Publié le 13 Septembre 2012

Dans un petit village au bord de la mer, aux pieds d'une haute montagne, habitait une mère avec son fils. Ils vivaient de leur travail; la mère cousait, le fils ramassait du bois dans la montagne; le garçon se nommait Wang Xiang, et venait tout juste d'avoir 18 ans.

Par un jour d'été, Wang Xiang partit comme à son habitude chercher du bois dans la montagne. La chaleur se faisait sentir. Le jeune homme chercha refuge sous l'ombre d'un arbre. Des chants d'oiseaux se firent entendre. Il leva les yeux mais ne vit point d'oiseaux mais, au-dessus de sa tête, deux petites calebasses, lisses à l'excès, étaient suspendues à la branche. Elles étaient loin d'être mûres, certes, mais l'idée de les abandonner là déplaisait au jeune homme.

Il prit donc sa faucille et se résolut à les arracher avec leur racine. Il y réussit, au prix d'énormes efforts, et les porta à la maison. Avec l'accord de sa mère, il les planta dans le petit potager qui s'étendait devant la maison. Chaque jour, il les arrosait, et les deux calebasses se faisaient de plus en plus belles.

Un jour, un géomancien venu du Sud qui passait par là les aperçut; il demanda à les acheter et proposa jusqu'à cent taëls. Wang Xiang, étonné, demanda:

- Pourquoi voulez-vous les acheter à un tel prix?

- Jeune homme, répondit l'acheteur, ton honnêteté mérite une récompense, je m'en vais te révéler la vérité sur ces deux gourdes. Celle de gauche s'appelle Sèche-mer, parce que la mer se vide à son contact; celle de droite, Ecrase-montagne, parce que la montagne s'écroule à son contact. Passé le mois d'août, une fois mûres, elles deviendront efficaces!

Wang Xiang était déjà peu enclin à les vendre; maintenant plus que jamais il ne les aurait cédées pour tout l'or du monde.

La fin d'août arriva. Les deux callebasses étaient jaunes d'or, signe qu'elles étaient mûres.

Wang Xiang les cueillit et, ayant mis de côté la gourde de droite, il s'en fut dans la direction de la mer muni de celle de gauche, décidé à vérifier les dire du géomancien.

A sa grande surprise, la mer effleurée par sa gourde, recula de 4 à 5 lis. Wang Xiang, pris de terreur, retira promptement la gourde; il allait s'enfuir à toutes jambes. Lorsqu'il vit sortir de l'eau une étrange créature à forme humaine, au visage noir, le corps couvert de poils verts des pieds à la tête et une fourche tridentée à la main. L'espace d'un instant, et le monstre l'avait rattrapé. Terrifié, le garçon se laissa choir sur le sable attendant la mort. Mais les apparences se démontrèrent trompeuses, car le génie s'inclina respectueusement devant lui:

- Vous avez devant vous, dit-il, le gardien du Palais de cristal; Sa Majesté le Roi Dragon, désire s'entretenir avec vous et vous prie donc de me suivre.

Wang Xiang, toujours sous l'effet de la peur, refusa l'invitation d'un mouvement de la main:

- Non, non, je préfère rester ici.

Mais le gardien insista:

- Sa Majesté souhaite avoir l'honneur de faire votre connaissance. Vous venez de mettre à l'eau Sèche-mer, il s'en est fallu de peu que notre Palais s'effondre. je crois que Sa Majesté a besoin de votre aide. Elle est prête à vous accorder tout ce que vous voudrez pourvu que vous lui donniez satisfaction.

Comme dans un rêve, Wang Xiang fut transporté par l'envoyé du Roi Dragon. Petit à petit, il se sentit plus rassuré.

Le gardien de lui dire:

- Il y a au Palais une canne de bambou magique. Dès qu'on ôte le bouchon à son extrémité, le riz se met à couler, intarissable. Vous demanderez au roi cet objet précieux ainsi que son chien. Le roi y tient beaucoup, mais vous pourrez en faire votre compagnon.

- Très bien, déclaraWang Xiang, d'un air satisfait, j'aimerais bien avoir un chien qui m'accompagne quand je vais chercher du bois dans la montagne.

Ils continuèrent leur chemin en parlant de choses et d'autres et arrivèrent vite au Palais. L'aspect simple et souriant de Wang Xiang plut au roi, qui se leva pour l'accueillir. Il lui dit:

- Jeune homme, vous possédez un objet bien dangereux pour nous. Prêtez-moi serment de ne jamais le réutiliser et je vous offrirai tout ce que vous voudrez.

Wang Xiang, la tête baissée en signe de respect répondit:

- Je vous demande pardon pour ce qui est arrivé, Majesté. Moi-même j'ignorais ce dont cette calebasse était capable; je vous promets, selon votre désir, de ne jamais la réutiliser. Si votre Majesté voulait me montrer quelque bienveillance, j'oserais demander deux choses;

- Lesquelles? Parle!

- La première, c'est votre canne de bambou.

- Aucun problème! Et la deuxième?

- C'est le chien qui est à vos côtés.

Le Roi Dragon parut décontenancé à cette deuxième demande: Le chien était l'incarnation de sa fille. Toutefois, vue la promesse qu'il avait faite, il finit par acquiescer, à regret.

Wang Xiang, après avoir remercié le Roi Dragon, prit le chien dans ses bras, se fit apporter la canne de bambou, et, ses adieux faits, prit le chemin du retour. Dès qu'il atteignit le rivage, la mer se remplit à nouveau.

L'après-midi touchait à sa fin. Ma mère doit être bien inquiète, pensa tout à coup Wang Xiang en hâtant le pas. Le chien, toujours dans ses bras, se mit à aboyer. Il le laissa aller; en touchant le terre ferme, le chien se transforma en une jeune fille adorable. Le garçon contemplait ahuri cette métamorphose. Elle lui parlait maintenant.

- Cher frère Wang Xiang, dit la jeune fille, ressaisissez-vous, je suis la fille du Roi Dragon. Si je ne vous déplais pas trop, nous pourrions nous marier?

- J'aimerais beaucoup vous épouser, dit Wang Xiang, mais ma famille est trop pauvre, je ne peux me le permettre.

- Qu'à cela ne tienne! insista-t-elle, je prendrai tout à ma charge.

Wang Xiang rougit et hocha la tête en signe d'acquiescement.

Arrivés à la maison, ils trouvèrent sa mère évanouie, n'ayant plus rien mangé depuis son départ. La jeune fille, en un tour de main, prit la canne de bambou, versa un peu de riz et prépara un bouillon. Puis, avec l'aide du jeune homme, elle fit couler un peu de bouillon entre les lèvres de la vieille femme, qui reprit bientôt connaissance, et avala l'un après l'autre deux bols de riz.

Elle fut très heureuse de retrouver son fils, et l'idée d'avoir une jeune fille si gracieuse pour bru la ravissait. Elle aurait aimé qu'ils se marient au plus tôt, mais elle s'affligeait déjà devant l'exiguïté de sa maison. La future bru, consciente de ce qui tracassait la mère, lui demanda:
- Maman, à qui appartient le jardin devant notre maison?

- C'est à nous, répondit la mère.

- Alors, ne vous en faites pas, chère maman, dit la jeune fille, nous allons nous arranger pour cette nuit. Demain nous aurons une grande maison.

A minuit, la fille du Roi Dragon se leva sur la pointe des pieds, et sortit dans le potager, elle prononça des phrases magiques; à son appel, une armée de crevette et de crabes vinrent de la mer et bâtirent, suivant ses ordres, une grande et luxueuse demeure à l'endroit du jardin.

Au lever du jour, le jeune homme et sa mère trouvèrent, au lieu du potager, une belle bâtisse en briques vertes, avec une riche basse-cour. Emerveillés, ils ne savaient trop que penser.

- Que s'est-il passé? se demandaient-ils.

La fille du Roi Dragon, avec un sourire, leur dit:

- C'est moi qui ai fait construire cette maison. Nous allons vite y emménager et à la place de la vieille maison, nous ferons un joli jardin.

Le jour même, la mère invita parents et amis pour célébrer leur mariage.

La nouvelle se répandit vite et parvint jusqu'au gouverneur du district qui, trouvant la chose étrange, décida de rendre visite à la famille avec quelques officiers de sa suite. Il trouva la belle demeure à son goût, mais plus encore la jolie épouse de Wang Xiang.

Lorsqu'il l'aperçut, si mignonne et si gracieuse, ce fut le coup de foudre. Il sentit jusqu'à ses jambes se dérober. Il s'adressa à Wang Xiang:

- Ton logis est fort agréable, Wang Xiang. Qu'en penserais-tu si je venais y habiter, moi aussi?

- Je dois demander l'avis de ma femme, répondit Wang Xiang, troublé.

La nouvelle mariée, perçant à jour le dessein du visiteur, décida de lui donner une leçon. Elle dit à son mari:

- Fais-le venir si tu veux, on lui cèdera la chambre principale.

Le gouverneur, euphorique, décida de s'y installer le jour même. Du matin au soir, il dévorait des yeux la jeune mariée; plus il la regardait, plus elle lui plaisait. Tremblant de désir, il finit par dire à Wang Xiang:

- Si tu me cèdes ta femme, je t'élèverai au rang d'officier.

Bien sûr, Wang Xiang refusa ferme. Le gouverneur loin d'abdiquer, tenta de s'y prendre autrement:
- Je peux y renoncer, à condition que tu réussisses à déraciner le saule dans la cour et à le replanter les racines en l'air. Si tu échoues, ta femme m'appartiendra.

Wang Xiang, préoccupé, alla raconter à son épouse les propos du gouverneur. Celle-ci le tranquilisa en ces termes:

- Va te coucher, et dors d'un sommeil paisible. Tout sera fait demain matin.

Quand la nuit fut profonde, la fille du Roi Dragon appela de nouveau à son secours les crevettes et les crabes; en un tournemain le saule fut arraché et replanté suivant les indications du gouverneur. Celui-ci, surpris et très mécontent, ne se donna pas pour vaincu:

- Déraciner un arbre et le replanter ne remplissent qu'une partie de mes conditions. Il s'agit maintenant de renverser cette montagne au nord. Si tu échoues, ta femme sera à moi.

Une fois de plus, Wang Xiang, ne sachant que faire, eut recours à sa femme. Celle-ci lui dit:

- Où as-tu caché l'autre calebasse? C'est le moment de l'utiliser.

Wang Xiang, se souvenant du pouvoir magique de la deuxième calebasse, reprit immédiatement courage.

Le lendemain matin, muni de la gourde, il se mit en route vers la montagne. L'arrogant gouverneur et ses officiers le suivaient à distance, de crainte que la fille du Roi Dragon ne lui vînt en aide par quelque magie.

Wang Xiang, malin, alla se poster sur le versant opposé de la montagne; à peine eut-il posé la calebasse à ses pieds que l'on entendit un grondement sourd, puis, dans un fracas assourdissant, la montagne s'écroula, recouvrant à jamais le gouverneur et ses laquais.

Dès lors, la famille de Wang Xiang mena une vie paisible et heureuse.

 


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois un charpentier du nom de Yang qui se hâtait de regagner son village natal, car on était en pleine saison de la Grande Clarté, temps des semailles. Natif du village de l'Est, Maître Yang était un excellent charpentier capable de sulpter Dragon et phoenix, de construire de grands bâtiments et de hauts portiques.

Il marchait maintenant sur une route le long d'une rivière, à la hauteur d'une marmite de géants, portant sur le dos ses outils, sa literie et une casserole de cuivre rutilante, il tenait par la main son fils unique, Qijin.

Il se trouve que dans cette marmite de géants habitait un Dragon Truie. Noir de corps et cruel de coeur. L'animal se lovait au fond de l'eau dans une caverne sinistre, sortant de temps en temps pour ravager la contrée.

Tous les trois ans , au crépuscule du 24e jour de la sixième lune, il crachait des nuages noirs à obscurcir le ciel et le soleil, suscitant un ouragan mêlé de foufres et d'éclairs, suivi d'une inondation qui emportait sur son passage ponts, maisons et cultures.

Le Dragon Truie nageait au gré des flots jusqu'au lac Erhai, soulevant des vagues hautes comme des montagnes, dévorant les poissons et les tortues, les barques et les voyageurs.

Cette tempête dura un jour et une nuit pour se déchaîner de plus belle, et la même scène se répéta sur le chemin du retour du Dragon Truie, jusqu'à ce que le monstre ait regagné sa demeure.

Cette calamité se renouvelait tous les trois ans, au point que les habitants se réfugiaient tous dans la montagne Cang, se nourrissant d'écorce et de racines, en attendant que s'apaise le Dragon Truie pour retourner au village.

Ils reconstruisaient alors les maisons et les champs désolés. Ainsi de génération en génération, les villageois n'avaient jamais pu connaître la paix.

Ce Dragon Truie détestait tout ce qui était en fer ou en cuivre. Si par méconnaissance du tabou, quelqu'un allait puiser de l'eau dans la rivière avec un seau en fer ou en cuivre, le Dragon truie le happait immanquablement dans ses griffes et le dévorait à belle dents. Aussi évitait-on de son mieux ce lieu redouté; avec le temps, des arbres poussaient dru autour de la marmite de géants.

Vu de loin, c'était une forêt si dense que même le vent n'y pénétrait plus. On entendait en été que les cris des cigales et des grillons, qui se risquaient dans ces parages.

 

Lorsque Maître Yang et son fils arrivèrent là, il faisait une chaleur torride. Père et fils avaient tous deux soif. Le jeune Qijin regarda les alentours, cherchant désespérément une source où se désaltérer. Avisant une touffe de verdure, il déposa vite sa charge, prit la cassrole de cuivre et courut vers la rivière. Réalisant ce que son fils allait faire, Maître Yang tenta de le rattraper. Mais en vain. Avant d'avoir dit:

"J'ai soif, père", le garçon avait déjà disparu dans la forêt.

A peine Qijin eut-il mis un genou à terre et tendu sa casserole dans l'eau, qu'un jet de vapeur noire jaillit, en même temps qu'une patte émergea de la surface d'eau, et l'enfant fut tiré dans le fond. Immédiatement, la foudre s'abattit avec une pluie de grêlons...

Lorsque Maître Yang arriva au bord, il ne restait plus qu'une sandale qui traînait dans la boue.

Il n'avait que ce fils. Partout où il allait, il prenait avec lui cet enfant de 13 ans et jamais il ne lui était arrivé le moindre incident. Il ne s'attendait pas à le perdre à trois jours de marche de son village natal. Dans sa colère il fut prêt à descendre dans l'eau pour combattre le monstre.

Mais, réflexion faite, il trouva plus raisonnable de chercher une autre issue. Il resta là, les yeux fixés sur la sandale et se mit à pleurer. Il ne voulut quitter le lieu quand le soleil se coucha derrière la montagne de l'ouest.

A ce moment-là, une vieille dame passa par là. Voyant les outils de charpentier et la palanche, elle alla quérir leur maître en bordure de la forêt, guidée par les pleurs. Elle trouva enfin Maître Yang et lui conseilla de venir d'abord au village voisin.

Maître Yang la suivit jusqu'à un tertre de la montagne. Là, il vit des paysans vivant dans des cabanes construites à la hâte parce que les inondations venaient de tout ratisser. Malgré la dureté de la vie, tous éprouvaient une grande compassion pour le pauvre charpentier et essayaient de le soulager de leur mieux.

Parmi eux se trouvaient deux enfants, le garçon s'appelait Abao, et la fillette, Afeng. Tous deux s'empressaient autour de Maître Yang, lui offrant du thé et à manger. La vue de ces deux enfants si sages lui évoquant le souvenir de son propre fils, Maître Yang s'attrista davantage. On lui proposa de se reposer quelques jours d'abord, puis on le raccompagnerait dans son pays natal.

 

Maître Yang passa une nuit blanche sans manger ni boire. Il tenait dans ses mains la sandale de son fils et ne pouvait la quitter du regard. A la pointe du jour, il prit la résolution de combattre ce Dragon Truie, pour venger son petit et extirper ce fléau dans l'intérêt de la population locale.

Charpentier hors pair, Maître Yang savait non seulement sculpter les Dragons et les phoenix, mais il connaissait encore "Le canon du bois" (Livre canonique compilé par Lu Ban, personnage légendaire considéré comme l'ancêtre des charpentiers et des menuisiers) et il pouvait réciter beaucoup d'incantations.

Il jura de fabriquer un Dragon de bois et de le peindre comme un vrai Dragon, puis, après une cérémonie de "vernissage" accompagnée de paroles magiques, le Dragon deviendrait mobile et vivant. Il choisirait un jour propice et le jetterait dans la marmite de géants. Le Dragon de bois combattrait le Dragon Truie jusqu'à l'anéantissement du monstre.

Sitôt décidé sitôt fait. Le charpentier refoula ses pleurs et confia son projet aux villageois. Poussés par la compassion et la confiance en son art, les villageois le soutenaient fermement, bien qu'un peu sceptiques quant à la fin de l'entreprise. Ils lui fournissaient la nourriture et l'aidèrent à trouver un gros arbre dans la montagne Cang, pour qu'il pût concentrer tout son effort dans la sculpture.

Avec les villageois Maître Yang entra dans la montagne Cang et grimpa sur le sommet. Là il choisit un sapin dix fois millénaire, l'abattit et le fit transporter au village. On construisit un hangar pour y installer le tronc d'arbre.

Maître Yang passa une journée d'abstinence et prit un bain avant de se livrer pour de bon à la sculpture. Abao et Afeng lui servaient d'assistants, ils puisaient de l'eau, se tenaient à ses côtés pour lui passer les outils. Ils faisaient tout cela avec autant d'assiduité et d'affections que s'ils avaient été ses propres enfants.

Dans leurs loisirs, les villageois venaient souvent le voir pour savoir où il en était de son travail.

 

Avec toutes ces aides et encouragements, Maître Yang travailla nuit et jour, sans répit. A tout moment il jetait un coup d'oeil à la sandale de son fils, ou comptait sur ses doigts, il était décidé à terminer son travail avant le 24e jour de la sixième lune de l'année à demi. Il comptait lâcher son Dragon de bois dans la rivière au crépuscule et entamer ainsi le combat.

Quand le grand jour s'approcha, il travailla aussi la nuit et les paysans allumèrent des torches pour l'éclairer, il ne quittait plus le chantier.

Un jour, un inconnu entra dans le hangar. C'était un type trapu à la peau noire, portant une cape de laine noire aussi. Il avait l'air d'un désoeuvré et restait accroupi près de l'âtre, les bras croisés et les mains enfouies dans ses manches. Il regardait froidement travailler Maître Yang, sans dire un mot.

- Que désirez-vous, grand frère? lui demanda Maître Yang.

L'inconnu demeura imperturbable. Il sortit de sa cape quelque chose qu'il montra à Maître Yang.

- Mais c'est un poisson! s'écria celui-ci, sidéré.

- Frère génie de la montagne (Appelation respectueuse destinée aux charpentiers qui maîtrisent le canon du bois et sont capables d'élaborer une construction.), dit soudain l'inconnu, on dit que vous êtes très habile, est-ce que vous êtes de force à ranimer ce poisson?

Maître Yang le prit et réalisa qu'il s'agissait d'un poisson séché. Il le mit sur les copeaux et salua l'inconnu les mains jointes:

- Oh non, grand frère, vous me demandez trop! Je ne suis pas aussi doué que ça!

- Vraiment?... Vous ne connaissez même pas l'incantation pour ranimer un poisson séché, comment pourriez-vous donner vie à un Dragon de bois?

L'inconnu bredouilla ces mots et déguerpit les mains cachées dans sa cape sans se donner la peine de dire au revoir au maître.

 

Celui-ci n'avait pas fait attention à sa figure, mais il sentait sa malice. Il allait le suivre dehors quand il entendit un déclic derrière lui. Le poisson se mit à frétiller dans les copeaux qui semblaient eux aussi se tranformer en lentilles.

Maître Yang comprit sur l'instant et prit sa hache essayant de couper le poisson qui disparut tout de suite dans le tas de copeaux. Abao et Afeng ainsi que les villageois vinrent l'aider à attraper le poisson. On s'affaira jusque tard dans la nuit sans rien trouver.

Tout le monde avait compris qui était l'auteur de cette farce.

Le charpentier savait à quoi s'en tenir. Il répandit du riz autour du hangar pour en faire "un rempart de riz" (Le riz était considéré comme le plus précieux des trésors, il est sensé être capable de chasser les mauvais esprits.) et on en confia la garde aux deux enfants. Depuis lors. Tout redevint normal.

Enfin ce fut le 24e jour de la sixième lune. A midi Yang-le-Charpentier installa le Dragon de bois sur une grande aire. Pour faire la différence avec le Dragon Truie, il peignit en blanc argenté son Dragon de bois. Les paysans firent cercle autour de lui et le félicitèrent pour son chef-d'oeuvre.

Puis commença le "vernissage": Les cornes du Dragon étaient décorées de rubans rouges qui contrastaient avec le blanc. Vers midi trois quarts, Maître Yang entailla son index et dessina avec son sang les prunelles du Dragon tout en murmurant des incantations. Il pria mentalement son maître ancestral Lu Ban, sollicita sa protection dans le combat pour vaincre l'ennemi.

Le soleil se coucha et une myriade de torches furent allumées dans la campagne. La foule en chantant les airs de la nationalité hai, battait gongs et tambours en escortant le Dragon de bois dans sa descente de la montagne.

La torche haut levée, et escorté des deux côtés par Abao et Afeng, Maître Yang marchait en tête du cortège. Arrivant au bord de la marmite de géants, le charpentier demanda que l'on piquât les torches autour de la pièce d'eau. Puis il serra le poing et de l'autre main traça quelques signes cabalistiques sur une feuille de papier jaune en murmurant des paroles magiques, tandis que l'on faisait descendre le Dragon dans l'eau.

 

Les cérémonies terminées, le charpentier enfourcha vite un cheval et conduisit rapidement les gens vers la montagne parce que l'endroit allait se transformer en un champ de bataille.

A peine fut-on arrivé à mi-pente de la montagne que la foudre éclata au-dessus de la rivière et que deux nuages floconneux, le premier blanc, et l'autre noir, s'élevèrent dans le ciel. Puis ce fut un ouragan et la rivière en crue lança des vagues gigantesques à l'assaut du ciel. Les deux Dragons commencèrent à se battre dans l'espace des cieux.

Maître Yang et les villageois restaient en spectateurs sur le tertre. Le champ du combat était si vaste que tout le firmament en fut bouleversé. Le lac Erhai bouillonnant gronda. L'écho fut renvoyé par les montagnes. Le Dragon Blanc était plus léger et habile. Il volait en tout sens au milieu des nuages et eut bientôt le dessus, car le Dragon Noir était beaucoup plus lourd.

Sous la pluie battante, les villageois et le charpentier poussaient des hourras pour encourager le Dragon Blanc.

Les deux Dragon continuèrent leur lutte. Enfin, le Dragon Blanc, moins grand donc plus faible, battit en retraite. Le Dragon Noir cracha des fumées noires qui enveloppèrent son adversaire et tout le ciel s'obscurcit. On n'apercevait que de temps en temps une patte aux écailles blanches.

Debout sur le tertre, Maître Yang, les cheveux épars, récitait des prières pour invoquer la protection de Lu Ban; les villageois battaient gongs et tambours pour encourager le Dragon Blanc.

Finalement, le Dragon Blanc fit demi-tour et se réfugia vers la montagne Cang, ses écailles tombèrent en voltigeant comme des flocons de neige sur le tertre. Le Dragon Truie se lança à sa poursuite et le cassa en plusieurs morceaux. La montagne fut blanche d'écailles, le ciel noir de nuages sombres, et la terre inondée.

 défaite n'avait pas ébranlé la confiance des habitants, ils croyaient toujours aux pouvoirs du Maître charpentier pour vaincre le Dragon Truie. Avec sa hache Maître Yang traça une ligne au nord, il jura de ne jamais franchir cette ligne pour rentrer au pays natal avant d'avoir battu le Dragon Noir.

Il s'apprêta à partir tout seul pour couper des arbres dans la montagne Cang, et sculpter encore un Dragon pour livrer un ultime combat contre le Dragon Noir.

Les villageois ne le laissèrent pas aller seul, lui disant qu'ils partageraient avec lui la joie et la peine, même la mort! On allait abattre les arbres avec lui, et lui fournir la nourriture s'il persistait dans la sculpture du Dragon. Ensemble on attendait le 24e jour de la sixième lune de l'année suivante pour le combat décisif.

Entre-temps, la vie du peuple devenait encore plus pénible. La tornade avait emporté les cabanes construites sur le tertre; les cultures avaient été ravagées par les inondations qui s'étendaient jusqu'au lac Erhai.

On ne voyait que des cimes d'arbres à la surface de l'eau. Les paysans armés d'une juste colère partirent le jour même dans la montagne pour bûcheronner, laissant seuls Abao et Afeng sur place.

Maître Yang portait toujours sur lui la sandale de paille de son fils défunt. Il y jetait de temps en temps un coup d'oeil en chemin, ce qui l'affermissait dans sa résolution de venger son fils et d'extirper ce fléau qui sévissait dans la contrée.

A la pointe du jour, le maître charpentier rencontra sur la route un forgeron Maître Zhao, avec qui il avait été lié d'amitié dans sa vie errante. Il lui raconta sa mésaventure et celui-ci lui proposa son aide.

D'après le forgeron, la défaite du Dragon Blanc était due au fait qu'on ne l'avait pas pourvu de griffes, de crocs ni d'armure de fer. Il lui prêterait main forte en fabriquant un Dragon armé et cuirassé.

 

L'aide du forgeron venait à point nommé. Maître Yang en fut tout joyeux. Seulement il lui était difficile de trouver la quantité de fer nécessaire. Par ailleurs, on manquait de bras.- Ne t'en fais pas, le rassura Maître Zhao. Il y a du fer et des mineurs dans les montagnes de la Plume de Phoenix et on peut toujours en ramener au village. Il y a des forgerons à Hequin, ils accepteront bien de venir en aide aux frères de nationalité Hai éprouvés par le malheur; il y a des charpentiers sur les deux rives de la rivère de l'Epée qui se feront un plaisir d'aider à sculpter le Dragon. Je vais de ce pas les faire venir tous!

Mais le maître charpentier déclina la dernière offre, préférant accomplir la sculpture tout seul.- Sois tranquille, grand frère, lui dit le forgeron en guise d'adieu. Et il fit demi-tour et se dirigea vers le nord, tandis que le charpentier et les villageois reprirent leur route vers la montagne.

Lorsqu'il faisait beau, Abao et Afeng ramassaient des planches de bois pour reconstruire les cabanes détruites. Ils étaient aussi occupés le jour que la nuit et se nourrissaient de poissons et d'écrevisses qu'ils allaient prendre sur les deux rives, maintenant que les eaux s'étaient retirées. Ils labouraient la terre et semaient les grains de sarrasin, en attendant le retour des villageois.

Un jour, arriva une vieille dame qui parlait avec un accent du nord. Les deux enfants la croyaient en route pour la foire, mais elle s'informa auprès d'eux de l'état de Maître Yang en se prétendant être sa belle-soeur venue spécialement pour l'aider à travailler sur le Dragon, avec des provisions et une hache ancestrale.

- Puisque mon beau-frère n'est pas là, dit-elle, je peux laisser la hache et les provisions et je le rejoindrai à mon retour de la foire.

Ce disant, elle offrit aux deux enfants deux poires succulentes.

Les deux enfants cachèrent le sac de provisions et la hache sous du foin dans la cabane, et ils enfouirent les poires dans la cendre. Ils préféraient attendre leur maître pour y toucher.

 

Deux jours plus tard, les gens rentrèrent au village, transportant un pin antique qu'ils avaient abattu, en même temps que des grumes destinées à la reconstruction. Après un mois de dur labeur, tout le monde gardait bon moral.

En voyant leur maître, les deux enfants lui remirent le sac de provisions et la hache ainsi que les deux poires en lui expliquant ce qui leur était arrivé.- Mais je n'ai pas de belle-soeur, dit Maître Yang un peu confus.

Les deux enfants lui décrivèrent alors la physionomie de la vieille dame, sa tenue ainsi que son accent, sans oublier la hotte de bambou qu'elle portait sur le dos.

Le charpentier en proie à des soupçons ne cessait de secouer la tête. Il examina la hache et trouva la lame tranchante et le dos bien épais. Soudain la hache se mit à remuer dans sa main et le manche se mua en un serpent se tortillant sur son bras tandis que le fer de hache en tête de serpent s'élançait sur sa poitrine gueule ouverte et crocs menaçants.

Les deux enfants poussèrent un cri de stupéfaction. Maître Yang eut le sang-froid de serrer la gorge du serpent qui se trouva neutralisé sur le coup. Il défit vite le corps du serpent de son bras, le prit par la queue, et l'agita de toutes ses forces au point de lui désarticuler l'échine. Après quoi, il jeta le reptile dans le brasero où il brûla vif.

Les deux jeunes gens revinrent enfin de leur première surprise et se dirigèrent vers le sac de provisions. Avant que Maître Yang ait eu le temps de les en empêcher, ils l'avaient ouvert. Il n'y avait dedans que les restes de la carcasse du Dragon Blanc...

Les deux poires recouvrèrent aussi leur état initial, c'était deux fruits empoisonnés. Il s'agissait sans aucun doute d'une ruse du Dragon Truie.

 

Un mois plus tard, on avait terminé la reconstruction des cabanes au toit de chaume, le labourage, ainsi que les semailles. Tout était prêt pour prévenir la famine. Maître Yang se remit à sa sculpture quand le forgeron revint avec ses amis. Chacun s'adonna avec ferveur à son travail.

Abao devint l'apprenti de Maître Zhao dont il apprit le métier de forgeron; Afeng, celui de Maître Yang pour apprendre à sculpter. La dernière sculpta un petit Dragon de bois, et le premier monta l'armure, les griffes et crocs de fer. Ainsi armé, le petit Dragon avait belle allure. Tout le monde en fut très content.

On installa le Dragon dans un hangar au toit de chaume et là, les deux maîtres tinrent une cérémonie pour accepter les deux enfants comme leurs apprentis. Les villageois vinrent tous les féliciter avec légumes, poissons, vin de blé fermenté, jouant de la guitare et chantant des airs de la nationalité hai.

Sur ces entrefaites vint un vieux moine. Il portait une chape de laine qui cachait mal ses cheveux blancs, tenant d'une main un moulin à prière et de l'autre un chien en laisse.

Par dévotion bouddhique, le peuple hai se montrait généreux quand il s'agissait d'un moine mendiant. Les villageois le firent entrer et lui offrirent vin et mets. Comme il se faisait tard et qu'il tombait une pluie fine, Maître Yang déjà à demi ivre, le garda pour passer la nuit.

A minuit, le moine se leva quand tout le monde dormait. Il cassa le petit Dragon de bois en plusieurs morceaux et jeta les copeaux dans le brasero. La chaumière fut tout de suite en feu. Le chien noir se jeta sur le charpentier et essaya de le mordre à la gorge. Heureusement Abao fut réveillé à temps et frappa la tête du chien noir à coups de marteau. De son côté Afeng prit une hache et l'agita vers le moine qui se sauva en coup de vent en laissant un doigt coupé.

Quand les villageois accoururent au hangar, plus l'ombre du moine, ni de son chien; il n'en restait plus au sol qu'un tas de grêlons, le Dragon en débris et une patte coupée du Dragon Truie.

Redoublant depuis de vigilance, on patrouilla nuit et jour. Le Dragon Noir n'osa plus revenir; probablement, se soignait-il chez lui.

 

Le 24e jour de la sixième lune, avant midi, un autre Dragon de bois fut prêt. Il était cuirassé et brillait d'un éclat argenté. On le posa sur la place, garni de huit autres petits Dragons, fruit du travail des deux enfants qui maîtrisaient bien leur métier. Une foule de gens étaient venus assister au "vernissage".

Des torches furent allumées vers le crépuscule. Chantant et battant gongs et tambours, on porta les neufs Dragons sur l'épaule et descendit la montagne. Maître Yang et son ami forgeron, Abao et Afeng marchaient tête.

Arrivant au bord de la marmite de géants, on piqua les torches autour, Yang-le-Charpentier se mit à réciter des incantations et les neuf Dragons furent acheminés jusque dans l'eau.

Après la cérémonie, Maître Yang enfourcha son cheval et en compagnie des villageois regagna rapidement la montagne, sachant que le lieu allait devenir une fois de plus un champ de bataille.

A peine furent-ils arrivés à mi-pente de la montagne que la foudre s'abattit. Au même moment, un nuage sombre et floconneux s'éleva dans l'espace. Un déluge fit remonter subitement les eaux de la rivière qui submergea toutes les terres jusqu'au lac Erhai. On ne distingua plus le ciel de la terre, ni la rivière du lac. Neuf Dragons argentés, un grand et huit petits, s'acharnèrent contre le Dragon Truie, ainsi fut engagée la bataille.

Le combat se déroula dans les cieux, allant de la montagne Cang, à l'ouest, jusqu'au lac Erhai, à l'est. Les montagnes renvoyaient l'écho de leurs cris de guerre, les eaux du lac Erhai devinrent houleuses. les neuf Dragons argentés faisaient des navettes dans les nuages à une vitesse inouïe.

Le charpentier et le forgeron ainsi que les villageois se tenaient sur le tertre, où ils battaient tambours et cymbales, poussaient des hourras malgré la pluie battante. Par intermittence, les éclairs illuminèrent leur corps dont on aurait dit des statues de dieu.

La bataille se déroula sur un espace de 120 lis du nord au sud, la voûte céleste fut sillonnée de blanc et de noir.

Malgré son envergure, le Dragon Noir s'affaiblissait petit à petit, assailli de toutes parts par les neufs Dragons Blancs. Ses écailles grosses comme des vans tombaient une à une lourdement dans le lac Erhai. Il continuait à riposter, essayant d'abattre d'un coup de sa queue grosse comme le col d'un seau, le Dragon Blanc dans l'eau.

 

Voyant que les Dragons Blancs prenaient le dessus, Maître Yang et Maître Zhao ainsi que les villageois brandissaient et agitaient hache, scie, marteau, houe et faucille en poussant des hourras d'encouragement, de concert avec la pluie, les flots et la montagne qui semblaient aussi crier des chants guerriers.

Les neuf Dragons dans leur poursuite volèrent à tire-d'aile vers le sud, le Dragon Noir perdit de la hauteur. Le ciel fut couvert d'un tapis de nuage blanc et le lac voilé d'une couche noire. Un moment plus tard, les nuages noirs tombèrent lentement dans le lac.

La pluie cessa. Les nuages blancs s'étendaient maintenant sur toute la terre tandis qu'une pleine lune s'élevait dans le firmament étoilé et que le lac devenait uni comme un miroir.

On voyait s'approcher Qijin, le fils de Maître Yang, à califourchon sur le dos du grand Dragon Blanc suivi de huit petits Dragons. Maître Yang et les villageois voulurent l'appeler, mais l'enfant et les Dragons volaient en direction de la marmite des géants.

Soudain éclatèrent neuf coups de tonnerre, la forêt dense s'ouvrit en deux, et les neuf Dragons s'enfoncèrent dans l'eau.

Depuis lors, la rivière du Dragon Truie fut rebaptisée la rivière des Dragons Blancs, les rayons de soleil éclairaient à travers la forêt fendue l'eau lipide de la marmite de géants qui avait perdu de son aspect sinistre d'antan.

Pour commémorer le souvenir de maîre Yang et des Dragons Blancs, le peuple Hai construisit un temple des Dragons Blancs. Sur l'autel se tenait la statue de Maître Yang, flanqué de Abao et Afeng. Au-dessus planait le grand Dragon Blanc avec ses huit petits enlaçant huit colonnes.

Quand venait la saison de repiquage des jeunes plants de riz, on voyait souvent les neufs Dragons tout humides, c'est qu'ils étaient partis la nuit pour faire tomber la pluie.

Le peuple n'avait pasoublié Maître Zhao et sa statue se trouvait dans une salle latérale, marteau à la main.

Le Dragon Truie qui avait tant sévi dans la contrée fut condamné à rester éternellement dans le fond du lac Erhai.

Tous les ans au soir du 24e jour de la sixième lune, il veut se révolter encore. C'est pourquoi nous devons allumer des torches et en piquer partout à travers la montagne, cette vue lui fait penser que le peuple "Hai" est toujours occupé à sculpter des Dragons Blancs, et il n'ose plus sortir.

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #deux, #dragon, #maitre, #montagne, #yang

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois, une île où tous les différents sentiments vivaient : le Bonheur, la Tristesse, le Savoir, ainsi que tous les autres, l’ Amour y compris.

Un jour on annonça aux sentiments que l’ île allait couler. Ils préparèrent donc tous leurs bateaux et partirent. Seul l’Amour resta. L’Amour voulait rester jusqu’au dernier moment. Quand l’île fut sur le point de sombrer, l’Amour décida d’appeler à l’aide.

     La Richesse passait à côté de l’Amour dans un luxueux bateau. L’Amour lui dit , « Richesse, peux-tu m’emmener ? », «  Non, car il y a beaucoup d’argent et d’or sur mon bateau. Je n’ai pas de place pour toi. »

     L’Amour décida alors de demander à l’Orgueil, qui passait aussi dans un magnifique vaisseau, «  Orgueil, aide-moi je t’en prie !  ». « Non, je ne peux t’aider, Amour. Tu es tout mouillé et tu pourrais endommager mon bateau.  »

     La Tristesse étant à côté, l’Amour lui demanda, « Tristesse, laisse moi venir avec toi ? ». « Non, Oooh..Amour, je suis tellement triste que j’ai besoin d’être seule ! ».

     Le Bonheur passa aussi à côté de l’Amour, mais il était si heureux qu’il n’entendit pas l’Amour l’appeler !.

     Soudain, une voix dit, « Viens Amour, je te prends avec moi ? »

C’était un vieillard qui avait parlé. L’Amour se sentit si reconnaissant et plein de joie qu’il en oublia de demander son nom au vieillard. Lorsqu’ils arrivèrent sur la terre ferme, le vieillard s’en alla. L’Amour réalisa combien il lui devait et demanda au Savoir « Qui m’a aidé ? ».

     « C’était le temps » , répondit le Savoir.

« Le temps ? » s’interrogea l’Amour. « Mais pourquoi le Temps m’a-t-il aidé ? ».

Le savoir sourit plein de sagesse et répondit :


 «  C’est parce que seul le Temps est capable de comprendre combien l’Amour est important dans la Vie. »


Extrait d'un livre chinois ISBN 978-7-80218-324-7

L'auteur de ce blog s'engage à modifier ou retirer tout ou partie sur demande des ayants droits de ce livre.
Publié dans le blog de dany

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Rédigé par orange8454

Publié dans #amour, #demande, #l’amour, #    , # »

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Publié le 13 Septembre 2012

Li Ming habitait une petite province de Chine. Nous l'avons rencontrée lors d'un voyage organisé à Pékin. Elle était debout, vêtue du costume de Mao, ses cheveux tressés et ses yeux remplis de curiosité. Devant ce temple majestueux qui attirait tous les touristes, elle ne cessait de dévisager tous ces étrangers. Puis, l'on ne sait pourquoi, elle s'est approchée. Elle a prononcé quelques mots dans sa langue. Nous ne la comprenions pas. Le groupe s'est éloigné, désintéressé. Son regard était si implorant! Je suis restée. Je l'ai suivie. Elle marchait à grands pas, heureuse. Nous sommes arrivées dans une petite ruelle, grisâtre et fumante. Des marchands ambulants tentaient de vendre leurs plats odorants. Elle s'est arrêtée près d'une porte, l'endroit étati sombre. Nous sommes entrées. Le ciel s'est éclairci, la luminosité était étourdissante. Et devant nous se dressait l'ancienne Chine. Un véritable Empire comme je l'avais imaginé avant d'entreprendre mon voyage. Un palais majestueux, coloré, éblouissant. Et puis une place immense pour le moment inanimée.

 

Li Ming m'a demandée de traverser cette place et de m'asseoir sur les marches du palais; elle m'a fait comprendre qu'il fallait que j'attende et que je regarde. J'ai attendu et j'ai vu...
Mille personnages se sont activés et préparaient vraisemblablement une fête. Ils étais tous vêtus de soie colorée et mon regard s'est posé. Il y avait là un palanquin dans lequel se trouvait une jeune femme visiblement heureuse. Elle ressemblait étrangement à la petite chinoise qui n'était d'ailleurs plus à mes côtés. Les mêmes yeux si expressifs et enjoués. Elle attendait.

 

Tambour battant un cortège est arrivé mené par deux hommes, suivi lui aussi, d'un palanquin contenant un jeune homme. Les palanquins sont maintenant côte à côte, aucun regard ne se croise. Les deux jeunes gens sont invités à se rendre au palais. J'assiste bien à un mariage. Spectatrice, je suis invisible à leurs yeux, Li Ming n'est toujours pas revenue. Les jeunes mariés montent les marches sur lesquelles je suis assise; le cortège les suit.

 

Et puis tout s'éteint. Le temps s'arrête quelques minutes. La place est à nouveau déserte et la petite chinoise a repris place à mes côtés. J'ai du mal à comprendre. Elle prend ma main, nous montons les marches du palais et découvrons son intérieur. Elle me montre deux portraits, un homme et une femme; le dernier Empereur de Chine et l'Impératrice. Ces portraits ont une centaine d'années et pourtant il s'agit bien là des jeunes mariés que j'ai vus il y a queques instants.

 

Puis Li Ming sort de sa poche une montre gousset et m'explique avec des gestes et quelques mots, que nous avons remonté le temps. C'est un pouvoir qu'elle possède dès qu'elle passe la porte de cette ruelle. Li Ming ne connait que son prénom. Sa famille ne vit pas à Pékin. Elle y vient lorsque ses parents agriculteurs décident d'aller y vendre des produits de leur culture. Elle aime découvrir et c'est en se promenant dans ce vieux quartier que tous ces évènements se sont produits. Elle voulait aujourd'hui que quelqu'un découvre un tout petit bout d'histoire de l'ancienne Chine avec elle. C'est pour celà qu'elle dévisageait tous ces touristes si intensément. Elle faisait un choix. Elle m'a choisie.....

 

Chaque mois, le sujet change...

En savoir plus...


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Rédigé par orange8454

Publié dans #chine, #cote, #jeune, #ming, #petit

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Publié le 13 Septembre 2012

Une vieille dame chinoise possédait deux grands pots, chacun suspendu

au bout d'une perche qu'elle transportait, appuyée derrière son cou.


Un des pots était fêlé, alors que l'autre pot était en parfait état et

rapportait toujours sa pleine ration d'eau. A la fin de la longue

marche du ruisseau vers la maison, le pot fêlé, lui, n'était plus qu'à 

moitié rempli d'eau.

 

Tout ceci se déroula quotidiennement pendant deux années complètes,

alors que la vieille dame ne rapportait chez elle qu'un pot et demi

d'eau.

 

Bien sûr, le pot intact était très fier de ses accomplissements. Mais

le pauvre pot fêlé, lui, avait honte de ses propres imperfections, et

se sentait triste, car il ne pouvait faire que la moitié du travail

pour lequel il avait été créé.

 

Après deux années de ce qu'il percevait comme un échec, il s'adressa

un jour à la vieille dame, alors qu'ils étaient près du ruisseau :

Ah ! J'ai honte de moi-même, parce que la félure sur mon côté laisse

l'eau s'échapper tout le long du chemin lors du retour vers la maison.”


La vieille dame sourit : “ As-tu remarqué qu'il y a des fleurs sur ton

côté du chemin, et qu'il n'y en a pas de l'autre côté ? J'ai toujours

su à propos de ta fêlure, donc j'ai semé des graines de fleurs de ton

coté du chemin, et chaque jour, lors du retour à  la maison, tu les

arrosais.

 

Pendant deux ans, j'ai pu ainsi cueillir de superbes fleurs

pour décorer la table. Sans toi, étant simplement tel que tu es, il

n'aurait pu y avoir cette beauté pour agrémenter la nature et la

 maison. ”

 

Chacun de nous, avons nos propres manques, nos propres félures. Mais

ce sont chacune de ces craques et chacun de ces manques qui rendent nos

vies ensemble si intéressantes et enrichissantes, il faut trouver ce

qu'il y a de bon en elles.

 

Donc, tous mes amis fêlés, passez une superbe journée et rappelez-vous

de prendre le temps de sentir les fleurs qui poussent sur votre côté du

chemin !

Vivez, donnez, aimez et soyez reconnaissant !

 

 


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Rédigé par orange8454

Publié dans #cote, #fele, #fleurs, #pot, #vieille

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