moi

Publié le 13 Septembre 2012

C'est un berger qui est absolument simplet et qui a appris bizarrement ses prières.

Mais alors, il a une telle confiance que certains jours, quand il y a besoin d'aller sur le versant d'Istanbul Europe, il quitte le versant d'Asie, il met son manteau de berger sur l'eau, il se met à genoux dessus, il fait sa prière et il traverse.

Et le manteau ne coule pas. Il trouve ça très naturel.

Un matin, il arrive sur la plage. Il y avait déja une sorte de derviche qui était en train de faire sa méditation et qui voit arriver le berger qui pose son manteau sur l'eau et qui dit très sérieusement en faisant un très belle prière :

"Mon Dieu tu as péché contre moi, j'ai pitié de toi !"

"Mon Dieu tu as péché contre moi, j'ai pitié de toi !"

Et le berger s'en va tranquillement sur l'eau.

L'autre qui était derviche lui crie

"Eh ! Eh ! c'est pas comme çà qu'on fait une prière. Il ne faut pas faire sa prière comme çà, il faut dire :

Seigneur, j'ai péché contre toi, aie pitié de moi ! "

Alors l'autre revient, toujours avec son manteau et dit "Pardon ?"

"Tu ne sais pas faire ta prière" dit le derviche."

"Tu ne sais pas faire ta prière, répète avec moi."

Et il lui apprend la prière à l'endroit.

Alors l'autre dit "Oh ! merci, merci, merci", Il remets son manteau sur l'eau, puis il fait sa prière bien à l'endroit :

"Seigneur, j'ai péché contre toi, aie pitié de moi"

Et voila que le manteau coule.

Et l'autre dit "non, non, reprend ta vieille prière, elle marche mieux, à cause de toi sans doute et à cause de ta sincérité."

Et alors le berger a repris sa vieille prière et a traversé tout le Bosphore jusqu'à Istanbul.

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #berger, #manteau, #moi, #priere, #toi

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Publié le 13 Septembre 2012

L'original de ce conte paraît remonter au tout début de la XIIe dynastie et est connu par un manuscrit du Moyen Empire conservé au Musée égyptien de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg - Léningrad. On ignore comment il est arrivé en Russie. Il s'agit de la copie d'un manuscrit de quelques années plus ancien, œuvre du scribe Aménô, fils d'Amény qui, s'il n'en est pas l'auteur, pourrait être le premier à l'avoir fixé par écrit. Aucune autre copie ne nous est parvenue.

L'île où une vague de la "Très Verte" a jeté le naufragé est appelée " l'Ile du Kâ ". Elle est située sur la côte occidentale de la Mer Rouge.

Ce conte trouve probablement son origine dans des récits de marins : leur navigation n'allait pas toujours sans accident car la côte était escarpée, hérissée de récifs et d'îlots. Ceux qui en revenaient ne devaient pas manquer d'ajouter à la réalité de leurs aventures quelques détails merveilleux susceptibles d'étonner leurs auditeurs. Ainsi dut naître Le Conte du Naufragé. Il se relie à d'autres contes fabuleux du monde oriental comme le récit du naufrage et de l'arrivée d'Ulysse chez les Phéaciens dans l'Odyssée ou les aventures de Sindbad le marin contées par Les Mille et une Nuits.

"En ce temps-là, un capitaine fit naufrage et perdit son bateau, corps et biens. Un matelot le recueillit et le ramena jusqu'à Eléphantine. Mais, tout le long du voyage, le pauvre naufragé se désola parce qu'il avait très peur que les juges d'Egypte ne l'accusent d'avoir perdu son navire par sa faute. Alors, pour le rassurer et le réconforter, le matelot se mit à lui raconter une aventure qui lui était arrivée. Il dit : "Que ton cœur soit content, mon capitaine, car nous voilà arrivés au pays. Les matelots ont pris le maillet et enfoncé le pieu à terre, puis ils ont passé l'amarre ; ils ont poussé des cris de joie, ils ont remercié et adoré le dieu protecteur du bateau et chacun, dans sa satisfaction d'être arrivé à bon port sain et sauf, a embrassé son camarade tandis que la foule nous écriait : "Soyez les bienvenus!" C'est une belle expédition. Il ne manque pas un homme, nous avons atteint les extrémités du pays d'Ouaouait (qui est la Nubie, plus loin que la seconde cataracte), nous avons passé devant Saumouît (qui est une île de Philae, près de la première cataracte) et maintenant nous voilà dans notre pays arrivés paisiblement.

 

Ecoute-moi, mon prince, je n'exagère jamais. Tu vas te laver, verser de l'eau sur tes doigts ; puis tu comparaîtras devant le Roi. Il faudra lui parler à cœur ouvert, répondre quand tu seras invité à parler, répondre sans perdre contenance et surveiller tes paroles, car si la bouche de l'homme est faite pour défendre, elle peut aussi le perdre et quelquefois, pour avoir eu la langue trop longue, un homme s'en va au supplice, le visage couvert su voile qu'on jette sur la figure des criminels après les avoir condamnés. Tâche de suivre les mouvements de ton cœur et de trouver des paroles qui apaisent la colère du Roi, afin qu'il te laisse partir, justifié et acquitté de tout blâme. Mais pour te donner du courage, je vais te raconter une aventure semblable qui m'est arrivée. C'est à l'époque où je suis allé aux mines qui appartiennent au Souverain. Je partis en mer sur un navire comme on n'en voit plus, bien plus grand que les navires d'à présent. Il avait au moins cent cinquante coudées de long sur quarante coudées de large ; toi qui connais les bateaux, tu te représentes son importance. Il y avait bien cinquante hommes d'équipage, tous des matelots d'élite, des hommes du pays d'Egypte qui avaient vu le ciel, qui avaient vu la terre et qui avaient le cœur plus hardi que celui du lion.

 

Ils croyaient que le vent ne s'élèverait pas, que nous échapperions au désastre, mais le vent éclata juste quand nous étions au large, et avant que nous ayons atteint la terre, la brise fraîchit et elle souleva une vague haute comme une maison. J'arrachai une planche et je m'y cramponnai. Quant au navire, il disparut et de tout l'équipage il ne resta pas un homme. Moi seul, grâce à ma planche qui flotta, et poussé par un courant, j'abordai à une île. Trois jours, je restai seul sans autre compagnon que mon cœur. La nuit je me couchais dans le creux d'un arbre, tapi dans l'ombre ; le jour, je marchais à la recherche de quelque chose à me mettre dans la bouche. Je trouvais des figues et du raisin, des poireaux magnifiques, des baies et des graines, des melons à volonté, des poissons, des oiseaux, il y avait de tout. Alors je me rassasiais, dédaignant le superflu et rejetant à terre les provisions inutiles dont mes mains s'étaient chargées. je fabriquai un allume-feu, j’allumai un feu et je fis un sacrifice aux dieux. Et soudain voici que j'entendis un bruit formidable, une voix tonnante, et je pensai : "C’est une vague de la mer!" Les arbres craquèrent, la terre trembla, je dévoilai ma face et j'aperçus un serpent qui s'avançait vers moi, long, long, au moins de trente coudées, et une queue de deux coudées au moins ; son corps était incrusté d'or, ses deux sourcils étaient de véritable lapis, et il était plus beau encore de profil que de face.

 

Il ouvrit sa bouche toute grande contre moi ; moi je restai aplati sur le ventre devant lui. Il me dit : "Qui t'a amené, qui t'a amené ici, misérable gueux, qui t'a amené? Si tu tardes à me dire qui t'a amené dans cette île, je te ferai connaître, en te réduisant en cendres, ce que c'est que de devenir invisible". "Tu me parles et je ne comprends pas ce que tu me dis, je suis devant toi comme un imbécile, sans connaissance", murmurais-je, éperdu. Alors il me prit dans sa bouche et il me transporta dans un antre où il me déposa sans me faire de mal. Je fus tout surpris de me retrouver sain et sauf, avec tous mes membres au complet, rien ne m'avait été enlevé. Après donc qu'il eut ouvert la bouche pour se débarrasser de moi et tandis que je restais sur le ventre, prosterné devant lui, voici qu'il me dit : "Qui t'a amené, qui t'a amené ici, misérable gueux, en cette île de la mer, dont les deux rives sont baignées par les flots ?" Et moi, comme un esclave devant son maître, les mains pendantes comme un suppliant, je lui racontai mon naufrage. "Est-ce ma faute, ô Seigneur, si le vent et les flots m'ont poussé jusqu'ici ?" Alors le serpent se radoucit et me dit : "N'aie pas peur, misérable gueux. Si Amon-Râ t'a fait aborder dans mon île, c'est qu'il permet que tu vives. Ecoute ma prédiction : tu passeras quatre mois dans mon royaume, puis un navire viendra du pays d'Egypte avec des matelots que tu connais ; alors tu retourneras avec eux dans ton pays et c'est dans ta ville que tu mourras.

 

Si tu es brave, si ton cœur est fort, je te le prompts, tu reverras ta maison, tu embrasseras ta femme et tes enfants et, ce qui vaut mieux que tout, tu vivras au milieu de tes frères". Alors, moi, je m'allongeai sur mon ventre, je touchai le sol devant lui et, prosterné, je m'écriai : "Tu es bon et tu es puissant, ô mon Seigneur! J'irai trouver Pharaon et je lui ferai connaître ta grandeur, et je te ferai porter de chez nous des présents : du fard, du parfum d'acclamation (une des sept huiles qu'on offre aux dieux pendant le sacrifice et c'est la meilleure des sept), de la pommade, de la casse, de l'encens des temples avec lequel on est sûr de gagner la faveur de tout dieu. Je conterai ensuite ce qui m'est arrivé et ce que j'ai vu, et on t'adorera dans ma ville en présence des hommes les plus sages de la Terre-Entière. J'égorgerai pour toi des taureaux pour les faire rôtir devant le feu, j'étranglerai pour toi des oiseaux. Je te ferai amener des navires chargés de toutes les richesses de l'Egypte, comme on fait pour un dieu, pour un ami des hommes dans un pays lointain que les hommes ne connaissent point". Il rit de moi, à cause de ce que je disais, et à cause de ses pensées. Il me dit : "Ne vois-tu pas ici beaucoup de myrrhe? Il y a aussi ici beaucoup d'encens. Car je suis, moi, le souverain du pays de Pount et je ne manque pas de myrrhe. Seul, le parfum d'acclamation, la meilleure des sept huiles qu'on offre aux Dieux que tu offres de m'envoyer, n'abonde pas dans cette île. Mais sais-tu ce qui arrivera? C'est qu'aussitôt que tu seras éloigné d'ici, cette île, tu ne la reverras plus jamais, car elle sera recouverte par les flots".

 

Et voici, continua le matelot, je vécus quatre mois dans cette île sous la protection du serpent. C'était une île enchantée, remplie de tous les trésors imaginables. il y avait là septante-cinq serpents qui étaient les frères et les enfants du grand serpent. Il y avait là aussi une jeune fille. Comme je m'étonnais de sa présence, le grand serpent me raconta qu'un jour une étoile était tombée sur l'île, toute enflammée, et qu'ils avaient vu sortir des flammes cette belle jeune fille qui était devenue leur compagne. Et moi, je rassasiais mon cœur de toutes ces histoires merveilleuses qu'il me contait. Le temps passa, les quatre mois s'écoulèrent et le navire parut, comme l'avait prédit le serpent. Tout joyeux je courus au bord de l'eau, je me penchai sur un arbre élevé et je reconnus ceux qui étaient à bord, c'étaient des marins de mon pays. J'allai bien vite communiquer cette nouvelle au Serpent mon ami, mais je m'aperçus qu'il était déjà renseigné, car il me dit : "Bonne chance, bonne chance, misérable gueux. Va vers ta demeure, va voir tes enfants et je te souhaite pour toi que ton nom soit honorablement connu dans ta ville. Voilà mes souhaits pour toi". Alors je m'allongeai sur le ventre, les mains pendantes devant lui, et lui, il me donna des cadeaux : de la myrrhe, des parfums dignes des dieux, de la pommade, de la casse, du poivre, des fards, de la poudre d'antimoine, des cyprès, une quantité d'encens, des queues d'hippopotames, des dents d'éléphants, des lévriers, des grands singes à la tête de chiens aussi grands que des hommes, des girafes, et toutes sortes de richesses excellentes.

 

Je chargeai le tout sur le navire, puis je m'étendis sur le ventre et, prosterné, j'adorai le Serpent. Il me dit : "Voici : dans deux mois tu arriveras dans ton pays, tu presseras tes enfants dans tes bras, et plus tard tu iras te rajeunir dans ton tombeau". Et alors je descendis sur le rivage à l'endroit où était amarré le navire et j'appelai les hommes qui étaient à bord. Du rivage, je rendis des actions de grâces au maître de cette île et les hommes de l'équipage m'imitèrent. Nous revînmes au nord, à la résidence du Souverain. Le deuxième mois nous arrivions au palais, comme le Serpent l'avait prédit. J'entrai dans le palais et, admis en présence du souverain, je lui racontai ce que j'avais vu et je lui offris les cadeaux que je rapportais de l'île du Serpent. Il en fut très content et il me complimenta en présence des sages qui l'entouraient. Puis il fit de moi un de ses serviteurs et me donna de beaux esclaves en échange des présents que je lui avais offerts. Or, vois, mon capitaine, ajouta le matelot tourné vers son hôte, je t'ai ramené sur la terre d'Egypte. Profite de mon exemple : va trouver Pharaon et conte lui ton histoire". Mais le capitaine naufragé répondit : "Ne fais pas le malin, mon ami. Tu prodigues en vain les consolations à un homme perdu. Qui donne de l'eau à une oie la veille du jour où on doit l'égorger?" Car il songeait avec tristesse qu'il n'avait pas rencontré le serpent magicien ni rapporté les trésors d'une île enchantée pour apaiser le cœur irrité de son Souverain. "

 


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Sinouhît, l'ami de Pharaon, l'administrateur des domaines du souverain et son lieutenant chez les Bédouins, Sinouhît, l'homme du roi, raconte ainsi son histoire :

"Je suis dit-il, le serviteur dévoué qui suit son maître. Amenemhaît, mon souverain, celui qui est enterré dans la pyramide de Quanofir, m'a confié sa fille, la princesse héritière, et je veille sur elle dans le harem royal. Ma noble maîtresse s'appelle Nofrît; elle est l'épouse préférée du roi Sanou.

En l'an XXX, le troisième mois d'Iakhouît, à l'époque où le dieu Râ entre en son double horizon, le roi Amenemhaît, le père de ma princesse, mourut sur cette terre et son âme s'élança au ciel, s'unissant au disque solaire et s'absorbant en son créateur.

Or, le palais était silencieux en signe de deuil, la double grande porte avait été scellée, les courtisans restaient accroupis, la tête appuyée sur leurs genoux, le peuple se lamentait tout haut.

Sa majesté, le roi défunt, avait envoyé de son vivant une armée nombreuse faire la guerre au pays des Timihou, ces tribus berbères qui occupent le désert de Libye. Son fils aîné, le prince Sanou, commandait cette armée; il avait été chargé de frapper les pays étrangers et de réduire les Berbères à l'esclavage. Vainqueur, il avait déjà pris le chemin du retour, amenant avec lui des prisonniers vivants dont il s'était emparé chez les Berbères et des troupeaux si nombreux qu'il n'en savait pas le chiffre.

Dès la mort du Roi, les amis du Sérail, qui sont les amis du souverain choisis parmi les courtisans et les fonctionnaires, envoyèrent des gens du côté de l'ouest pour informer le fils du Roi des événements survenus au Palais. Les messagers le rejoignirent à la nuit : le prince fit diligence. Comme un faucon royal, il s'envola avec ses serviteurs pour rejoindre le Palais où l'on pleurait son père. Mais l'ordre fut donné aux princes de sang royal de garder le silence, de cacher à l'armée la mort du roi.

Or moi, j'étais là. j'entendis la voix du messager annonçant une si grave nouvelle. Il y allait de ma vie : la moindre indiscrétion me serait attribuée si quelqu'un apprenait quelque chose et je serais condamné pour avoir découvert ce qui doit rester secret et ce que je devais ignorer. Je m'éloignai bien vite, mon cœur se fendit, mes bras retombèrent, la peur s'abattit sur tous mes membres, je me désolai, faisant des tours et des détours pour chercher une place où me cacher; je me coulai entre deux buissons pour m'écarter de la route battue qui suivait le cortège royal. Je m'acheminai vers le sud, mais je ne voulais pas revenir au Palais royal car j'imaginais que la guerre y avait déjà éclaté, il est rare, en effet, qu'un héritier désigné par le Pharaon occupe le trône sans avoir à guerroyer contre ses frères moins favorisés et jaloux qui veulent lui arracher son héritage.

Chassé par la peur, je traversai le canal des deux Vérités au lieu qu'on appelle le Sycomore. J'arrivai à l'île Sanafrouî et j'y passai la journée, blotti dans un champ. A l'aube me voilà reparti et en voyage. Je marchai toute la journée et la nuit encore, et le lendemain de bonne heure j'atteignis Pouteni et je me reposai dans une île.

Alors la soif s'abattit sur moi. Je râlais. Mon gosier se contractait: je défaillis, et je me disais déjà : "C'est le goût de la mort!"Quand mon cœur reprit courage, je rassemblai mes membres pour me relever; j'entendais mugir un troupeau. C'étaient des Bédouins, ils m'aperçurent et un de leurs cheiks qui avait séjourné dans mon pays d'Egypte, me reconnut. il me donna de l'eau et me fit cuire du lait; puis j'allai avec lui dans sa tribu et ils me rendirent le service de me faire passer de pays en pays. Je gagnai ainsi une contrée de la Syrie, et j'y restai un an et demi.

Or, le prince du pays de Syrie, Ammoui, me fit venir auprès de lui et me dit; "Tu te trouves bien chez moi car tu y entends le parler de l'Egypte". Il disait cela parce qu'il savait qui j'étais. Des Egyptiens, réfugiés dans le pays, lui avaient parlé de moi.

Il se mit à m'interroger: "Pour quelle raison es-tu venu ici? Qui t'a poussé à quitter ton pays? Qu'est-il arrivé dans le palais d'Amenemhaît, le souverain des Deux-Egyptes? Révèle-nous ce que nous ignorons".

Comprenant qu'il supposait que j'avais été mêlé à quelque complot contre le roi, je lui répondis avec astuce : "Oui, certes, il est arrivé quelque chose. Quand je revenais de l'expédition au pays des Berbères, j'ai entendu quelque chose qui ne me regardait pas. Mon cœur se déroba, la peur m'a fait fuir dans le désert. Je n'avais pas été blâmé pourtant, personne ne m'avait craché à la figure, on ne m'avait pas donné de vilains noms. Je ne sais pas ce qui m'amena en ce pays, plutôt qu'en un autre, ce doit être la volonté sacrée d'Amon-Râ".

Mais Ammoui poursuivit: "Qu'arrivera-t'il à l'Egypte maintenant qu'elle est privée de son protecteur? Amenemhaît était redouté des nations étrangères à l'égal de la déesse Sokhît qui peut envoyer la peste sur la terre, comme il lui plaît".

Je lui laissai voir ma pensée et je lui dis : "Amon-Râ a eu pitié de nous! Le fils d'Amenemhaît est entré au palais et il est en possession de l'héritage. Certes c'est un maître de sagesse, prudent en ses desseins, bienfaisant en ses décisions, qui sait donner des ordres.

Déjà du vivant de son père il domptait les nations étrangères tandis que son frère restait à l'intérieur de son palais. C'est un vaillant qu'il faut voir entrer dans la mêlée et s'élancer sur les barbares. Il court si vite que le fuyard qui lui a montré son dos ne trouve plus d'asile. Il ne se lasse jamais ; s'il voit de la résistance, il saisit son bouclier, il culbute l'adversaire, il tue du premier coup ; personne n'a jamais pu détourner sa lance, personne ne peut tendre son arc. La cité l'aime et l'appelle le bien-aimé, le très charmant homme et les femmes s'en vont chantant sa louange. Il est roi, c'est Amon-Râ qui nous l'a donné et cette terre se réjouit d'être sienne et de vivre sous son gouvernement. Il veut faire la conquête des pays du midi et il ne craint pas ceux du nord". Souhaite que ton nom lui soit connu comme celui d'un homme de bien car s'il prend fantaisie d'envoyer une expédition ici il saura te traiter comme tu le mérites : il ne cesse jamais de faire le bien et de rendre justice à la contrée qui lui est soumise".

Le chef du pays de Syrie me répondit : "Certes l'Egypte est heureuse puisqu'elle connaît la valeur de son prince. Quant à toi, puisque tu es ici, reste avec moi et je te ferai du bien !".

Il me traita mieux que ses propres enfants, il me maria avec sa fille aînée et il voulut que je choisisse pour moi un domaine parmi les meilleurs de ses possessions sur la frontière. C'est une terre excellente, qui s'appelle Aîa. Il y mûrit des figues et des raisins ; le vin y est plus abondant que l'eau, il y a plein de miel et d'huile d'olive et des arbres qui donnent toutes sortes de fruits. L'orge et le froment y poussent en abondance. On y a la farine sans limite et il y a aussi toute espèce de bestiaux. Et je reçus de grands privilèges quand le prince vint m'installer comme le seigneur d'une tribu. J'eus chaque jour une ration de pain et de vin, de la viande bouillie et des volailles rôties et encore du gibier qu'on chassait pour me l'offrir, bien que j'eusse moi-même une meute de chiens de chasse. On faisait pour moi beaucoup de gâteaux et du lait cuit de toutes les manières.

Je passai là de nombreuses années, mes fils devinrent des hommes vaillants, chacun maître de sa tribu. Moi, j'accueillais avec bonté ceux qui passaient sur ma terre et, me souvenant d'avoir été fugitif, je donnais de l'eau à celui qui avait soif, je remettais le voyageur égaré sur la bonne route, j'accueillais et je réconfortais celui qui a été pillé par les voleurs, et mon hospitalité était si connue que les messagers volontiers s'arrêtaient chez moi.

Pendant de longues années je fus chargé de commander les soldats pour défendre le prince de Syrie contre les Bédouins qui s'enhardissaient jusqu'à nous attaquer. Et lorsque je marchais précipitamment contre un pays avec mes soldats, on tremblait au fond des puits dans les pâturages. Je prenais les bestiaux, j'emmenais les vassaux et j'enlevais leurs esclaves, je tuais les hommes d'armes.

Par mon glaive, par mon arc, par mes marches, par mes plans bien conçus, je gagnai le cœur de mon prince et il m'aima quand il connut ma vaillance ; il mit ses enfants sous mes ordres quand il vit la vigueur de mon bras.

Une fois, arriva un Syrien, fort entre les forts. Il vint me défier dans ma tente. C'était un héros que personne n'accompagnait, car il avait vaincu tous les hommes forts du pays.

Il disait qu'il lutterait avec moi ; il se promettait de me dépouiller ; il annonçait bien haut qu'il prendrait mes troupeaux pour les emmener dans son domaine et les distribuer à ceux de sa tribu.

 Le prince délibéra avec moi et je dis : "Je ne connais point cet homme. Je ne suis jamais allé sous sa tente puisque je ne suis pas son allié ; est-ce que j'ai jamais ouvert sa porte ou enfoncé ses clôtures ? Il me poursuit par pure jalousie parce qu'il voit que je suis à ton service. Qu'Amon-Râ nous sauve. Je suis comme vieux taureau au milieu de son troupeau de vaches, lorsque fond sur lui un jeune taureau qui veut les lui prendre. J'étais un mendiant, je suis passé chef. J'étais un nomade qui a pris place parmi les paysans : il est naturel que je leur déplaise. Alors s'il a le cœur à combattre, qu'il dise son intention et qu'Amon-Râ décide entre nous".

Je passai la nuit à bander mon arc, à dégager mes flèches, à donner du jeu à mon poignard, à fourbir mes armes.

A l'aube tout le pays accourut. Le prince de Syrie, qui avait prévu le combat, avait réuni ses tribus et convoqué tous les voisins.

Quand l'homme fort arriva, je me dressai en face de lui : tous les cœurs brûlaient pour moi, hommes et femmes, anxieux à mon sujet, poussaient des cris; on disait : "Y a t'il véritablement un autre champion assez fort pour lutter contre cet homme si fort?"

Et voici qu'il prit son bouclier, sa lance, sa brassée de javelines. Je réussis à écarter de moi ses traits qui tombèrent à terre, je l'obligeai à épuiser ses armes sans résultat, alors il fondit sur moi. A ce moment, je déchargeai mon arc contre lui, mon trait s'enfonça dans son cou, il cria et il s'abattit sur le nez. Je l'achevai avec sa propre hache et, le pied sur son dos, je poussai mon cri de victoire.

Tous les Asiatiques crièrent de joie ; je rendis des actions de grâces à Moutou, le dieu de la guerre que nous adorons à Thèbes tandis que ses gens se lamentaient sur lui. le prince de Syrie me serra dans ses bras. J'emportai tous les biens du vaincu, je pris ses bestiaux et voilà que ce qu'il avait voulu me faire, c'était moi qui le lui faisais. Je pris tout ce qui était dans sa tente. Je pillai son douar (village en Afrique du Nord) et je m'enrichis, mon trésor s'arrondit et mon troupeau s'accrut.

Ainsi donc, le dieu s'est montré gracieux pour celui à qui on reprochait d'avoir fui en terre étrangère, si bien qu'aujourd'hui mon cœur est joyeux. J'ai été un fugitif, un traînard mourant de faim, un pauvre hère sorti tout nu de son pays et maintenant j'ai une bonne réputation à la cour de Syrie, je donne du pain au pauvre, je suis éclatant dans mes habits de fin lin, je possède beaucoup de serfs. Ma maison est belle, mon domaine est vaste.

Pourtant, mon cœur n'est point satisfait. Maintenant que la vieillesse vient, que la faiblesse m'a envahi, que mes deux yeux sont lourds, que mes jambes refusent le service et que le trépas s'approche de moi, je voudrais revoir l'Egypte. O Dieux qui m'avez poussé à fuir, accordez-moi de revoir le pays où je suis né et où je voudrais mourir.

J'envoyai au Pharaon un message pour que sa bonté me soit favorable, et Sa Majesté daigna m'envoyer des présents aussi beaux que ceux qu'on donne aux princes des pays étrangers et m'écrire la lettre que voici :

" L'Horus, le maître des diadèmes du Nord, et du Sud, le roi de la Haute et de la Basse-Egypte, Sanou, fils du Soleil, vivant à toujours et à jamais. Ordre du roi pour le serviteur Sinouhît. Voici, cet ordre du roi t'est apporté pour t'instruire de sa volonté. Tu as parcouru les pays étrangers, sortant de Kadimâ vers la Syrie et tu es passé d'un pays à l'autre, sur le conseil de ton propre cœur. Il s'ensuit que tu ne peux plus parler dans le conseil des notables, que tes paroles, ni tes malédictions ne comptent plus. Et ceci n'est pas dû à une mauvaise volonté de ma part contre toi. Car cette reine, ta maîtresse qui est dans le Palais, elle est florissante encore aujourd'hui, sa tête est exaltée parmi les royautés de la terre et ses enfants vivent dans la partie réservée du palais. Tu jouiras des richesses qu'ils te donneront et tu vivras de leurs largesses.

Quand tu seras revenu en Egypte et que tu verras la résidence où tu vivais, prosterne-toi face contre terre devant la Sublime Porte et joins-toi aux Amis royaux comme autrefois. Car aujourd'hui voici que tu vieillis et que tu songes au jour de l'ensevelissement, au passage à la Béatitude éternelle. Bientôt tu passeras tes nuits parmi les huiles destinées à embaumer ton corps et au milieu des bandelettes sacrées. On fera ton convoi le jour de l'enterrement, on t'emportera dans une gaine doré, ta tête peinte en bleu, un baldaquin au-dessus de toi ; des bœufs tireront ton corbillard, des chanteurs te précéderont et des baladins danseront pour toi les formules des offrandes, on tuera pour toi des victimes auprès de ta stèle funéraire et ta pyramide sera bâtie en pierre blanche dans le cercle des princes royaux.

Il ne faut pas que tu meures sur la terre étrangère, ni que des Asiatiques te conduisent au tombeau enseveli dans une peau de mouton. Quand tu seras revenu ici, tu oublieras les malheurs que tu as subis. "

Quand cet ordre m'arriva, je me tenais au milieu de ma tribu. Dès qu'il me fut lu, je me prosternai à terre comme devant le Pharaon, à plat ventre, je me traînai dans la poussière et je flairai la terre ; je répandis cette poussière sur mes cheveux, je fis le tour de mon campement, tout réjoui et disant : "Comment se fait-il que pareille indulgence me soit accordée, à moi que mon cœur a conduit aux pays étrangers et barbares? Certes, combien c'est chose belle cette compassion qui me délivre de la mort. Car le Seigneur va permettre que j'achève mon existence à la cour". Et voici la lettre que j'écrivis pour répondre à cet ordre :

"Le serviteur du harem, Sinouhît, dit : Que la paix soit par-dessus toute chose. Cette fuite de ton serviteur dans son inconscience, Très haut, tu la connais. Maître des Deux-Egyptes, ami de Râ, favori de Montou le seigneur de Thèbes, puissent Amon, le seigneur de Karnak, Râ, Horus, Hâthor, Toumou et les neuf dieux qui l'accompagnent, puisse la royale Ureus qui ceint ta tête, puisse Nouît, puissent tous les dieux de l'Egypte et des îles de la Très-Verte, donner la vie et la force à tes narines. Qu'ils te prodiguent leurs largesses, qu'ils te donnent le temps sans limites, l'éternité sans mesures ; que tu inspires la crainte dans tous les pays de plaine et de montagne, que tu domptes et possèdes tout ce que le disque du soleil éclaire dans sa course. C'est la prière que le serviteur fait pour son maître qui le délivre du tombeau. Cette fuite de ton serviteur n'était pas dans mes intentions, je ne l'avais pas préméditée, je ne sais ce qui m'arracha du lieu où j'étais. Ce fut comme un rêve, je n'avais rien à redouter, nul ne me poursuivait, nul ne m'injuriait, et pourtant mes membres tressaillirent, mes jambes s'élancèrent, mon cœur me guida, le dieu qui voulait ma fuite me tira.

Puisque tu ordonnes, moi, ton serviteur, j'abandonnerai les fonctions que j'ai eues en ce pays-ci. Que ta Majesté fasse comme il lui plaît, car c'est toi qui donnes la vie et c'est la volonté des dieux que tu vives éternellement. "

Quand on vint me chercher, moi, le serviteur, je célébrai une fête dans mon domaine pour remettre en cérémonie mes biens à mes enfants. Mon fils aîné devint le chef de la tribu, il devint le maître de tous mes biens, mes serfs, tous mes bateaux, toutes mes plantations, tous mes dattiers.

Et alors je m'acheminai vers le sud et quand j'arrivai non loin du delta au poste frontière, le général égyptien qui commande la garde de la frontière envoya un message au palais pour m'annoncer. Sa Majesté dépêcha un directeur de la maison du roi et des navires chargés de cadeaux envoyés par le Roi aux Bédouins qui m'avaient escorté jusque-là. Je leur dis alors adieu, appelant chacun par son nom. Puis-je montai dans un bateau qui démarra et mit toutes ses voiles. Et chaque jour à bord on prépara pour moi de la bière fraîche jusqu'à mon arrivée devant la ville royale de Taîtou, la très ancienne ville royale.

Quand la terre s'éclaira, le matin suivant, on vint m'appeler. Dix hommes vinrent me chercher et m'escorter jusqu'au palais. Les enfants royaux qui attendaient dans le corps de garde vinrent à ma rencontre. Les Amis du Roi me conduisirent au logis du Pharaon et jusqu'à la grande salle à colonnes. Je trouvai Sa Majesté sur la grande estrade sous la porte dorée et je me jetai à terre sur le ventre et je perdis connaissance devant lui.

Sa Majesté divine daigna m'adresser des paroles aimables, mais je fus soudain enveloppé de ténèbres, mon âme défaillit, mes membres se dérobèrent, mon cœur ne fut plus dans ma poitrine et je connus la différence qu'il y a entre la vie et la mort.

Sa Majesté dit à l'un de ses Amis : "Relève-le, et qu'il me parle !".

Sa Majesté poursuivit : "Te voilà donc qui reviens, après que tu as couru les pays étrangers, après que tu as pris fuite. Te voilà vieux, tu as de la chance de pouvoir désormais être enseveli ; ce n'est pas une petite affaire que d'échapper à un enterrement chez les barbares. Tâche de répondre quand on t'interpelle".

J'eus peur, peur d'un châtiment et je répondis effaré : "Que m'a dit mon maître? Je ne suis pas fautif, ce fut la main d'Amon-Râ. La peur qui me tient en ce moment est pareille à celle qui m'a poussé à cette fuite fatale. Me voici devant toi : tu es la vie, que ta Majesté agisse à son plaisir !".

On fit défiler les enfants royaux et Sa Majesté dit à la Reine :

"Voilà Sinouhît qui revient, avec des manières de rustre, semblable à un Asiatique, il est devenu tout pareil à un Bédouin !"

Elle poussa un très grand éclat de rire et les enfants royaux s'esclaffèrent tous à la fois. Toutefois, ils eurent pitié de moi et dirent à Sa Majesté : "Non, en vérité, Souverain, mon maître, il n'est pas pareil à un Bédouin!"

Sa Majesté dit : "En vérité, il l'est, il a l'air d'un Bédouin, tout à fait".

Alors, les enfants royaux saisirent leurs instruments de musique et, défilant devant le roi, chantèrent un hymne à sa louange, disant :

"Tes deux mains soient pour le bien, ô Roi, toi sur qui reposent le diadème du Sud et le diadème du Nord, et l'ureus est à ton front. Tu as écarté tes sujets du mal; car Tâ t'est favorable, ô maître des Deux Pays".

Et ils ajoutèrent des paroles en ma faveur :

"Accorde-nous cette faveur insigne que nous te demandons, pour ce cheik Sinouhît, le Bédouin qui est né sur la terre des canaux, dans le delta. S'il a fui, c'est par la crainte que tu lui as inspirée ; car celui qui voit ta face devient blême et l'œil qui te contemple a peur".

La colère de Sa Majesté fut apaisée par ce chat. Et Sa Majesté daigna dire aux enfants royaux : "Qu'il ne craigne plus! Allez avec lui au Logis Royal et désignez-lui la place qu'il occupera. Qu'on le mette parmi les gens du Cercle royal. Qu'il soit, comme par le passé, un Sage parmi les sages qui m'entourent".

Lorsque je sortis du Logis Royal, les enfants royaux me donnèrent la main et nous nous rendîmes à la double grande porte pour que j'y reçoive ma donation. On m'assigna la maison d'un Fils Royal, avec ses richesses, avec sa salle de bain, ses décorations célestes, son ameublement venu du palais, les étoffes de la garde-robe royale et des parfums de choix.Trois ou quatre fois par jour on m'apportait du Palais des friandises, de la viande, de la bière et du pain.

Me sentant tout rajeuni, je me rasai, je peignai mes cheveux que j'avais laissé pousser selon la coutume des Egyptiens quand ils sont à l'étranger ; je me débarrassai de la crasse étrangère et des vêtements étrangers ; puis je m'habillai de fin lin, je me parfumai d'essences de choix, je me couchai dans un lit. Il n'y avait plus qu'à oublier les pays des sables et d'huile d'olive.

Et ensuite il fallut penser à ma future demeure, le tombeau où je devais habiter pour l'éternité. On fit pour moi une pyramide en pierre au milieu des pyramides funéraires. Le chef des carriers de Sa Majesté choisit le terrain, le chef des peintre dessina la décoration, le chef des sculpteurs la sculpta, le chef des travaux de la nécropole parcourut toute la terre d'Egypte pour fournir le sarcophage, les tables d'offrandes, les coffrets, les statues du double en pierre et en métal, et toute sorte de mobilier. Enfin on désigna les prêtres du Double, ceux qui devaient tenir le tombeau en ordre et faire toutes les cérémonies nécessaires.

Pour moi, j'ajoutai encore au mobilier et fis mes arrangements dans l'intérieur de la pyramide, et puis je donnai des terres aux environs de la ville pour constituer un domaine funéraire dont les revenus seraient consacrés à l'entretien de mon tombeau et à la nourriture de mon double pour qu'il vive heureux dans l'éternité.

Tout fut achevé magnifiquement. Sa Majesté elle-même se chargea de faire faire ma statue. Elle fut lamée d'or et on la revêtit d'une jupe de vermeil, comme il convient à un ami de Pharaon. Je fus dans la faveur du Roi jusqu'au jour de mon trépas.

Cette histoire nous l’avons contée comme elle fut écrite dans le livre de Sinouhît et déposée dans son tombeau.



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Rédigé par orange8454

Publié dans #majeste, #moi, #pays, #roi, #terre

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Publié le 13 Septembre 2012

en anglais, c'est "excuse me"

 

Allemand : Entschuldigung !, Entschuldigen Sie = excusez-moi

Es tut mir leid = désolé, je suis désolé

 

En grec moderne : σύγνομη sighnomi

 

En grec ancien : pareil, mais se prononce sugnomê

ou alors : σύγνομην αιτουμαι sugnomên aïtoumaï : je vous demande pardon

 

En latin

Ignosce, da veniam, venia sit = pardon, pardonnez-moi

obsecro ut mihi ignoscas = veuillez me pardonner

 

Espagnol : lo siento

 

en italien: mi dispiace

 

en hindi : pardon : maaf keejiegaa (faîtes pardon)

je suis désolé: mujhe dukh (à moi chagrin chagrin/regret est)

 

en hongrois: bocsánat, (familier:) bocs [prononcé: botchaanòte / botch]

aussi: elnézést (kérek) ! = désolé! / veuillez me pardonner! [èlnéézééchte]

 

bocsáss meg! = pardonne-moi

 

Finnois: anteeksi

 

Estonien: vabandust

 

Polonais: przepraszam

 

Russe: извини(те), прости(те) (tutoiement/vouvoiement)

 

en italien, tout le monde connait, on a "scusa" quand on tutoie, et "scusi" quand on vouvoie

[quote=Sisyphe]En grec moderne : σύγνομη sighnomi [/quote]

cela s'écrit συγγνώμη et c'est accentué sur le oméga..

On dit également Με συγχωρείς = me sigchoris qui est légèrement plus soutenu..

 

en bulgare, dans le registre poli, on a généralement 3 possibilités :

извинете [izvinètè]

"excusez-moi"

прощавайте [proshtavaïtè]

plutôt dans le sens de "excusez-moi", souvent pour attirer l'attention, vient du verbe прощавам [proshtavam] = "pardonner" et signifie littéralement "pardonnez!"

съжалявам [sëjalyavam]

littéralement "je regrette", avec le sens de "je suis désolé"

 

en breton il y a plein de possibilités. Moi j'utilise généralement digarezit ac'hanon ou eskuzit ac'hanon. C'est un peu long... souvent on laisse tomber le ac'hanon

 

en danois : undskyld

 

En Basque : sentitzen dut / sentitzen diat (grande intimité avec un interlocuteur masculin) / sentitzen diñat (grande intimité avec une interlocutrice)

 

En Vietnamien : tôi rất tiếc

 

En malayalam: excusez-moi = manichiKeuneume

 

En roumain, "je suis désolé" est "îmi pare rău" (qui se prononce + ou moins "eum paré reu-ou") et "excusez-moi" se dit "scuzaţi-mă" (qui se prononce "scouzatsi meu).

 

Suedois: Ursäkta / Förlåt mig = pardonnez.

Jag är ledsen = Je suis desole.

 

En thai :

- Si le locuteur est un homme : ขอโทษครับ (khô thôt krap)

- Si le locuteur est une locutrice : ขอโทษคะ (khô thôt khaa)

 

En lao c'est simplement "khô thôt", mais avec des caractères différents.

 

Tchèque:prosím

 

Anglais:please

 

Espagnole et portuguais:por favor

 

Allemand:bitte

 

Basque:mesedez

 

Breton:mar plij

 

Finnois:kiitos

 

Italien:per favore

 

Roumain:vã rog

 

Slovène:za mene

 

Suèdois:tack

 

en croate:

žao mi je = je suis désolé(e)

excuse moi = oprosti

 

Quechua de Cuzco : pampachayuway ou dispinsayuway = pardon, excusez-moi

Quechua Argentin : dispensaay = excusez-moi

 

Serbian

excuse me - formal: Извините (Izvinite), non formal: Извини (Izvini)

- formal: Опростите (Oprostite), non formal: Опрости(Oprosti)

Pardon - Пардон (if you step on someone's foot)

I am sorry - Жао ми је (žao mi je)

 

Portuguese

excuse me - formal: Desculpe-me, non formal: desculpa-me

Or shorter desculpe / desculpa

I am sorry - Lamento

 

Ucranian

I am sorry – Простите

 

Excusez moi en breton du Morbihan: men digaréet

 

En irlandais: gabh mo leithscéal

 

En gaélique d'Ecosse: gabh mo leisgeul

 

En gallois: esgusodwch chi, mae'n ddrwg gyda fi, maddewch i mi

 

en japonais y'a plusieurs niveaux

gomen: désolé

 

gomen nasai: je suis désolé

 

Neerlandais:

Aux Pays-Bas: Neem me niet kwalijk

 

En Belgique: Excuseer me

 

Occitan languedocien : desconsolat

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Rédigé par orange8454

Publié dans #desole, #excusez, #formal, #moi, #pardon

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Publié le 13 Septembre 2012

UNE PETIT TEXTE POUR LES AMOUREUX
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embrasse-moi mon chéri
j'ai vraiment besoin de toi
tu es mon oxygène
tu me plais


russe :
Поцелуй меня, любимый (Patseluï minia lyoubimi)
Ты мне очень нужен (Ti mnié otchin noujen)
Ты мой кислород (Ti moï kislarod)
Ты мне нравишься (Ti mnié nravichsya)

En italien
Baciami, amore mio,
Ho davvero bisogno di te,
Sei il mio ossigeno,
Mi piaci.

en polonais:
pocałuj mnie kochanie - potsawouï mnie kohanie "h" comme en anglais
na prawdę potrzebuję ciebie - napravden potchebouïen tchiebie
jesteś moim tlenem - yestesh moïm tlenemme
podobasz mi się - podobash mi shien

en breton morbihannais:
bouchet dein me hani karet
me 'mes dober ahanoh ur bochad
hui em biùidika.
hui 'blij dein.

En irlandais: tabhair póg domh, a ghrá
tá tú de dhíth orm i ndáiríre,
cuireann tú beocht ionam
tá dúil mhór agam ionat.

en croate: poljubi me dragi;
stvarno te trebam.
Ti si moj kisik
sviđaš mi se.

En vietnamien : Hôn anh, em yêu quí của anh! Anh cần em. Em là sự sống của anh. Anh yêu em lắm.

tchèque : polib mě lásko moje // polib myé laasko moyé
opravdu tě potřebuji // opravdu tyé potRJebouyi
jsi můj kyslík // y-si mouyi kisslik
líbiš se mi // liibisch sé mi

slovaque : pobozkaj ma láska moja // pobozkayi ma laaska moya
naozaj ťa potrebujem // naozayi tya potrébouyem
si môj kyslík // si mou-oyi kisslik
páčiš sa mi // paatchisch sa mi

Roumain : sãrutã-mã, dragostea mea // seurouteu meu dragostéa méa
am intr-adevãr nevoie de tine // am intr'adéveur névoié dé tiné
iesti oxigenul meu // iéschti oxidjénoul méou
imi placi // eumi platchi

Je vais aussi donner la prononciation, surtt pr l'irlandais ;-) tabhair póg domh, a ghrá > tôôï pôg dou, eu rRè (R= roulé, r=comme en francais; accent circonflexe=voyelle longue) tá tú de dhíth orm i ndáiríre, > tèè tou eu yii oreum é nayiyeu cuireann tú beocht ionam > koronn tou bjoRt oneum tá dúil mhór agam ionat. > tèè doûl wôr ogom oneud.

Finnois uutele minua, rakkaani,
tarvitsen sinua todellakin.
Olet happini.
Pidän sinusta.

En Basque
embrasse-moi mon chéri = musu eman iezadazu, Laztana
j'ai vraiment besoin de toi = behar zaitut
tu es mon oxygène = Nire oxigeno zara
tu me plais = gustatzen zatzait

En espéranto : mbrasse-moi mon chéri. => Kisu min, amato mia.
J'ai vraiment besoin de toi. => Vin mi vere bezonas.
Tu es mon oxygène. => Vi estas mia oksigeno.
Tu me plais. => Al mi vi plaĉas.

Portugais
embrasse-moi mon chéri; abraça-me meu amor / dá-me um beijo amor
j'ai vraiment besoin de toi preciso mesmo de ti
tu es mon oxygène es o meu oxigénio / es o meu ar
tu me plais estou a gostar de ti

En allemand
Küss mir mein Liebling,
Ich wirklich brauche dich.
Du bist mein Sauerstoff.
Du gefällst mir.

en portugais brésilien: me abraça, amor,
eu realmente preciso de você
você é o meu oxigênio
eu (es)tou a gostar de ti

en anglais
Kiss me my darling;
I really need you.
You are my oxygen. (
Ou 'the air that I breath' si tu veux) I love you ('you please me' n'est peut-être pas la meilleure façon de traduire ça)

En créole réunionnais :
Enbras amwin (embrasse moi)
donn amwin in beko (donne moi un bisou)

Grec Φιλήστε μου, αγάπη μου (filiste mou, agapi mou)
Σε χρειάζομαι πραγματικά (sè chriazomai pragmatika)
Είσαι τον οξυγόνο μου (isai ton aksigono mou)
Μ'αρέσεις (m'arèzis)

En Turc:
Embrasse-moi: kucaklamak ben
J'ai vraiment besoin de toi: ben gerçekten ihtiyaç sen
Tu es ma respiration: Sen benim solukmek
Tu me plais: Sen hoşlanmak

Estonien suudle mind, mu kallis
niiväga mul vaja on sind
sa oled mu õhk
sa meeldid mulle

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Rédigé par orange8454

Publié dans #embrasse, #meu, #moi, #ton, #vraiment

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