tanger

Publié le 13 Septembre 2012

En 1490, dans une somptueuse demeure de la ville de Tanger vivait une très belle jeune fille qui s’appelait Zoraima. Son père Moulay Mohamed lui apprit que Boabdil, roi de grenade la demandait en mariage.


Malheureuse, elle alla voir une vieille femme qui avait le don de lire dans le livre du destin.

- Peux-tu me dire Aïcha si mon départ apportera dans ma vie bonheur ou infortune ?

- O toi, ma maîtresse, toi la fille de mon bienfaiteur, je puis lire quelle sera ta destinée, mais il m’est interdit de te révéler ce que le miséricorde cache à ses créatures.

Elle cueillit une rose, la plus rouge et la plus odorante du parterre, et la tendit à la princesse.

- Prends cette fleur, et conserve-la avec soin. Tant que le malheur ne t’atteindra pas, cette rose restera fleurie, mais le jour où le Destin te sera contraire, alors elle se fanera.

Zoraima se mit en route pour Grenade avec une escorte et sa précieuse rose, dans un coffret de santal.

Lorsqu’elle vit son futur époux Boabdil son cœur cessa de battre à la vue de ce frêle jeune homme au teint pâle, aux grands yeux de velours, dont les gestes harmonieux étaient aussi gracieux que ceux d’une femme.

Les jours se succédaient, le bonheur de la princesse était manifeste ; dans son coffret de bois de santal, la rose de Tanger s’épanouissait.

Un jour la ville fut attaquée par les chrétiens envahisseurs, les canons tonnaient, le peuple mourait, mais la rose de Tanger donnait son plus merveilleux parfum.

Entre les rois catholiques et le Sultan Boabdil un traité fut signé ; il remettait son royaume entre les mains des conquérants afin que le sang de ses sujets ne fût pas répandu plus encore.


Lorsque la ville apprît la signature du traité, elle se crût trahi.

Les gens criaient – A mort Boabdil – A mort le traître !

Boabdil n’emmenant avec lui sa femme et quelques serviteurs fidèles, quitta le palais par un passage secret, mais il tomba au milieu de guerriers chrétiens.

Ils furent emmenés jusqu’aux rois chrétiens qui les exila.

La rose de Tanger doucement s’épanouissait.

Il n’avait rien emporté de ses trésors, personne ne lui venait en aide et sa maison si pauvre qu’il ne possédait pas ni d’esclave pour le servir.

L’humiliation et le chagrin eurent raison de Boabdil. Un jour il se présenta devant Zoraima et il lui dit :

- Je ne puis plus vivre ici, je m’en vais vers les régions du soleil levant.

- Je t’accompagne dusses-tu aller au bout du monde.

- Non Zoraima, tu ne viendras pas avec moi. Tu retourneras dans la maison de ton père où tu vivras entourée de richesse et de respect.

- Pourquoi, mon seigneur ?

- Parce que je ne t’aime plus.

Après son départ, et avoir prononcé par trois fois la formule de répudiation, Zoraima se retira en pleure et selon son habitude ouvrit le coffret en bois de santal. La belle rose rouge n’était plus qu’une petite boule jaunâtre qui tombait en poussière.

La rose de Tanger venait seulement de se faner.




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Rédigé par orange8454

Publié dans #boabdil, #jour, #rose, #tanger, #zoraima

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