Publié le 13 Septembre 2012

En 1490, dans une somptueuse demeure de la ville de Tanger vivait une très belle jeune fille qui s’appelait Zoraima. Son père Moulay Mohamed lui apprit que Boabdil, roi de grenade la demandait en mariage.


Malheureuse, elle alla voir une vieille femme qui avait le don de lire dans le livre du destin.

- Peux-tu me dire Aïcha si mon départ apportera dans ma vie bonheur ou infortune ?

- O toi, ma maîtresse, toi la fille de mon bienfaiteur, je puis lire quelle sera ta destinée, mais il m’est interdit de te révéler ce que le miséricorde cache à ses créatures.

Elle cueillit une rose, la plus rouge et la plus odorante du parterre, et la tendit à la princesse.

- Prends cette fleur, et conserve-la avec soin. Tant que le malheur ne t’atteindra pas, cette rose restera fleurie, mais le jour où le Destin te sera contraire, alors elle se fanera.

Zoraima se mit en route pour Grenade avec une escorte et sa précieuse rose, dans un coffret de santal.

Lorsqu’elle vit son futur époux Boabdil son cœur cessa de battre à la vue de ce frêle jeune homme au teint pâle, aux grands yeux de velours, dont les gestes harmonieux étaient aussi gracieux que ceux d’une femme.

Les jours se succédaient, le bonheur de la princesse était manifeste ; dans son coffret de bois de santal, la rose de Tanger s’épanouissait.

Un jour la ville fut attaquée par les chrétiens envahisseurs, les canons tonnaient, le peuple mourait, mais la rose de Tanger donnait son plus merveilleux parfum.

Entre les rois catholiques et le Sultan Boabdil un traité fut signé ; il remettait son royaume entre les mains des conquérants afin que le sang de ses sujets ne fût pas répandu plus encore.


Lorsque la ville apprît la signature du traité, elle se crût trahi.

Les gens criaient – A mort Boabdil – A mort le traître !

Boabdil n’emmenant avec lui sa femme et quelques serviteurs fidèles, quitta le palais par un passage secret, mais il tomba au milieu de guerriers chrétiens.

Ils furent emmenés jusqu’aux rois chrétiens qui les exila.

La rose de Tanger doucement s’épanouissait.

Il n’avait rien emporté de ses trésors, personne ne lui venait en aide et sa maison si pauvre qu’il ne possédait pas ni d’esclave pour le servir.

L’humiliation et le chagrin eurent raison de Boabdil. Un jour il se présenta devant Zoraima et il lui dit :

- Je ne puis plus vivre ici, je m’en vais vers les régions du soleil levant.

- Je t’accompagne dusses-tu aller au bout du monde.

- Non Zoraima, tu ne viendras pas avec moi. Tu retourneras dans la maison de ton père où tu vivras entourée de richesse et de respect.

- Pourquoi, mon seigneur ?

- Parce que je ne t’aime plus.

Après son départ, et avoir prononcé par trois fois la formule de répudiation, Zoraima se retira en pleure et selon son habitude ouvrit le coffret en bois de santal. La belle rose rouge n’était plus qu’une petite boule jaunâtre qui tombait en poussière.

La rose de Tanger venait seulement de se faner.




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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

L'on raconte qu'aux temps anciens il était un pauvre vieux qui s'entêtait à vivre et à attendre la mort tout seul dans sa masure. Il habitait en dehors du village. Et jamais il n'entrait ni ne sortait, car il était paralyse. On lui avait traine son lit prés de la porte, et cette porte, il en tirait la targette a l'aide d'un fil. Or ce vieux avait une petite fille, a peine au sortir de d'enfance, qui lui apportait tous les jours son déjeuner et son diner. Aicha venait de l'autre bout du village, envoyée par ses parents qui ne pouvaient eux-mêmes prendre soin du vieillard.

La fillette, portant une galette et un plat de couscous, chantonnait à peine arrivée :

Ouvre moi la porte, o mon père Inoubba, o mon père Inoubba ! Et le grand-père répondait :

Fais sonner tes petits bracelets, o Aicha ma fille !

La fillette heurtait l'un contre l'autre ses bracelets et il tirait la targette. Aicha entrait, balayait la masure, serait le lit. Puis elle servait au vieillard son repas, lui versait a boire. Apres s'être longuement attardée prés de lui, elle s'en retournait, le laissant calme et sur le point de s'endormir. La petite fille racontait chaque jour à ses parents comment elle avait veille sur son grand-père et ce qu'elle lui avait dit pour le distraire. L'aïeul aimait beaucoup a la voir venir.

Mais un jour, l'Ogre aperçut l'enfant. Il la suivit en cachette jusqu’à la masure et l'entendit chantonner :

Ouvre moi la porte, o mon père Inoubba, o mon père Inoubba ! Il entendit le vieillard répondre

Fais sonner tes petits bracelets, o Aicha ma fille !

L'Ogre se dit ; "J'ai compris. Demain je reviendrai, je répéterai les mots de la petite fille, il m'ouvrira et je le mangerai !"

Le lendemain, peu avant que n'arrive la fillette, L'Ogre se présenta devant la masure et dit de sa grosse voix"

Ouvre moi la porte, o mon père Inoubba, o mon père Inoubba !

Sauve-toi, maudit ! lui répondit le vieux. Crois-tu que je ne te reconnaisse pas ?

L'Ogre revint à plusieurs reprises mais le vieillard, chaque fois, devinait qui il était. L'Ogre s'en alla finalement trouver le sorcier.

Voici, lui dit-il, il y a un vieil impotent qui habite hors du village. Il ne veut pas m'ouvrir parce que ma grosse voix me trahit. Indique-moi le moyen d'avoir une voix aussi fine, aussi claire que celle de sa petite fille.

Le sorcier répondit :

Va, enduis-toi la gorge de miel et allonge-toi par terre au soleil, la bouche grande ouverte. Des fourmis y entreront et racleront ta gorge. Mais ce n'est pas en un jour que ta voix s'éclaircira et s'affinera !

L'Ogre fit ce que lui recommandait le sorcier ; il achetait du miel, s'en remplit la gorge et alla s'étendre au soleil, la bouche ouverte. Une armée de fourmis entra dans sa gorge.

Au bout de deux jours, l'Ogre se rendit a la masure et chanta

Ouvre moi la porte, o mon père Inoubba, o mon père Inoubba !

Mais le vieillard le reconnut encore.

Eloigne-toi, maudit ! lui cria-t-il. Je sais qui tu es.

L'Ogre s'en retourna chez lui.

Il mangea encore et encore du miel. Il s'entendit de longues heures au soleil. Il laissa des légions de fourmis aller et venir dans sa gorge. Le quatrième jour, sa voix fut aussi fine, aussi claire que celle de la fillette. L'Ogre se rendit alors chez le vieillard et chantonna devant sa masure :

Ouvre moi la porte, o mon père Inoubba, o mon père Inoubba !

Fais sonner tes petits bracelets, o Aicha ma fille ! répond l'aïeul.

L'Ogre s'était muni d'une chaine ; il la fit tinter. La porte s'ouvrit. L'Ogre entra et dévora le pauvre vieux. Et puis il revêtit ses habits, prit sa place et attendit la petite fille pour la dévorer aussi.

Elle vint, mais elle remarqua, des qu'elle fut devant la masure, que du sang coulait sous la porte. Elle se dit : "Qu'est-il arrive a mon grand-père ?"

Elle verrouilla la porte de l'extérieur et chantonna

Ouvre moi la porte, o mon père Inoubba, o mon père Inoubba !

L'Ogre répondit de sa voix fine et claire :

Fais sonner tes petits bracelets, o Aicha ma fille !

La fillette qui ne reconnut pas dans cette voix celle de son grand-père, posa sur le chemin la galette et le plat de couscous qu'elle tenait, et courut au village alerter ses parents.
L'Ogre a mangé mon grand-père, leur annonça-t-elle en pleurant. J'ai ferme sur lui la porte. Et maintenant qu'allons-nous faire ?

Le père fit crier la nouvelle sur la place publique. Alors, chaque famille offrit un fagot et des hommes accoururent de tous cotes pour porter ces fagots jusqu'a la masure et y mettre le feu. L'ogre essaya vainement de fuire. Il pesa de toute sa force sur la porte qui résista. C'est ainsi qu'il brula.

L'année suivante, à l’ endroit même ou l'Ogre fut brule, un chêne s'élança. On l'appela le "Chêne de l'Ogre". Depuis, on le montre aux passants.

Mon conte est comme un ruisseau, je l'ai conté à des Seigneurs.


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

C'est l'histoire d'un lion qui s'en vint trouver un chacal et lui dit : "Je voudrais que vous me procuriez de quoi manger : voilà huit jours que je reste sur ma faim ".

"Il y a ici, répondit le chacal, un mulet qui broute dans un pâturage : mais il faut que nous lui trouvions un motif ".

"Entendu, dit le lion, quoi que vous décidiez, je vous soutiendrai".


« Venez, reprit le chacal, rendons-nous ensemble chez lui. Dès que j'arriverai, je lui dirai que le roi nous a prescrit de produire chacun son arbre généalogique, à savoir ses racines, bref l'identité de son père. Voilà, continua-t-il, le langage que je lui tiendrai, c'est ça le meilleur prétexte. Le mulet, c'est connu, n'a pas d'origine avouable : ses parents sont la jument et le baudet, sauf votre respect. Alors, conclut le chacal, quand nous nous présenterons à vous, il faut que vous m'interrogiez en premier »

Ils arrivèrent donc auprès du mulet. Le chacal l'appela et lui dit :

« Venez voir ce que dit le lion ».

« Moi, dit le lion, je ne suis que l'envoyé du roi. Ne me prêtez aucune mauvaise intention »

« Je vous en prie messire », dit le mulet.

« Je viens, dit le lion, vous poser une question : il faudrait que vous me fassiez connaître vos origines »

« En ce qui me concerne, oncle lion, dit le chacal, je suis chacal, descendant de chacals, et ceci jusqu'au chacal que Noé a pris avec lui dans l'arche. »

« Et vous ? » demanda-t-il au mulet.

« Moi, monseigneur répondit le mulet,

je n'ai pas de tête. Il faut que j'aille demander à ma mère quelle est mon origine ».

« Entendu », dit le lion.

Or notre mulet était de solide carrure. Il s'arrêta auprès d'un forgeron, et quand il lui eut mis une ferrure neuve, il revint en se mettant à boiter d'un pied.

Les deux autres lui demandèrent :

« Qu'est-ce qui arrivé pour que vous boitiez ? »

« C'est, dit-il, une lettre que ma mère m'a fourrée dans le sabot. J'avais peur que si je la mettais dans la bouche elle se mouille ; alors je l'ai mise dans le sabot ».

Quand il fut près d'eux, il leur dit : « Désignez l'un de vous pour qu'il vienne la lire » Le lion dit au chacal :

« Allez la lire ».

« Monseigneur, prétexta le chacal, je n'y vois pas clair du tout ».

Le lion s'avança pour la lire. Alors, le visant bien entre les deux yeux, le mulet lui décocha une ruade qui lui fit voler le crâne en éclat.



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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y avait dans un pays deux frères : l'un était riche et l'autre n'avait pas devant lui le repas d'un soir. Un jour, les hommes sages allèrent trouver le riche et lui demandèrent : "Pourquoi n'aides-tu pas ton frère ? Il n'a rien alors que tu possèdes de grandes richesses."Le temps passa et vint l'Aïd. Le riche dit à sa servante :

 

"Voilà un mouton, un sac de semoule et un pot de beurre. Va les porter à la tombe oubliée."

 

La servante mit la semoule et le beurre sur l'âne, s'installa sur le bât après avoir passé une corde au cou du mouton. Elle se mit en route en se demandant comment elle reconnaîtrait la tombe oubliée.

 

Elle se rendit dans un cimetière, avisa une tombe délabrée, y attacha le mouton, y déposa le sac et le pot et revint à la maison de son maître. Celui-ci lui demanda :

 

"As-tu fait la commission dont je t'avais chargée ?

 

Oui, Sidi." Le temps passa. Les gens du village allèrent voir le pauvre et le questionnèrent :

 

"Ton frère a-t-il été généreux avec toi ?

 

Non", répondit-il. Ils retournèrent auprès du riche et lui reprochèrent son avarice. Il s'étonna :

 

"Mais, je lui ai envoyé des vivres pour l'Aïd. Ce doit être un coup de la servante. Appelle-moi cette fille de chien." Vint la servante :

 

"Où as-tu mis les provisions que je t'avais confiées ?

 

Tu m'as ordonné de les porter à la tombe oubliée. Je les ai déposées sur la tombe la plus désolée du cimetière." Le pauvre avait tout entendu. Il se leva et fit ce serment :

 

"Par Dieu, le pays où j'ai été surnommé la tombe oubliée, je n'y resterai plus. J'y reviendrai quand la fortune m'aura souri." Il se rendit chez lui et dit à sa femme :

 

"Prépare-moi quelque chose pour la route. Demain, je partirai. Si j'arrive à survivre, c'est tant mieux ; si je meurs, tel aura été mon destin.

 

Il se leva tôt le matin et se mit en route. Il marchait depuis longtemps et le soleil commençait à décliner vers le couchant, lorsqu'il aperçut une fumée devant lui.

 

Je vais me rendre dans cette maison là-bas. Si elle est habitée par des ogres, je serai dévoré. Si ce sont des humains qui s'y trouvent, j'aurai à manger et un abri pour la nuit.

 

Lorsqu'il fut près de la demeure, il croisa un corbeau qui lui demanda où il allait. Le pauvre désigna de la main la maison.

 

Malheureux, c'est là habitent quarante ogres. Mais je vais t'indiquer comment te tirer d'affaire. Pour pénétrer à l'intérieur de la maison, tu n'auras qu'à dire : "Porte, ouvre-toi par la grâce de Dieu." Lorsque tu sortiras, tu prononceras l'autre formule : "Porte, ferme-toi par la grâce de Dieu."

 

Le pauvre arriva devant la maison et prononça la formule d'ouverture. La porte s'ouvrit et il pénétra dans une vaste pièce. Il vit quarante plats de couscous, accompagnés d'autant de morceaux de viande et de cruches d'eau. Il mangea une cuillerée dans chaque plat, prit une bouchée de viande de chaque part et but une gorgée de chaque cruche. Il s'essuya la bouche et aperçut un énorme tas de pièces d'or, qui occupait tout un coin de la pièce. Il mit quelques poignées de louis dans son capuchon, redit la formule d'ouverture. La porte s'ouvrit, il sortit, prononça la formule de fermeture et le lourd battant retomba.

 

Il revint chez lui et demanda à sa femme le grand plat en bois. Il y vida les pièces d'or. Ses enfants se mirent à pousser des ris de joie et lui demandèrent d'où venait cette richesse.
"C'est Allah qui nous a pris en pitié."

 

Le pauvre envoya sa fille emprunter le boisseau à son frère. Le riche et sa femme s'interrogèrent : que pouvait bien avoir à mesurer un homme aussi misérable ? Ils collèrent un peu de résine (loubène, pate végétal à mastiquer) au fond du boisseau.

 

Lorsque le pauvre mesura l'or, un Louis resta collé au fond du récipient. Le riche découvrit la pièce et dit :

 

Ce fils de chien possède une grande richesse et je n'en savais rien. Nous verrons cela demain. Le lendemain, il alla trouver son frère et lui déclara : Mon frère, fils de ma mère, la barbe te mange le visage. Pourquoi donnes-tu une telle image de misère ? Viens avec moi, je vais te raser.

 

Celui qui fait du bien ne demande pas conseil. Allons-y.

 

Nous serons mieux dans ce champ, là-bas, au soleil. Lorsqu’ils furent à l'écart le riche dit à son frère :

 

Mets ta tête sur mes genoux. Puis subitement, il ajouta :

 

Si tu ne me révèles pas d'où vient l'or que tu as, je t'égorgerai.

 

Mon frère, fils de ma mère ne fais pas de mes enfants des orphelins ; ne me tue pas et je te raconterai tout. Il lui fit le récit de son aventure et ajouta :

 

Si tu y vas, ne mange qu'un peu de chaque plat ne bois qu'une gorgée de chaque cruche d'eau. Prends dans le tas de louis ce que Dieu t'auras permis et sors en redisant la formule de fermeture.

 

Le riche dit à sa femme :

 

Prépare-moi des vivres pour la route. Je partirai demain.

 

Il suivit les instructions de son frère. Mais une fois dans la demeure des ogres, il vida tout un plat de couscous, dévora un morceau entier de viande et vida un pot d'eau. Il remplit ensuite un grand sac de pièces d'or qu'il traîna péniblement vers la porte. Il prononça la formule d'ouverture. Mais la porte resta fermée. Il eut beau répéter : "Porte, ouvre-toi par la grâce de Dieu", le lourd battant de bois resta sourd à ses supplications. Ce fut bientôt la nuit. Il entendit le mugissement des quarante ogres qui revenaient. Il chercha où se cacher. Il aperçut les peaux des ânes qu'avaient dévorés les ogres, en endossa une, s'accroupit et entassa les autres dépouilles autour de lui. Les ogres entrèrent en grognant et, ne trouvant pas le repas de l'un d'entre eux, se mirent à se quereller. Puis ils se mirent à renifler et à grommeler.
"L'odeur des Humains est dans nos murs. L'odeur des soldats et des armes. L'odeur des Humains est dans nos murs."

 

Ils cherchèrent partout mais en vain. Ils chauffèrent alors les tisonniers et en piquèrent les peaux d'ânes. Ils finirent par toucher le malheureux qui hurla. Les ogres se jetèrent sur lui et le dévorèrent ne laissant que la tête.

 

Le lendemain, en partant, ils suspendirent devant leur porte la tête et le burnous de leur victime.

 

Le second frère, celui qui était pauvre, après avoir vainement attendu le retour du riche, décida d'aller à sa recherche. Arrivé près de la maison des ogres, il découvrit la tête dégoulinante de sang et le burnous de son frère : "J'ai toujours su que tu ne t'en tirerais pas et qu'ils te mangeraient", soupira-t-il.

 

Il décrocha ce qui restait de son malheureux frère et reprit le chemin du retour. Pendant qu'il cheminait, le sang tombait goutte à goutte de la tête. Derrière lui l'alouette recouvrait de poussière la trace sanglante. Lorsqu'il fut près de la maison l'oiseau passa entre ses pieds. Il le chassa : "

 

Va-t-en ! Puisse-t-il ce qui m'est arrivé !

 

C'est ainsi que tu me remercies du bien que je cherche à te faire ? " Et l'alouette reprit le chemin inverse en découvrant toutes les gouttes de sang.

 

Lorsque les ogres revinrent chez eux le soir ils ne trouvèrent plus la tête et le burnous. Ils se transformèrent qui en chevaux, qui en marchands qui en outres d'huiles. Ils leur suffisaient de suivre les traces laissées par le frère pour arriver à sa maison. Il faisait nuit noire lorsqu'ils frappèrent à la porte.

 

Qui va là ? Interrogea le frère.

 

Des invités de Dieu, qui demandent l'hospitalité pour une nuit." Le maître de maison les fit entrer. Il attacha les chevaux dans un coin de la cour, déroula des tapis pour les hommes dans un autre, et entreposa les outres près du réduit où dormait la servante.

 

Avant la fin de la nuit, la servante se leva pour se mettre à moudre le grain de la journée. Comme elle n'avait plus d'huile dans sa lampe elle voulut en prendre un peu dans les outres. Mais voilà que chaque fois qu'elle s'approchait d'une outre celle-ci sautillait et s'éloignait. Elle se mit à chanter tout en faisant tourner sa meule :

 

Lala et Sidi se sont endormis

Que Dieu endorme leur voix !

L'outre saute et se déplace. Elle chanta tant et si bien qu'elle réveilla sa maîtresse qui secoua son mari. Celui-ci alla voir la servante :

 

Fille de chien, qu'as-tu à chanter ainsi de si bon matin ? Elle lui raconta ce qu'elle avait vu.

 

Ce sont des Ghouls (des monstres, des ogres), dit-il. Il réveilla son fils aîné alluma un grand feu et y jeta les hommes encore endormis, dans les outres. Il s'apprêtait à y participer les chevaux entravés quand le fils supplia :

 

Père regarde combien cette jument est belle ! Laisse-la-moi ! Le père eut beau lui dire que c'était une ogresse, le jeune homme ne voulut rien entendre. Le père finit par céder.

 

Le temps passa. Les gens du pays décidèrent se rendre au Sahara pour acheter de la laine. Le fils demanda la permission de les accompagner. Le père donna son accord mais lui déconseilla d'y aller monté sur la jument : "Elle te dévorera, car elle est de la race des ogres."

 

Le jeune homme s'obstina dans son désir de parader sur la magnifique bête. Avant le départ, sa mère lui remit un fuseau et une quenouille et lui dit :

 

Mon fils, si la jument veut te manger plante le fuseau et la quenouille en terre et dit : "Monte arbre de ma mère et de mon père." Un arbre s'élèvera très haut dans le ciel et tu seras sauvé.

 

La caravane partit. La jument commença par devancer tout le monde puis s'arrêta. Les compagnons du jeune homme le rejoignirent et, comme la jument se roulait par terre et refusait de se relever, continuèrent leur route. Le jeune homme vit que la jument devenue ogresse allait le dévorer. Il ficha en terre le fuseau et la quenouille et dit :

 

Monte, arbre de ma mère et de mon père. Un arbre monta, monta... Le fils grimpa le long du tronc qui s'élevait très haut. La jument-ogresse s'absentait dans la journée et ne revenait que le soir. Elle passait la nuit à ronger le tronc de l'arbre jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un doigt pour qu'il se rompe. Et l'arbre retrouvait son aspect initial au matin. Il en alla ainsi pendant des jours et des jours.

 

La caravane était maintenant de retour. Elle passa sous l'arbre. On interrogea le jeune homme :

 

Que t'est-il arrivé ?

 

Ma jument m'a trahi. Elle s'est révélée ogresse. Dites à mon père mon histoire. Si vous oubliez votre bouillon sera de sang et votre couscous de charbon.

 

La caravane repartit et arriva au village. Les hommes du voyage avaient oublié la commission dont les avait chargés le jeune homme.

 

Le soir, on leur servit le souper. Le bouillon devint sang et le couscous charbon. Ils se souvinrent alors et allèrent avertir le père de leur infortuné compagnon. Le père leur dit : "Préparez-vous. Nous partirons demain."

 

Ils prirent un burnous, une botte de paille et se mirent en route.

 

Ils arrivèrent au pied de l'arbre descendirent le jeune homme de son perchoir et attachèrent à sa place le burnous enroulé autour de la paille. Ils revinrent au village.

 

Comme tous les soirs l'ogresse vint ronger le tronc. Vers minuit, le vent se leva et emporta le burnous. Elle se précipita et planta ses dents, si fort qu'elles restèrent fichées en terre.
"Tu m'as trompé fils de chien mais je te poursuivrai, où que tu ailles !"

 

Elle se rendit au village et prit l'apparence d'une jeune femme d'une grande beauté. Elle se dirigea vers un groupe de jeunes gens parmi lesquels se trouvait son ancien maître et déclara :

Hommes ! Vous allez vous battre contre moi. Comme tous refusaient de s'en prendre à une femme, elle ajouta :

 

Celui qui me dominera sera mon époux. Elle défit successivement tous ceux qui se mesuraient à elle. Il ne restait plus que le jeune homme qu'elle avait été sur le point de dévorer :
- Et celui-là ? Pourquoi ne se bat-il pas ?


Celui-là vient juste d'échapper à l'ogresse et il est encore trop faible.

 

Il a peut-être la baraka et pourra me vaincre. On essaya de la dissuader, mais elle insista et le jeune homme dut l'affronter. Dès qu'il la toucha, elle tomba et il l'épousa.

 

Le jeune couple s'installa dans la maison familiale. Le père possédait maintenant des troupeaux. Chaque nuit, l'ogresse se levait, choisissait la plus belle bête et la dévorait. Le cheptel diminuait au lieu d'augmenter. Le père s'inquiétait. Le berger lui dit :

 

Maître, je compte les bêtes en les faisant entrer dans la cour ; et je les comptes en les emmenant au pâturage. Sois là demain matin et tu pourras constater que le troupeau diminue la nuit, dans ta cour.

 

Le père constata qu'au matin un mouton manquait. Il se cacha au milieu du troupeau pour voir ce qui se passait. Au milieu de la nuit sa bru vint dans la cour choisit un beau bélier et le dévora. Il en fut ainsi pendant trois nuits. La troisième fois le père saisit la jeune femme par ses cheveux :

 

Que fais-tu ici et à cette heure, fille de chienne ?

 

Sidi je suis venue prendre un peu de laine pour ma quenouille.

 

Le père emmena toute sa famille et quitta le pays. Il demanda aux autres habitants de partir aussi. Ne restèrent que le fils et l'ogresse. Elle obligeait son mari à mener le troupeau près de l'oued et le menaçait :

 

Si une bête du troupeau ou quelque autre animal que ce soit met le museau dans l'eau, ton sang en une gorgée et ta chair en une bouchée.

 

Le jeune homme passait ses journées à surveiller toutes les bêtes et à les empêcher de boire. Un jour de canicule, le serpent demanda à boire. Cela lui fut refusé. Vint ensuite le mouton puis la chèvre, le chien... Tous les animaux firent la même demande et tous reçurent la même réponse.

Enfin une jument lui dit :

 

"Laisse-moi boire et je te sauverai."

 

Il la laissa boire. Elle ajouta :

 

"Monte sur mon dos et ne crains rien."

 

Tous les autres animaux purent se désaltérer. L'ogresse se mit à la poursuite du jeune homme. Elle était sur le point de le rejoindre lorsque la jument lui donna une ruade qui l'envoya rouler loin. Elle se releva et se remit à courir. La jument lui décocha une seconde ruade, si bien ajustée qu'elle la tua net. Les habitants du village revinrent chez eux. Le fils se remettait lentement de la grande peur de l'ogresse.

 

Un jour, il voulut revoir l'endroit où elle reposait. Il avait oublié qu'elle lui avait dit avant d'expirer : "Tu ne m'échapperas pas. Je te briserai un bras ou t'éborgnerai."

 

Il mit le pied sur un de ses os qui vola en l'air et lui creva un œil.




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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois dans une région du haut Atlas, un vieux sultan et n’est sultan que Allah le tout puissant, qui était de caractère exigeant mais très honnête ; il était père d'une jeune fille, la princesse Tinarouz. Très curieuse de tout, elle avait les yeux noirs comme la nuit, de longs cheveux et un voile qui recouvrait son visage.

Celle-ci désirait se marier le premier jour du printemps et voulait comme cadeau le coffre en argent qui se trouvait au grenier et qui appartenait à son arrière-grand-mère. Il ne restait que cinq jours avant l’arrivée du printemps et le roi n'ayant pas trouvé de jeune prince à qui marier sa fille.

Le jour arrivé, très triste et ennuyé, le sultan alla voir sa fille pour lui dire que se marier ce jour-là précisément était impossible. La princesse en fut très triste et alla dans sa chambre.

Myriam, sa servante lui demanda ce qui n'allait pas et la princesse lui répondit que son père avait dit qu'elle ne pouvait pas se marier le premier jour du printemps. Myriam, qui était un peu sorcière, lui donna une pierre et lui dit :

" Frotte cette pierre sur ton cœur et en même temps fais un vœu et il se réalisera le jour que tu désires "

Et elle fit ce que la servante lui avait demandé. Tinarouz demanda bien sûr de se marier avec un prince le jour de son anniversaire.

Quand le grand jour fut arrivé, le sultan fit descendre le coffre en argent jusqu'à la salle du trône et ordonna de le déposer devant sa fille.

Et quand Tinarouz l'ouvrit, elle poussa un cri. Car, devinez ce qu'il y avait à l'intérieur ? Dans le coffre, se trouvait un jeune homme aux yeux bleus comme la couleur de la rivière près de la Kasbah.

Le jouvenceau avait les cheveux bruns et un chapeau sur la tête.

" Qui êtes-vous ? " demanda la princesse.

" Je ne peux pas vous le dire, mais je suis venu vous demander votre main si votre père est d’accord "

Certes le prince était beau mais le sultan et la princesse se demandaient s'il était bon et courageux. Aussi le sultan dit-il au prince que pour obtenir la main de sa fille, il fallait combattre le « Ghoul à sept têtes » qui régnait dans la forêt près de la rivière qui coulait près de la Kasbah.

Le lendemain matin, le jeune homme, armé d'une épée, alla à cheval jusqu'à la forêt où se trouve le « Ghoul à sept têtes ».

Une fois arrivé à la forêt et au bout de quelques instants, le jeune homme sentit la terre trembler en dessous de lui et vit les arbres bouger. Soudain apparut, tachetée de rouge entre les arbres, une grosse créature à sept têtes vertes. Le « Ghoul » commença à jeter des flammes qui entourèrent le jeune prince qui s'alarma :

" Mon dieu, que vais-je faire entre ces flammes ? ".

Mais au moment où il allait se faire brûler, une chose surprenante arriva : la rivière sortit de son lit et se dispersa dans la forêt qui fut inondée. Le jeune homme profita de cet effet de surprise pour couper les sept têtes du « Ghoul » d’un seul coup puis il les emporta dans un grand sac et retourna au village sur son cheval blanc. Une fois arrivé au village, il déposa le sac devant le sultan et sa fille.

" As-tu tué le Ghoul ? " demanda le roi.

" Oui " répondit le jeune homme et il ouvrit le sac.

" Donc je t'accorde la main de ma fille " reprit le sultan.

Et c'est ainsi que la princesse put épouser le prince.

Ils vécurent quelque temps heureux, mais un jour qu'ils mangeaient au bord d'une rivière bleu turquoise, Tinaruz demanda au prince d'où il venait et comment il s'appelait.

" Si je te le dis, il nous arrivera un malheur "

Mais la princesse insista tellement que le prince allait commencer à lui dire qui il était et d'où il venait quand il se reproduisit le même événement qu'avec le «Ghoul» : la rivière ressortit de son lit en engloutissant le prince.

La princesse courut jusqu'à la Kasbah de son père. Désespérée, elle lui raconta la mésaventure du prince. Des jours passèrent et Tinaruz se lamentait de la disparition de son mari.

Un soir où la lune se reflétait dans la rivière, Myriam, qui se promenait au bord, vit apparaître de petites lumières qui dansaient sur l’eau et soudain la rivière s'ouvrit.

Myriam vit alors un vieil homme à la barbe blanche assis sur le trône et à côté de lui se trouvait un jeune homme aux yeux bleus comme l'eau, aux cheveux bruns et qui portait un petit chapeau.

Myriam reconnut tout de suite le mari de la princesse et courut avertir sa maîtresse de cette apparition :

" Princesse ! Princesse ! J’ai vu le jeune homme que tu as épousé "

" Amène-moi à lui " lui dit brusquement la princesse.

Myriam conduisit donc Tinaruz au bord de la rivière et comme sa servante, elle aperçut le vieux monsieur assis sur le trône et à côté de lui le jeune prince.

La princesse reconnut aussitôt son mari et se mit à danser devant lui et le vieux monsieur.

Tout à coup, le prince lui aussi reconnut celle qu'il avait épousée et éleva la voix :

" Père, regarde c'est avec elle que je me suis marié "

Le vieux monsieur demanda :

" Toi, belle étrangère, que fais- tu ici ? "

" Je suis venu chercher l'homme que j'ai épousé "

" Tu as la promesse du roi des eaux mais souviens-toi toujours de la raison pour laquelle tu as perdue ton époux. La curiosité peut être dangereuse ! "

Et les eaux se refermèrent laissant sur la rive Tinaruz et le prince, heureux de se retrouver.

 

 

 

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Rédigé par orange8454

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