Publié le 13 Septembre 2012
Saint-Nicolas va en voyage
De sa clochette j’entends le son
Tonton (bis), tontaine, ton-ton,
Et sous la poids de ses bagages
On dit que fléchit son ânon
Tonton, tontaine, ton-ton.
loisirs, Photos, Nature, Photographie, Poésie, Voyages
Publié le 13 Septembre 2012
Saint-Nicolas va en voyage
De sa clochette j’entends le son
Tonton (bis), tontaine, ton-ton,
Et sous la poids de ses bagages
On dit que fléchit son ânon
Tonton, tontaine, ton-ton.
Publié le 13 Septembre 2012
Il était une fois une jeune femme qui n'avait pas d'enfants. Un jour, à la fontaine, elle formula le désir d'avoir au moins un enfant, ne serait-ce qu'un
serpent...
Et comme dans beaucoup de contes, ce vœu fut réalisé...
Elle eut un beau garçon. C'était un beau jeune homme, mais qui, à l'intérieur de la maison, se transformait en serpent. Et tout le village se moquait de lui...
Quand il fallut le marier, ses parents cherchèrent très loin, très loin, des jeunes filles qui ne connaissaient pas l'histoire extraordinaire du jeune
homme-serpent.
Un jour, la plus belle des jeunes filles à marier se penchant sur la fontaine entendit une voix
celle d''une fée ou d'une sorcière ?
Qui lui dit que << la jeune fille qui prononcerait
au jeune homme-serpent une phrase magique il deviendrait serpent, pourrait rompre l'enchantement >> ...
La belle fut fiancée puis mariée. Et le soir, dans la chambre nuptiale, une fois encore le jeune homme se transforma en serpent. Elle prononça alors la phrase magique : Oh toi, avec qui je dois
partager mon destin, ton père est plus grand que nous deux, et moi je serai toujours ton obligée. Alors disparut à ses yeux le serpent et le jeune homme retrouva une forme humaine...
Il est à peine nécessaire de dire qu'ils eurent beaucoup d'enfants...
Publié le 13 Septembre 2012
Cette année-là fut une année de faim et de soif. Les gens mouraient, les bêtes aussi. Les oiseaux et les fauves furent atteints. Les insectes même eurent à souffrir. Il y avait de quoi dire ; cette année est misère pour tous : "nous allons renvoyer nos femmes. Au printemps, nous les reprendrons pour qu'elles nous glanent quelques maigres épis d'orge".
Un jour, Chacal et Hérisson voyageaient ensemble. Tenaillés par la faim, ils se dirigèrent vers le dépotoir du village. Hérisson l'exploita soigneusement, lentement. Il découvrit une vieille boîte de lait jetée là par une femme chargée de jeunes enfants. Il avala le tout, sans respirer, comme un mourant ; on dit que la faim n'a pas de pudeur.
Chacal, lui, à moitié fou, se contentait de renifler toutes les vielles boîtes vides. Il eut vite fait le tour du fumier. Soudain, comme frappé d'un soufflet, il se souvint de Hérisson. Ayant dressé l'oreille, il entendit le bruit de boîte : A quoi est-il accroché, celui-là ? se demanda-t-il.
Il se précipita vers Hérisson et vit qui achevait de lécher le bord de la boîte. Il le bouscula et la lui vola, mais "celui qui avait mangé était rassasié ; à l'autre, le plat était enlevé".
Il comprit que la précipitation ne servirait à rien. Il s'approcha du fumier et se mit à le fouiller méthodiquement. Il trouva le cadavre d'un animal crevé, plein de vers et dégageant une odeur de cercueil. Il avala en toute hâte ; la faim, dit-on, l'emporte sur la répugnance.
Toute la nuit, ils rôdèrent sur le dépotoir ; on aurait dit un terrain défoncé par un ménage de sangliers. Ils ne trouvèrent rien d'autre que ce peu de lait et cette charogne ; c'était toujours autant : ils avaient aveuglé leur faim. Au matin ils reprirent leur chemin, en piteux état. Leur estomac leur semblait aussi chargé que des grenades. Un hoquet de mort les secouait ; la douleur leur remontait dans les flancs ; des vagues (de souffrance) leur passaient d'un coté à l'autre ; leurs intestins gazouillaient et parlaient anglais. Ils avançaient pas à pas, s'arrêtant subitement ; ils dégorgeaient, comme le goulot d'un pot, et par le haut par le bas. Ils atteignirent enfin le bord d'un torrent s'y étendirent, les pattes allongées, comme deux coquelicots (fauchés). Ils étaient trempés des sueurs (causées par la rencontre) de l'Ange de la Mort. Chacal restait allongé, sans vie. Quant à Hérisson, dès qu'il se fut un peu reposé, en se traînant péniblement, il parvint à atteindre l'eau. Il se mouilla la bouche ; il sentit qu'il reprenait vie ; le voilà noir de l'Au-delà disparaissait de devant sa vue. Il se précipita, buvant à longs traits ; ses flancs se gonflaient ; il se remettait très nettement. Il se mit alors à grignoter des gousses de caroubier, car il savait qu'elles lui assècheraient l'intestin et en feraient disparaître le mal qui le rongeait.
Chacal était entre les mains de Dieu, mais il ne pouvait s'empêcher de piquer Hérisson :
Que ce soit la mort de ta race ! Rassasie-toi de toutes les saletés que tu as mangées. Tes intestins s'écoulent comme de l'eau de sainbois et, malgré cela, tu ajoutes à ton estomac tant d'eau que
le courant va t'emporter. Toi que l'on que l'on a surnommé chasseur d'insectes, par toute la terre, tu te ravales au niveau du bétail rongeur de caroubes. Que Dieu achève le malheur où tu t'es
mis.
Chacun, répondit Hérisson, sait ce qui lui convient : les gens de bien trouvent le bien ; les méchants meurent dans leur malheur.
Il trottina vers son terrier pour s'y mettre à l'aise.
Chacal perdait ses poils, arrachés par les genêts. Ses côtes saillaient ; on aurait pu les compter. Son intestin se relâchait ; il était noyé dans ses excréments. C'était la fin. Des essaims d'insectes et de mouches l'entouraient en bourdonnât au-dessus de sa tête.
Deux, trois jours (passèrent) ; le propriétaire du champ vint voir son bien. L'odeur de charogne l'accueillit. Avançant de quelques pas, il découvrit le
chacal, sale, plongé dans ses déjections incapable de bouger ni pied ni patte.
C’est bien fait pour toi, dit l'homme ; récolte ce que tu as semé. Le filet de la justice divine t'enserre. En as-tu égorgé, les bêtes sans parole ! En as-tu étranglé, des chevreaux après leur
avoir uriné dans les oreilles ! C'est bien fait pour toi. Dieu t'a noyé dans tes excréments et tu les as mangé sans dire tes grâces. Celui qui a mangé la poule de l'Iflis devra la remplacer par
la sienne. Je ne vais pas gaspiller une cartouche pour toi. Mes mains répugnent à te toucher : d'un bon coup de pied, je vais t'envoyer au ravin ; l'eau est assez forte pour t'emporter.
Il l'envoya, d'un coup de pied, plonger dans un tourbillon d'eau. Chacal s'y enfonça, puis, le froid le saisissant, il commença à se débattre dans l'eau. Sans le vouloir il avala grosse quantité d'eau. Luttant contre le courant, il sortit du torrent. Il se secoua et fila ; l'eau l'avait sauvé.
Publié le 13 Septembre 2012
Il y a bien longtemps dans la ville de Meknès, dans un petit café se tiennent régulièrement des conteurs renommés ; ils narrent sans se lasser eux-mêmes, de bonnes histoires qui attirent l’attention des autres consommateurs. L’histoire commence ainsi…
Le sultan Abib, qu’il soit béni !, avait une fille qui ne voulait pas se marier. Elle préférait rester dans la maison de son père. Il s’était présenté plus de cent jeunes gens des meilleures familles qui désiraient obtenir la main de la princesse et toujours elle disait non.
- Il est impossible que tu restes éternellement dans ma maison, je n’ai ni frère, tu es ma fille unique ; que deviendras-tu après mois ? ton entêtement me cause bien de l’inquiétude, dit le sultan.
- O père, je ne refuse pas de me marier, mais je ne veux pour mari qu’un homme dont l’esprit soit subtil.
- Comment reconnaîtras-tu la subtilité d’esprit de ton prétendant ? demanda-t-il
- A ceci : ouvre un concours, je dirai un mensonge énorme et celui qui en trouvera un équivalent aura ma main.
Il en fut ainsi. Le sultan fit annoncer dans toutes les villes de la Chaouïa, du Souss… jusqu’au Soudan, qu’il donnerait sa fille à celui qui dirait un mensonge plus énorme que celui même qu’elle composerait.
Le mensonge est celui-ci :
- J’ai fait construire une marmite si grande qu’il a fallu trois cent soixante clous pour en assembler les éléments. Chaque clou a été rivé par un forgeron et chaque forgeron n’entendait pas le martellement de l’autre forgeron tant était grande ma gigantesque marmite ».
De tous les coins de l’Empire fortuné arrivèrent des prétendants. Ils comparaissaient devant le sultan aux côtés de qui se tenait, voilée, la princesse, sa fille.
Chacun débitait un mensonge, mais ce n’était qu’un tout petit mensonge.
Des semaines passèrent. Les prétendants se retiraient confus, la princesse triomphait. Par contre, le sultan se désolait, lui qui savait bien que chaque concurrent évincé était un ennemi pour lui et pour l’Empire fortuné.
Enfin un jour arriva un jeune Chleuh, c’était un pauvre diable qui a fait le voyage monté sur une malheureuse bourrique, c’était un meskine pour tout dire. Il n’y avait cependant pas moyen de l’évincer, car les conditions du concours étaient formelles et chacun avait le droit de s’y présenter.
Après s’être incliné devant le sultan et sa fille il dit :
- J’ai fait pousser un chou, il a trois cent soixante feuilles et chaque feuille peut abriter trois cent soixante cavaliers ; aucun cavalier ne peut voir son voisin tant il est éloigné de lui.
- Et dans quoi espères-tu faire cuire ton chou ? demanda la princesse.
- Dans ton chaudron, réplique le Chleuh.
- Vraiment, tu as fait un plus beau mensonge que le mien, voici ma main.
Le meskine épousa la princesse, ils furent heureux et ils eurent beaucoup d’enfants.
Publié le 13 Septembre 2012