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Publié le 13 Septembre 2012

Le marché Binh Tay (également connu sous le nom de Cholon, Cholon Nouveau) a été fondé durant l’occupation française.  Le marché Bình Tây fut offert à la communauté chinoise par un commerçant, Đạm, qui, ayant fait fortune, décida de récompenser la communauté. Conçu par un architecte français, Bình Tây a conservé son style avec ses toits en forme de fleur de lotus, son beffroi et ses horloges. On peut aussi y manger sur le pouce dans l’une des nombreuses gargotes qu’abrite cette immense halle couverte. Sa construction a débuté en 1928 et s’est terminée en 1930. Il a été construit en béton armé selon des techniques occidentales, mais avec une architecture orientale. Le portail est en forme de tour de pagode. Son toit est couvert de tuiles Yin-Yang. Il est décoré également d’un dragon et de "deux dragons accompagnés d’une perle" en céramique bleu. Aux quatre coins du marché il y a 4 petites cabanes, couvertes des tuiles Yin-Yang. Une grande cour spacieuse et aérée est construite au milieu.  Le marché compte 2 358 stands, il est essentiellement un marché de produits alimentaires, mais on y trouve aussi des tissus, des médicaments, des casseroles et autres ustensiles. Les commerçants sont regroupés par spécialités. L'activité du marché va de 3 h à 22 heures.

 

De nombreuses vente de retaurations rapides le long du trottoir tenus essentiellement par les femmes.

 

 

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #binh, #couvert, #marche, #tay, #yang

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Publié le 13 Septembre 2012

Lu-Lung est une toute petite cité, située au pied d'une très haute montagne, dans la Chine lointaine. La ville est tellement petite que tout le monde s'y connaît. Les maisons sont tellement proches les unes des autres, qu'en hiver, lorsqu'il gèle à pierre fendre, on a réellement l'impression qu'elles se protègent du froid les unes les autres.

 

Dans la ville de Lu-Lung vit depuis très très longtemps une pauvre veuve. La femme a un fils. Un garçon superbe qu'elle a appelé Wang, le nom que portait déjà son grand-père. Dans la ville de Lu-Lung, personne n'est aussi fort ni aussi courageux que Wang. Sans rien en dire, toutes les femmes envient la pauvre veuve d'avoir un fils aussi fort et aussi courageux.

 

Wang et sa mère mènent une vie paisiblement heureuse si ce n'est la présence dans la maison d'à côté de l'usurier Yu. Ils sont constamment ennuyés par lui. Le vieil homme est malade de jalousie devant la force et la jeunesse de Wang et il ne rate aucune occasion pour tourmenter le jeune homme et sa mère. Sans cesse, il leur fait des remarques désobligeantes. Bien sûr, c'est de la méchanceté gratuite mais au fil des jours, les remarques commencent à peser sur Wang et sa mère.

 

Un soir alors que Wang est assis dans le jardin devant la maisonnette, Yu demande à la veuve :

-"Comment se fait-il que ton fils vive toujours chez toi ? Il me semblait que les jeunes de son âge étaient mariés depuis bien longtemps. Sans doute, les jeunes filles de Lu-Lung ne sont pas assez bien pour lui et il attend une princesse…"

 

La veuve très digne le toise avant de lui répondre :

 

- "Après tout, pourquoi pas ? Ton idée n'est pas si bête en somme. Wang est le jeune homme le plus beau et le plus courageux de toute la région. Une princesse ferait certainement une bonne affaire en l'épousant! "

 

L'usurier se met à rire et dit :

 

- "Dans ce cas, il risque d'attendre très longtemps. Dans la région, il n'y a pas de princesse!" mais fort en colère et dépité, il rentre chez lui en claquant la porte de son logis.
La veuve se demande bien pourquoi un vieil homme peut être encore aussi méchant. S'il était plus gentil, il serait sans aucun doute plus heureux et tout le monde l'aimerait… Elle regarde son fils avec des yeux emplis de tendresse et lui dit :

 

- "C'est vrai dans le fond ! Je suis certaine qu'une princesse serait très heureuse avec toi! "

Wang sourit :

 

- "Le voisin a raison : il n'y a pas de princesse dans la région. Et, puis, si j'en trouvais une, comment pourrions-nous l'accueillir dans cette petite maison?"

 

Wang se lève et prend gentiment sa maman par l'épaule.

 

-"Viens", dit-il, "Rentrons. Il est inutile de rêver. Jouons plutôt une part de dominos."

Les années passent. Rien de bien important n'arrive dans la vie de Wang et de sa mère. Le garçon devient de plus en plus beau et de plus en plus fort, mais ne parle toujours pas de se marier. Sa mère est hantée par les paroles du vieil usurier et ne peut que soupirer. Il lui semble parfois que son fils attend vraiment une princesse qui accepte de l'épouser...

Un jour, alors que Wang est en train d'étudier dans sa chambre, il entend un bruit inattendu. Il regarde vers la statuette de Bouddha qui trône dans la pièce et aussitôt, la porte s'ouvre et un délicieux, un enivrant, un subtil parfum de glycine envahit les lieux. Dans l'embrasure de la porte, se tient une très jeune femme. Elle porte un kimono de couleur mauve de la même couleur que ses yeux et que les rubans qui nouent ses longs cheveux noirs. A son cou, brille un collier de perles éclatantes et, sur ses mains très blanches, scintillent des saphirs et des diamants. Wang n'en croit pas ses yeux. Il pense qu'il rêve. Il doit être tombé endormi alors qu'il étudiait. Son imagination surexcitée lui joue un tour…

 

La jeune femme s'avance vers lui et dit d'une voix cristalline :

 

- "Non, Wang, tu ne rêves pas. Je suis la princesse de la Forêt des Glycines et je suis venue jusqu'ici pour te dire que je veux t'épouser."

 

Gêné, le jeune homme ne sait pas quoi répondre. Il sent les murs de sa chambre qui se rétrécissent. Lui devient minuscule face à tant de beauté. Il regarde désespérément son mobilier sans valeur. Il ne possède même pas le moindre cadeau à offrir à la princesse en signe de bienvenue... La seule pièce de valeur qui lui appartient est le jeu de dominos en ivoire. C'est là sa seule richesse. Il le dépose aux pieds de la jolie visiteuse qui se met à battre des mains de joie en ouvrant la petite boîte laquée.

 

"Tu aimes donc jouer aux dominos ?", demande-t-elle toute à la fois ravie et surprise et tout aussitôt, elle dispose les pièces sur la petite table et invite Wang à venir s'asseoir auprès d'elle pour disputer une partie.

 

Le jeune homme, bon joueur, a bien du mal à se concentrer. Son regard est sans cesse attiré par sa trop belle partenaire!

 

-"J'ai gagné! ", s'exclame celle-ci peu après en arborant un très large sourire. "Je dois reconnaître que je n'ai jamais affronté un aussi redoutable adversaire. Lorsque nous serons mariés, nous nous mesurerons chaque jour aux dominos! "

 

- "Donc... ", balbutie Wang avec beaucoup d'efforts, "donc, vous parliez sérieusement lorsque vous disiez que vous vouliez m'épouser? "

 

La princesse acquiesce en souriant et Wang ajoute d'un air désespéré :

-"Mais où irons-nous habiter? Je n'ai pas d'argent pour acheter une maison! "

 

La jeune femme claque des doigts et une servante entre et dépose aux pieds de Wang un coffret rempli de pièces en or.

 

- "Tu devras attendre la prochaine pleine lune pour construire notre maison", lui dit la princesse. "A ce moment, je reviendrai pour célébrer nos noces. Aujourd'hui, je ne puis m'attarder davantage. "

 

Wang ne peut détacher ses yeux du coffret et des pièces. Il ne voit pas la princesse suivie de sa servante qui quitte la pièce.

 

Je dois avoir rêvé pense Wang en regardant autour de lui. Non, le coffret contenant les pièces d'or sont toujours devant lui et sa boîte de dominos a disparu.

 

- "Maman!", crie Wang "Je vais épouser une vraie princesse! "

 

Le jeune homme raconte à sa mère ce qui lui est arrivé.

- "Mais tu as là un véritable trésor! " dit la veuve en contemplant le coffret. "Jamais je n'ai vu autant d'argent de ma vie. Tu pourras construire une splendide maison. Mais surtout obéit à la princesse : il ne faut pas commencer la maison avant la prochaine pleine lune ! "

 

Wang est jeune. Il ne sait pas attendre et malgré les bons conseils de sa mère, il se rend en ville dès le lendemain matin et y prend rendez-vous avec le charpentier et le maçon en vue de construire une très belle demeure pour lui-même et pour sa future épouse.

 

- "J'ai entendu raconter que ton fils va épouser une princesse", marmonne un soir l'usurier à la veuve. "Et où l'a-t-il donc trouvée? "

 

Mais la veuve, pinçant les lèvres, ne répond pas.

 

- "Soit, si tu ne veux rien dire, garde-le pour toi", jette Yu, dévoré par la curiosité. "Je me disais bien qu'il y avait quelque chose de louche dans tout cela. C'est comme pour cet argent avec lequel il fait construire cette grande maison. J'ai du mal à croire qu'il l'a gagné honnêtement! "

 

- "Crois tout ce que tu veux", répond la mère de Wang.

 

Et, sans plus regarder le vieil homme, elle rentre chez elle.

 

Le temps passa encore. La construction de la nouvelle maison progresse. Un jour, un jeune voyageur porteur des couleurs impériales arriva en ville.

 

- "Mon nom est Yang", dit-il après avoir été salué Wang et sa mère. "J'ai appris que tu es un excellent joueur de dominos et je serais heureux de pouvoir me mesurer avec toi."
Wang accepte l'invitation avec plaisir et se rend plusieurs soirs consécutifs à l'auberge pour jouer aux dominos avec l'étranger. Le cinquième soir, son nouvel ami l'accueille le visage triste :

 

- "Il me faut m'en aller", dit-il "Comme souvenir, je désire te donner ceci. "

 

Et le jeune homme tend à Wang une boite en bois de cèdre qui contient une coupe en argent, quelques baguettes en ivoire et une précieuse figurine de jade.

 

Après le départ de Yang, Wang se sent désemparé. Sa maison est prête et il attend avec impatience l'arrivée de la princesse. Mais le seul nouveau venu dans la ville est un riche seigneur qui, avec sa suite, s'installe à l'auberge que Yang avait précédemment fréquentée.

Le lendemain matin, Wang est réveillé de bonne heure par des éclats de voix : le noble seigneur a été dévalisé de tout ce qu'il possédait.

 

- "J'ai vu le chef des voleurs", déclare une des voix.

 

- "C'est Yang, le commandant de la garde impériale", ajouta une autre.

 

- "Yang! Je le connais bien! ", renchérit le vieux Yu. "Je l'ai vu très souvent en compagnie de mon voisin Wang, celui qui est subitement devenu si riche."

 

Peu après, le responsable de l'ordre surgit chez Wang pour y effectuer une perquisition. Et, lorsqu'il découvre le cadeau d'adieu de Yang, le malheureux est immédiatement emprisonné et accusé de complicité.

 

- "Il est impossible que Yang soit un voleur! ", assure Wang lorsque le juge l'interroge. "Il portait les couleurs de l'empereur."

 

Le juge se trouve bien embêté et ordonne que Wang soit transféré dans la capitale pour y être jugé.

 

- "Mais vous, si vous l'avez accusé injustement", dit le juge à Yu, qui avait assisté à l'audience d'un air triomphant, "vous serez emprisonné à votre tour. "

 

Le vieil usurier, soucieux de ne pas courir un tel risque, se hâte d'entrer en contact avec les quatre soldats chargés d'emmener Wang dans la capitale et, pour une poignée de pièces d'argent, ceux-ci lui promettent de tuer le jeune homme durant le trajet.

 

La route qui conduit à la capitale traverse les montagnes et les ravins escarpés. Le chemin est long et les gardes auront bien l'occasion de faire disparaître le prisonnier. Au moment où ils s'apprêtent à pousser Wang dans un précipice, un énorme tigre surgit. Effrayés par le félin, deux des hommes reculent et tombent dans le ravin, tandis que les autres, sans demander leur reste, prennent leurs jambes à leur cou et s'enfuient !

 

Wang est tombé lourdement sur le sol. Son front a heurté un rocher. Il reste là, étendu sans connaissance alors le tigre le saisit par la ceinture et l'emporte dans la forêt.

 

C'est un parfum de glycines en fleurs qui pénètre dans ses narines, qui réveille Wang. Il ouvre les yeux et se trouve dans l'herbe, face à un magnifique palais de porcelaine, couvert de mauves corolles odorantes.

 

A l'entrée du palais, se tient la jolie princesse. Mais son regard est dur. Wang veut aller vers elle, mais, d'un seul geste, elle lui fait comprendre de ne pas bouger et d'un ton sévère elle lui dit :

 

- "Wang, tu ne m'as pas écoutée. Je t'avais demandé d'attendre la prochaine lune avant de construire notre maison. Maintenant, le malheur a fondu sur toi. Tu dois te rendre chez le juge, pour lui prouver ton innocence sinon tu ne pourras plus jamais trouver le repos. Par la suite, tu retourneras ensuite à Lu-Lung afin consoler ta pauvre mère qui est malade de chagrin depuis le jour où les soldats t'ont emmené! "

 

Le jeune homme est anéanti. C'est vrai, il aurait dû attendre la pleine lune... Mais il était tellement impatient de la revoir et voilà qu'il l'a retrouvée et qu'elle le renvoie !

 

- "Allons", dit-elle, "avant que tu ne partes, je vais te faire don d'un talisman. "

 

Elle prend une corde qu'elle noue avec soin à la taille de Wang. Et avec douceur, elle ajoute :

 

- "Les nœuds que j'ai fait dans cette corde sont magiques. En cas de besoin, il te suffit d'en défaire un et tu seras sauvé. Pars vite, maintenant! "

 

Wang regarde tristement la princesse, désespéré de devoir la quitter. Dans un profond soupir, il s'en va vers la capitale.

 

Le sentier qu'il prend monte et descend sans cesse. Plusieurs fois, il s'en faut de peu qu'il ne tombe en butant sur une pierre. Des branches lui fouettent le visage et, bientôt, il se met à pleuvoir. Wang poursuit courageusement sa route. La pensée de la jolie princesse lui donne sans cesse de nouvelles forces. Il a déjà parcouru une bonne partie du chemin, lorsqu'il débouche sur un plateau aride et désolé. La pluie ne tombe plus. Derrière les sombres nuages, il peut même apercevoir le soleil, dont les rayons éclairent sans l'égayer ce triste paysage. Seuls quelques arbres tordus rompent, çà et là, cette lugubre monotonie.

 

Soudain, un nuage de poussière masque l'horizon. Portant la main au-dessus de ses yeux, Wang scrute le lointain. Très rapidement, le nuage se transforme en une armée de cavaliers armés jusqu'aux dents. Leurs armes scintillent sous le soleil. Ils arrivent à toute vitesse dans sa direction... "Que va-t-il m'arriver, maintenant? ", pense Wang tristement. "N'ai-je pas encore subi assez de malheurs? Ces hommes ont sûrement l'intention de m'attaquer. Lorsqu'ils s'apercevront que je ne porte aucun objet de valeur, ils me tueront probablement par dépit! "

 

Il n'a plus le temps de s'enfuir et puis, où se serait-il caché? Il n'y a rien que du roc et de la pierre.

 

Bientôt, les cavaliers sont devant lui. Le chef de la troupe s'approche à quelques mètres et Wang observe craintivement sa silhouette impressionnante, fièrement campée sur sa monture et soudain, il le reconnaît :

 

- "Yang! ", crie-t-il. "Yang, mon ami, est-ce vraiment toi?"

 

Il lui tend joyeusement la main pour le saluer. Un large sourire aux lèvres, Yang se pencha vers lui.

 

- "Tu acceptes donc encore de me parler, Wang?", demande-t-il, tout content. "Tu ne refuses pas de serrer la main à un voleur de mon espèce? "

 

- "Je n'ai jamais pu croire à un pareil mensonge", répond Wang.

 

- "Alors, laisse-moi te conter comment tout cela est arrivé", dit Yang en serrant fermement la main du jeune homme en signe d'amitié. "Pendant des années, j'ai vécu, à la cour, en tant que commandant de la garde impériale, au sein d'un monde de faste et d'apparat. Mais aussi dans un monde méprisable, comme je l'ai découvert plus tard car la plupart des membres de la cour n'ont pas gagné leur fortune honnêtement.

 

Pendant qu'ils parlent, les deux amis se tiennent toujours la main afin de se témoigner leur confiance. Puis, Yang descend de sa monture et tous les deux vont s'asseoir à l'écart. Yang poursuit :

 

- "La richesse dont jouissent ces riches seigneurs, ils l'ont volée aux pauvres gens. Car ils l'ont obtenue en imposant de très lourdes amendes pour de petits délits et en exigeant d'importants fermages. "

 

Wang acquiesce. Il connaît bien cette histoire... Depuis de longues années, la population vit opprimée à cause des cruelles mesures adoptées par les grands propriétaires terriens. De nombreux abus de cette espèce ont été commis dans les environs du Lu-Lung. Certains paysans, incapables de payer le fermage, envoient même leurs enfants mendier en ville.

 

- "C'est pourquoi", poursuit Yang, après avoir fait signe à ses hommes de mettre pied à terre pour se reposer un instant, "j'ai décidé que tout cela devait changer. J'ai résolu de quitter la cour et de devenir l'un de ces pauvres. Mais cela ne suffisait pas. J'ai alors réuni autour de moi un groupe d'hommes qui pensaient comme moi. Ensemble, nous avons commencé à voler les riches, répartissant ensuite notre butin entre de misérables paysans. C'est ainsi que je suis devenu un voleur. "

 

- "Et donc, ce noble, à Lu-Lung...", commença Wang.

 

Mais son ami l'interrompt aussitôt :

 

- "Voler ce noble faisait partie de mon projet. Il méritait bien une petite leçon! Car, dans la région d'où il venait, tous les paysans étaient complètement ruinés, tant les taxes qu'il leur imposait étaient élevées. En plus, les terres qu'il leur avait données en fermage étaient totalement incultes. Et, comble de malheur, le peu qu'elles produisaient venait d'être anéanti par les fortes pluies du printemps sans que lui-même veuille tenir compte de cette situation. Même lorsque les paysans lui demandaient un délai, il ne leur montrait aucune pitié! Tu comprends maintenant, pourquoi je lui ai dérobé ses biens? ", demande Yang.

 

Wang acquiesce sans mot dire et son compagnon poursuivit :

 

- "La prochaine fois que j'irai à Lu-Lung, ce sera pour Yu, l'usurier. Il est temps qu'il soit puni pour exiger des intérêts abusifs des malheureux qui, désespérés, ont recours à lui ou bien lui demandent de pouvoir différer un remboursement...Mais, toi-même, raconte-moi ce qui t'a conduit dans cette région inhospitalière."

 

En soupirant, Wang commence à expliquer son histoire :

 

- "Un serviteur du noble que tu as dépouillé t'a reconnu lorsque vous êtes entrés dans l'auberge, cette nuit-là. Et, l'usurier Yu, qui nous avait souvent vus ensemble, s'est servi de ce prétexte pour me causer une nouvelle fois des ennuis. Il s'était longtemps demandé comment j'avais bien pu obtenir de l'argent pour construire une maison, puisque ma mère et moi-même sommes pauvres, et il a saisi cette chance de me nuire, m'accusant sournoisement de complicité pour ce vol. "

 

Wang s'arrête quelques instants pour avaler une gorgée du vin de riz que lui tend Yang. Il a la gorge sèche d'avoir tant marché et parlé. Puis, il enchaîne :

 

- "Le responsable de l'ordre ne croyait pas que j'avais quelque chose à voir dans cette sombre histoire, mais il s'est vu obligé d'effectuer une perquisition chez moi et il a découvert dans ma maison tes beaux cadeaux. C'était la preuve de ma culpabilité et il m'a conduisit devant le juge. Evidemment, je lui ai raconté la vérité. Ce n'étaient que des présents et que je les avais acceptés sans faire la moindre objection, puisque je croyais que tu venais de la cour impériale. N'osant pas trancher, le juge a décidé de m'envoyer dans la capitale pour y être traduit en justice. Cependant, craignant que la lumière ne soit faite sur toute cette affaire, le vieux Yu a soudoyé les soldats chargés de me conduire en ville. Ces pauvres hommes, qui avaient bien besoin d'un peu d'argent supplémentaire, ont promis à l'usurier de se débarrasser de moi en cours de route. Seul le hasard a permis que je sois sauvé de la mort par un tigre, apparu au moment où ils voulaient me tuer. Et ce tigre m'a conduit auprès de la princesse des glycines, qui m'a ordonné de me rendre en ville pour prouver mon innocence. Voilà tout ! " dit Wang.
Et il ajoute piteusement :

- "Je ne l'ai pas écoutée et, maintenant, elle est fâchée contre moi. Ah! J'aurais dû attendre la pleine lune avant de commencer à construire notre maison ... "

Yang a écouté attentivement le récit de son ami :

 

- "Si je comprends bien", dit-il, "tu es donc en route pour la capitale, où tu seras jugé par le juge suprême. "

 

Wang boit encore une gorgée de la bouteille de vin de riz pour se donner du courage.

 

- "C'est bien cela", opine-t-il en se levant pour se remettre en route.

 

Il tend la main pour prendre congé de Yang, mais celui-ci secoue la tête.

 

- "Non, mon cher Wang", refuse-t-il paisiblement. "Je ne te laisserai pas partir comme cela.

Un ami aussi fidèle que toi a droit à mon aide. Le voyage est encore long jusqu'à la ville et il est semé d'embûches! "

 

Et c'est ainsi que Wang parcourt le reste du chemin sous la protection des hommes de son ami Yang, qui le suivent à quelque distance.

 

Peu après, il atteint sans encombre la capitale et va aussitôt se présenter au palais de justice.

 

- "Je suis Wang et je viens de Lu-Lung", déclare-t-il, une fois mis en présence du juge suprême. "Je suis venu jusqu'à vous pour prouver mon innocence. "

 

- "Et où sont les soldats qui t'ont conduit ici? ", demanda le juge.

 

- "Deux d'entre eux ont pris la fuite à la vue d'un tigre", explique Wang. "Et les deux autres sont tombés dans un ravin. "

 

Comme le juge continue à le regarder d'un air interrogateur, Wang lui raconta toute son histoire.

 

- "Tu veux me dire que tu es venu sans escorte et de ton plein gré? ", s'exclame le juge, étonné, lorsque Wang termine son récit. "Mais tu aurais pu facilement t'échapper! "
Wang sourit :

 

- "Je suis innocent", assura-t-il. "Mais il y a des gens qui affirment le contraire. Ils prétendent que je suis complice d'un vol. Et je n'ai nulle envie de passer pour un malhonnête. C'est pourquoi je suis venu jusqu'à vous. Je veux prouver ma bonne foi! "

 

Tout en parlant ainsi, Wang joue machinalement avec la corde nouée à sa taille. Sans même s'en apercevoir, il défait un des nœuds.

 

Au même moment, le juge suprême déclara :

 

- "Même sans preuve, je suis convaincu de ton innocence, Wang. En effet, seul un homme à la conscience bien tranquille se présente de lui-même devant le juge sans y être contraint par la force. "

 

Il va ensuite chercher un morceau de parchemin et écrit en termes choisis une déclaration attestant de l'innocence du prévenu.

 

- "Et voilà! Tout est en ordre, Wang", conclut-il en lui serrant la main. "A partir de cet instant, tu es un homme libre. "

 

Soulagé, Wang quitte le tribunal. A présent, il doit retourner à Lu-Lung pour rassurer sa mère qui l'attend à la maison. Et ensuite... Il ose à peine y penser, de peur que quelque chose tourne de nouveau mal. Mais il espère de tout son coeur qu'il pourra épouser la très jolie princesse des glycines!

 

Serrant dans sa main la déclaration du juge, Wang entame le pénible voyage de retour. Plus il approche de sa petite ville natale, plus il marche allègrement. Il lui semble que toute fatigue l'abandonne ! Déjà, il aperçoit les premières maisons de Lu-Lung. Au milieu de celles-ci, se trouve celle de sa mère. A cette pensée, il se met à courir à perdre haleine, tant il a hâte de rentrer chez lui!

- "Maman! ", crie-t-il en se précipitant dans l'humble demeure. " Je suis là! "

 

- La pauvre veuve a beaucoup maigri depuis le départ de son cher fils. Ses yeux sombres brillent fiévreusement dans sa figure pâle et ses mains tremblent. Mais, lorsqu'elle voit entrer Wang sain et sauf, un sourire rayonnant apparaît sur son visage aux traits fatigués et elle tend les bras pour accueillir son enfant bien-aimé.

 

Puis, les premières effusions passées la veuve lui pose mille et une questions, auxquelles Wang répond patiemment, jusqu'à ce que l'heure de se coucher arrive. La mère et le fils se souhaitent tendrement le bonsoir.

 

Mais, non loin de là, quelqu'un va, au contraire, passer une nuit fort agitée. C'est l'usurier Yu, brutalement tiré de son sommeil par une voix mystérieuse, qui lui dit :

 

- "Donne-moi les clés de ton coffre. Et pas un mot si tu tiens à la vie! "

 

Tremblant de tous ses membres, le vieillard remet le trousseau à Yang - car c'est lui qui a pénétré chez l'usurier avec ses hommes -et, quelques instants plus tard, Yu regarde d'un air furieux son coffre- fort complètement vide...

 

Pendant ce temps, Wang dort paisiblement. Lorsqu'il se réveille, il aperçoit sa mère qui le contemple, un étrange sourire sur les lèvres.

 

- "Il y a de la visite pour toi", annonce-t-elle.

 

Au même moment, le jeune homme sent le parfum qu'il attendait tant, le doux parfum de glycine...

 

Peu de temps après, les noces de Wang et de sa jolie princesse sont célébrées dans l'allégresse.

Le temps passe.

 

De cette heureuse union, naissent rapidement deux charmants enfants, qui ont les yeux mauves comme ceux de leur mère. Wang ne est tellement heureux qu'il ne peut imaginer qu'un tel bonheur soit possible Et par soir d'hiver, un triste soir d'hiver, le jeune homme, en revenant de son travail, voit sa femme qui l'attend sur le seuil de leur maison. Elle a revêtu le kimono qu'elle portait lors de leur première rencontre et qu'elle n'avait plus jamais remis depuis.

 

Wang se doute une tragique certitude que quelque chose d'horrible, de grave, d'irréparable va se produire. Quelque chose d'inévitable qui va bouleverser sa vie...

 

- "Nul bonheur ne peut jamais durer éternellement", dit la princesse, sans lui laisser le temps de parler. "Ma vie sur la Terre est terminée. Je suis obligée de te quitter, mais je ne t'oublierai pas. "

 

L'instant d'après, elle disparaît emportant avec elle les enfants.

 

- "Non! ", hurle Wang.

 

Mais aucun son ne sort de sa bouche. Les larmes aux yeux, il regarde autour de lui. Et, soudain, par un miracle inexplicable et malgré le froid de l'hiver, partout, des glycines se mettent à fleurir. Les lourdes grappes sont du même mauve que les yeux de sa femme et de ses enfants... Et lorsqu'il pénètre dans sa maison, il découvre avec bonheur que le plafond de la véranda, lui aussi, est paré d'un somptueux manteau odorant!

 

Wang malgré son immense chagrin sent que sa princesse tant aimée et ses chers enfants ne l'ont pas vraiment quitté, et que leur esprit et leur coeur demeurent à ses côtés. Et, dans chaque corolle, il voit briller leur tendre regard mauve, qui le suit et veille sur lui. Et il en est un peu consolé!

 

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois un charpentier du nom de Yang qui se hâtait de regagner son village natal, car on était en pleine saison de la Grande Clarté, temps des semailles. Natif du village de l'Est, Maître Yang était un excellent charpentier capable de sulpter Dragon et phoenix, de construire de grands bâtiments et de hauts portiques.

Il marchait maintenant sur une route le long d'une rivière, à la hauteur d'une marmite de géants, portant sur le dos ses outils, sa literie et une casserole de cuivre rutilante, il tenait par la main son fils unique, Qijin.

Il se trouve que dans cette marmite de géants habitait un Dragon Truie. Noir de corps et cruel de coeur. L'animal se lovait au fond de l'eau dans une caverne sinistre, sortant de temps en temps pour ravager la contrée.

Tous les trois ans , au crépuscule du 24e jour de la sixième lune, il crachait des nuages noirs à obscurcir le ciel et le soleil, suscitant un ouragan mêlé de foufres et d'éclairs, suivi d'une inondation qui emportait sur son passage ponts, maisons et cultures.

Le Dragon Truie nageait au gré des flots jusqu'au lac Erhai, soulevant des vagues hautes comme des montagnes, dévorant les poissons et les tortues, les barques et les voyageurs.

Cette tempête dura un jour et une nuit pour se déchaîner de plus belle, et la même scène se répéta sur le chemin du retour du Dragon Truie, jusqu'à ce que le monstre ait regagné sa demeure.

Cette calamité se renouvelait tous les trois ans, au point que les habitants se réfugiaient tous dans la montagne Cang, se nourrissant d'écorce et de racines, en attendant que s'apaise le Dragon Truie pour retourner au village.

Ils reconstruisaient alors les maisons et les champs désolés. Ainsi de génération en génération, les villageois n'avaient jamais pu connaître la paix.

Ce Dragon Truie détestait tout ce qui était en fer ou en cuivre. Si par méconnaissance du tabou, quelqu'un allait puiser de l'eau dans la rivière avec un seau en fer ou en cuivre, le Dragon truie le happait immanquablement dans ses griffes et le dévorait à belle dents. Aussi évitait-on de son mieux ce lieu redouté; avec le temps, des arbres poussaient dru autour de la marmite de géants.

Vu de loin, c'était une forêt si dense que même le vent n'y pénétrait plus. On entendait en été que les cris des cigales et des grillons, qui se risquaient dans ces parages.

 

Lorsque Maître Yang et son fils arrivèrent là, il faisait une chaleur torride. Père et fils avaient tous deux soif. Le jeune Qijin regarda les alentours, cherchant désespérément une source où se désaltérer. Avisant une touffe de verdure, il déposa vite sa charge, prit la cassrole de cuivre et courut vers la rivière. Réalisant ce que son fils allait faire, Maître Yang tenta de le rattraper. Mais en vain. Avant d'avoir dit:

"J'ai soif, père", le garçon avait déjà disparu dans la forêt.

A peine Qijin eut-il mis un genou à terre et tendu sa casserole dans l'eau, qu'un jet de vapeur noire jaillit, en même temps qu'une patte émergea de la surface d'eau, et l'enfant fut tiré dans le fond. Immédiatement, la foudre s'abattit avec une pluie de grêlons...

Lorsque Maître Yang arriva au bord, il ne restait plus qu'une sandale qui traînait dans la boue.

Il n'avait que ce fils. Partout où il allait, il prenait avec lui cet enfant de 13 ans et jamais il ne lui était arrivé le moindre incident. Il ne s'attendait pas à le perdre à trois jours de marche de son village natal. Dans sa colère il fut prêt à descendre dans l'eau pour combattre le monstre.

Mais, réflexion faite, il trouva plus raisonnable de chercher une autre issue. Il resta là, les yeux fixés sur la sandale et se mit à pleurer. Il ne voulut quitter le lieu quand le soleil se coucha derrière la montagne de l'ouest.

A ce moment-là, une vieille dame passa par là. Voyant les outils de charpentier et la palanche, elle alla quérir leur maître en bordure de la forêt, guidée par les pleurs. Elle trouva enfin Maître Yang et lui conseilla de venir d'abord au village voisin.

Maître Yang la suivit jusqu'à un tertre de la montagne. Là, il vit des paysans vivant dans des cabanes construites à la hâte parce que les inondations venaient de tout ratisser. Malgré la dureté de la vie, tous éprouvaient une grande compassion pour le pauvre charpentier et essayaient de le soulager de leur mieux.

Parmi eux se trouvaient deux enfants, le garçon s'appelait Abao, et la fillette, Afeng. Tous deux s'empressaient autour de Maître Yang, lui offrant du thé et à manger. La vue de ces deux enfants si sages lui évoquant le souvenir de son propre fils, Maître Yang s'attrista davantage. On lui proposa de se reposer quelques jours d'abord, puis on le raccompagnerait dans son pays natal.

 

Maître Yang passa une nuit blanche sans manger ni boire. Il tenait dans ses mains la sandale de son fils et ne pouvait la quitter du regard. A la pointe du jour, il prit la résolution de combattre ce Dragon Truie, pour venger son petit et extirper ce fléau dans l'intérêt de la population locale.

Charpentier hors pair, Maître Yang savait non seulement sculpter les Dragons et les phoenix, mais il connaissait encore "Le canon du bois" (Livre canonique compilé par Lu Ban, personnage légendaire considéré comme l'ancêtre des charpentiers et des menuisiers) et il pouvait réciter beaucoup d'incantations.

Il jura de fabriquer un Dragon de bois et de le peindre comme un vrai Dragon, puis, après une cérémonie de "vernissage" accompagnée de paroles magiques, le Dragon deviendrait mobile et vivant. Il choisirait un jour propice et le jetterait dans la marmite de géants. Le Dragon de bois combattrait le Dragon Truie jusqu'à l'anéantissement du monstre.

Sitôt décidé sitôt fait. Le charpentier refoula ses pleurs et confia son projet aux villageois. Poussés par la compassion et la confiance en son art, les villageois le soutenaient fermement, bien qu'un peu sceptiques quant à la fin de l'entreprise. Ils lui fournissaient la nourriture et l'aidèrent à trouver un gros arbre dans la montagne Cang, pour qu'il pût concentrer tout son effort dans la sculpture.

Avec les villageois Maître Yang entra dans la montagne Cang et grimpa sur le sommet. Là il choisit un sapin dix fois millénaire, l'abattit et le fit transporter au village. On construisit un hangar pour y installer le tronc d'arbre.

Maître Yang passa une journée d'abstinence et prit un bain avant de se livrer pour de bon à la sculpture. Abao et Afeng lui servaient d'assistants, ils puisaient de l'eau, se tenaient à ses côtés pour lui passer les outils. Ils faisaient tout cela avec autant d'assiduité et d'affections que s'ils avaient été ses propres enfants.

Dans leurs loisirs, les villageois venaient souvent le voir pour savoir où il en était de son travail.

 

Avec toutes ces aides et encouragements, Maître Yang travailla nuit et jour, sans répit. A tout moment il jetait un coup d'oeil à la sandale de son fils, ou comptait sur ses doigts, il était décidé à terminer son travail avant le 24e jour de la sixième lune de l'année à demi. Il comptait lâcher son Dragon de bois dans la rivière au crépuscule et entamer ainsi le combat.

Quand le grand jour s'approcha, il travailla aussi la nuit et les paysans allumèrent des torches pour l'éclairer, il ne quittait plus le chantier.

Un jour, un inconnu entra dans le hangar. C'était un type trapu à la peau noire, portant une cape de laine noire aussi. Il avait l'air d'un désoeuvré et restait accroupi près de l'âtre, les bras croisés et les mains enfouies dans ses manches. Il regardait froidement travailler Maître Yang, sans dire un mot.

- Que désirez-vous, grand frère? lui demanda Maître Yang.

L'inconnu demeura imperturbable. Il sortit de sa cape quelque chose qu'il montra à Maître Yang.

- Mais c'est un poisson! s'écria celui-ci, sidéré.

- Frère génie de la montagne (Appelation respectueuse destinée aux charpentiers qui maîtrisent le canon du bois et sont capables d'élaborer une construction.), dit soudain l'inconnu, on dit que vous êtes très habile, est-ce que vous êtes de force à ranimer ce poisson?

Maître Yang le prit et réalisa qu'il s'agissait d'un poisson séché. Il le mit sur les copeaux et salua l'inconnu les mains jointes:

- Oh non, grand frère, vous me demandez trop! Je ne suis pas aussi doué que ça!

- Vraiment?... Vous ne connaissez même pas l'incantation pour ranimer un poisson séché, comment pourriez-vous donner vie à un Dragon de bois?

L'inconnu bredouilla ces mots et déguerpit les mains cachées dans sa cape sans se donner la peine de dire au revoir au maître.

 

Celui-ci n'avait pas fait attention à sa figure, mais il sentait sa malice. Il allait le suivre dehors quand il entendit un déclic derrière lui. Le poisson se mit à frétiller dans les copeaux qui semblaient eux aussi se tranformer en lentilles.

Maître Yang comprit sur l'instant et prit sa hache essayant de couper le poisson qui disparut tout de suite dans le tas de copeaux. Abao et Afeng ainsi que les villageois vinrent l'aider à attraper le poisson. On s'affaira jusque tard dans la nuit sans rien trouver.

Tout le monde avait compris qui était l'auteur de cette farce.

Le charpentier savait à quoi s'en tenir. Il répandit du riz autour du hangar pour en faire "un rempart de riz" (Le riz était considéré comme le plus précieux des trésors, il est sensé être capable de chasser les mauvais esprits.) et on en confia la garde aux deux enfants. Depuis lors. Tout redevint normal.

Enfin ce fut le 24e jour de la sixième lune. A midi Yang-le-Charpentier installa le Dragon de bois sur une grande aire. Pour faire la différence avec le Dragon Truie, il peignit en blanc argenté son Dragon de bois. Les paysans firent cercle autour de lui et le félicitèrent pour son chef-d'oeuvre.

Puis commença le "vernissage": Les cornes du Dragon étaient décorées de rubans rouges qui contrastaient avec le blanc. Vers midi trois quarts, Maître Yang entailla son index et dessina avec son sang les prunelles du Dragon tout en murmurant des incantations. Il pria mentalement son maître ancestral Lu Ban, sollicita sa protection dans le combat pour vaincre l'ennemi.

Le soleil se coucha et une myriade de torches furent allumées dans la campagne. La foule en chantant les airs de la nationalité hai, battait gongs et tambours en escortant le Dragon de bois dans sa descente de la montagne.

La torche haut levée, et escorté des deux côtés par Abao et Afeng, Maître Yang marchait en tête du cortège. Arrivant au bord de la marmite de géants, le charpentier demanda que l'on piquât les torches autour de la pièce d'eau. Puis il serra le poing et de l'autre main traça quelques signes cabalistiques sur une feuille de papier jaune en murmurant des paroles magiques, tandis que l'on faisait descendre le Dragon dans l'eau.

 

Les cérémonies terminées, le charpentier enfourcha vite un cheval et conduisit rapidement les gens vers la montagne parce que l'endroit allait se transformer en un champ de bataille.

A peine fut-on arrivé à mi-pente de la montagne que la foudre éclata au-dessus de la rivière et que deux nuages floconneux, le premier blanc, et l'autre noir, s'élevèrent dans le ciel. Puis ce fut un ouragan et la rivière en crue lança des vagues gigantesques à l'assaut du ciel. Les deux Dragons commencèrent à se battre dans l'espace des cieux.

Maître Yang et les villageois restaient en spectateurs sur le tertre. Le champ du combat était si vaste que tout le firmament en fut bouleversé. Le lac Erhai bouillonnant gronda. L'écho fut renvoyé par les montagnes. Le Dragon Blanc était plus léger et habile. Il volait en tout sens au milieu des nuages et eut bientôt le dessus, car le Dragon Noir était beaucoup plus lourd.

Sous la pluie battante, les villageois et le charpentier poussaient des hourras pour encourager le Dragon Blanc.

Les deux Dragon continuèrent leur lutte. Enfin, le Dragon Blanc, moins grand donc plus faible, battit en retraite. Le Dragon Noir cracha des fumées noires qui enveloppèrent son adversaire et tout le ciel s'obscurcit. On n'apercevait que de temps en temps une patte aux écailles blanches.

Debout sur le tertre, Maître Yang, les cheveux épars, récitait des prières pour invoquer la protection de Lu Ban; les villageois battaient gongs et tambours pour encourager le Dragon Blanc.

Finalement, le Dragon Blanc fit demi-tour et se réfugia vers la montagne Cang, ses écailles tombèrent en voltigeant comme des flocons de neige sur le tertre. Le Dragon Truie se lança à sa poursuite et le cassa en plusieurs morceaux. La montagne fut blanche d'écailles, le ciel noir de nuages sombres, et la terre inondée.

 défaite n'avait pas ébranlé la confiance des habitants, ils croyaient toujours aux pouvoirs du Maître charpentier pour vaincre le Dragon Truie. Avec sa hache Maître Yang traça une ligne au nord, il jura de ne jamais franchir cette ligne pour rentrer au pays natal avant d'avoir battu le Dragon Noir.

Il s'apprêta à partir tout seul pour couper des arbres dans la montagne Cang, et sculpter encore un Dragon pour livrer un ultime combat contre le Dragon Noir.

Les villageois ne le laissèrent pas aller seul, lui disant qu'ils partageraient avec lui la joie et la peine, même la mort! On allait abattre les arbres avec lui, et lui fournir la nourriture s'il persistait dans la sculpture du Dragon. Ensemble on attendait le 24e jour de la sixième lune de l'année suivante pour le combat décisif.

Entre-temps, la vie du peuple devenait encore plus pénible. La tornade avait emporté les cabanes construites sur le tertre; les cultures avaient été ravagées par les inondations qui s'étendaient jusqu'au lac Erhai.

On ne voyait que des cimes d'arbres à la surface de l'eau. Les paysans armés d'une juste colère partirent le jour même dans la montagne pour bûcheronner, laissant seuls Abao et Afeng sur place.

Maître Yang portait toujours sur lui la sandale de paille de son fils défunt. Il y jetait de temps en temps un coup d'oeil en chemin, ce qui l'affermissait dans sa résolution de venger son fils et d'extirper ce fléau qui sévissait dans la contrée.

A la pointe du jour, le maître charpentier rencontra sur la route un forgeron Maître Zhao, avec qui il avait été lié d'amitié dans sa vie errante. Il lui raconta sa mésaventure et celui-ci lui proposa son aide.

D'après le forgeron, la défaite du Dragon Blanc était due au fait qu'on ne l'avait pas pourvu de griffes, de crocs ni d'armure de fer. Il lui prêterait main forte en fabriquant un Dragon armé et cuirassé.

 

L'aide du forgeron venait à point nommé. Maître Yang en fut tout joyeux. Seulement il lui était difficile de trouver la quantité de fer nécessaire. Par ailleurs, on manquait de bras.- Ne t'en fais pas, le rassura Maître Zhao. Il y a du fer et des mineurs dans les montagnes de la Plume de Phoenix et on peut toujours en ramener au village. Il y a des forgerons à Hequin, ils accepteront bien de venir en aide aux frères de nationalité Hai éprouvés par le malheur; il y a des charpentiers sur les deux rives de la rivère de l'Epée qui se feront un plaisir d'aider à sculpter le Dragon. Je vais de ce pas les faire venir tous!

Mais le maître charpentier déclina la dernière offre, préférant accomplir la sculpture tout seul.- Sois tranquille, grand frère, lui dit le forgeron en guise d'adieu. Et il fit demi-tour et se dirigea vers le nord, tandis que le charpentier et les villageois reprirent leur route vers la montagne.

Lorsqu'il faisait beau, Abao et Afeng ramassaient des planches de bois pour reconstruire les cabanes détruites. Ils étaient aussi occupés le jour que la nuit et se nourrissaient de poissons et d'écrevisses qu'ils allaient prendre sur les deux rives, maintenant que les eaux s'étaient retirées. Ils labouraient la terre et semaient les grains de sarrasin, en attendant le retour des villageois.

Un jour, arriva une vieille dame qui parlait avec un accent du nord. Les deux enfants la croyaient en route pour la foire, mais elle s'informa auprès d'eux de l'état de Maître Yang en se prétendant être sa belle-soeur venue spécialement pour l'aider à travailler sur le Dragon, avec des provisions et une hache ancestrale.

- Puisque mon beau-frère n'est pas là, dit-elle, je peux laisser la hache et les provisions et je le rejoindrai à mon retour de la foire.

Ce disant, elle offrit aux deux enfants deux poires succulentes.

Les deux enfants cachèrent le sac de provisions et la hache sous du foin dans la cabane, et ils enfouirent les poires dans la cendre. Ils préféraient attendre leur maître pour y toucher.

 

Deux jours plus tard, les gens rentrèrent au village, transportant un pin antique qu'ils avaient abattu, en même temps que des grumes destinées à la reconstruction. Après un mois de dur labeur, tout le monde gardait bon moral.

En voyant leur maître, les deux enfants lui remirent le sac de provisions et la hache ainsi que les deux poires en lui expliquant ce qui leur était arrivé.- Mais je n'ai pas de belle-soeur, dit Maître Yang un peu confus.

Les deux enfants lui décrivèrent alors la physionomie de la vieille dame, sa tenue ainsi que son accent, sans oublier la hotte de bambou qu'elle portait sur le dos.

Le charpentier en proie à des soupçons ne cessait de secouer la tête. Il examina la hache et trouva la lame tranchante et le dos bien épais. Soudain la hache se mit à remuer dans sa main et le manche se mua en un serpent se tortillant sur son bras tandis que le fer de hache en tête de serpent s'élançait sur sa poitrine gueule ouverte et crocs menaçants.

Les deux enfants poussèrent un cri de stupéfaction. Maître Yang eut le sang-froid de serrer la gorge du serpent qui se trouva neutralisé sur le coup. Il défit vite le corps du serpent de son bras, le prit par la queue, et l'agita de toutes ses forces au point de lui désarticuler l'échine. Après quoi, il jeta le reptile dans le brasero où il brûla vif.

Les deux jeunes gens revinrent enfin de leur première surprise et se dirigèrent vers le sac de provisions. Avant que Maître Yang ait eu le temps de les en empêcher, ils l'avaient ouvert. Il n'y avait dedans que les restes de la carcasse du Dragon Blanc...

Les deux poires recouvrèrent aussi leur état initial, c'était deux fruits empoisonnés. Il s'agissait sans aucun doute d'une ruse du Dragon Truie.

 

Un mois plus tard, on avait terminé la reconstruction des cabanes au toit de chaume, le labourage, ainsi que les semailles. Tout était prêt pour prévenir la famine. Maître Yang se remit à sa sculpture quand le forgeron revint avec ses amis. Chacun s'adonna avec ferveur à son travail.

Abao devint l'apprenti de Maître Zhao dont il apprit le métier de forgeron; Afeng, celui de Maître Yang pour apprendre à sculpter. La dernière sculpta un petit Dragon de bois, et le premier monta l'armure, les griffes et crocs de fer. Ainsi armé, le petit Dragon avait belle allure. Tout le monde en fut très content.

On installa le Dragon dans un hangar au toit de chaume et là, les deux maîtres tinrent une cérémonie pour accepter les deux enfants comme leurs apprentis. Les villageois vinrent tous les féliciter avec légumes, poissons, vin de blé fermenté, jouant de la guitare et chantant des airs de la nationalité hai.

Sur ces entrefaites vint un vieux moine. Il portait une chape de laine qui cachait mal ses cheveux blancs, tenant d'une main un moulin à prière et de l'autre un chien en laisse.

Par dévotion bouddhique, le peuple hai se montrait généreux quand il s'agissait d'un moine mendiant. Les villageois le firent entrer et lui offrirent vin et mets. Comme il se faisait tard et qu'il tombait une pluie fine, Maître Yang déjà à demi ivre, le garda pour passer la nuit.

A minuit, le moine se leva quand tout le monde dormait. Il cassa le petit Dragon de bois en plusieurs morceaux et jeta les copeaux dans le brasero. La chaumière fut tout de suite en feu. Le chien noir se jeta sur le charpentier et essaya de le mordre à la gorge. Heureusement Abao fut réveillé à temps et frappa la tête du chien noir à coups de marteau. De son côté Afeng prit une hache et l'agita vers le moine qui se sauva en coup de vent en laissant un doigt coupé.

Quand les villageois accoururent au hangar, plus l'ombre du moine, ni de son chien; il n'en restait plus au sol qu'un tas de grêlons, le Dragon en débris et une patte coupée du Dragon Truie.

Redoublant depuis de vigilance, on patrouilla nuit et jour. Le Dragon Noir n'osa plus revenir; probablement, se soignait-il chez lui.

 

Le 24e jour de la sixième lune, avant midi, un autre Dragon de bois fut prêt. Il était cuirassé et brillait d'un éclat argenté. On le posa sur la place, garni de huit autres petits Dragons, fruit du travail des deux enfants qui maîtrisaient bien leur métier. Une foule de gens étaient venus assister au "vernissage".

Des torches furent allumées vers le crépuscule. Chantant et battant gongs et tambours, on porta les neufs Dragons sur l'épaule et descendit la montagne. Maître Yang et son ami forgeron, Abao et Afeng marchaient tête.

Arrivant au bord de la marmite de géants, on piqua les torches autour, Yang-le-Charpentier se mit à réciter des incantations et les neuf Dragons furent acheminés jusque dans l'eau.

Après la cérémonie, Maître Yang enfourcha son cheval et en compagnie des villageois regagna rapidement la montagne, sachant que le lieu allait devenir une fois de plus un champ de bataille.

A peine furent-ils arrivés à mi-pente de la montagne que la foudre s'abattit. Au même moment, un nuage sombre et floconneux s'éleva dans l'espace. Un déluge fit remonter subitement les eaux de la rivière qui submergea toutes les terres jusqu'au lac Erhai. On ne distingua plus le ciel de la terre, ni la rivière du lac. Neuf Dragons argentés, un grand et huit petits, s'acharnèrent contre le Dragon Truie, ainsi fut engagée la bataille.

Le combat se déroula dans les cieux, allant de la montagne Cang, à l'ouest, jusqu'au lac Erhai, à l'est. Les montagnes renvoyaient l'écho de leurs cris de guerre, les eaux du lac Erhai devinrent houleuses. les neuf Dragons argentés faisaient des navettes dans les nuages à une vitesse inouïe.

Le charpentier et le forgeron ainsi que les villageois se tenaient sur le tertre, où ils battaient tambours et cymbales, poussaient des hourras malgré la pluie battante. Par intermittence, les éclairs illuminèrent leur corps dont on aurait dit des statues de dieu.

La bataille se déroula sur un espace de 120 lis du nord au sud, la voûte céleste fut sillonnée de blanc et de noir.

Malgré son envergure, le Dragon Noir s'affaiblissait petit à petit, assailli de toutes parts par les neufs Dragons Blancs. Ses écailles grosses comme des vans tombaient une à une lourdement dans le lac Erhai. Il continuait à riposter, essayant d'abattre d'un coup de sa queue grosse comme le col d'un seau, le Dragon Blanc dans l'eau.

 

Voyant que les Dragons Blancs prenaient le dessus, Maître Yang et Maître Zhao ainsi que les villageois brandissaient et agitaient hache, scie, marteau, houe et faucille en poussant des hourras d'encouragement, de concert avec la pluie, les flots et la montagne qui semblaient aussi crier des chants guerriers.

Les neuf Dragons dans leur poursuite volèrent à tire-d'aile vers le sud, le Dragon Noir perdit de la hauteur. Le ciel fut couvert d'un tapis de nuage blanc et le lac voilé d'une couche noire. Un moment plus tard, les nuages noirs tombèrent lentement dans le lac.

La pluie cessa. Les nuages blancs s'étendaient maintenant sur toute la terre tandis qu'une pleine lune s'élevait dans le firmament étoilé et que le lac devenait uni comme un miroir.

On voyait s'approcher Qijin, le fils de Maître Yang, à califourchon sur le dos du grand Dragon Blanc suivi de huit petits Dragons. Maître Yang et les villageois voulurent l'appeler, mais l'enfant et les Dragons volaient en direction de la marmite des géants.

Soudain éclatèrent neuf coups de tonnerre, la forêt dense s'ouvrit en deux, et les neuf Dragons s'enfoncèrent dans l'eau.

Depuis lors, la rivière du Dragon Truie fut rebaptisée la rivière des Dragons Blancs, les rayons de soleil éclairaient à travers la forêt fendue l'eau lipide de la marmite de géants qui avait perdu de son aspect sinistre d'antan.

Pour commémorer le souvenir de maîre Yang et des Dragons Blancs, le peuple Hai construisit un temple des Dragons Blancs. Sur l'autel se tenait la statue de Maître Yang, flanqué de Abao et Afeng. Au-dessus planait le grand Dragon Blanc avec ses huit petits enlaçant huit colonnes.

Quand venait la saison de repiquage des jeunes plants de riz, on voyait souvent les neufs Dragons tout humides, c'est qu'ils étaient partis la nuit pour faire tomber la pluie.

Le peuple n'avait pasoublié Maître Zhao et sa statue se trouvait dans une salle latérale, marteau à la main.

Le Dragon Truie qui avait tant sévi dans la contrée fut condamné à rester éternellement dans le fond du lac Erhai.

Tous les ans au soir du 24e jour de la sixième lune, il veut se révolter encore. C'est pourquoi nous devons allumer des torches et en piquer partout à travers la montagne, cette vue lui fait penser que le peuple "Hai" est toujours occupé à sculpter des Dragons Blancs, et il n'ose plus sortir.

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #deux, #dragon, #maitre, #montagne, #yang

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Publié le 13 Septembre 2012

A l'Ouest du village de Xibeima du bourg de Nanloudi dans le district d'Anguo dans le Hebei, il y a un chemin qui s'appelle le Chemin des Taureaux. A ce que l'on dit, lors de la Bataille des Taureaux, Yang Liulang fit passer ces derniers par ce chemin.

Yang Liulang avait fait stationner des troupes dans le district de Renqiu. Ayant reçu l'ordre de ses chefs de secourir Baozhou (Baoding actuel dans le Hebei), il déplaça rapidement ses troupes à Baozhou pour combattre les ennemis. Attaqués par surprise par ces derniers, ils subirent un échec entraînant des pertes sévères, et furent obligés de se retirer dans le village de Xibeima du district d'Anguo pour y recruter des hommes afin d'aller affronter les ennemis.

Malgré l'augmentation de ses effectifs, ses forces restaient encore insuffisantes. Les ennemis pouvaient les poursuivre dans leur retraite d'un jour à l'autre. Que faire? Yang Liulang se creusa la tête et trouva enfin une bonne idée. Il acheta plusieurs centaines de taureaux, les fit attacher dans un bois, sans leur donner du fourrage pendant quelques jours; puis il ordonna à ses subordonnés de mettre dans les champs plusieurs centaines d'épouvantails faits avec de la paille qui furent remplis de fourrage fin comme du haricot noir, du soja et du sorgho; en outre, on leur fit porter des vêtements et des chapeaux semblables à ceux de l'ennemi.

Plusieurs dizaines de "mu" de terres étaient maintenant noires d'épouvantails qui ressemblaient vraiment à les voir de loin, à des ennemis en train d'approcher.

Après avoir pris ces dispositions, on conduisit les taureaux déjà affamés dans les champs de mannequins.

 

Une fois que les bêtes sentirent l'odeur du haricot noir, ils déchirèrent les vêtements des épouvantails et mangèrent ce qu'il y avait dedans sans rien laisser. Et il ne resta finalement par terre que des chapeaux et des vêtements en lambeaux.

Cet exercice fut répété par deux fois, et c'est alors que Yang Liulang reçut tout à coup la nouvelle que les ennemis descendaient déja dans le sud, c'est à dire vers leur camp. Alors ils se hâtèrent d'enfermer les taureaux dans une enceinte à l'intérieur du bois sans leur donner de quoi manger, et ils attachèrent deux couteaux aux cornes de chaque animal. Tout était prêt pour attendre que l'ennemi vienne s'exposer à la mort.

Deux jours après, plusieurs milliers d'ennemis arrivèrent prêts à les attaquer. Yang Liulang, sans s'affoler, les guettant de son poste de commandement jusqu'à ce qu'ils soient assez proche de son piège, transmit l'ordre à ses soldats de se tenir prêts à conduire les taureaux. Les soldats ennemis arrivèrent bientôt aux abords du village de Xibeima.

Comme leur habillement était tout à fait semblable à celui des épouvantails, les taureaux excités commencèrent à creuser la terre avec leurs sabots, brûlant d'aller manger à satiété.

Les Soldats de Yang Liulang les lâchèrent. Alors, tout le troupeau dont chaque bête avait ses deux couteaux fixés aux cornes, vola directement dans la foule de l'ennemi. ILs en attrapèrent un et le firent tomber. Une fois qu'ils sentirent que celui-ci n'était pas du fourrage, ils en attrapèrent un autre et le renversèrent encore. C'est ainsi que chaque taureau fit tomber et tua plusieurs soldats ennemis.

En moins de temps qu'il n'en faut pour un repas, des ennemis éventrés étaient couchés pêle-mêle sur le sol sur une dizaine de "li".

En ne voyant que des taureaux les combattre, les survivants furent tellement terrifiés qu'ils s'enfuirent dans toutes les directions.

Dès lors, le nom de Chemin des Taureaux est demeuré jusqu'à nos jours.



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Rédigé par orange8454

Publié dans #ennemi, #liulang, #plusieurs, #taureau, #yang

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