Publié le 13 Septembre 2012

En empruntant la Voie sacrée, nous approchons du temple d’Athéna Parthénos, dédié à la grande déesse toujours vierge. Ce sommet de l’art dorique fut construit entre 447 et 432 par Périclès qui choisit le grand sculpteur Phidias comme maître d’œuvre, auquel se joignit l’architecte Ictinos. Bâti afin d’abriter la statue chryséléphantine (or et ivoire) d’Athéna exécutée par Phidias, il n’eut jamais de rôle culturel à proprement parler, mais servait essentiellement à garder le trésor de la cité.
Dès sa réalisation, le Parthénon passa pour l’un des monuments les plus achevés de l’Antiquité, au point que les athéniens se plaignirent souvent qu’il ne soit pas répertorié parmi les Sept Merveilles du Monde.
La visite du Parthénon, dont la restauration est achevée, se limite à l’extérieur. L’équilibre sans égal du temple a été obtenu en portant à huit le nombre des colonnes de façade (au lieu des six couramment utilisées dans l’ordre dorique), et à dix-sept (2 x 8 + 1) celui des colonnes des côtés latéraux (au lieu de 2 x 6 + 1 = 13), soit une dimension de 71 m de long sur 31 m de large environ. Mais l’originalité de ce temple ne s’arrête pas là : afin d’éviter les illusions optiques donnant l’impression d’un affaissement des longues lignes droites horizontales en leur milieu et d’un déversement des verticales vers l’extérieur, Ictinos a donné à son œuvre une forme légèrement pyramidale et rendu convexes les degrés d’accès. Toujours pour corriger des effets visuels parasites qui nuisent à l’harmonie d’un plan, le diamètre des colonnes centrales et toutes affectent une forme galbée.
Moins originales mais tout aussi admirables, la taille quasi parfaite des blocs de marbre et la mise en place sans mortier des pierres, qui tiennent seulement par des tenons de bronze, indiquent autant la main de l’architecte que celle du sculpteur.
Si ces quelques données permettent de mieux comprendre tout le soin apporté à sa construction, il est en revanche difficile aujourd’hui d’imaginer l’allure du Parthénon à l’époque de Périclès, c’’est-à-dire avec ses peintures. Les couleurs les plus vives étaient réservées aux parties situées dans l’ombre, tandis qu’une légère teinte ocre agrémentait les colonnes et l’architrave. Les moulures de la frise, les métopes et les triglyphes[1], chatoyaient de brun, de rouge, de bleu claire, de bleu foncé et d’or…
Les sculptures des frontons et des frises, œuvres de Phidias et de ses élèves, étaient une des gloires de l’Acropole. Très peu sont restées in situ. Elles se trouvent aujourd’hui disséminées au musée de l’Acropole, au Louvre et au British Museum, et il ne reste plus rien des chefs-d’œuvre qui décoraient les deux frontons (à l’ouest : la scène agitée du combat d’Athéna et de Poséidon pour la possession de l’Attique ; à l’est : le calme de la naissance d’Athéna). La frise ionique, courant en haut des murs de la cella (autre particularité du Parthénon), représentait la procession des Panathénées et une partie est encore en place (côté ouest). Quant à la frise dorique, elle présentait quelques mythes historiques fondateurs (Gigantomachie, Victoires de Thésée, épisodes de la guerre de Troie où les Anciens voyaient la préfiguration du combat contre les perses). Ainsi, l’ensemble de la décoration tentait de présenter une vision synthétique du monde et de l’Histoire, où hommes et dieux étaient enfin parvenus à vivre en harmonie.
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Installé dans un bâtiment judicieusement situé en contrebas du Parthénon, il abrite les chefs-d’œuvre inestimables trouvés lors des fouilles, notamment le Moscophore ou Porteur de veau (salle II, v. 570 av. J.C.), la somptueuse collection de korês (salle IV), qui permettra de saisir les différences de style qu’affectent ces délicates sculptures, sans oublier le relief de l’Athéna pensive (v. 460 av. j.c., salle VI).
Exemple le plus parfait de l’architecture grecque, il est dédié conjointement à Athéna et à Poséidon-Erechthée, d’où la complexité de son plan que vient encore accentuer la déclivité du terrain. Adoptant l’ordre ionique, sa construction commença en 421 et ne s’acheva qu’en pleine guerre du Péloponnèse, en 406 av. J.C..
Deux portiques viennent enfin équilibrer l’ensemble. L’un d’eux, celui des Caryatides, résume à lui seul toute la grâce et la liberté de cet édifice que les architectes ont sans doute voulu opposer à la rigueur un peu austère du Parthénon.