que tu traînes sa tête ici, et nous aurons alors le moyen de lui faire rendre ton œuf.

En agitant ses ailes, le Phoenix vola au 81e étage du ciel, puis il replia ses ailes et se laissa tomber droit dans la mer.

 

D'un coup, la mer se fendit et apparurent le Palais et le Roi Dragon au fond de la mer. C'est alors que le Phoenix saisit le Dragon par le cou avec ses griffes et tira sa tête de l'eau, tout en lui demandant en colère:

 

- Quelle est la longueur de ton corps ?

Troublé par cette brusque attaque, le Dragon répondit vite:

 

- Mon corps est très long, tu n'en as sorti qu'à peine une moitié.

 

A ces mots, le Phoenix continua de monter, jusque devant les immortels. Et tout en tenant solidement le cou du Dragon, il cria:

- Tu es très malhonnête, pourquoi as-tu volé mon œuf ? Si tu me rends mon œuf, je te ferai grâce. Sinon tu verras !

 

Le cou serré par le Phoenix, le Dragon ne pouvait parler et il présenta des excuses avec des signes de tête. Les immortels dirent en le montrant du doigt:

 

- Luyibashida, alors que tu es le Roi Dragon, tu interdis à la Déesse des Pluies de faire pleuvoir, si bien que les champs se fendent, les plantes meurent, les êtres humains et les animaux ne peuvent vivre. Tu ne fais pas ce que tu dois faire, mais tu voles en cachette l'œuf du Phoenix, si bien que le ciel et tous les êtres vivants te haïssent! Maintenant, nous te demandons si tu vas rendre son œuf au Phoenix ?

 

- Je vais le rendre, je vais le rendre! acquiesça le Dragon de la tête.

 

- Feras-tu tomber les pluies ?

 

- Je le ferai, je le ferai!

 

- Alors, à ton retour, envoie ton serviteur rendre son œuf au Phoenix, envoie la Déesse faire vite tomber la pluie pour que toutes les sources, tous les puits et toutes les cavernes aient de l'eau, que les cultures poussent, que l'Humanité ait de quoi manger et que tous les êtres vivent bien. Vas-tu le faire ?

 

- Oui, oui!

 

- Si tu le fais, l'Humanité te respectera, te priera et t'offrira chaque année des offrandes et des sacrifices.

 

Puis ils dirent au Phoenix de replacer doucement le Dragon dans la mer. Mais Qiangladuji s'approcha du Phoenix et lui chuchota:

 

- Saisis-le de toutes tes forces et fais-le tomber brutalement.

 

Le Phoenix agit selon le conseil de Qiangladuji, il lâcha le Dragon si énergiquement que les eaux de la mer jaillirent en de hautes colonnes, qui devinrent des milliers et des milliers de gouttes et volèrent aux alentours. En tombant sur la terre, les grandes gouttes devinrent de grands fleuves et rivières, les petites devinrent des sources, puits et cavernes.

 

Depuis lors, le peuple Pumi respecte le Roi Dragon selon les directives des Immortels et fait des offrandes chaque année aux fleuves, rivières, lacs, sources, puits et cavernes, pour prier le Roi Dragon de donner une bonne vie à la population Pumi. Après avoir été puni par le Phoenix, le Dragon n'a plus osé commettre de méfaits.





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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Le Roi Dragon s'occupe principalement des pluies. Quand il fait tomber la pluie, il y a de l'eau sur la terre; s'il ne le faisait pas, les êtres vivants en souffriraient beaucoup.

On dit que dans l'Antiquité le Roi Dragon Luyibashida était très despotique. Il interdisait souvent à la Déesse des Pluies de travailler, si bien que les sources, puits et cavernes de la terre n'avaient pas d'eau, les champs se fendillaient de sécheresse, et les êtres vivants mouraient de soif.

Les êtres humains haïssaient tellement ce Dragon que le ciel en fut informé. Les immortels célestes discutèrent ensemble pour sauver l'Humanité. Un immortel nommé Qiangladuji dit:

- Laissez-moi arranger cette affaire, je connais un moyen pour sauver l'Humanité.

Déguisé en serviteur, Qiangladuji arriva chez Luyibashida. Il y travailla laborieusement et le Roi Dragon l'apprécia beaucoup. Un jour, trouvant que le moment était venu, il dit:

- Votre majesté le Roi Dragon, votre famille est la plus riche au monde. Il n'y a pas d'autre famille aussi riche et aussi prospère que la vôtre. Vous avez tout et ne manquez de rien Votre réputation est telle que les montagnes baissent la tête devant vous. Pourtant, il y a encore une chose que votre famille ne possède pas.

- Laquelle? dit le Dragon en levant haut sa tête orgueilleuse. Je possède tout!

- Vous savez déjà, chuchota Qiangladuji mystérieusement, que le Phoenix est la créature la plus noble au monde et ses oeufs la chose la plus précieuse. Ce qui vous manque, c'est un oeuf de Phoenix.

Le Roi Dragon changea vite d'attitude et dit avec des signes de tête:
- Eh bien, où peut-on trouver cet objet précieux? Pourrais-tu m'en trouver un?

- Ce n'est pas difficile, si vous le désirez, dit Qiangladuji, je peux certainement vous en trouver un.

Sortant alors du Palais royal, il monta au ciel et vit trois oeufs brillants dans le nid d'un Phoenix sur l'arbre divin. Juste à ce moment, le Phoenix qui couvait les oeufs était sorti chercher de la nourriture, alors il vola en cachette un oeuf, et repartit le donner au Dragon. En possession de l'oeuf multicolore de Phoenix, celui-ci rayonnait de joie.

Alors, Qiangladuji lui dit:

- Mon roi respecté, vous êtes vraiment maintenant le plus riche du monde, vous possédez tout et rien ne vous manque plus. J'ai fait ce que je devais faire, je vais rentrer.

De retour au ciel, Qiangladuji discuta encore un instant avec les immortels Zhongbuya et Qingliennijiang, puis il attendit le retour du Phoenix pour discuter comment punir le Roi Dragon.

En rentrant à son nid, le Phoenix s'aperçut qu'un oeuf avait disparu, et il se mit à le chercher partout, en volant 90 000 lis à l'est, 90 000 lis à l'ouest, mais sans parvenir à retrouver son oeuf. Fou de colère, il allait et venait dans tous les sens du ciel, en monologuant:

- Mon nid est sur l'arbre divin, dont les branches soutiennent les neuf cieux, aucun animal au monde ne peut y être monté, personne ne peut avoir volé mon oeuf! Qui me l'a volé ?

C'est alors que Qiangladuji s'approcha et demanda:

- Noble Phoenix, pourquoi voles-tu ainsi dans tous les sens ? Qu'est-ce que tu cherches ?

- J'ai perdu un oeuf, dit le Phoenix, sais-tu qui me l'a volé ?

- Eh bien, je sais qui a volé ton oeuf, dit Qiangladuji avec des signes de tête. Mais je ne peux te le rapporter. Si tu veux, tu peux venir au Palais céleste discuter un peu avec nous.

Le Phoenix se hâta de le suivre au Palais céleste. Les immortels qui y attendaient demandèrent à la vue du Phoenix:

- Oh, Phoenix, tu as des ailes qui peuvent couvrir le ciel et des pattes à griffe comme l'éclair, peux-tu aller chercher le Roi Dragon Luyibashida dans l'eau ? Oserais-tu le faire ?

- Rien de plus facile, répondit le Phoenix. Mais pourquoi dois-je le tirer de l'eau ? Je ne veux que savoir qui a volé mon oeuf.

- Tire le Roi Dragon Luyibashida de l'eau, dirent les immortels, c'est lui qui a volé ton oeuf.

Quand il entendit cela, les pattes du Phoenix tremblèrent de colère: Il voulut tout de suite aller régler son compte au Dragon. Mais les immortels l'arrêtèrent en disant :

- Si tu tires tout son corps de l'eau, les hommes mourront. Il suffit que tu traînes sa tête ici, et nous aurons alors le moyen de lui faire rendre ton oeuf.

En agitant ses ailes, le Phoenix vola au 81e étage du ciel, puis il replia ses ailes et se laissa tomber droit dans la mer.

D'un coup, la mer se fendit et apparurent le Palais et le Roi Dragon au fond de la mer. C'est alors que le Phoenix saisit le Dragon par le cou avec ses griffes et tira sa tête de l'eau, tout en lui demandant en colère:

- Quelle est la longueur de ton corps ?

Troublé par cette brusque attaque, le Dragon répondit vite:

- Mon corps est très long, tu n'en as sorti qu'à peine une moitié.

A ces mots, le Phoenix continua de monter, jusque devant les immortels. Et tout en tenant solidement le cou du Dragon, il cria:

- Tu es très malhonnête, pourquoi as-tu volé mon oeuf ? Si tu me rends mon oeuf, je te ferai grâce. Sinon tu verras !

Le cou serré par le Phoenix, le Dragon ne pouvait parler et il présenta des excuses avec des signes de tête. Les immortels dirent en le montrant du doigt:

- Luyibashida, alors que tu es le Roi Dragon, tu interdis à la Déesse des Pluies de faire pleuvoir, si bien que les champs se fendent, les plantes meurent, les êtres humains et les animaux ne peuvent vivre. Tu ne fais pas ce que tu dois faire, mais tu voles en cachette l'oeuf du Phoenix, si bien que le ciel et tous les êtres vivants te haïssent! Maintenant, nous te demandons si tu vas rendre son oeuf au Phoenix ?

- Je vais le rendre, je vais le rendre! acquiesça le Dragon de la tête.

- Feras-tu tomber les pluies ?

- Je le ferai, je le ferai!

- Alors, à ton retour, envoie ton serviteur rendre son oeuf au Phoenix, envoie la Déesse faire vite tomber la pluie pour que toutes les sources, tous les puits et toutes les cavernes aient de l'eau, que les cultures poussent, que l'Humanité ait de quoi manger et que tous les êtres vivent bien. Vas-tu le faire ?

- Oui, oui!

- Si tu le fais, l'Humanité te respectera, te priera et t'offrira chaque année des offrandes et des sacrifices.

Puis ils dirent au Phoenix de replacer doucement le Dragon dans la mer. Mais Qiangladuji s'approcha du Phoenix et lui chuchota:

- Saisis-le de toutes tes forces et fais-le tomber brutalement.

Le Phoenix agit selon le conseil de Qiangladuji, il lâcha le Dragon si énergiquement que les eaux de la mer jaillirent en de hautes colonnes, qui devinrent des milliers et des milliers de gouttes et volèrent aux alentours. En tombant sur la terre, les grandes gouttes devinrent de grands fleuves et rivières, les petites devinrent des sources, puits et cavernes.

Depuis lors, le peuple Pumi respecte le Roi Dragon selon les directives des Immortels et fait des offrandes chaque année aux fleuves, rivières, lacs, sources, puits et cavernes, pour prier le Roi Dragon de donner une bonne vie à la population Pumi. Après avoir été puni par le Phoenix, le Dragon n'a plus osé commettre de méfaits.

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Dans un petit village au bord de la mer, aux pieds d'une haute montagne, habitait une mère avec son fils. Ils vivaient de leur travail; la mère cousait, le fils ramassait du bois dans la montagne; le garçon se nommait Wang Xiang, et venait tout juste d'avoir 18 ans.

Par un jour d'été, Wang Xiang partit comme à son habitude chercher du bois dans la montagne. La chaleur se faisait sentir. Le jeune homme chercha refuge sous l'ombre d'un arbre. Des chants d'oiseaux se firent entendre. Il leva les yeux mais ne vit point d'oiseaux mais, au-dessus de sa tête, deux petites calebasses, lisses à l'excès, étaient suspendues à la branche. Elles étaient loin d'être mûres, certes, mais l'idée de les abandonner là déplaisait au jeune homme.

Il prit donc sa faucille et se résolut à les arracher avec leur racine. Il y réussit, au prix d'énormes efforts, et les porta à la maison. Avec l'accord de sa mère, il les planta dans le petit potager qui s'étendait devant la maison. Chaque jour, il les arrosait, et les deux calebasses se faisaient de plus en plus belles.

Un jour, un géomancien venu du Sud qui passait par là les aperçut; il demanda à les acheter et proposa jusqu'à cent taëls. Wang Xiang, étonné, demanda:

- Pourquoi voulez-vous les acheter à un tel prix?

- Jeune homme, répondit l'acheteur, ton honnêteté mérite une récompense, je m'en vais te révéler la vérité sur ces deux gourdes. Celle de gauche s'appelle Sèche-mer, parce que la mer se vide à son contact; celle de droite, Ecrase-montagne, parce que la montagne s'écroule à son contact. Passé le mois d'août, une fois mûres, elles deviendront efficaces!

Wang Xiang était déjà peu enclin à les vendre; maintenant plus que jamais il ne les aurait cédées pour tout l'or du monde.

La fin d'août arriva. Les deux callebasses étaient jaunes d'or, signe qu'elles étaient mûres.

Wang Xiang les cueillit et, ayant mis de côté la gourde de droite, il s'en fut dans la direction de la mer muni de celle de gauche, décidé à vérifier les dire du géomancien.

A sa grande surprise, la mer effleurée par sa gourde, recula de 4 à 5 lis. Wang Xiang, pris de terreur, retira promptement la gourde; il allait s'enfuir à toutes jambes. Lorsqu'il vit sortir de l'eau une étrange créature à forme humaine, au visage noir, le corps couvert de poils verts des pieds à la tête et une fourche tridentée à la main. L'espace d'un instant, et le monstre l'avait rattrapé. Terrifié, le garçon se laissa choir sur le sable attendant la mort. Mais les apparences se démontrèrent trompeuses, car le génie s'inclina respectueusement devant lui:

- Vous avez devant vous, dit-il, le gardien du Palais de cristal; Sa Majesté le Roi Dragon, désire s'entretenir avec vous et vous prie donc de me suivre.

Wang Xiang, toujours sous l'effet de la peur, refusa l'invitation d'un mouvement de la main:

- Non, non, je préfère rester ici.

Mais le gardien insista:

- Sa Majesté souhaite avoir l'honneur de faire votre connaissance. Vous venez de mettre à l'eau Sèche-mer, il s'en est fallu de peu que notre Palais s'effondre. je crois que Sa Majesté a besoin de votre aide. Elle est prête à vous accorder tout ce que vous voudrez pourvu que vous lui donniez satisfaction.

Comme dans un rêve, Wang Xiang fut transporté par l'envoyé du Roi Dragon. Petit à petit, il se sentit plus rassuré.

Le gardien de lui dire:

- Il y a au Palais une canne de bambou magique. Dès qu'on ôte le bouchon à son extrémité, le riz se met à couler, intarissable. Vous demanderez au roi cet objet précieux ainsi que son chien. Le roi y tient beaucoup, mais vous pourrez en faire votre compagnon.

- Très bien, déclaraWang Xiang, d'un air satisfait, j'aimerais bien avoir un chien qui m'accompagne quand je vais chercher du bois dans la montagne.

Ils continuèrent leur chemin en parlant de choses et d'autres et arrivèrent vite au Palais. L'aspect simple et souriant de Wang Xiang plut au roi, qui se leva pour l'accueillir. Il lui dit:

- Jeune homme, vous possédez un objet bien dangereux pour nous. Prêtez-moi serment de ne jamais le réutiliser et je vous offrirai tout ce que vous voudrez.

Wang Xiang, la tête baissée en signe de respect répondit:

- Je vous demande pardon pour ce qui est arrivé, Majesté. Moi-même j'ignorais ce dont cette calebasse était capable; je vous promets, selon votre désir, de ne jamais la réutiliser. Si votre Majesté voulait me montrer quelque bienveillance, j'oserais demander deux choses;

- Lesquelles? Parle!

- La première, c'est votre canne de bambou.

- Aucun problème! Et la deuxième?

- C'est le chien qui est à vos côtés.

Le Roi Dragon parut décontenancé à cette deuxième demande: Le chien était l'incarnation de sa fille. Toutefois, vue la promesse qu'il avait faite, il finit par acquiescer, à regret.

Wang Xiang, après avoir remercié le Roi Dragon, prit le chien dans ses bras, se fit apporter la canne de bambou, et, ses adieux faits, prit le chemin du retour. Dès qu'il atteignit le rivage, la mer se remplit à nouveau.

L'après-midi touchait à sa fin. Ma mère doit être bien inquiète, pensa tout à coup Wang Xiang en hâtant le pas. Le chien, toujours dans ses bras, se mit à aboyer. Il le laissa aller; en touchant le terre ferme, le chien se transforma en une jeune fille adorable. Le garçon contemplait ahuri cette métamorphose. Elle lui parlait maintenant.

- Cher frère Wang Xiang, dit la jeune fille, ressaisissez-vous, je suis la fille du Roi Dragon. Si je ne vous déplais pas trop, nous pourrions nous marier?

- J'aimerais beaucoup vous épouser, dit Wang Xiang, mais ma famille est trop pauvre, je ne peux me le permettre.

- Qu'à cela ne tienne! insista-t-elle, je prendrai tout à ma charge.

Wang Xiang rougit et hocha la tête en signe d'acquiescement.

Arrivés à la maison, ils trouvèrent sa mère évanouie, n'ayant plus rien mangé depuis son départ. La jeune fille, en un tour de main, prit la canne de bambou, versa un peu de riz et prépara un bouillon. Puis, avec l'aide du jeune homme, elle fit couler un peu de bouillon entre les lèvres de la vieille femme, qui reprit bientôt connaissance, et avala l'un après l'autre deux bols de riz.

Elle fut très heureuse de retrouver son fils, et l'idée d'avoir une jeune fille si gracieuse pour bru la ravissait. Elle aurait aimé qu'ils se marient au plus tôt, mais elle s'affligeait déjà devant l'exiguïté de sa maison. La future bru, consciente de ce qui tracassait la mère, lui demanda:
- Maman, à qui appartient le jardin devant notre maison?

- C'est à nous, répondit la mère.

- Alors, ne vous en faites pas, chère maman, dit la jeune fille, nous allons nous arranger pour cette nuit. Demain nous aurons une grande maison.

A minuit, la fille du Roi Dragon se leva sur la pointe des pieds, et sortit dans le potager, elle prononça des phrases magiques; à son appel, une armée de crevette et de crabes vinrent de la mer et bâtirent, suivant ses ordres, une grande et luxueuse demeure à l'endroit du jardin.

Au lever du jour, le jeune homme et sa mère trouvèrent, au lieu du potager, une belle bâtisse en briques vertes, avec une riche basse-cour. Emerveillés, ils ne savaient trop que penser.

- Que s'est-il passé? se demandaient-ils.

La fille du Roi Dragon, avec un sourire, leur dit:

- C'est moi qui ai fait construire cette maison. Nous allons vite y emménager et à la place de la vieille maison, nous ferons un joli jardin.

Le jour même, la mère invita parents et amis pour célébrer leur mariage.

La nouvelle se répandit vite et parvint jusqu'au gouverneur du district qui, trouvant la chose étrange, décida de rendre visite à la famille avec quelques officiers de sa suite. Il trouva la belle demeure à son goût, mais plus encore la jolie épouse de Wang Xiang.

Lorsqu'il l'aperçut, si mignonne et si gracieuse, ce fut le coup de foudre. Il sentit jusqu'à ses jambes se dérober. Il s'adressa à Wang Xiang:

- Ton logis est fort agréable, Wang Xiang. Qu'en penserais-tu si je venais y habiter, moi aussi?

- Je dois demander l'avis de ma femme, répondit Wang Xiang, troublé.

La nouvelle mariée, perçant à jour le dessein du visiteur, décida de lui donner une leçon. Elle dit à son mari:

- Fais-le venir si tu veux, on lui cèdera la chambre principale.

Le gouverneur, euphorique, décida de s'y installer le jour même. Du matin au soir, il dévorait des yeux la jeune mariée; plus il la regardait, plus elle lui plaisait. Tremblant de désir, il finit par dire à Wang Xiang:

- Si tu me cèdes ta femme, je t'élèverai au rang d'officier.

Bien sûr, Wang Xiang refusa ferme. Le gouverneur loin d'abdiquer, tenta de s'y prendre autrement:
- Je peux y renoncer, à condition que tu réussisses à déraciner le saule dans la cour et à le replanter les racines en l'air. Si tu échoues, ta femme m'appartiendra.

Wang Xiang, préoccupé, alla raconter à son épouse les propos du gouverneur. Celle-ci le tranquilisa en ces termes:

- Va te coucher, et dors d'un sommeil paisible. Tout sera fait demain matin.

Quand la nuit fut profonde, la fille du Roi Dragon appela de nouveau à son secours les crevettes et les crabes; en un tournemain le saule fut arraché et replanté suivant les indications du gouverneur. Celui-ci, surpris et très mécontent, ne se donna pas pour vaincu:

- Déraciner un arbre et le replanter ne remplissent qu'une partie de mes conditions. Il s'agit maintenant de renverser cette montagne au nord. Si tu échoues, ta femme sera à moi.

Une fois de plus, Wang Xiang, ne sachant que faire, eut recours à sa femme. Celle-ci lui dit:

- Où as-tu caché l'autre calebasse? C'est le moment de l'utiliser.

Wang Xiang, se souvenant du pouvoir magique de la deuxième calebasse, reprit immédiatement courage.

Le lendemain matin, muni de la gourde, il se mit en route vers la montagne. L'arrogant gouverneur et ses officiers le suivaient à distance, de crainte que la fille du Roi Dragon ne lui vînt en aide par quelque magie.

Wang Xiang, malin, alla se poster sur le versant opposé de la montagne; à peine eut-il posé la calebasse à ses pieds que l'on entendit un grondement sourd, puis, dans un fracas assourdissant, la montagne s'écroula, recouvrant à jamais le gouverneur et ses laquais.

Dès lors, la famille de Wang Xiang mena une vie paisible et heureuse.

 


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Rédigé par orange8454

Publié dans #jeune, #mer, #roi, #wang, #xiang

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Publié le 13 Septembre 2012

Le Roi Dragon de la mer de l'Est avait une fille de dix-huit ans très belle et extrêmement intelligente.

Le Roi Dragon cherchait à marier sa fille, mais cette dernière ne voulait épouser aucun des jeunes hommes qu'on lui présentait, et le Roi ne savait que faire.

Il lui demanda:

- Ma chérie, quel genre de mari veux-tu?

- Papa, je n'aime pas les riches, ni les puissants, je veux épouser un homme honnête et courageux, répondit la jeune fille.

Le Roi Dragon ordonna à ses conseillers d'aller chercher un prétendant qui correspondait au goût de sa fille.

Le Ministre Tortue présenta un garçon, mais celui-ci ne plut pas à la jeune fille.

Le Maréchal Crabe en présenta un autre, qu'elle n'aima pas davantage.

Un jour, le Général Anguille, au retour d'une patrouille sur le fleuve, proposa à son tour un jeune homme.

Ce dernier s'appelait Ah Er et habitait au pied d'une montagne. Il était célèbre pour son honnêteté et sa bravoure. Orphelin et pauvre, il n'était pas encore marié. Il vivait de la chasse avec son grand frère.

La fille du Roi Dragon devint toute souriante en entendant cela.

Cependant, Le Roi Dragon fronça les sourcils et dit:

- Ma fille, d'une part, on ne sait pas s'il est vraiment honnête et courageux et d'autre part, il n'est pas de la gent aquatique comme nous, comment pourriez-vous vous marier?

Voyant que son père n'était pas d'accord, la fille du Roi ne fit plus sa toilette, ne se coiffa plus et resta au lit.

Le Roi Dragon était perplexe et ennuyé, le conseiller Crevette avança une proposition qui fit aussitôt sourire le Roi.

 

Cette nuit là, Ah Er vit en rêve un vieillard aux cheveux blancs qui lui dit:

"Ah Er, une jeune fille t'attend au bord de la rivière. Va vite la demander en mariage."

Tout heureux, il se réveilla et raconta son rêve à son drère aîné Ah Da. Jaloux, Ah Da lui répondit:

- Il ne faut pas prendre ce rêve au sérieux. Ne t'abandonne pas à la rêverie. Recouche-toi.

Ah Er se rendormit; Ah Da se leva furtivement et se dirigea vers la rivière.

Au réveil, Ah Er constata que son frère n'était pas là et il ne savait pas où il était. Se disant que son rêve pourrait être vrai, il s'habilla et se rendit au bord de la rivière.

La lune toute ronde luisait dans le ciel. La brise soulevait l'eau de la rivière brillante. Des lucioles, avec leurs petites lanternes, voltigeaient sur les rives. Au clair de la lune, une jeune fille assise sur une pierre plongeait ses longs cheveux dans l'eau.

Cette fille était la beauté-même. Ah Da et Ah Er s'approchèrent d'elle en même temps et la demandèrent en mariage.

Tournant la tête, la jeune fille leur jeta un coup d'oeil, et demanda:

- Qui voulez-vous que je choisisse? Répondez vous-même! Qui est le plus honnête et le plus courageux?

Les deux garçons répondirent en même temps:

- Je suis le plus honnête et le plus courageux.

- Eh bien, mes honnêtes gens, mes courageux, maintenant j'ai besoin d'une escarboucle. Celui qui la trouvera m'épousera, dit la jeune fille.

 

Les deux frères demandèrent:

 

- Mademoiselle, où est cette escarboucle?

- Elle est chez Le Roi Dragon de la Mer de l'Est. Je vous donne à chacun une épingle pour écarter les eaux, afin que vous puissiez descendre dans la Mer, répondit la jeune fille.

Puis, elle leur donna à chacun une épingle.

Après avoir salué la jeune fille, les deux frères s'en allèrent l'un derrière l'autre.

Où était la Mer de l'Est? Personne n'y avait jamais été. A quelle distance était-elle? Personne ne le savait.

Ah Da monta sur le cheval qu'il avait emprunté et s'en alla vers une grande route. Ah Er, quelques paires de sandales de paille sur le dos, se mit en route en suivant un petit chemin le long de la rivière.

Ils marchaient le jour et se reposaient la nuit, et, au bout de nombreux jours, Ah Da arriva dans un village qui venait de subir une inondation après une pluie de dix jours d'affilée.

Beaucoup de champs et de maisons étaient sous les eaux. Les vieux et les enfants s'étaient enfuis dans la montagne. Les jeunes manoeuvraient des barques pour repêcher des objets dans l'eau.

Trois jours plus tard, les eaux ne s'étaient toujours pas retirées, et les villageois étaient très inquiets en pensant que les céréales seraient perdues et que les maisons s'écrouleraient. Les vieux dirent:

- Dépêchons-nous d'aller emprunter la louche d'or du roi Dragon! On ne saurait écoper toute cette eau qu'avec cette louche d'or.

Mais qui pourrait assumer cette tâche?

 

Ah Da n'avait plus de provisions. Comment Faire?

Ayant entendu ce qu'on avait dit, il cria:

- Je vais justement voir Le Roi Dragon. Si vous me préparez des provisions, j'emprunterai pour vous la louche d'or.

Les villageois en furent contents. Bien que souffrant de la faim, ils offrirent de la nourriture à Ah Da et lui firent traverser la rivière en barque.

Deux jours plus tard, Ah Er arriva dans ce village. Il n'avait plus rien à manger et trompait sa faim avec le produit de sa chasse. A la vue de l'inondation, très inquiet, il suivit les jeunes villageois pour les aider à repêcher les objets dans l'eau.

Au bout d'une journée, il entendit dire qu'il faudrait la louche d'or du roi Dragon pour écoper toute l'eau. Il dit alors aux villageois:

- Je vais justement voir Le Roi Dragon, j'emprunterai pour vous la louche d'or.

Les villageois trouvèrent étrange que deux hommes allasent l'un après l'autre voir Le Roi Dragon. Cependant convaincus de son honnêteté, ils dirent à Ah Er:

- Jeune frère, nous te prions de t'en charger. N'oublie pas!

Faisant oui d'un signe de tête, Ah Er leur serra les mains en disant:

- Mes chers amis, je ne saurai oublier. Si je puis descendre dans la mer, j'emprunterai certainement pour vous la louche d'or.

Les villageois voulurent lui faire traverser la rivière en barque, Ah Er les en remercia, se jeta à l'eau et nagea vers l'autre rive.

 

Quand Ah Er arriva au bord de la Mer de l'Est, son frère aîné était déjà là en attente depuis longtemps.

la Mer se montrait en colère et ressemblait à un champ de bataille immense. Le vent sifflait si fort qu'on avait l'impression d'entendre le son aigu d'une corne. Les vagues, telles une troupe de cavaliers, se précipitaient avec violence sur le rivage. Des rochers de plusieurs tonnes étaient emportés dans la mer comme de simples fétus.

Pris de panique, Ah Da n'osait pas y descendre et demanda à Ah Er de marcher en premier.

Sans rien dire, Ah Er, l'épingle à la main, se jeta sur les vagues. Chose curieuse, les eaux s'écartèrent, une grande route se déployait devant eux. Ah Da ferma les yeux et suivit Ah Er jusqu'au fond de la mer.

Arrivés à la porte du Palais royal, ils exprimèrent leur intention au gardien, qui les laissa entrer.

Le Roi Dragon fut heureux de les recevoir et les accompagna à la salle du trésor. Il dit:
- Eh bien, prenez ce que vous voulez. Mais le seul règlement chez nous est que chacun ne peut prendre qu'un seul objet.

Puis, il fit un signe de la main, et la porte s'ouvrit. La salle était ruisselante de couleurs multiples. C'était splendide! Toutes sortes de trésors se trouvaient sur les murs et les tables.

Ne pensant qu'à épouser la jeune fille, Ah Da choisit la plus grosse perle. Elle brillait tellement qu'elle éclairait toute la salle. Il la prit, la mit dans son sac à dos. Insatisfait, Ah Da voulut prendre tout ce qu'il voyait lingots d'or, talismans de jade... Il finit par être expulsé de la salle par le gardien du trésor.

Ah Er entra dans la salle, vit l'escarboucle sur un étagère, mais ne la prit pas, pensant qu'il avait promis aux villageois d'emprunter la louche d'or, puis il sortit de la salle.

Le Roi Dragon invita les deux frères à rester quelques jours, mais ils refusèrent. Le Roi Dragon les accompagna alors jusqu'à la sortie de la mer.

 

Arrivés à la côte, Ah Da monta sur son cheval, le fouetta et le fit galoper droit en avant. Ah Er se mit en marche. Il était très loin derrière son frère.

Quand Ah Da passa par le village inondé, l'eau ne s'était toujours pas retirée, beaucoup de céréales étaient perdues et de nombreuses maisons écroulées. Les villageois attendaient sur la route.

Ils l'entourèrent dès son arrivée et lui demandèrent:

- Où est la louche d'or?

Il dit un mensonge:

- Le Roi Dragon n'a pas voulu me la prêter. Je ne puis rien faire pour vous. Cela dit, il fit galoper son cheval.

Le lendemain, arriva Ah Er. Une fois la rivière traversée, il cria aux villageois sur la montagne:

- Mes chers amis, venez vite, voilà la louche d'or!

Ravis, les villageois se dirigèrent vers lui.

Ah Er et les villageois allèrent écoper l'eau avec la louche d'or. Au premier coup, l'eau se retira des maisons; au deuxième coup, les céréales apparurent; et au troisième coup, l'eau se retira complètement.

Ah! Une grosse huître reposait dans un creux. N'ayant plus d'eau, elle était déjà morte. On l'ouvrit et y découvrit une grosse perle noire.

Les villageois offrirent cette perle à Ah Er, en lui disant:

- A cause de l'inondation, nous n'avons rien de mieux à t'offrir. Garde cette perle en souvenir.

Ah Er les remercia et mit la perle dans son sac à dos. Il serra les mains des villageois et prit congé d'eux.

Bien qu'il n'eût pas pris l'escarboucle, il était satisfait en pensant qu'il avait aidé les villageois.

 

Ah Da rentra à la maison en quelques jours. Il rejoignit la jeune fille au bord de la rivière et lui remit respectueusement la perle brillante en lui demandant sa main tout de suite.

La jeune fille répondit:

- Attendons le soir pour voir si c'est une escarboucle ou pas!

Le soir, Ah Da retourna au bord de la rivière, sortit la perle du sac et constata qu'elle ne brillait pas du tout.

Ah Da sanglotait de désespoir. Fou de colère, il piétina la perle, qui se brisa et répandit un liquide puant.

Un jour après, Ah Er rentra. La tête baissée, il alla voir la jeune fille et lui expliqua:
- Mademoiselle, excusez-moi, je n'ai pas pu obtenir l'escarboucle que vous désiriez.

- Alors, qu'as-tu dans ton sac à dos? demanda la jeune fille.

- Ah! C'est un cadeau offert par d'autres, une perle normale, répondit Ah Er.

Ah Er sortit la perle noire qui n'avait aucun orient.

A côté, Ah Da dit en ricanant:

- Ces galets brillent plus que ta perle.

- Attendons le soir pour voir! intervint la jeune fille.

La nuit tomba. Ah Er ouvrit son sac et en sortit la perle.

Ah! Cette perle était vraiment splendide! Ce n'est pas une simple perle, mais la lune, que l'on croyait voir rouler dans le creux de la main. En fait la lune était terne comparée à cette perle dont la lumière argentée qu'elle irradiait éclairait le bord de la rivière comme s'il faisait jour.

Ayant pris l'escarboucle, la jeune fille la lança vers le ciel et le joyau y brilla d'un éclat éblouissant.

Quand Ah Da rouvrit les yeux, il vit dans la lumière argentée un Palais doré dont le toit pointu était surmonté de l'escarboucle. La jeune fille et Ah Er, vêtus d'habits de cérémonies magnifiques, la main dans la main, épaule contre épaule, entraient pour s'y marier.

Ah Da se précipita vers le Palais, en atteignit la porte, c'est alors qu'un gardien l'empêcha d'entrer.

 





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Rédigé par orange8454

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