dieu

Publié le 13 Septembre 2012

Le texte de cette légende a été retrouvé sur un papyrus datant d'environ 1250 avant J-C (XIXe dynastie). Il met en scène Isis, fille de Râ, sœur et épouse d'Osiris. Déesse magicienne, elle sait aussi être habile et cruelle. Même Râ, le soleil, se laisse prendre à ses pièges.

Paroles du dieu qui vint à l'existence de lui-même, qui créa le ciel, la terre et l'eau, le souffle de la vie et le feu, les divinités et les hommes, le bétail, les serpents, les oiseaux et les poissons; le roi des hommes et des dieux réunis, dont les limites vont au-delà des années, et possédant beaucoup de noms, inconnus de celui-ci ou inconnus de celui-là.

Isis était une femme intelligente; son cœur était plus habile que celui de millions d'hommes; elle avait plus de discernement qu'un million de dieux; elle était plus judicieuse qu'un million d'esprits. Elle n'ignorait rien de ce qui était dans le ciel et sur la terre, à l'égal de Rê, qui avait créé ce qui est sur la terre. Mais elle souhaitait, en son cœur, connaître le nom de ce dieu auguste.

Râ, chaque jour, entrait à la tête de son équipage et s'asseyait sur le trône des Deux Horizons. Le grand âge du dieu rendait sa bouche molle; aussi laissait-il tomber sa salive sur le sol, ou bien il la crachait en la jetant à terre. Isis [un jour] la pétrit en ses mains avec la terre sur laquelle elle se trouvait; elle lui donna la forme d'un serpent sacré, et le modela tel un trait [prêt à s'élancer]. Mais, devant elle, il ne bougea pas; aussi put-elle le placer à la croisée des chemins que le dieu auguste avait coutume de suivre, selon son désir, sur le Double Pays.

Le dieu fit son apparition hors des portes [de son palais], tandis que les divinités du palais étaient en sa suite, afin de se promener, comme chaque jour. Alors le serpent sacré le mordit, et le feu de la vie sortit de lui, puis l'animal se cacha dans les roseaux. Le dieu ouvrit la bouche et la voix de Sa Majesté atteignit le ciel. Son Ennéade dit : " Qu'est-ce donc? Qu'est-ce donc? "; ses dieux dirent : " Quoi donc? Quoi donc? " Il ne pouvait leur répondre, ses lèvres tremblaient, ses membres étaient secoués, car le poison avait pris possession de son corps, de même que le grand Nil charrie tout derrière lui.

Le grand dieu affermit alors son cœur et il appela ceux qui étaient en sa suite : " Venez à moi, vous qui êtes venus à l'existence hors de mon corps, dieux qui êtes issus de moi, afin que le vous fasse connaître ce qui m'est arrivé. Une chose douloureuse m'a mordu. Mon cœur ne la connaît pas, mes yeux ne l'ont pas vue, ma main ne l'a pas faite. je ne reconnais en elle aucun des éléments de ma création. Mais je n'ai jamais ressenti une souffrance comme celle-là; il n'y a rien de plus pénible que cela. je suis un Souverain, fils de Souverain, une semence divine venue à l'existence comme dieu. Je suis le Grand, fils du Grand, celui dont le nom fut pensé par son père. J'ai beaucoup de noms et beaucoup de formes. Ma forme est aussi en chaque dieu. Je suis celui que l'on appelle Atoum et Horus le Loué. Mon père et ma mère m'ont dit mon nom, et je l'ai caché en mon corps [hors de portée] de mes enfants, de peur qu'un pouvoir soit donné à un magicien contre moi. Or je sortais pour voir ce que j'avais créé, je me promenais sur le Double Pays que j'avais fait, lorsqu'une chose me mordit que je ne connais point. Ce n'est pas le feu, ce n'est pas l'eau, mais mon cœur brûle, mon corps tremble et mes membres ont froid. Que mes enfants, les dieux, me soient amenés, avec des paroles bénéfiques - [les dieux] qui savent les formules magiques et dont la connaissance atteint le ciel."

Alors les enfants du dieu vinrent à lui, chacun d'eux se lamentant. Isis s'en vint avec son pouvoir et ses incantations magiques, possédant le souffle de la vie, avec ses incantations magiques pour repousser la maladie, avec ses paroles capables de rendre la vie à une gorge qui étouffe. Elle dit : " Qu'est-ce donc? Qu'est-ce donc? ô mon divin père! L'un de tes enfants aurait-il levé la tête à ton encontre? Alors je le ferai tomber grâce à mon pouvoir magique parfait, et je ferai qu'il soit chassé de la vue de tes rayons."

Le dieu auguste ouvrit la bouche : " En vérité, je marchais sur le chemin, je me promenais dans le Double Pays, mon cœur souhaitant de revoir ce que J'avais créé, lorsque je fus mordu par un serpent que je n'aperçus même point. Ce n'est pas le feu, ce n'est pas l'eau, mais je suis plus froid que l'eau et plus chaud que le feu; tout mon corps transpire, et je tremble; mon regard n'est pas ferme, je ne vois plus; et le ciel fait que l'eau inonde mon visage comme au temps de l'été."

Isis répondit : "Dis-moi ton nom, mon divin père! Car un homme revit lorsqu'il est appelé par son nom.

- Je suis celui qui a fait le ciel et la terre, qui a lié les montagnes, qui a créé ce qui existe sur eux. je suis celui qui a fait l'eau, de telle sorte que la vache [nommée] Mehet-Ouret put venir à l'existence J'ai fait le taureau pour la vache, de telle sorte que la jouissance sexuelle vint aussi à l'existence. je suis celui qui a fait l'empyrée et les mystères des deux horizons, j'ai placé là les ba des dieux. je suis celui qui fait venir la lumière lorsqu'il ouvre les yeux, et amène l'obscurité lorsqu'il les ferme. L'eau du Nil coule selon son ordre, celui dont les dieux ignorent le nom. Je suis celui qui a fait venir à l'existence les heures et les jours, je suis celui qui a établi la répartition des fêtes de l'année, et qui a créé le fleuve. Je suis celui qui a fait le feu de la vie, afin de donner existence aux œuvres des temples. je suis Khepri au matin, Râ au zénith, Atoum dans le soir ".

Mais cela n'arrêta pas le poison dans sa course, et le grand dieu ne se remettait point.

Isis dit alors à Râ : "Ton nom n'est pas parmi ceux que tu m as dits. Dis-le-moi donc, et le poison sortira, car un homme revit lorsque son nom est prononcé."

Le poison brûlait de [toute] sa brûlure, il était plus fort que la cuisson du feu. Alors Râ dit : "Prête-moi tes oreilles, ma fille Isis, de telle sorte que mon nom passe de mon corps dans ton corps. Le plus divin des dieux l'a caché, pour que ma place soit vaste dans le navire des millions d'années. Lorsqu'il sera sorti de mon cœur, dis-le à ton fils Horus, en le liant par un serment divin, en ayant placé Dieu devant son regard." Et le grand dieu divulgua son nom auprès d'Isis, la Grande Magicienne.

 

"Écoule-toi, poison du scorpion. Sors de Rê et de l'Œil d'Horus! Sors du dieu, ô brûlant, selon mon incantation! je suis celle qui agit et je suis celle qui chasse. Va-t'en dedans la terre, puissant poison! Vois, le grand dieu a divulgué son nom. Rê vit, le poison est mort !" Selon les mots d'Isis, la grande magicienne, la maîtresse des dieux, qui connaît Rê par son nom.

Paroles à prononcer sur une figure d'Atoum, Horus le Loué, une figure d'Isis et une image d'Horus, peintes sur la main du malade et qui doivent être léchées par cet homme. Cela peut être fait aussi sur une bande de lin très fin que l'on placera sur la gorge du malade. Ceci est un procédé pour agir contre le poison du scorpion. Ou bien encore, on pourra agir [de même] avec de la bière et du vin qui sera bus par l'homme qu'un scorpion a mordu. C'est cela qui détruit le poison. Vraiment efficace, un million de fois.


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Le seigneur Râ habitait un magnifique palais, avec des hauts obélisques des sphinx à têtes de béliers et de lions.
Râ, le soleil, lorsqu’il ouvre sa paupière le matin, c’est l’aube et le jour ; lorsqu’il la ferme, ce sont les ténèbres et la nuit. C’est lui, l’épervier doré, qui place dans le ciel.
Chaque matin, il est reçu par les deux divinités de l’est. Lorsqu’il prend un bain c’est la fille d’Anubis, la déesse « fraîcheur »  qui arrive avec ses quatre cruches et Horus qui lui frotte les chairs et Thot qui essuie ses jambes.
Lorsqu’il veut sortir il prend la barque divine amarrée au bord du Nil avec les dieux qui l’escortent. C’est une barque sans rames, ni voile, ni gouvernail ; elle glisse sur les eaux.
Il poursuit ainsi sa course autour du monde, dallant de l’orient jusqu’à l’extrémité sud de la Terre ; à midi, une autre embarcation l’emporte vers l’Amanti (l’enfer chez les égyptiens).
Quittant la terre, il pénètre dans cette région nocturne par la porte des couloirs, étroite fente qui coupe la montagne en deux : il est dans l’autre monde.
Il navigue toujours le long d’un grand fleuve, dont la vallée est divisée en douze zones par des murs et des portes.
A chacune des douze heures de la nuit, la barque solaire passe d’une zone à l’autre.
A la sixième heure elle franchit la frontière nord du monde invisible et revient vers la porte sacrée qui mène aux jardins d’Ialou où elle arrive à la septième heure.
Il flotte sans bruit sur le fleuve nocturne (c’est la durée de ce voyage que l’on appelle la nuit).
Il franchit la porte d’Ialou avec le monde des vivants ; cette porte est splendide et d’une couleur éclatante comme l’aurore.
Souvent le serpent gigantesque Api mangeur de berges à l’appétit féroce dont il faut apaiser sa faim se dresse sur le chemin du Dieu Râ et lui barre le passage : et à ce moment les hommes voient le soleil s’obscurcir et disparaître.
Pour le faire retourner dans son abîme il faut faire du bruit, crier, jouer bruyamment de la musique… Le soleil réapparaît et c’est chaque fois que cette scène se reproduit que l’on parle d’une éclipse du soleil.
Chaque jour Râ embarquait le matin pour sa course habituelle autour du monde et rentrait douze heures plus tard. A chaque heure où il se trouvait, il réglait les problèmes des hommes.
Il ne conservait pour lui-même qu’un seul de ces talismans, le nom que son père et sa mère lui avaient imposé à l’heure de sa naissance, mais il ne devait le révéler à personne.
La vieillesse eut prise sur lui, Isis qui était une simple servante du Pharaon, habile en paroles conçut le projet de lui dérober son secret.
Elle imagina le plus ingénieux des stratagèmes. Lorsqu’un homme ou un Dieu était malade, la seule chance de le guérir était de connaître son nom caché, son nom véritable et d’adjurer en ce nom l’être méchant qui le tourmentait et qui était la cause de sa maladie.
Isis
Elle ramassa de la boue imprégnée de la base divine, la pétrit de ses mains habiles et lui donna la forme d’un serpent sacré, puis elle l’enfouit dans la poussière du chemin et l’anima en récitant sur lui la formule magique qui donne vie aux choses inanimées.
Un matin lors de sa tournée habituelle, Râ fut mordu au talon, il souffrait et eut des convulsions il dit :
- J’ai é té piqué par quelque chose qui est entré en moi et que ma main n’a pas créé comme toutes les autres créatures, elle ne ressemble à rien de ce que j’ai fabriqué.
Un à un les dieux essayèrent de le guérir, en vain.
Isis lui dit :
- Je sais ce qui t’arrive, tu as été piqué par un serpent, je peux tuer ton ennemi par des incantations bienfaisantes et je le forcerai à battre en retraite à la vue de tes rayons.
Isis lui offrit ses soins et lui proposa de réciter l’incantation, mais qu’il fallait introduire dans la formule ce nom mystérieux qu’il ne voulait pas dire : « dis-moi ton nom, ô Père divin, car tu sas que les charmes n’opèrent que si j’invoque ton nom secret ».
Râ soupçonna vaguement un pièce, il énuméra complaisamment tous ses titres, tous les noms qu’on lui donne : Hhepri le matin, Râ à mide, Toumou le soir ou encore Atoumi.
- J’ai beaucoup de noms, car je suis celui qui a créé le ciel et la terre. Je suis celui qui en ouvrant les yeux produit la lumière.
Isis continua à insister.
- Mon nom secret, mon père et ma mère me l’ont donné, il est caché dans mon corps depuis ma naissance afin que nul ne s’en serve contre moi.
Et pour continuer à tromper Isis il énuméra encore d’autres noms.
Isis ne fut pas dupe, elle essaya les noms que Râ lui avait donné, mais en vain, le venin de la base sacrée continuait à envahir Râ ; la souffrance augmentait sans cesse.
- Aucun nom que tu m’as donné ne te guéri, le charme ne peut agir que si on appelle le malade de son seul, de son vrai nom, dit-elle.
Râ vaincu par la douleur  lui dit :
- Mon nom passera de mon corps dans son corps, je consens à ce que tu fouilles en moi, ô mère Isis, que mon nom passe de mon sein dans ton sein.
Elle lui ouvrit la poitrine et son cœur lui livra son secret. Isis connut son nom. Elle prononça la formule correctement en y introduisant le nom véritable de Râ et le venin fut conjuré.
Mais Isis maintenant connaissait le secret de son pouvoir et elle se fit déesse sans tarder.
Râ vieillissait de plus en plus, il décida de convoquer tous les Dieux Shou, Tafnout, Sibou… Ils se rangèrent en cercle autour du trône…
Râ était décidé à abandonner ce royaume. Il dit :
-Mes membres sont décrépits, je connais la faiblesse, je veux cacher l’humiliation de ma vieillesse, mais je veux aller dans un endroit où nul ne pourra m’atteindre.
Il fallait donc trouver pour lui donner asile une retraite inaccessible, difficile à découvrir dans un univers encore mal organisé et imparfait. Nout pensa que le fils de Râ, Shou, pourrait occuper le trône de son père et gouverner les hommes avec l’énergie d’un jeune dieu. Elle dit :
- Fils Shou, agis pour ton père Râ : il faut accomplir sa volonté. Et toi, Nouît, ma fille, place ton père Râ sur ton dos et tiens-le suspendu au-dessus de la terre.
Nouît docilement obéit et se transforma en vache et plaça la majesté de Râ sur son dos. De son côté Noît se leva, s’arc-bouta sur ses quatre jambes comme une voûte, mais elle plia sous le faix. Elle demanda à être soutenue, sentant ses forces la quitter et ses jambes faiblir.
Alors Râ dit :
- Mon fils Shou, place-toi sous ma fille Nouît pour la soutenir afin qu’elle puisse me porter. Soutiens-là avec ces piliers qui vivent dans le crépuscule, maintiens-la au-dessus de ta tête et sois son pasteur !
Shou obéit et Nouît fut rassurée. Son ventre, allongé en plafond, fut bien appuyé et soutenu par quatre piliers que surveillent Horus, l’épervier, au midi, Sat au nord, Thot à l’ouest et Sapdi à l’est. La voute céleste et l’univers fut muni enfin du ciel où Râ suspendit les étoiles pour éclairer la nuit.
Alors Ra, le dieu tout-puissant s’occupa d’organiser le monde nouveau qu’il découvrait sur le dos de la vache démesurément agrandi. Il y établit sa résidence en deux endroits, dans le Champ des herbes et dans le Champ du repos. Il y vit là, loin de la terre et des hommes, au ciel…

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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

Il y avait autrefois en Egypte, dans la ville de Memphis, un prince du nom de Satni, un des nombreux fils du Pharaon Ousinarès. Satni était un scribe très savant, fort instruit en toutes choses et extrêmement habile de ses doigts, quand il tenait la palette et le calame des écrivains.

Satni et son épouse Mahî désespéraient cependant car ils n’avaient pas d’enfants. Mais un jour qu’il était allé visiter le temple de Ptah, Satni épuisé s’endormi, et entendis une voix dans son sommeil. « Satni, un fils te sera bientôt donné. Tu l’appelleras Sénorisis et nombreux seront les miracles qu’il accomplira sur la Terre d’Egypte. »

Et bientôt, Mahî mit au monde un petit garçon, et son père décida de lui donner le prénom qu’il avait entendu dans ses songes. C’était un beau petit garçon fort et doué. Lorsqu’il fut en âge, on le mit à l’école, et même si son précepteur était un des plus savants scribes de la Terre Entière [nom donné à l’Egypte antique], Sénosiris fut bientôt plus savant que lui. Oui, Sénosiris était vraiment un petit garçon très doué.

Un jour que Satni et son fils se tenaient tous les deux à leur balcon, ils entendirent qu’on chantait les lamentations funèbres. Regardant par le balcon, Satni vit passer une longue procession emportant vers sa tombe la dépouille d’un riche marchand avec tous les honneurs funèbres.

Regardant une seconde fois, Satni vit emporter le corps d’un pauvre fellah simplement roulé dans une natte, sans personne pour marcher derrière ni chanter les chants funéraires. Le scribe s’écria « Par la vie d’Osiris, le Seigneur de l’Amentît, tout puissant dans l’autre monde, puissé-je être reçu chez les morts comme ce marchand que l’on escorte à grand fracas, et non comme ce fellah qu’on enterre sans pompe et sans honneur ! »

Mais Sénosiris, son petit enfant, le regarda d’un air malicieux et lui dit « Et moi je te souhaite au contraire d’arriver devant Osiris comme ce fellah, et non comme ce marchand. » Et comme Satni s’étonnais de ces propos, Sénosiris ajouta « Si cela te plait, je te montrerais, chacun en sa place, le pauvre qu’on ne pleure pas et le riche qui s’en va, escorté de lamentations. »

Satni demanda « Et comment pourras-tu faire cela, mon fils ? » Alors Sénosiris, le petit enfant, se mit à réciter des formules inconnues de Satni. Il prit son père par la main et le conduisit vers un endroit que celui-ci ne connaissait pas, dans la montagne de Memphis. Ils franchirent une porte et passèrent dans de nombreuses salles, toutes pleines d’hommes de toutes conditions. Personne ne tenta de les arrêter.

Dans la quatrième salle, par exemple, des gens courraient et s’agitaient tandis que des ânes leurs mangeaient sur le dos. D’autres tendaient les bras vers des paniers de nourriture suspendu aux dessus d’eux, mais on creusait sous leurs pieds pour les empêcher d’y atteindre.
Dans la cinquième salle, Satni vit des morts vénérables qui se trouvaient en bonne place, et ceux qui, accusés des pires crimes, se tenaient, suppliants, à la porte. La porte elle-même semblait être plantée sur l’œil droit d’un homme, et on accédait dans la salle en lui marchand sur le visage. Cet homme était sûrement un ennemi des dieux.

Et lorsqu’ils atteignirent la sixième salle, Satni vit les dieux qui constituent le Tribunal des Morts, qui juge chaque défunt à son arrivée dans l’Amentît, qui est le royaume des morts.
Osiris, le dieu grand, assis sur son trône d’or fin, couronné du diadème des Deux Egyptes. A sa droite siégeait Anubis, le dieu à tête de chacal, et à sa gauche Thot, le dieu à tête d’ibis. Et autour d’eux, les quarante-deux juges tenaient séance.

Devant eux, la balance : on pesait les bonnes et les mauvaises actions de chaque défunt. Ceux dont le mal s’était trouvé plus pesant que le bien, on les livrait à Amaît, la Mangeuse, qui leur dévorait le cœur. Mais ceux dont les vertus avaient pesé plus lourds, ceux-là Thot et Anubis les menaient aux dieux du Conseil, et leurs âmes allaient au ciel pour vivre éternellement dans la joie.

Alors Satni, tout émerveiller de voir ce qu’aucun homme vivant avant lui n’avait vu, remarqua un personnage de belle allure, revêtu des plus belles étoffes, et placé honorablement près d’Osiris. Et Sénosiris lui dit « Mon père, ne vois tu pas cet homme assis près du trône d’Osisis, à qui on fait honneur ? C’est lui, le pauvre fellah que tu as vu emporté seul tout à l’heure. C’est lui ! On a pesé ses mérites et ses méfaits, et ses mérites se sont trouvés peser plus lourd, et Thot, en faisant son compte, s’est aperçu que son bonheur n’avait pas été suffisant pendant la durée de sa vie. Alors le tribunal, pour le dédommager, a décidé de lui accorder le trousseau funéraire du riche marchand que tu as vu emporter avant lui, afin qu’il prenne enfin place parmi les bienheureux.

Quant au riche, lui aussi a été amené jusqu’au tribunal des dieux, mais ses méfaits se sont trouvés peser tellement plus lourd que ses mérites, qu’on a décidé que son compte lui serait réglé à lui aussi. C’est lui, cet homme que tu as vu tout à l’heure, dont la bouche pousse de grands cris parce que la porte de la cinquième salle est plantée dans son œil. Je savais tout cela, et c’est pourquoi je t’ai souhaité qu’il t’arrive comme au pauvre fellah, plutôt que comme au riche marchant. »

Et Satni lui dit « Sénosiris, mon fils, nombreuses sont les merveilles que j’ai vu dans l’Amentît ! Mais puis-je savoir, à présent, qui sont ces gens que nous avons vu dans les précédentes salles ? »

« Ces gens sont des maudits, punis par les dieux. Ceux qui ont passé leur vie à vivre du travail des autres, ceux-là doivent maintenant travailler sans cesse, et tout ce qu’ils gagnent leur est mangé par les ânes qu’ils ont sur leur dos, et les autres, qui doivent sans cesse se hisser vers leur nourriture alors qu’on creuse sous eux, ce sont ceux qui ont montré trop d’avidité à s’emparer de ce qui était à autrui.

Mais les âmes des justes sont montées dans le Palais d’Osiris et seront désormais heureux pour l’éternité, car celui qui a fait le bien sur la terre, on lui fait le bien dans l’Amentît, mais celui qui a fait le mal, on lui fait le mal. »

Et alors que Sénosiris guidait son père sur le chemin du retour, Satni murmura une prière pour s’excuser de ses paroles passées, et se dit en lui-même « Sénosiris est mon fils, et cela suffit pour faire de moi un bienheureux. »

Sénosiris fit bien d’autres miracles encore par la suite, mais ceci est une autre histoire.

 


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

         Dieu à tête de bélier, il est considéré comme le potier universel, qui façonne sur son tour les êtres vivants – un thème souvent représenté dans les reliefs des temples funéraires. Protecteur des sources et maître de la crue, il avait son sanctuaire sur l’île Eléphantine, au débouché de la Première Cataracte. Le temple d’Esna lui est consacré.


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Rédigé par orange8454

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Publié le 13 Septembre 2012

L’Egypte doit son nom à l’un des dieux les plus anciens, Ptah (les Grecs anciens l’appelaient le « pays de Ptah ». Dieu protecteur de Memphis et des artisans, il est figuré sous les traits d’un homme à tête chauve, muni du sceptre du pouvoir. Apis, son héraut, est représenté sous la forme d’un taureau ailé portant le disque solaire. Les taureaux sacrés, représentants d’Apis sur terre, étaient momifiés et enterrés dans le Serapeum à Saqqara.


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Rédigé par orange8454

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