Publié le 13 Septembre 2012

Les enfants sont en soie, les enfants sont en laine

 

les enfants sont en sucre fin.

 

Caroline, Marjolaine,

 

Frédéric, Delphin.

 

Les enfants sont de blé, les enfants sont d'avoine,

 

d'orge, de riz ou de maïs.

 

Pierre, Paul, Antoine,

 

Marie, Anaïs.

 

Les enfants sont de feu, les enfants sont de braise,

 

de soleil, de ciel et d'azur.

 

Corinne, Sucette, Arthur,

 

Sylvette, Thérèse.

 

Les enfants sont de chair, les enfants sont de sang,

 

de tendresse et de patience,

 

d'amour, de souvenance,

 

Margot et Laurence,

 

Denis et Vincent.

 

Pierre Gamarra

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Rédigé par orange8454

Publié dans #avoine, #ble, #enfant, #orge, #pierre

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Publié le 13 Septembre 2012

Les Trois mousquetaires

Vont en Angleterre:

Leur habit porte une croix

Trois fois un, trois.

 

Penchés au bord du bateau,

Ils voient leur reflet dans l'eau,

Athos, Porthos, Aramis!

Trois fois deux, six.

 

Puis, ayant quitté la nef,

Trois fois trois, neuf...

 

Les Mousquetaires en décousent,

Trois fois quatre, douze.

 

Jean Tardieu.

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Rédigé par orange8454

Publié dans #croix, #mousquetaires, #nef, #penches, #trois

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Publié le 13 Septembre 2012

Non il n'est pas fou

Celui qui parle au vent

Aux murs aux rues aux lampadaires

 

A l'ombre du chat sur la fenêtre

Aux mains fragiles

Qui l'aiment et le connaissent

 

Il n'est pas fou

Celui qui voit la mer

Dans son miroir

Et des chiens bleus

Dans les nuages

 

Non il n'est pas fou

Il rêve il rêve

Et nous attend

Sous le manteau de son mystère

Au cœur du monde imagé.

 

Jean-Pierre Siméon

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Rédigé par orange8454

Publié dans #celui, #fou, #lampadaires, #reve, #rues

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Publié le 13 Septembre 2012

Homme libre, toujours tu chériras la mer !

 

La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme

 

Dans le déroulement infini de sa lame

 

Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

 

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;

 

Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cœur

 

Se distrait quelquefois de sa propre rumeur

 

Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

 

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :

 

Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes,

 

O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,

 

Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

 

Et cependant voilà des siècles innombrables

 

Que vous vous combattez sans pitié ni remords,

 

Tellement vous aimez le carnage et la mort,

 

O lutteurs éternels, ô frères implacables !

 

Charles Baudelaire

 

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Rédigé par orange8454

Publié dans #ame, #homme, #mer, #nul, #ton

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Publié le 13 Septembre 2012

Lorsque l'enfant a peur de perdre son enfance,

 

il consulte parfois son amie la girafe,

 

qui soudain le soulève et l'assoit sur son cou

 

pour faire dans le parc un rapide galop

 

ressemblant au tangage; et l'enfant se promène

 

à bord de ce navire où l'étoile est si proche,

 

l'étang si renversé, la montagne si basse...

 

Alors, les lois du temps par miracle s'annulent

 

dans une grande fête, et les vieilles personnes,

 

perdues par la raison, n'osent plus s'immiscer

 

dans le bonheur qui d'arbre en arbre s'improvise

 

comme un bal costumé parmi les ballons rouges.

 

La girafe est légère en sa longue tendresse,

 

et l'enfant rassuré peut devenir adulte.

 

 

Alain Bosquet

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Rédigé par orange8454

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