homme

Publié le 13 Septembre 2012

Homme libre, toujours tu chériras la mer !

 

La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme

 

Dans le déroulement infini de sa lame

 

Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

 

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;

 

Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cœur

 

Se distrait quelquefois de sa propre rumeur

 

Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

 

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :

 

Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes,

 

O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,

 

Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

 

Et cependant voilà des siècles innombrables

 

Que vous vous combattez sans pitié ni remords,

 

Tellement vous aimez le carnage et la mort,

 

O lutteurs éternels, ô frères implacables !

 

Charles Baudelaire

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #ame, #homme, #mer, #nul, #ton

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Publié le 13 Septembre 2012

I1 était une fois un homme et sa femme, qui avaient deux fils et qui étaient bien pauvres. Le père étant mort, sa femme et ses enfants ne purent lui faire dire une messe, faute d'argent. Depuis ce moment, on entendit chaque soir des coups frappés dans divers endroits de la maison : c'était le père qui revenait et demandait des prières.

Un jour que le plus jeune des deux fils priait sur la tombe de son père, il vit un petit oiseau voltiger près de lui ; il voulut l'attraper, l'oiseau s'envola à quelque distance. Le jeune homme se mit à sa poursuite, et il se laissa entrainer si loin, qu'à la fin de la journée il se trouva au milieu d'un grand bois. La nuit vint ; le jeune homme monta sur un chêne pour y dormir en sûreté, et il y était à peine qu'il vit trois hommes s'approcher de l'arbre : l'un portait du pain, l'autre de la viande et du vin, le troisième du feu. Ils ramassèrent du bois, l'allumèrent et firent un grand brasier pour y faire cuire leur viande. Or, ces hommes étaient des voleurs.

Ils vinrent à parler d'un château qu'ils voulaient aller piller ; une seule chose les embarrassait, c'était un petit chien qui gardait la porte du château et aboyait ˆ tout venant. Il s'agissait de savoir qui tuerait ce chien ; aucun d'eux ne voulait s'en charger. Comme ils se disputaient, ils levèrent les yeux et aperçurent le jeune homme sur son arbre. Ils lui crièrent de descendre. C'est toi, lui dirent-ils, qui tuera le petit chien ; si tu ne veux pas, nous te tuerons toi-même. - Je ferai ce qu'il vous plaira, répondit le jeune homme.
En effet, il tua le petit chien et s'introduisit dans le château par un trou qu'il fit dans le mur. Les voleurs lui passèrent une hache afin qu'il brisât la porte ; mais il les engagea ˆ entrer par le trou qu'il venait de faire. Un des voleurs s'y étant glissé, le jeune homme lui abattit la tête d'un coup de sa hache et tira le corps en dedans. « A votre tour », dit-il au second ; dépêchons. Et il lui coupa aussi la tête. Le troisième eut le même sort.

Cela fait, le jeune homme entra dans une chambre, où il trouva une belle princesse qui dormait. Il passa dans une autre chambre, où était aussi une princesse endormie, plus belle encore que la première. Parvenu dans une dernière chambre, il vit une troisième princesse, également endormie, qui était encore plus belle que les deux autres. Le jeune homme prit une des pantoufles de cette princesse et sortit du château. De retour à la maison, il fit dire une messe pour son père. 


Cependant, la plus belle des trois princesses aurait bien voulu savoir qui avait pénétré dans le château et enlevé sa pantoufle. Elle fit bâtir une hôtellerie sur la porte de laquelle était écrit : Ici l'on boit et mange pour rien, moyennant qu'on raconte son histoire. Un jour, le jeune homme s'y trouva avec sa mère et son frère. Survint la princesse, qui demanda d'abord à l'aîné de raconter son histoire. L'aîné dit : « Je suis charbonnier ; tous les jours de ma vie je vais au bois pour faire du charbon : voilà toute mon histoire. - Et vous », dit-elle au plus jeune, « qu'avez-vous à raconter ? ».

Le jeune homme commença ainsi : « Un jour, des voleurs voulurent entrer dans un château ; ce château était gardé par un petit chien, qui aboyait à tout venant. Ils m'ordonnèrent de tuer ce petit chien, ce que je fis.

La mère du jeune homme lui disait de se taire, mais la princesse l'obligea à poursuivre.
« Quand les voleurs », continua-t-il, voulurent ensuite pénétrer dans le château, je les tuai l'un après l'autre. J'entrai dans une chambre, où je trouvai une belle princesse qui dormait ; puis dans une seconde, où était aussi une princesse endormie, plus belle encore que la première ; enfin, dans une dernière chambre, où je vis une troisième princesse, également endormie, encore plus belle que les deux autres. Je pris la pantoufle de cette princesse, et je sortis du château. Cette pantoufle, la voici.

A ces mots, la princesse, toute joyeuse, montra l'autre pantoufle. Quelque temps après, elle épousa le jeune homme.

E. Cosquin, Contes populaires de Lorraine, 1886

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Rédigé par orange8454

Publié dans #belle, #chateau, #homme, #jeune, #princesse

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Publié le 13 Septembre 2012

66 - Arriver propre dans l'autre monde
Un jour que Djeha-Hodja Nasreddin était au cimetière, il enleva ses habits et les secoua, pour les débarrasser de la poussière. Une rafale de vent emporta sa gandoura et, alors qu'il essayait de la rattraper, il tomba face à un groupe de cavaliers. Son apparition soudaine effraya les chevaux, qui sont devenus difficiles à contrôler et les cavaliers faillirent être jetés à terre. Ils dirent à Djeha-Hodja Nasreddin :
- Que faites-vous ainsi dans un cimetière ? Êtes-vous un fantôme ou quoi ?
- Mes amis
,    leur dit Djeha-Hodja Nasreddin, je viens de l'au-delà. Je suis sorti de ma tombe pour me soulager, ne voulant pas arriver sale dans l'autre monde. Aussitôt que je me serais soulagé, j'y retournerai.

 

67 - Sauvetage à la corde
Un homme grimpa à un arbre et n’arrivait pas à en descendre. Djeha-Hodja Nasreddin, qui passait par là, lui dit qu’il pouvait l’aider. Il prit une longue corde et en donna un bout à l’homme.
- Attachez là autour de votre taille.
- Que faites-vous, Hodja effendi ?
Dirent les autres passants.  Vous ne pouvez pas sauver un homme perché sur un arbre de cette manière !
- Faites-moi confiance, j’ai déjà essayé cette méthode et elle a été efficace.
L’homme attacha la corde autour de sa taille et Hodja tira sur l’autre extrémité. L’homme tomba à terre et fut sérieusement blessé.
- Regardes le résultat Hodja ! dit la foule
- J’ai pourtant sauvé un homme comme ça, mais je ne me souviens pas si c’était d’un arbre ou d’un puits !

 

68 - Faire de son mieux
Djeha-Hodja Nasreddin avait un bSuf avec des cornes magistrales, en arc de cercle. Son désir le plus cher était de pouvoir prendre place entre les cornes pour conduire l'animal. Un jour que le bSuf somnolait, il s'en approcha à pas feutrés et tenta de s'asseoir entre les larges cornes. Réveillé, l'animal secoua sa tête et projeta Djeha-Hodja Nasreddin à terre. Il tomba sur la tête et s'évanouit. Le voyant ainsi, sa femme le crut mort et se mit à pleurer. Djeha-Hodja Nasreddin ouvrit les yeux et la consola :
- Ne pleure pas, ma chère ! J'ai fait de mon mieux, j'ai été sérieusement blessé mais j'ai finalement réussi à faire ce dont j'ai toujours rêvé.

 

69 - Le chant du rossignol
Alors qu'il était enfant, Djeha-Hodja Nasreddin grimpa à un figuier et se mit à en manger les figues. Il fut aussitôt pris par le propriétaire du verger qui lui demanda :
- Qui es-tu ? Que fais-tu sur mon arbre ?
- Je suis un rossignol, lui dit Djeha-Hodja Nasreddin.
- Si tu es vraiment un rossignol, répondit le propriétaire, alors fais-nous entendre ton chant.
Djeha-Hodja Nasreddin émit des sons étranges, essayant d'imiter le rossignol.
- Quel genre de rossignol es-tu ? Dit l'homme.  Un rossignol ne chante pas comme
ça !

- Effectivement, dit Djeha-Hodja Nasreddin,  ceci est la manière dont chante un jeune rossignol inexpérimenté.

 

70 - Le dindon qui pense
Au marché aux oiseaux un homme vendait un perroquet dont il vantait le plumage multicolore et ses dons exceptionnels d'imitateur :
- Admirez ses couleurs rouge, vert, jaune, bleu, et de plus il parle, il répète fidèlement tout ce qu'on lui dit !
Une foule de curieux l'entourait mais, vu son prix élevé, personne ne pouvait l'acheter. Le lendemain, Djeha-Hodja Nasreddin vient au marché pour vendre un dindon noir au bec rouge. Les gens s'étonnent du prix demandé par Djeha-Hodja Nasreddin, plus que celui du perroquet de la veille.
- Djeha-Hodja Nasreddin, demanda un des badauds,  comptes-tu vraiment vendre ton dindon à ce prix, alors qu'on peut en acheter dix pour la même somme ?
- Si, pour l'oiseau d'hier, on demandait cinq cents dinars, mon dindon en vaut bien mille !
- Mais, Djeha-Hodja Nasreddin, l'oiseau exotique d'hier parlait.
- Justement, mon dindon fait beaucoup mieux que lui !
- Que fait-il donc de mieux ?
- Il pense
     !

 



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Rédigé par orange8454

Publié dans #djeha, #hodja, #homme, #nasreddin, #rossignol

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois une jeune femme qui n'avait pas d'enfants. Un jour, à la fontaine, elle formula le désir d'avoir au moins un enfant, ne serait-ce qu'un serpent...
Et comme dans beaucoup de contes, ce vœu fut réalisé...
Elle eut un beau garçon. C'était un beau jeune homme, mais qui, à l'intérieur de la maison, se transformait en serpent. Et tout le village se moquait de lui...

Quand il fallut le marier, ses parents cherchèrent très loin, très loin, des jeunes filles qui ne connaissaient pas l'histoire extraordinaire du jeune homme-serpent.
Un jour, la plus belle des jeunes filles à marier se penchant sur la fontaine entendit une voix
- celle d''une fée ou d'une sorcière ?
- Qui lui dit que << la jeune fille qui prononcerait au jeune homme-serpent une phrase magique il deviendrait serpent, pourrait rompre l'enchantement >> ...

La belle fut fiancée puis mariée. Et le soir, dans la chambre nuptiale, une fois encore le jeune homme se transforma en serpent. Elle prononça alors la phrase magique : Oh toi, avec qui je dois partager mon destin, ton père est plus grand que nous deux, et moi je serai toujours ton obligée. Alors disparut à ses yeux le serpent et le jeune homme retrouva une forme humaine...

Il est à peine nécessaire de dire qu'ils eurent beaucoup d'enfants...



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Rédigé par orange8454

Publié dans #enfant, #homme, #jeune, #serpent, #ton

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Publié le 13 Septembre 2012

Dans ce conte marocain, une vipère demande des comptes à un homme et en appel au jugement des animaux, qui ne sont pas tendre avec lui. Seul le hérisson rend un jugement favorable, dont l'homme aurait bien fait de tenir compte, on le comprendra à la fin....
C'est l'histoire d'un homme qui était en déplacement. Arrivé au bord d'un ruisseau, voilà qu'il trouva une vipère.
Eh l'homme, lui dit-elle, je vous en conjure, faites moi passer.
C'est ça, ma bonne dame, fit le voyageur, je m'en vais vous faire passer et alors ne voudrez plus descendre.
Pour sûr, protesta-t-elle, je vous en vous en ferai promesse solennelle.
C'est entendu, dit-il, où vais-je vous mettre ?
Jetez-moi simplement sur votre épaule. Il la prit donc sur son épaule. Et quand il l'eut fait passer, elle ne voulut plus descendre.

Elle lui signifiait qu'elle le citait en justice :
Nous allons soumettre notre litige au chameau que voilà, lui dit-elle. Le chameau, lui, était vieux ; il ne se levait plus.
Sil me condamne à descendre, ajouta-t-elle, je descendrai ; s'il vous condamne à me porter, vous ne porterez.

Quand ils furent près du chameau, elle dit à celui-ci :
Pour ce qui est de ce fils d'Adam, partout où il me trouve, il me tue. Et vous, maintenant, comment allez-vous trancher entre nous ?
Faites- lui un nœud coulant, dit le chameau. Tant que j'étais en bonne santé et que je transportais de lourdes charges, je vivais dans l'intimité de l'homme. Maintenant que j'ai perdu la santé, eh bien vous voyez dans quel état il m'a abandonné.

Ils partirent et se rendirent auprès d'un cheval.
Voilà, lui dit la vipère, je vous ai amené cet individu, pour que vous nous fassiez justice.
Il n'y a pas d'autre justice pour lui, dit le cheval, que celle-là même que vous lui avez faite là. Au temps où j'étais en bonne santé, il m'avait confectionné une selle et une rêne brodée, et il me faisait ferrer en temps utile ;
et j'avais droit à toute sorte de fourrages et à tout ce qui me faisait besoin. Je le sauvais du milieu de l'ennemi et le ramenais dans le camp ami. Maintenant que j'ai perdu la santé, eh bien vous voyez dans quel état l'homme m'a abandonné. Serrez-lui le nœud coulant à lui en faire jaillir les yeux des orbites.

En voilà deux, dit la vipère à l'homme, à qui nous avons soumis notre différend. Chez qui voulez-vous encore aller ?
Je ne vous en demande plus qu'un seul, dit-il.
C'est entendu, accorda-t-elle, mais à quelque personne que nous nous adressions, vous trouverez dans son arbitrage les conséquences de votre comportement.

Ils se rendirent chez le hérisson.
Pour l'amour de Dieu, chef, dit l'homme, il faut que vous me rendiez justice avec cette créature. Elle m'a demandé de lui faire passer le ruisseau. Je l'ai fait. Elle ne veut plus descendre.
Vos lois ne sont pas les miennes, dit le hérisson.
Et pourquoi n'avez-vous pas les mêmes lois que nous ? demanda la vipère.
Parce que, dit-il.
Non, non, insista la vipère, prenez la décision qui vous semblera bonne, et faites nous la nous savoir.
C'est que, dit le hérisson, les gens du ciel, ceux de la terre n'ont pas à les juger.
C'est donc à moi que vous faites allusion ? demanda la vipère.
Parfaitement, dit le hérisson, si en effet vous voulez obtenir justice, il vous faut descendre à terre afin que je prononce ma sentence. Et après, vous ferez comme il vous semblera bon. Elle descendit donc.

Et maintenant, lança le hérisson à l'homme, voilà le vivant par terre et vous, vous avez la mort dans la main. Qu'est-ce que vous attendez d'autre ? L'homme aussitôt frappa la vipère et la tua.

Quand il l'eut tuée, il se pencha sur le hérisson et lui dit :
Je m'en vais t'emporter pour te donner à des gamins.
Est-ce vraiment indispensable que j'aille avec toi ? demanda le hérisson.
Absolument, dit l'homme.
Au nom du ciel, supplia le hérisson, c'est que j'ai des enfants, et tu connais bien les droits qu'ils ont sur nous. En quelque état que je les laisse, c'est ainsi qu'ils resteront. Il faut que tu m'accompagnes pour passer les voir.
D'accord, fit l'homme et il partit avec lui.

Ils arrivèrent à l'entrée d'un terrier dans lequel il y avait une vipère.
Je t'en prie, dit le hérisson, il faut que tu m'aides. C'est que mes enfants sont assez désobéissants. Il suffit que je leur dise : "Allez", pour qu'ils me fassent des difficultés pour sortir. Toi, barre-leur la route, et le premier qui sort tu l'attraperas.

Le hérisson entra dans le terrier. Quand il arriva auprès de la vipère, il mit la tête contre les pieds, se roula en boule et piqua la vipère.

L'homme, de son côté, se coucha complètement sur le ventre et se mit à observer attentivement la venue des petits du hérisson.

Quant à la vipère, dès qu'elle sortit elle tomba sur l'homme qui était là à guetter. Et vlan, elle le mordit. Le hérisson, qui la suivait, eut la surprise de constater qu'elle en avait déjà terminé avec lui.
Et voilà, s'écria-t-il, comment on joue un bon tour à quelqu'un !


 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #demande, #descendre, #herisson, #homme, #vipere

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