Publié le 13 Septembre 2012



C'était il y a très très longtemps, bien avant que l'arrière grand-mère du Kristkind soit allée chercher sa grand-mère au Rocher des Poupons de Bethléem.

Il y avait déjà des hautes pierres dans la région du Salm et du Ban de la Roche. Certaines étaient hautes au sens figuré, parce qu'elles étaient habitées par des dieux. Et d'autres étaient hautes au sens propre parce qu'elles avaient été dressées. En Bretagne, on les aurait appelées des menhirs, mais, dans les Vosges, on les appelait simplement des Hautes Pierres. Et là, les choses deviennent très mystérieuses, car qui dit pierre dressée dit des hommes pour la dresser. Ce qui veut dire qu'il y avait des hommes dans la région au temps des mégalithes. Ce qui est très surprenant, car à l'époque, la terre était bien moins peuplée que maintenant. Les hommes n'allaient pas s'installer dans les mauvaises terres, rien ne les y obligeait.

Alors, qu'est-ce qui a attiré les hommes dans la région à l'époque préhistorique ? Pas les possibilités agricoles à coup sur ! Etaient-ce déjà les richesses minières ?

Bon, je cesse de m'aventurer sur le terrain humain, car on ne peut faire, pour ces hautes époques, que des hypothèses. Mieux vaut nous borner aux faits bien solides, et nous contenter de parler des Dieux, et plus précisément du Dieu des Hautes Pierres.

Tout ce qui est bon dans la vallée de la Bruche vient des pierres. Ce serait trop long de toutes les citer. Il y a, bien sur, le Rocher des Poupons à Belmont. La Bonne Pierre, à Vaquenoux. La Haute Pierre au dessus de Moyenmoutier. La Roche Mère Henri au dessus de Senones. Plus celles dont on a cru devoir mutiler le nom, remplaçant le mot "Haute" par des bizarreries du genre "Chaude" ou Chatte" : les Chaudes Roches au dessus de Raon sur Plaine ; la Chatte Pendue au dessus de Salm ; les Pierres-Chattes au Ban de la Roche (on les connaît indirectement par l'esprit qui leur est associé, le Diadelé des Pierres-Chattes).

Cette déformation du mot "haute" est d'origine "savante" (si l'on peut dire), en tout cas écrite : les transformations du mot s'observent de manuscrit en manuscrit ; elles n'ont rien à voir avec du patois. Si "haute" se disait "chatte" en patois welsche, cela se saurait. J'estime, pour ma part, que cette déformation ridicule et sacrilège provient de l'époque où l'Eglise pourchassait les anciens dieux. Je continuerai donc de parler de Hautes Pierres et non de Pierres-Chattes, car je ne les ai jamais entendues miauler ; de même, je parlerai, bien respectueusement, comme il convient, du Dieu des Hautes Pierres et non du Diadelé des Pierres Chattes, car un Diadelé, c'est un Diable. Or, nul n'a réussi, pas même au temps des procès de sorcellerie, à trouver quelque élément que ce soit, même calomnieux, même déformé, pour imputer la moindre méchanceté à ce prétendu diable.


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Au moyen-âge l'empereur Charlemagne adorait la chasse. Il chassait dans les environs de Thionville avec sa meute de 683 chiens. Quand il retournait à Aix-la-Chapelle, les chiens restaient à Thionville.

Les chiens étaient couverts de puces et se grattaient sans arrêt. Bien à l'abri dans les longs poils, les puces se multiplièrent et envahirent la ville.

Tous les Thionvillois se grattaient à leur tour. La situation empirait tous les jours, alors les habitants décidèrent d'envoyer un missi dominici à Charlemagne pour lui raconter ce qui se passait.

Une puce s'était agrippée à l'envoyé et dès qu'il fut reçu par l'empereur, elle sauta sur son nez et le piqua. Charlemagne cria et comprit le problème. Cependant il ne pouvait pas tuer sa meute. Il décida alors de faire construire une tour haute, trapue, énorme et hermétique pour enfermer les chiens.


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Un jour, un meunier et sa femme étaient allés à la noce. Leur fille, restée seule au moulin, alla chercher sa cousine pour venir coucher avec elle. Pendant qu'elles disaient leurs prières, la cousine aperçut deux hommes sous le lit. « Tiens ! » pensa-t-elle, « ma cousine vient me chercher pour coucher avec elle, et il y a quelqu'un sous son lit. » Puis elle dit tout haut : « Ma cousine, je vais aller mettre ma chemise, que j'ai oubliée chez nous. - Je peux bien vous en prêter une des miennes. - Merci, ma cousine ; je n'aime pas à mettre les chemises des autres. - Revenez donc bientôt. - Oui, ma cousine. »
La fille du meunier l'attendit longtemps. Enfin, ne la voyant pas revenir, elle se décida ˆ se coucher. Tout à coup les deux voleurs sortirent de dessous le lit en criant : « La bourse ou la vie ! - Nous n'avons point d'argent », dit la jeune fille, « mais nous avons du grain : prenez-en autant que vous voudrez. » Ils montèrent au grenier. Comme il n'y avait pas de cordes aux sacs, la jeune fille leur dit d'aller au jardin chercher de l'osier pour les lier, et, quand ils furent sortis, elle ferma la porte.
Les voleurs avaient une main de gloire, mais la jeune fille ayant eu soin de pousser le verrou, ils ne purent rentrer. « Ouvrez-nous », lui crièrent-ils. - Passez-moi d'abord votre main de gloire par la chatière. « L'un des voleurs la passa, et, tandis qu'il avait la main sous la porte, la jeune fille la lui coupa d'un coup de hache. Aussitôt les deux compagnons prirent la fuite.
Au point du jour, on entendit le violon : c'était les gens de la noce qui revenaient. Le meunier et sa femme étant rentrés au logis, la jeune fille ne leur dit rien de ce qui lui était arrivé.
Quelque temps après, le voleur dont la main avait été coupée se présenta pour demander la jeune fille en mariage. Il s'était fait faire une main de bois, qu'il avait soin de tenir toujours gantée ; il se disait le fils de M. Bertrand, qui était un homme considéré dans le pays : aussi les parents de la jeune fille furent-ils très flattés de sa demande.
Le voleur dit un jour à la jeune fille : « Venez donc voir mon beau château au coin du petit bois. - J'irai ce soir », répondit-elle, mais elle resta à la maison. Quand le voleur revint, il lui dit : « Vous n'êtes pas venue au château ; vous m'avez manqué de parole. - Que voulez-vous ? » répondit-elle, « je n'ai pu y aller ; j'irai demain... Mais pourquoi portez-vous toujours un gant ? - C'est que je me suis fait mal à la main », dit le voleur.
Le lendemain, la jeune fille monta en voiture avec un cocher et un laquais. Au coin du petit bois, elle vit une maison d'apparence misérable. « Voilà », dit-elle, Ç une triste maison. Restez ici, mon cocher, mon laquais ; je vais voir ce que c'est. « Elle alla donc seule vers la maison et aperçut en y entrant sa cousine, que le voleur égorgeait. « Pour Dieu ! pour Dieu ! » criait-elle, Ç laissez-moi la vie ! jamais je ne dirai à ma cousine qui vous êtes. - Non, non ! qu'elle vienne, et elle en verra bien d'autres ! « La fille du meunier, qui était entrée sans être remarquée, se hâta de sortir en emportant le bras de sa cousine que le voleur venait de couper. Il y avait sous la table une trentaine de gens ivres, mais personne ne la vit.
Mon cocher, mon laquais », dit la jeune fille, « fuyons d'ici ; c'est un repaire de voleurs. » De retour au moulin, elle raconta ce qu'elle avait vu. Comme le prétendu devait venir le soir même, on appela les gendarmes, on les habilla en bourgeois et on les fit passer pour des amis de la maison.
En arrivant, le voleur dit ˆ la jeune fille : « Vous m'avez encore manqué de parole ; vous n'êtes pas venue voir mon château. - C'est que j'ai eu autre chose à faire », répondit-elle. Vers la fin du repas, le voleur lui dit : « Entre la poire et la pomme, il est d'usage que chacun conte son histoire : mademoiselle, contez-nous donc quelque chose. - Je ne sais rien », dit-elle, « contez vous-même. - Mademoiselle, à vous l'honneur de commencer. - Eh bien ! je vais vous raconter un rêve que j'ai fait. Tous songes sont mensonges ; mon bon ami, vous ne vous en fâcherez pas. - Non, mademoiselle. »
« Je rêvais donc que vous m'aviez invitée à venir voir votre château. J'étais partie en voiture avec mon cocher et mon laquais. Au coin du petit bois, je vis une maison d'apparence misérable. Je dis alors à mon cocher et ˆ mon laquais de m'attendre, et j'entrai seule dans la maison. J'aperçus mon bon ami qui tuait ma cousine. Tous songes sont mensonges ; mon bon ami, ne vous en fâchez pas. - Non, mademoiselle. - " Pour Dieu ! pour Dieu ! " « criait-elle, " laissez-moi la vie! jamais je ne dirai à ma cousine qui vous êtes. - Non, non, qu'elle vienne, et elle en verra bien d'autres !" Je ramassai le bras de ma cousine que mon bon ami venait de couper, et je m'enfuis. Messieurs, voici le bras de ma cousine. »
Les gendarmes saisirent le voleur, et on le mit à mort, ainsi que toute sa bande.


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il était une fois un homme et sa femme, Jean-Baptiste et Marguerite. « Jean-Baptiste », dit un jour Marguerite, « pourquoi ne faites-vous pas comme notre voisin ? il troque sans cesse et gagne ainsi beaucoup d'argent. – Mais », dit Jean-Baptiste, « si je venais ˆ perdre, vous me chercheriez querelle. - Non, non », répondit Marguerite, « on sait bien qu'on ne peut pas toujours gagner. Nous avons une vache, vous n'avez qu'à l'aller vendre. »

Voilà Jean-Baptiste parti avec la vache. Chemin faisant, il rencontra un homme qui conduisait une bique. « Où vas-tu, Jean-Baptiste ? - Je vais vendre ma vache pour avoir une bique. - Ne va pas si loin, en voici une. » Jean-Baptiste troqua sa vache contre la bique et continua son chemin.
A quelque distance de là, il rencontra un autre homme qui avait une oie dans sa hotte. « Où vas-tu, Jean-Baptiste ? - Je vais vendre ma bique pour avoir une oie. - Ne va pas si loin, en voici une. » Ils échangèrent leurs bêtes, puis Jean-Baptiste se remit en route.

Il rencontra encore un homme qui tenait un coq. « Où vas-tu, Jean-Baptiste ? - Je vais vendre mon oie pour avoir un coq. - Ce n'est pas la peine d'aller plus loin, en voici un. » Jean-Baptiste donna son oie et prit le coq.

En entrant dans la ville, il vit une femme qui ramassait du crottin dans la rue. « Ma bonne femme », lui dit-il, « gagnez-vous beaucoup à ce métier-là ? - Mais oui, assez », dit-elle. – « Voudrez-vous me céder un crottin en échange de mon coq ? – Volontiers », dit la femme. Jean-Baptiste lui donna son coq, emporta son crottin et alla sur le champ de foire ; il y trouva son voisin.  « Eh bien ! Jean-Baptiste, fais-tu des affaires ? - Oh ! je ne ferai pas grand'chose aujourd'hui. J'ai changé ma vache contre une bique. - Que tu es nigaud ! mais que va dire Marguerite ? - Marguerite ne dira rien. Ce n'est pas tout : j'ai changé ma bique contre une oie. - Oh ! que dira Marguerite ? Marguerite ne dira rien. Ce n'est pas encore tout : j'ai changé mon oie contre un coq, et le coq, je l'ai donné pour un crottin. - Le sot marché que tu as fait là ! Marguerite va te quereller. - Marguerite ne dira rien. - Parions deux cents francs : si elle te cherche dispute, tu paieras les deux cents francs sinon, c'est moi qui te les paierai. »

Jean-Baptiste accepta, et ils reprirent ensemble le chemin de leur village.
« Eh bien ! Jean-Baptiste », dit Marguerite, « avez-vous fait affaire ? - Je n'ai pas fait grand'chose : j'ai changé ma vache contre une bique. - Tant mieux. Nous n'avions pas assez de fourrage pour nourrir une vache ; nous en aurons assez pour une bique, et nous aurons toujours du lait. - Ce n'est pas tout. J'ai changé ma bique contre une oie. - Tant mieux encore, nous aurons de la plume pour faire un lit. - Ce n'est pas tout. J'ai changé l'oie contre un coq. - C'est fort bien fait, nous aurons toujours de la plume. - Mais ce n'est pas encore tout. J'ai changé le coq contre un crottin. - Voilà qui est au mieux. Nous mettrons le crottin au plus bel endroit de notre jardin, et il y poussera de quoi faire un beau bouquet. »

Le voisin, qui avait tout entendu, fut bien obligé de donner les deux cents francs.

E. Cosquin, Contes populaires de Lorraine, 1886


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Un jour, un mendiant passait dans un village en demandant son pain ; il frappa à la porte d'une maison où demeurait un homme appelé Brimboriau avec Jeanne sa femme. Jeanne, qui se trouvait seule à la maison, vint lui ouvrir : « Que demandez-vous ? - Un morceau de pain, s'il vous plait. - Et où allez-vous ? - Je m'en vais au Paradis. - Oh ! bien », dit la femme, « ne pourriez-vous pas porter une miche de pain et des provisions à ma soeur qui est depuis si longtemps en Paradis ? Elle doit manquer de tout. Si je pouvais aussi lui envoyer des habits, je serais bien contente. - Je vous rendrais ce service de tout mon cœur », répondit le mendiant, « mais jamais je ne pourrai me charger de tant de choses. Il me faudrait au moins un cheval. - Qu'à cela ne tienne ! » dit la femme, « prenez notre Finette, vous nous la ramènerez ensuite. Combien vous faut-il de temps pour faire le voyage ? - Je serai revenu dans trois jours. »
Le mendiant prit la jument et partit, chargé d'habits et de provisions. Bientôt après, le mari rentra. « Où donc est notre Finette ? » dit-il. « Ne t'inquiète pas », dit la femme ;  « tout à l'heure il est venu un brave homme qui s'en va au Paradis. Je lui ai prêté Finette pour qu'il porte à ma soeur des habits et des provisions, elle doit en avoir grand besoin. Je lui en ai envoyé pour longtemps. Ce brave homme reviendra dans trois jours. »

Brimboriau ne fut guère content ; pourtant il attendit trois jours, et, au bout de ce temps, ne voyant pas revenir la jument, il dit à sa femme de se mettre à sa recherche avec lui. Les voilà donc tous les deux ˆ battre la campagne. En passant près d'un endroit où l'on avait enterré un cheval, Jeanne vit un des pieds qui sortait de terre. « Viens vite », cria-t-elle à son mari ; « Finette commence à sortir du Paradis. » Brimboriau accourut, et, quand il vit ce que c'était, il fut fort en colère.

Sur ces entrefaites, survinrent des voleurs qui emmenèrent Brimboriau et sa femme. Les pauvres gens trouvèrent moyen de s'échapper, et emportèrent en se sauvant une porte que les voleurs avaient enlevée d'une maison. Comme il se faisait tard, ils montèrent tous les deux sur un arbre pour y passer la nuit, Brimboriau tenant toujours sa porte. Bientôt après, le hasard voulut que les voleurs vinssent justement sous cet arbre pour compter leur argent. Pendant qu'ils étaient assis tranquillement, Brimboriau laissa tomber la porte sur eux. Les voleurs effrayés se mirent à crier : « C'est le bon Dieu qui nous punit ! » Et ils s'enfuirent en abandonnant l'argent. Brimboriau s'empressa de le ramasser, et dit à sa femme : « Ne nous fatiguons plus à chercher Finette, nous avons maintenant de quoi la remplacer. »

E. Cosquin, Contes populaires de Lorraine, 1886


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Rédigé par orange8454

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